ACTES LA SOCIETE LINNEENNE DE BORDEAUX '■ • ■ ■■ ,i»: ACTES DE LA SOCIÉTÉ L1NNÉ£:NNE /v DE BORDEAUX FONDÉE l_E 9 JUILLET ISIS Et reconnue comme étahlisseinen t d'utilité publiqu par Ordonnance Royale du 15 juin i 828 Athénée Rue des Trois-Conils, 53 VOLUME LXII Septième série : TOME II BURM'J OF AMERICAN ÉT-èriOLOGY. 190^ BORDEAUX Y. GADORET, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ LINNÉE.XNE 17, RUE POQUELIX-MOLIÈRE, 17 1907 LISTE lomiTÉs DE nmu rares DE FORMES OU DE VARIÉTÉS NOUVELLES peu répandues dans le dépaitement de la Gironde (1). Par l'Abbé J. DEYSSON On serait tenté de croire, après les explorations botaniques de nos illustres devanciers et de nos confrères actuels, qu'il reste peu à glaner sur notre sol girondin. Ce modeste travail montre, au con- traire, que notre région, par son étendue, sa variété et sa richesse, est une mine inépuisable qui réserve encore bien des découvertes aux botanistes de l'avenir. La présente note fait connaître une espèce qui nous semble abso lument nouvelle, l'Anémone Sarracenensis Deysson et plusieurs variétés intéressantes également nouvelles, telles que Sonchus maritimus L. var. denudatus Nob., Hieracium umbellatumL. var. Foucaudi Nob., etc. En dehors de nombreuses stations nouvelles de plantes rares ou peu communes, ce travail renferme un certain nombre d'espèces, (1, Une part de chacune des espèces mentionnées dans la présente note a été dépo- sée par l'auteur dans l'herbier girondin de M. Motelay. Tome LXII. 1 _ C) (IMiybrides et de variétés notables non encore signalés dans notre région; par exemple: Ranunculus pseudopsis iovd., Iloloslewa umbel- lalHDi L., X Pi'hnula variahilis Goupil, Viola lusilanica var. pumili- formisR. et F., Dianlhns Carlhusianoruni L. var. uniflorus Cariot et Saint-Lager, elc, de. On y trouvera enfin mentionnées quelques espèces introduites qui, comnu) PaspahiDi dilalalmn Poiret, Bidens heterophjlla Ort., etc., semblent bien acquises à notre fiore. Abbé J. D. Ficaria ranunculoïdes L. p. incumbens Clvd. (/. cit.), p. 29. — Bord des fossés de Taiiifame, à Bègles, P. C. Ranunculus auricomus L. forme R. pseudopsis Jord.(/j/o spe- cie), Diagn., p. 68. — Rouy et Foucaud, FI. Fr., I, p. 101. Garenne de Tarlifume, Bègles, mêlé au type, mais rare. Feuilles radicales, cordées, réniformes, indivises, obtusément crénelées (ou 3-5 fides), cà divisions plus larges et à dents plus nombreuses; péta- les souvent avortés, carpelles densénient pubescents, à bec plus court et moins courbé-onciné. Forme plus précoce. Anémone Bogenhardtiana Pritz forme A. Sarracenensis Deysson in Bull. Acad. Géogr. Bol.,n. 116, p. 190-196. Les A^iemone girondins de la section Pulsatilla D. C. Clairières des bois de pins, Sarcignan, P. C. Nous avons fait connaître cette curieuse forme de l'A. Bogenhard- llana dans une uote parue, il y a quelques années, au Bulletin de l'Académie internationale de géographie botannique. On nous permet- tra volontiers d'y faire de larges emprunts pour signaler une fois encore et rectifier quelques erreurs qui se sont souvent produites au sujet des Anémone girondins de la section Pulsatilla D. C. L'Anémone Pulsatilla L. {Pulsatilla vulgaris M\\l.)esl représenté dans la Gironde par les deux sous-espèces suivantes : A . rubra Lam. et A. Bogenhardtiana Pritz. Clavaud, dans son excellente Flore de la Gironde, malbeureusement inachevée, indique la première aux sta- tions suivantes : Uzeste, Pompéjac, Cazeneuve et Léogeats — et la seconde h Castelnau et Saint-Laurent-de-Médoc, à Libourne et à Sarcignan (1). Ces deux sous-espèces, comme le fait remarquer Cla- (1) Cf. Clavaud, Flore de la Gironde, p. 8 et Act. Soc. Linn. Bord., séance du 5 avril 1882. vaiid [Flore Gironde, loc. c), sont les seules que nous possédions : ni VA. Pulsaiilla L. (sensu slriclo), ni l'A. montana Hop. ne croissent dans noire région, et s'ils y ont été indiqués, c'est parce que l'A. BogenharcUiana Pritz et VA. ruhra Lam. ont été confondus avec eux. Ouvrons en eflfet, pour nous en convaincre, la Flore de l'Ouest (l), et nous y verrons l'A. monlana {A. rubra Lam.) et l'A. Pulsaiilla L. menlionnés dans la Gironde, et qui plus est, aux stations mêmes où ne croissent que l'A. rubra Lam. et r.4 . BogenliardlianaPniz. Recti- fions donc. L'A. Pulsaiilla L. que M. Foucaud {loc. c.) signale seule- ment à Castelnau de-Médoc (Mo(elay), n'est autre que l'A. Bogen- hardliana Pritz, comme il l'a d'ailleurs indiqué dans la suite dans la Flore de France (2). C'est également cette dernière sous-espèce que Laterrade a décrite dans la Flore Bordelaise (3) sous le nom d'A. Pulsaiilla L. et indiquée à Arlac, près Bordeaux. Quant à l'A. monlana Hop., indiqué seulement dans les Hautes- Alpes et clans la Savoie par MM. Rouy et Foucaud {Flore de France, loc. c), et avec lequel l'A. rubra Lam, et l'A. Bogenhardliana Pritz ont été confondus, il est à rayer de la t]ore girondine. Aussi pour êlre exact, on doit ainsi rectifier, au moins pour la Gironde, la flore de l'Ouest {loc. c). A. rubra Lam. (4), Hab. Gir. Uzeste, Préchac, Léogeats, Villan- draut. A. Bogenhardliana Pritz (5). Hab. Gir. Castelnau-de-Médoc, Arlac, et très probablement Laruscade (J. F.). Ainsi donc nousne possédons dans laGironde que l'A. Bogenhard- liana Pritz et l'A. rubra Lam. (6). Reste maintenant à savoir auquel des deux appartient l'anémone que nous avons récoltée à Sarcignan. A notre avis, et nous allons en exposer les raisons, les caractères (1) Foucaud, Flore de l'Ouest, 4e éd., p. 3. (2) Rouy et Foucaud, Flore de France, vol. I, p. 40. (3) Lalerrade, Flore bordelaise, 4e éd., p. 74. (4) Au lieu de A. montana Hop. (.4. rubra Lam.). (5) Au lieu de A. Pulsaiilla L. (6) En raison des mêmes erreurs, il est très probable que ce ne sont ni VA. mon- lana Hop., ni VA. Pulsaiilla Lam. qui croissent dans les départements des Deux- Sèvres, des Landes et de la Charente-Inférieure [Flore de l'Ouest, 4= éd. loc. c.)mais bien VA. rubra Lam. et 1'^. Bogenhardliana Pritz. Nous invitons les botanistes de ces régions à s'en assurer. de celle anémone ne s'appliquent exaclement à aucune des anémo- nes menlionnées jusqu'ici dans la Gironde. En effet : 1° L'.4. Bogenhardiiana Prilz a les fleurs légèrement inclinées sur la tige et les sépales presque pas réfractés. Dans l'anémone de Sar- cignan, au contraire, les fleurs sont fortement inclinées, souvent même, surtout ù, la fin, complètement tournées vers le sol, et les sépales très réfractes En cela, c'est VA. rubra Lamk. ou tout au moins une anémone qui en est très voisine. 2" L'^. rubra Lamk a les fleurs d'un rouge brun, parfois noirâtres, mais point violettes, toujours rouges, à contre-jour, tandis que celui de Sarcignan les a d'un violet foncé, violet pur à contre-jour (1). Et en cela, il se rapproche de l'A. Bogenharâtiana Pritz, à fleurs égale- ment violet-foncé, mais lilas à contre-jour. 3" Enfin, dans l'A. rubra Lam. les tiges sont au nombre de 2-7 sur la même souche et dans l'A. Bogenharâtiana de 1-4. Les tiges de l'anémone de Sarcignan sont au contraire jjresçue toujours solitaires. Ainsi, pour résumer, si par ses fleurs fortement inclinées sur la tige et ses sépales très réfractés l'anémone de Sarciynan se rapproche de l'A. 7nibra Lam., elle en diffère par ses fleurs violet foncé et non rouge-brun comme cette dernière. D'autre part, si elle se rapproche de l'A. Bogenharâtiana Pritz par ses fleurs violet-foncé, elle s'en dis- tingue par leur couleur violet pur à contre-jour et non lilas. Enfin si par les caractères que nous venons d'énumérer elle tient à la fois de ces deux sous-espèces, elle s'en différencie nettement par ses tiges presque toujours solitaires sur la même souche. De cela, nous concluons que notre anémone ne peut être qu'une forme interméâiaire entre les âeux sous -espèces gironâines, ou pour être plus exact un A. Bogenharâtiana Pritz, forme se rapprochant de l'A. rubra Lam. (2) et que nous appelons A. Sarracenensis Nob. du nom de l'endroit où nous l'avons observé. Le tableau dichotomique suivant fera bien saisir les caractères qui le séparent de l'un et de l'autre, et en font une forme à part. (1) M. Clavaud [Flore de la Gironde, loc. c.) et M. Corbière [Flore de Norm'tndie, p, 4) ont aUribué des fleurs d'un violetpâle, bleu-violet pâle à 1'^. Bogenhardiiana Prilz et d'un violet foncé, violet noir à VA. rubra Lam. Le premier les a d'un violet foncé « atro-violaceo » et le second d'un vouye brun et nullement violettes « fusco- rubro ! » (2) Cf. Soc. Linn., Bordeaux, séance 5 avril 1882. TABLEAU DICHOTOMIQUE Des Anémone girondins de la section Pulsalilla DC. Fleurs d'un violet foncé (lilas à contre jour) légèrement inclinées sur la tige. Sépales peu réfractés au sommet. A. Bogenhardtiana Pnlz. Fleurs d'un violet foncé (violet pur à contre-jour ou d'un rouge brun), fortement penchées sur la tige. Sépales très réfractés. 2, / Fleurs violet foncé (violet pur à contre-jour), parfois à teinte i rosée. Tiges presque toujours solitaires sur la même souche, ) très rarement 2. A. Sarracenensis Noh. ] Heurs d'un rouge brun (rouge à contre jour), parfois noirà- I très, mais point violettes. Tiges 2-7, très rarement solitaires. \ A . rubra Lam. Sect. Pulsatilla DC Sysl. I, p. 189. A. Pulsatilla L. Spec. 759 (sens. lat.). 2 sous-espèces (1). Subspec. 1. — A. Bogenhardtiana Pritz (pro specie) Anem. revis. p. 31. Puhalilla viedia Bogenh. in Flora bot. Zeit., vol. 23, p. 74. — — Fleur d'un violet foncé, paraissant lilas quand on l'examine à contre jour, légèrement inclinée sur la tige, à sépales peu réfractés au sommet. Tiges 1-4 sur une même souche, assez souvent soli- taires (2). Hab. — Castelnau-de-Médoc, Saint-Laurent-de-Médoc, Libourne. Une forme : A. Sarracenensis Nob. — Tige presque toujours solitaire (très rarement 2) couverte de longs poils soyeux, naissant d'une souche ligneuse, épaisse, plus ou moins rameuse. Feuilles radicales tripinnaliséquées,.à lobes linéaires acutiuscules . Involucre à. feuilles sessiles, ordinairement d'un rouge lie de vin. Fleurs grandes, très pen- chées sur la tige, souvent même, surtout à la fin, presque complète- il) Pour VA. Bor/enhardlmna Pritz. el 1'^. rubra Lam. nous reproduisons en les corrigeant les diagnoses de Hlavaud (Cî. -Flore Gironde, p. 8). (2) Bogenliard décrit ainsi son P. média [A. liogenhardlunia Prilz) : « villosiuscula flore cernuo atro vlolaceo, sepalis conivveniihus apice redis, foliis coelaneis, lacl- niis linearihus » (in Flora Bot. Zeit., vol. XXIil, p. 74). — .C) — mrnl loumées vers le 5o/, cran vlolel foncé paraissant violet pur quand on les examine à contre-jour, parfois à leinle rosée. Sépales velus soyeux sur la page extérieure, très recourbés (parfois deux fois recourbés sur eux-mêmes) en dehors h partir de leur moitié supé- rieure. Acliaiaes velus-soyeux : avril-juin. Hab. Clairières des bois de pins à Sarcignan (Gironde) R. Subspec. II. — A. rubra l.am. (pro specie). Encycl. I, p. 163. — Fleur d'un romyr-Z/^f», paraissant ro«r/c quand on l'examine à contre- jour, assez fortement penchée, à sépales moins réfractés que dans la forme .4. Sarracenensis Nob. Tiges 2-7 sur une même souche, très rarement solitaires. Hab. — Uzeste, Pompéjac, Cazeneuve, Léogeats. Ce travail venait à peine de paraître, qu'un de nos amis nous signalait une note intéressante de M. Brochon au sujet des Anémone girondins (I), corroborant en tous points les idées que nous venions d'émettre. Ainsi, d'après lui : 1° « Du temps de Laterrade, on nommait .4. pulsalilla L., une plante qui croissait à Arlac, Pessac et Castelnau-de-Médoc »; 2° « Lespinasse distribua à ses amis (186i) un Anémone recueilli dans le Bazadais, sous le nom d'A. Bogenhardtiana Pritz ». 3° « Clavaud a introduit dans son stirpe Pulsatilla Rchb. deux types spécifiques : A. Bogenhardtiana Prilz pour la plante des lan- des du Médoc et A. rubra Lam. pour celle de la vallée du Ciron ». 4° « Dans la séance du 19 avril 1882, Clavaud signale un Anémone récolté à Sarcignan qui, tout en rentrant dans l'A. Bogenhardtiana Pritz, établissait une sorte de passage h l'A. rubra Lam., par la colo- ration intense de son calice et la réflexion assez décidée de l'extrémité de ses pétales ». De ces quatre faits M. Brochon conclut « que nous avons, en Gironde, dans les landes du Médoc, l'A. Bogenhardtiana Pritz ; dans la vallée du Ciron, l'A, rubra Lam. ; dans les pinadas des envi- rons immédiats de Bordeaux (les anciennes stations d'Arlac et Pessac comprises), nne plante intermédiaire par ses caractères comme par sa situation géographique ». De cette note il ressort clairement que des erreui'S de dénomina- tion se sont souvent produites au sujet des Anémone girondins de la section Pulsatilla. M. Brochon en convient avec nous. Il reconnaît (1) Act. Soc Linn., procès-verb. année 1892, p. 149 sqq. aussi, avec Clavaud, que nous avons dans les pinadas des environs de Bordeaux une forme intermédiaire entre IM. Bogenhardtiana Prilz et VA. rubra La m. Cela seul légitime amplement la création de l'A. Sarracenensis Nob. Bien plus même, il résulterait de l'observation de M. Brochon que la plante d'Arlac serait notre forme. Regrettons seulement que cette localité ait disparu ! — et avec elle, notre plante I A. noter en terminant que, bien malgré lui, M. Brochon est tombé dans la même erreur que Clavaud dans sa flore de la Gironde, en attribuant des fleurs violet pâle à VA. Borjcnhardliana Pritz, alors qu'elles sont d'un violet foncé, « atro-violaceo •>. Si véritablement — ce que nous n'osons croire — la plante des landes médocaines les avait violet pâle, ce n'est pas alors l'A. Bogenhardtiana Pritz que nous aurions dans la Gironde, mais VA. Sarracenensis Nob, !!! C'est à voir, Nigella damascena L. p. miner Boiss , voy. Bol.., -p. 11. Rouy et Foucaud, FL France, 1, p. 120. Champs de blé de la Mouleyre, Fronsac. R. Plante basse (1-2 décim.), tige simple; Qeurs petites; lobes de l'involucre courts. Cardamine patensis L. y. herbivaga Jord. {p. specie) Diagn. p. 129. — Rouy et Fouc, [loc. cit.), p. 232. Bords herbeux de la Garonne, Saint-Macaire. P. C. Fleurs petites, lilas foncé; siliques étalées; feuilles caulinaires à 4-5 paires de segments linéaires. Alyssum calycinum L. y. vagum Jord. {p. specie), Diagn. p. 198. — Rouy et Foucaud [loc. cit.), 2, p. 186. Bords arides de la Dordogne, Sainte-Foy-la-Grandc. A. C. Feuilles petites, lancéolées-oblongues, cendrées sur les deux faces; pétales peu émarginés; silicules grandes. Draba spathulata Hoppe a. genuina. — Rouy et Fouc. {loc. cit.), p. 226. Champs et vignes, Pian-sur-Garonne. C. Feuilles hispides d'un vert grisâtre, ovales-lancéolées; fleurs peti- tes ; silicules arrondies. Draba vulgaris. Rouy et F'ouc. [loc. cz7.),p, 224, forme D. clavi- formis R. et Fouc. {loc. cit.), p. 225. — 8 — Champs et vignes du Haut-Brion, Pessac. C. Feuilles à poils denses, grossièrement dentées au sommet, d'un vert foncé, ovales-lancéolées; fleurs grandes; silicules grandes, sub- cunéiformes. Holosteum umbellatum L. sp., 130. — Rouy et Fouc. (loc. cit.), 3, p. 236. Ça et là, mais rare, champs sablonneux, Sarcignan. w Pétales 5, ordinairement dentelés irrégulièrement. Styles 3, Cap- » suie s'ouvrant en 6 valves. Fleurs en fausse ombelle. Graines pel- » tées très déprimées, convexo-concaves ». Clvd. fl. Gironde, p. 168. Spergula arvensis L. [3. vulgaris Koch. s-var. agracilis. E. Petit (pro var.) in Bol. Tids.; 14, h. 4. — Rouy et Fouc. [loc. cit.), p. 297. Bords des vignes du clos Saint-Bris, Villenave-d'Ornon. R. Plante grêle ; tige rameuse ; cyme pauciflore ; feuilles plus longues parfois que les entre-nœuds. Linum catharticum L. p. segelale Adam in Ann. Soc. Vog. Riién., an. 1885, p. 12. — Rouy et Fouc. {loc. cit.), 4, p. o6. Champs de blé, Belin. Avec le type, mais fort rare. Plante robuste, très rameuse; feuilles et capsules grandes; pédi- celles courts. Géranium pyrenaicum L. Mant., 257. — Rouy et Fouc. {loc.,cit.) p. 86. Parc des Pères, Verdelais, RR. Un seul pied! Se distingue du G. molle, plante annuelle ou bisannuelle, à filets des étamines glabres, par sa souche vivace et ses filets ciliés à la base. A rechercher dans nos limites. Lepidium campestre R. Brw. A. campicolum Jord. [p. specie) Diagn. p. 329. — Rouy et Fouc. {loc. cit.), 2, p. 82. Champs sablonneux, ui^nes, Villenave-d'Ornon. C. Feuilles vert foncé, les radicales lyrées-dentées, les caulinaires appliquées, très dentées; fleurs très petites. £. errabundum Jord (pro spec. et loc. cit.) p. 330. Coteaux calcaires, Pian-sur-Garonne. R. P'euilles d'un vert clair, les radicales entières, les caulinaires non appliquées; tleurs grandes. y. vagum Jord. (/jro specie) p. 331. Coteaux calcaires, Pian-sur-Garonne. R. Feuilles d'un vert foncé, les radicales dentées ; lige basse violacée, et les feuilles. Helianthemum vulgare L. forme H. serpyllifolium Mill. A. ovalifolium. — Rouy et Fouc. s-var. flaviforum. — Rouy et Fouc. [loc. cit.) 2, p. 297. Bords des routes, Léogeals. Coninmn dans tout le Bazadais Feuilles glabrescentes au-dessus; sépales blanchâtres ; fleurs jau- nes. Viola lusitanica Brot. y- pumiliformis . — Rouy et Fouc. [loc. cit.) 3, p. 8. Marais desséché, Sarcignan. R. Plante naine (i-lO cent.); feuilles décurrenles sur le pétiole plus court que dans le type. Observation. — Les landes de La Teste à Cazaux nous ont fourni la même variation, mais complètement apétale (s-var. apetala). Polygala vulgare L. s-var. rosea Nob. Bois, pelouses, Sarcignan, P. G. Fleurs toutes d'un rose tendre. Observation. — La s-var. alhiflora Nob. à fleurs d'un blanc pur est plus rare- Gypsophila muralis L. p. serotina Lee. et Lam. Cat. p. 92 — Rouy et F'ouc. [loc. cit.), p. 156. Sur les vieux murs, Saint-Macaire, Pian, Verdelais. G. Plante robuste à feuilles et fleurs plus grandes que dans le type, et à capsules plus saillantes. Floraison tardive (août). Habite de préférence les vieux murs, et semble aussi commune que le type, du moins dans le sud de notre département. Dianthus Carthusianorum L. p. uniflorus. — Cariot et Saint- Lag. Etude fleurs, p. 101. — Houy et Fouc. (loc. cit.), p. 165. Clairières des bois de pins, Sarcignan. M. Tige courte, 1-2 flore. Trifolium campestre Schreb. p. Schreberi. — Rouy (loc. cit.), 5, p. 73. — 10 — Bords des roules, Pian, Saint-Macaire. C. Capitules petits; pédoncules une fois plus longs que les feuilles. Tiges couchées. Scleranthus perennis L. — Lloyd et Fouc. {FI. Ouest, 4- éd., p. 139). Pelouses arides, Beautiran. A. 15. Nouveau pour le déparlement. Centaurea prsetermissa de Mari. Donos. FI. Tarn, p. 388. Talus de la Garonne entre Saint-Macaire et Langon. P C. Centaurea Pouzini D C. Bords de la Garonne, Bègles. C. Observations. — Ces deux hybrides ont déjk été signalés aux mêmes localités par notre confrère M. Neyraut. Le premier se reconnaît à ses épines terminant les écailles du péricline : elles sont dressées contre les écailles immédiatement au dessus. ' Le Centaurea Pouzini D C a du C. aspera les rameaux étalés, et du C. calcitrapa les épines étalées et fortes. Doronicum plantagineum L. sp. Datis une prairie de Plume-la- Poule, Talence, où il est très abon- dant. Sonchus maritimus L. sp. Digues du Bassin d'Arcachon, La Hume, Gujan. C C. Observations. — Se présente souvent dans ces deux localités sous une forme assez remarquable. La tige est couchée dans le bas et nue dans une assez grande longueur. Voici, selon nous, d'oi^i pro- vient celte variation accidentelle (?). A. cet endroit du bassin, la digue est renforcée à l'intérieur d'une vérital)le muraille de pierres contre laquelle les vagues du bassin, surlout lorsqu'il y a tempête, viennent se briser sans entraîner le sable. Et c'est dans les inters- tices de ces blocs de pierres que croît très fréquemment le Sonchus en question. Il est évident que lorsqu un jeune pied vient à y pous- ser, la lige s'allonge jusqu'à ce qu'elle arrive à la lumière, et qu'à ce moment seul, les feuilles commencent à se former. Rien de plus naturel. Mais noire plante se rencontre aussi dans le haut de la digue, et c'est là, au milieu des herbages et des pieds rabougris de Tamarix, . — 11 — qu'elle présente la variation déjà décrite. Cette variation n'a pas encore, que nous sachions, été observée; aussi, nous la nommons Sonchus mariiimus L. [3. denudatus. En voici la description : Sonchus maritimus L. var. denudatus. Tige coucliée dans le bas, nue dans une assez grande longueur (5-15 cent.), parfois pourvue de 2-3 feuilles rudimentaires et comme avortées, très caduques, alternes, au sommet de laquelle naît du centre une rosette de feuilles normalement développées. 1-3 pédon- cules floraux. Autres caractères du type. A. G. Hieracum umbellatum L. sp. Nous avons assez fréquemment rencontré, dans les bois de pins de La Teste à Cazaux, la variété « à feuilles très étroites » signalée par J. Foucaud dans la Flore de VOuest, édition 4, p. 215. Elle est, croyons- nous, spéciale à ces régions. Malgré nos recherches, nous n'avons pu jusqu'ici la faire rentrer dans aucune des formes ou variétés décrites par Jordau, Tausch, Arvet-Touvet, etc. Koch, dans son Synopsis (édit. 1, p. 461), décrit bien une variété angustifolium « à feuilles étroitement linéaires » mais celle description ne se rapporte nullement à la plante d'Arcachon dont les feuilles sont bien étroites mais pas linéaires « vix lineam lotis » (Koch, loc. cit.). C'est pourquoi celte variation nous paraissant inédite, nous propo- sons, puisque J. Foucaud l'a observée bien avant nous, de la dési- gner sous le nom dff. umbellatum L. var. Foucaudi. Voici sa des- cription : Hieracum umbellatum L. var. Foucaudi. Racine traçante, assez allongée, fibre ise, grêle. Tiges 1-3, (une seule ordinairement florifère), grêles, velues, feuillées, assez courtes (1-2 décim.). Feuilles de la base très courtement péliolées, étroites (1/2 cent, environ), lancéolées, aculiuscules, lâchement dentées, tout au plus 2 fois, velues surtout sur les bords et assez courtes 3-4 cent.); les caulinaires, jusqu'aux rameaux du corymbe, sessiles, plus étroites, dentées et pins ordinairement entières; celles des rameaux florifères linéaires, courtes (1/2 cent, environ). Rameaux florifères 1-3, rarement plus nombreux, toujours inombellés. Capi- tules environ de moitié plus petits que dans le type. Autres caractè- res du type. A. C. - 12 — Primula variabilis Goupil. — Lloyd et Fouc. FI. Ouest, p. 284. Rois humides au sud de rOrphelinal, Gradignan. R. Hybride des P. officinalis Jacq et vulgaris Huds., et intermédiaire entre eux. Feuilles atténuées en pétiole; calice blanchâtre à dents courtes, triangulaires aiguës ; corolle jaune vif marquée à la base de taches orangées ; capsule courte, souvent avortée. — Pieds isolés parmi les parents. Chlora perfoliata L. var., Gracilis Nob. Terrains calcaires du Monl-Aigu, Fronsac. G. Tige simple, grêle, unitlore (10 cent. long, environ); Feuilles très petites, non caduques ; fleurs de moitié plus petites que dans le type. Knautia arvensis Goult. 3. campeslris Koch. syn. — Knautia campestris Bess. Enum. pi. Vohl., p. 7. Lisières des bois de pins, Belin, Béliet. P. G. Feuilles inférieures presque toujours entières ou seulement den- tées, les supérieures pinnatifides; fleurs bleuâtres, les extérieures non rayonnantes. Echium Wiertzbickii Haberl. in Rchb. fl. exs., p. 336. Bords de la Garonne aux Douze-Portes, Bègles. R. Cette plante, considérée comme espèce par plusieurs auteurs, ne nous semble être qu'une déformation du type E. vulgare L. — Fleurs 1/3 plus petites que dans le type, en panicule serrée; étamines incluses. (Gf. Lloyd et Fouc, Flore Ouest, p. 234). Thymus serpyllum L. var. angustifoliuni G. Godr., Fl. fr., 2, p. 658. — Lloyd et Fouc. {loc. cil.) p. 269. Bords de la Leyre entre Mios et Facture. R, Feuilles linéaires-cunéiformes, plus courtes que les entre-nœuds. Plante presque inodore. Glechoma hederacea L. var. villosa Koch, Gorb., Fl. Normandie, p. 464. — Lloyd et Fouc. (loc. cit.) sine nomine, p. 272. Voie ferrée, Saint-Philippe-du-Seignal. G. Tiges et feuilles velues-hérissées. Lamium amplexicaule L. var. clandestinum Rch. Gorb., PI. Normandie, p. 457. Bords de la voie ferrée, entre Langon et Preignac. P. G. - 13 — Corolle très petite, s'ouvrant à peine, ne dépassant pas ou dépas- sant très peu les dents du calice. Lamium purpureum L. p. decipiens Sonder in Koch, syn. éd. i, p. 649. Abords des maisons de Tarlifume, Bègles. C. Feuilles incisées-crénelées. Brunella laciniata L. var. mtegrifolia Godr., FI. Lorr., 2, p. 2U. Champs de blé, à test des carrières^ Sarcignan. P. C. Chenopodium polyspermum L. var. spicatum Moq.-Tand., Monogr. 22. Décombres des marais, Bègles. C. Grappes dressées, spiciformes. p. cymosumChev., FL par.,'^, p. 385. Décombres des marais, Bègles. C. Grappes dichotomes, à rameaux supérieurs allongés, étalés. Polygonum persicaria L. p. elatum G. Godr., FI. fr., 3, p. 48. Prairies, haies, Bègles. C. Tiges et rameaux dressés et non divariqués; épis dressés-pani- culés; feuilles lancéolées-acuminées, d'un vert clair. Polygonum aviculare L. forme P. rurivagum Jord. — Boreau, FI. Centre, éd. 3, p, 560. Abords de la gare, Langon, Saint-Macaire, Bègles. P. C. Feuilles étroites, linéaires ou lancéolées; graines grosses, très lisses et très luisantes. Forme assez commune. Setaria viridis P. B. var. purpurascens Opiz. Champs de mil, Saint-Magne-de-Belin, G. Epillets en panicule spiciforme purpurine. Agrostis alba L. var. gigantea Mey., Chl. Han., 683. Lisières des bois de pins, Villenave-d'Ornon. R. Plante robuste à feuilles larges et panicule grande et compacte; fleurs verdâtres. Catabrosa aquatica P. B, var. terrestris Nob. Bords des fossés, Pian-sur-Garonne, Bègles. — 14 - Forme Lerreslre; plante grêle à panicule peu rameuse et souche non rampante. C. Paspalum dilatatum Poiret. Bords de la Garonne, après le ponl du chemin de fer, rive gauche, Bordeaux. A. C. Voici au sujet de cette plante deux lettres publiées dans les numé- ros des 1"" janvier et février 1900 du Bulletin de l'Association fran- çaise de Botanique : Monsieur et Clier Confrère, « Nous vous prions de porter à la connaissance des lecteurs du Bulletin la décou- verte que nous avons faite, aux portes mêmes de Bordeaux, d'une plante introduite, actuellement en voie de naturalisation : le Paspalum dilatatum Poir. Brasil Dr. 141. (P. ovalum Nées. /'. platense Spr. 51. P. Selloi Spr. (ex Trin. mssl.). n Cette espèce, originaire de l'Amérique du Sud, et non encore, que nous sachions, observée en l*'rance, semble bien fixée sur la rive droite de la Garonne à la balte de Monte-Chrislo. Elle y croît en compagnie de son parent Panicum vaçjinalum Sw., de Cyperus vegetus Willd., Bidens lieterophylla Ort., Clœnopodium ambrosioides et anlkelminlicum L. Notre confrère et compatriote M. Neyraut, qui l'a récollée en nombre, la distribuera l'an prochain, nous a-t-il dit, dans la Société Rochelaise. De notre côté, nous reparlerons de celte graminée dans une note en préparation destinée au Bulletin. » Agréez, Monsieur et cher Confrère, l'e.xpression de nos meilleurs sentiments ». Abbés J. Deysson et A. Cassât. Bordeaux, 15 décembre 1899. La seconde lettre est de M. FI. Brachet, instituteur à Sainl-André- d'Embrun (Hautes-Alpes). Cher Monsieur, « J'ai l'honneur de vous adresser le renseignement suivant au sujet du Paspalum dilatatum Poir., signalé dans un précédent numéro du Bulletin, par deux de nos confrères MM. Deysson et Cassât, aux environs de Bordeaux. » J'ai reçu en 1898 cette plante du Var (ancien lit d'Argens, leg. G. Berirand). M. Bertrand ajoute qu'il n'a pu retrouver l'an dernier cette plante dans celte localité, mais il m'assure qu'elle n'est pas rare à Vidauban, en amont de la précédente localité, dans les prairies voisines ou riveraines de l'Argens. » La localité bordelaise signalée par nos confrères serait donc la deuxième localité française de cette espèce américaine. » "Veuillez agréer, cher Monsieur, l'assurance de mes meilleurs sentiments ». FI. Brachet, Azolla filiculoïdes Lam. — Lloyd et Fouc. (loc. cil.). Fossés des marais près du boulevard J.-J.-Boscq, Bègles, — 15 — NOTE M. Molelay, le savant botaniste girondin, nons connmunique la liste suivante de plantes rares que nous nous faisons un devoir de publier à la suite de ce travail : Neotlla nidus-avis à Léognan. Tlialictriirn minus » Elaline Brochoni » Myosurus minimus à Pauillac. Leonuvus curdiacu à Montferrand. Narcissus poeLicus » Aster Lripolium (forme gigantesque) à Montferrand. Daphne laureola à Léognan. Anqélica heterocarpa bords du fleuve, Bordeaux. Ncu'cissiis biflorus à Ares. U Lficularia intennedia à Lacanau. Aldrovundia vesiculosa » Elatiiie Brochoni » Airylhrea cloodes au Gap Ferret. Ramunculus Baudotii au Verdon. 1) cjramineus dans le Médoc. » luiarius à Ares. » Lenormahdi » EXPLICATION DE LA PLANCHE ('; Pig. 1 et 2. — Anémone Sarracenensis Nob. Fig. 3. — Hieracium umbellatum L. var. Foucaudi Nob. Fig. 4. — Nigella dainascena L. ^. minor Bois. Fig. 5. — Chlora perfoliata L. s-var. gracilis Nob. Fig. 6. — Sonchus marilinnus L. var. denudatus Nob. (*) 1/2 grandeur naturelle. LA SOC. LINNÉENNE DE BORDEAUX. T. LXII, PL. 1. CONTRIBUTION A LA FLORE DU SUD-OUEST m IPHORBIACiS Df U GIRONDE Par l'Abbé J.-P. DEYSSON Le travail qui va suivre n'était pas, du moins pour longtemps encore, destiné à la publicité. Sollicité par quelques amis, après en avoir élargi le cadre primitif, nous le livrons aujourd'hui à l'examen des savants, sous ce titre : <( Contribution à la flore du Sud-Ouest : Les Eupborbiacées de la Gironde ». Quel que soit le mérite qu'on veuille reconnaître à ce modeste essai, nous espérons qu'il pourra rendre service aux botanistes de notre département et surtout en encourager un plus grand nombre à étudier une famille de plantes sans contredit des plus intéressantes parmi les phanérogames apétales. Puisse leur étude approfondie provoquer des observations nouvel- les et nous valoir de la part des botanistes des renseignements nom- breux et précis qui nous aideront à combler les lacunes toujours inévitables d'un premier travail (1). J.-P. D. (1) Nous remercions vivement MM. Motelay el Labiie, le premier de nous avoir si aimablement permis de consulter les nombreux échantillons de son herbier girondin, le second de nous avoir fourni quelques bons renseignements au sujet d'espèces rares. J.-P. D. Tome LXII. 2 — JS EUPHORBIÂCÉES Euphorbiaceae Juss. gen., 38 i. — Ordo Tricoccarum Willk. el Lange. Prodr. fl. ffisp.,3,ip. 486 [pro maxima parle). Plantes herbacées, parfois fi-alescenles à la base ou complètement ligneuses. Feuilles éparses, altei-nes, opposées ou verlicillées, ordinairement simples, pourvues ou non de stipules. Fleurs unisexuées, monoïques ou dioïques, tantôt avec un périan- the à 3-5 divisions libres ou soudées à la base et alors disposées en glomérules axiilaires, en épis ou en grappes, tantôt sans périanthe et réunies dans un involucre commun calycifornie ou pétaloïde h 8-10 lobes dont 4-3 alternes, alternant avec 4-5 externes, et alors alaires ou plus ordinairement en ombelles simples ou composées. Estivation valvaire ou imbricative. Fleurs mâles : élamine 1, ou en nombre indéfini, libres ou monadelphes, insérées au centre de la fleur ou sur le rudiment de l'ovaire. Anthères introrses, biloculaires. Fleurs femelles : ovaire supère, libre, sessile ou slipité, à 2-3 loges i-2 ovulées ; styles 3, rarement 2, libres ou soudés, entiers ou bifides. Fruit capsulaire 2-3 coques; coques 1-2 spermes, se détachant souvent de leur axe commun avec élasticité. Graines appendantes pourvues ou non au hile d'une caroncule; albumen plus ou moins charnu; embryon rectiligne; cotylédons folia- cés plans ou un peu convexes; radicule tournée vers le hile. TABLEAU DICHOTOMIQUE DES SOUS-ORDRES * Plante herbacée ou frutescente à la base. P^euilles ordinairement minces et caduques. Fruit capsulaire s'ouvrant en 2 valves inermes au sommet sous-ordre l. Euphorbiées. ** Arbuste ou arbrisseau. Feuilles coriaces, persistantes. Fruit capsulaire s'ouvrant en 3 valves bicornées au sommet sous-ordre II. Buxées. 19 SOUS-ORDRE I. EUPHORBÎEES. Euphorbieae Boiss. DC. XV. 2, p. 3 {pro part, et incl. AcalyphsBis J. M.). — Euphorbiacese. 11. Brw. Gen. Rem. in Flind Voy., p. 23 [pro famil. et exclus. Phyllantheis J. Miill. et Ricineis Baril.). Plantes annuelles, bisannuelles ou vivaces, herbacées, parfois fru- tescentes à la base ; Feuilles ordinairement minces et cadiiqnes; Fleurs monoïques et alors alaires ou plus souvent en ombelles simples ou composées; ou dioïqiies et alors fascicuiées ou en épis; Etamines et anilières globuleuses ou subglobuleuses ; styles bifi- des ou entiers ; Fruits capsulaires 2-3-coques s'ouvrant en 2 valves à sommet inerme. Coques monospermes; Graines ovoïdes ; Embryon droit. TABLEAU DICHOTOMIQUE DES TRIBUS * Piaules lactescentes. Pas de péi'ianlbe. Styles bifules. Fruits cap- sulaires 3-coques. — Monoïques tribu I. Tithymalées. ** Piaules non lactescentes. Périanlhe simple. Styles entiers, diver- gents. Fruits capsulaires, ordinairement 2-coques. — Dioïques, très rarement monoïques tribu II. Acalyphées. Trtbu ï. Tithymalées. Titliymalese Rchb. sec. Willk. et Ege. (loc. cit.), p. -487. — Eu- phorbiee (genuinx) Boiss. (loc. cit.), p. H (exclus, sp. nonnull.J. Plantes monoïques. Fleurs dépourvues de périanlhe, réunies dans un involucre calyciforme commun, alaires ou en ombelle. Fruit cap- sulaire 3-coque. — Lactescentes. Genre Euplsoi'feîa L. gen. pi. , p. 243. — ' Titîiymalus Scop, PL Carn. 1, p. 332, non Haworth. Plantes annuelles ou vivaces, herbacées ou frutescentes à la base, ordinairement dicholomes : Feuilles éparsrs, alternes, opposées ou verticillées, simples, stipu- lées ou non; — co- pieurs alaires ou plus ordinairement en ombelle simple ou com- posée, pourvue à sa base d'un verlicille foliaire libre du conrié, monoïques, sans périantlie et toujours réunies dans un involucre calyciforme ou pélaloïde, petit, tubulé, à 8-10 lobes dont 4-5 exter- nes, petits, membraneux ou herbacés, dressés ou courbés en dedans, alternes avec 4o internes plus grands, épais et glanduleux, entiers ou bicornes; Fleurs mâles consistant en 1 étamine à filet articulé, garnie à sa base d'une écaille diversement fendue, frangée ou ciliée, 10 ou plus insérées à la base de Tinvolucre et de longueur inégale; anthères globuleuses, biloculaires, plus ou moins divergentes; Fleurs femelles solitaires, insérées au centre de Tinvolucre, et entourées par les fleurs mâles; ovaire unique, stipité, 3-loculaire, à loges uniovulées; styles 3, libres ou soudés à la base, bifides ou émarginés; Fruit capsulaire penché en dehors de l'involucre commun, lisse ou verruceux, stipité, s'ouvrant en 2 valves avec élasticité et 3 coque; coques 1-spermes; Graines ovoïdes, appendantes, à test crustacé, lisses, tuberculeuses ou alvéolées, pourvues ou non de caroncule; cotylédons plans; Plantes à suc laiteux, très acre. TABLEAU DICHOTOMIQUE DES SECTIONS ( Feuilles opposées 2 ( Feuilles éparses, alternes ou verticillées, jamais opposées . . 3 Feuilles pourvues de stipules sétacées. Fleurs alaires. Glandes de l'involucre calyciforme entières. Pas de caroncule sect. I. Anisophyllum. Pas de stipules. Fleurs en ombelles. Glandes de l'involucre caly- ciforme bicornées. Une caroncule slipitée, orbiculaire, lobulée. sect. II. Lathyris. / Feuilles éparses ou alternes. Graines lisses \ ou faiblement tuberculeuses '* Glandes arrondies / sect. III. Tithymalus. / Feuilles éparses, jamais alternes. Graines ( alvéolées. . . sect. IV. Helioscopia. * Glandes bicornées sect. V. Esula. - 21 - Section I. Anisophyllum Rœp. ap. Duby, bot. galL, p. 412. — Sect. Chamsesyce Rchb., fl. germ. exsicc, p. 7o5. Feuilles opposées, pourvues de stipules sétacées. Fleurs alaires. Glandes de l'involucre calyciforme entières. Caroncule nulle. * Leiospermae (graines lisses). 1. E. peplis L. 2. E. polygonifolia L. *' Rhytidospermae graines rugueuses). 3. E. Chamsesyce L. Skction 11. Lathyris G. Godr. floc. cit.), p. 98. — Sect. Tithy- malus (Scop.) (§ Decussatse), Boiss. (loc. cit.). Feuilles opposées en croix. Pas de stipules. Fleurs en ombelles. Glandes de l'involucre calyciforme en croissant. Caroncule stipitée, orbiculaire, lobulée. 4. E. lathyris L. Section 111. Titlnynialiis Koch, Synops., éd. 2, p. 723 (exclus. E. Helioscopia). — (§ Galarrhsei et § Esulae, pro E. Gerardiana ianlum), Boiss. (loc. cit.), pp. 113 et 138 [exclus, spec. nonnull.). — Sect. Helioscopia Rœp. in Duby, bot. gall., p. 413 [exclus. E. He- lioscopia). Feuilles éparses ou alternes. Pas de stipules. Fleurs en ombelle. Glandes de l'involucre calyciforme arrondies en avant, ou réniformes, ou transversalement ovales. Graines lisses ou finement tubercu- leuses. A. Leiospehm.'e (graines lisses). § Perennes (vivaces). a. Capsule lisse ou faiblement tuberculeuse, ma's non verruceuse. o. E. pilosa L. 6. E. Gerardiana L. b. Capsule nettement verruceuse, à tubercules hémisphériques, cylindriques. 7. E. palustris L. 8. E. hyberna L. , 9. E. dulcis Jacq. et snbspec, E. angulata. 10. E. verrucosa L. 22 § Aninise (annuelles). M. E. platyphyllos L. 12. E. Stricta L. B. Rhytidosperm/E (gi'aines tuberculeuses). 13. E. pubescens Vabl. Section IV. Helioscopîa, Nob. — Rœp. (loc. cil.J, p. 413 {pro E. helioscopia iantum). — Sect. Tithymalus (Scop) (§ Galarrhœi), Boiss. (loc. cil.), p. 138 {exclus, omnib. sp., e.xcepl. E. Helios- copia). Feuilles éparses, jamais alternes. Pas de stipules. Fleurs en ombelle. Glandes de l'involucre calyciforme 1res arrondies, entières. Graines alvéolées. Caroncule blanche, transversalement ovale, presque verticale. 14. E. helioscopia L. Section V. Esula Rœp. ap. Duby (loc. cit.), p. 414 (emend.). — Section Tithymalus (Scop.) (§ Esulse), Boiss. (loc. cit.), p. 138. Feuilles éparses ou alternes. Pas de stipules. Fleurs en ombelle. Glandes de l'involucre calyciforme bicornées. A. Bractées libres. * Graines tuberculeuses. lo. E. exigua L. ** Graines creusées de fossettes ou de sillons. a. Annuœ. 16. E. falcata L, ^ 17. E. peplus L. et ses formes. b. Perennes vel 3 18. E. portlandica L. et ses formes. **' Graines lisses. a. Tige herbacée à la base. 19. E. serrata L. 20. E. cyparissias L. 21. E. esula L. et ses formes. ' — 23 — b. Tige frutescente à la base. 22. E. paralias L. B. Bractées coxnées. 23. E. amigdaloïdes L. Tribu II. Acalyphées J. MuU. ap. D C. Prod. XV, 2, p. 710 [exclus, gen.). Plantes dioïques, très rarement monoïques et alors accidentelle- ment. Fleurs à périanllie simple, jamais réunies dans un involucre commun, axillaires ou en épis. Fruit capsulaire ordinairement 2- coque. — • Non lactescentes. i, GeiNRk Mereurîalis Tournef., Insl., p. 534, t. CCCVIII. Plante herbacée, annuelle ou vivace; Feuilles opposées, pétiolées, munies de très petites stipules; Fleurs verdàlres, dioïques ou accidentellement monoïques, jamais réunies dans un involucre commun, pourvues d'un périanthe sépa- loïde à 3 lobes disposés sur un seul rang et connés à la base; Estivalion valvaire dans les 5 , imbricative dans les Ç ; Fleurs mâles disposées en épis grêles, toujours interrompus, au sommet de pédoncules axillaires; étamines centrales, 8-12 au plus; anthères subglobuleuses; Fleurs femelles solitaires ou géminées à l'aisselle des feuilles; styles 2, rarement 3, courts; stigmates allongés, divergents; ovaire sessile, 2, rarement 3-loculaire, à loges 1-spermes, entouré de 2-3 étamines stériles; Capsule didyme, hispide ou lomenteuse, à déhiscence semblable à celle du genre Euphorbia, 2, rarement 3-coque ; Coques 1-spermes. Graines à testa crustacé, courtement ovoïdes, fovéolées, pourvues d'une caroncule; Cotylédons larges égalant la radicule. * Perennis. 1. M. Perennis L. * * Aunua. 2. M. Annua L. — 24 — SOUS-ORDRE II. BUXÉES. Buxese (Baril.) Pari. ap. DC. floc. cit.), p. 1 (exclus, spec. non- nul.). — Buxacese Bâillon. Eludes gen. Euphorb., p. 667 et Monogr. Buxacées, p. 76 (jjro fani.). Arbusle on arbrisseau, à feuilles coriaces, persislanles; fleurs monoïques, en glomérules compacts, axillaires; étamines à anthères ovales, sagillées; styles épars, canicules en dedans; fruit capsulaire 3-coque, s'ouvrant en 3 valves bicornées au sommet; coques 2-sper- mes; graines oblongues-trigones ; embryon central. Genre Buxus Tournef., Inst., 345. Fleurs sessiles, jamais réunies dans un involucre commun, axillai- res; fleurs mâles à périanlhe sépaloïde, à 4 divisions inégales, oppo- sées en croix; élamines 4, libres, insérées sous le rudiment de l'ovaire et opposées aux divisions du périanlhe; fleurs femelles à .périanlhe à 6 divisions imbriquées sur 2 rangs, solitaires, terminales; styles 3, libres et persistants; ovaire 3-loculaire, à loges bi-ovulées; fruit capsulaire coriace; graines lisses. 1. Buxus sempervirens L. Tableaux dicholomiques, description, bibliographie, synonymie et habitat des espèces, sous-espèces, formes, variétés et sons- variétés des genres Euphorbia, Mercurialis et Buxus. Genre Euphorbia. Section I. Aiiisophylluiii Rœp. * Leiospermae. Euphorbia peplis L. sp. 652. — Tithijmalus auriculaius Lam., fl. fr., 3, p. 1(J2. — Tiges étalées, rougeâtres, à rameaux fermes. Feuilles épaisses, oblongues, prolongées à la base d'un seul côté en oreillette, obtuses, opposées, très entières. Fleurs jaunes, solitaires, axillaires. Capsules lisses et les gaines, cachées sous les feuilles. Annuelle (mai-aoûl). *5<-' — 23 — Sous- variété emarginalifolia Nob. — Feuilles très légèrement émarginées au sommet. Hab. — Sables marilimes. Commun. — Montalivet, La Teste, Les Argentières, Cap Féret, Le Verdon ! Arcachon (Motelay). — La sous- variété emarginalifolia Nob. : Plage de Moulleau, rare; à rechercher ailleurs. Aire géographique. — Angleterre mérid., Portugal, Espagne, Italie, Grèce, Turquie, Russie mérïd., etc. Euphorbia polygonifolia L. sp. — Très voisin du précédent. Tiges jaunâtres, coucbées. Feuilles linéaires, oblongues, cordifor- mes à la base. Graines ovales. Annuelle (août-octobrej . Hab! — Sables maritimes. Assez commun. — Hourtins, Cap Féret, Soulac, Pointe-de-Grave, Grayan ! Arcachon (Motelay). Aire géographique. — Amérique boréale. Obs. — Cette espèce, originaire du littoral de l'Amérique du Nord, découverte en 1877 par M. Contejean, entre la Pointe-de-Grave et Soulac, est actuellement bien fixée dans notre département. D'après M. Motelay, elle est très abondante à la Pointe-de-Coubre. * Rhytidosperir.se. Euphorbia chamsesyce L. sp. 652. — Tilliymalus nummularius Lam., /'7. fr., 3, p. 101. — Tiges filiformes, couchées, rameuses. Feuilles pétiolées, obliquement orbiculaires, entières, membraneuses. Fleurs rougeàtres, axillaires. Capsules arrondies, trigones, à peine lisses, ponctuées sur le dos. Graines obovales-trigones, blanchâtres, ridées. Annuelle (juin-septembrej. Hab. — Terrains sablonneux. Très rare. — Podensac (Ramey); à rechercher. Aire géographique. — France mérid., Portugal, Espagne, Italie, Grèce, Turquie, Russie mérid., etc. Obs. — Nous n'avons point rencontré dans notre région cette espèce, très comumne, il y a quelques années, dans les allées du Jardin Botanique de Bordeaux (H. Léveillé). M. Motelay en possède dans son herbier girondin un échantillon sans indication de localité. Section II. tiathyris G. Godr. Euphorbia lathyris L. sp. 6o3. — Tiges droites, grandes. Feuilles sessiles, opposées, sur 4 rangs, glauques, lancéolées-mucro- ToME LXII. 3 # — '16 — nées, très entières. Ombelles à 4-5 rayons très longs, bifides. Folioles des involucelles en cœur, ovales, lancéolées-miicronées. 2 cornes élargies, obtuses, sur les appendices du réceptacle commun. Capsules grosses, lisses, sillonnées sur le dos. Graines creusées de fossettes en réseau, brunes, non luisantes. Annuelle ( mai-sep temhre). Hab. — Endroils pierreux. Très rare. — Léognan, Pont-de-la- Maye, Sauçais, Mérignac, Eysines, Saint-Laurent-de-Médoc, carrières de Barsac, de Vertheuil (Motelay); échappé des cuUures. Aire géographique. — France, Angleterre, Portugal, Espagne, Suisse, Italie, Corse, Sardaigne, mais échappé des cultures. — Sem- ble spontané en Dalmatie, Russie mérid. Section III. Tîthymalus Koch. A. Leiosperm.ï:. § Perennes. TABLEAU DICHOTOMIQUE DES ESPÈCES A CAPSULE LISSE, NON VERRUCEUSE * Feuilles velues sur les deux faces, finement dentées en scie . . . E. pilosa. ** Feuilles glauques très entières E. Gerardiana. Euphorbia pilosa L. spec. 659. — E. illgrica Lois., fl. gall., 1, p. 3i4. — E. procera Koch, Syn , éd. 1, p. 629. — E, paniculata Lois. (loc. cit.), p. 34i. — Tiges dressées, garnies presque à toutes les feuilles de petits rameaux, les inférieurs stériles, tous seulement feuilles au sommet. Feuilles longues, larges, lancéolées, calleuses, denticulées sur les bords, plus ou moins poilues, coriaces. Ombelles à 5 rayons deux fois trifides. Rameaux supérieurs terminés par une petite on)belle à 3 rayons. Folioles des involucres oblongues, lan- céolées; celles des involucelles, ovales, arrondies. Capsules arron- dies, à 3 sillons, plus ou moins verruceuses et poilues. Graines obovales, brunes. — Vivace {mai-juin). Espèce assez polymorphe : a. Genuina Nob. {E. pilosa sensu stricto). — Capsule verruceuse, poilue. Sous-variété subglabra Nob. — Feuilles glabres en partie. A rechercher les variations suivantes qui croissent probablement dans nos limites : 27 — [3. Villosa Nob. {E . villosa Willd.?). — Capsule verruceusc, glabre. y. La3vis Nob. (F. illyrica Lam.?). — Capsule lisse, poilue. Hab. — Bois, bords des chemins, des haies, endroits humides. Com- mun. — La Brède, Martillac, Allées de Boutaut, La Bastide, Coutras, Marais de Beychevelle, Saint-Micliel-la-Rivière, Blanquefort, Roaillan, Sainl-Savin! Arlac, Cestas, Le Vigeaii, Verdelais, Langon (Motelay). — La sous-variélé 5wè^/a6ra .• Saint-Savin! Gradignan (Motelay). Aire géographique. — France, Espagne bor., Piémont, Tyrol, Autriche-Hongrie, Silésie, Serbie, Russie mérid., etc. I Euphorbia Gerardiana Jacq., fl. austr., 5, p. 17, tab. 436. — F. linearifolia I.am., Dict., 2, p. 437. — E. esula Tliuil., Par., p. 238. — E. Seguieri Vill., Danph., 3, p. 326. — Tithymalus rupestris Lam., fl. fr., 3, p. 97. — Racines ligneuses. Tiges nombreuses, simples, dures, dressées. Feuilles sessiles, linéaires, lancéolées, mucronées, très entières, presque serrées contre la lige. Ombelles à rayons nombreux, courts, bifides. Rameaux stériles sur la tige nuls. Folioles des involucelles ovales, triangulaires, mucronées. Glandes triangu- laires, arrondies, à angles obtus, arrondis. Capsules à tubercules très fins. Graines lisses, blanchâtres, non arrondies. — Vivace [mai- juillet). a. Genuina G. Godr., fl. fr., 3, p. 84. — Feuilles linéaires, oblon- gues. Voici pour mémoire les variétés connues en France de celle espèce polymorphe : p. Tenuifolia G. Godr. (loc. cit.). — Feuilles étroites, linéaires. y. Lanceolata Cariot, Bot., éd. 6, p. 666. — Feuilles et bractées plus insensiblement atténuées au sommet que dans a. Bractées des fleurs vertes. 0. Dentala Chabert. Soc. Bot., 18, p. 119. — Feuilles supérieures lancéolées, oblongues, dentées dans leur moitié supérieure. £. Multicaulis Chabert [loc. cit.). — E. multicaulis Thuil. — Tiges très nombreuses, rapprochées. Feuilles supérieures courtes, ovales, presque trapézoïdes, les ombellaires ovales-arrondies. Hab. — Champs sablonneux et calcaires RR. — Entre Langon et Saint-Macaire, abords des carrières R. ; à rechercher, surtout dans toute la partie nord-est du département. Aire géographique. — France, Bavière, Allemagne, Suisse, Italie, Espagne, Autriche- Hongrie, Serbie, Russie, etc. - 28 — Obs. — Celle espèce méridionale esl souvent confondue avec VE . esula L., égalemenl fort rare dans noire départeinenl. Nous enga- geons les botanistes à revoir à ce sujet leurs divers échantillons gh'ond'\ns d' F. esula et gerardimia. Nous recevrons volontiers com- munication de leurs remarques sur ces deux espèces. TABLEAU DICHOTOMIQUE DES ESPÈCES A CAPSULE NETTEMENT VERRUCEUSE ! Ombelle principale composée de 0-6 rayons tout au plus. . . 2 Ombelle à plus de 6 rayons naissant du même point E. palustris. ^ ( Feuilles tout à fait sessiles 3 2 ^ l Feuilles rétrécies en pétiole très court -4 Feuilles très entières et de 6 centimètres de longueur au moins. E. hyberna. Feuilles denticulées et de 3 centimètres de longueur à peine. . . E. verrucosa. Tiges cylindriques. Glandes involucrales rouge foncé. E. dulcis. Tiges striées-anguleuses. Glandes involucrales jaunes ou brunes. . . . . , siibsp. E. angulata. Euphorbia palustris L. sp. (3G2. — Tiges droites, robustes, à rameaux axillaires nombreux, les inférieurs stériles, les supérieurs florifères. Feuilles sessiles, glabres, membraneuses, ovales-lancéo- lées, entières, à une nervure saillante. Ombelles petites, nombreuses, à rayons courts. Folioles des involucelles ovales. Capsules arrondies, glabres, à 3 sillons profonds, couvertes de verrues tuberculeuses. Graines lisses, brunes, luisantes. Vivace {mai-juin). p. Mourteana Nob. — Plus élancée que le type, moins rameuse. Feuilles caulinaires ovales-subaiguës, non atténuées à la base comme dans le type. Folioles des involucelles oblongues, elliptiques (1). Hab. — Bords des fossés, marais. R. — Marais des Chartrons, marais Faux, à, Montferrand (Motelay), Sainl-Laurenl-de-Médoc, Blanque- fort, Bacalan, Bruges! — La variété S : Montferrand (abbé Moureau) RR. (1) Celle variété a été récoltée par l'abbé Moureau dans les marais Faux, à Mont- ferrand. Nous sommes lieureux de la lui dédier. — 29 — Semble manquer dans le reste du département. A rechercher. AiHE GÉOGRAPUiQUE. — Europe centrale et australe, Russie, Bithjnie, Grèce. Euphorbia hyberna L. spec. 662. — E. camiolica Lap. abr. pi/r. 272. — Tiges simples, 1res fouillées. Feuilles larges, elliptiques, lancéolées, obtuses, entières, un peu poilues en dessus, presque étalées. Ombelles à 5-6 rayons bifides. Folioles des involucelles ovales-aiguës. Capsules grosses, hérissées de tubercules dressés. Graines munies d'une ligne saillante dans une grande partie du pourtour. — Yivace {mai-juin). Hab., — Bois.RR. — Camiac (Bonnaves), Bellefond (abbé Labrie in herb. Motelay). Obs. — Nous n'avons pas nous-même rencontré cette espèce dans notre région. Elle nous paraît devoir en être exclue. M. Labrie nous informe en effet que la station de Bellefond a disparu par suite des travaux de terrassement de la ligne d'Eymet. Aire géographique. — France, Angleterre, Espagne, etc. Euphorbia dulcis L. spec. 656. — Racine horizontale, çà et là renflée, tuberculeuse, jaune. Tige grêle, cylindrique, un peu velue et les feuilles. Feuilles obovales, oblongues, à très courts pétioles, entières. Ombelles à 5 rayons bifides dépassant à peine les folioles de rinvoliicre. Folioles de l'invoUicre très longues, inégales, lancéo- lées; celles des involucelles ovales-triangulaires, tronquées à la base, dentelées. Fleurs d'abord jaunes ou purpurines. Capsules à veines inégales, obtuses, poilues. Graines ovoïdes, d'un gris rose. — Yivace (avril- juin). On pourra rencontrer dans nos limites la forme suivante : E. purpurata ÎVob. — E. purpurata Thuil, p. 235. — Feuilles et folioles des involucelles presque pas dentelées au sommet. Capsule glabre. Tige aussi striée, anguleuse et membraneuse que dans la sous-espèce suivante : E. angulata. Hab. — Bois. C. — Arlac, Lormont, Pessac, Cenon, Camiac, Pian- sur-Garonne, Verdelais, Ambarès, Langon, Coimères, Mazères, Roaillan, Piéchac, Brannens, Villegouge, etc.! Floirac (Motelay). Pentes boisées de l'Entre-Deux-Mers. P. C. (abbé Labrie). Une sous-espèce : Subsp. E. angulata Nob. — E. angulata Jacq., Call., 2, p. 309. — Très voisin du E . dulcis L. — Racine allongée, munie de tubercules — 30 — oblongs-arrondis. Tiges membraneuses sur les angles aigus. Feuilles oblongues-ovales, presque sessiles, glabres, très finement dentées sur les bords, à nervure blanche. Ombelles à 3-5 rayons bifides, droits. Folioles de Finvolucre ovales, sessiles; celles des involucelles tronquées à la base, presque triangidaires-ovales, aussi longues que larges, dentées en scie. Capsule glabre, couverte de verrues presque demi-sphériques. — Vivace (mai-juin). Hab. — Sables, bois couverts, lieux frais. A. C. — Bègles, Coutras, Talence, Soussans, Langon, Saint-Savin! Villenave-d'Ornon, Far- gues, Castelnau, Martillac, l^éognan. Bois entre Libourne et Saint- Emilion (Motelay). AiRK GÉOGRAPHIQUE. — France, Belgique, Allemagne, Suisse, Italie, Aulriche-Bongrie, Russie, etc. Euphorbia verrucosa Lam., Dict., 2, p. ii4. — E. clulcis Sibth. et Sm., prodr. fl. gr., 1, p. 327. — Ligneuse à la base. Tiges nom- breuses, dressées, pubescentes. Feuilles pubescentes, elliptiques- lancéolées, obtuses, très finement dentées en scie, les inférieures plus petites. Ombelles à 5 rayons courts, bifides. Folioles de l'invo- lucre obovales-arrondies, dentées en scie au sommet, celles des involucelles ovales-arrondies, obtuses, inégales. Capsules couvertes de petits tubercules agglomérés-mamelonnés. Graines ovales, rousses- grisâtres, vivace [avril-juillet). Sous-variété suhglabra Nob. — Plante presque complètement glabre. p. pauperata Nob. — Tiges basses, rougeâtres, ascendantes. Fleurs petites. Plante des terrains arides. Une forme : E. Brochoni Nob. — E. verrucosa Lmk. forma...? Brochon, Act. Soc. linn. Bordeaux, 1891, t. XLV, Proc. verb., p. xxxv. — Plante moins robuste que le type. Tiges dressées, hautes de 2-4 décimètres. Feuilles petites, étroites, entièrement glabres, ou à peine pubescen- tes, même à la base inférieure. Rayons de l'ombelle longs, dépas- sant 3 fois environ les feuilles de Tinvolucre. Diffère surtout du type par ses feuilles involucrales plus étroites et plus oblongues que d'or- dinaire, ses bractées non ou à peine colorées, entin par la floraison plus précoce (15-20 jours avant celle du type). Plante d'un vert cendré. Hab. — Terrains argileux, bois calcaires. Espèce très commune — 31 — dans la Gironde (Molelay). — Bacalan, Paillel, Coulras, Ambarès, Langoiran, Haux, Cadillac, Quinsac! C. G. de Langon à Verdelais, Caslets, La Réole, Isle-SainL-Georges, Cambes, Sainle-Croix-du-Mont, Pian-sur-Garonne, elc. ! — La sous-variélé glabra, rare, çà el là avec le type. — La forme E. Brochoni, rare : Roquebiune, Monségur (prairies des bords de rAndoiiille), à gauche de la roule (Brochon), Saint-Maixenl, Porlels, Monlagoudin, Gironde, La Brède, Arcachon ! Aire géographique. — France, Espagne, Allemagne, Suisse, Italie, Tgrol, Autriche-Hongrie, etc. § Annuag. TABLEAU DICHOTOMIQUE DES ESPÈCES * Racine annuelle; capsules à verrues à peine saillantes E. platyphyllos. ** Racine bisannuelle; capsules à verrues très saillantes E. stricta. Euphorbia platyphyllos L. spec. 660. — Racine annuelle. Tige droite, jaunissant au sommet. Feuilles sessiles, arrondies en cœur à la base, élargies, aiguës au sommet; les inférieures, obovales, très obtuses, atténuées en pétiole. Ombelle à 5 rayons longs, à 3-4 divi- sions, chacune subdivisée en 2. Folioles de Tinvolucre ovales-lancéo- lées; celles des involucelles, triangulaires-ovales, mucronées, dente- lées. Capsules presque globuleuses, parsemées de petites verrues à peine saillantes. Graines noirâtres, ovales, arrondies, comprimées. Annuelle {juin-octobre). a. genuina Nob. — Feuilles garnies en dessous de la nervure de quelques longs poils épars. Folioles involucrales de même. Sous-variété suhglabra Nob. — Feuilles presque tout à fait gla- bres. Sous-variélé lanuginosa Nob. — Feuilles ciliées, laineuses, sur les bords pi'incipalement. — Est peut-être 17i . lanuginosa Thuil. fl. par. 238 non Lam.? P minor Nob. — Tige courte, ordinairement simple. Ombelle ter- minale et en tête serrée. Hab. — Terrains cultivés. A. C. — Bouliac, La Brède, Quinsac, Cadaujac, Langon, La Bastide, Marlillac! Allées de Boulant, Bègles, Ambès, Vertheuil (Motelay). — La sous-variélé suhglabra, ça et là, - 32 - avec le type : Verlheuil (MoLelay). — La sous-variété lanuginosa, rare : Lazaret de Pauillac, La Bastide! — La variété ^ : Bègles, Lan go n ! AiHE GÉOGRAPHIQUE. — France, Angleterre, Belgique, Allemagne, Suisse, Italie, Corse, Espagne, Autriche, Grèce, etc. Euphorbia stricta L., sgst., éd. iO, t. II, p. 1049. — E. Coderiana D C, //. fr., 5, p. 363. — E. serralata Thuil, /?. par., 237. — E. mi~ craulha Bielj., taur-cauc, 1, p. 377. — Très voisin du précédent dont il n'est peut-être qu'une forme. — • Racine bisannuelle. Tiges nom- breuses, droites. Feuilles sessiles, arrondies en cœur à la base, élargies, aiguës au sommet, inégalement dentées depuis le milieu jusqu'au sommet; les inférieures obovales-obtuses, atténuées en pétiole. Ombelle k 3 rayons, à 3 divisions. Folioles de l'involucre lancéolées; celles des involucelles presque triangulaires-ovales, mucronées. Capsules très petites, parsemées de quelques poils et de verrues courtes, cylindriques, saillantes. Graines très petites, d'un rouge brun, ovales non comprimées. — Bisannuelle [mai-juin). Sous-variété subglahra Nob. — Capsules glabres en partie. Hab. — Lieux frais, fossés, bords des champs, terrains argileux, A. C. — Villenave-d'Ornon, Cabanac, LaBrède, Caudrot, Langon! — La sous- variété AW%/a6/Y/,^ moins commune : Le Verdon, Martillac, Sarcignan ! Aire géographique. — Comme le précédent, sauf la Grèce. B. Rhytidosperm.e. Euphorbia pubescens Desf., atl., 1, p. 386. — Tiges ordinaire- ment rameuses. Feuilles oblongues-elliptiques, mucronées, finement dentées en scie ; les inférieures plus petites. Ombelles à o rayons trifides. Folioles de l'involucre ovales-oblongues; celles des involu- cres ovales-arrondies. Capsules verruceuses, poilues, à 3 sillons profonds et à 3 autres peu marqués sur le dos des coques. Graines brunes, parcourues dans toute leur longueur d'une ligne. — Vivace (juin-juillet). Le type a genuina G. Godr., fl. fr., 3, p, 79, à feuilles couvertes de longs poils mous étalés, semble manquer dans notre région. Représenté par la variété suivixnte : p subglabra G. Godr. (loc. cit.). — Feuilles presque glabres, demi- embrassantes. Capsule glabre. — 33 — Sous-vai'iélé serra tulifolia Nob. — Feuilles dentées en scie. Sous-variélé integrifolia Nob. — Feuilles 1res entières. Hab. — Lieux incultes, bords des chemins de la région maritime. C. — La sous-variété serralulifolia (type) : Féret (Motelay). — La sous-variété integrifolia : Terres cultivées au Lazaret, Trompeloup, La Teste, Dunes du cap Féret, Dunes du Pilât (C. C), Bourg, Pauillacl Arcachon (Motelay). — A rechercher du Verdon à Arcachon et sur- tout dans la région sud du département. — Commun dans les Landes ! Atre géographique. — France, Espagne, Portugal, Italie, Grèce. Section IV. Helîoscopîa Nob. Euphorbia helioscopia L. spec. 608. — Tithymalus helioscopius Lam.,,^. /'r., 3, p. 93. — Feuilles obovales en coin, obtuses, dentelées vers le sommet, glabres. Fleurs jaunâtres, en ombelles de 3-3 rayons trifides. Capsules convexes sur le dos, glabres. Graines d'un brun rouge, obovales, ridées, creusées en réseau. Annuelle [juin-octobre). Sous-variété glabrescens Nob. — Plante velue très finement. p. minor Nob. — Tige de 7-8 centimètres seulement, ordinaire- ment simple, à feuilles très caduques. Fleurs en tète compacte. Plante des terrains arides. Hab. Terrains cultivés, vignes, C. C. — La sous-variété glabrescens, rare : Tauriac, Mérignac, Pessac, Bègles, Langon ! — La variété |3 : Sarcignan, Sainte-Ci"oix-du-Mont I Rare. Aire géographique. — Toute Y Europe, sauf la région arctique. Section V. Ësula Rœp. A. Bractées libres. * Graines tuberculeuses. Euphorbia exigua L. spec. 654. — Tiges grêles, rameuses, par- fois plus ou moins couchées. Feuilles sessiles, glabres, linéaires- aiguës, entières. Ombelles ti 3-3 rayons, courts, bitides. Folioles des involucres linéaires-aiguës. Capsules glabres, lisses. Graines rugueu- ses, tuberculeuses-anguleuses. Annuelle {avril- juillet). a. genuina Neyraut, Act. Soc. linn. Bordeaux, séance du 13 décem- bre 1897, Procès-verbaux. — » Tiges plus ou moins étalées, dressées, plus ou moins flexueuses, ordinairement très rameuses dès la base, — 34 - à rameaux terminés par des ombelles une ou plusieurs fois dichoto- mes ». Soas-variélé simplex Nob. — E. exigua L, variélé simplex Neyraut (loc. cit.). — « Tiges dressées, simples, terminées par une ombelle également simple, plus rarement dichotome ». Sous-variété pr^ocumbens Nob. — E. exigua L. variété procumhens Neyraut (loc. cit.). — « Tiges procombanles parlant plus ou moins nombreuses de la racine et terminées par une ombelle normalement développée ». A recherclier les deux variétés suivantes : p retusa Nob. — E. relusa D. C, fl. fr., 5, p. 338, — Feuilles infé- rieures en coin, tronquées. Folioles des involucelles en cœur à la base. Y rubraNob. — E. rubra D. C, fl. fr., 5, p. 339. — Plante à teinte rougeâtre. Feuilles terminées par 3 dents. Une forme : E. Foucaudi Neyraut {loc. cit.). « Tiges fermes, uniques ou divi- sées en 2-3 parties dès la base, dressées, bautes de 10-20 centimè- tres, épaisses, très feuillées dans toute leur longueur, terminées par une ombelle normale à rayons tout au plus une fois dichotomes (quelquefois 2-3 fois). Feuilles fermes, étalées-dressées, linéaires, obluses-mucronées, à l'aisselle desquelles naissent sous Tombelle terminale un rayon d'ombelles de fleurs normales et, tout le long de la tige, de petits rameaux de 1-3 centimètres, tlorifères, très feuilles, simples, grêles, étalés dressés. Graines paraissant plus grosses que dans le type ». Neyraut {loc. cit.). Hab. — Champs cultivés, coteaux. C. — Coteaux de La Réole, Saint-André-de-Cubzac, Eysines, Fargues, Saillans, Lormont, Pian- sur-Garonne, lllats, Pointe-de-Grave ! C. C. dans l'Entre-deux-Mers ! — Coutras, Le Verdon, Saint-Michel-la Rivière, Vertheuil, Martillac, Marcamps (Motelay). — La sous-variété simplex : Pointe-de-Grave, LéognanI Saint-Michel de Fronsac ^Neyraut). — La sous-variété procumbens : Saint-Michel-de-Fronsac (Neyraut). — La variété p : Veribeuil (Motelay). — La forme E. Foucaudi : La Brède, Saucats! Saint-Micliel (Neyraud). Aire géogiuphioue. — Toute l'Europe, sauf Suède et Norvège, et les régions arctiques. - 35 — ** Graines creusées de fossettes. a. Annuce. TABLEAU DICHOTOMIQUE DES ESPÈCES Capsules lisses, non verruceuses E. falcata. Capsules velues ou du moins verruceuses sur les angles , E. peplus et forme. Euphorbia falcata L. spec. 654. — E . mucronata Lam., Die t., 2, p. 426. — Tiges rameuses, étalées. Feuilles inférieures caduques, oboyales-obtuses, mucronées, les autres lancéolées, rétrécies à la base, aiguës ou acuminées. Ombelles à 3-5 rayons bifides, élalés. Folioles des involucelles grandes, obliques, en cœur-triangulaires, mucronées. Glandes en croissant à 2 cornes courtes. Capsules lisses. Graines anguleuses, grisâtres, portant 4 lignes transversales de points creusés-ridés. — Annuelle (juillet-août). Une forme : E. purpurascens Nob. — Cette forme est exactement à VE. fal- cata ce que la forme E. Foucaudi est à VE . exigua. — Tiges toujours simples, dressées, très feuillées. Feuilles persistantes. Ombelle ter- minale à 2 rayons bifides, formant une fausse panicule. Graines plus petites que dans le type. — Plante d'un aspect rouge sombre ou vert foncé. Hab. — ■ Terrains calcaires. P. C. — Branne, Marcamps (Motelay), Libourne, Fronsac, Saint-Michel, Bouliac! — La forme E. purpuras- cens : Tizac, Sainte-Colombe, Caslillon-sur-Dordogne, Espiet! Aire géographique. — France, Espagne, Portugal, Italie, Suisse, Allemagne, Autriche-Hongrie, Turquie, Grèce, etc. Euphorbia peplus L. spec. (io8. — Tiges rameuses au sommet. Feuilles petites, obovales, presque arrondies, obtuses, entières. Ombelles à 3 rayons plusieurs fois divisés. Folioles des involucelles ovales-triangulaires. Glandes en croissant à 3 cornes longues. Cap- sules à 2 carènes ailées sur le dos. Annuelle [juin-octobre). Plante très variable. La forme la plus notable est la suivante : Une forme : E. peploïdes Nob. — E. peploïdes Gouan, fl. monsp., 174. — E. rotundifolia Lois. not. 75, tab. 5, fig. 1. — Plante plus basse et plus difTuse que le type, souvent naine. Feuilles et involucelles presque — 36 - ronds. Graines trois fois plus peliles que dans le type, présentant deux points sur les faces latérales, trois sur les faces supérieures. Floraison précoce [mars-avril). Hab. — Lieux cultivés C. C. C, — La forme E. peploide, rare : Bor- deaux, Langon (Molelay). — Léognan, ïalence, Arcachon, Loraionl! Aire géoguapuique. — Toute YEurope, sauf les i-égions artiques. b. Perennes. Euphorbia portlandica L. spec. 656. — Tiges ligneuses à la base, à rameaux stériles nombreux. Feuilles élargies au sommet, arrondies- mucronées, petites, étalées-réfléchies. Ombelles à 5 rayons allongés, bifides. Folioles de Tinvolucre elliptiques, celles des involucelles lar- ges, rhomboïdales, mucronées. Capsules rudes sur les angles. Graines obovales-tronquées, à rides blanchâtres en réseau. Annuelle ou bisannuelle (mai-juin). Représenté dans la Gironde par les formes suivantes : Deux formes : E. segetalis Nob. — E. segelalis L. spec. 657. — Plante glauque; tige rougeâtre à la base, dressée, k rameaux stériles peu nombreux. Feuilles linéaires lancéolées. Ombelles à 4-5 rayons dicliotomes, gar- nis en dessous de plusieurs pédoncules florifères axillaires. Plante annuelle [juin- juillet) . E. fallax Nob. -- E. segelalis L. p fallax Loret et Barr., éd. ^, p. 445. — Lloyd et Foucaud, sine nomine. — Tige à rameaux dilTus. Feuilles plus rapprochées que dans le précédent, les supérieures ordinairement plus brusquement élargies à la base. Hab. — Régions marilimes P. C. — Dunes du Verdon, Soulac, Mon- talivet, Arcachon! — La forme E. segelalis assez commune à Saint- Palais, Terre-Nègre, Le Verdon, bords des marais des Logis! — La forme E. fallax commune sur les dunes de la Tour Noire, à Soulac, et sur les berges sablonneuses de la voie, au Verdon. Aire géographique. — France, Angleterre, Espagne, Portugal, sem- ble manquer dans le reste de l'Europe. — 37 — * * * Graines lisses. a. Tige herbacée à la base. TABLEAU DICHOTOMIQUE DES ESPÈCES Feuilles manies dans toute leur longueur de dents fines; folioles de rinvolucre très larges (2-3 cent.); glandes en croissant bien marqué E. serrata. Feuilles entières, à peine denticulées au sommet ; folioles de rinvolucre n'atteignant jamais 2 cent, de large; glandes en croissant peu marqué 2 Feuilles des rameaux florifères linéaires; celles des rameaux stériles sétacées, rapprochées en pinceau; bractées non mucro- nées. Capsule papilleuse sur toute sa surface. E. cyparissias. Feuilles des rameaux florifères non linéaires, celles des rameaux stériles jamais sétacées; bractées mucronées. Capsule lisse sur les côtés E. esula. Euphorbia serrata L. spec. 638. — Tithymalus serralus Lam., fl. fv., 3, p. 91. — Plante glauque, à tiges simples. Feuilles oblongues- lancéolées; les supérieures plus larges. Ombelles à 5 rayons plusieurs fois divisés. Folioles de rinvolucre grandes, en cœur, acuminées; celles des involucelles en cœur, réniformes. Glandes presque orbi- culaires. Capsules presque lisses. Graines lisses, non brillantes, por- tant une caroncule grande, en forme d'anthère. Vivace (juin-juillel). Hab. — Champs, bords des chemins, R. R. — Castets-en-Dorthe ! à. rechercher ailleurs. Aire géographique. — France, Espagne, Portugal, Suisse, Italie, S ar daigne. Obs. — Cette plante méridionale a dû être apportée très probable- ment par les bateaux qui vont de Cette à Bordeaux par le canal du Midi. Ceci explique la présence de certaines plantes étrangères à notre flore qui croissent, par pieds isolés, à Castets et tout le long du canal. Cette opinion est partagée par M. Motelay. Euphorbia cyparissias L. spec. 661. — Tiges rameuses au som- met. Feuilles linéaires-obtuses, non mucronées, très nombreuses, presque filiformes sur les rameaux stériles naissant sous l'ombelle. Rameaux fertiles nombreux en fausse ombelle. Folioles des involu- celles ovales-triangulaires. Glandes en demi-lune presque sans — 38 — cornes. Graines cylindriques, lisses, non brillantes. — Yivace (niai- seplembve). p esuloïdes Nob. — E. esuloïdes D. C, /?. fr., 5, p. 362. — Plante plus robuste dans toutes ses parties. Hab. — Champs sablonneux, bords des chemins. P. C. — Caudrot, Bouliac, Langoiran, Cadillac! C. C. de Langon à Verdelais! C sur les bords de la Garonne de Rions à T.a Réole ! Sainte-Foy-la-Grande, Paillet, Sainte-f>roix-du-Mont (Motelay). Plaines de la Dordogne, vers Castilion (abbé Labrie). — La variété p çà et là, avec le type, mais rare : Langon, Verdelais. Aire géographique. — Presque toute VEurope, sauf les régions arctiques. Euphorbia esula L. sp. 060. — Tiges ligneuses à la base, rameu- ses. Feuilles oblongues, lancéolées, membraneuses, très nombreuses, très peu étroites sur les rameaux stériles. Ombelles à 6-10 rayons bifides. Folioles de Tinvolucre semblables aux feuilles; celles des involucelles en cœur, orbiculaires, mucronées. Graines gris-brun, lisses, non brillantes. — Vivace (mai- septembre). [3 lanceolata G. Godr., fl. fr., 3, p. 88. — E. lucida auct. gall. — E. salicelorum Jord. pug. 138? — Feuilles lancéolées. Hab. — Champs calcaires, lieux incultes. R. El. — Abzac (Lloyd et Foucaud). — La variété ,8 : Bords de la Garonne, La Souys (Dives in herb. Motelay). — Nous n'avons pas nous-même rencontré cette espèce dans notre région. — A rechercher. Voici pour mémoire le tableau dichotomique des formes créées aux dépens de cette espèce par Jordan : ( Feuilles lancéolées ou oblongues-obtuses, plus ou moins élar- gies. 9 Feuilles linéaires-lancéolées E. pseudo-cyparissias. Feuilles étroitement lancéolées, plus ou moins rétrécies aux deux extrémités 3 Feuilles oblongues, larges, obtuses au sommet E. salicetorum. ( Feuilles très entières, non denticulées E. ararica. ( Feuilles finement denticulées au sommet E. riparia. Aire géographique. — Presque toute VEurope, sauf les régions méridionales. — 39 - b. Tige frulescenle à la base. Euphorbia paralias L. sp. 657. — Tilhjmalas marilimus Lam., ft. fi\, 3, p. 90. — Plante glauque, à tiges simples avec quelques rameaux stériles. Feuilles serrées, imbriquées, coriaces, oblongues, linéaires-aiguës, roulées sur les bords une fois sèches. Ombelles à 3-5 rayons bifides. Folioles de l'involucelle en cœur, réniformes. Capsules tuberculeuses, marquées de 1 sillon sur le dos des coques très distinctes. Graines lisses, cendrées. — Wvace (juin-sep lembre). Hab. — Régions maritimes. — C. C. de Soulac à Arcachon (Motelay), Arcachon, Plage du Moulleau, La Teste, Cap Féret, Poinle-de- Grave ! Aire géographique. — France, Espagne, Portugal, Belgique, Italie, Grèce, Turquie, etc. B. Bractées connées. Euphorbia amygdaloïdes L. spec. 662. — E. sylvatica Jacq., austr., 4, p. 39, tab. 375. — Tiges pubescentes, rougeàtres. Feuilles inférieures lancéolées; les supérieures oblongues-obovales, pubes- centes. Ombelles à 5 10 rayons bifides. Pédoncules axillaires fleuris. Folioles de l'involucre ovales; celles des involucelles connées. Crois- sants à 2 cornes. Capsules glabres, finement ponctuées. Graines presque globuleuses, lisses. — ■ Vivace [avril-août). Sous-variété subglabra Nob. — Plante presque entièrement glabre. Sous-variété tomenlosa Nob. — , Plante entièrement lomenteuse. Une forme : E. ligulata Nob. — E. Ugulata Chaub., fragm. bot. crit., tab. 6, 1830. — Tige dure, rougeâtre, pubescente. Diffère surtout du type par ses folioles de l'involucre non soudées, lancéolées, et ses rayons très hérissés. IIab. —Bords des chemins, haies, bois. C. C. — Le type pur : Blan- quefort (Motelay). — La sous-variété glahra : Langon, Floirac ! Ceslas, Daignac, La Sauve (Motelay). — La sous-variété tomentosa : Langon, Lormont, Saint Michel-la-Rivière I — La forme E. ligulata : R. R. clairières des bois de pins, Uzeste! Aire géographique. — Toute V Europe centrale. — 40 — SOUS-ORDRE I. — TRIBU II. ACALYPHÉES. Genre Mercurialis L. gen. pi. — Tounief. , Inst. * Perennes. Mercurialis perennis L. spec. 1465. — Plante herbacée, h raci- nes rampantes. Tiges simples. Feuilles pétiolées, ovales-oblongues, presque lancéolées, dentées. Fleurs toutes longuement pédonculées. Vivace (avril-mai). Sous variété ^mbescens Nob. — Plante pubescente. Fleurs carpel- lées, solitaires, à l'aisselle des feuilles axillantes. Sous-variété glahra Nob. — Plante entièrement glabre. Hab. — Bois des terrains calcaires A C. — Cenon, Pompignac, Moulin du Battant, à Langon, Cénac, Floirac, Blanquefort! La sous- variété glahra : Verdelais, Pian-sur-Garonne ! Blanquefort, Pessac (Motelay). Aire GÉOGRAPniQUE. — Europe centrale. * * Annuae. Mercurialis annua L. spec. 1403. — Plante herbacée, à racines fibreuses. Tiges rameuses, anguleuses. Feuilles glabres, ovales-lan- céoles, dentées, lisses, courtement pétiolées. Fleurs carpellées axillaires, sessiles, solitaires. Capsules hérissées. Annuelle (mai- octobre). Sous-variété glabrescens Nob. — Feuilles glabrescenles, parfois pubescentes (an M. ambigiia L?). p. Motelayi Nob. — Fleurs femelles portées sur un pédoncule un peu long (3/4 cent.). y. herbivaga Nob. — Forme gracile des lieux herbeux. Plante plus allongée dans toutes ses parties. Entre-nœuds très longs. Feuilles longuement ovales-lancéolées, 2-3 fois pins petites que dans le type, les unes très courtement pédicellées, les autres munies d'un pédon- cule de 5-10 millimètres. S. sabulicola Nob. — Forme robuste, haute de 5-iO décimètres. Tiges nombreuses, presque ligneuses, entremêlées, très feuillées. Feuilles presque sessiles, étroitement ovales-lancéoles, 5-6 fois plus petites que dans le type. Plante des sables (an M. foliis capillaceis Marchant, iMém. acad. se, Paris, 1719, p. 59, tab. 6?) Hab. — Terrains cultivés. C. C, — La sous-\Sir\é[é glabrescens, assez — 41 — rare. — La variété p : carrières de La Tresne (Molelay). — La variété y : Saint-Julien, Saint-Sauveur (Médoc), Macau! — La va- riété B : Lorniont, berges des bords de la Garonne ! Aire géographique. — Toute V Europe. SOUS-ORDRE IIL BUXÉES. Genre Buxus L, gen. pi. — ïournef., Inst. Buxus sempervirens L. spec. 1391. — Arbrisseau toujours vert, à bois très dur, jaunâtre. Jeunes rameaux à 4 angles. Feuilles gla- bres, coriaces. Fleurs jaunâtres, en paquets axillaires, écailleux. y'wdiCQ [avril-mai). Hab. — Lieux pierreux, coteaux, R. à l'état spontané. — Roaillan ! Aire géographique. — Europe centrale et australe, Caucase. RECAPITULATION ORDRE DES EUPHORBIACÉES Juss. ge?i. SOUS-ORDRE I. EUPHORBIÉES Tribu I. Tithymalées. Genre EUPHORBIA L. gen. pi. Section I. ANISOPHYLLUM Rœp. * Leiospermae. 1. E. Peplis L. Sous-variété emarginatifolia Nob. 2. E. polygonifolia L. * Rhytidospermae. 3. E. Chamsesyce L. Section II. LATHYRIS G, Godr. 4. E. Lathyris L. Tome LXII. 3» — 42 — Section 111. TITHYMALUS Koch. A. Leiosperm.e. § Perennes. a. Capsule lisse, non nellement verruceuse ou à peine. 3. E. pilosa L. a. genuina Nob. Sous-variété suhglabra Nob. S. villosa Nob. ) , , , , . .» , (à recliercher dans notre reqion. y. Icevis Nob. ) 0. E. Gerardiana Jacq. a. genuina Nob. j3. lenuifolia G. Godr, y. lanceolata Cariot. ^ , , ^, , > pour mémoire. ô. dentala Chabert. ( £. multicaub's Chabert. b. Capsule neltement verruceuse. 7. E. palustris L. p. Mourceana Nob. 8. E. hyberna L. ? 9. E. dulcis L. Forme E . purpurala Nob. Subsp. E. angulata Nob. 10. E. verrucosa Lam. Sous-variété subglahra Nob. p. pauperata Nob. Forme E. Brochoni Nob. § Annuae. H. E. platyphyllos L. a. genuina Nob. Sous-variété subglabra Nob. Sous -variété lanuginosa Nob. p. minor Nob. 12. E. stricta L. Sous-variété subglabra Nob. B. Rhytidoôperm.e. 13. E. pubescens Desf. — 43 - p. subglabra Nob. (Gr. Godr.). Sous-variété integrifolia Nob. Sous-variété serratulifolia Nob. Section IV. HELIOSCOPIA Nob. 14. E. helioscopia L. Sous-variété ijlabrescens Nob. p. minor Nob. Section V. ESULA Rœp. A. Bractées libres. * Graines tuberculeuses. 15. E. exigua L. a. genuina Neyraut. Sous-variété simplex Nob. Sous-variété procumbens Nob. S. retusa Nob. ) , , , ,. • ^ , } a reclierclier dans nos Limites . y. rubra Nob. ) Forme E. Foucaudi Neyraut. ** Graines creusées de fossettes ou de sillons. a. AnnusB. 16. E. falcata L. Forme E. purpurascens Nob. 17. E. peplus L. Forme E. peploïdes Nob. b. Perennes. 18. E. portlandica L. Forme E. segelalis Nob. Forme E. fallax Nob. *** Graines lisses. a. Tige herbacée à la base. 19. E. serrata L. 20. E. cyparissias L. p. esuloïdes Nob. 21. E. esula L. _ 44 - Formes : E. pseudo-cyparissias . E . Loreiii Jord. _ , . > pour mémoire. h. mosana Lej. [ E. salicelorum Jord. b. Tige frutescente à la base. 22. E. paralias L. B. Bractées connées. 23. E. amygdaloïdes L. Sous-variété suhglabra Nob. Sous-variélé lomenlosa Nob. Forme E. ligulata Nob. Tribu II. Acalyphées. Genre MERCURIALIS L. gen. pi. — Tournef., Inst. * Perennes. 1. M. perennis L. Sous-variélé puhescens Nob. Sous-variété glabra Nob. ** Annuae. 2, M. annua L. Sous-variété glabrescens Nob. p. Motelayi Nob. y. herbivaga Nob. S. sabulicola Nob. SOUS-ORDRE IL BUXÉES Genre BUXUS L. gen. pi. — Tournef., Jnst. B. sempervirens L. I) EF RECUEILLIS DANS LES ENVIRONS D'ORTHEZ (Basses- Pyrénées) Par M. DEGRANGE-TOUZIN Dans une « Etude préliminaire des coquilles fossiles des' environs d'Orlhez et de Salies-de-Béarn » que j'ai publiée dans les Acles de la Société (tome XLVII, page 333), j'ai donné la liste aussi complète que possible des espèces qui avaient été rencontrées soit par moi, soit par d'autres auteurs, dans les Faluns qui ont fait l'objet de cette étude. Ayant, depuis celle époque déjà lointaine, fait quelques nouvelles reclierches dans les environs d'Orthez, j'ai constaté la présence, dans les P'aluns de Sallespisse et du Paren, de quelques espèces qui n'ont pas encore élé signalées dans ces faluns. L'objet de cette note est de faire connaître ces espèces dont voici la liste : Espèces trouvées au Paren. Melampus pilula Tournouër. Aciaeon (s. g. Actaeonidea) pinguis d'Orb. » burdigalensis d'Orb, 7'erebra striataB&sl. — . - Mangilia sp.? Espèce déjà signalée à Salies-de-Béarn. Mangilia [Clalhurella) sp.1 Esi^èce signalée par nous à Salies-de- Béarn. Cancellaria co?i/or^frBast. Tome LXII, 4 - -46 - Cancellaria excassidea Sacco (1). » sp.? Espèce non déterminée, à lest presque uni, portant deux plis à la columelle. Melongena conmia Agassiz. Trilonidea sp.? Petite espèce déjà trouvée par nous à Housse (Salles- pisse). » sp.? Espèce voisine de 7\ nnifilosa Bell. Eulhna Guibei Peyrot. Phos pohjrjonam Broc. ^assa subecoslala Bell. » Miqueli Peyrot. Ttjphis horridas Brocclii. Ocinebra sp.? Espèce très voisine de 0. sublavalus Hornes. Magilus planaxoïdes G rat. Triton (s. g. Argobiiccinum) anceps Lamk. Biltium sp.? Très petite espèce, de forme ellipsoïdale, présentant trois rangs de tubercules sur chaque tour. Cerilhium (s. g. Cinctella) Irilinealum Philippi. Polamides (s. g. Pijrazns) lignilarum Eichw. 7 w/Tï7e//a sp. ? Espèce à spire très aiguë, du groupe de T. turris Bast, présentant cinq ou six cordons sur chaque tour. iVys/msp.? Espèce déjà trouvée à Housse (Sallespisse), rappelant N. falunica Ben., mais plus grosse et plus trapue. Crepidula cochleare Bast. Scalaria sp.? indéterminée. Odostomia sp.? indéterminée. j5'u/»ne//a sp.? indéterminée. » sp.? Autre espèce très jolie, très petite, à lest poli, brillant, probablement nouvelle. Turbonilla obliqua Degrange-Touzin. Turbonilla sp.? Espèce à spire aiguë, portant des plis longitudinaux fins, peu accentués. » sp.? Espèce à sutures profondes, portant des plis longitudi- naux très saillants sur chaque tour. (1) Celle espèce, ainsi que Nassa subecoslala, A'. Miqueli, Euthria Guibei, Typhis liorridus et Nucitla Degrangei, autres espèces qui seront mentionnées plus bas, ont été, depuis notre première étude, signalées ou décrites et figurées par M. Peyrot, notre savant collègue, dans la Feuille des jeunes naturalistes, n" 389, 1903. — 47 — Turhonilla sp.? Très pelile espèce portant sur chaque tour de très fins plis en forme de S. Ces trois dernières espèces, dont la seconde rappelle T. gracilis Broc, sont probablement nouvelles. Nerita asperala Duj. Palella sp.?Très petite espèce dont la surface porte des plis très fins, à peine visibles, déjà signalée à Salies-de-Béarn. JSucula Degrangei Peyrot. Lima cf. slrigilala Broc. MaUetia sp.? Erycina cardinlorla Cossm. » sp, ? Venus clathrata Duj. Lucina borealis Linné. » reticulala Poli. TeMina (EutellinaJ planala\Àx\'c\é. » donacina Linné. Espèces trouvées à Sallespisse. Cassidula Orlhezensis Degrange-Touzin. Blauneria (s. g. Stolidonia) rappelant notre B. Giiestieri, mais à spire moins allongée. Scnphander sublignarius d'Orb. Terebra subcinerea d'Orb. » slriata Bast. Conus sp. ? Espèce ayant des affinités avec C. pelagicus Broc, déjà signalée au Paren. » sp . ? Clavatula sp. ? Espèce du groupe de C. granulato-cincla, dont elle est très voisine, mais plus grosse, à spire moins allongée. Mangilia (Clathurella) clathrataeformis Degrange-ïouzin. » sp. ? Espèce déjà signalée à Salies-de-Béarn. Jîaphiloma vidpecida Broc Mangilia (Homoloma) sp.? Très jolie espèce dont la surface est pour ainsi dire cancellée par l'entrecroisement des côtes longi- tudinales et des plis transverses. Nassa subecoslala Bell. CanceUaria calcarala Broc. — 48 — Mitra indicalà Broc. » sp.? Espèce du groupe de M. Bonellu [ielL, et de M. Zino- lensis Bell., déjà signalée 'à Salies-de-Béarn. Fitsus sp. ? Chnjsodomus sp.? Espèce rappelant par son ornementation Cominella andrei Bast,, Mais différente, déjà signalée au Paren. Cijllene (s. g. Cyllenina) baccatum Bast. Ti'ilonidea sp.? Espèce voisine de T, iinifilosa Rell., déjà signalée au Paren. Pollia exacula Bell. Eulhria Guibei Peyrot. Columbella scripla Bell. » Degrangei DoUf et Dautz. Murex (s. g. Maricidea) incisus Brode rip. Ocinebra sp.? Magilus planaxoïdes Grat. Itanella marginata Broc. Pirula geomelra? Bors. 2' ri via a f finis Duj. Cei'ithium vulgatum Brug., variété déjà signalée au Paren et à Salies- de Béarn. Bitlium sp.? Petite espèce à spire très aiguë, portant trois rangs de tubercules sur chaque tour, déjà rencontrée par nous dans le Bordelais (La Saubotte, Saint-Morillon, Lariey), à Saint-Paul de Dax, à Baudignan et dans l'Aquitanien des bords de la Douze (Landes). Pûtamides (s. g. Pgrazus) lignitanun Eicliw., variété trapue, courte. » (s. g. Tympanolomus) papaveraceus Bast. Turrilella Grateloupi? Mayer. » subangulala Broc. )) sp.? Espèce déjà rencontrée à Clermont (Landes), dans l'Hel- vétien. Caecum sp.? Melanopsis aquensis drat. » buccinoïdes Grat. Litlorina Balgueriei Degrange-Touzin. Rissoïa sp.? Jolie petite espèce, du groupe de It. Zellandica, déyd signalée à Salies-de-Béarn et que nous avons aussi trou- vée à Saint- Paul de Dax, — 49 — Rissoina burdigalensis d'Orh. » sp. ? Espèce du groupe de R. Druguierei Payr., déjà signalée à Salies-de Béarn et rencontrée aussi à Saint-Ètienne d'Orthe. Crepidula cochleare Bast. Scalaria sp.? . EuUmella sp.? Très jolie espèce, signalée plus haut, au Paren. Turbonilla sp.? Espèce signalée plus haut, au Paren, <à spire aiguë, portant des plis fins, peu accentués. Nerila nsperata Duj. Monodonia? sp. indéterminée. Gibhida angulala Eiclnv. Palella sp.? Espèce très petite, à plis rayonnants assez élevés, déjà signalée au Paren et trouvée aussi à Housse (Sallespisse). Oslrea cmssissima Lamk. Plicalida myiilina Philippi, Arca iuronica Duj. » clathrata Desh. » (s. g. Cucullea) sp. ? Espèce très intéressante, déjà signalée au Paren. Nucula Degrangei Peyrot. Corhula Basleroli Horn. Psammobia Labordei? Bast. Tellina donacina Linné. Poromya Woodi Desh. Nous n'ajouterons que de courtes réflexions à l'énumération d'es- pèces qu'on vient de lire. Il convient tout d'abord de faire remarquer que parmi les espèces rencontrées depuis notre premier mémoire, il y en a qui sont fort intéressantes, en raison de leur rareté, comme par exemple : Can- cellaria excassidea,Nassa Miqueli, Eulhria Guibei,Magilus planaxoïdes Grat., 7'rilon anceps Lamk., Ngslia sp.? Cassidula Orlhezensis Degr.- Touz., EuUmella sp.? toutes espèces représentées seulement dans quelques gisements et par de fort peu nombreux exemplaires. D'autre part, un grand nombre des espèces mentionnées ci-dessus n'ont pu être identifiées et sont probablement nouvelles. Dans tous les cas, elles mériteraient une étude spéciale que nous n'avons pu faire encore. — 50 — Enfin un grand nombre de ces espèces ayant été déjà trouvées et signalées à Salies-de-Béarn, on en peut conclure qu'il existe, comme nous l'avons déjà écrit, une étroite affinité entre les faunes du Paren et de Sallespisse et celle de Salies-de-Béarn. Les faunes du Paren et de Sallespisse sont, pour ainsi dire, identiques, presques toutes les espèces se rencontrant dans les deux gisements. Mais elles se rapprochent infiniment de celle de Salies-de-Bôarn, bien que celle- ci renferme quelques espèces spéciales qui lui donnent un caractère un peu distinctif. Néanmoins c'est, croyons-nous, avec raison que nous avons considéré ces trois gisements comme dépendant d'une même formation qui doit être classée dans l'étage Helvétien. Disons, en terminant, que nous avons essayé de faire de nouvel- les recherches à Salies-de-Béarn, mais que l'état du terrain, presque inabordable, ne nous l'a pas permis. Elles n'eussent été possibles que grâce à des travaux de déblaiement et de creusement qui auraient pu occasionner des dommages aux propriétés et que vrai- semblablement les propriétaires n'auraient pas autorisés. C'est pour cette raison que nous n'avons à signaler aucune espèce nouvelle pour Salies-de-Béarn. Mlfl N .J OE sut 1. ilÂi Membre correspondant Par M. DEGRANGE-TOUZIN « C'est avec une doulouTeuse émotion que j'ai l'honneur de faire part à la Société de la perte cruelle qu'elle vient de faire. Elle est -frappée dans la personne de l'un de ses membres les plus éminents et les plus justement respectés. » M. Arnaud avait été nommé membre correspondant de la Société Linnéenne, le 15 décembre 1875. II est mort le 1^' décembre 1907. On peut dire que, pendant le cours de ces trente-deux années, son passage parmi nous a laissé une trace lumineuse. » M. Arnaud, entré tout jeune dans la magistrature, se fit inscrire, au bout de quelques années, au barreau d'Angoulème et c'est dans cette ville qu'il fixa définitivement sa carrière. » Il ne m'appartient pas de dire avec quelle délicatesse et quelle haute probité il se voua à la noble profession du barreau. Je dois vous rappeler seulement ses titres scientifiques grâce auxquels nous avons eu la bonne fortune de le coiupter au nombre de nos col- lègues. » Il fut un géologue éminentet un paléontologiste des plus distin- gués. Aussi eut-il l'honneur d'être appelé à la vice-présidence de la Société géologique de France, distinction flatteuse qui n'échoit qu'aux plus dignes et aux plus savants. » Ses études stratigraphiques portèrent principalement sur la Craie des Charentes et se font remarquer par une scrupuleuse observation du terrain, par une discussion sobre mais puissante, par une exac- liUide scieiUifiyue de haute valeiii'. 11 avait, si je puis ainsi parler, le feu sacré, et consacrait avec bonheur tous les loisirs que lui laissait sa profession d'avocat, à ses recherches géologiques et paléonlo- logiques. » Bien que la Craie des Charentes eût été étudiée avant lui d'une façon magistrale par Coquand, il sut trouver le moyen de faire des observations nouvelles, en mettant à profit toutes les circonstances, comme par exemple l'ouverture de nouvelles voies. feri-ées qui.déchi- rent les entrailles de la terre et permettent l'étude de couches pro- fondes auparavant invisibles. » C'est ainsi que, sous le titre générique d' a Eludes prcdiqucs sur la Craie du Sud-Ouest », M. Arnaud publia successivement dans nos Actes les mémoires suivants : n Profil géologique des falaises crétacées de la Gironde », tome XXX, p. ooo. « Profils géologiqi^s des chemins de fer des Charentes ». « Profils géologiques des chemins de fer d'Orléans », tome XXXI, page 251. n Profil géologique des chemins de fer de Siorac à Sarlat et rfe Pe'yi- ^ueua? à ^tôérac », tome XXXYIl, page 34. • n Profil géologique du chemin de fer d'Angoulème à Marmande, région crétacée », tome XLV, page 11. » M. Arnaud n'avait pas borné ses recherches à l'étude de la Craie des Charentes; il avait aussi observé avec soin la Craie des Landes. Les afQeurements de Tercis avaient attiré son attention et furent l'objet de travaux qu'il publia dans le « Bulletin de la Société géolo- gique de France ». » Mais, grâce à lui, nos Actes se sont enrichis encore de plusieurs mémoires paléontologiques que je dois citer ici : - « Etude sur le genre Ciphosoma dans la Craie du Sud-Ouest », tome XXXI, page 70<. « Sur quelques échinides à tubercules crénelés et imperforés du cré- tacé supérieur », tome XLYIII. « Quelques observations sur les Salenia crétacés du Sud-Oues.t », tome LU, page 1. « Observations sur le Cidaris pseudopistillum Cott., Brissopneusles aturensis », tome LUI. :, (.iLes Echinocorgs de Tercis », tome LVll, page 29. — 53 — » En somme, Fœuvre de M. Arnaud est considérable et noire Société peut revendiquer comme un honneur inestimable de l'avoir compté au nombre de ses membres. » J'ajouterai, en terminant, que nul ne fut plus digne d'estime et de considération que notre regretté collègue. Il joignait à une scrupu- leuse probité une loyauté scientifique non moins précieuse. Quand on faisait appel à ses lumières pour des déterminations paléontolo- giques, sa complaisance était inépuisable. Elle n'avait d'égale que l'autorité incontestée de son grand savoir. » Dans les discussions scientifiques, parfois un peu retentissantes qu'il eut avec d'autres géologues, il ne connut ni l'amertume ni l'aigreur. Son aménité, son urbanité demeurèrent toujours impecca- bles. Aussi peut-on dire de lui qu'il fut réellement le vir probus dicendi perilus. » Cette perte est un grand deuil pour notre société qui conservera précieusement la mémoire de l'homme de bien, du savant éminent que fut M. Arnaud ». OUVRAGE POSTHUME OU'EST'CIÎ DUE \à GÉOlOlilE ? PROJET DE CONFÉRENCE Par M. H. ARNAUD Ancien Magislral, Ancien bâtonnier de l'Ordre des avocats au barreau d'Angoulême, Membre correspondant de la Société Linnéenne de Bordeaux, Ancien Vice- Président de la Société Géologique de France. Qii'e,st-ce que la Géologie? ■ Dans son sens propre, la géologie est la science de la terre ; mais le mot est bien vaste et engloberait des études qui, bien que voisi- nes, ne sauraient être confondues : la Géographie, science de l'état actuel de la surface de la terre, de ses divisions, naturelles, politi- ques, etc. — La Cosmographie qui comprend le rôle de la terre dans l'ensemble des mondes, — et d'autres moins directement impliquées dans cette dénomination, l'Hydrographie, la Chimie, l'Archéologie limitée aux temps historiques, etc. Dans son sens spécial, la géologie peut être définie par son objet : L'étude de l'histoire de la terre, de son origine à nos jours. Elle prend notre planète à l'état gazeux, la suit à l'état liquide incandescent, la saisit au moment où le refroidissement consolide d'une croûte légère sa surface et, sortant à ce moment des théories et des hypothèses, constate, à l'aide des formations résistantes con- servées jusqu'à nous, les phénomènes qui se sont succédé dans son évolution. — S6 — La cosmogonie, en eiïet, reconnaît généraleaient la succession de ces trois états sur le globe terresti'e : soit qu'il ait été détaché de la masse préexistante du soleil, soit que, suivant d'autres, il ait fait partie d'une masse unique divisée ultérieurement en mondes divers individuellement séparés et constituant notre système planétaire actuel, l'état gazeux, état d'expansion et de difTusion, est bien le pre- mier qui ait présidé à la spécification de la terre. De cet étal, par un refroidissement graduel auquel se montrent soumises toutes les pla- nètes, elle est passée à l'état liquide, étal de cohésion plus intense, mais dont la fluidité lui a permis de prendre la forme générale que nous lui connaissons et qui est bien celle d'un corps plastique obéis- sant aux révolutions et aux attractions dont nous sommes les témoins. De ces deux premiers états nous n'avons, si je puis m'exprimer ainsi, que le souvenir, ou, pour parler plus justement, que le senti- ment par le raisonnement appliqué à la constatation de la forme et de son rapport avec les forces qui sollicitent le globe. Avec l'état solide commencent les formations qui ont persisté jus- qu'à nous et dont l'étude directe fournit le contrôle des théories à l'aide desquelles nous cherchons à reconstituer l'histoire de la créa- tion. Cette croûte superficielle, d'une minceur extrême au début relati- vement à la masse liquide sur laquelle elle surnageait, n'offrait à raison de sa faible résistance aucune stabilité : tour à tour brisée, refondue, soudée par ses fragments, elle ne commença qu'avec le temps à acquérir un degré d'épaisseur et de rigidité suffisant dessinant des contours fixes à la masse qu'elle enveloppait : Interceptant le rayonnement de la chaleur interne elle interposa entre la face inférieure en contact avec le noyau liquide incandes- cent et la face externe une dilTérence de température qui permit aux vapeurs suspendues dans l'atmosphère de se condenser, de passer à l'état liquide et d'occuper sur la terre désormais constituée les cavi- tés produites par les fractures. Dés que l'eau put séjourner sur la terre, la vie y prit naissance : la vie végétale d'abord, à laquelle suffisent les éléments puisés dans le sol, dans l'atmosphère; — après elle, la vie animale, qui a besoin d'éléments déjà élaborés, d'organismes préparés pour l'assimilation à des êtres d'un degré supérieur. Les végétaux, peu résistants, décomposés par la putréfaction et le roulis des mers agitées, ne se sont pas conservés jusqu'à nous ou ne sont représentés que par des restes problématiques dont la nature est contestée. Ces premières mers, en effet, aux fonds et aux rivages quasimétalliques à peine usés à la surface par l'éternel frottement des marées, n'offraient au développement des êtres qu'un milieu inhospitalier bien différent des fonds vaseux, des plages sablonneuses ou marécageuses qui bordent ou tapissent le plus souvent celles de notre époque ; aussi les premiers animaux dont les dépouilles peuplent les dépôts les plus anciens offrent-ils tous un squelette extérieur, une armure des- tinée à les protéger contre les chocs meurtriers, et c'est grâce à cette rigidité que leurs formes ont été conservées, permettant ainsi la détermination et le classement de ces premiers êtres. Pendant que ces premiers habitants vivaient au sein des mers, le travail incessant des eaux désagrégeait lentement les points attaqua- bles de leurs lits et de leurs rivages, les triturait et les entraînait vers les parties les plus profondes de leurs bassins, d'où elles les reprenaient pour les étendre sur les pentes douces et les régions pro- tégées contre la violence des courants. De là des formations nou- velles que l'on a nommées sédimentaires, c'est-à-dire formées par le dépôt d'éléments entraînés ou suspendus dans les eaux, par opposi- tion à celles qu'avait consolidées à l'état cristallin le refroidissement des matières incandescentes et que l'on a pour cette raison nommées phitoniennes. L'origine même de ces dernières couches indique qu'à l'inverse des dépôts sédimentaires, on ne saurait utilement chercher dans leur sein des débris organiques : les conditions de la vie sur la terre sont incompatibles avec les hautes températures primitives de ces roches et même avec celle qu'elles ont longtemps conservée après leur consolidation. Il en est autrement de celles qu'a formées l'action des eaux : sou- mis à l'inévitable loi de la mort, les premiers habitants des mers ont laissé leurs dépouilles au fond des bassins qu'ils peuplaient : ces dépouilles s'y trouvent engagées dans les dépôts formés par la désagrégation des roches primitives et la précipitation des éléments dissous par les eaux. Elles constituent ce que l'on nomme des fossiles, c'est-à-dire des restes d'être antérieurs à l'apparition de l'homme. Aux premières générations ainsi éteintes en ont succédé de nou- velles s'enchaînant h celles qui les ont précédées, bien que différen- ciées dans leur ensemble, plus perfectionnées chez certains genres; — 58 — plus ôlénienlaires cliez d'aiilres, mais oflranl dans l'ensemble un progrès manifesle. ('e progrès l'égulier dans l'œuvre générale de la création suffit-il pour démontrer la justesse des théories qui tendent à faire dériver tous les êtres créés d'un être unique, primitif, duquel ils sei'aient descendus en s'éloignant conuiie un arbre dont les branches et les rameaux s'écartent du tionc à mesure qu'ils se subdivisent? Si la preuve de ces théories est possible, c'est évidemment au point le plus rapproché du tronc, c'est-ù-dii-e à l'époque la plus voi- sine du début de la création organique, par conséquent dans les ter- rains sédimentaires les plus anciens, que le critérium doit en être recherché : plus on se rapprochera du type primitif, plus on aura de chances de trouver le parent duquel sont dérivés deux types secon- daires divisant et développant les caractères synthétisés dans leur auteur. Un savant fiançais illustre, M. Barrande, qui a fait des terrains fossilifères les plus anciens de Bohême une étude approfondie grâce à d'immenses matériaux observés avec un soin minutieux et une rare sagacité, a constaté, dès ces faunes primordiales, des divisions pro- fondes, radicales et le maintien jusqu'à nos jours de ces caractères distinctifs que le temps n'a point altérés. D'un autre côté, les pre- miers êtres recueillis dans ces couches anciennes, céphalopodes, crustacés, révèlent relativement à leur classement un degré d'éléva- tion, de perfection relative qui contraste avec l'absence, dans les dépôts antérieurs, des types dont ils auraient dû descendre en les perfectionnant. Il faut toutefois reconnaître que plus tard, en avançant dans le temps, lorsque les vertébrés d'un degré d'organisation supérieur aux êtres précédents ont fait leur apparition, les premiers types connus réunissaient un ensemble de caractères divisés plus tard en branches distinctes, telles que reptiles et poissons, que l'on a, pour ce motif, désignés sous le nom de types collectifs. Ce fait doit-il être généralisé et doit-on attribuer à la disparition d'une faune première les constatations faites dans les terrains sibé- riens? Question dont la solution est encore du domaine des hypo- thèses et qui, toute séduisante qu'elle est dans le sens de l'évolution, manque du contrôle des faits. En prenant les faunes (et je m'aperçois que j'ai déjà employé ce mot sans en donner l'étymologie : on entend par faune l'ensemble - 59 — des animaux vivant à une époque ou dans une région déterminée, et par flore l'ensemble des plantes vivant dans les mêmes conditions) en prenant, dis-Je, les faunes telles qu'elles nous ont été conservées, on constate donc avec le lemps des changements successifs : com- ment peut-on arriver à les reconnaître ? Nous avons vu, dès que l'eau a pu séjourner à l'état liquide sur le globe, son sein s'enrichir de végétaux et d'animaux marins : limités dans la durée de leur existence, ces organismes ont laissé leurs restes au fond des mers) ensevelis dans les débris arrachés aux roches préexistantes et dans lesquelles ils se trouvent comme enchâssés grâce à la résistance de la carapace qui les protégeait. Au-dessus de la première couche ainsi formée s'en est déposée une seconde déjà modifiée par des formes distinctes de la précédente et traduisant dans le temps cette loi du progrès déjà signalée ; au-dessus de la seconde une troisième soumise à la même loi, et ainsi de suite jusqu'à nos jours : de sorte que si l'on pouvait tailler une colonne dans cette masse de- dépôts accumulés depuis l'origine de la vie, on pourrait embrasser d'un coup d'œil l'échelle de la création et la divi- sant par tranches ou par échelons, suivant pas à pas les changements successifs des faunes, déterminer l'ordre qui leur a été imposé dans le lemps, c'e^t-à-dire l'âge de chacune d'elles relativement à celles qui la précèdent et à celles qui la suivent. Chaque faune en effet a ses caractères particuliers, ses genres, ses espèces spéciales, grâce auxquels la division et par suite la détermi- nation de l'âge sont possibles. C'est donc par l'étude de ces restes organiques que l'on peut arri- ver à la connaissance des diverses phases de la terre : ils sont en quelque sorte les numéros des pages du livre de la création : ils nous permettent d'en lire l'histoire, de la suivre sans interruption de son origine à nos jours. Mais cette étude n'est pas sans difficultés : nous voyons en effet aujourd'hui que les animaux comme les plantes sont inégalement répartis sur la surface de la terre : on chercherait vainement en Eu- rope les types spéciaux à l'Afrique et à l'Asie : de même en Amérique et plus encore en Australie, et cependant ces êtres sont tous contem- porains... Il en a été de même dans les temps anciens : la différence des milieux a exercé son influence et créé, entre des faunes contem- poraines, des contrastes que l'on a dû étudier pour les expliquer. Ainsi dans les mers dont les dépôts nous occupent principalement^ — (iO — et avec raison car ils sont continus, et si Tassietle des mers s'est déplacée, leurs lits se sont sans inlerruptian garnis de dépôts englo- bant les restes des animaux contemporains, on remarque que les coquilles des rivages ne sont pas les mêmes que celles de la haute mer; que celles des mers chaudes ne sont pas celles des mers gla- ciales; que les récifs de coraux ont eux aussi des espèces distinctes de celles des mers plus profondes quoique peu éloignées : il faut donc, dans l'étude comparative de faunes souvent composées d'élé- ments divers, ne pas se hâter de conclure à la difTérence des âges et tenir compte au contraire de la différence des milieux. On admet cependant que les climats qui excercenl aujourd'hui une influence considérable sur la répartition des êtres ont beaucoup moins énergi- quement difîérencié les diverses stations des époques anciennes et que leur spécialisation s'est accrue à mesure que l'on se rapproche de l'époque actuelle. D'un autre côté, ces faunes locales ne se sont pas conservées im- muables : restreintes au début dans le cercle de leur développement suivant la limite plus ou moins étendue des conditions favorables â leur existence, nous apprenons par l'observation directe que sou- vent, avec le temps, elles ont ou surmonté les obstacles qui gênaient leur expansion ou trouvé, par suite de modifications étrangères, des conditions nouvelles leur permettant de s'étendre et d'acquérir un caractère de généralité qu'elles n'avaient pas eu jusque-là. De là est née la théorie des colonies due au savant dont j'ai déjà prononcé le nom : J. Barrande. ■ De cette évolution dans le temps résulte comme conséquence le défaut possible de synchronisme de deux dépôts dont les faunes ont cependant une grande majorité d'espèces communes : un exemple permettra d'en saisir l'application. Les côtes du Portugal étaient depuis un temps immémorial peu- plées par une espèce d'huître qui leur était spéciale, l'ostrea angu- lata : en revanche, cette espèce faisait absolument défaut sur nos côtes oii se développait une autre espèce, l'ostrea edulis : il y a quelque vingt ans un navire chargé d'ostrea angulala qu'il venait livrer à la consommation sombra avec son chargement en pleine Gironde : les eaux du fleuve au point où se produisit le naufrage se trouvèrent assez salées pour entretenir la vie des huîtres prisonnières et celles-ci donnèrent le jour à un naissin qui s'est répandu dans- toute la partie basse du fleuve et sur les côtes voisines de l'Océan où. -- 61 — i{ lend à détrôner l'oslrea edulis, l'huîlre de Marennes, beaucoup plus estimée que sa congénère du Portugal : or supposons que l'on compare sous le rapport des faunes actuelles le rivage du Portugal et celui de l'embouchure de la Gironde, on serait amené à leur attri- buer un âge identique, si la tradition ne nous apprenait que l'occu- pation des côtes du Portugal est de plusieurs siècles antérieure à ses débuts à celle de nos rivages du Sud-Ouest. Nous avons considéré la partie sédimenlaire du globe comme une masse susceptible d'être divisée en tranches correspondant chacune à une époque déterminée de l'âge de la terre; vraie en théorie, cette proposition ne correspond pas â la réalité; des causes multiples en ont paralysé l'application. La terre, en effet, a subi, à de nombreu- ses reprises, des bouleversements qui en ont changé la surface, émergé ce qui était les lits des mers, enseveli au contraire sous les eaux ce qui était antérieurement la terre ferme; il en résulte que, tandis que les terrains plongés sous les eaux recevaient, pour en être recouverts, les dépôts contemporains de leur état d'immersiou, la partie exondée, au contraire, en était privée et ne se recouvrait que de plantes ou d'animaux dont les restes ne se trouvaient point, comme ceux de la mer, encadrés dans des dépôts consolidés qui en assurassent la conservation. Lorsqu'un nouveau bouleversement les ramenait sous les eaux, ces débris dispersés, librement entraînés et ballottés, se brisaient le plus souvent en fragments méconnaissables et ne se trouvaient que par exception engagés à l'état à peu près entier dans les formations marines. De là une oscillation rèparttssant inégalement dans la croûte terrestre les dépôts marins dont la continuité peut seule retracer l'histoire complète de la création. Comment rattacher ces nouveaux dépôts provoqués par le retour de la mer à ceux qu'elle avait formés sur les points par elle aban- donnés? Grande serait la difficulté si, pendant que certaines parties du globe subissaient ce mouvement alternatif, d'autres ne conti- nuaient à recevoir sans interruption les dépôts de la même mer, échappaient ainsi aux révolutions locales plus ou moins étendues qui troublaient les relations des autres régions; ces points privilé- giés nous ont ainsi transmis deux feuillets accolés de l'histoire du globe, feuillets dont la relation se trouve ainsi sûrement conservée •et dont nous n'aurons plus qu'à appliquer le contenu, pour en réta- blir l'ordre, aux points troublés où leur rapport fait défaut. Tome LXII. 5 — 62 — A la suite de travaux opiniâtres, on est parvenu h reconstituer à peu près complètement, grâce à l'étude comparée des faunes, l'ordre de succession dans le temps des couches sédimentaires qui forment aujourd'hui la partie terrestre du globe; on a de même, grâce aux sondages opérés sur le fond des mers, appris h connaître la consti- tution de leur surface, l.e congrès géologique international de Berlin a pu ainsi arrêter les divisions principales à établir pour se recon- naître, par une nomenclature abréviative, dans l'ordre chronologique des formations. On a donc créé des divisions de premier ordre embrassant une •.période relativement importante de la création et auxquelles on a donné le nom de groupes : chaque groupe a été subdivisé en sys- tème, chaque système en séries, chaque série en étages, chaque étage en assise, chaque assise en strates ou couches. A la base des formations sédimentaires se trouvent, reposant ■immédiatement sur la croûte de consolidation primitivement incan- descente, des schistes cristallins présentant les indices de terrains de sédiment, mais dans lesquels jusqu'à présent on n'a pas rencontré de fossiles; on les a, pour ce motif, qualifiés d'azoïques; leur antiquité les a fait désigner sous le nom de système archéen. Au système Archéen succèdent, suivant la nomenclature adoptée au congrès de Berlin, les systèmes : Silurien — Dévonien — Carbo- nifère — Permien — Ti'iasique — Jurassique — Crétacé — Tertiaire. Plusieurs de ces systèmes sont représentés dans notre départe- ment : l'Archéen dans l'arrondissement de Confolens, ainsi que les lambeaux Triasiques de Pressignac et Chassenon ; le Jurassique, prin- cipalement dans les arrondissements de Ruffec et de Cognac et le nord de celui d'Angoulême; le Crétacé dans ceux d'Angoulème et de Barbezieux ; on attribue au Tertiaire un dépôt argilo-siliceux repo- sant indifféremment sur les systèmes plus anciens et teinté en rouge bistre sur la carte de M. Coquand. L'examen de cette carte montre une application du fait précédem- ment signalé, à savoir que la succession des systèmes n'est jamais complète sur un même point; on y remarque en effet, d'une part, la disposition en éventail des divers systèmes que je viens d'énumérer autour des roches cristallines de la bordure du plateau central, et par conséquent la disparition successive de chacun d'eux en s'avan- çant du Sud-Ouest au Nord-Ouest; d'autre part, l'absence de systè- mes inférieurs entre l'Archéen et le Trias. - 63 ^- Il s'est donc produit à ]a surface de la terre des changements, auxquels sont dues les inégalités que nous constatons, et dans sa; forme extérieure, et dans la répartition des formations marines qui nous occupent principalement. Ces mouvements se sont produits tantôt avec lenteur, tantôt d'une manière plus brusque et violente; on a depuis longtemps cité comme exemple des mouvements lents le temple de Sérapis à Pouzzoles dont les colonnes, évidemment édi- fiées sur le solide lors de la construction de l'édifice, se sont pej.! à peu, avec le sol sur lequel elles l'eposent, afîaissées au-dessous du niveau de la mer dont l'envahissement est attesté par les coquilles qui sont venues se fixer à ces colonnes, et qu'un nouvel exhausse- ment a ensuite émergées et environnées de terre ferme. Les montagnes avec leurs assises redressées, déjetées, boulever- sées, nous donnent un exemple des mouvements violents auxquels leur région a été soumise et dont les tremblements de terre nous donnent une idée : quelles causes les ont provoquées? On en a long- temps rappoi'té l'origine à une poussée de l'intérieur à l'extérieur, dans le sens du rayon de la sphère, à un effort semblable à celui que traduit l'éjection par les volcans des torrents de laves et de matières liquéfiées. On reconnaît aujourd'hui que celte explication n'est pas. exacte; le refroidissement graduel de la terre correspond à une diminution du volume de sa masse ; le noyau interne, liquide encore, subit sans effort ce retrait, mais l'enveloppe extérieure rigide ne saurait se prêter facilement à la même compression. De là résulte, entre la masse fluide et l'écorce solide, une lacune, un vide que l'attraction centrale tend à, combler; elle n'y peut parvenir que par le resserrement de l'écorce, par une contraction dont le résultat immédiat est de faire ressortir, sous forme de bourrelet, suivant une. ligne variable avec le degré de résistance, la bande de terrain néces- saire pour permettre le rapprochement des parties voisines et leur accolement à la masse fluide ; ce bourrelet, dont les assises sont sou- levées, redressées et quelquefois même renversées, forme une chaîne de montagnes. L'étude de ces mouvements par les restes qui nous en ont été conservés, nous apprend que c'est par la région la plus voisine du pôle qu'ont débuté les phénomènes de retrait, que le refroidissement et la contraction interne s'accentuent conséquemment de Téquateur au pôle : le premier témoin de ce refroidissement et de ses effets dans l'ordre du temps, est représenté par la chaîne huronienne du -- 64 —- lac Huron dans TAmérique seplenlrionalG. Le second a donné nais- sance h la chaîne calédonienne correspondant au dépôt du Silurien : le troisième à la chaîne hercynienne correspondant à la fin du houil- 1er; le quatrième à la chaîne alpine correspondant au tertiaire. Les vestiges de la chaîne calédonienne sont représentés par les Grampians et la chaîne Scandinave, les Montagnes Vertes dans l'Amérique du nord paraissent en être la continuation. La chaîne hercynienne a laissé comme témoins principaux, la Bre- tagne et la Cornouaille, le plateau central de la France, les Vosges et la Forêt Noire, les Ardennes, le Harz, la Bohême avec le Thurin- gerwald. L'analogie de ces montagnes avec les Alleghanys et l'Oural semble permettre de prolonger les plissements hercyniens jusqu'au nouveau continent à, l'Ouest et jusqu'en Asie vers l'Est. Enfin la chaîne Alpine, la dernière formée, se montre encore pres- que entière et comprend au centre les Alpes se prolongeant à l'Est par les Balkans, le Caucase et l'Himalaya, et à l'Ouest par les Pyré- nées et probablement les Antilles. Au Sud de cette immense ligne de crêtes et faisant partie de la même zone plissée, les Apennins, les monts d'Andalousie et d'Atlas se rattachent encore au .système des Alpes. On voit ainsi naître successivement du pôle à l'Equateur les rideS' produites par le retrait graduel de l'écorce terrestre. M. Bertrand en a tracé le tableau d'une façon saisissante en nous- présentant un observateur idéal placé pendant la durée des temps- géologiques sur un sommet du continent arChique primitif. De là cet observateur aurait vu d'abord, comme dans une mer qui s'étendrait à ses pieds, une grande vague solide se former, se dres- ser lentement en lui masquant l'horizon, puis se figer en déferlant sur ses bords. Plus tard des trouées se sont faites dans cette grande muraille co'ntinue et il a pu voir une deuxième vague; plus tard encore une troisième, et enfin une quatrième se former successivement plus au Sud et, comme la première, venir l'une après l'autre déferler à leur tour. Il est probable qu'il doit s'attendre aujourd'hui à voir une cin- quième vague se former en arrière des Alpes au-delà de la région méditerranéenne. Ce sont ces phénomènes qui, ramenant au jour les parties profon- des de l'écorce terrestre, sédimenlaires ou ignées, nous ont permis de trouver 'i sa surface et tout au moins à des profondeurs n'excé- ^ 63 — dantpas nos moyens d'invesligalion, les couches les plus anciennes du globe, d'en éludier la consLiLulion et la faune, de prendi-e à ses. débuts et de continuer sans lacune jusqu'à nous l'histoire de la créa-- tion. J'ai insisté, dans ce rapide exposé, sur le rôle principal joué par les formations sédimentaires, sur les restes animaux qui les peuplent et. permettent d'en opérer avec certitude le classement : l'étude de la terre ne serait pas complète si elle se bornait à cet objet ; bien que pré- dominantes, les roches sédimentaires ne coui^tituenl pas seules la- croùte terrestre; outre le noyau cristallin refroidi sur lequel elles: sont venues s'asseoir, des roches d'origine ignée ont, bien au-des- sus de cette base, exercé leurs efforts, pénétré, traversé les terrains sédimentaires et souvent les ont recouverts de leurs épanchements incandescents : les volcans nous donnent un exemple actuel de ces expansions postérieures aux terrains sédimentaires qu'elles recou- vrent; mais, de même que les laves que nous voyons aujourd'hui vomies par les volcans, des éruptions de matières en fusion, ignées; ou boueuses, se sont succédé depuis la première consolidation jus- qu'à nos jours, altérant par leur contact les assises encaissantes, les. pénélrant en filons, en calottes, en rameaux de formes diverses :. leurs éléments minéralogiques varient suivant l'Age et le lieu; grâce a l'étude microscopique opérée aujourd'hui avec un succès complet, sur les lames minces, on est parvenu à les isoler et a déterminer leur composition suivant des règles universellement admises. Mais est-ce assez de la connaissance de ces éléments, et n'est-il pas intéressant de tenter le rapprochement de ces éruptions avec les époques auxquelles elles se sont produites, de manière à présen- ter le tableau complet de l'évolution de la terre? Comment y parve- nir? Facilement, grâce à la méthode appliquée aux formations sédi- mentaires et à la connaissance acquise de ces terrains : Tout filon qui a altéré au contact une couche d'un système déterminé, qui l'a redressée, en a modifié les relations primitives, est évidemment pos- térieur au dépôt qu'il traverse ou soulève. Si, au-dessus de ce chan- gement, les couches postérieures ont repris l'allure horizontale qui convient aux dépôts marins, on trouve dans le rapprochement de ces deux ordres de faits les dates nécessaires pour fixer l'âge de l'éruption, on arrive ainsi à se rendre un compte de plus en plus complet des phénomènes qui caractérisent l'histoire de notre globe. N'est-ce pas une élude du plus haut intérêt que celle de cet enfaji- — 66 — * Iciijcnt laborieux, de ces travaux incessants, de ces longues prépa- rations subies par celle terre jusqu'au jour de la première apparition de riiomme qui devait en êlre le roi? Tel est le champ d'études de la géologie : champ dont l'étendue est considérable, mais dont l'attrait doit multiplier les forces néces- saires pour le parcourir. .l'ai insisté sur le côté théorique, si je puis m'exprimer ainsi, des éludes géologiques : ai-je besoin d'ajouter que ce côté dominant n'est point exclusif eirque, sous le rapport de l'utilité, la géologie ne le cède à aucune des sciences appliquées par le génie humain? C'est de la terre, en, effet, que nous lirons toutes ses applications, elles nous environnent, nous enserrent de toutes parts, c'est la géologie qui nous fait connaître, qui nous fait deviner, par l'indication de leurs niveaux, les matériaux indispensables aux besoins de la vie courante, la pierre de taille, le moellon, la chaux, le ciment, le sable, le plâtre, nécessaires à la construction de nos édifices; les argiles, les kaolins, le quartz, qui, transformés, ornent nos tables. A l'agri- culture elle donne, par la notion des sols, l'indication des amende- ments utiles, elle nous apprend à trouver les horizons phosphatés qui aujourd'hui révolutionnent l'agriculture. A l'industrie elle donne la houille qu'elle arrache aux entrailles de la terre, dont elle permet l'exploitation par la détermination de la direction des couches et des failles qui les modifient; à l'exécution des travaux publics ou privés elle fournit son précieux concours en. révélant à l'avance la nature et la puissance des terrains à traverser en procurant par suite des données certaines sur les frais à faire au point de vlie de l'exploitation. J'ai ouï dire que, dans la construction du chemin de fer de Bor- deaux, deux entrepreneurs s'étaient successivement ruinés aux tranchées des Coutaubières ; ce désastre eût été certainement pré- venu si, au lieu de se contenter d'un examen sommaire limité aux couches superficielles toujours altérées et plus friables, ils eussent eu recours à la science des géologues. C'est ainsi que, dans la Dordogne, il y a quelques années, on a pu retrouver, en creusant un puits destiné à l'ouverture d'un tunnel, la totalité des couches annoncées par les descriptions géologiques de la région, avec la nature et la puissance qui leur avaient été assi- g'nées. L'utilité de ces connaissances premières est aujourd'hui générale- — 67 - ment reconnue : d'importantes maisons, telles par exemple que celles qui entreprennent le forage des puits artésiens, ont un géolo- gue qui leur est attaché et les renseigne d'avance sur les chances de succès du travail au point de vue de l'obtention d'eaux jaillissantes, et sur les difficultés, par conséquent sur le prix de revient, des tra- vaux eu égard aux couches à traverser. Voilà des exemples d'applications courantes, journalières de la géologie : est-ce à dire que ce côté pratique doive l'emporter et nous faire négliger, oublier le côté plus élevé, immatériel, si je puis ainsi m'exprimer, des études théoriques? Non certes, car l'âme humaine grandit et se retrempe dans l'étude de la science pure qui la rappro- che de l'élernelle vérité, et lui permet d'admirer, en les lui faisant mieux connaître, la grandeur des œuvres de Dieu, la puissance, la prévoyance, la bonté infinie du Créateur. Il n'y a donc pas lieu d'èlre surpris de l'essor considérable pris depuis quelques années par les études géologiques : de tous les points du globe surgissent les savants qu'entraîne ce mouvement irrésistible : les points les plus reculés, les moins connus entretien- nent cette ardeur par l'attrait des découvertes que la science jeune encore réserve à ses pionniers; une noble émulation anime dans chaque pays ceux qui la cultivent ; dans ce grand mouvement la France ne saurait rester en arrière; elle a eu avec les Cuvier, les Elie de Beaumont, les Dufrénoy, les d'Orbigny, un rang d'élite ; le laissera-t-elle déchoir? Jusqu'ici elle a lutté non sans honneur pour le maintenir. Aux générations présentes, à celles qui s'élèvent et qui demain seront au premier rang il appartient de s'armer par le travail et de se préparer au combat avec la vieille devise de la France : Pro Deo elpro Patria. ETUDE LES COlNOPODIlM A LONGUE GAINE Par Jules RICHTER A côté du rare Conopodium denudalvm qui a, comme l'indiquent les diagnoses les plus autorisées, les feuilles supérieures sessiles sur gaine courte, nous avons abondamment à Saint-Jean-Pied-de-Port, dans le pays basque, surtout du côté de Saint-Michel, de Lasse et d'Uharl-Cize, un autre Conopodium qui a les feuilles supérieures sessiles sur une gaine dont la longueur varie de trois à huit décimè- tres. Cette organisation particulière ne peut être éventuelle, elle doit tenir nécessairement à l'essence même de ce conopodium, dont elle serait le caractère principal distinctif. Pour m'édifier à cet égard, il m'a paru intéressant d'étudier com- parativement la végétation des deux conopodium en présence, en suivant minutieusement leurs développements successifs. Cette étude n'a pas tardé à me démontrer que le conopodium basque constitue un type particulier qui diffère du conopodium denudatum, non seu- lement par son organisation, mais surtout par son mode de végéta- tion, qu'il constitue en définitive une section nouvelle et complète- ment inédite du genre conopodium, qui a, suivant mes prévisions, pour caractéristiques feuilles supérieures sessiles sur gaine plus ou moins longue, en opposition avec le conopodium denudatum, dont la caractéristique reste : feuilles supérieures sessiles sur une gaine courte. Tome LXII. 5* — 70 - Voici, en effet, comment végètent les deux conopodium dont il s'agit. La végétation du conopodium denudatum est très simple, elle débute par la production d'une feuille radicale unique, indépen- dante, du moins en apparence, de la tige, qui pousse un peu plus tard, et qui poursuit son développement sans interruption jusqu'à ce qu'elle ait atteint une élévation de un décimètre au moins au- dessus de la surface du sol. C'est alors seulement qu'entièrement nue inférieurement, elle produit sa première feuille. La végétation du conopodium basque est plus compliquée; elle est merveilleuse en quelque sorte. Elle débute par la tige accompagnée d'une feuille qui lui est annexée à un ou deux millimètres de son extrémité inférieure. Pour qu'il n'y ait pas de doute sur son origine, cette feuille est munie d'un pétiole demi-embrassant un peu élargi et épaissi à son extrémité. Mais dans ce développement, ultérieurement on voit que son orga- nisation, toutes proportions gardées, est à peu près la même que cellede lafeuille radicale du conopodium denudatum. Comme celle-ci, elle ne vit que jusqu'à l'apparition des fleurs sur la tige. En se des- séchant alors la feuille caulinaire du conopodium basque se sépare delà tige, en laissant au bas de celle-ci la partie emblassante du pétiole, qui forme ainsi un bourrelet persistant visible à l'œil et appréciable au tact. Dans cette scission, d'un autre côté le pétiole conserve l'extrémité épaissie qui le reliait à la tige. Nous avons ainsi, outre les longues gaines, deux vestiges qui servent à reconnaître sûrement les conopodium appartenant à la deuxième section que nous avons établie. Ceux de la section du conopodium denutatum, de leur côté, sont reconnaissables à la tige nue inférieurement, et à l'extrémité effilée du pétiole de la feuille radicale. Telle est la végétation merveilleuse du tubercule qui produit le conopodium à longue gaîne, dont la découverte a enrichi la flore de là France. Jusqu'à présent on n'en connaît qu'une espèce principale que -M. Rouy a nommée conopodium Richteri. Il en a publié la diag- nose d'abord dans le Bulletin de la Société botanique de France, XXXIX, p. 231-232, et ensuite dans le tome Vil de sa Flore. Le conopodium Richteri fleurit du mois d'avril au mois de juin et se trouve surtout daus les prairies, où il doit être cueilli avant la coupe des foins. IISSIO^ DES PÊCHERIES LA COTE OCCIDENTALE D'AFRIQUE POISSOx>^S ('2 "' — 1 W^^^ W •m i FtG. Clupea senegalensis (forme moyenne). 15. CLUPEA EBA Cuvier et Valenciennes, (PiG. 4). Un spécimen. Longueur : 233 millim. Bel Air et baie de Hann. (A la senne). L'Alose eba, décrite par Cuvier et Valenciennes sur des spécimens de Gorée, dus à Rang, atteint, d'après ces auteurs, près d'un pied de long. C'est très certainement à cette espèce qu'il faut rapporter le Poisson décrit en 1869, par M. Steindachner (1) sous le nom de Clu- pea seiosa, et qui provient de la côte de Libéria et du Gabon. FiG. 4. — Clupea eba. (1) Steindachner, Silz. Ak. Wiss. Wien., LX (1), 1869, p. 811, pi. VI, et Denks. Ak. Wiss. Wien., XLV, 1882, p. 14. — 82 16. ENGRÂULIS ENCRASICHOLUS Linné. Cinq spécimens. Longueur : 70, 81, 82, 86, 88 millim. Rufisque (Say-Say) et la côte. (A la senne). La présence de l'Anchois vulgaire sur la côte du Sénégal est un fait très intéressant, car cetteespèce figure parmi celles dont l'inté- rêt pratique est des plus considérables. L'important est de savoir si ce Poisson se rencontre en quantité suffisante pour être exploité. On sait que l'Anchois se trouve sur toutes nos côtes, mais qu'il est surtout abondant sur notre littoral méditerranéen, où il fait l'objet de préparations industrielles importantes. Characinidae. 17. ALESTES BAREMOSE Joannis. Deux spécimens. Longueur : 106 et 100 millim. See leulch. Sénégal, eau douce. Longueur habituelle : 25 à SOcentim. Les Alestes, dont on compte près de 30 espèces dans les eaux douces africaines, sont des Poissons omnivores dont la chair est assez délicate. La mâchoire supérieure est armée de deux séries de dents pluricuspides fortes, peu nombreuses, l'inférieure ne possède qu'une série de dents comprimées, pluricuspides, derrière laquelle se trouve une paire de petites dents coniques. V Alestes baremose Joannis, auquel il faut ramener Y Alestes Kots- cJiyi Heckel, a une aire de distribution fort vaste; on le rencontre, en effet, dans le Nil, le lac Rodolphe, le Sénégal, la Gambie,' le Niger. 18. ALESTES NURSE Riippell. Deu.x spécimens. Longueur : 116 et 110 millim. Raj/i-llajh-djadi. Eau douce. Disparaissent du fleuve quand arrive Feau de mer. 10 à 15 centim. Cette espèce est également exclusivement dulcaquicole comme la précédente ; sa distribution géographique est très analogue. Le Chalcée guile de Cuvier et Valenciennes ne peut être séparé de l'Aleste nurse. — 83 19. DISTICHODUS ROSTRAÏUS Gûnther. Un spécimen. Longueur : 162 millim. Soo-Mar. Eau douce. 30 à 35 centim. On compte dans les eaux douces africaines une vingtaine de Disti- chodes. Les dents sont petites, cylindriques, écliancrées ou bicuspi- des. Ce sont des Poissons herbivores, aussi leur intestin est-il fort long et décrit-il de nombreuses circonvolutions. Le Disticliodus rostralus Gunllier habite le Nil, le lac Tchad, le Niger et le Sénégal. 20. CITHARLNUS CITHARINUS Geoffroy. Un spécimen. Longueur : 151 millim. M'bet. Sénégal, eau douce. 25 à 35 millim. LesCitharines sont des Poissons également herbivores. Leurs dents minuscules et pointues sont insérées sur les lèvres. On n'en connaît que cinq espèces, deux du Nil et du Sénégal, trois du bassin du Congo. LaCitharine de Geoffroy est la plus anciennement décrite. On l'a rencontrée dans le Nil, le lac Tchad, le Niger, le Sénégal et la Gam- bie. Pleuronectidae. *21. HEMIRHOMBUS GUINEENSIS Bleeker. Un spécimen. Longueur : 216 millim. l'apayo eu ouolof : N. 1/ i E. de Gorée et loas le.s fonds de sable fin ou vasard. (Cha- lut). 22. SOLEA SENEGALENSIS Kaup. var. m'baoensis var. nov. Un spécimen. Longueur : 262 millim. Sur toute la côte et près de M' Bao. (Senne). La Sole du Sénégal a été décrite très imparfaitement par Kaup (1) sur un petit spécimen du Sénégal, appartenant au Muséum d'histoire (1) Kaup, Wiegm. Ardu, 1858, p. 94.' — 84 — naturelle de Paris. Je crois utile de donner de ce type intéressant et peu connu une nouvelle description, qu'on pourra comparer à celle de l'exemplaire rapporté par M. Gruvel. Solea senegalensis Kaup. La hauteur du corps est contenue près de trois fois dans la lon- gueur (sans la caudale), la longueur de la tête 4 fois et 1/2. L'œil supérieur est en avant de l'inférieur; l'espace interorbitaire concave est moindre que le diamèlre de l'œil. Le i)rofil du museau est arrondi. La narine du côté aveugle est tubuleuse, non dilatée. Il existe des dents petites, mais distinctes du côté aveugle. Les écailles sont rudes, cténoïdes et recouvrent les nageoires. La ligne latérale est droite et décrit une courbe antérieurement, sur la tête. La dorsale commence au-dessus du bord antérieur de l'œil supérieur. La pec- torale est à peine plus longue du côté coloré; elle est comprise 2 fois dans la longueur de la tète. Les ventrales sont libres. La caudale est arrondie. La teinte générale du côté coloré est chocolat avec de petits points grisâtres. L'extrémité de la pectorale est noire. D. 84; A. 70; P. 8; L. long. 120 (1). N» A. 9825. Coll. Mus. — Saint-Louis (Sénégal) : Jubelin {Type). Longueur : 116 4-20= 136 millim. Solea senegalensis Kaup. var. m'baoensis var. nov. La hauteur du corps est contenue 3 fois 1/5 dans la longueur ; la longueur de la tête 5 fois 1/2. L'œil supérieur est en avant de l'in- férieur ; l'espace interorbitaire concave fait environ la nioitié du grand diamètre de l'œil qui est contenu 4 fois 1/2 dans la longueur de la tête. Le profil du museau est légèrement anguleux. La narine du côté aveugle est tubuleuse, non dilatée. Les dents, petites, sont distinctes du côté aveugle. La ligne latérale est droite et décrit une courbe antérieurement sur la tête. La dorsale commence au niveau du bord antérieur de l'œil supérieur. La pectorale, légèrement plus longue du côté coloré, est comprise 1 fois 2/3 dans la longueur de la tête. La caudale est nettement arrondie. La teinte générale du côté coloré est chocolat avec des petites (1) Les écailles sont comptées en ligne longitudinale à partir du niveau de la fente branchiale. — 85 ~ taches plus foncées et des points grisâtres. L'extrémité de la pecto- rale est noire. Le côté aveugle est uniformément jaunâtre. D. 82; A. 67; P. 10; L. long. H5. N" 07-254. Coll. Mus. — M'bao : Mission des Pêcheries de la côte occidentale d'Afrique (Type). Longueur : 230 + 32 = 262 millim. Ce Poisson ne semble pas pouvoir être séparé spécifiquement de Solea senegalensis Kaup, ses nombres étant presque identiques. 11 s'en écarte, cependant par quelques caractères et mérite de consti- tuer une variété distincte remarquable par sa forme plus allongée, son museau plus aigu, ses yeux plus grands, ses pectorales propor- tionnellement plus longues et à rayons plus nombreux. * 23. SOLEA LASCARIS Risso. Deux spécinnens. Longueur : 226 et 210 millim. Tapalé. Sur toute la côte et près de M'Bao. (Senne). 24. SOLEA TRIOPHTHALMUS Bleeker. Un spécimen. Longueur : 205 millim. Sole à trois points. Un mille et demi de la côte entre Dakar et Rufisque (8 à 12 m. fond sable. Chalut). Cette espèce a été décrite par Bleeker (1) en 1863 d'après un spé- cimen provenant d'Abraoun (Guinée). Ainsi que l'indique cet auteur, elle est « très facile â reconnaître aux trois taches noires bordées de bleuâtre qui sont disposées à distance à peu près égale sur une rangée longitudinale et qui sont coupées au milieu par la ligne laté- rale ». Ces taches sont particulièrement nettes sur le spécimen rap- porté par M. Gruvel. Il n'est pas nécessaire de faire ressortir l'importance que présen- tent, au point de A'ue alimentaire, toutes ces Soles et les autres Pluronectidés recueillis par la mission. (1) Blkeker, Naluur. Ver/i. Wet. Haarlem, 1863, p. 27, pi. IV, fig. 1. 86 Anabantidœ. 25. ANÀBAS KINGSLEYiE Bouleiiger. (FiG. 5). Deux spécimens. Longueur : 172 et 142 miilim. Sangalcam près Rufisque, dans le Marigot; très commun. Les Anabas sont de curieux Pois.sons, aux épines dorsales et ana- les multiples qui habitent les eaux douces du sud-est de l'Asie et l'Afrique tropicale et australe. Ils possèdent au-dessus des bran- chies un appareil respiratoire accessoire consistant en un certain nombre de lames osseuses plissées, très minces, recouvertes d'une muqueuse richement vascularisée, leur permettant de respirer Tair en nature et de vivre hors de l'eau un temps considérable. 20 FiG. 5. — Anabas Kinqsleyae. On connaît en Afrique une quinzaine d'espèces d'Anabas, une seule, V Anabas Kmgsleya^ Boulenger, surtout répandue dans le bassin du Congo et de l'Ogôoué, remonte au nord jusqu'à la Sénégambie. Cette espèce atteint une taille considérable, jusqu'à 245 millimètres, ainsi que le prouve un spécimen rapporté de Ngomo (Ogôoué) au Muséum, par M. le pasteur Ernest Haug (1). (1) D'' J. Pellegrin. Sur une collection de Poissons recueillie par M. E. Haug, à Ngomo (Ogôoué). Bull. Soc. philom. Paris, 1907. — 87 - Gobiesocidae. 26. LEPADOGASTER BIMACULATUS Pennant. Un spécimen. Longueur : 34 millim. Baie de Rufisque. 18 mètres, fond d'Algues roses. Trois spécimens. Longueur : 35, 25, 22 millim. Au large de Gorée, 35 à 50 mètres. (Giialut). Assez commun. Ce curieux petit Pois.son, qu'on rencontre assez rarement sur nos côtes de l'Océan et de la Méditerranée et dont la taille, d'après Moreau, est comprise entre 35 et 60 millimètres, est surtout connu des mers d'Europe. Sa présence à Gorée et à Rufisque est intéres- sante à signaler. Fistularidse. 27. FISTULARIA TABACCARIA Linné. Un spécimen. Longueur : 760 -f fil caudal 200 = 960 millim. Bounbaun en ouolof : Dakar et les environs dans les baies et sur la côle. Cette espèce habite l'Atlantique tropical ; on la rencontre surtout sur les côtes américaines et sa présence du côté africain est beau- coup plus rare. Cependant le Muséum possède des spécimens prove- nant de Gorée et des Acores. Mugilidse. *28. MUGIL CEPHALUS Linné. Deux spécimens. Longueur : 165 et 163 millim. Deur en ouolof : Rufisque et la côte. Deux spécimens. Longueur : 141 et 126 millim. Sénégal, eau saumàtre et salée. Longueur habituelle : 25 à 30 centim. *29, MUGIL AURATUS Risso. Un spécimen. Longueur : 262 millim. Gio en ouolof : Sénégal, eau saumàtre et salée et toute la côte. 25 à 30 centim. Sept spécimens. Longueur : 120 à 145 millim. Rufisque. 88 30. MUGIL CiRANDISQUAMIS Ciivier el Valenciennes. Un spécimen. Longueur : 290 millim. Hild en ouolof. Sénégal, eau saumâtreet salée. Ce Mage n'est connu que du Sénégal et de la Gambie. Ainsi que ses congénères, il remonte dans les eaux douces et il constitue comme eux un manger délicat. Sphyraenidae. 31. SPHYR.î:NA VULGARIS Cuvier et Valenciennes. Un spécimen. Longueur : 415 millim. Broc/iel de mer, Poco en ouolof. Rufisque et la côte. Cette vorace espèce, qui doit son nom de Brochet de mer à sa puis- sante dentition, atteint jusqu'à un mètre de longueur. Elle habite la Méditerranée et l'Atlantique et se pêche parfois sur nos côtes du Midi, où elle est aussi connue sous le nom de Spet. Les Sphyrènes vont par troupes et se livrent avec acharnement à la chasse des petits Poissons, surtout des Clupes. Leur chair, diversement appré- ciée, n'est généralement pas très recherchée. Gobiidse. 32. ELEOTRIS SENEGALENSIS Steindachner. Deux spécimens. Longueur : 255 et 80 millim. Bouda en ouolof. Fleuve Sénégal, Casaraance, Rio Géba, eau douce. Les nombreuses espèces du genre Eleotris, répandues dans toutes les régions tropicales, sont tantôt marines, tantôt dulcaquicoles. L'Eleotris du Sénégal paraît plutôt être de ces idernières, il remonte les rivières du Sénégal à l'Ogôoué. Trichiuridse. 33. TRICHIURUS LEPTURUS Linné. Un spécimen. Longueur : 950 millim. Dakar. LeTrichiure lepture ou Ceinture d'argent est extrêmement rare sur nos côtes ; on le capture accidentellement sur notre littoral océanique. — 89 - 11 est plus répandu dans les parties chaudes de l'Atlantique, princi- palement sur les côtes américaines. D'après M. de Hochebrune, le Trichiure lepture est assez commun sur la côte du Sénégal. Scombridae. 34. THYNNUS THUNNINA Cuvier et Valenciennes. Un spécimen. Longueur : 675 millim. Pris à la ligne à Thon, le 7 mai 1907. Un spécimen. Longueur : 520 millim. Saka. LaThonine habite la Méditerranée, où elle n'est pas très fréquente sur notre littoral, les parties chaudes de l'Atlantique et l'Océan Indien. Ce gros Scombre, qui atteint 1 mètre et qui est très voisin du Thon commun, est comme lui susceptible d'exploitation industrielle. Sa chair est d'un beau rouge et d'un bon goût. 35. PELAMYS SARDA Bloch. (FiG. 6). Un spécimen. Longueur : 580 millim. Thon ou Gueit bounioid en ouolof. Dakar et la côte (Bel-Air). (Senne). La Pélamide commune ou Pélamide Sarde se rencontre dans la Méditerranée et dans l'Atlantique jusqu'au cap de Bonne-Espérance. PiG. 6. — Pelamys sarda. Tome LXII. 6* - 1)0 - Elle est assez commune à Nice en certaines saisons, moins com- mune h Celte, rare sur notre littoral océanique, accidentelle dans la Manche. On l'apporte parfois sur le marché de Paris, en août et sep- tembre et même en octobre, suivant Moreau, Sa taille ne dépasse guère 70 centimètres. * 36. CYBIUM TRITOR Cuvier et Valenciennes. Un spécimen. Longueur : 500 millim. S'dinka. Fond de la rade de Dakar et toute la côte. * 37. EGHENEIS NAUCRATES Linné. Un spécimen. Longueur : 500 millim. Baie de Hann. (Senne). Cyttidse. 38. ZEUS FABER Linné. (FiG. 17). Un spécimen. Longueur : 285 millim. Entre Rufisque et Dakar. 15 mètres de fond. Le Zée forgeron, Dorée ou Poisson Saint-Pierre est une espèce à chair délicate fort commune sur toutes nos côtes et qu'on voit assez souvent sur les marchés. Elle habite la Méditerranée, les côtes atlan- tiques de l'Europe et, suivant Gïmther (1), les mers australiennes. Carangidse. * 39. CARANX CARANGUS Bloch. (FiG. 7). Un spécimen. Longueur : :558 millim. Carangue, Sole, Saule en ouolof. Rade de Dakar, en dehors de la jetée (Bel-Air) et la côle. Deux spécimens. Longueur : 200 et 180 millim. Tanel. Eau salée. (1) GiiNTiiER, Gat. Fish Brit. Mus., II, 1860, p. 393. 91 40. BLEPHAHIS ALEXANDKIINUS Cuvier et Valenciennes. Un spécimen. Longueur : 220 millim. Kakatreguey en ouolof. Dakar et environs (Bel-Air). (Senne). Les Blépharis, que certains auteurs, comme Gunther, ne séparent pas du genre Caranx, ont une première dorsale très peu développée, disparaissant même avec l'âge. Le Blépharis d'Alexandrie se rencontre dans la Méditerranée sur le littoral de FÈgypte et dans l'Atlantique sur la côte occidentale d'Afri- que. Suivant de Rochebrune, on pêche cette espèce en août et sep- tembre à Gorée, Dakar et Saint-Louis; elle fréquente les brisants du fleuve. FiG. 7. — Caranx carangus. 41. ARGYREIOSUS SETIPINNIS MitchiU. Un spécimen. I^ongueur 275 millim. Dakar et la côte. Cette espèce habite toutes les parties chaudes de l'Atlantique et la côte du Pérou. Elle n'a jamais été signalée sur nos côtes. Au dire de Rochebrune, elle est très commune au Sénégal en octobre et novembre, mais n'est pas estimée coaime aliment. 42. SERIOLA DUMERILI Risso. (FiG. 8). Un spécimen. Longueur : 825 millim. Sife en ouolof. Dakar et environs. — 92 — La Sériole de Duméril habile la Méditerranée et les parties avoisi- nantes de l'Atlantique et, suivant Gtinther, les mers de Chine et du Japon. n PiG. 8. — Seriola Dumerili. Surnos côtes, on la prend parfois , et Denks. Ak. Wiss. Wién., XLIV, 1882, p. 24. - 101 - probablement causé par une hypertrophie de la crête interpa- riétale ». J'avais montré (1) qu'il était difficile de partager la manière de voir de l'illustre zoologiste, l'autopsie du très intéressant spécimen rapporté par M. Gruvel vient prouver que mes suppositions étaient exactes. Serranidse. * 64. MORONE PUNCTATA Bloch. Un spécimen. Longueur : 275 millim. Goubali. Bel-Air, baie de Hann et toute la côte. (Senne). 65. EPINEPHELUS NIGRI Gûnther. Deux spécimens. Longueur : 250 et 177 millim. Sope N'gaiié. Saint-Louis. Ce Serranide a été décrit d'abord du Niger. Suivant Steindachner, il est très commun k Gorée et à Ruhsque. De Rochebrune, au con- traire, le dit très rare à Gorée et à Dakar. C'est une espèce plutôt méridionale. Les spécimens rapportés par M. Gruvel ont le corps trapu, relati- vement élevé; la hauteur, égale environ à la longueur de la tête, est contenue 2 fois 1/3 et 2 fois 2/3 dans la longueur (sans la caudale) au lieu de 3 fois suivant la règle. Il n'existe aucune trace de lignes verticales foncées. 66; EPINEPHELUS GOREENSIS Cuvier et Valenciennes. Un spécimen. Longueur : 390 millim. Dialakar. Toute la côte. Le Mérou de Gorée habite les côtes deSénégambie et les îles Cana- ries. D'après de Rochebrune, il est très estimé des Ouolofs. (1) J. Pellegrin. Les Poissons à gibbosilé frontale. Bull. Soc. Philom., Paris, 9" série, t. III, n. 3 et 4, 1900-1901, p. 81. — 102 - * 67. EPINEPHELUS ^NEUS Geoffroy Saint-Hilaire. Un spécimen. Longueur : 379 millim. TiofI' en ouolof : Hufisque et la côle. Coup de Chalut. Fonds. 68. LÀTES NILOTICUS Linné. Deux spécimens jeunes. Longueur : 200 et 180 millim. bleu Verh. Séjiégal. Plutôt dans les marigots que dans le fleuve. Jusqu'à 1 m. SjO et 50 kilogrammes. La Perche du Nil est un énorme Poisson qui habite le Nil, le lac Tchad, le Sénégal, le Niger et le Congo. Elle atteint, en effet, une taille considérable et dépasse souvent un mètre. Sa chair est excel- lente (1). (1) En terminant ce nouveau mémoire sur les Poissons de la côte occidenlale d'Afrique je tiens à exprimer à l'Association française pour l'avancement des sciences toute ma gratitude pour les encouragements qu'elle a bien voulu me décerner à plu- sieurs reprises au sujet de mes travaux sur les Poissons des colonies françaises. DE riMLPJCE Ml BORD DE LA lËR SUR LE CYCLE EVOLUTIF DES PLANTES ANNUELLES Par Henry DUPUY Docteur en Médecine. INTRODUCTION Pendant les années 1900 et 1901, en récoltant des plantes annuelles dans les Landes de Gascogne, sur quelques points de la dune littorale et de l'intérieur du pays, pour des recherches d'anatomie comparée, mon attention fut attirée par certains faits relatifs au cycle évolutif de ces espèces végétales. Il nie parut en effet que le développement de ces espèces ne suivait pas toujours une marche parallèle dans les deux endroits de mes récoltes. Mes présomptions, à ce sujet, devin- rent plus fortes quand l'examen analomique m'eut révélé quelques différences de structure entre les sujets cueillis dans le premier en- droit et ceux récoltés dans le second. Je pensai alors que l'intluence du bord de la mer ne s'arrêtait pas à la flore spéciale qui se développe à la limite de l'eslrand, au contact même de l'eau salée et qu'elle s'étendait jusqu'à la flore ubiquiste — 104 — qui vient à quelque distance de la limite des liantes marées, en un point, par conséquent, qui n'est atteint qu'éventuellement par quel- ques embruns d'eau salée. ' Quelle était, au juste, cette influence exercée par le bord de la mer sur le cycle évolutif des plantes annuelles ubiquistes ? Dans quelle mesure et comment s'exerçait-elle ? Telle est la question, quelque peu complexe, dont je nie proposai de trouver la solution. Pour résoudre cette question il suffisait, on le conçoit, d'étudier comparativement le développement d'espèces végétales dans deux régions, l'une située sur le littoral, l'autre éloignée du bord de la m^r. Toutefois, comme les espèces végétales, partout oii elles se développent, sont soumises à des influences ou actions multiples, il importait, pour faire la part de l'action du littoral, dans les différences qu'on aurait à constater, de choisir convenablement les deux régions à comparer. Ces deux régions devaient être aussi semblables que possible l'une h l'autre au point de vue de la lalitude, de Vallilude, du sol et de ïexposilion ; elles devaient, en outre, être séparées l'une de l'autre par une distance telle que l'influence du littoral ne se fit pas sentir dans la région continentale et qu'il fût possible, à une même personne, de les visiter, sinon le même jour, du moins dans les 24 heures, toutes les deux. Dans ces conditions la recherche de l'influence spécifique du voisi- nage de la mer serait relativement aisée, puisqu'on n'aurait pas à tenir compte desactions pourlesquelles il y aurait, aux deux endroits, une suffisante analogie. Pour réaliser ces conditions je fis, au commencement de l'année 1902, dans la Gironde et dans les Landes, quelques explorations, à la suite desquelles je me décidai pour la zone de Garley et Pilai, sur le littoral et pour celle d' Uzeste et Villandraut, dans l'intérieur du pays. Il importe de fournir ici, sur ces deux zones, quelques indications topographiques. On donne les noms de Gartey et Pilât à deux séries de dunes litto- rales se prolongeant l'une l'autre, formant ensemble une chaîne de quatre à cinq kilomètres de longueur, qui touche à la Pointe Sud du bassin d'Arcaclion. Situées sous le 43*" degré de latitude nord, d'une hauteur moyenne de 15 mètres, ces dunes sont adossées à l'est à d'autres dunes plus élevées, dites de la forêt de Bissens, tandis qu'à — 105 — l'ouest elles font face à rOcéati. Elles sont découvertes, en friche et constituées par du sable siliceux presque pur. Uzeste et Villandraut sont deux localités, voisines Tune de l'autre, qui se trouvent dans la banlieue de la ville de Bazas, à 100 kilomè- tres environ de Gartey et Pilât. Ces localités, situées sous le 43'' parallèle de latitude nord, sont à une altitude de 45 mètres environ. Abritées, au levant, par les hau- teurs des rives de la Garonne, elles s'ouvrent assez librement, vers le couchant, sur la plaine landaise. Sur leur territoire se rencontrent quelques espaces non boisés, dépQurvus de culture, d'une superficie approximative de trente hectares et dont le sol est formé par du sable des Landes. Les deux régions dont je viens de donner un aperçu se trouvent donc sous la même latitude et à des altitudes peu différentes. Proté- gées à l'est par des hauteurs, dégagées par contre à l'ouest, elles ont sensiblement la même exposition. Les sois qu'elles présentent ont une grande similitude. Quant à la dislance qui sépare ces deux régions, elle est suffisante pour que l'action du bord de la mer ne puisse se faire sentir dans la région continentale, et, n'est pas telle qu'il ne soit possible de les explorer, sinon le même jour, du moins en vingt-quatre heures, toutes les deux. En somme les deux zones choisies remplissent assez bien les conditions requises pour des recherches comparatives. J'ai conmiencé de telles recherches dans l'une et dans l'autre en 1902 et je les ai terminées en 1908. Elles ont porté, par conséquent, sur sept périodes consécutives de végétation et ont été ordonnées comme il suit : En 1902, 1903 et 1904 j'ai observé le cercle évolutif d'espèces annuelles qui viennent spontanément dans les deux zones. En 1905, 1906 et 1907 j'ai suivi le développement d'un certain nombre de plantes semées dans des champs d'expériences créés les uns sur le littoral, les autres loin de la mer. En outre j'ai étudié, de part et d'autre, les facteurs ou agents du développement de ces espèces dans l'atmosphère et dans le sol. En. 1907 et 1908 j'ai réalisé quelques expériences d'ordre physio- logique en vue d'expliquer la marche de la végétation littorale. Cette étude et les conclusions qui en découlent vont faire l'objet du présent mémoire qui sera divisé, de la manière suivante, en six parties : — 106 - La première partie sera un historique où il sera parlé des publica- tions de quelque importance, déjà parues en France ou à l'étranger et se rapportant à la question qui nous occupe. La deuxième partie contiendra la relation des observations sur les espèces qui croissent spontanément dans les deux régions considé- rées. La troisième sera un compte rendu des cultures effectuées dans les différents terrains d'eypériences. La quatrième se rapportera à l'étude des facteurs de l'évolution des végétaux dans l'atmosphère et dans le sol. La cinquième sera relative aux expériences physiologiques. La sixième partie sera consacrée à mettre, autant que possible, en lumière le mode d'influence du voisinage de la mer sur le phénomène envisagé. Les observations, cultures et expériences dont je viens de parler n'ont pas été faites par moi sans secours et sans aide. Pour les mener à bien plusieurs personnes m'ont assisté ou secondé et cette introduction est le vrai lieu pour leur donner une marque de ma reconnaissance. Je dois nommer d'abord M. Devaux, professeur de physiologie végétale à l'Université de Bordeaux, sous les auspices de qui a été effectué ce travail. Dans les nombreuses entrevues que j'ai eues avec lui, à son labo- ratoire, dans les lettres qu'il m'a fait l'honneur de m'écrire, M. Devaux m'a donné des indications et des conseils d'une utilité que je ne saurais assez apprécier. Je nommerai ensuite M. Bouygues, docteur ès-sciences, prépara- teur h la Faculté de Bordeaux, que mes recherches ont beaucoup intéressé et dont j'ai reçu quelques avis éclairés. Je ne laisserai pas sans mention deux auxiliaires dévoués dans la partie matérielle de ce travail : M. Caplong, autrefois correspondant de la commission météorologique de la Gironde, lequel habite à proximité de Gartey et Pilât, et M. Chevalier, employé à la Faculté des Sciences de Bordeaux. Il en est d'autres que je ne puis ici oublier. Ces derniers, sans avoir participé à mes travaux, les ont cependant facilités par la liberté qu'ils m'ont laissée de les réaliser sur des propriétés dont ils disposent. Ce sont : — 107 — M. Peloux, conservateur des eaux et forêts, résidant à Bordeaux, chargé de la haute surveillance des dunes maritimes de Gartey et Pilât; M. Bentéjac, conseiller général de la Gironde, propriétaire à Uzeste ; M. Laulan, pharmacien, propriétaire à Uzeste ; M™° veuve Fourcade, propriétaire à Villandraut. On le voit, mon entreprise a été laborieuse et compliquée. Sa réalisation m'a en effet demandé, au bord de la mer comme dans l'intérieur du pays, des excursions en très grand nombre (1); elle m'a imposé des cultures et des expériences physiologiques assez variées; elle m'a engagé dans quelques considérations d'ordre chi- mique; elle m'a aussi entraîné dans des études météorologiques très diverses. Sans doute que, dans un tel ensemble, malgré les savants et pré- cieux conseils du maître déjà nommé, nonobstant l'attention que j'ai apportée, des erreurs, pour ainsi dire inévitables, se seront glissées. Cependant la concordance même des résultats généraux obtenus me donne à penser que ces erreurs n'ont été ni bien nombreuses, ni bien graves. 11 m'est d'autant plus permis de demander ici son indul- gence au lecteur. (1) J'ai dû faire près de cent cinquante excursions dans chaque région. PREMIÈRE PARTIE Historique. Bien que l'on ait beaucoup cherché dans le domaine de la clima- tologie végétale, surtout dans ces dernières années, il faut reconnaî- tre que l'influence du bord de la mer sur les végétaux n'a guère été étudiée jusqu'à ce jour. Je n'ai efTectivement rencontré qu'un pelit nombre de publications se rapportant à celte question bien digne cependant d'intérêt. En parcourant ces pubHcalions, je me suis rendu compte que l'on a'allribué généralement un rôle prépondérant au sel marin dans les modifications présentées par les plantes littorales spéciales ou ubi- quistes. J'ai trouvé rarement exprimée l'idée d'une action possible du littoral s'exerçant indépendamment de l'appoi't d'embruns marins sur le rivage. . Voici d'ailleurs une revue chronologique des ouvrages que j'ai consultés. 1845. — A. DE JussiKU : Géographie botanique (Dictionnaire uni- versel d'histoire naturelle, Paris). L'auteur, qui est partisan de l'in- fluence physique du sol sur la végétation, admet cependant que, dans le sol du littoral, le chlorure de sodium a une influence prépondé- rante. 18.52. — MoRiTZ WiLLKOMM : Die Strand vnd sleppengebiete der ibcrischen Halbinsel imd deren Vegetalion (Leipzig, p. 4). MorilzWill- komm fait remarquer les caractères morphologiques particuliers des plantes littorales. Il cite plusieurs espèces à feuilles minces dans leurs localités habituelles qui prennent des feuilles épaisses et char- — 109 — nues à l'embouchure de la Guadiana, sur les dunes imprégnées, dit-il, des évaporations salines de la mer. 1861. — GuBLER : De la mer considérée comme source de calcaire } our les plantes dulitloral [Bull. soc. bot. F., p. 431). La communica- tion faite par Gubler se résume dans les propositions suivantes : \° Le littoral maritime, à une distance assez considérable, mais encore indéterminée, n'est jamais complètement privé de calcaire, même quand le terrain appartient aux formations primaires qui ne renferment pas cet élément minéral; 2° Les sels de chaux, indispensables à beaucoup de plantes, favo- rables à la plupart, sont fournis par la mer elle-même aux côtes qu'elle baigne, soit directement, soit indirectement; 3'^ Les divers procédés, à l'aide desquels la mer introduit des quan- tités notables de carbonates terreux dans les régions qui l'avoisi- nent, expliquent suffisamment la présence, sur le littoral, d'espèces qui d'habitude ne prospèrent que sur des terrains naturellement riches en carbonates de chaux. La communication de Gubler a donné lieu, au sein de la société à laquelle elle s'est adressée, à une discussion sur l'influence du sel marin sur la végétation. Cette discussion a amené l'auteur à dire qu'on ne saurait, en effet, nier la présence du chlorure de sodium dans la vapeur qui s'élève constamment des eaux de la mer et enve- loppe toujours le l'ivage d'un léger brouillard. Il a rappelé combien les chimistes ont de peine h. purger complètement l'eau salée du chlorure de sodium que la vapeur entraîne avec elle à mesure qu'elle se forme. Il n'a pas d'ailleurs prétendu que l'atmosphère salée doive exercer directement sur la végétation des plantes maritimes une influence qui est peut-être dévolue entièrement au sol chargé aussi de sel marin. 1865. — Sajot [B. s. b. F., XII), dit que la végétation a une très grande force sur la côte aux Iles Canaries. L'air y est chargé d'une forte proportion d'humidité, surtout en été, et le climat y est d'une remarquable douceur. 1872. — Louis DE Martin : De l'élude de la géographie botanique de la région méditerranéenne de la France {Bull. s. b. F., XIX, p. 143). L'auteur attire l'attention des botanistes sur ce fait que, parmi les plantes littorales, certaines comme Sàlicornia, Pancratium sont iné- vitablement liées au voisinage immédiat de l'eau salée, tandis que d'autres, telles que Tamarix, Ephedra distachya, Atriplex halimus, — 110 — Alyssum mari li nui m, s'éloignenl plus ou moins du rivage. Il y aurait inlérél, dit Louis de Martin, h connaître la dislance la plus grande du rivage où Ton peut les rencontrer. 1876. — Eloy de Vico : Lo végétation sur le littoral du département de la Somme (Paris. Savy, éditeui-). Dans son introduction à la végé- lation du littoral de la Somme, sorte de guide d'herborisations, Eloy de Vicq s'exprime ainsi : Le botaniste rencontre sur notre rivage presque toutes les plantes spéciales dont la végétation mari- lime se compose, depuis l'embouchure de la Seine jusqu'aux fron- tières de la Belgique. Ces plantes sont, saus contredit, celles qui ont le privilège d'attirer l'attention sur notre flore. A côté d'elles, cepen- danl, il en est d'autres dignes d'être l'cmarquées, dont l'habitat pré- féré parait être le littoral, parce qu'elles se plaisent, sans doute, sous l'influence des vapeurs salines. 1878. — G. BonniilR et Flahault [Ann. se. nat., 6" séiie, VIL p. 12i). MM. Bonnier et Flahault ont fait, pendant les mois d'août et de septembre 1878, une exploration de la péninsule Scandinave entre 59 et 64" de latitude. Ils se sont proposé de comparer les résultats des observations faites dans ce voyage avec ceux qu'ils ont obtenus, l'un dans les Alpes et les Pyrénées, l'autre dans le Noi-d de la France. Parlant, au chapitre II, de l'influence de riiumidilé, ils disent : L'influence du voisinage de l'eau salée moditie un grand nombre de plantes au point de les faire décrire comme des variétés ou même comme des espèces distinctes. Mais on comprend que, si d'autres conditions physiques très importantes viennent s'ajouter à l'influence de la mer, celle-ci puisse relativement diminuer dans ses effets. C'est ainsi que peut s'expliquer la pauvreté de la flore maritime en Scandinavie sur les bords de la Baltique ou de l'Océan Atlantique. L'inlluence due à la situation en latitude prime celle due au voisi- nage de l'eau salée. Non seulement au fond des fjords de Norvège ou dans le golfe de Bosnie, poursuivent MM. Bonnier et Flahault, nous n'avons trouvé qu'un très petit nombre d'espèces qui, en France, habitent exclusi- vement au bord de l'Océan, mais, même en face de la pleine mer, sur les côtes de l'Océan Atlantique, à Chrisliansund, la flore mari- time nous a semblé presque nulle. Tandis qu'on observe facilement sur les côtes les plus septentrio- nales de la France, à Calais ou à Dunkerque, par exemple, aussi bien que sur les côtes de la Bretagne, plus de trente espèces de phaaé- - m — roganies marines, en quelques heures d'iierborisalion, nous n'avons pu trouver sur le golfe de Molde et à Clirisliansund, en face de l'Océan, que huit espèces marines. Ainsi l'intUience de la mer semble s'afTaiblir quand on arrive près des lignes isothermiques assez basses. Vers 63" de latitude nous avons observé, au bord de la mer, un cer- tain nombre de plantes alpines qui ne paraissent présenter aucune modification sensible. 1878. ■ — AdoUF Andrée .■ Sahuscheidungni durch die DUUter (Be- richte der deutschen bolanischen Gesellschaft, III, p. 313). Ce qui manque aux halophytos de l'intérieur pour nous ramener au cas des plantes littorales, dans leurs rapports avec le sel marin, dit M. Adolfî Andrée, c'est l'apport de cetle substance par le vent qui la dépose sur les organes aéi'iens, en particulier sur les feuilles. Cependant des piaules arrosées avec une dissolution de sel marin éliminent ce sel en même temps que l'eau de transpiration, sel qui se dépose à la surface des feuilles et que j'ai recueilli en lavant ces dernières. 1890. — Lesagk : De V influence du bord de la mer sur la structure des feuilles (Thèse de doclorat ès-sciences. Paris, 1S90). Nous croyons devoir extraire du chapitre des conclusions générales de ce travail le passage suivant, comme ayant quelque rappoi't avec la question que nous avons abordée : Le voisinage de la mer, dit M Lesage, augmente le plus souvent l'épaisseur des feuilles et en modifie la structure. L'influence doa)i- nante introduit dans les feuilles des modifications tout à fait compa- . râbles à celles qui sont le résultat de cultures où l'élément variable est le sel mai-in. Je pense donc que ce sel détermine, pour la plus gi-ande part, la variation des plantes au bord de la mer. Quant à son mode d'action, je ne puis prétendre l'indiquer et je n'ai point, pour le moment, dirigé mes elTorls de ce côté. Je dois cependant rappeler que, dans mes cultures, les effets les plus faciles à constater et les mieux caractérisés se sont produits dans les pots où la salure était apportée par les arrosages les plus salés. Cette constatation fait son- ger ti la répartition du sel par les vents, les brumes et les embruns sur le rivage maritime. 1895. — Warming : [ffalopkytstudier, p. 198). M.Warming énumère les qualités particulières des halophytes. Il dépeint ensuite l'état accommodateur fort remarquable et caractéristique qui a lieu dans les Mangroves. Il prête son attention à la structure anatomique de la feuille, c'est-à-dire à son caractère xérophyle qui paraît en désac- - 112 — cord avec le fait que ces plantes croissent dans un sol toujours humide. 1898. — F. BoERGESiiN og Ove Paulsen : Om vegelalionem paa de danskveslindiske Oeer (Der nordiske Forlag Kjobenharrn). Le sable des bords de la mer, disent MM. IJœrgesen et Paulsen, est formé, aux Antilles danoises, de calcaire, surtout de coraux calcaires. La végé- tation est basse et le sable n'est pas mouvant. Les plantes, exposées au vent très frais, à la chaleur et à la lumière intenses, trans|ùrent beaucoup. Aussi la nature les a-L-elle munies de différents moyens de protection contre cette transpiration. C'est ainsi que les feuilles étant charnues, la surface en est, en comparaison avec la substance, assez petite. 1899. — J. CosTANTiN : La nature tropicale (Bibliothèque scientifi- que internationale), La vie au bord de la mer, dit M. Costantin, contribue puissamment à modifier les végétaux. Elle tend à leur faire prendre des caractères que l'on observe d'ordinaire chez les plantes grasses dans des régions où l'eau est rare. Nous avons eu l'occasion de signaler une de ces convergences qui ne sont pas rares dans la nature, puisqu'elles tiennent à ce que les plantes qui vivent dans des conditions très différentes ont cependant à craindre les mêmes dangers (dans le cas actuel, l'excès de transpiration) : aussi se mettent-elles à l'abri de l'action de causes destructrices semblables par des procédés identiques. Depuis longtemps, continue M. Costantin, on a signalé également certains traits communs entre les plantes du bord de la mer et celles des montagnes. Quand la belle saison arrive sur les montagnes, le soleil a une action toute puissante et les végétaux qui vivent sur les sommets doivent avoir des moyens aussi nombreux que variés pour se pro- téger contre les pertes exagérées de vapeur d'eau. Aussi ne devons- nous, en aucune façon, être surpris de constater avec quelle facilité, dans certains cas, les plantes des hauteurs s'acclimatent au voisi- nage de l'Océan. Le Corinthe gymmandra est localisé, en Algérie, sur la côte et sur les montagnes, le Leucanthemum glabrum, qui a des feuilles épaisses sur le bord de la mer et sur les hauteurs, pré- sente, au contraire, des feuilles minces, si on le cultive en dehors de ces deux régions. Ailleurs M. Costantin s'exprime ainsi : Les conditions d'existence au bord de la mer sont très spéciales, - H3 -^ Elles amènentl'élimination d'un très grand nombre d'élres, par con- tre elles ont di\ produire rapidement chez ceux qui s'y sont inslallés des modifications profondes et analogues. 1899. — Paléglogos : La végétalion de Vile de Lesbos (Thèse de doctorat de l'Univtirsité de Clermont, mention sciences). Dans ce travail M. Paléologos distingue dans l'ile de Lesbos une région litto- rale et une région non littorale. La nature physique des roches, dit-il, a une influence marquée sur la distribution des espèces qui caractérisent la région littorale, mais l'influence prépondérante est celle du sel marin. M. Paléologos donne la liste des espèces qui vien- nent sur le littoral. 1899. — G. BoNNiER : Cultures expérimentales sur l'adaptation des plantes au climat méditerranéen (Compt. Rend. Ac. Se, p. 1207). Les plantes de la région méditerranéenne, dit M. Bonnier, ont, en géné- ral, des caractères qui semblent en rapport avec le climat spécial de cette région. Ces plantes subissent le plus souvent deux périodes d'arrêt dans-leur végétation annuelle : l'une, en hiver, moins mar- quée que dans les régions teuipérées, l'autre, en été, par suite de la grande sécheresse. En outre, leur organisation permet aux végétaux méditerranéens de supporter un éclairement plus grand en même temps qu'une somme de chaleur plus élevée ; ils ont, par suite, une élaboration chlorophylliene énergique et doivent résister ii une intense transpi- ration. Or donc, dans le travail qui nous occupe, M. Bonnier a cherché cl savoir si, dans une certaine limite, les plantes des régions tempérées ne pouvaient pas s'adapter au climat méditerranéen, en modifiant leur forme et leur structure. Des cultures faites pour cela d'une pnrt près de Toulon, d'autre part à Fontainebleau, dans des conditions rigoureusement compara- bles, ont permis à M. Bonnier de tirer les conclusions suivantes relativement à l'adaptation des espèces végétales : Un grand nombre d'espèces des régions tempérées peuvent, dans une certaine mesure, changer de forme pour s'adapter au climat méditerranéen. Les caractères, provoqués expérimentalement se révèlent, bien qu'avec une intensité beaucoup moindre, comme analogues à ceux qu'on remarque chez les végétaux, croissant naturellement sur le lit- toral méditerranéen. Tome LXII. 8 — 114 — 1900. — Géneau de Lamaruère : Noie sur la flore maritime du cap Gris-Nez [Revue gén. de bot., t. XII, p. 193). L'auteur fait savoir qu'au cap Gris-Nez les plantes littorales ne croissent pas sur tous les points du littoral indifféremment. C'est ainsi que les lialopliytes les plus exigeantes se trouvent à la base des escarpements. Quant elles se rencpntrent plus liaul, c'est seulement dans les portions où la formation des embruns marins, par suite de la disposition de la côte, est possible en quantité suffisante. En règle générale, dit ailleurs M. Géneau de Lamarlière, la flore continentale est d'autant plus développée que la flore halophyte l'est moins. C'est qu'en effet les conditions favorables à rune""sont généralement nuisibles à l'autre et réciproquement. 1901. — Marcou-Mutzner : Sanatorium iVHendaije et climat atlan- tique méridional (Thèse de doctorat en médecine, Paris). Dans le segment atlantique méridional, dit l'auteur, les hivers sont plus doux, les étés moins chauds que dans le Midi et l'atmosphère est plus uniformément saturée d'humidité. M. Marcou-Mutzner fait remarquer que les prairies qui se trou- vent h Hendaye, au bord de la mer, donnent toute l'année des plantes fourragères. Ces collines, vertes et grasses, d'une verdure fraîche toute l'année, font un des caractères de ce pays. 1902. — V. Palladine : Physiologie des pUmtes (Masson et C'**, édi- teurs). Passant en revue les conditions extérieures qui exercent une influence sur la croissance, l'auteur s'exprime ainsi à propos de l'in- fluence du degré d'humidité du milieu. Sur les rivages plats de la mer, malgré un sol et une atmosphère humides, les plantes qui les recouvrent ont toutes les particularités très nettes de végétaux des régions arides. Par conséquent le sol où poussent ces plantes est imprégné d'une dissolution concentrée de sels et pour se préserver d'une surabondance de sels minéraux, il se fait chez celles-ci différentes adaptations afin de diminuer la quantité d'eau vaporisée. 1903. — ScuiMPEH : Plant. Geographij (Oxford). Les caractères particuliers des plantes des bords de la mer, dit M. Schimper, sont dus à des causes physiques et chimiques et à cause de cela très variables. L'auteur fait remarquer que les feuilles des plantes littorales sous les tropiques (à Java), sont fréquemment larges, mais que néanmoins elles présentent dans leur structure les effets de conditions défavo- — Ho — râbles à la transpiration. Cela est d'autant plus sensible que le sol où ces plantes végètent est plus riche en sel marin et d'autant moins accusé que la distance h la mer est plus grande. En outre les végé- taux du bord de la mer comparés aux autres ont toujours un système radiculaire plus développé et plus profond pour résister au vent. L'auleui' est ainsi conduit à parler du caractère xérophyle des plantes littorales. Ce caractère est, d'après lui, en contradiction avec l'humidité de l'atmosphère et l'abondance de l'eau dans le sol. 1904. — F. Lalesque : La mer et les tuberculeux (Paris, Masson et C'*, éditeurs). M. Lalesque fait, dans cette publication, une étude des conditions biologiques propres au bord de la mer. Cette étude, qui est entreprise au point de vue de l'espèce humaine, est suscep- tible cependant d'intéresser, dans une certaine mesure, les personnes qui s'occupent de la physiologie des végétaux. 1904.. — J. Massart : Les conditions d'existence des arbres dans les dunes littorales (Bulletin de la Société centrale forestière de Belgique). La violence du vent, d'après i\L Massart, rend l'exislence difficile aux arbres de la dune littorale. Celui-ci, en effet, tantôt déchausse leurs racines, tantôt recouvre leurs parties aériennes. Une seconde cause de difficulté d'existence tient à la stérilité même du sol. Une troisième provient de la sécheresse de ce sol. Le sable des dunes est en effet très perméable et l'eau qui y ton)be filtre aussitôt dans la profondeur. Les couches siiperncielles {\y{ sol ne sont humides que pendant l'hiver, alors que l'évaporalion est ralentie et que la végétation est au repos. L'auteur termine son étude en combattant l'opinion très accrédi- tée parmi ceux qui s'occupent de plantations ou de cultures au bord de la mer, d'après laquelle l'action nocive du vent, sur ces planta- tions ou ces cultures, serait due à la présence de particules salines entraînées par l'agent de transport précité. ' Des expériences précises, faites à Norderney, l'une des îles de la Frise orientale, dit M. Massart, ont montré que si l'on recherche le sel marin dans l'air des dunes, même au moment des grandes tem- pêtes, on en trouve des quantités tellement faibles que son influence doit être considérée comme négligeable. En outre, si on examine la végétation des plantes herbacées qui poussent sur les côtes rocheuses, le long desquelles les vagues défer- lent avec violence, on constate que cette végétation ne diffère en — 116 — rien de celle qui existe dans rintérieur et ne présente nullement les si^aies d'adaptation au sel marin. Si, sur de telles côtes, les plantes ne montrent pas trace de la présence du chlorure de sodium dans l'air, il faut penser, à plus forte raison, qu'il n'y a pas de sel marin dans l'air sus-jacent aux dunes, littorales. On sait en etVet que les vagues viennent mourir doucement le long d'une côte sablonneuse. 1905. — H. Devaux : Influence du vent marin sur les déformations du pin maritime (Procès-verbaux de la Société des Se. phys. et nat. de Bordeaux). M Devaux a étudié, en 1903, les déformations du pin sur la partie de la côte gasconne située entre l'embouchure de l'Adour et Biarritz. Jusqu'à l'âge de deux ans environ, au dire de l'auteur, les Jeunes pieds de pins ne semblent présenter, dans leur port, rien de parti- culier; leur axe est franchement vertical. A partir de trois ans, on observe une variation très importante. Le sommet est tué et l'arbre, au lieu de végéter en grappe, végète en sympode. Il semble plus tard couché et comme balayé par le vent qui vient de la mer; mais ce que l'on prend pour son tronc, parfois contourné en S couché ((O), représente en réalité les séries de branches formant le premier sympode. Le processus de cette déformation est clairement indiqué par M. Devaux. Il attribue celle-ci au sel marin apporté par le vent sur les: feuilles des branches tournées vers la mer. Ce sel parvient sur les feuilles sous forme de gouttelettes très petites, lesquelles, en se desséchant, causent la mortification de ces organes, et, par suite, celle des pousses qui les supportent. Telles sont les quelques publications que j'ai rencontrées et qui ont trait à la végétation du bord de la mer. Aucune d'elles, on le voit, ne vise directement l'influence du littoral sur le développement de cette végétation. La voie, dans laquelle je me suis engagé, était donc bien nouvelle. DEUXIÈME PARTIE Observations sur le cycle évolutif des plantes annuelles spontanées au bord de la mer et loin de la mer. Celle parlie sera subdivisée en cinq chapilres : Dans le premier chapilre, on donnera quelques indicalions sur la flore des territoires comparés. Dans le deuxième, après avoir donné les noms des espèces étu- diées, on exposera la méthode suivie pour la détermination de leur cycle évolutif. Dans le troisième, il sera parlé des phases principales de révolu- tion (levée, floraison, fructification, mort), c'est-à-dire de ce qu'on pourrait appeler l'acheminement vers l'étal adulte et vers la mort. Dans le quatrième, il sera fait une étude spéciale de la marche de la croissance ou progression vers la taille définitive. Dans le cinquième, les résultats, contenus dans le troisième et le quatrième, seront résumés et interprétés pour permettre de formuler des conclusions sur tout le cycle évolutif. CHAPITRE PREMIER FLORE DES TERRITOIRES COMPARÉS Nous avons vu, dans rintroduction du présent mémoire, que la légion de Garley et Pilut présente, au point de vue de- la coiislitu- tion du sol, une grande similitude avec celle d'Uzesle et Villandraut. Nous avons vu, en outre, que ces deux contrées sont situées sous une 118 même latitude et h des altitudes qui ne diffèrent pas notablement. Nous devons, en conséquence, nous attendre à trouver, entre leurs flores, une grande ressemblance. Si l'on excepte en efTet les plantes spéciales au littoral et dont nous n'avons pas à nous occuper ici, on note un total de quinze espèces communes aux deux régions, deux espèces particulières à la région littorale et trois particulières à la région continentale. Nous donnons, en premier lieu, la liste des espèces communes aux deux endroits. Ce sont : Teesdalia nudicaulis. Ei'odhim cicularium. Ceraslium glonieratum. Sai'olhamnus scoparius. Rnbiis frulicosus. Jasioiie montana. Helianthemum qiillatum. Thrincia hirla. Helichrisum slaschas. Senecio vulgaris. Carex arenaria. Cynodon daclylon. Aira canescens. Festuca myuros. Ephedra equiseliformis. Les espèces qui ne se trouvent qu'à Gartey et Pilât sont celles dont les noms suivent : Dianl/ius gallicus. Silène portensis. Enfin, celles que l'on rencontre seulement dans les plaines sablon- neuses d'Uzeste et Villandi^aut sont les suivantes : Ononis repens. Thymus serpillum. Eqniselum arvense. Gomme les vues prises par nous et que nous reproduisons ici le montrent bien, ces plantes sont généralement disposées, dans les deux territoires comparés, par stations ou groupes assez bien déli- mités et séparés les uns des autres par des plages arides, entière- ment dénudées. Cette pauvreté du tapis végétal contribue notablement à son ins- tabilité, en rendant le sol, sur lequel il est fixé, plus meuble et plus accessible aux agents de remaniement. La preuve, du reste, en est donnée par le fait suivant qu'il nous a été donné de constater sur le littoral, où les agents de remaniement sont particulièrement puissants. Par suite de la direction qu'affectent, depuis quelque temps, les vents et les courants de marée à, l'entrée du bassin d'Arcachon, l'érosion marine se fait sentir surtout du côté de la Pointe Sud. Par Actes de la Société Linnéenxe de Bordeaux. T. LXII. Pr,. IL Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux. T. LXII. Pl. m, î;Jfcs,fe^''*,a'.iaKa© Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux. T. LXII. Pl. IV. < P. H O O rXl W P Cv J P Actes de la Société Linnéeene de Bordeaux. T. LXII. Pl. V. P — 119 - suite de celte action érosive, les dunes de Gartey et Pilât ont été emportées, en grande partie, dans ces dernières années, si bien que la plupart des stations que nous y avons étudiées, de 1902 à 1904, ont aujourd'hui disparu. Celaestvrai notamment pour celles qui figurent dans la première photographie. Il n'était pas sans intérêt, à propos de la comparaison des flores de nos deux territoires, de signaler ce fait au lecteur. CHAPITRE II ESPÈCES ÉTUDIÉES. MÉTHODE EMPLOYÉE POUR CONNAITRE LEUR CYCLE ÉVOLUTIF Les espèces sur lesquelles a porté notre examen sont celles dont les noms suivent : Erodium ciciitarium. Thvincia hirla. Ceraslium glomeratiim, Helianlhemiim gutlaliim. Les trois premières lèvent au début de la période végétative et sont, par conséquent, des espèces hâtives. La quatrième fait son appa- rition un peu plus tard, vers la fin du printemps. Cette dernière e;.t, par suile, une plante plutôt tardive. Toutes quatre se rencontrent très communément dans nos deux régions littorale et continentale, et c'est du reste pour cela que nous les avons choisies. Le principe de la méthode que nous avons adoptée pour arriver à connaître le cycle évolutif de ces espèces, au bord de la mer et loin de la mer, a été le suivant : Considérer de part et d'autre le cijcle évolutif normal ou, d'une manière plus explicite, de durée normale de chacune de ces espèces. Nous devons donc, dès maintenant, expliquer ce qu'on peut enten- dre par cycle évolutif normal d'une espèce dans un milieu donné. Cette notion est, en effel, nécessaire pour l'intelligence, non seulement du principe de la méthode que nous venons d'énoncer, mais aussi du procédé employé dans l'application de cette méthode et qui sera indiqué tout à l'heure. Il est nécessaire pour cela d'entrer dans quelques détails. — 120 ~ On sait que la levée d'une plante commence toujours dans un même endroit à une époque à peu près constante et qu'elle met un certain temps h s'effectuer. Doit-on considérer comme époque de la levée le commencement, le milieu ou la fin de ce temps? A la vérité, le nombre des naissances, d'abord faible, augmente de plus en plus, passe par un maximum, décroît ensuite et finit par s'annuler. Il y a donc un moment, dans cet espace de temps, où les naissances se produisent avec une plus grande abondance. Ce moment est évidemment le plus favorable de tous à la levée de la plante dans le milieu considéré. C'est pourquoi nous le regarderons comme Vppoque normale de la levée de cette planle dans ce milieu. Ce que nous venons de dire de l'époque de la levée d'une espèce végétale s'applique aussi bien à l'époque de l'achèvement de sa crois- sance, à celle de sa floraison, de sa fructification et de sa mort. C'est ainsi que le moment, où le grand nombre des individus d'une espèce donnée achève de grandir dans un endroit, peut être regardé comme l'époque de la terminaison de la croissance de cette espèce dans cet endroit. La connaissance des époques normales dont nous venons de par- ler permet de distinguer des périodes ou phases successives de durée, normale dans la vie d'une plante annuelle. C'est ainsi que la phase de la croissance est limitée par l'époque normale de la levée, d'une part, et par celle de l'achèvement de la croissance, d'autre part. D'où l'on se rend compte que \e cycle évoluiif normal d'une plante annuelle est constitué par toute la série des phases normales de la vie de cette plante. Cette notion étant acquise, nous pouvons exposer très simplement la manière dont nous avons procédé pour arriver à connaître le cycle évolutif des plantes annuelles sur le bord de la mer et loin de la mer. Ce procédé a consisté à établir successivement, pour cbaque planle, l'époque normale de la levée, celle de la terminaison de la croissance, de la floraison, de la fructification, enfin celle du dépérissement, en observant, dans tous les cas, l'état de développement d'un très grand nombre d'individus. Ce mode de recherche est employé couramment en biométrique, mais, • Il met l'observateur à l'abri des erreurs où peut entraîner la — 121 — seule considération d'individus pris au hasard et qui, le plus souvent, ne représentent certainement pas la majorité des individus. 2° Il donne une grande précision aux notions d'époque, de phase, de cycle pour l'évolution d'un être vivant, ce qui est inappréciable, étant donné l'imprécision qu'ont ces notions dans la pratique ordi- naire. 3° Il permet d'éliminer les influences, d'ordre purement topogra- phique qui peuvent s'exercer sur les divers représentants d'une même espèce dans un habitat considéré et de mettre en relief l'influence générale de cet habitat. Dans la suite, quand nous parlerons d'une époque de la vie d'une espèce végétale, ce sera toujours l'époque normale que nous vou- drons désigner. Quand il sera question d'une phase de la vie, nous envisagerons toujours la phase normale ou de durée normale. Enfin, lorsque nous parlerons de cycle évolutif, ce sera toujours le cycle évolutif normal Ou de durée normale que nous aurons en vue. Il était nécessaire, dès maintenant, d'avertir le lecteur à ce sujet. CHAPITRE m DE l'acheminement DES ESPÈCES VERS l'ÉTAT ADULTE ET VERS LA MORT §1. Indications préliminaires. Comme je l'ai indiqué page 17, je parlerai, dans ce chapitre, des étals successifs du développement des espèces dans le temps, c'est- à-dire delà levée, de la floraison, de la fructification et de la mort, réservant, pour le chapitre suivant, pour une i-aison c[ue je ferai connaître, ce qui est relatif à la croissance. Suivant toujours l'ordre chronologique dans l'exposition des faits constatés, je commencerai par ce qui se rapporte à l'époque de la levée des piaules, pour terminer par ce qui concerne l'époque de leur mort. A propos des états successifs du développement (levée, floraison, etc.), j'indiquerai la manière doutje m'y suis pris, dans la pratique, pour arriver à en prendre connaissance. 122 § II. Epoque de la levée. Opérations effectuées pour la détermi- nation de cette époque. Détermination en i90'2) 1903 et 1904. Pratiquement j'ai opéré, pour reconnaître l'époque de la levée de chaque espèce, dans les deux régions littorale et continentale, de la manière suivante : J'ai exploré les lieux, à intervalles réguliers, pendant tout le temps où des individus ont fait apparition. J'ai compté, à chaque explora- tion, les stations ou groupes d'individus que j'ai rencontrés. L'impor- tance de ces stations a été déterminée, soit exactement, quand celte importance n'était pas trop grande, soit, dans le cas contraire, d'une manière approximative et, en quelque sorte, au coup d'œil. Cette dernière manière de faire suftit, dans bien des cas, ainsi que j'ai pu m'en assurer, pour juger de l'importance plus ou moins grande des stations, à la condition cependant, pour l'observateur, d'avoir acquis une certaine habitude et d'apporter une suffisante attention. On comprend que la quantité de stations ou d'individus rencon- trés, dans les excursions successives, soit allée en augmentant jusqu'à, ce que les plus en retard dos sujets se soient montrés; les stations nouvelles s'ajoutant à celles déjà formées, les individus nouveaux venant s'ajouter à ceux antérieurement levés. J'ai été ainsi amené à distinguer, d'après leur importance même, plusieurs catégories de stations. Une première catégorie comprenant les stations de i à 100 sujets. Une deuxième catégorie renfermant les stations de 100 à 500 sujets. Une troisième réunissant les stations de 500 à 1.000 sujets. Une quatrième et dernière catégorie contenant les stations de plus de 1.000 sujets. J^a levée de la plante terminée, j'ai fait la somme des stations de chaque catégorie trouvées aux excursions successives. Par là je me suis rendu compte que, pour une espèce donnée, il s'était montré, à une cei'taine date, tel nombre de stations de 1 à 100 sujets, tel nombre de groupes de 100 à 500 sujets, etc., qu'à une autre date, il s'était montré tant de stations de 1 à 100 individus, tant de groupes de 100 à 500 individus, etc., pour une espèce considérée. — 123 — En comparant les relevés des stations de chaque catégorie trou- vées aux différentes excursions, j'ai connu à quel moment, k quelle date, la quantité d'individus d'une espèce donnée, rencontrés pour la première fois, avait été la plus grande. Cette date a été celle 011 l'excédent d'individus comptés sur la date précédente avait été le plus considérable et j'ai regardé celte date comme l'époque de la levée de l'espèce dans le sens où nous l'avons entendue. Voici maintenant, par années, les observations effectuées, pour chaque plante, dans les deux régions. ANNÉE 1902. J'ai commencé à faire des observations régulières et périodiques sur l'évolution des plantes annuelles, dans la région littorale et dans la région continentale, le l*'"mai 1902. J'ai donc eu connaissance, cette année-là, de tous les stades de cette évolution à l'exception de la levée. Cette raison m'oblige à parler en premier lieu, du moins pour la levée, de l'année 1903. ANNÉE 1903. Cerastium glomeratum. Jjors de l'excursion que je fis le lo et le 16 du mois de février, sur les dunes de Gartey et Pilât et dans les environs d'Uzeste et Villan- draut, je constatai que le Cerastium glomeratum n'avait nulle part commencé à faire apparition. Le l^'' mars, partout la plante commençait à sortir. Dans la région littorale, on pouvait voir douze stations, dont trois comptaient plu- sieurs centaines d'individus. Dans l'autre région, on ne voyait encore que trois groupes peu importants de sujets. Deux semaines après, le 15 mars, la végétation littorale avait pris une très grande extension. Les groupes d'un ou plusieurs milliers d'individus étaient les plus nombreux. Loin de la mer, au contraire, la végétation était encore assez pauvre. On ne voyait là, en tout, que sept stations parmi lesquelles deux seulement présentaient quelque importance. Le l^'' avril, sur le littoral, vu la faible quantité de nouvelles appa- ritions, il me parut que la période de la levée de la plante allait bientôt toucher à sa fin. Mais, loin de la mer, il n'en était pas de même, car, depuis le 15 mars, les stations s'étaient multipliées. Cer- - 124 — laines de celles qui existaient à cette date avaient pris plus d'impor- tance, au point que les groupes d'un ou plusieurs milliers d'indi- vidus étaient devenus très communs. Dans le milieu d'avril, dans la zone de Gartey et Pilât comme aux alentours d'Uzeste et de Villandraut, la levée du Cerastium glomera- lum était manifestement parvenue à sa terminaison. Ces divers faits sont condensés dans le tableau suivant, où l'on trouvera le nombre exact de stations rencontrées à chaque excursion, ainsi que la i-ichesse approximative de chaque station en individus. STATIONS STATIONS ÉPOnuES Al BORD DE LA. MER LOIN DE LA MER de 1 de 100 de 500 de plus del de 100 de 500 de plus a a à de a a a de 100 500 1000 1000 100 500 1000 1000 sujets. sujets. sujets, sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. 15 février [<"■ mars 9 3 Û 3 15 mars S y 3 H 5 2 1" avril 2 5 11 2 ê 4 19 15 avril 2 4 10 i 3 3 20 On se rend clairement compte, par l'inspection de ce tableau, que, sur le littoral, le plus grand nombre des sujets a apparu du 1" au 15 mars et que, loin du littoral, la majorité des individus a fait son apparition entre le 15 mars et le l''^ avril. L'excédent le plus consi- dérable d'individus comptés a été en effet le lo mars sur le bord de la mer et le 15 avril loin de la mer. On peut dire, par conséquent, que la levée du Cerastium glomeratum a eu lieu, sur le bord de la mer, quinze jours plus tôt que dans l'intérieur du pays. On se demandera, peut-être, après avoir consulté le tableau ci- dessus, pour quelle raison le nombre des stations rencontrées le 15 avril, sur la dune maritime, a été inférieur à celui du 1"'' avril. Cela provient de ce que les individus qui composaient les plus hâtives des stations, étant morts dans l'intervalle du 1" au 15 avril, ont été ense- velis presqu'aussitôt sous le sable ou balayés parle vent, et, partant, n'ont pas été retrouvés le 15 avril, c'est-à-dire à l'excursion qui a suivi. Nous aurons, dans la suite, l'occasion de. constater le même fait pour d'autres plantes du littoral, mais, la cause en étant toujours la même, nous ne nous y arrêterons plus. — 125 — Thrincia hirta. Le 13 février, la levée du Thrincia hirta n'avait commencé, ni an bord de la mei-, ni loin de la mer. Le 1*"" mars, on pouvait noter, sur le littoral, l'existence de cfuel- ques stations, mais elles étaient de peu d'importance. A cette époque, loin du littoral, la plante ne commençait pas encore à se montrer. Quinze jours après, la végétation du bord de la mer s'était enrichie d'une manière considérable. Les stations y figuraient en abondance, comptant presque toutes plusieurs milliers de sujets. Dans le conti- nent, plusieurs stations étaient visibles et, parmi elles, deux présen- taient une grande importance. Au l*^"" avril, près de la mer, aucun accroissement bien sensible de la végétation ne s'était opéré depuis le mois précédent, tandis que le gain réalisé loin de la mer était encore appréciable. Dans le milieu d'avril, la période de la levée du Thrincia hirta me parut close dans les deux régions envisagées. Les chiffres contenus dans le tableau ci-dessous nous indiquent, comme pour l'espèce précédente, la quantité de stations trouvées à chaque exploration, avec la richesse approximative de ces stations en individus. STATIONS STATIONS ÉPOQUES AL BORD DE LA MER LOIN DE LA MER del de 100 de 500 de plus de 1 de 100 de 500 (le plus à a a de a a a 100 500 1000 1000- 100 500 1000 lOOO sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. !'='■ mars 2 3 15 mars , . '/ -/ 2 8 2 4 2 l"!' avril 1 9 2 8 1 2 5 3 15 avril 1 if 1 7 1 3 3 Ces chiffres nous montrent que le Thrincia hirta a apparu principa- lement, sur le littoral comme loin. du littoral, entre le l*"" et le 13 mars. Nous comptons en effet, sut" le littoral, le l"' mars, 3 stations de faible importance, le 13 de ce mois. Installons, parmi lesquelles 8 de plus de 1.000 individus. Dans la suite, nous ne constatons aucune augmentation notable, ni dans le nombre, ni dans l'importance des groupes de plantes. Loin du littoral, nous ne trouvons, le 1'^'' mars il est vrai, aucune — 126 — slalion. En revanche, le 13 mars, nous n'en trouvons pas moins de 8, dont 6 considérables. Le l*""" avril, nous pouvons compter 11 groupes de Tlirincia, soit 3 de plus que précédemment, Le 13 avril, 11 encore. Il résulte bien des constatations que nous venons de rapporter que, si celte espèce a commencé à apparaitie 13 jours plus tôt dans la région littorale, elle a efï'ectué principalement sa levée le 13 mars, sur le littoral comme dans l'intérieur du continent, soit simultané- ment dans les deux endroits. Erodium cicutarium. Lors de ma première excursion sur les dunes de Gartey et Pilât et dans les plaines sablonneuses d'Uzeste et Villandraut, je constatai que l'Erodium cicutarium ne se montrait nulle part encore. A la deuxième, le 13 février, je rencontrai 3 stations de cette espèce sur la dune du bord de la mer, alors que, dans les plaines sablonneuses éloignées de la mer, je n'aperçus aucun indice de la sortie de cette plante. Au commencement du mois de mars, on pouvait voir, près de l'Océan, 6 groupes d'individus, dont 3 extrêmement nombreux, tandis que, loin de l'Océan, deux petites stations seulement étaient formées. Quinze jours plus lard, dans la zone maritime, on pouvait noter l'existence d'un nombre assez grand de stations, parmi lesquelles plusieurs comptaient un nombre très considérable de pieds. A celte époque, dans la zone comparative, 3 groupes seulement se mon- traient à l'observation. Au 1*^' avril, sur le littoral, la proportion de nouveaux sujets parut très faible. Effectivement, dans cet endroit, la levée de l'Erodium semblait, à cette époque, à peu près terminée. C'était le contraire loin de la mer, car on rencontrait là de jeunes pieds en assez grande abondance. Au 15 avril, il était manifeste que la période de l'apparition de l'espèce sur le littoral était achevée. Au contraire,;! ce moment, loin du littoral, le progrès de la végétation était des plus sensibles. Il y avait là, en effet, un nombre bien supérieur de stations à celui ren- contré le l®"" avril, surtout de riches stations. Le 1°'' mai, la végétation dans les terres n'était guère plus consi- dérable que dans le milieu du mois d'avril. La sortie des sujets tou- chait donc il sa lin. — 127 — On trouvera, dans le lableau ci-dessous, le relevé des comptages auxquels je me suis livré ci chacune des visites que j'ai faites. STATIONS STATIONS ÉPOQUES* Al B0RI1 DK LA MER LOIN DE LA MER de 1 de 100 de 500 (ie plus de 1 de 100 de 500 (le plus a a ;\ de a a a de 100 500 1000 1000 100 500 1000 1000 , sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. 15 février 1 1 1 l \^^ mars. 1 1 1 .3 1 1 15 mars . i; 3 4 9 l 1 1 1 1" avril 2 ■6 5 10 4 3 5 5 i 15 avril 2 H 6 10 4 3 8 10 i l^f mai 2 3 6 10 4 3 8 10 Si nous faisons la somme des stations rencontrées aux époques successives sur le bord de la mer et loin de la rner, et si nous tenons compte, en même temps, de l'importance de ces stations, nous voyons que la venue la plus considérable de la plante a eu lieu, vers le 15 mars, dans le premier endroit et vers le 15 avril seulement dans le second. Cela veut dire que, sur le littoral, la levée d'Erodium cicutarium a eu lieu environ un njois plus tôt que dans l'intérieur du pays, Helianthemum guttatum. Contrairement aux trois espèces dont nous venons de parler, Helianthemum guttatum ne lève, dans tous les cas, qu'assez tard dans la saison. C'est ainsi que je n'ai rencontré nulle part de jeunes sujets de cette espèce avant le l" mai. Je remarquai alors sur le littoral la formation de deux stations, l'une d'un peu plus de 100 sujets, l'autre d'environ 300, et, loin du littoral, celle de trois groupes dans lesquels le nombre total des individus était supérieur à 1.000. Dans le milieu du mois de mai, je trouvai, sur la dune, sept groupes fort denses et assez étendus d'Helianthemum et, dans les friches dUzeste et Villandraut, cinq groupes dans lesquels la quantité de pieds était extrêmement grande. : A l'excursion du l*'^ juin, deux nouvelles stations étaient à signaler au bord de la mer, mais elles étaient relativement petites et quant à celles déjà mentionnées, elles ne présentaient guère un développe- ment plus grand que deux semaines auparavant. D'autre part la — 128 - végélalion conlinenlale élait à peu près au même point que lors de la précédente visite, c'est-à-dire qu'elle se composait toujours des cinq groupes signalés au 13 mai et que Taccroissemenl de ceux-ci, depuis lors, n'élait pour ainsi dire pas appréciable. Dans le milieu du mois de juin la levée de l'espèce que nous avons en vue actuellement était indubitablement terminée de part et d'autre. Dans le tableau ci-dessous figure la quantité exacte de stations littorales et continentales notées de quinzaine en quinzaine, depuis le !'''■ mai jusqu'au 15 juin, avec indication de l'importance de ces stations. STATIONS STATIONS ÉPOQUES Atl BORD DK LA MER LOIN DE LA MER del de 100 de 500 de |iliis de 1 de 100 de 500 de plus à a a de a a a de 100 500 1000 1000 100 500 1000 lÙOO sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. l"'" mai 1 . 1 3 15 mai . i // .2 1 4 lev juin 1 t 5 2 1 4 15 juin 1 2 5 2 u 1 4 La lecture des valeurs consignées ci-dessus permet de s'assurer qu'il s'est produit plus de naissances du 1'^^ au lo mai, dans les deux zones explorées, qu'antérieurement ou postérieurement. Nous dirons en conséquence que l'apparition d'Helianthemum s'est effectuée simultanément dans ces deux zones. L'influence du voisi- nage de la mer semble ici en défaut. ANNÉE 1904. Cerastium glomeratum. Le Cerastium glomeratum a commencé à apparaître, ainsi que je m'en suis rendu compte, entre le 1""' et le 15 février sur la dune litto- rale et dans la contrée du Bazadais que j'ai choisie pour mon étude comparative. Mais, tandis que le grand nombre des sujets est sorti, dans le premier endroit, vers le l^"" mars, les levées les plus nom- breuses ont eu lieu, dans le second, entre le 1*"' et le 15 mars, d'où une avance de quinzi; jours de la plante littorale. - - 129 — Quant à la fin de la sortie du Cerastium, mes observations m'ont démontré qu'elle avait eu lieu aux environs du 15 mars sur le littoral, et vers le 1"' avril, loin du bord de la mer. Voici d'ailleurs le nombre et la ricliesse des groupes d'individus de cette espèce qui se sont montrés à moi dans les excursions suc- cessives. STATIONS STATIONS ÉPOOUES AU BORD DE LA MER LOIN i;e la mer del de 100 de 500 de plus de . de 1 de 100 de 500 (le fins à a à a a a de 100 500 1000 1000 100 500 1000 1000 sujets. sujets. sujets sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. 15 février 3 2 2 1 l" mars S 3 6 10 1 4 4 6 15 mars 1 8 8 13 / 4 ■/ 21 \'": avril 1 5 ■ 7 11 3 1 1 24 15 avril 5 4 11 1 1 20 Thrincia hirta. Je rencontrai près de l'Océan les premiers Ttirincia vers le milieu de février; toutefois je cherchai vainement à en voir, à cette époque, dans l'intérieur du pays. Au commencement du mois de mars, les levées me parurent très nombreuses au bord de là mei-, tandis que, loin de hi mer, un petit nombre seulement s'étaient produites. Dans le milieu du même mois, le Thrincia hirta n'était guère plus abondamment représenté le long du littoral qu'à la date précédente. Par contre, dans l'intérieur du continent, depuis le l^"" mars, un nombre très grand d'individus de cette espèce étaient sortis du sol, bien que les stations ne fussent guère plus nombreuses. Au l'^'" avril, on pouvait diro ([ue la levée du Thrincia était accom- plie sur la dune maritime et qu'elle était bien près de toucher à sa fin dans l'intérieur des terres. Etïeclivement, cette fin eut lieu, dans ce dernier endroit, dans l.i quinzaine du l*'' au 13 avril. Toutes crs observations sont résumées dans le tableau suivant : TUME LXII. 130 STATIONS STATIONS ÉPOnuES AU BORD DE LA. MER LOIN DE LA MER del de 100 de 500 de plus de 1 de 100 de 500 de |iliis :i ;i a de a a a de lUO 500 1000 lUOO 100 500 1000 1000 sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. 15 février 2 1 !«'• mars 3 S 8 5 1 U U 15 mars 1 5 7 11 "2 / t; t) lo'' avril 7 5 7 11 3 U 3 2 15 avril 6 5 7 9 ;^ G 4 2 Ces chiffres montrent bien que, comme tout à l'heure pour le Cerasiium, l'époque de l'apparition de la phmte littorale a devancé de quinze jours environ celle de la plante continentale. Erodium cicutarium. Bien que, dès le milieu de février, quelques petites stations d'Ero- dium fussent visibles dans la contrée de Gartey et Pilât et dans celle d'Uzeste et Villandraut, la levée en masse des individus de cette espèce n'eut lieu, dans le premier endroit, que vers le 15 mars et, dans le second, que vers le l^'' avril. Elle fut de part et d'autre assez rapide. 1^^ phénomène se poursuivit, au bord de la mer, jusque vers le 15 avril et, dans l'intérieur du pays, jusqu'aux environs du l'^'" mai. Ea lecture du tableau ci-dessous fera connaître toute la série des constatations effectuées sur la levée de cette plante dans ces deux milieux. STATIONS STATIONS ÉPOQUES AD BOR 1 DE LA MER AL LOIN HE LA MER del de 100 de 500 de plus del de 100 de 500 de plus a a a de a a a de 100 500 1000 1000 100 500 1000 1000 sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. 15 février 3 3 1'"' mars 5 1 3 2 15 mars 9 -/ 2 '/ 5 o lef avril 8 3 2 1 9 S s) 15 avril 9 2 2 1 10 3 9 Ifi"" mai 8 3 2 1 10 4 3 - 131 — L'inspection de ce tableau montre nettement que l'Erodium cicu- lai'ium est sorti quinze jours plus tôt le long du rivage de l'Océan. Helianthemum guttatum. Ce ne fut que le 1" avril que je vis quelques jeunes Helianthemum dans l'un de mes champs d'étude. C'était dans celui du bord de la mer. Dans l'autre, les représentants les plus hâtifs de cette espèce ne furent observés que le 15 de ce mois. Cependant, ici comme là, le grand nombre des représentants se montrèrent k moi, lors de l'excursion du 1^' mai. Les plus en retard furent notés à l'excursion du 1" juin. On verra, par les chiffres suivants, comment s'est effectuée, dans les deux champs d'observations, la levée de l'espèce que nous visons en ce moment. i STATIONS STATIONS ÉPOQUES AU BORD DE LA MER LOIN 1 E LA MEB del de 100 de 500 de plus de 1 de 100 1 de 500 (le plus à à a de a à à de 100 500 1000 1000 100 500 1000 1000 sujets. 2 sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets. sujets 1er avril 15 avril 3 1 U 1 1 1^'' mai o 3 4 15 mai 2 1 1 3 U 4 1"' juin 1 ■ 1 2 3 U U 4 iNous voyonsclairement, en consultantce tableau, que pour Helian- themum guttatum, l'évolution des naissances a suivi, pour ainsi dire, sur le littoral et loin du littoral, une marche parallèle. C'est en effet le !•"■ mai qu'il faut regarder, dans les doux endroits, comme l'époque de la levée de cette espèce. § III. Piésiimé pow' les quatre es/}èces et pour les deux années. Nous avons vu, dans le paragraphe précédent, comment la levée de ahacune des espèces considérées s'était accomplie dans les deux régions examinées. Nous avons chaque fois signalé l'époque oii le phénomène s'était montré à nous avec la plus grande intensité. — 132 — Nous croyons bien faire maintenant de présenter dans un tableau général les observations se rapportant à cette époque particulière pour toutes les plantes examinées. ESPÈCES 1903 1904 Levée sur le littoral Levée loin du littoral Levée sur le littoral Levée loin du littoral Cerastiuni glomeratum ........ Thrincia hirta 15 mars 15 mars 15 mars 15 mai l"^ avril 15 mars 15 avril 15 mai l^r mars l<=r mars 15 mars l^f mai 15 mars 15 mars 1^1' avril 1er mai Erodium ciciilarium Tlelianthemurn gultatum § IV. Epoque de la floraison. — Opérations effectuées pour reconnaître cette époque. — Reconnaissance en 190^, 1903 et 1904. J'ai reconnu l'époque de la floraison de chaque espèce sur le litto- ral et loin du littoral de la manière suivante : J'ai exploré les lieux de quinzaine en quinzaine, soit le l"'" et le lo de chaque mois, pendant toute la période où la floraison s'est accomplie. Lors de chaque exploration j'ai compté, aussi exactement que possible, le nombre des individus fleuris dans trois des stations qui avaient apparu ù l'époque normale. J'ai pris les moyennes des nom- bres chaque fois obtenus. La comparaison de ces moyennes, m'ayant montré que la quantité d'individus, entrés en floraison, avait été par- ticulièrement grande à un moment donné, j'ai considéré ce moment comme l'époque de la floraison telle que nous l'avons définie dans le chapitre IL Ou trouvera ci-après, pour chaque année, la relation des observa- tions auxquelles la détermination de l'époque de la floraison des plantes a donné lieu sur le littoral et loin de la mer. — 133 — ANNÉE 1902. Comme je l'ai dit plus liauL, J'ai commencé, en 1902, le 1"'' mai, à faire des observations régulières et périodiques sur le développe- ment des plantes sur le littoral et loin du littoral. A ce moment la végétation était déjà avancée de part et d'autre, mais pas assez cependant pour que je n'aie pu connaître, aux deux endroits, l'époque de la floraison pour deux espèces, qui sontErodium cicutarium et Helianthemum guttatum. Je vais commencer par rendre compte des observations relatives à l'espèce dont la floraison s'est montrée la plus hâtive de part et d'autre et qui est Erodium cicutarium. Erodium cicutarium. Je trouvai, dès le 1°'^' mai, sur le bord de la mer, un certain nom- bre d'individus fleuris de cette espèce. La proportion de ces indivi- dus augmenta considérablement du 1"'' au 15 mai. A partir de celle dernière date, elle diminua assez lentement et finit par s'annuler dans les premiers jours de juillet. Loin de la mer, je ne rencontrai les premiers sujets fleuris d'Ero- dium cicutarium que le 15 mai; cependant le nombre en était déjà assez élevé. Ce nombre s'accrut faiblement du 15 mai au l^'' juin. Il n'en fut pas de même dans la quinzaine qui suivit, pendant laquelle une quantité considérable d'individus fleurirent. Cette quantité alla ensuite en décroissant, d'abord faiblement, puis avec une assez grande rapidité, en sorte que le 15 août on ne trouvait plus d'Erodium en floraison. On trouvera, dans le tableau suivant, la proportion centésimale d'individus rencontrés en fleurs aux excursions successives sur le littoral, comme loin de la mer. RÉGION POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS FLEURIS '3 15 45 20 '3 28 'S 5 64 •J- -;3 o ■3 1 1 ! r^illorale Non lillorale 55 6S 30 — 134 — Ces chiffres nous montrent nettement que c'est entre le lo mai et le l®"" juin, sur le littoral, et entre le 1'^'" et le 15 juin, loin du littoral, que le plus grand nombre des sujets ont fleuri. Nous notons, par conséquent, pour l'époque de floraison, une avance de quinze jours dans la région littorale. Helianthemum guttatum. Je ne trouvai d'individus fleuris de cette espèce, ni sur le bord du la mer, ni loin de la mer, à mon excursion du 1" mai. Le 13 de ce mois, on pouvait voir quelques sujets en fleurs sur la dune littorale. Le l'^'' juin, le nombre de ces sujets avait augmenté notablement. L'augmentation fut plus sensible encore du l^"" au 13 juin. Elle con- tinua, mais faiblement, jusqu'au 1" juillet, époque à partir de laquelle elle diminua rapidement, pour arriver à s'annuler dans les derniers jours du mois. Dans la région continentale, ce ne fut que le 1^'' juin que l'on rencontra quelques individus en floraison. Le nombre de ces sujets, sensiblement supérieur dans le milieu de ce mois, fut trouvé beau- coup plus grand encore au commencement de juillet. C'est alors qu'il atteignit, du reste, sa valeur la plus haute. Dès lors la quantité de sujets fleuris diminua. Cette diminution fut néanmoins peu sen- sible jusqu'au l^"" août. Par contre, entre le 1" et le 15 août, le nom- bre des sujets en fleurs subit un grand décroisseraent. Il était iml au commencement du mois de septembre. Dans le tableau suivant figure la proportion des individus de l'es- pèce envisagée qui ont été trouvés en floraison, depuis le 13 mai jusqu'au 13 août, sur le bord de la mer et loin de la mer. RÉGION POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS FLEURIS 2 22 5 '3 58 25 65 70 25 54 O 46 O 2 a. Lillorale Non littorale L'inspection des valeurs ci-dessus consignées fait ressortir une avance d'une quinzaine de jours dans l'époque de la floraison de la — 135 — plante du bord de la mer. Nous avons déjà noté une différence de même sens pour TErodium cicutarium. ANNÉE 1903 Nous avons vu, en parlant de la levée, qu'en 1903 nos observations ont commencé, de part et d'autre, dès le début de la période végéta- tive et ont été poursuivies jusqu'à la fin de cette période. Il sera donc question ici de la floraison des quatre espèces que nous avons choisies pour notre comparaison. Nous commencerons par le Géras- tium glomeratum qui est la plus hâtive de toutes. Cerastium glomeratum. A l'époque de la pleine levée au bord de la mer, le 15 mars, quel- ques sujets, particulièrement hâtifs, étaient en floraison. Dans la quinzaine qui suivit, la floraison fit de très grands progrès. Après le l^"" avril, le nombre des individus en Heurs commença à baisser et le le"^ mai tous les sujets étaient défleuris. Loin de la mer, la floraison commença plus tard que sur le littoral, passa par son maximum à une époque plus tardive et se prolongea aussi plus avant dans la saison. Nous donnons ci-dessous le pour cent d'individus rencontrés fleu- ris aux différentes époques d'observations. RÉGION roil CEM D'IîiDIVlDl'S TR0CVÉ3 rLE'iRiS 1 1 'c^ 32 12 g -S 's Littorale 10 00 2 4 62 55 25 Non lillorale La lecture des pour cent ci-dessus nous fait connaître que la flo- raison du Cerastium glomeratum a eu lieu un mois plus tôt dans la zone littorale que dans la zone qui lui a été comparée. — 136 — Thrincia hirta. Le Thrincia hiilaest, après le CerasLiuin glomeralum, l'espèce qui accomplit le plus LOI son évolution. Cette considération explique pour- quoi nous continuons à le placer au second rang dans noire exposé. Au bord de la mer, ce fut dans le milieu d'avril que les premiers sujets fleuris de cette espèce furent rencontrés. Quinze jours plus lard, le nombre de ces sujets était beaucoup plus considérable. Quel- que peu réduit au 15 mai, il était bien plus faible le l*"" juin. Ce nombre enfin était nul dans le milieu du mois de juin. Loin de lanier, le début de la floraison du Thrincia se fit attendre quinze jours de plus que sur le littoral. La floraison de cette planio ne commença par suite que le i"' mai. Elle atteignit sa plus grande intensité dans la deuxième quinzaine de mai et toucha à sa fin dans la deuxième quinzaine de juillet. Les chiffres ci-dessous sont le résumé de toute la série des cons- tatations effectuées concernant la floraison de l'espèce dans les deux régions considérées. RÉGION POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS FLEURIS p- s g 58 72 'B 'S .0 15 'S '3 •3 Litlorale 20 6S 35 9 6S 1 Non littorale Ils nous montrent que le Thrincia hirta a fleuri quinze jours plus tôt dans la région maritime. Erodium cicutarium. Lors de l'excursion que je fis le l*^"" mai sur le littoral, je comptai un certain nombre d'individus fleuris de l'espèce que nous avons en vue en ce moment. A. la visite suivante, le nombre de ces individus était beaucoup plus grand. Le décroissement commença à s'opérer le l^'juin. Ce décroissement, peu sensible jusque vers le l*"" juillet, devint ensuite beaucoup plus rapide. En définitive la plante était complètement défleurie dans le milieu du mois d'août. — 137 — Loin de la mer, lés premiers individus en fleurs furent notés ù, l'excursion du 15 mai, à une époque assez hâtive par conséquent. A la vérité, la proportion en était très faible. Elle augmenta avec une assez grande rapidité, passa le 15 juin par sa valeur maxi- male, baissa peu à peu et devint nulle dans les premiers jours du mois de septembre. On pourra voir, dans le tableau suivant, la quantité proportionnelle d'individus en floraison aux différentes visites effectuées. PLANTE POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS FLEURIS > s 28 S in . 64 2 .S .3 54 35 '3 52 7/ '3 "3 7 53 -3 O 2 15 -"S o ira 10 Cl, 2 IJllorale Non littorale 10 75 La série des valeurs précédentes nous montre clairement que, sur le littoral, Erodium a fleuri un mois plus tôt que loin du littoral. Hélianthemum guttatum. Sur le littoral, Hélianthemum guttatum commença à fleurir vers le l'f juin. Durant la première quinzaine de ce mois, la proportion des sujets fleuris augmenta faiblement. Toutefois, le l®'" juillet, on remarqua la floraison d'une quantité considérable de pieds. Déjà au 15 juillet, cette quantité était moindre. Le 15 août on ne voyait plus qu'un très petit nombre de sujets fleuris et, à la fin du mois, la plante avait entièrement passé fleur. Loin du littoral, on vit les premiers Hélianthemum fleuris dans le milieu du mois de juin. Du 15 juin au 1'"' juillet, les floraisons furent peu nombreuses. Elles se produisirent en plus grand nombre dans la première quinzaine de juillet. La tloraison de la plante fit encore quelques progrès dans la seconde quinzaine de ce mois et commença à diminuer dès les premiers jours du mois d'août. Le 15 septembre on ne comptait plus aucun sujet en tloraison. On pourra voir à la page suivante les variations du pour cent des sujets fleuris dans les deux endroits. liiS - RÉGION POUR CENT DE SUJETS TROUVÉS FJ.EURIS ^S l"juin 15 juin '3 '3 O i & Lillorale 6 1 28 6/5 44 8 5 Non littorale, j 5 18 56 64 18 G Ces variations du pour cent nous montrent que la plante littorale a fleuri une quinzaine de jours plus tôt que la plante continentale. ANNÉE 1904. Cerastium glomeratum. Je rencontrai sur le littoral de très bonne heure, le l*^' mars exac- tement, quelques sujets fleuris de l'espèce Cerastium glomeratum. Je constatai que ces sujets étaient bien plus nombreux le 15 mars et en nombre plus grand encore le 1*"'" avril. Pendant le mois d'avril, la quantité diminua et devint nulle dans les premiers jours du mois suivant. Nous avons ici un fait particulier à signaler; c'est la floraison d'un nombre très sensiblement égal (38 et 39) de sujets pendant la quin- zaine du l^"" au !5 mars et celle du 15 mars au l^' avril. Cette cons- tatation nous obbge h considérer l'époque de la floraison du Ceras- tium littoral comme s'étant produite aussi bien dans la première que dans la seconde quinzaine du mois de mars. Loin de la mer, vers le l'^'" avril seulement, les plus hâtifs, parmi les sujels de l'espèce que nous avons en vue actuellement, furent trouvés en fleurs. Bientôt après le plus grand nombre des sujels fleurit; néanmoins la floraison ne se termina que dans les derniers jours du mois de mai. Nous allons placer sous les yeux du lecteur les valeurs que nous avons successivement consignées et qui indiquent la proportion dos individus en floraison aux diflerents moments de notre étude. — 139 RÉGION rOlIR CENT DE SUJETS TROOÏÉS FLEURIS es S 2 f > 56 65 a c '5 Littorale. 79 22 22 74 10 Non lillorale Comme on le voit par les cliiffres inscrits ci-dessus, la floraison du Cerastium glomeralum s'est faite sur le bord de la mer avec une avance de quinze ou de trente jours. Si nous voulons fixer une période, nous dirons qu'elle a eu lieu avec une avance d'une vingtaine de jours dans cet endroit. Thrincia hirta. Le Cerastium était déjà en pleine floraison sur le bord de la mer que le Thrincia n'avait pas encore commencé à fleurir. En revanche, la floraison de cette dernière espèce s'eff'ectua rapidement. C'est ainsi que, commencée dans le milieu d'avril, elle se termina à la fin mai. Dans l'intérieur des terres, la floraison du Thrincia débuta en même temps que sur le littoral; néanmoins, elle fut beaucoup plus lente à se faire dans le premier endroit, au point qu'on y rencontra des pieds fleuris jusque dans la première quinzaine de juillet. Nous réunissons dans le tableau suivant les pour cent d'individus trouvés fleuris que notre examen nous a permis d'établir de part et d'autre. RÉGION POUR CENT DE SUJETS TROUVÉS FLEURIS > 6.5 18 21 a 62 'ni '3 1 '3 Littorale Non littorale 24 2 16 1 1 On se rend compte, par l'inspection du tableau précédent, que. — 140 — dans la région littorale, le Thrincia hirta a fleuri quinze jours plus tôt que dans la région non littorale, Erodium cicutarium. Erodiuai cicutariuii), sur la côte, commença k fleurir dans le milieu d'avril. Vers le 13 mai, la presque totalité des sujets étaient en fleurs. Dès lors le nombre des pieds fleuris diminua, d'abord faiblement, puis d'une manière plus sensible. Dans le milieu du mois de juillet, le pour cent des individus en floraison était de 0. Dans les friches comparatives de l'intérieur du pays, la floraison de cette espèce ne commença k se manifester que vers le 13 mai. La proportion des individus fleuris augmenta d'une façon régulière jusqu'aux environs du 13 juin. On nota des individus en floraison jusqu'à la fin du mois de juillet. Nous avons ici encore à signaler deux périodes consécutives, celle du 13 mai au l"^"" juin et celle du l*^"" au 13 juin, pendant lesquelles, loin de la mer, un nombre égal ou très sensiblement égal de sujets ont fleuri. Cela nous donne deux époques au lieu d'une pour la floraison d'Erodium non littoral. Voici, du leste, condensées dans le tableau suivant, toutes les observations que nous avons faites, au sujet de la floraison de cette espèce, dans les deux régions envisagées. RÉGION POUR CENT DE SUJETS TROUVÉS FLEURIS > ci S ■ e C 'B 80 46 '3 ]3 '3 42 "3 Liltoi'ale 18 .S5 S4 18 53 7.5 8 68 Non lillorale Par la leclure des pour cent ci-dessus consignés, on voit que la floraison d'Erodium cicutarium sur le bord de la mer s'est faite avec une avance de quinze jours ou d'un mois, suivant que l'on considère le l*"" juin ou le 13 juin comme l'époque de la floraison de cette espèce dans l'intérieur du pays. On peut dire, en se tenant dans la moyenne, que l'avance du côté du littoral a été d'une vingtaine de jours. 141 Helianthemum guttatum. Cette plante, qui ne lève, nous le savons, qu'à un moment assez avancé de la période végétative, n'a montré les premiers individus en fleurs que dans les environs du l^"" jqjq dans l'une et l'autre zones. La floraison a suivi, de part et d'autre, très sensiblement la même marche; (*ependant elle s'est terminée un peu plus tard dans la zone continentale. Nous réunissons, dans le tableau suivant, les proportions centési- males d'individus tleuris auxquelles nos observations nous ont con- duit, dans les deux zones respectives. RÉGION POUR CENT DE SUJETS TROUVÉS FLEURIS \ •5 'S 1 â s plantes, tant littorales que continentales, ont opéré leur levée. Nous venons de voir maintenant à quels moments ces plantes ont fleuri. Avant d'aller plus avant dans l'étude du cycle évolutif de ces espèces végétales, il sera utile de réunir et de rapprocher dans un tableau général ce^ dernières constatations. Ce rapprochement nous permettra de nous rendre compte de l'époque de la floraison des diverses espèces sur le littoral et dans l'intérieur du pays. — 152 ESPÈCES 1902 1903 1904 Ploi'aison SIlP If liltdial Floraisnn loin du litloial Floraison sur le littoral Floraison loin du littoral Floraison sur le littoral Floraison loin du littoral Ce ras Li uni g'iomeraluni Tlirincia liii'la Erodium cicutarium Helianlhemum guLtatum lei- juin 15 juin 15 juin !"■ juillet 1^'' avril 1"' mai 15 mai l^ijuillet It mai 15 mai 15 juin 15 juillet 15 mars ou 1 avril l""" mai 15 mai l"juillet 15 avril 15 mai 1er juin ou 15 juin 1er juillet § V. Epoque de la fnictificalion. Opérations effectuées pour délerjniner celte époque. Détermination en 190'2, 190S et W04. J'ai opéré pratiquement, pour arriver à la connaissance de l'épo- que de la fructification des espèces, sur le littoral et loin du littoral, de la même manière que pour le moment de la floraison. J'ai donc fait, le l"'' et le 15 de chaque mois, le dénombrement des individus fructifies dans trois des stations levées à l'époque normale, les mêmes qui avaient été étudiées au point de vue de la floraison. Les moyennes des nombres obtenus chaque fois m'ont fait connaître l'époque à laquelle les fructifications avaient eu lieu en nombre particulièrement considérable. Je vais exposer ci-après les constatations que j'ai faites, de part et d'autre, pour les différentes espèces, en commençant par l'année 1902 pour continuer par l'année 1903 et terminer par l'année 1904. ANNÉE 1902. Erodium cicutarium. La fruclificalion de cette plante a commencé, sur le bord de la mer, le 15 mai et, loin de la mei-, le 1''' juin. On remarque par consé- — 143 - qiient une avance de quinze jours dans le premier endroit. Cette difTérence, au profit de la région litlorale, s'est accentuée dans la suite, car le maximum des fructifications s'est produit avec une avance d'un mois dans ce milieu. Il en a été de même du terme des fructifications. Le tableau ci-après exprime les résultats des observations, faites de quinzaine en quinzaine, depuis le commencement jusqu'à la fin dos fructifications dans les deux zones comparées. RÉGION POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS EN FRUCTIFICATION rt V.O c '5 =3 '3 70 46 •3 55 72 -3 O 38 65 CL, 5 45 a- 2 35 4 O Litlorale Non littorale.. . 5 36 2 43 23 80 36 3 Helianthemum guttatum. A mon excursion du 15 juin, je remarquai, sur le littoral, que quel- ques pieds d'iïeliantbemum étaient en fructification. Les fructifica- tions, à leur maximum le 15 juillet, ne toucbèrent à leur terme que dans le courant du mois de septembre, soit deux mois plus tard environ. Dans la zone comparative, je ne vis les premiers Helianthemum fructifies qu'au commencement du mois de juillet. La fructification se prolongea jusque vers le 1^^ novembre, après avoir manifesté une intensité maximale entre le l*"" et le 15 août. Les proportions centésimales d'individus en fruits se trouvent groupées dans le tableau qui suit : RÉCilON TOUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS FRUCTIFIES c '3 '5 '3 <3 o ■S o eu a. J O c Littorale .... 12 35 65 75 50 18 8 Non littorale. 12 36 54 S8 68 65 34 16 — 144 - ANNÉE 1903. Cerastium glomeratum. Aux enviions du 1'"' avril, je rencontrai, le long du rivage de la mer, les premiers pieds de celte espèce en fructification. Ils étaient même déjà assez nombreux. Néanmoins, leur nombre augmenta beaucoup jusqu'à la fin du mois d'avril, surtout dans la deuxième quinzaine de ce mois. Dans le courant de mai, on compta de moins en moins d'individus en fructification et finalement, le lo juin, on n'en compta plus aucun. Le !'''■ mai, en parcourant les plaines sablonneuses de l'intérieur du pays, je vis pour la première fois, dans cet endroit, quelques Cerasiium en fruits. Ils étaient, à la vérité, très peu nombreux. Peu nombreux encore le 15 mai, leur nombre s'éleva considérablement dans la deuxième quinzaine de ce mois. Il n'atteignit cependant sa valeur la plus haute que vers le 1" juin. Disons qu'il fut possible de trouver quelques individus fructifies jusqu'à la fin de juillet. Voici, du reste, le pour cent de ces individus aux dates successives où je me suis livré à des comptages : RÉ G ION POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS FRUCTIFIES 1 18 p- 65 2 S 25 28 c '3 S 6S .S 3 >n 70 '3 45 '5 0. 18 1 Lillorale 56 Non lillorale Thrincia hirta. Une assez grande quantité de sujets étaient déjà en fruits sur le littoral dans les premiers jours de mai. Cependant le maximum des fructifications n'eut lieu que vers le l<'''juin. On rencontra assez longtemps encore des Thrincias en fructification, soit jusqu'aux environs du i" août. La fructification de cette plante ne commença, loin de la mer, que dans le milieu du mois de mai. Elle fut particulièrement manifeste à la mi-juin et se prolongea jusqu'à la fin du mois d'août. 145 - Les propoiiions centésimales d'individus fructifies aux diverses époques se trouvent consignées dans le tableau suivant : RÉGION POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS FRUCTIFIES es vO 22 S 42 4 '3 7.5 32 "a 58 85 12 75 '5 vO 6 50 19 •3 12 G Littorale Non liltorale Erodium cicutarium. Quand j'explorai, le 15 mai, la dune maritime je m'aperçus que FErodium cicutarium était déjà entré en fructification. Cependant, ce ne fut que vers le 1" juillet que la quantité d'individus en fruits fut considéi'able. On en trouva ensuite de moins en moins jusqu'à ce qu'enfin, dans le milieu d'octobre, on ne rencontrât plus aucun de ces individus. Commencée vers le. 15 juin, la fructification d'Erodium, loin de la mer, montra son intensité la plus grande aux environs du l^"" août et se termina vers le 15 novembre. On trouvera, dans le tableau ci-dessous, les résultats des comptages exprimés en pour cent, pour l'une et l'autre régions. RÉGION POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS FRUCTIFIES •S 4 c '3 29 c 42 12 :3 76 25 'S 68 47 50 80 48 72 'a< 41 60 8 45 O 1 38 ° 5 O 3 Lillorale Nun lillorale.. Helianthemum guttatum. Malgré l'époque tardive de sa floraison, cette espèce commençait, le 15 juin, à entrer en fructification sur la dune littorale. Dans le milieu de l'été, le l^' août, elle comptait un nombre très considérable d'indi- vidus portant des fruits, et elle en présenta jusque vers le 15 octobre. Tome LXIL 10 - 146 — Loin du liltoral, Helianlliemum gutlatum n'entra en fructification que dans le milieu du mois de juillet. Trente jours plus tard envi- ron, la grande majorité des individus était en fruits. On en voyait encore quelques-uns dans les premiers jours de novembre. La série des proportions centésimales obtenues figure dans le tableau suivant. RÉGION POUR CENT DE SUJETS TROUVÉS FRUCTIFIES c c 3 O '3 •3 o 70 81 62 85 1 o if5 c 5 O Lillorale Non lillorale . . 2 34 40 12 l 33 32 76 15 47 12 ANNÉE 1904. ». Cerastium glomeratum. On pouvait observer, sur le bord de la mer, dans les premiers jours d'avril, la fructification de quelques individus de cette espèce. Quelques jours plus lard, le nombre de ces individus avait grossi beaucoup. Ce nombre était un peu plus grand aux environs du 1*^'' mai, mais il ne tarda pas à décroître et arriva à s'annuler dans la première quinzaine du mois de juin. Dans l'intérieur du pays, cette espèce commença à fructifier vers la fin d'avril. Le moment de sa pleine fructification fut aux environs du lo mai. Mais ce ne fut qu'un mois et demi plus tard que cette fructification toucha à sa fin. Lh lecture des cliifTres ci-dessous fera connaître exactement la marche suivie, de part et d'autre, par le phénomène que nous avons en vue. RÉfilON POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS FRUCTIFIES 3 g '3 in 40 7.5 a "3 16 68 B '3 1.0 30 '3 8 Littorale Non littorale 58 28 147 Thrincia hirta. La plante liliorale entra en fructification dans les environs du l'^'' mai. Bientôt après, le 15 de ce mois, elle compta une proportion très importante de sujets fructifies. Cette proportion se montra encore assez grande le l'''" jdin. Dès lors elle diminua peu à peu jus- qu'aux environs du 15 juillet, époque à laquelle on ne trouva plus sur le littoral d'individus fructifies. La plante continentale ne montra de pieds en fruits que vers la fin mai. Sa fructification avait fait de très grands progrès dans le milieu du mois de juin. Toutefois, assez longtemps encore, des individus en fiuits furent visibles. Nous réunissons, dans le tableau suivant, les pour cent d'individus, trouvés dans l'état de développemeni qui nous intéresse, aux visites successives que nous avons effectuées dans les deux contrées consi- dérées. RÉGION POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS FRUCTIFIES in 2 lO '5 C 14 8-2 '3 '3 1.0 -3 O •3 Cl, Littorale 25 69 59 18 9 74 32 25 3 Non lillorale Erodium cicutarium. Je rencontrai, sur le bord de la mer, à la date du 15 mai, de bien bonne lieure par conséquent, un certain nombre d'individus de l'espèce Erodium cicutarium portant des fruits. La quantité de ces individus ne me parut guère s'augmenter jusqu'à la fin de juin. Cette quantité s'accrut ensuite rapidement, puis elle demeura quelque temps à peu près stationnaire et fut réduite à zéro dans les environs du 1" octobre. Le début de la fructification de cette espèce eut lieu dans les fri- ches continentales un mois plus tard que sur le littoral. La pleine fructification se fît aussi, dans cet endroit, avec un retard considéra- ble. Il en fut enfin de même pour la terminaison du phénomène que nous étudions. — 148 ~ Toutes les observalions effectuées sont résumées ci-dessous. RÉGION POUR CliNT D'INDIVIDUS TROUVÉS FRUCTIFIES ■3 g '3 iO 'z3 3 •3 t lO ■g \0 'c \0 LiLlorale 16 20- 47 SO 74 72 55 22 14 2 Non littorale. . . . 20 32 52 7 71 58 48 26 18 66 Helianthemum guttatum. Cette espèce entra en friictilication, surle littoral et dans Tintérieur du pays, aux environs du 1'^'' juillet. Cependant il est à remarquer que le pour cent des sujets en fructification se montra, àcette époque, plus élevé daus le premier milieu, [.e moment du maximum des fructifi- cations fut aussi le même dans les deux endroits. Quant à l'époque de la terminaison du phénomène, elle fut un peu plus hâtive au bord de la mer. On pourra voir par le tableau qui suit quelle a été la marche de la fructification de cette espèce dans les deux régions oi^i nous l'avons observée. On se rendra compte que ce phénomène a suivi de part et d'autre, jusqu'à une certaine époque, à peu près la même marche. RÉGION POUR CENT DE SUJETS TROUVÉS FRUCTIFIES c a 5 1 30 38 70 73 vO 62 64 37 52 21 29 16 >■ c 4 > c Littorale Non littorale. 80 76 RÉSUMÉ DES RÉSULTATS OBTENUS POUR LES QUATRE ESPÈCES PENDANT LES TROIS ANNÉES Nous venons de rendre compte des observations que nous avons faites, relativement à l'époque de la fructification des plan tes annuelles, au bord de la mer et dans l'intérieur du pays. Ce compte rendu a été donné pour chacune des espèces en particulier. Nous croyons indi- - 149 — que maintenant de grouper tous les résultats obtenus dans un tableau général. Nous pourrons, en jetant un coup d'œil sur ce tableau, saisir le sens général de la difîérence qui existe au point de vue de Tépoque de la fructification, entre les espèces littorales et les espèces conlinen taies. ESPÈCES 1902 1903 1904 1 Fructificatioii sur le littoral FnictificatidD loin du littoral Friidifioalion sur le littoral Friiclification loin du littoral Fnidjfication sur le littoral Fructification loin 1 du littoral 1 1 Cerasliiim glomeralum „ » 15 avril 1er juin 15 avril 15 mai Thrincia liirla » ,, ler juin 15 juin 15 mai 15 juin Erodiiim cicuLarium 1er juillet l'"' août ler juillet 1er août 1^-juillet l<=r août Helianlbemum gulLalum 15 juillet 15 août 1er août 15 août 1er août 1er août § VI. Epoque de la mort. Opérations réalisées pour reconnaître cette époque. Reconnaissance en 190'"2, i903 et 1904. Le procédé n)is en pratique pour établir l'époque de la floraison et celle de la fructification des plantes, dans les deux régions compa- rées, a encore été employé pour déterminer l'époque de la mort de ces plantes. J'ai donc eiFectué de part et d'autre, de quinzaine en quinzaine, le comptage des individus morts dans les trois stations apparues nor- malement, dont j'ai parlé plus haut. Les moyennes des individus conqîlés m'ont indiqué l'époque de la mort des espèces telle que j'en ai donné la définition au début de ce chapitre. Je vais rendre compte, année pai- année, des opérations ainsi, réalisées, dans les deux champs d'observations, pour les difféi-entes espèces. — loO — ANNÉE 1902 Erodium cicutarium. Sur la dune du Pilai je renconlrai, dès le 1" juillet, quelques sujets de cette espèce desséchés après fi'uctificalion. Ils étaient, à la vérité, peu nombreux : le pour cent n'était que de 5. Bientôt ce pour cent augmenta. Je trouvai qu'il s'était particulièrement élevé à l'excursion que je fis le i^'' septembre. Dans les plaines sablonneuses de Villandraut je constatai, le 15 juillet, la mort d'un Erodium sur environ 100 sujets de celle espèce ; toutefois, ce ne fut que le 1^'^ octobre que je remarquai des sujets morts en nombre considérable. En jetant un coup d'œil sur les chifTres suivants, on connaîtra les proportions centésimales successives d'individus morts, dans chaque quinzaine, au Piîal comme à Villandraut. ZONE POUR CENT DE SUJETS TROUVÉS MORTS '3 '3 ■3 ■3 Pu Pi^ tj O L ■* ■r~S vO t- a vD o 5 8 1 10 3 30 ]5 8 S 30 98 60 100 96 100 97 LilLorale 100 100 Non liltoral La plante, on le voit, est morte un mois plus tôt près de la mer que loin de la mer. Helianthemum guttatum. Le dépérissement de la plante littorale commença le lo juillet par la mort de quelques sujets; toutefois ce ne fut qu'un mois et demi plus lard, vers le P'' septembre, que moururent la plupart des indi- vidus. Le l'^'" octobre on pouvait dire que la plante était complète- ment dépérie. La plante continentale ne compta de sujets morts que dans le milieu du mois d'août et encore ces sujets étaient-ils peu nombreux. Leur nombre ne grossit que faiblement dans le courant du mois de septembre. Par contre, il augmenta considérablement dans les pre- — loi — miers jours d'octobre et la plante fut complètement morte vers le l*"" novembre. On trouvera, groupés ci-dessous, les pour cent d'individus morts dans chaque quinzaine sur le littoral et loin du littoral. RÉGION POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS MORTS 10 o 25 ■3 o 82 3-2 92 .35 O 100 66 100 84 O 100 100 Littorale 50 10 Non littorale ANNÉE 1903 Cerastium glomeratum. Sur le bord de la mer le Cerastium glomeratum montra, dès le Jo avril, des individus desséchés après fructification, à la vérité en très petit nombre. La mort de la plante se manifesta principalement dans la première quinzaine de mai. Le 15 de ce mois, en efTet, les 3/4 des individus étaient morts. Les autres moururent dans les trente jours qui suivirent. Loin du bord de la mer on ne trouva pas de sujets morts de cette espèce avant la fin de mai. Le dépérissement tit d'assez grands pro- grès dans le courant du mois suivant ; on trouva cependant jusqu'au l^'' août des Cerastium vivants. Nous allons présenter dans le tableau ci-dessous les proportions centésimales des sujets trouvés morts lors des explorations que nous avons effectuées. RÉGION POUR :,ENT D'INDIVIDUS TROUVÉS MORTS 1 1 31 lO i 100 oO f Z3 100 82 — ;:^ ri l^ittorale Non littorale 2 92 7 100 7.5 100 100 152 — Thrincia hirta. Je constalai, le long du rivage de la mer, la mort des premiers Thi-incia à l'excursion du l'"" juin. Ils étaient déjà assez nombreux. A l'excursion suivante, le 15 juin, la quantité d'individus morts me parut bien supérieure; toutefois elle se montra plus grande encore au 1" juillet. A la lin de ce mois on pouvait dire qu'il ne restait plus d'individus vivants de cette espèce. Je m'aperçus, loin de la mer, du dépérissement d'un certain nom- bre de Thrincia à l'herborisation du 1" juillet. C'était la première» fois que je trouvai, dans cet endroit, des individus morts de celle espèce. Fin juillet, les morts furent particulièrement nombreuses. Fin août, la plante était totalement dépérie. Nous mettons sous les yeux du lecteur lasérie des pour cent d'indi ■ vidiis morts dans chaque quinzaine dans les deux régions entre les- quelles nous établissons une comparaison. RÉGIONS POUR CENT D'INDIVIDUS, TROUVÉS MORTo a c '3 16 '3 '3 94 50 O 100 5/ c ■ lOJ 82 100 100 Lillorale k"^ S8 Non littorale 24 Erodium cicutarium. L'Erodium cicutarium commença de bonne heure à mourir sur le boi'd de la mer. Effectivement on pouvait compter déjà un certain nombre d'individus morts de cette espèce le l^'' juillet. Par contre, en juillet et en août, il ne mourut qu'une petite quantité d'individus. Ce ne fut d'ailleurs que vers le 15 septembre seulement que le nombre des sujets morts grossit d'une manière considéi-able. Un mois après, il ne restait plus, pour ainsi dire, d'individus vivants de cette espèce. Loin de la mer, la plante ne compta pas d'individus morts avant la fin du mois de juillet. Pendant les mois d'août et de septembre, le dépérissement se produisit lentement. En revanche, il fut assez rapide dans la première quinzaine du mois d'octobre et se termina aux environs du 15 novembre. — 153 - Les observations effectuées de part et d'autre, concernant la mort d'Erodium cicutarinm, sont exprimées dans le tableau ci-dessous en pour cent d'individus trouvés dépéris le 1"' et le 15 de chaque mois. RÉGION POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS MORTS c 14 '3 35 48 5 ■3 18 59 38 ,92 55 99 62 100 95 100 97 > c 100 100 Littorale Non littorcale. Helianthemum guttatum. En parcourant le 15 juillet la dune littorale, je rencontrai pour la première fois des Helianthemum desséchés après fructification. La mort fit peu de progrès dans les deux mois qui suivirent. Cependant le 15 septembre on ne comptait guère plus du tiers des individus vivants. Les morts avaient donc été particulièrement nombreuses les jours précédents. Dans le courant du mois d'octobre, peu à peu le dernier tiers des individus mourut. L'été se trouvait déjà bien avancé quand moururent les premiers sujets non littoraux. Au 15 août, en effet, c'est à peine si l'on comp- tait 1 p. 100 de sujets morls. On n'observa de morts très nombreuses que dans la première quinzaine d'octobre, et les dernières se produi- sirent dans le milieu du mois de novembre. Nous allons donner, dans le tableau suivant, les pour cent de sujets morts dans chaque quinzaine, pour cent établis d'après les recherches auxquelles nous nous sommes livrés. RÉGION POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS MORTS '3 15 juillet !"■ août ' •=) 25 1 38 9 6,? 3i 85 53 92 88 > c 100 95 > 100 100 Littorale 16 18 Non littorale — 154 ANNÉE 190^ Cerastium glomeratum. Le long du rivage de la mer, les plus avancés des sujets de cette espèce moururent vers le 1^'' mai. Les morts furent très nombreuses entre le 1" et le 15 de ce mois. Néanmoins, il fut possible de trouver quelques individus vivants jusque vers le 15 juin. Dans les friches continentales, où j'ai suivi son évolution, Ceras- tium glomeratum ne montra de sujets morts que dans le milieu du mois de mai. A partir de cette époque, le dépérissement de l'espèce s'opéra progressivement. Il fut particulièrement accusé vers le 15 juin et se termina dans la première quinzaine du mois de juillet. Le tableau suivant renferme les pour cent des sujets morts obser- vés aux diverses époques sur le bord de la mer et loin de la mer. RÉGION POUR CENT D'IKDITIDUS IROUYiS MORTS ' | '5 g 20 E 60 15 G 84 32 s '3 ira 100 70 '3 100 92 '3 100 1 100 1 Ijiltorale Non littorale Thrincia hirta. Les premiers sujets morts furent rencontrés sur le littoral aux environs du 15 mai. Aux deux excursions qui suivirent, la proportion de ces sujets parut s'être augmentée considérablement, surtout lors de la seconde excursion qui eut lieu dans le milieu de juin. Néanmoins les derniers individus ne furent trouvés morts qu'à l'herborisation du !««■ août. Loin de la tuer, le Thrincia ne compta pas de sujets morts avant lo milieu du mois de juin et encore, à ce moment, ces sujets étaient-ils très peu nombreux. Leur nombre ne s'accrut d'une manière considérable que dans le courant du mois de juillet. Aux environs du 10 septem- bre seulement, on pouvait dire que la plante était entièrement morte. Les observations que nous venons de relater sont exprimées en pour cent d'individus morts dans le tableau suivant : loo — RÉGION POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS MORTS S e 10 'B e "3 S6 2 "3 "3 91 68 o 100 75 -3 O 100 97 a. 100 100 Littorale 41 88 25 100 97 Non lillorale Erodium cicutarium. Lors de rexploration que je fis le P"^ juillet, sur la dune maritime, je constatai la mort de quelques sujets hâtifs de celte espèce. Un petit nombre de morts seulement eurent lieu dans le courant de ce mois et dans la première quinzaine du mois d'août. Il n'en fut pas de même dans la deuxième quinzaine. J'observai en effet, le 1" sep- tembre, une proportion très élevée de sujets morts. Quant aux plus en retard des sujets de cette espèce, ils ne moururent que le 15 octobre. La mort des plus avancés des Erodium eut lieu, dans l'intérieur du pays, vers le 13 juillet. La quantité de ces sujets augmenta peu à peu jusqu'au 15 septembre. L'augmentation fut particulièrement sensible entre cette dernière date et le 1*"' octobre. Cependant, le 1*^'" octobre, on voyait encore un bon nombre de sujets vivants et l'on en rencontra jusque dans les premiers jours de novembre. On pourra voir ci-dessous la proportion de sujets morts, de part et d'autre, aux époques où cette proportion a été déterminée. RÉGION POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS MORTS c '3 '3 12 '3 26 10 0. 28 26 -S ca 45 29 78 42 86 52 ■5 \0 c 100 96 a 100 100 Littorale Non littorale. 98 74 100 88 Helianthemum guttatum. Je rencontrai, pour la première fois, sur le littoral, quelques pieds morts de cette espèce, lors de mon herborisation du l"'"" août. Le 13 août et le P' septembre la proportion des pieds dépéris n'était 156 guère plus élevée. Par contre, h l'excarsion du 15 septembre, je notais une quantité bien supérieure d'individus dépéris à celle que j'avais observée au commencement de ce mois. Environ trente jouis après l'excursion dont je viens de parier, il ne restait plus, pour ainsi dire, d'Helianlhemum vivants sur la dune littorale. Dans l'intérieur du continent, cette espèce montra les premiers sujets morts vers lé 15 août. La mort du grand nombre des individus eutlieu assez tardivement, vers le 1" octobre. Celle des derniers se pro- duisit à l'entiée de l'hiver, dans la première quinzaine de novembre. On se rendra compte, par la lecture des chiffres ci-dessous, de la mort progressive de l'Helianthemum guttatum dans les deux régions où nous l'avons suivie. RÉGION POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS MORTS '3 o 5 ■3 o ta lO 20 21 38 36 6S 48 79 71 100 84 O a 100 86 c Lillorale 100 100 Non lillorale RÉSUME POUR LES QUATRE ESPECES ET POUR LES TROIS ANNEES Le retard de l'époque de la mort des plantes éloignées de la mer ressortira de la lecture des dates ci-dessous consignées. : ESPÈCES 1902 1903 1904 Mort sur le littoral M or t loin du littoral Mort sur le. littoral Mort loin du littoral Mort sur le littoral Mort loin du littoral (leraslium glonieraluni „ 1) 15 mai 1^^ juillet 15 mai 15 juin Tlirincia Il i lia » » 1^'juillel i"' août 15 juin 15 juillel Erodium ciculariuni 1" sept. !«■■ oct. 15 sept. 15ocl. l":"" sepl. 1" oct. [lelianlhemum gullalum 1«>" sepl. l«r cet. 15 sept. 15 oct. 15 sept. i" ocl. — 457 — CHAPITRE IV PROGRESSION VERS LA TAILLE DÉFINITIVE. CROISSANCE § I. ïndicalions préliminaires. En même temps qu'une espèce végétale s'achemine vers l'élat adiiUe, elle Lend à acquérir une certaine laille. Pour connaître le moment où cette taille est réalisée, autrement dit l'époque de l'achèvement de la croissance, il est nécessaire d'effectuer des mensurations sur les individus de l'espèce visée jus- qu'à ce que l'on ait constaté un arrêt définitif de la croissance du plus grand nombre de ces iudividus. Je me suis proposé de déterminer par ce moyen l'époque de l'achèvement de la" croissance des plantes littorales et des plantes non littorales. Mais, étant donné mes autres études sur le dévelop- pement, le temps, ci chaque excursion, me faisait défaut pour mesu- rer sur les lieux mêmes un nombre suffisant d'individus de chaque espèce. C'est pourquoi j'ai cueilli, à chaque excursion, un noiiibre important de sujets que j'ai portés à domicile et mesurés (1). Les sujets mesurés ont été pris dans des stations autres que celles examinées au point de vue de l'acheminement vers l'état adulte, mais ayant apparu aussi à l'époque normale et à marche régulière. Malgré cela, sous peine de mettre sur le compte de certains individus des observations se rapportant à d'autres individus, je devais séparer les observations relatives à l'époque de l'achève- ment de la croissance des autres observations sur le développe- ment. Nous jetterons par la suite un coup d'œil sur l'ensemble des constatations pour prendre connaissance de l'intégralité du cycle évolutif. Au reste, je vais exposer les constatations concernant l'épo- que de l'achèvement de la croissance comme je l'ai fait pour les autres époques de la vie des plantes, c'est-à-dire par années et par espèces. (1) Je dois prévenir que mes mensuraLions n'ont porlé que sur l'appareil vég'éUtif, compté depuis le collet jusqu'à la partie extrême de cet appareil. 158 ANNÉE 1902 Erodium cicutarium. Le 1"" mai, la plante lillorale présen lait déjà une taille assez élevée. Dans la première quinzaine de ce mois celte taille s'éleva notable- ment. Du 15 mai au 1" juin elle resta pour ainsi dire slationnaire. En juin, elle s'accrut considérablement et atteignit sa plus haute valeur vers le l*^'' juillet. La plante, dans l'intérieur du pays, était encore bien petite au com- mencement du mois de mai. Sa croissance se fit lentement mais d'une façon régulière dans les trois mois qui suivirent. Elle se ter- mina par conséquent au commencement du mois d'août. Nous allons présenter, dans le tableau suivant, les résultats des mensurations que nous avons effectuées. RÉGION TAILLES 4 ê '3 6 c '3 lO '3 '3 o o Lillorale 6 8 12 12 12 12 Non littorale 2 3 4 6 8 9 10 10 On voit, par ce tableau, que la croissance de la plante littorale a été plus rapide surtout au début de la végétation, et qu'elle s'est ter- minée un mois plus tôt que celle de la plante non littorale. Helianthemum guttatum. Au bord de la mer, l'Heliantliemum gutlatum n'avait encore atteint que deux centimètres de hauteur, lorsque je le mesurai pour la pre- mière fois, le l^' mai. Du 1'^'" au 15 do ce mois, sa taille augmenta beaucoup. A partir de cette époque et jusqu'aux environs du 15 juin, elle ne fit que peu de progrès. Une nouvelle et sensible augmenta- tion se produisit dans les derniers jours de ce mois. La croissance continua jusque dans les derniers jours de juillet, et la plante finit de grandir aux environs du l*^"" août. A l'intérieur du continent, la plante, au 1'''^ mai, mesurait une taille - lo9 - très petite. Sa hauteur était à peu près la même le 15 mai. Dès lors elle grandit assez vite, mais n'arriva cependant à sa taille définitive que dans les environs du 1" août. Nous réunissons ci-dessous les valeurs successives que la taille do cette plante a présentées dans les deux régions oii nous Tavons observée. RÉGION TAILLES 2 vO '3 a '3 '3 lO -=3 O Littorale 2 1 4 2 4 5 8 7 10 9 15 13 18 20 18 Non lillorale Les chiffres ci-dessûs consignés nous montrent que la plante, au bord de la mer, a grandi un peu plus rapidement que loin de la mer. Néanmoins, dans ce dernier endroit, la plante est parvenue à sa taille définitive dans le même temps, cette taille étant plus petite. ANNÉE 4903 Cerastium glomeratum. Les premières mensurations des individus littoraux, effectuées le 15 mars, indiquèrent un centimètre comme taille la plus commune du Cerastium glomeratum. Cette taille s'accrut notablement dans la seconde quinzaine de mars et dans le courant du mois d'avril. Elle arriva à sa valeur définitive dans les premiers jours du mois de mai. Les mesures prises, une première fois, le 1"' avril, sur les sujets éloignés de la mer, me donnèrent un centimètre comme taille la plus communément réalisée chez le Cerastium non littoral. La croissance fit des progrès assez rapides dans le courant des mois d'avril et de mai. Elle s'arrêta dans les premiers jours de juin. On trouvera, dans le tableau qui suit, les tailles successives de la plante sur le littoral et dans l'intérieur du pays. 160 RÉGION TAILLES Jl 1- 2 1 S ■g lO '3 6 c j ira 6 7 1 Lillorale. 1 4 1 6 2 6 5 Non lillorale Le tableau ci-dessus nous montre que la plante lillorale a grandi un peu plus rapidement que la plante non littorale dans les débuts et qu'elle est an-ivée quinze jours plus tôt à sa taille maximale. Thrincia hirta. La plante, sur le littoral, efï'ectua rapidement sa croissance. Cette croissance ne dura en effet qu'environ six semaines dans ce milieu. C'est ainsi qu'elle loucha à son terme au commencement du mois de mai. Dans l'intérieur du pays la plante grandit avec moins de rapidité. Cependant elle ne mit que quinze jours de plus que sur le littoral pour parvenir à sa taille la plus élevée. Je vais grouper ci-dessous les tailles observées de part et d'autre pendant la période de croissance. ZONE TAILLES ira S '3 's 5 G Lillorale 2 1 4 1 4 2 5 3 5 G Non lillorale L'inspection des chiffres contenus dans le tableau précédent nous montre bien que la plante littorale a grandi un peu plus vite que la plante non lillorale et qu'elle est parvenue une quinzaine de jours plus tôt à sa taille définilive. Erodium cicutarium. La croissance d'Erodium cicutarium sur le littoral s'opéra d'une — 161 — façon régulière. Elle se termina dans les environs du 13 juin, après avoir duré 90 jours environ. La plante non littorale montra aussi une croissance régulière. Cette croissance se prolongea jusque dans le milieu du mois de juillet. Nous allons mettre sous les yeux du lecteur la série des tailles que laplante a présentées dans les deux milieux où nous l'avons observée. ZONE TAILLES ,^ _^ _ .^ _ ^ "S "S -^ rt ^ ;: CTi 2 3 — — o 3 t_ ^ lO ^ 'u ■* ■' j ^ ■ ' "• 4 1 -^ -tH Littorale 1 3 5 3 7 3 8 4 10 7 10 • 7 10 9 10 9 Non littorale Nous voyons que la vitesse de croissance de la plante non littorale a été sensiblement égale à celle de la planle littorale. Nous remar- quons, en outre, que la planle de l'intérieur du continent a grandi jusqu'à une époque postérieure d'environ trente jours à l'achèvement de la croissance de celle du bord de la mer. Helianthemum guttatum. Je mesurai cette plante, pour la première fois, le lo mai, au bord de la mer et dans l'intérieur du continent. A cette époque, sa taille était notablement plus élevée dans le premier endroit. Je renouvelai les mensurations, de part et d'autre, de quinzaine en quinzaine, jus- qu'à ce que j'eusse constaté un arrêt définitif de la croissance du plus grand nombre des sujets. Les résultats des mensurations que j'ai faites sont contenus dans le tableau suivant : ZONE TAILLES a '3 ^0 '3 '3 •—s in •3 o o a lO 12 14 Littorale 3 1 4 3 4 3 8 6 i'2 10 12 Non littorale To.ME LXII. 11 — 162 - En consultant ce tableau, on se rend compte qu'au bord de la mer Ilelianthemum guttatum a grandi d'abord plus vite que loin de la mer, qu'ensuite la vitesse de croissance a été ;\ peu près la même sur le littoral et loin du littoral, qu'en définitive, sur le littoral, Helianthenium est arrivé au terme de sa croissance une quinzaine de Jours plus tôt que loin du littoral. Nous pouvons remarquer, en passant, que la taille maximale, sur la côte, a été moins élevée que dans l'intérieur des terres. ANNÉE 1904 Cerastium glomeratum. La croissance de la plante du littoral fut rapide dans les premiers jours de la vie. Elle subit ensuite un certain ralentissement. Néan- moins la plante finit de grandir d'assez bonne heure, au commen- cement du mois de mai. La taille de la plante non littorale progressa plutôt lentement, mais d'une façon régulière. Elle arriva à sa plus haute expression dans les premiers jours du mois de juin. Les tailles notées successivement figurent dans le tableau suivant : ZONE T A I L LES S a > lO 'S E 4 2 'a 4 3 '3 \n 4 3 Lillorale 2 2 1 3 1 3 2 4 2 Non littorale Nous voyons, par les chiffres inscrits ci-dessus, que la croissance de la plante littorale s'est terminée trente jours plus tôt que celle de la plante non littorale. Thrincia hirta. , Sur le littoral, la taille de cette espèce fît de rapides progrès dans s débuts de la végétation. Elle s'accri vitesse et se termina vers la fin d'avril. les débuts de la végétation. Elle s'accrut ensuite avec une moindre — 163 - Dans l'inlérieur du pays, celte même espèce poussa plutôt lente- ment. El» revanche, sa croissance parut soutenue du commencement jusqu'à la fin. Celte fin eut lieu aux environs du l^"" Juin. Voici les résultais dos nu^nsurations auxquelles je me suis livré pendant la durée de la période de croissance : ZONE ï AILLES g y: « in .5 -3 \n :| "5 5 6 Littorale 2 2 1 3 1 4 2 5 5 5 6 Non littorale En jetant un coup d'œil sur le tableau précédent, on se rend compte que la plante, dans l'intérieur du pays, a mis un mois de plus que sur le bord de la mer pour effectuer sa croissance. Erodium cicutarium. Près de la mer, je mesurai les premiers Erodium dans le milieu du mois de mars. Ils présentaient déjà, à celle époque, une taille assez élevée. Celle taille augmenta peu à peu jusqu'au l^'" juin. Loin de la mer, les premières mesures des individus de celle espèce furent prises le l'''' du mois d'avril. Elles furent poursuivies, à intervalles réguliers, jusqu'à ce que la plante eût cessé de grandir. Ces mesures révélèrent une vitesse de croissance à peu près soutenue chez la plante continentale. On peut voir, dans le tableau suivant, les tailles que j'ai relevées de quinzaine en quinzaine. ZONE TAILLES '£ 7^ r3 '« a c 1 s a S S B s 3 3 3 '3 t. - juin ou 15 juin 60 j. CO 0» 75 j. 15 mai 1er juin ou 15 juiu l«'-juil. l^raoùL 45 j. 45 ou 60 j. l^rjuil. l'^'aoùt l"sept l^oct. 60 j. 60 j. Z N R Levée Achèvement delà croissance Inter- valle Littorale 15 mars 1" avril l'''' juin l«'-JQil. 75 j. 90 j. Non lilLorale l'=r mars l^r mai l"juil. _ 175 — Helianthemum guttatum. De même qu'en 1903, Helianlhemum gutlalum est né, en 1904, en même temps dans la région maritime et dans la région non maritime. De même qu'en 1903, cette espèce est morte, en 1904, plus tôt au bord de la mer que loin de la mer. C'est la phase du dépérissement qui, cette année, s'est montrée plus courte sur le bord de l'océan. Nous allons en juger par les tableaux et la courbe qui suivent : RÉGIOiS Levée Flo- raison Inter- valle Flo- raison [''ructifi - cation Inter- valle 30 j. 30 j. Fructiii- cstion Mort Inter- valle Lilt.... Non lit. !"• mai l«r mai 1- juil. l-jml. 60 j. 60j l- juil. l- juil. !'="• août 1" août i«f août l«r août 15 sept. 1er oct. 45 j. 60 j. If' mai !«'■ juillet If'r sept. RÉGION Levée Achèvement delà croissiiice Inter- valle Littorale 1er mai 1er mai ler août 1er août 90 j. 90 j. Non littorale — 176 — Nous venons d'éliidier le cycle évolutif des espèces respectives et nous avons vu que toutes les phases de ce cycle (levée, croissance, floraison, fructification, dépérissement) étaient écourtées snr le lit- toral; Nous avons vu, en efîet, la diminution de durée porter sur une phase ou sur l'autre, suivant les cas envisagés. 11 importe maintenant de réunir Tensemble des résultats obtenus, pour nous faire une idée de la, marche générale de la végétation des plantes annuelles sur le littoral, dans le cours de la période végéta- tive. ESPÈCES CYCLE É V 0'l_ U T 1 R 1902 1903 1904 Départ- Durée Départ Durée Départ Durée Ceraslium glomeratum , Littoral. ^ Non litt'. „ » 15 mars !<"• avril 60 j. 90 j. 1er mars 15 mars 75 j. 90 j. * Tlirincia Inrla , Littoral.. l Non litt'. » 15 mars 15 mars 105 j. 135 j. 1er mars 15 mars 105 j. 120 j. Erodium cicularium i Littoral.. l Non litti. .. 135 j. (approxini') 150 j. (approxini') 120 j. (approxini') 135 j. (approxiin') 15 mars 15 avril 180 j. 180 j. 15 mars 1er avril 165 j. 180 j. Helianthemum guttatum ( Littoral.. ( Non ]itt>. " 15 mai 15 mai 120 j. 150 j. 1"- mai loi' mai 135 j. 150 j. La lecture du tableau précédent nous montre nettement qu'il existe des dillFérences, au point de vue du cycle évolutif des plantes, du bord de la mer à l'intérieur du pays, d'autant plus accusées que la saison est elle-même moins avancée. C'est ainsi que le départ de la végétation pour les trois espèces à levée hâtive (Ceraslium, Thrincia, Erodium) nous montre toujours une avance sur le littoral, tandis que le dépait, pour l'espèce à levée tardive (Helianthemum), paraît constamment se faire en même temps près de la mer et loin de la mer. De même, on le voit, l'évolution d'une espèce, quand elle est de courte durée et se fait au printemps, est encore écourtée notablement — 177 - sur le lilloral (CerasUum, Thrincia). La différence n'est pas aussi grande entre la zone maritime et l'intérieur du pays, pour une espèce dont le développement commence tardivement (Helianthemum), ou bien encore pour une plante dont l'évolution commence au premier printemps, mais se prolonge jusqu'à l'entrée de l'automne (Erodium), Nous pouvons tirer de l'étude qui précède les conclusions sui- vantes : ' Au premier printemps, le cycle évolutif des plantes annuelles com- mence plus lot au bord de la mer. Plus tard, il commence en même temps sur le littoral et loin du littoral. Ce cycle a une durée plus courte sur le littoral. La diminution de durée est plus marquée dans le cas d'une espèce à végétation printanière. Tome LXII. ■ 1^ TROISIÈME PARTIE Cycle d'évolution des plantes cultivées expérimentalement. CHAPITRE PREMIER NÉCESSITÉ DE RECOURIR A UNE ÉTUDE EXPÉRIMENTALE. PRINCIPES DE CETTE ÉTUDE. Comme je l'ai indiqué dans rintroduction du présent mémoire, le sol de la contrée du Bazadais que j'ai choisi pour mon étude com- parative n'est pas identique à celui de la dune maritime, bien qu'il présente avec ce dernier une grande similitude. Effectivement, au point de vue physique, le sol de la dune est plus meuble, il possède une perméabilité moindre et un pouvoir absorbant plus petit pour l'humidité, enfin sa chaleur spécifique est plus faible. Au point de vue cliiinique, il existe aussi quelques dissemblances entre les deux sols. C'est ainsi que le sol de la dune liitorale est un peu plus pauvre en humus et un peu plus riche en calcaire que le sol non littoral. Etant données les différences que je viens de signaler (1) entre le sol de la dune littorale et celui de la région d'Uzeste et Villandraut, on pouvait se demander si le défaut de parallélisme dans l'évolution des plantes de ces deux endroits n'était pas dû, au moins pour une part, à ces différences. (1) J'aurai roccasion plus loin de revenir sur ces difTérences. - 179 — L'observation des plantes qui se développent dans ces deux zones, à l'état sauvage, étant impuissante à résoudre cette question, il fallait demander à une étude expérimentale un complément d'information. On devait par conséquent avoir recours à des cultures comparées dans les deux endi'oils, cultures qui auraient, en outi'e, l'avantage de faire savoir si les différences observées chez les espèces peu nombreuses, dont nous nous sommes occupé jusqu'ici, étaient vrai- ment générales, autrement dit existaient chez d'autres espèces. Les principes de cette étude expérimentale ont été les suivants ; 1" Faire des semis, loin de la mer, d'un certain nombre d'espèces dans du sol de l'intérieur du pays et dans du sol du littoral mis en bâche l'un et l'autre, pour savoir si l'évolution se ferait plus vite dans le sol du littoral transporté loin de la mer. 2° Semer ces mêmes espèces en pleine terre, sur le bord de la mer et loin de la mer, afin de faire mieux ressortir l'influence du sol par lui-même sur leur développement. CHAPITRE lï CHAMPS d'expériences Les champs d'expériences étaient au nombre de quatre. L'un d'eux était situé dans la région de Gartey et Pilât, les trois autres dans celle d'Uzeste et Villandraut. J'ai choisi, dans la première région, pour mes cultures quatre carrés de cinq à six mètres de côté, séparés par une vingtaine de mètres les uns des autres. Ces carrés se trouvaient entre les bornes kilométri- ques 107 et 108 de la dune du Pilât. J'ai fait choix, dans l'autre région, pour un premier terrain d'expé- riences, d'un carré de douze mètres de côté dans la partie est d'une plaine assez vaste qui se trouve à quelques centaines de mètres au levant du bourg de Villandraut. J'ai placé, dans une plaine voisine, du sable du littoral (1) et du sable de l'intérieur du pays dans deux bâches en bois construites à cet (1) Ce sable avait été prélevé, sous ma surveillance, sur la dune de Gartey, aux environs de la borne 106. — 180 — effet. Celles-ci étaient ouvertes par en haut et présentaient respecti- vement les dimensions suivantes : Longueur : deux mètres cinquante. Largeur : un mètre cinquante. Profondeur : soixante-dix centimètres. Ces bâches étaient presque complètement enterrées dans le sol Tune à côté de l'autre. L'ensemble était entouré d'une sorte de manchon en bois de même profondeur et d'une largeur de trente centimètres. Ce manchon, rempli de sable littoral dans la partie entourant la bâche de sable littoral, et de sable non littoral dans la partie circonscrivant l'autre bâche, servait h isoler l'une et l'autre du sol environnant (1). Avant d'y déposer les graines, on a entouré les divers terrains d'une clôture, pour les mettre â l'abri des déprédations possibles de la part des hommes ou des animaux. On les a ensuite bêchés som- mairement. Les planches VI, VII et VIII représentent les trois champs d'expé- riences dont je viens de parler. CHAPITRE III ESPÈCES EXPÉRIMENTÉES. MÉTHODE SUIVIE POUR RECONNAITRE LEUR CYCLE ÉVOLUTIF Les espèces que j'ai choisies pour mon expérience, au nombre de dix, sont celles dont les noms suivent : jRaphamis sativus Linné. Sinapis alba L. Papaver rJueas L. Linum usilaiissimum L. Phaseolus vulgaris L. Vicia fabah. (1) Je dois dire que la provision de sable lilloral a été renouvelée, en grande par- tie, à deux reprises diflerenles, pendant la durée des cultures. Actes de t.a Société Linnéewe de Bordeaux. T. LXII. Pl. VI. < ta C Q o Q en Eâ a s 'H x: P Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux. T. LXII. Pl. vil < Q ■z o o J O Z S 'H o, ta G Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux. T. LXII. Pl. VIII. < H Q o _] -m en H o S -H Ph Q — 181 — Ficî'a /en5. Cosson et Germain de Saint-Pierre. Pisum sativum L. Polygonum fagopyrum L. Zea maïs L. Six des espèces précédentes apparaissent au commencement de la période végétative, ce sont : Raphanus sativus, Sinapis alba, Papa- ver rhseas, Linum usilatissimum, Vicia faba, Pisum sativum. Ce sont, par suite, des espèces hâtives. Les quatre autres lèvent à une époque plus avancée de la période végétative, et sont, en conséquence, des espèces plutôt tardives, en tout cas non hâtives. Les espèces hâtives ont été semées loin du littoral, le 2 février, et sur le littoral, le 3. Le semis des espèces non hâtives a eu lieu loin de la mer, le 15 avril, et au bord de la mer, le 16. J'ai donc fait des semis à la fin de l'hiver et d'autres dans le milieu du printemps. Les semis ont toujours été faits de part et d'autre dans les mêmes conditions. Réalisés une première fois en 1905, ils ont été renouvelés les deux années suivantes. Quant à la méthode suivie pour l'élude du développement des espèces semées, elle a été la même que celle emploj'ée pour étudier le développement des espèces qui viennent spontanément, L' -^ que cette méthode ne fût pas appelée à rendre ici les mêmes services. En effet tous les individus d'une même espèce formaient un groupe unique et peu étendu dans chaque champ d'expériences, et se trou- vaient placés dans des conditions quasi-identiques de sol et d'expo- sition. Je vais exposer les faits constatés et les résultats obtenus concer- nant les plantes semées dans le même ordre que pour les plantes sauvages. Je parlerai donc, en premier lieu, des phases principales delà végétation des espèces (levée, floraison, fructification, mort); après quoi je ferai une étude spéciale de leur croissance. Le lecteur aura ainsi connaissance de l'intégralité du cycle évolutif. — 182 CHAPITRE IV PHASES PRINCIPALES DE LA VÉGÉTATION DES ESPÈCES Nous allons d'abord étudier l'époque de la levée, puis celle de la floraison, ensuite celle de la fruclificalion ; en dernier lieu, celle de la mort des plantes cultivées. Chaque époque sera étudiée en 1905, 1906 et 1907, § I. Epoque de la levée. ANNÉE 1905 Raphanus sativus. Le 24 février, c'est-à-dire vingt jours après le semis, Raphanus commence à lever dans le sable littoral sur le littoral. Cependant il faut attendre jusqu'au 6 ou 8 mars pour voir les sujets sortir en assez grand nombre. A partir de cette époque, les levées se font de plus en plus rares. Elles cessent finalement de se produire dans le milieu du mois. Loin du littoral, 1b 6 mars seulement, les premiers individus de cette espèce font apparition à la surface du sol littoral en bâche. Deux jours après, la levée commence dans le sol non littoral en place. Le phénomène suit dès lors une marche sensiblement parallèle dans lés trois champs de cultures. Le maximum des naissances a lieu à peu près en même temps, du 16 au J8 mars. Il faut noter seulement qiie la levée se termine un peu plus tard dans le sol non littoral en place que dans les deux autres sols. Remarquons que l'époque de la pleine levée a montré une avance de plusieurs jours dans le sol littoral, près de la mer. On prendra connaissance du détail des observations qui ont été faites en parcourant le tableau suivant, où sont inscrites les levées qui ont eu lieu de deux jours en deux jours. — 183 - NOMBRE DE LEVÉES SOLS FÉVRIER MARS 22 2i 1 26 28 1 2 2 4 6 6 // 8 10 10 6 12 3 14 4 16 2 18 20 G 22 UUoral en place Non lilloral en place 1 12 10 2 20 2 G Littoral en bâche 2 1 G 2 6 G Non littoral en bâche 4 3 4 3 8 G G G Sinapis alba. Cette espèce n'a été semée que dans le sable littoral en place et dans le sable non littoral en place. Comme la précédente, elle a commencé à apparaître d'abord dans le sable littoral en place. L'avance a été d'une dizaine de jours. C'est aussi dix jours plus tôt environ que le maximum des naissances a eu lieu dans le sol littoral en place. Par contre, les sujets les plus en retard sout sortis à peu près en même temps dans ce sol et dans le sol non littoral en place. Voici le nombre des naissances, comptées de deux jours en deux jours, dans les deux terrains ensemencés. NOMBRE DE NAISSANCES SOLS FÉVRIER MARS 22 24 6 26 G 28 14 2 39 4 20 6 8 10 5 12 19 14 11 16 18 Littoral en place 18 7 Non littoral en place . 9 3 24 40 2 2 Papaver rhseas. Contiairement à ce qui a eu lieu pour les deux espèces précé- dentes, la levée du Papaver rliœas n'a pas commencé plus tôt sur le littoral. Le 16 mars, en effet, les premiers sujets se sont montrés dans le sable littoral en place, dans le sable littoral et non littoral en — 184 - bâche. Le surlendemain, la sortie des individus a commencé dans le sable non littoral en place. Le phénomène s'est effectué très rapidement dans tous les sols, accusant son maximum d'intensité, pour ainsi dire, dès le début. Il suffira de jeter un coup d'œil sur les chiffres suivants pour s'en rendre clairement compte. NOMBRE DE NAISSANCES SOLS Lilloral en place. . . . Non littoral en place Littoral en bâche . . . Non littoral en bâche 14 16 18 20 22 2 50 350 150 SS 6 2 10 2 6 2 Linum usitatissimum. Si la sortie du Papaver rhseas s'est opérée en même temps au bord de la mer, dans les différents terrains d'expériences, il n'en a pas été de même de celle du Linum. Celle-ci, en effet, s'est faite plus hâti- vement dans le sol littoral, sur le littoral, que dans les deux sols non littoraux éloignés de la mer oîi elle a été aussi expérimentée. Cepen- dant la levée a été partout assez lente à se produire et a duré de part et d'autre à peu près le même espace de temps. Les données numériques groupées ci-dessous font nettement ressortir les différences que je viens de signaler. NOMBRE DE NAISSANCES FÉVRIKR MARS SOLS 22 24 2 26 1 ■ 28 14 2 18 4 6 6 SI 8 10 12 14 16 18 20 Littoral en place. Non litl. en place. 4 8 •// 5 2 Non lill. en bâche 1 2 5 S 2 185 Pisum sativum. L'espèce que nous avons en vue actuellement s'est compoiiée, sous le rapport de la levée, à peu près comme la précédente dans les différents champs d'expériences où elle a été semée. L'avance a donc été, ici encore, du côté du sable littoral, au bord de la mer. C'est ce que montre bien, du reste, le tableau suivant : NOMBRE DE NAISSANCES MARS SOLS 2 4 3 6 6 8 . 8 10 .12 14 12 16 10 18 20 22 24 26 Liltoral en place 40 22 Non littoral en place.. 13 20 38 3 .0 Littoral en bâche U 8 2 6 10 U 3 Non littoral en bâche. 20 28 4 Vicia faba. Vicia faba est la dernière espèce qui ait apparu dans les sols ense- mencés. A la vérité, sa sortie a commencé un peii plus tôt dans celui du littoral, mais, d'autre part, la majorité des individus s'est montrée partout, pour ainsi dire, le même jour. On pourra s'en assurer par la lecture du tableau suivant : NOMBRE DE NAISSANCES SOLS Littoral en place MARS AVRIL 24 26 28 30 1" '8 6 3 5 i 4 5 7 1 1 Non liltoral en place Liltoral en bâche 1 Non littoral en bâche — 186 - ANNÉE 1906 Raphanus sativus. Colle Rspèce, soiiiée dans los quatre len-ains d'expériences, a levé d'abord dans le terrain situé au bord de la mer. Les levées ont été nombreuses dès le début. Cependant le plus grand non)bre des sujets n'a fait apparition à la surface du sol que le huitième jour de la levée. Celle-ci a présenté une durée totale de deux semaines. Loin du littoral, la levée a commencé huit à dix jours plus tard que sur le littoral, dans les trois champs ensemencés. Le nombre des naissances a été peu considérable dans ces trois champs. Quant k l'époque où ces naissances ont été les plus nombreuses, elle a montré un relard notable dans tous les terrains, principalement dans le sable littoral en bâche, sur l'époque correspondante au bord de la mer. On prendra une entière connaissance de la marche suivie par le phénomène qui nous occupe en ce moment, en jetant un coup d'œil sur les nombres ci-dessous inscrits : NOMBRE DE NAISSANCES SOLS Lilloral en place FÉVRIER MARS 22 24 20 26 20 28 40 2 55 2 4 4 1 6 12 2 1 3 8 18 S 9 10 2 12 13 14 5 6 16 Non lilloral en place Lilloral en bâche Non lilloral en bâche. .... Sinapis alba. Comme on Vient de le voir, le nombre des sujets levés a été rela- tivement faible loin de la mer en ce qui concerne Raphanus sativus. Ce nombre a été encore plus faible pour Sinapis alba. Tandis qu'il est sorti plus de 300 sujets sur le littoral, quelques-uns seulement ont fait apparition dans l'intérieur du pays. Nous donnons cepen- dant à litre d'indication les résultats des comptages effectués de - lcS7 — pari et d'autre pour celte espèce. Ces résultats, comme on va le voir, semblent accuser un retard dans la levée de l'espèce loin de la mer, quel que soit le champ de culture considéré. NOMBRI DE NAISSANCES FÉVRIER M A R ë SOLS 18 20 22 2i 26 28 2- 4 6 Lilloral en place 50 îoO 5 Non littoral en place 6 Littoral en bâclie 6 4 Non littoral en bâche . . . 4 3 Papaver rhaeas. L'observation de la levée du Papaver rhseas nous a montré que cette levée s'est faite en bien plus grande abondance dans le sol littoral en place. C'est là un résultat analogue à celui que nous a déjà fourni l'étude du llaphanus et celle du Sinapis. Autant qu'on peut en juger, la levée du Papaver a été beaucoup plus hâtive dans le sol littoral, au bord de la mer, et s'est opérée pour ainsi dire simultanément dans les trois terrains éloignés du bord de la mer. Voici le nombre des naissances, compté de deux jours en deux jours, dans les deux régions considérées. NOMBRE DE NAISSANCES SOLS MARS 6 8 10 15 12 20 14 16 18 2 5 3 20 13 18 6 22 1 24 [jittoral en place 40 Non littoral en place Littoral en bâche Non littoral en bâche — 188 - Linum usitatissimum. D'une manière générale, celte espèce s'est levée en plus grande abondance et à une époque plus hâtive dans le champ d'expérience dit littoral. Cependant, dans le sable littoral transporté loin de la mer, ses représentants ont encore été assez nombreux. On verra par le tableau suivant que les individus littoraux ont, ici encore, apparu les premiers. NOMBRE DE NAISSANCES FÉVRIER MARS SOLS 26 28 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 2i. LilLoral eu place. 22 28 6 19 75 2 Non lilt. en place. 1 2 1 50 Littoral en bâche. 1 4 ■ 4 1 Non lilt. en bâc)ie 6 10 Pisum sativum. Pisum n'a été semé que dans les sols en place. Au bord de la mer, cette espèce a commencé à sortir dans les pre- miers jours du mois de mars. Les représentants les- plus nombreux sont sortis du 5 au 6. Deux jours après, la levée s'est terminée. Celle- ci a donc été prompte à se faire. Loin de la mer, on a bien noté la sortie de quelques individus dans les premiers jours de mars, mais ceux-ci étaient, sans doute, des sujets très hâtifs; le grand nombre ne s'est montré en effet que du 16 au 18 du mois. Contrairement à ce qui a eu lieu sur le littoral, la levée a été ici lente à se produire. Le lecteur se rendra bien compte des faits que nous venons de rapporter en consultant le tableau suivant : . - 489 — NOMBRE DE NAISSANCES SOLS ■ Fév. 28 2 20 2 MARS 4 5 4 6 75 16 8 10 10 1 12 58 14 2 16 70 18 20 180 22 180 Lilloral en place Non lilloral en place. ..... Vicia fataa. Celle espèce a levé si pauvrement, en 1906, dans mes qualre champs d'expériences, que je crois devoir passer sous silence les observations qui s'y rapportent. Phaseolus vulgaris. Cette espèce a apparu, en premier lieu, loin de la mer, dans le sable non littoral en bâche. Bienlôl après, elle s'est montrée dans le sable littoral transporté, enfin et simultanément, dans le sable littoral, sur le littoral, et dans le sable non littoral en place. Le nombre des individus a été assez faible au bord de la mer et loin de la mer, surtout dans le sable littoral. De part et d'autre les individus ont levé dans un court espace de temps. Le nombre des sujets levés ainsi que les dates oii ces sujets ont apparu sont indiqués dans le tableau suivant. En parcourant ce tableau, on se rendra compte que la majorité des naissances a eu lieu pour ainsi dire au même moment dans les divers terrains ensemencés. NOMBRE DE NAISSANCES SOLS 30 . Avril G MAI 2 2 4 3 6 8 2 10 3 7 2 15 12 8 6 14 6 25 3 27 16 6 18 Lilloral en place Non lilloral en place Littoral en bâche Non lilloral en bâche 190 — Vicia lens. De même que l'espèce dont nous venons de nous occuper, Vicia lens a apparu en premier lieu, loin de la mer, dans le sol non littoral en place. Les naissances ont été particulièrement nombreuses dans ce sol. Quant à la durée de la période germinative, elle a été extrê- mement courte de part et d'autre. Le tableau ci-dessous indique la marche du phénomène que nous avons en vue. NOMBRE DE NAISSANCES SOLS AVRIL MAI 22 24 26 1 28 1 30 2 4 10 G Lilloral en place '185 16 . 11 97 17 '1-2 25 15 37 Non littoral en place Lilloral en bâche Non lilloral en bâche Polygonum fagopyrum. Comme on pourra le voir par le tableau qui va suivre, la levée du Polygonum fagopyrum s'est opérée pour ainsi dire en même temps dans les trois champs d'expériences où il avait été semé. On pourra voir, en outre, en prenant connaissance de ce tableau, que le grand nombre des sujets a apparu dans les derniers jours de la levée, aussi bien au bord de la mer que dans l'intérieur du pays. NOMBRE DE NAISSANCES SOLS AVRIL MAI 2G 28 3 3 2 G 1 4 4 1 G 3 8 6 8 3 10 1 17 2 •12 10 30 10 14 2 15 16 1 18 6 Littoral en place Non lilloral en place Non lilloral en bâche - 191 - Zea maïs. La différence a été très faible du liltoral k Tintérieur du pays pour la levée du Zea maïs. Une différence de deux jours en faveur du premier endroit ne nous paraît pas suffisante pour être retenue, et nons considérerons plutôt que cette espèce a apparu simultanément dans les deux terrains d'expériences. ]^e détail des observations est contenu dans Je tableau qui suit. NOMBRE DE NAISSANCES SOLS M A I 2 4 6 8 10 12 14 IG 2 18 LiUoral en place 8 8 1 30 25 5 Non liiloral en place.... ANNÉE 1907 Les circonstances ne m'ont pas permis de faire des semis au bord de la mer en février 1907. J'ai dû me borner, cette année-là, à ensemencer le sable littoral et le sable non liltoral en bâche, loin de la mer. Les résultats de ces ensemencements sont loin d'être dépourvus d'intérêt, puisqu'ils peuvent nous renseigner sur l'influence propre des sols. C'est pourquoi je vais les exposer comme ceux des années précédentes. Raphanus sativus. Bien peu de sujets ont levé. Cependant le petit nombre qui a fait apparition s'est montré à la même date dans le sable littoral et dans le sable non littoral. On peut en juger en jetant un regard sur les dates ci-après consignées. 192 — NOMBRE DE NAISSANCES SOLS MARS 10 12 14 Littoral en Lâclie 6 6 Non litloral en bâclie Sinapis alba. Cette espèce a commencé à sortir, le 4 mars, dans les deux champs d'expériences. La levée n'a duré de part et d'autre que quelques jours, et s'est terminée à la même époque dans les deux champs. Les chiffres groupés ci- dessous font connaître lé nombre exact d'individus apparus, ainsi que la date à laquelle ils ont fait apparition. NOMBRE DE NAISSANCES SOLS MARS 2 4 1 6 6 8 10 Littoral en bâche Non littoral en bâclie . . . 7 S 1 Papaver rhaeas. La sortie de cette espèce se fit en beaucoup plus grande abon- dance dans le sable littoral que dans le sable non littoral. Les premiers individus apparurent le même jour dans les deux sables. Dans le sable litboral, la levée présenta une durée à peu près double. En outre, la majorité des sujets s'y montra avec un retard assez considérable. Les données contenues dans le tableau suivant permettent de se rendre compte des différences d'un sol à l'autre que nous venons de signaler. 193 NOMBRE DE NAISSANCES SOLS fev. 28 MARS 2 60 3 4 20 2 6 160 8 3 1 10 2 12 10 14 Littoral en bâclie Non littoral en bâche Vicia faba. Les individus de l'espèce que nous avons en vue actuellement commencèrent à lever d'abord dans le sable non littoral. Il s'écoula deux semaines environ entre le jour de la sortie des premiers sujets dans ce sable, et le moment où les individus les plus hâtifs apparu- rent dans le sable non littoral. L'avance dans le premier fut donc considérable. En outre, la quantité de sujets apparus fut bien plus grande dans le sable non littoral. Les chiffres suivants montrent nettement les différences dont nous venons de parler. NOMBRE DE NAISSANCES SOLS MARS 4 6 1 8 10 10 12 10 14 12 16 3 18 20 3 22 24 6 26 Littoral en bâche Non littoral en bâche Phaseolus vulgaris. Phaseolus a montré une hâtivité plus grande dans le sable littoral en place. La majorité des individus s'est levée effectivement dans ce sable quatre jours plus tôt que dans le sable non littoral, en place ou en bâche, et six jours plus tôt que dans le sable littoral en bâche. Tome LXII. 13 — d94 - D'une manière générale, la levée s'est accomplie rapidement au bord de la mer et loin de la mer. L'inspection des données numériques groupées ci-dessous rensei- gnera exactement le lecteur sur la marche du phénomène dans les conditions différentes oîi nous l'avons observé. NOMBRE DE NAISSANCES SOLS MAI 2 4 2 6 4 5 8 12 18 10 5 3 12 3 14 Littoral en place Non littoral en place Littoral en bâche Non littoral en bâche Vicia lens. Je ne crois pas devoir relater les quelques observations que j'ai faites concernant la naissance de cette plante. Cette naissance ne s'est effectuée que dans un seul terrain et manque, en conséquence, d'intérêt pour notre étude. Polygonum fagopyrum. Polygonum fagopyrum est venu en assez grande abondance dans les trois terrains où il a été semé. Il a commencé à apparaître dans le sable littoral, sur le littoral, et, jusqu'à la fin, sa levée a montré dans ce sol une certaine avance. Ou pourra juger de la marche du phénomène en question dans les divers champs de cultures en parcourant le tableau suivant. On constatera ici encore une influence nulle du sable littoral par lui- même sur ce phénomène. - i% — NOMBRE DE NAISSANCES AVRIL MAI SOLS 22 24 25 2G 28 30 2 4 6 8 10 Litloral en place .... 5 10 22 1 3 Non lilloral en place. 4 15 3 1 Litloral en bâclie.. . . 1 U 8 Zea maïs. Zea maïs est sorti en assez grande abondance dans les deux sols en place, les seuls du reste dans lesquels il avait été semé. L'avance, faible il est vrai, a encore été ici du côté du bord de la mer, comme on le verra d'ailleurs par les chiffres ci-après : NOMBRE DE NAISSANCES SOLS AVRIL MAI 28 30 2 4 4 6 8 20 10 2 12 12 14 16 Lilloral en place 17 4 2 Non lilloral en place RESUME POUR LES DIVERSES ESPECES ET POUR LES TROIS ANNEES Nous avons fait connaître le nombre d'individus de chaque espèce levés, de deux jours en deux jours, dans les quatre champs d'expé- riences ensemencés. Nous avons ainsi porté à la connaissance du lecteur l'époque du maximum des levées. Avant d'aller plus loin, il nous paraît indiqué de rassembler dans un tableau général les indi- cations se rapportant à cette époque, indications sur lesquelles nous nous baserons tout à l'heure pour émettre des conclusions. 196 — NOM DES ESPÈCES ÉPOQUE DE LA LEVÉE AU BORD DE LA MKR LOIN DE LA MER Sol littoral en place Sol non littoral en place Sol littoral en bâche Sol non littoral en bâche 1905. 6 ou 8 mars 18 mars 18 mars 16 mars Raphanus ) salivus 190G. 1907. 2 mars 8 mars 12 mars 12 mars 14 mars 12 mars ( 1905. 2 mars 12 mars » 1) Sinapis alba < 1906. 1907. 22 février 2 mars » 2 mars 6 mars 2 mars 6 mars 1905. 18 mars 18 mars 16 mars 16 mars Papaver rhseas . 1906. 1907. 8 mars 20 mars 20 mars 6 mars 20 mars 12 mars 1905. 6 mars 14 mars » 14 mars Linum usilalissimum 1906. 1907. 12 mars 16 mars » 12 ou 14 mars » 8 mars ^ , ( 1905. ,, » » » Pnaseolus ^ vulgaris 1906. 1907. 14 mars 4 mars 14 mars 8 mars 12 ou 16 mars 10 mars 14 mars 12 mars ( 1905. 3 avril l"!' avril le"- avril 3 avril Vicia faba < 1906. » « .. .. ( 1907. » » 24 mars 14 mars 1905. » » » » Vicia lens •; 1906. 1907. 30 avril » 24 avril » 30 avril 26 avril ' 1905. 10 mars 18 mars 20 mars 16 mars Pisum salivum 1906. ' 1907. 1905. 6 mars » 18 mars 10 mars 10 mars Polygonum lagopyrum 1906. ' 1907. 12 mai 28 avril 12 mai 2 mai 2 mai 12 mai 1905. I) » ,. » Zea maïs 1906. 6 mai 8 mai 10 mai » ( 1907. 8 mai 12 mai » » — 197 — § II. Epoque de la floraison. Je vais exposer les observations relatives à l'époque de la floraison des plantes, de dix en dix jours, en exprimant chaque fois en 0/0 les résultats. obtenus. ANNÉE 1905 Raphanus sativus. Sol littoral en place. — Cette espèce a commencé à fleurir dans les premiers jours du mois de mai; elle a fleuri principalement aux environs du l^"" juin, et a montré des sujets en floraison jusque vers le l«Muillet. Sol non littoral en place. — Le début de la floraison a eu lieu vers le l""" juin. Le maximum de manifestation de cet état de développe- ment a été noté entre le 10 et le 20 de ce mois, et la fin, entre le 10 et le 20 août. Sol littoral en bâche. — On a trouvé les premiers individus en fleurs dans les derniers jours du mois de mai, les plus nombreux entre le 10 et le 20 juin et les derniers dans la première quinzaine du mois d'août. Sol non littoral en bâche. — De même que dans les deux champs d'expériences précédents, Raphanus sativus a commencé à fleurir ici à la fin mai, il a accusé sa floraison maximale aux environs du 15 juin et a montré des sujets en fleurs jusque vers le 10 août. L'inspection du tableau suivant fera ressortir nettement la hâtiveté plus grande de la floraison de l'espèce visée dans le sol littoral, sur le littoral, en d'autres termes, dans le sol littoral en place. Elle mon- trera aussi que la marche de la floraison a été, pour ainsi dire, la même dans les trois terrains de culture éloignés de la mer. POUR CENT DE SUJETS TROUVÉS EN FLORAISON SOLS , MAI JUIN JUILLET • AOÛT 1er 10 5 20 20 1" 65 1 6 1 10 55 19 17 9 20 45 59 55 4S 1er 64 69 56 10 45 61 52' 20 33 38 89 1" 5 3 2 10 1 2 20 Lilloral en place Non lilloral en place Lilloral en bâche. ...... . Non lilloral en bâclie - 198 - Papaver rhseas. Sol littoral en place. — Les premiers sujets fleuris de cette espèce furent rencontrés lors de l'excursion du 20 mai. Le nombre des floraisons fut particulièrement considérable entre lo !«•■ et le 10 juin. Les dernières floraisons furent notées à l'excursion du 10 juillet. Sol non littoral en place. — La plante était déjà en pleine floraison dans le sol littoral en place quand les premiers individus furent trouvés en fleurs, dans le sol que nous avons en vue en ce moment. Dans ce sol, le retard de l'époque de la pleine floraison fut donc assez considérable et il en fut de même de l'époque de l'achèvement de cette floraison. Sol littoral en bâche. — La difl"érence dans la marche du phéno- mène que nous envisageons actuellement entre ce sol et le sol littoral, au bord de la mer, fut la même qu'entre le sol dont nous venons de parler et le sol littoral eu place. Sol non littoral en bâche. — A noter ici une légère avance du moment de la pleine floraison. En eff"et le grand nombre des sujets dans ce sol fleurit du 10 au 20 juin, au lieu du 20 juin au 1^" juillet dans les deux autres sols éloignés du littoral. C'est, du reste, la seule particularité que nous ayons iî y signaler. Les dates des excursions effectuées successivement, avec le pour cent des individus trouvés fleuris, sont consignées ci-après. POUR CENT DE SUJETS TROUVÉS FLEURIS MAI JUIN JUILLET AOÛT SOLS 10 20 2 15 10 ^5 20 53 1" 38 10 20 1" 10 LiLloral en place. . . . 3 Non lilloral en place. 3 12 -'i8 45 39 8 I.illoial en bâche 4 11 66 60 58 45 3 Non lilloral en bâche 15 56^ 70 50 45 U Pisum sativum. Sol littoral en place. — J'ai noté la floraison de quelques individus de cette espèce dès le 20 avril. Le l"'' mai, dix jours plus tard par — 199 — conséquent, le nombre des sujets fleuris était considérable. Un peu plus grand le 10 de ce mois, ce nombre fut trouvé, le 20, en décrois- sance. On compta toutefois des individus fleuris jusque dans les pre- miers jours du mois de juin. Sol non littoral en place. — J'observai les premiers individus en fleurs le 10 mai. A la date suivante, la proportion centésimale de ces individus était très élevée. Cette proportion devint nulle dans les derniers jours du mois de juin. Sol littoral en bâche. — La seule diff'érence entre ce sol et le pré- cédent, au point de vue de la floraison, c'est que cette floraison a duré ici quelques jours de plus. Effectivement, on a observé, dans le sol littoral en bâche, des individus fleuris jusque dans les premiers jours de juillet. Sol non littoral en bâche. — La floraison a suivi, dans ce champ d'expériences, la même marche que dans celui dont nous venons de parler. On verra par les chifl'res ci-dessous que la majorité des individus de l'espèce Pisum sativum ont fleuri vers le l^"" mai dans le terrain voisin de la mer, et vers le 20 mai, soit une vingtaine de jours plus tard, dans les trois terrains situés dans l'intérieur du pays. POUR CENT DE SUJETS TROUVÉS FLEURIS SOLS AVRIL MAI JUIN JUILLET 10 20 1" 10 20 i" 10 52 44 58 « 1er 10 Littoral en place 10 59 68 10 3 24 22 85 64 66 2 76 55 61 s' 3 19 2 5 Non littoral en place Littoral en bâche Non littoral en bâche ANNÉE 1906 Raphanus sativus. Sol littoral en place. — La floraison de cette espèce commença, sur le bord de la mer, dans la première quinzaine du mois de mai. — 200 — Elle se fit principalement aux environs du 20 de ce mois, et se termina aux environs du 1^'" juillet. Sol non littoral en place. — Loin de la mer, dans le sol non littoral en place, Raphanus sativus ne commença à fleurir que vers la fin mai. L'époque à laquelle la majorité des individus se montra en floraison fut entre le 1'='' et le 10 juin. C'est dans cet intervalle, par conséquent, que le grand nombre des sujets passa par cet état de développement. Quant à l'époque à laquelle les plus en retard des sujets fleurirent, elle fut notée entre le 10 et le 20 juillet. Sol littoral en bâche. — La floraison du Raphanus suivit une marche sensiblement parallèle dans ces deux sols. Sol non littoral en hache. — Nous devons noter ici que la floraison se fit avec quelques jours de retard sur les deux autres champs d'ex- périences éloignés de la mer. C'est ainsi que la plupart des individus ne furent trouvés bien fleuris qu'entre le 10 et le 20 juin. Il est vrai que la levée de l'espèce que nous avons en vue actuellement, s'est effectuée dans le sol non littoral mis en bâche un peu plus tard que dans les deux autres terrains d'observations éloignés du littoral. On trouvera condensées dans le tableau suivant, toutes les obser- vations qui ont été faites au sujet de la floraison du Raphanus, dans la région maritime et dans la région continentale. POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS FLEURIS SOLS MAI JUIN JUILLET 1er 10 10 20 1er 10 32 SO 60 28 20 •8 55 65 5 S 1" 10 2 12 32 20 Littoral en place Non littoral en place. . . . Littoral en bâciie ... Non littoral en bâche . . . 58 8 10 62 35 50 10 22 48 50 Sinapis alba. Le petit nombre des sujets levés, surtout loin de la mer, ne nous a pas permis de comparer la floraison de cette espèce dans les deux milieux. - 201 — Papaver rhseas. Sol liiloval en place. — Les premiers pavots furent trouvés en floraison sur le littoral, dans notre champ d'expériences, vers le 20 mai. Les plus nombreux furent en floraison dans la première quinzaine de juin, les plus en retard n'arrivèrent à cet état de développement que dans la première quinzaine du mois de juillet. Sol non littoral en place. — Je trouvai les premiers individus de l'espèce qui nous occupe, en floraison, dans les premiers jours de juin. Cependant l'époque de la pleine floraison de cette espèce ne fut notée qu'au commencement du mois de juillet. Cette phase d'évolution se termina dans les premiers jours du mois d'août. Sol littoral en bâche. — L'évolution de la floraison du pavot se lit dans le sol littoral porté loin de la mer h peu près comme dans le sol du pays. Sol non littoral en bâche. — Nous noterons comme seule particu- larité, dans notre troisième champ d'expériences éloigné du littoral, un retard d'une dizaine de jours dans l'époque de pleine floraison et dans celle de l'achèvement de ce stade évolutif. On trouvera ci-dessous, exprimés en pour cent, les résultats des comptages qui ont été faits pour les quatre terrains d'expériences ensemencés. POUR CENT DE SUJETS TROUVÉS FLEURIS SOLS MAT JUIN JUILLET AOÛT 10 20 1er 10 20 |or 10 20 irr 10 20 Littoral en place .... Non littoral en place. Littoral en bâche Non littoral en bâche. 20 35 10 4 1 69 20 14 7 60 38 28 18 48 68 75 35 9 58 59 72 80 29 50 18 9 30 12 Pisum sativum. En 1906, Pisum sativum ne s'est pas développé. dans notre champ d'expériences du littoral. Les observations qui concernent cette espèce dans les autres champs d'expériences sont, par suite, dépour- — 202 — vues d'intérêt, du moins à notre point de vue; c'est pourquoi nous les passerons sous silence. Polygonum fagopyrum. Coniraireinent aux trois espèces dont nous venons de parler, Polygonum fagopyrum est une espèce à végétation estivale. Son évolution se prolonge même jusque dans la période automnale. Elle figure parmi les espèces que nous avons semées en avril au bord de la mer et loin de la mer. Voici les observations que nous avons faites cl son sujet. Sol liUoral en place. — Polygonum fagopyrum est entré en florai- son vers le 20 juin; il a été en pleine floraison dans les environs du 10 juillet; et a passé fleur dans les premiers jours du mois d'août. Sol non liUoral en place. — Cette espèce a montré les premiers sujets en fleurs vers le 10 juillet. Le plus grand nombre des sujets a fleuri dans le milieu de juillet, les derniers se sont montrés en fleurs dans la première quinzaine du mois d'août. Sol non liUoral en bâche. — La floraison du Polygonum a évolué dans ce terrain de la même manière que dans le précédent. La proportion centésimale des individus trouvés bien fleuris de dix jours en dix jours figure dans le tableau ci-dessous. POUR CENT DE SUJETS TROUVÉS FLEURIS SOLS JUIN JUILLET AOÛT 10 20 1er 10 20 1" 10 20 Littoral en place 5 20 8 10 58 15 21 52 65 45 30 60 56 20 25 Non littoral en place Non littoral en bâche Zea maïs. Comme l'espèce précédente, Zea maïs présente une évolution en partie estivale, en partie automnale. Elle a été semée également en avril, comme nous l'avons déjà dit. Sa floraison a donné lieu aux constatations que nous allons exposer. - 203 — Sol liltoral en place. — Zea maïs a commencé à fleurir à la fin juin; il a été en pleine floraison vers le 15 juillet; sa floraison s'est prolongée jusqu'aux environs du 10 août. Sol non liltoral en place. — La seule différence ù. signaler avec le terrain dont nous venons de parler, c'est que, dans le sol non litto- ral en place, la floraison du Zea maïs s'est prolongée jusque vers le lo août. Sol non littoral en bâche. — [^e phénomène a suivi très sensible- ment la même marche que dans le sol précédent. On peut voir ci-dessous, exprimés en pour cent, les résultats des comptages qui ont été effectués dans chaque champ de culture. Ces pour cent nous montrent que la floraison du Zea maïs s'est effectuée normalement, à la même époque, dans la région maritime et dans la région continentale, quel qu'ait été le sol mis en expérience. POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS FLEURIS SOLS JUIN JUILLET AOÛT 10 20 1" 10 78 60 45 20 50 62 52 l" 12 28 30 10 20 Lilloral en place 15 10 8 34 28 20 10 8 Non Jillorale en place Non littorale en bâche ANNÉE 1907 Polygonum fagopyrum. Cette espèce a montré une avance stMisible en 1907 sur l'année précédente, pour l'époque de la levée, aussi bien au bord de la mer que loin de la mer. Sa floraison a été également plus hâtive de part et d'autre. I-a pleine floraison a eu lieu le P' juillet dans le sol littoral en place, le 10 juillet dans le sol non littoral en place ainsi que dans le sol non littoral en bâche. Ces résultats figurent dans le tableau qui suit : - 204 — POUR CENT D'INDIVIDUS TROUVÉS FLEURIS SOLS JUIN JUILLET AOÛT 10 15 2 20 28 18 10 1.. 64 25 35 10 40 7Ô '70 -10 1" 10 Litloral en place 12 36 65 16 20 Non lilLoral en place Littoral en bâche Ces chiffres nous montrent en effet que la floraison s'est faite avec un léger retard dans les deux champs d'expériences éloignés du littoral. Zea maïs. Zea maïs a fleuri, en 1907, à peu près à la même époque et dans le même temps dans les trois champs d'expériences où il avait été semé. Nous disons à peu près à la même époque car, dans le solnon littoral en place, le moment de la floraison peut être aussi bien regardé comme le l?"" que comme le 10 juillet. La différence entre la quantité des sujets qui ont fleuri du 20 juin au 10 juillet et celle des sujets qui ont fleuri du 1^'' au 10 juillet est en effet trop faible pour permet- tre de considérer une époque plutôt que l'autre comme étant celle de la floraison de l'espèce que nous envisageons. Ce que nous venons de dire est mis en évidence par la lecture des chiffres ci-dessous. POUR CENT DE SUJETS TROUVES FLEURIS SOLS Littoral en place . . . , Non litloral en place. Non littoral en bâche JUIN JUILLET AOUT 1" 10 20 1" 10 20 lor 10 20 ■5.5 63 30 16 U 74 45 10 10 4S 58 20 4 — 205 - Telles sont les observations que nous avions à rapporter concernant l'époque de la floraison, en 1905, 1906 et 1907, des espèces semées. Nous allons parler maintenant de l'époque de la fructification. §111. Epoque de la fntclification. V.n ce qui concerne l'époque de la fructification des espèces, pour ne pas entrer dans des détails qui pourraient devenir fastidieux, nous nous bornerons à signaler le moment où le plus grand nombre des individus a passé par cet état de développement. Ce moment est d'ailleurs celui qui présente le plus d'intérêt pour nous. Nous suivrons toujours l'ordre chronologique dans l'exposition des faits qu'il nous, a été donné d'observer. ANNÉE 1905 Raphanus sativus. La fructification du Raphanus sativus a ou lieu dans les divers champs d'expériences, aux époques suivantes : Sol littoral en place, 10 juillet. Sol non littoral en place, l*'' août. Sol littoral en bâche, 1*' août. Sol non littoral en bâche, 20 juillet. La fructification a donc eu lieu, d'une manière générale, avec un peu de retard loin du littoral, Papaver rhseas. Cette espèce s'est montrée en fructification aux dates que je vais indiquer : Sol littoral en place, 10 juillet. Sol non littoral en place, 1«' août. Sol littoral en bâche, 10 août. Sol non littoral en bâche, 1" août. Ces dates font ressortir un retard notable du côté de l'intérieur du pays, principalement dans le sol littoral transporté. — 206 Pisum sativum. La plante que nous avons en vue a été notée comme étant en fructitication : l.e 20 mai, dans le sol littoral en place. Le 20 juin, dans le sol non littoral en place. Le 20 juin, dans le sol littoral en bâche. Le 20 juin, dans le sol non littoral en bâche. Ici encore nous avons à enregistrer un retard du côté de l'intérieur du continent ou, ce qui revient au même, une avance du côté du bord de la mer, pour la fructification de l'espèce. ANNÉE 1906 Raphanus sativus. Nous avons noté la fructification de cette plante aux dates qu'on trouvera ici mentionnées : Le 10 juillet, dans le sol littoral en place. Le 1*'' août, dans le sol non littoral en place. Le !«'■ août, dans le sol littoral en bâche. Le !'"'■ août, dans le sol non littoral en bâche. En comparant ces dates entre elles, on se rend compte de leur différence qui a existé, au point de vue qui nous occupe, entre le sol littoral au bord de la mer et les trois autres sols. C'est ainsi qu'on se rend compte que la fructification s'est produite vingt jours plus tôt dans le semis du littoral. Pisum sativum. Nous ne pouvons rien dire qui présente de l'intérêt pour notre étude, au sujet de la fructification de cette espèce, attendu qu'elle ne s'est développée, en 1906, que dans l'un des trois champs d'études éloignés du bord de la mer. Nous ne pouvons, en conséquence, établir de comparaison à son sujet. — 207 — Papaver rhseas. Celte espèce a été en fruits, dans la zone littorale, le 20 juillet. Elle a fructifié, dans la zone non littorale, le 10 août, aussi bien dans le sol non littoral en place que dans le sol littoral en bâche. Elle s'est donc montrée plus hâtive dans la première zone que dans la seconde. Polygonum fagopyrum. L'époque de la fructification de cette espèce a été le 10 août, dans le sol littoral en place, le 20 août, dans le sol non littoral en place et dans le sol non littoral en bâche. Elle a, en conséquence, manifesté un léger retard dans les cultures établies loin de la mer. Zea maïs. . Cette espèce a été trouvée en fruits, le l*""^ août, dans le champ d'expériences du bord de la mer, et le 10 août, dans les deux champs éloignés de la mer. Nous notons, ici encore, une avance de dix jours pour l'époque de la fructification dans la région maritime. ANNÉE 1907 Raphanus sativus. L'époque de la fructification a eu lieu : Dans le sol littoral en bâche, 20 juillet. Dans le sol non littoral en bâche, 20 juillet. On voit que celle espèce a fleuri au même moment, loin du littotal dans le sol littoral transporté et dans le sol non littoral. Ce fait a déjà été constaté pour d'autres espèces. Papaver rhseas. Papaver rhœas a été trouvé fructifié loin de la mer, aux dates dont nous donnons ici connaissance. Sol littoral en bâche, le 20 juillet. Sol non littoral en bâche, le 20 juillet. — 208 — La fructification de l'espèce que nous avons en vue a donc eu lieu à la même époque, loin de la mer, dans le sol littoral en bâche et dans le sol non littoral en bâche. L'action du sol sur l'époque de la fructification a donc été nulle ici encore. Pisum sativum. Pisuni a fructifié loin de la mer, aux environs du 10 juin, aussi bien dans le sol littoral transporté que dans le sol non littoral. Nous venons de signaler un fait semblable pour Raphanus sativus. Polygonum fagopyrum. Cette plante s'est développée dans deux terrains d'expériences, l'un au bord de la mer, l'autre loin de la mer. Sa fructification a été un peu plus hâtive sur le littoral. Une différence de dix jours environ a été notée. Voici d'ailleurs les dates oi^i l'on a observé la plante en fructification : Dans le sol littoral en place, le 20 août; dans le sol non littoral en place, le 30 août. On voit ici encore que la plante littorale a devancé la plante venue dans l'intérieur du pays. Zea maïs. Celte espèce a fructifié aux environs du 10 aoàl,dans le littoral en place, et aux environs du 20 août, dans le sol non littoral. La diffé- rence a été, comme on le voit, de quelques jours seulement entre les deux semis. Nous en avons fini avec ce que nous avions à dire sur l'époque de la fructification des espèces expérimentées. Nous allons passer main- tenant à ce qui se rapporte à l'époque de la mort de ces espèces. Nous ne donnerons, ici aussi, afin d'alléger notre compte-rendu, ' que les résultats intéressant le moment où la plupart des sujets ont été rencontrés morts. - 209 - § IV. Ejwque de la mort des espèces. ANNÉE 1905 Raphanus sativus. La mort de celle plante n'a pas eu lieu en même lemps sur le bord de la nier el loin de la mer.. La différence a même été assez grande de l'un à l'autre milieu. On peut en juger par les dates qui suivent et qui indiquent l'époque de la mort. Au bord de la mer : Sol littoral en place, 20 août. Loin de la mer : Sol non littoral en place, 20 septembre. Sol littoral en bâche, 20 septembre. Sol non littoral en bâche, 10 septembre. D'autre pari, non seulement on ne constate pas d'avance dans le sol littoral transporté par rapport aux voisins, mais on y observe même un léger retard. Papaver rhseas. La mort de cette plante, dans le sens oii nous l'entendons toujours, a été constatée. Au bord de la mer ': Sol littoral en place, 20 aoiit. Loin de la mer : Sol non littoral eh place, l"" ou 10 septembre. Sol littoral en bâche, 10 ou 20 septembre. Sol non littoral en bâche, 10 septembre. La plante est donc morte plus tôt dans le champ d'expériences du littoral que dans les champs éloignés du bord de la mer. Une fois encore, nous observons l'influence accélératrice du voisi- nage de ia mer, tandis que celle du sol ne se manifeste nullement. Tome LXIL 14 — 210 — Pisum sativum. De même que les espèces précédentes, Pisum salivum a vécu jus- qu'à une époque plus avancée dans rintérieur du conlinenl que sur le littoral. C'est ainsi que, dans l'intérieur du continent, la vie de cette espèce s'est prolongée jusqu'à la fin juillet, alors que, sur le liltoral, elle s'est terminée vers la fin du mois de juin. ÂNNÊK 1906 Raphanus sativus. Raphanus sativus, en 190(3 comme en 1903, est arrivé plus tôt au terme de son évolution, au bord de la mer, que dans l'intérieur du continent. La différence de l'un à l'autre endroit a été assez considé- rable. En effet la plante, sur le littoral, est morte aux environs du 1" septembre tandis que, loin de la mer, elle n'est morte que vers la fin du mois, soit le i20 dans le sol non littoral en place et le sol littoral en bâche, le 30 dans le sol non littoral en bâclie. Papaver rhaeas. L'époque de la mort de cette espèce en 1908 a été : Au bord de la mer : Sol liltoral en place W août. Loin de la mer : Sol littoral en place, 10 septembre. Sol littoral en bâche, 10 septembre. Sol non littoral en bâche, 20 septembre. Ces dates nous montrent que la vie de la plante s'est terminée à une époque plus avancée loin de la mer, et que sa mort s'est produite à peu près en même temps dans les trois champs d'expériences de la région continentale. Polygonum fagopyrum. Nous avons noté une différence, quant à l'époque de la mort du Polygonum, entre la région littorale et la région continentale. Cette plante est morte en effet, d'une part, le 10 octobre, dans le sol littoral en place et, d'autre part, le 1®*" novembre, dans le sol non littoral eu placQ et le sol non littoral en bâche. m Zea maïs. La plante était morte, le 1*"' octobre, sur le littoral, tandis qu'elle était encore vivante dans l'intérieur du continent. Dans les deux ter- rains de la région non littorale où elle avait été ensemencée (sol non littoral en place et littoral en bâche) elle fut trouvée desséchée après fructification, aux environs du 20 octobre. ANNÉE 1907 Raphanus sativus. Cette espèce, qui, en 1907, n'a été cultivée que loin de la mer, dans le sol littoral transporté et dans le sol non littoral, mourut, vers le 10 octobre, dans ces deux sols. " Papaver rhaeas. La mort de cette plante a eu lieu, le 1'^'' septembre, dans le sol non littoral en bâche, et le 10 septembre, dans le sol non littoral placé dans les mêmes conditions. Pisum sativum. Pisum sativum est mort, le 20 juillet, dans le sol non littoral en bâche et une dizaine de jours plus tard, soit aux environs du 1^'' août, dans le sol littoral en bâche. Polygonum fagopyrum. Nous avons noté la dessiccation après fructification, chez cette espèce, comme ayant lieu, sur le bord de la mer, aux environs du l^"" novembre, et loin de la mer, aux alentours de cette date également. Contrairement à ce que nous ont montré les plantes semées dont nous venons de nous occuper, Polygonum, en 1907, est donc mort à la même époque sur le littoral et loin du littoral. Zea maïs. Au bord de la mer, dans. le sol littoral en place, comme loin de la mer, dans le sol non littoral en place, la mort de cette espèce a eu lieu aux environs du l*^"" novembre. __ 212 CHAPITRE V ÉTUDE SPÉCIALE DE LA GElOISSANCE Pour connaître la marche de la croissance des espèces expérimen- tées, j'ai effectué des mensurations, à intervalles réguliers, sur tous les individus de chaque espèce. Ces mensurations ont été arrêtées quand la taille la plus élevée a paru réalisée chez la majorité de ces individus. J'ai donc étudié la croissance des plantes expérimentées de la même manière que celle des plantes spontanées (1). Je vais exposer dans ce chapitre les résultats des mensurations, par années et par espèces. ANNÉE 1905 Raphanus sativus. Sol lilloral en place. - La taille la plus commune de la plante était : le 1" avril, 3 centimètres; le 10 avril, 3 centimètres; le 20, 4 centimètres; le l^r mai, 6 centimètres; le 10 mai, 7 centimètres; le 20, 9 centimètres; le lei' juin, 10 centimètres; le 10 juin, 12 centi- mètres; le 20 juin, 18 centimètres; le l'^'' juillet, 18 centimètres. Sol non littoral en place. — Le l*"' avril, la plante mesurait norma- lement 1 centimètre; le 10 avril, 1 centimètre; le 20, 2 centimètres; le i" mai, 3 centimètres; le 10 mai, 3 centimètres; le 20, 5 centi- mètres; le 1" juin, 7 centimètres; le 10 juin, 10 centimètres; le 20 juin, 15 centimètres; le 1" juillet, 18 centimètres; le 10 juillet, 20 centimètres; le 20 juillet, 20 centimètres. Sol littoral en bâche. — Les mensurations donnaient, le l^"" avril, 1 centimètre; le 10 avril, 1 centimètre; le 20, 2 centimètres; le 1" mai, 3 centimètres; le 10 mai, 3 centimètres; le 20 mai, 4 centi- mètres; le l*^"" juin, 6 centimètres; le 10 juin, 9 centimètres; le 20, 13 centimètres; le 1" juillet, 15 centimètres; le 10 juillet, 16 centi- mètres; le 20 juillet, 16 centimètres. (1) De môme que cliez les planles spontanées, mes mensuralions n'ont porté ici que sur l'appareil végétatif compté depuis le collet jusqu'à l'extrémité de cet appareil. — 213 — Sol non littoral eu bâche. — • La laille réalisée le plus communé- ment était : le 1" avril, l centimètre; le 10 avril, 1 centimètre; le 20 avril, 2 centimètres; le l""" mai, 4 centimètres; le 10 mai, 4 centi- mètres; le 20, 5 centimètres; le l""" juin, 8 centimètres; le 10 juin, 10 centimètres; le 20 juin, 13 centimètres; le l"'' juillet, 15 centi- mètres; le 10 juillet, 18 centimètres; le 20 juillet, 18 centimètres. Il résulte des observations que je viens de rapporter que liaplianus sativus est parvenu à sa taille la plus élevée : Dans le sol littoral en place, 20 juin. Dans le sol non littoral en place, lOjuillet. Dans le sol littoral en bâche, lOjuillet. Dans le sol non littoral en bâche, lOjuillet. La croissance s'est donc teraiinée plus tôt dans le semis du bord de la mer que dans ceux de l'intérieur du continent. Papaver rhseas. Les notes que j'ai prises ne me permettent de donner, pour cette espèce, que les résultats des mensurations de 20 jours en 20 jours, La série des tailles que je vais faire connaître permettra néanmoins, dans une certaine mesure, de comparer la vitesse de croissance de l'espèce dans les différents champs où elle a été cultivée. Sol littoral en place. — La majorité des individus mesurait, le 20 avril, 4 centimètres; le 10 mai, 5 centimètres; le 1"" juin, 9 centi- mètres; le 20 juin, 15 centimètres; le 10 juillet, 17 centimètres; le lOjuillet, 17 centimètres. Sol non littoral en place. — I^e grand nombre des sujets mesurait, le 20 avril, 1 centimètre; le 10 mai, 1 centimètre; le l"' juin, 5 centi- mètres; le 20 juin, 9 centimètres; le 10 juillet, 11 centimètres; le 1'='' août, 13 centimètres; le 20 août, là centimètres. Sol littoral en bâche. — La plante avait comme taille, le 20 avril, . 1 centimètre; le 10 mai, .1 centijnètre; le 1'^'' juin, 7 centimètres; le 20 juin, 13 centimètres; le 10 juillet, 15 centimètres; le 1*" août, 18 centimètres; le 10 août, 18 centimètres. Sol non littoral en bâche. — La majorité des sujets mesurait, le 20 avril, 1 centimèti-e; le 10 mai, 1 centimètre; le 1^'juin, 6 centi- mètres; le 20 juin, 11 centimètres; le lOjuillet, 12 centimètres; le 1" août, 14 centimètres. — 214 — La série des tailles présentées successivement par la plante et que je viens de faire connaître pour chaque champ d'expériences nous montre bien que la croissance s'est terminée : Dans le sol littoral en place, le 10 juillet. Dans le sol non littoral en place, le l*"'' août. Dans le sol littoral en bâche, le 1*'' août Dans le sol non littoral eu bâche, le 1"'" août. La plante a donc grandi avec une rapidité particulièrement grande dans le sol littoral près de la mer. Pisum sativum. Cette espèce a montré les tailles suivantes au bord de la mer et loin de la mer : Sol littoral en place. — La valeur la plus commune de la taille a été : le 1" mai, 10 centimètres; le 10 mai, 12 centimètres; le 20 mai, 17 centimètres; le 1^'' juin, 23 centimètres; le 10 juin, 23 cenli- mètres. Sol non littoral en place. — - Voici les valeurs successivement notées : le 1^"^ mai, 8 centimètres; le 10 mai, 11 centimètres; le 20 mai, 13 centimètres; le P' juin, 21 centimètres; le 10 juin, 23 cen- timètres; le 20 juin, 25 centimètres; le l«f juillet, 25 centimètres. Sol liUoral en bâche. — La plante atteignait : le l®"" mai, 9 centi- mètres; le 10 mai, 11 centimètres; le 20 mai, 14 centimètres; le l^r juin, 20 centimètres; le 10 juin, 22 centimètres; le 20 juin, 23 cen- timètres; le 1^'' juillet, 25 centimètres; le 10 juillet, 25 centimètres. Sol non littoral en bâche. — La plante mesurait : le 1^'' mai, 11 cen- timètres; le 10 mai, 14 centimètres; le 20 mai, 13 centimètres; le l^^juin, 23 centimètres; le 10 juin, 26 centimètres; le 1«'' juillet, 28 centimètres; le 10 juilletf28 centimètres. Les observations que je viens d'exposer, concernant la progression de la plante vers la taille maximale, nous montrent que Pisum sati- vum a terminé sa croissance : Dans le sol littoral en place, 10 juin. Dans le sol non littoral en place, 20 juin. Dans le sol littoral en bâche, l""" juillet. Dans le sol non littoral en bâche, 1«'' juillet. L'avance a encore été ici du côté du sol littoral placé près de la mer. — 215 — ANNÉE 1906 Raphanus sativus. La progression vers la taille définitive ou marche de la croissance a quelque peu différé d'un semis à l'autre. Il en a été de même de la taille définitivement réalisée. C'est ainsi que, d'une manière géné- rale, la croissance a été plus i-apide dans le semis du bord de la mer. Levée du 6 au 8 mars dans cet endroit, la plante a fini de grandir aux environs du l"' juillet. La durée de la croissance y a donc été de 112 à 114 jours. Loin de la mer, suivant les semis, la plante a grandi pendant 122 ou 124 jours. Quant à la taille maximale présentée, elle a été de 19 centimètres dans le sol en place au bord de la mer. Loin de la mer, elle a été de 18 centimètres dans le sol non littoral en place, et de 21 centimètres dans le sol littoral et dans le sol non lit- toral en bâches. Papaver rhseas. Cette plante a opéré sa croissance en moins de temps dans le champ d'expériences du bord de la mer que dans les trois autres. La diminution de durée de cette phase, sur le littoral, a été d'une huitaine de jours. Quant à la taille définitive, elle s'est montrée très sensiblement la même dans les quatre endroits. Polygonum fagopyrum. Les mensurations que nous avons faites nous ont conduit aux résultats suivants : La plante a atteint, dans le sol littoral, au bord de la mer, le l^'aoùt, sa taille la plus élevée, qui a été de 26 centimètres. La crois- sance a duré environ dix- huit jours. Loin de la mer, cette plante,. dont la levée s'est opérée, dans les deux champs d'expériences où elle avait été semée, à la même époque que près de la mer, cette plante, disons-nous, a grandi jusqu'aux: environs du 10 août, soit dix jours de plus que sur le littoral. Sa taille a été de 23 centimètres dans le sol non littoral en place, et de 25 centimètres dans le sol non littoral en bâche. 216 Zea maïs. La différence dans la durée de croissance pour Zea maïs, au bord de la nier el loin de la mer, a été de même sens et à peu prés de même importance que pour Polygonum fagopyrum. Cependant Zea maïs, qui s'est développé dans le sable littoral transporté, a eu une croissance un peu plus rapide dans ce sable que dans le sable non littoral. Nous n'avons du reste que celle seule parlicularilé à signaler. ANNÉE 1907 Raphanus sativus. Nous avons vu que celte espèce n'avait été semée, en 1907, que loin de la mer, dans le sol lilloral et dans le sol non littoral en bâches. Nous allons indiquer d'abord les tailles qu'elle a présentées, au moment des observations, dans le sol littoral. Nous donnerons ensuite ces tailles lors des constatations dans le sol non littoral. Sol littoral en bâche. — La taille était : le 10 avril de 4 centimè- tres; le 20, de 5 centimètres; le l*' mai, de 8 centimètres; le 10, de 8 centimètres; le 28, de 10 centimètres; le 1" juin, de 14 centimè- tres; le 10, de 16 centimètres; le 20, de 19 centimètres; le l^'" juillet, de 21 centimètres; le 10 juillet, de 23 centimètres; le 20 juillet, de 23 centimètres. Sol non littoral en bâche. — Les mensurations indiquèrent comme taille de la plante : le 10 avril, 5 centimètres; le 20,5 centimètres; le l^'-mai, 7 centimètres; le 10, 7 centimètres; le 20, 10 cenlimètres; le le'" juin, 12 centimètres; le 10, 14 centimètres; le 20, 17 cenlimè- tres; le l""' juillet, 19 centimètres; le 10 juillet, 21 centimètres; le 20 juillet, 21 cenlimètres. On voit que, malgré qu'elle soit parvenue à une taille un peu supérieure dans le sol littoral en bâche, la plante a mis le même temps pour opérer sa croissance dans ce sol que dans le sol non littoral. Papaver rhseas. Ici nous allons constater, au contraire, une période ou phase de croissance un peu plus longue dans le sable lilloral transporté que dans le sable non littoral. Née quelques jours plus tôt dans le premier — 217 — sol, la. plante a fini de grandir, en effet, à la même époque dans les deux sols. Elle a présenté une taille un peu plus élevée dans le sol littoral. Polygonum fagopyrum. La différence, au point de vue de la durée de croissance de la plante, a été très faible entre le bord de la mer et l'intérieur du pays. I^a période a duré six jours de moins sur le littoral, et la taille réalisée a été très sensiblement la même. Zea maïs. La croissance de cette plante a suivi, pour ainsi dire, une marche parallèle dans les deux champs de culture où nous l'avons observée. Cette croissance s'est terminée, le 10 août, dans le sol littoral au bord de la mer, et le 20 août, dans le sol non littoral en place, loin de la mer. Quant à la taille maximale, elle a été d'environ 43 centimètres aux deux endroits. CHAPITRE Vl RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS DE LA TROISIÈME PARTIE Nous allons d'abord grouper, dans ce chapitre, pour chaque espèce expérimentée, d'une part, les dates de la levée, de la floraison, de la fructification et de la mort; d'autre part, celles de la levée et de l'achèvement de la croissance. Ensuite nous réunirons les dates prin- cipales, celle de la levée et celle de la mort des plantes. Nous ter- minerons par des conclusions relatives à l'ensemble du cycle évolutif. ANNÉE 1903 Raphanus sativus. Les époques de la levée, de la floraison, etc. du Raphanus sont groupées, par ordre chronologique, dans le tableau ci-après : 218 — SOLS Levée Flo- raison Inter- valle Flo- raison Fructifi- cation Inter- valle Fructifi- cation Mort Inter- valle Lilloral en place 6 ou 8 mars l" juin 82 ou 8i j. le'' juin 10 juil. 40j. 10 juil. 20 aoûl .40 j. Non lilloral en place 18 mars 20 juin 92j. i!0 juin l»'- aofil 40j. l'r août 20 sepl. 50 j. Lilloral en bâche 18 mars 20juin 92 j. 20 juin leraoût 40 j. l-i" aoûl 20 sept. 50 j. Non lilloral en hàclie 16 mars 20juin 9ij. 20 juin 20 juil. 30j. 20 juil. 10 sept. 50j. Ces dates nous montrent que la floraison et le dépérissement de cette espèce se sont opérés plus vite dans le sol littoral, au bord de la mer, que dans les trois autres sols. Nous allons voir maintenant que la croissance de cette même espèce a été plus rapide aussi dans le sol littoral en place que par- tout ailleurs. SOLS Levée Aciièveraent de la croissance Inter- valle Littoral en place 6 ou 8 mars 18 mars 18 mars 16 mars lerjuil. 20 juil. 20 juil. 20 juil. 112 ou 114 j. 122 j. 122 j. 124 j. Non littoral en place Lilloral en bâche Non littoral en bâche Papaver rhseas. La lecture des dates que nous avons sous les yeux fait ressortir la diminution, dans le sol littoral, au bord de la mer, de l'inlervalle coujpris entre la levée et la floraison, ainsi que de l'espace de temps qui s'est écoulé entre la floraison et la fructitication. — 219 — ) SOLS Levée Flo- Inter- Flo- Fructiti- Inter- Fructifi- Mort Inter- raison valle raison cation valle cation valle Littoral en place 18 mars 10 juin 82 j. 10 juin 10 juil. 30 j. 10 juil. 20 août 40 j. Non lilloral 1 1 i"- ou 30 ou en place 18 mars le'- juil. 102 j.'l«'juil. l'î'-août 30 j. lei-aoùt 10 sept. 40 j. Littoral en 10 ou 30 ou bâche 16 mars ie'jllil. 104 j. le'-juil. 10 août 40 j. 10 août 20 sept. 40 j. Non littoral i en bàclie 16 mars 20 juin 94 j. 20 juin 1°'' août 40 j. I"août 10 sept. 40 j. L'inspection du lableau suivant va maintenant nous montrer que la durée de la période de croissance a été moindre également dans le sol littoral en place. L'examen du graphique placé à côté va nous montrer que la croissance a été de même durée dans les sols littoral et non littoral en bâche (1). SOLS Levée Achèvement (le la croissance Inter- valle Littoral en place Non littoral en place Littoral en bâche 18 mars 10 juil. 18 mars l^^août 16 mars l^i'août 112j. 132 j. 134j. 134 j. Non littoral en bâche 16 mars l^i'août A.c. le'' avril 1" juin Pisum sativum. L'abréviation, si on peut ainsi parler, dans le sol littoral au bord de la mer, a porté, pour cette espèce, sur la floraison, la fructifica- tion et aussi sur la croissance. Il suffira, pour s'en rendre compte, de consulter les tableaux et les figures qui suivent, qui montrent, en outre, une même durée de développement dans le sol littoral transporté loin de la mer que dans le sol non littoral. (1) Celte figure concernant les sols en bâche a été, pour cela, dessinée en traits fins. — 220 SOLS Levée Flo- raison Inter- valle Klo- raison Fruetifi- cation Inter- valle Fructifi- cation Mort Inter- valle riilloial en place 10 mars 1'''' mai f>Oj. l'i' mai 20 mai 20 j. 20 mai 20 juin 30 j. Non lilloral en place 18 mars 20 mai 62 j. 20 mai 20 juin 30 j. 20 juin 20juill. 30 j LiLloral en bâclie 20 mars 20 mai 60 j. 20 mai 20 juin 30 j. 20 juin 20juill. 30 j Non lilloral en l)âchc 16 mars 20 mai 64 j. 20 mai 20 juin 30 j. 20 juin 2ajuill. 30 j. M. Fr. FI. L. ■ A / > » ■ • . 1 » a y>" 1 fil tl 1er mars l«i' mai l«i' juillet SOI. S Lilloral en place. . . . Non lilloral en place Lilloral en bàclie. . . . Non lilloral en bâche Levée 10 mars 18 mars 20 mars 16 mars Achèvemeot de la croissance l"'' juin 20 juin 20 juin 10 juin Inter- valle 80 j. 92 j. 90 j. 84 j. A. c. i l"'' mars i^"^ mai 1" ju: 221 — ANNÉE 1906 Raphanus sativus. Comme on peut le voir par ce qui suit, les périodes de floraison et celle de croissance de celte espèce paraissent avoir été seules écour- tées dans le sol littoral près de la mer. SOLS Levée Flo- raison Inter- valle Flo- raison Fructifi- cation Inter- valle Fructifi- cation Mort Inter- valle Lilloral en place 2 mars 20 mai 78 j. 20 mai 10 juil. 50 j. 10 juil. l^sept. 50 j. Non littoral en place 8 mars 10 juin 92 j. 10 juin 1er août 50 j. levaoût 20 sept. 50 j. Littoral en bâche 12 mars 10 juin 88 j. 10 juin 1^1- août 50 j. 1er août 20 sept. 50 j. Non littoral en bâche 14 mars 20 juin 96 j. 20 juin le l'août 40 j. 1er août 1er OCt. 60j. 1er mars i" mai {<">: juillet 1er septembre Le tableau et le graphique précédents, nous ayant renseignés au sujet des phases de l'acheminement vers l'état adulte et vers la mort, le tableau suivant va nous renseigner sur la phase de la crois- sance. — 222 — SOLS Levée AclicveiiieDt do la croissance Inter- valle Lilloral en place 2 mars 8 mars 12 mars 14 mars ler jllil. 20juil. 20juil. l"aoûl 120 j. 132 j. 128 j. 136 j. Non lilloral en place Lilloral en bâche Non lilloral en bâche Papaver rhseas. Celle planle a fleuri el esl morle en moins de lemps dans le sol littoral, au bord de la mer, que dans les sols éloignés de la mer. En outre, sa croissance a été plus rapide aussi dans le sol du lilloral. SOLS Levée Flo- raison Inter- valle Flo- raison Fructifi- cation Inter- valle Fructifi- cation Mort Inter- valle Lilloral en place 8 mars 10 juin 92 j. 10 juin 20 juil. 40 j. 20 juil. 20 août 30j. Non lilloral en place 20 mars l'^r juil. 100 j. 1^^ juil. 10 aoûl 40 j. 10 aoûl 10 sept. 30 j. Lilloral en bâche 20 mars l^juil 100 j. 1er juil. 10 aoûl 40 j. 10 août 10 sept. 30 j. Non lilloral en bâche 20 mars 10 juil. 110 j. 10 juil. 10 aoûl 30 j. 10 août 20 sept. ^Oj. LEVÉE Levée Aclièvemeiit de la croissance Inter- valle Lilloral en place 8 mars 20 mars 20 mars 20 mars 10 juil. i"^' aoûl l""août 1" aoûl 122 j. 130 j. 1.30 j. 130 j. Non lilloral en place [jitloral en bâche Non lilloral en bâche — 223 - Polygonum fagopyrum. On remarque ici une abréviation de la durée du développement sur le littoral en ce qui concerne la période de la floraison et celle de la progression vers la taille définilivo. SOLS Levée Flo- raison Inter- valle Flo- raison Fructifi- cation Inter- valle Fructifi- cation Mort Inter- valle Littoral en place 12 mai li^rjuil. 48 j. iei' juil. 10 août 40 j. 10 août lOoct. 60 j. Non lilloral en place 12 mai 10 juil. 58 j. 10 juil. 20 août 40 j. 20 août 1"" nov. 70 j. Non lilloral en bâche 12 mai 10 juil. 58 j. 10 juil. 30 août 50 j. 30 aoûl l«f nov. 60 j. SOLS Levée Acliisvemiiiit do la croissance Inter- valle Littoral en place ...... Non littoral en place .... Non littoral en bâclie .... 12 mai 12 mai 12 mai l""" aoûl 10 aoûl 10 aoûl 78 j. 88 j. 88 j. Zea maïs. Nous allons voir que l'intervalle compris entre la floraison et la fructification a été un peu écourté sur le littoral. SOLS Levée Flo- raison Inter- valle Flo- raison Fructifi- cation Inter- valle Fructifi- cation Mort Inter- valle Littoral en place 6 mai 10 juil. 6ij. 10 juil. 10 août 30 j. 10 aoûl lOocl. 60 j. Non littoral en place 8 mai 10 juil. 62 j. 10 juil. 20 aoûl 40 j. 20 août 20 ocl. 60 j. Littoral en bâclie 10 mai 10 juil. 60 j. 10 juil. 20 aoûl 40 j. 20 aoûl 20 oct. 60 j. 224 M. Fr. FI. L. l^r mai le-- juillet Ifii" sept. 1er nov. Il en a été de même de la période de croissance qui a été un peu plus courte au bord de la mer. A.c. SOLS Levùe Actièvemcnt de la croissance Inter- valle Litlorai en place Non littoral en pl.ce . . . . Littoral en bâche 6 mai 8 mai 10 mai 20 juil. 10 août 1" août 74 j. 92 j. 80 j. l<=r mai l'^r juillet ANNE h] 1907 Raphanus sativus. Nous constatons ici une égale durée des phases du cycle évolutif dans le sol littoral et le sol non littoral, loin de la mer, La croissance, elle-même, a mis un temps égal à s'opérer. Nous ne remarquons, pai' suite, aucune action du sol littoral par lui-même sur le cycle végétatif. â25 - SOLS Levée Flo- raison Inter- valle Flo- raison Fructifi- catinn 10 aoùi 10 aoûL Inter- valle Fructifi- cation Mort Inter- valle LitLoral en bâche Non lilloral en bâche 12 mars 12 mars 10 juin 10 juin 88 j, 88 j. 10 juin 10 juin œ j. 60 j. 10 août 10 aoûl lOoct. lOoct. eoj. 60j. 1er jnars l^^" mai !'"■ juil. Papaver rhseas. Pour celte espèce, tandis que la période de la floraison et celle de la fruclificallon ont été un peu plus courtes dans le sable non litto- ral, celle du dépérissement, au contraire, a été plus courte dans le Tome LXII. 15 - -226 - sable liLloral. Quant à la croissance, elle a duré quelques jours de moins dans le sable non lilloral. Pas plus ici que dans le cas du Raphanus salivus, dont il vient d'être question, on ne trouve celte difTérence toujours de même sens et si souvent rencontrée, entre les représentants du bord de la mer et ceux de l'intérieur du pays, au point de vue de la vitesse du déve- loppement. On se souvient que tous les sujets de l'espèce Papaver rhœas, ont, comme ceux de l'espèce Raphanus, été cultivés, en 1907, loin de la mer seulement. SOLS Levée Flo- raison Inter- valle Flo- raison Fructifi- cation Inter- valle Fructifi- cation Mort Inter- valle Littoral en bâche Non littoral en bâche 6 mars 12 mars 10 juin 20 juin 94 j. 98 j. 10 juin 20 juin 20 juil. 20 juil. 40 j. 30 j. 20 juil. 20 juil. l^rsopt 10 sept. 40 j. 50 j. SOLS Levée Aclièveriient (le la croissance Inter- valle Littoral en bâche 6 mars 12 mars i'^ juil. l^r juil. 114 j. 108 j. Non littoral en bâche Pisum sativum. Cette espèce, loin de la mer, a mis un peu plus de temps pour effectuer sa croissance dans le sol littoral transporté que dans le sol non littoral. D'autre part, elle est morte plus rapidement dans le pre- mier sol. SOLS Levée Flo- raison Inter- valle Flo- raison Fructifi- cation Inter- valle Fructifi- cation Mort Inter- valle Littoral en bâche Non littoral en bâche 10 mars 10 mari 10 mai 10 mai 60 j. 60 j. 10 mai 10 mai 10 juin 10 juin 30 j. 30 j. 10 juin 10 juin 20 juil. 1er août 40 j. 50 j. m — SOLS Levée Achèvement (le la croissance Inter- valle Ulloral en bâche 10 mars 10 mais 10 juin le'" juin 90 j. 80 j. Non lilloral en bâche Polygonum fagopyrum. La période de la fruclificalion el celle de la croissance ont été écourlées dans le sol liitoi'al en place, c'est-à-dii-e dans le sol situé dans le voisinage de la mer. SOLS Levée Flo- raison Inter- valle Flo- raison Fructifi- cation Inter- valle Fructifi- cation Mort Inter- valle Lilloral en place 28 avril 10 juil. 72 j. 10 juil. 20 aoûl 40 j. 20 aoùl 1"' nov. 70 j. Non lilloral en place 2 mai 10 juil. 68 j. 10 juil. 30 aoiil 50 j. 30 aoûl lei'nov. 60 j. Lilloral en bâche 2 mai le"- juil. 58 j. le- juil. 20 aoûl 50 j. 20 aoûl i^' nov. 70 j. SOLS Levée Achèvement de la croissance Inter- valle Lilloral en place 28 avril 2 mai 2 mai 20 aoûl 30 aoûl 30 aoûl 112 j. 118 j. 118 j. Non li lloral en place Lilloral en bâche Zea maïs. Comme l'indique la série des résultats réunis ci-après, Zea maïs a montré une très légère diminution de la période de sa floraison et de celle de sa fruclificalion sur la dune littorale. — 228 — s () L S Levée Flo- raison Inter- valle Flo- raison Fructilî cation Inter- valle Fructili - cation Mort Inter- valle Lilloral en place Non liUoi'iil en place 8 mai 12 mai le"- juil. l"' on lOjuil. 52 j. 48 ou 58 j. lei- jiiij. ler OU lOJMil. 10 août 20 août 40 j. 40 ou 50 j. 10 août 20 août 20oct. l"nov. 70 j. TOj. Nous allons constater maintenant que cette espèce a grandi un peu plus rapidement dans la région maritime que dans la région continentale, autrement dit une légère diminution dans la durée de la période ou phase de croissance, pour cette plante, dans la zone littorale. SOLS Levée Aehiiveiiieiit de la croissance Inter- valle Littoral en place 8 mai 12 mai 10 août 20 août 92 j. 98 j. Non littoral en place Nous avons constaté, d'une part, que toutes les phases du cycle (levée, croissance, etc.) avaient eu une durée moindre près du bord de la mer. Nous avons remarqué, d'autre part, que la durée des phases ou périodes avait été la même, loin de la mer, dans le sol littoral trans- porté et dans le sol non littoral. Nous avons enfin observé que la différence, dans le départ et la durée de la végétation, entre les plantes littorales et les plantes con- tinentales, avait été plus grande pour les plantes printanières-esti- vales que pour celles estivales-automnales. Nous allons donner maintenant un tableau général qui nous per- mettra de juger des principaux résultats obtenus dans l'étude expé- rimentale de toutes ces plantes. 229 S s S CD a s E oo E £ E E 5 £ « ce cB S £ E 0( Ol O^ E E = S n3 aj X E E E S OO 00 o to lU — ' «u _ •saiBAiTsa-sa.iaïuBiuuj S9[T;UUI0]riB-S9|BAl1S[vl — 23Ô — Notre étude expérimentale nous conduit aux conclusions suivantes : /" Le cycle évolutif des plantes annuelles commence plus tôt au bord de la mer; .2° La différence, à ce sujet, du littoral à l'intérieur du pays, est plus grande au début du printemps que dans la suite de la période végétative; 3° Le cycle a une durée moindre sur le littoral ; 4° La diminution de durée porte sur toutes les phases de ce cycle ; 5" Cette diminution est plus marquée, dans le cas d'une espèce à végé- tation printanière estivale, que dans celui d'une espèce à végétation esti- vale automnale. Ces conclusions, relatives aux plantes cultivées, confirment dans leur sens général, celles de la page 77, concernant les plantes spon- tanées. II existe cependant une petite différence pour les conclusions let2. * L'avance, au bord de la mer, pour le départ du cycle évolutif, n'aurait lieu qu'au premier printemps chez les plantes spontanées, tandis que cette avance se manifesterait, à toute époque, chez les plantes cultivées, avec un maximum, il est vrai, au premier prin- temps. Ces difîérences, entre nos conclusions concernant les plantes spon- tanées et celles relatives aux plantes cultivées, sont dues à ce que l'intervalle de quinze jours, que nous avions laissé écouler, entre deux observations successives, lorsque nous étudiions les plantes sponta- nées, était trop considérable. Cet intervalle ne nous avait pas permis de saisir la légère avance qui existe, après le premier printemps, dans le départ de la végétation littorale. Cette avance s'est montrée h nous dans la suite, quand nous avons fait, à des intervalles plus courts, des observations sur des plantes cultivées sur le littoral et dans l'intérieur du pays. QUATRIÈME PARTIE Etude sur certains facteurs de l'évolution des végé- taux dans Tatmosphère et dans le sol, au bord de la mer et loin de la mer. CHAPITRE PREMIER ENUMERATION DES FACTEURS ETUDIES J'ai fait des recherches dans les deux régions littorale et continen- tale, sur les facteurs de l'évolution des végétaux qui pouvaient présenter quelques dissemblances de l'une à l'autre. Toutefois, parmi ces facteurs. J'ai cru ne devoir considérer que ceux dont l'action sur la végétation est bien connue et présente une réelle importance. Ces facteurs ou agents, tant dans l'atmosphère que dans le sol, sont de deux sortes, les uns physiques, les autres chimiques. Les agents physiques que j'ai considérés sont les suivants : 1° Dans l'atmosphère. — La température, l'intensité lumineuse de la radiation, l'intensité chimique, le degré hygrométrique, la pluvio- sité, le vent. 2° Dans le sol. — La température et l'humidité. — 232 — Les agents chimiques sont ceux dont les noms suivent : lo Dans l'atmosphère. — Le clilorure de sodium, le brome, l'iode et l'ozone. 2° Dans le sol. — Le chlorure de sodium et les éléments fertilisants (azote, acide phosphorique, potasse, chaux). On voit que, malgré la similitude des deux contrées que j'ai choi- sies pour mon étude, les facteurs ou agents qui ont fait, de ma part, l'objet d'un examen, dans ces deux contrées, sont encore assez nom- breux. Je parlerai, en premier lieu, de mes études sur les facteurs ou agents physiques, en second lieu, de mes recherches sur les agents chimiques. Je ferai ressortir, pour les uns et les autres, les diffé- rences constatées entre la région maritime et la région continentale. Cependant je crois devoir, d'ores et déjà, prévenir le lecteur que les agents d'ordre chimique n'ont été étudiés par moi que d'une manière sommaire, à cause de leur action seulement éventuelle et, par suite, relativement faible. CHAPITRE 11 FACTEURS OU AGENTS PHYSIQUES § L hïslallation des postes d'observations. Périodes et heures des observations. Mes postes d'observations, au nombre de deux, étaient situés l'un sur la dune de Gartey, près du 106, l'autre à 1.500 mètres environ au couchant du bourg d'Uzeste, dans la partie est d'un vaste terrain découvert. Chacun des postes était muni des appareils suivants : Un actinomètre Arago-Davy. Un actinomètre Bunsen. Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, T. LXII. Pl. IX. < ce o o m P O 3 o o cd o 'H J Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux. T. LXII. Pl. X. G Ti W P a 3 o hJ o cd o -H — 233 — Deux thermométrographes de Six et Bellaiii. Un psychromèlre. Un pluviomètre. Ces appareils étaient disposés de la manière suivante : Les actinomètres étaient placés sur un banc de 1™25 de hauteur, l'un à côté de l'autre, et de telle sorte qu'ils pouvaient recevoir la radiation de tous les points du ciel. L'un des thermométrographes était placé dans une guérite exposée au nord et fixée h l'extrémité d'un poteau de 1^50 de hauteur. Cet appareil était disposé dans la guérite de telle sorte qu'un courant d'air pouvait circuler librement autour de lui. L'autre thermométro- graphe était enterré -dans le sol, à Une faible distance du poteau supportant la guérite et dans un endroit découvert. Le psychromètre était placé dans les mêmes conditions que le premier thermométrographe, avec cette seule différence que l'abri qui le protégeait était percé d'un orifice dans sa partie inférieure pour permettre à l'eau du réservoir de s'égoutter sur le sol. Quant au pluviomètre, il était posé sur un petit socle, bien à décou- vert, à côté des autres appareils. On s'étonnera peut-être que mes postes d'observations ne fussent pas munis d'un anémomètre, instrument qui aurait pu rendre quel- ques services. Mais comme, avec un peu d'habitude et d'attention, on peut déterminer à l'estime, d'une manière suffisamment exacte, la direction et l'intensité du vent, il ne m'a pas paru nécessaire de faire l'acquisition de cet instrument. D'autre part, pour connaître l'humidité du sol, on sait qu'aucun instrument spécial de mesure n'est nécessaire, et que cette humidité est indiquée par la différence entre le poids frais et le poids sec d'un échantillon de sol. J'aurai dit tout ce que j'avais à dire au sujet de l'installation de mes deux observatoires, quand j'aurai fait savoir qu'ils étaient entourés, l'un et l'autre, d'une clôture, qui les garantissait contre la malveillance ou l'indiscrétion. On peut voir du reste ici les photogra- phies de ces deux installations. J'ai fait des observations climatologiques en 1903, 1906 et 1907. Chaque année j'ai effectué plusieurs séries d'observations. Une première série, au début du printemps, du o février au 15 mars; une - 2.'<4 — deuxième, dans le milieu du printemps, du 15 avril au 15 mai ; une troisième, au commencement de Tété, du 10 au 25 juin; une quatrième et dernière, dans le milieu de l'été, du 15 juillet au 15 août. Dans les premiers temps je ne faisais des observations qu'une fois par jour, à midi. Toutefois, dans la suite, j'ai reconnu l'utilité d'en faire trois fois dans la journée, soit à 7 heures du matin, h midi et à 5 heures du soir. Je vais donner, pour l'année 1905, le détail des observations jour- nalières efTectuées à chaque période. Pour les deux autres années je donnerai seulement les moyennes de la période, sauf pour certaines observations supplémentaires qui n'ont été faites que ces deux der- nières années, comme, par exemple, la détermination de la hauteur de pluie tombée. § II. Les facteurs physiques au début du printemps (5 février-i5 mars). Indications préliminaires. Comme je n'ai fait, en définitive, des études météorologiques que pour expliquer les phénomènes périodiques de la végétation, et que, d'autre part, les plantes ne sont, au début du printemps, en février- mars, qu'à l'état de germination, je ne me suis occupé, pendant cette période, ni de l'intensité lumineuse ou chimique de la radiation, ni du degré hygrométrique de l'air. Je me suis donc borné à faire des recherches dans l'atmosphère, sur la température, la pluviosité et le veut, tandis que, dans le sol, j'ai étudié la température et l'humi- dité. Dans l'exposition qui va suivre, je donnerai toujours la première place aux facteurs dans l'atmosphère, comme tenant les facteurs dans le sol sous leur dépendance. — 23S — ANNÉE 1905. I. Facteurs dans l'atmosphère. Température. Comme on attribue très généralement à la température un rôle prépondérant dans la marche de la végétation, nous nous occuperons tout d'abord de ce facteur. Ce facteur a été étudié journellement, du o février au 15 mars, dans ses valeurs minimales et maximales. Nous allons exposer, en premier lieu, les valeurs minimales constatées. TEMPÉRATURE MINIMALE Jours Au BORD DE LA Mer Loin BE LA Mer Jours Au BORD de la Mer LOL"* DE LA Mer Février 5 6 7 8 9 10 11..... 12 13 14 15..... 16 17 18 19 20 21 22 23 24 0,8 1,0 2,2 6,2 2,8 1,5 1,2 2,0 - i,0 - 1,0 8,0 8,0 7,0 8,0 10,0 6,0 4,0 4,0 4,0 1,0 — 0,2 — 1,3 1,0 4,8 1,7 4,2 4,4 1,2 — 2,4 1,0 4,0 5,2 5,1 4,8 6,0 3,5 2,2 3,7 4,0 — 2,8 Février 25. .. 26... 27... 28... Mars 1 ..... . 2...... 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12...... 13 14 15 1,2 1,5 6,0 7,2 3,9 4,0 2,2 3,8 3,0 9,5 11,0 5,8 6,0 8,9 8,0 9,2 9,0 10,0 12,3 1 — 1,5 1,0 3,9 4,0 3,8 3,1 1,5 2,6 0,8 8,0 8,5 4,0 2,5 8,5 5,0 8,9 5,5 7,8 10,4 Moyenne. . 5,0 3,3 Les valeurs ci-dessus consignées nous montrent que la tempéra- ture s'est moins abaissée sur le littoral pendant la nuit. — 236 — Voici maintenant la série des valeurs relevées pour la tempéra- ture maximale : TEMPÉRATURE MAXIMALE Dates Au BORD lE LA Mion Loin DE LA Mer Dates Au BORD DK LA Mer Loin DE LA Meu Février 5 6 7 8..... 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18..... 19..... 20 21 22 23 24..... 10,2 11,1 9 9 10,1 6 9 9 11,8 12,9 14 13 11,2 12 12,5 10,8 7,6 . 6,8 12 12,1 11,2 12,3 10,2 10,6 10 7,8 8,1 10,0 12,8 13,9 14,2 12,0 11,5 12,2 13,0 11 8,8 6,2 7,8 13,0 Février 25... 26... 27... 28... Mars 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 10 18,5 10,9 10,2 10,1 11,1 10 5,7 9 14,5 13,8 19,3 17 15 13 11,2 17 12 14,1 11 19,5 10,9 10,5 10,6 12,2 9 6,8 10,2 15 14 19,5 18,2 16 17,8 13,6 18 14,5 15 Moyenne. . 11,7 12,2 La température s'est donc élevée un peu moins, pendant le jour, au bord de la mer. En faisant la demi-somme des températures minimale et maxi- male moyennes pour le littoral et l'intérieur du pays nous obtien- drons la température moyenne diurne de la période. Nous trou- vons : Sur le littoral = 8,3. — Loin du littoral = 7,7. La température moyenne diurne a été par conséquent un peu plus élevée an bord de la mer. En faisant maintenant la différence entre les températures minimale et maximale moyennes nous connaîtrons l'amplitude — 237 — moyenne de l'oscillation thermique diurne. On obtient les valeurs suivantes : Au bord d-e la mer =^ 6,7. — Loin de la mer = 8,9. Ces valeurs nous indiquent que Tamplilude thermique a été plus faible au bord de la mer, ou, ce qui revient au inème, que la stabilité thermique a été plus grande. Pluie. La pluie a été plus fréquente sur le littoral, du 5 février au 15 mars. Voici en effet tous les jours de pluie qui ont été observés sur le littoral et loin du littoral pendant cette période. CHUTES DE PLUIE j DATES SUR LK LITTORAL LOIN- DU LITTORAL DATES SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL Février 15 Pluie. Pluie. Mars 1 Forle pluie. Pluvieux. 16.... Pluie. Pluie. 2 Pluie. 17.... Pluie. Pluvieux. 5 Pluie. Pluie. 18.... Pluie. 7 Pluvieux. 19.... Pluvieux. Pluvieux, 8 Pluvieux. 20.... Forle pluie. 10... \ Pluvieux. 22.... Neige. Neige. 12 Pluie. Pluvieux. 23.... Pluie. • 13 Pluvieux. Pluvieux. 26.... Pluvieux. 14 Pluie. Pluie. 27.... 28.... Pluvieux. Pluvieux. Pluie. Forle pluie. 15 Pluvieux. Pluvieux. Total. . . . VOj.de pluie ou pluvieux. 14 j. de pluie ou pluvieux. La hauteur de pluie n'a pas été déterminée cette année là. Vent. Le vent présente de l'intérêt en climatologie, au double point de vue de sa force et de sa direction. La force et la direction du vent ont donc été déterminées par nous chaque jour. Le lecteur prendra con- naissance des résultats de cette détermination en lisant le tableau suivant, dans lequel les chiffres correspondent à la force du vent, évaluée d'après l'échelle de Beaufort. — 238 FO iu;e et dire :tion du vent jouns SUR LK LITTORAL LOIN 1 U LITTORAL JOURS .SUR LE LITTORAL LOLN DU LITTORAL Fé l'rier 5.... 3 Sud-0. 1 Nord-E. |Février 25 2 Nord-O. 2 Sud-0. 6.... 3 Sud-0, 2 Nord. 26.... 6 Sud-0. 6 Sud-0. 7.... .. 1 Nord. 27.... 5 Nord-O. 2 Ouest. 8.... 2 Nord-0. 2 Sud-E. 28.... 1 Nord 0. » 9.... 3 Sud-E. 1 Sud-E. Mars 1 2 Nord-O. 1 Nord-O. 10.... 4 Nord. 1 Nord. 2.... 4 Nord-E. 1 Nord-O. 11.... 3 Nord. 3 Nord-O. 3.... 4 Nord-E. 2 Nord-O. 12.... 4 Nord-E. 4 Nord. 4.... 5 Nord-E. 4 Nord. 13.... 2 Nord. 2 Nord E. 5.... 2 Sud-0. .. 14.... 2 Nord. 2 Ouest. 6.... 4 Nord. 2 Nord-O. 15.... 1 Nord. 2 Nord-O. 7.... 4 Nord-O 2 Nord-O. 16.... 3 Nord. 3 Nord 0. 8.... 4 Sud-0. 17.... 4 Ouest. 2 Nord 0. 9.... 3 Ouest. 1 Sud-0. 18.... 4 Nord-O. 2 Ouest. 10.... 2 Sud. 1 Sud-0. 19.... 5 Nord-O. 5 Nord-O. 11.... 6 Sud-0. 5 Sud-0. 20. . . . 9 Nord. 7 Nord. 12.... 4 Sud. 3 Sud. 21.... 5 Nord-E. 5 Nord-E. 13.... 8 Sud-E. 5 Sud. 22.... 5 Nord E. 1 Nord-O. 14.... 8 Nord. 5 Sud-0. 23.... 24.... 1 Est. 3 Ouest. 2 Sud-E. 15.... 6 SudO. 4 Sud. Moyennes. N. = 3,7 N.-0. = 2,4 On se rend compte que le vent a soufQé un peu moins de la mer, mais avec plus de force, sur le littoral. La direction la plus fréquente a été, en effet, le Nord sur le liltoi-ul et le Nord-Oiiest loin du littoral, et la force moyenne a été plus grande dans le premier endroit que dans le second. II. Facteurs dans le sol. Température. On a vu que nous avions fait des cultures : Au bord de la mer, dans du sable littoral en place. Loin de la mer, dans du sable non littoral en place, dans du sable littoral en place et dans du sable non littoral en bâche. Il était donc nécessaire de prendre la température, chaque jour, dans ces quatre terrains. — 239 — Comme pour Fair, on a relevé ici les minima et les maxima ther- miques. Ces minima et ces maxima ont été indiqués par des Ihermo- métrograpbes placés horizontalement dans les sols, à une profondeur de 2 centimètres, c'est-à-dire au niveau où la plupart des graines avaient été enterrées. Les indications fournies par ces appareils sont consignées dans le tableau suivant, en ce qui concerne la température minimale. TEMPÉRATURE MINIMALE DATES Sur le littoral Loin du littoral DATES Sur le littoral Loin du littoral Sable littoral eu place Sable non littoral en place Sable littoral en bàclie Sable non littoral en bàclie Sable littoral en place 0,0 Sable non littoral en place Sable littoral en bâcbe Sable non littoral en bâche ! I Février 5. 0,5 0,0 0,5 Février 25 -1,0 — 2,5 - 1,5 6. 0,0 - 1,0 - 1 - 1,5 26 -0,2 -0,3 — 1,5 — 1 1 ■ ^■ 2,0 2,0 2,5 2 27 5,0 4,5 6 6 ' 8. 5,0 5,2 4,5 4,8 28 4,6 3,5 2,7 3 9. 1,0 1,8 Mars 1.. — 0,5 3,7 1,9 2 10. 1,0 4,3 2,5 2,2 2.. 2,0 3,2 2 3 11. 1,1 4,2 3,2 3 3.. 1,0 1,2 1 1 12. 1,3 2,0 0,3 4.. 1,0 2,0 — 1,5 — 1 13. -2,0 - 2,2 -3,2 — 1,5 5. . 2,0 1,0 -0,5 0,5 14. — 2,0 1,2 1,5 -0,5 6.. 6,0 6,0 6 5 15. 5,0 5,8 5,2 4,9 7. . 9,0 6,2 6 6 16. 5,0 4,9 4,5 4,3 8.. 2,0 3,8 2 3,5 17. 4,8 5,1 4,2 4,2 9.. 5,0 3,0 1,5 2,3 18. 4,9 6,0 5,5 5 10.. 7,0 7,2 6,2 6,31 19. 8,0 7,2 0,8 6,5 11.. 9,0 4,0 3,5 3,5 20. 2,0 5,0 3,5 4 12.. 9,0 9,5 9,5 9,3 1 21. 1,2 1,6 0,5 0,5 13.. 6,0 6,0 4 4,5 22. 1,0 3,2 2,2 1,8 14.. 8,0 8,0 6 6,5 23. 24. 1,8 -1,0 3,8 -1,3 3 -3,8 2,5 -1 15.. 9,0 9,2 3,5 8,8 9,5, Moyenne. 3,2 2,6 2,71 1 La température s'est donc abaissée à peu près également dans le sable littoral et dans le sable non littoral en place. Elle s'est abaissée dans le sable littoral et dans le sable non littoral en bâche plus que dans les deux précédents, toutefois, ici aussi, la différence entre les deux sols a été très faible. ~ 240 — Voyons mainlenanl commenl, s'esl coniporlée la température maximale : ■ . TEMPÉRATURE MAXIMALE DATES Sur le littoral Loin du litt oral DATES Sur le littoral Loin du littoral Sable littoral en jilace Sable non littoral en place Sable littoral en bàclie Sable non littoral en bàclie Sable littoral en place Sable non littoral en place Sable littoral en bàclie Sable non littoral en bâche Février 5. 12 10 11,5 11 Février 25 17,5 10,8 16,5 11 6. 13 11 12,8 12 26 11 9 ■ 11,2 8,8 7. 12 9 10,2 10 27 10,7 10 12,2 10 8. 12,1 9,3 11,5 10,2 28 12,3 9 10 9,5 9. 10,7 11,2 12,5 12 Mars 1 . . . 19 10 13,5 11 10. 11 7,2 9,5 9,8 2... 16 11 15,5 11,5 11. 11,6 6,8 7,5 7 3... 10 6 6,8 6,5 12. 1,1,7 9,8 14,3 12,5 4... 15 6,8 7,8 7 13. 15,6 12,5 16,5 12,7 5... 15,2 9,5 12,2 9,5 14. 18,7 10,5 15,8 13,1 6... 17,7 10,5 12,5 10,2 15. 16,2 12,9 18 14 ■ 7... 15,5 12,5 14 12,2 16. 12,3 9,3 10,5 11,2 8... 22,7 17,2 22 18,2 17. 12,2 9,2 10 10 9... 19,5 16 21,5 18,8 18. 16 10,8 12,5 14 10... 20,4 15,3 19,7 18 19. 15,7 11,8 16 14 11... 17,8 17,8 24 20,6 20. 11,5 9,5 13,2 11 12... 14 12,7 14,5 13,5 21. 11,2 6,3 7 6,2 13... 18,5 16,8 22,2 21,3 .22. 8,7 7,5 11,1 8 14... 15,8 14,2 15,5 14,5 23. 24. 10 17 6,2 10,5 7,7 14 6 G,5 10 15.,. 13 14,8 16,5 15,5 11,9 Moyenne. 14,3 10,8 13,7 La température s'est élevée beaucoup plus dans- le sable littoral en place que dans le sable non littoral en place. La difl'érence a été de même sens, mais moindre, entre le sable littoral en bâche et le sable non littoral en bâche, le premier s'étant montré un peu plus chaud que le dernier. — 241 — Les moyennes de la minimale et de la maximale nous donnent : Sable littoral en place = 8,7. Sable non littoral en place = 7,1. Sable littoral en bâche =; 8,1. Sable non littoral en bâche = 7,3. Ces valeurs nous indiquent que la température moyenne diurne a été plus élevée dans le sable littoral en place que dans le sable non littoral en place; que cette température a été aussi plus élevée dans le sable littoral en bâche que dans le sable non littoral en bâche, mais que la différence a été ici moins considérable. Quanta l'amplitude thermique elle est exprimée par les chiffres suivants : Sable littoral en place = 11,4. Sable non littoral en place = 7,3. Sable littoral en bâche =: 11,1. Sable non littoral en bâche = 9,2. Ces chiffres nous font connaître que l'amplitude thermique a été plus grande dans le sol littoral en place que dans le sol non littoral en place. Ils nous apprennent en outre que cette amplitude a été aussi plus grande dans le sol littoral en bâche que dans le sol non littoral en bâche, mais que la différence entre ces deux derniers a été plus faible qu'entre les deux précédents. Humidité. Comme la température, l'humidité a été déterminée journellement pour les quatre champs d'expériences, à une profondeur de 2 centi- mètres, par dessiccation et pesée d'un échantillon de sol. Mais, tandis que la température a été prise deux fois par jour, l'humidité l'a été une fois seulement. Les résultats obtenus figurent dans le tableau suivant. Tome LXII. 16 242 H U IVl 1 DITE DATES Sur le littoral Loin du littoral DATES Sur le littoral Loin du littoral Sable littoral cil place Sable noii littoral en place Sable littoral en bàde Sable non littoral en bâche Sable. littoral en |ilace Sable non littoral en place Sable littorol en bàclie Sable . non littoral en bàcbe Février 5. 2 2 2 2,7 Février 25 5 1,8 2,1 3 6. 1,3 2,4 1,5 2,5 26 5 3,2 1 4 7. 5 2,1 2 2 27 4 6,9 4 7 8. 2,6 3,8 3 3 28 l,'? 5,5 3,4 4,8 9. 2,7 2,9 2 2,5 Mars 1 . . . 1,8 5,5 ^1,7 6 10. 3,2 2,2 1,1 1,5 2-... 2 2,5 3,7 3,3 11. 1,1 2,4 2 2,3 3... 2,9 2 2,5 3 12. 3 1,8 2,8 3,3 4... 1,7 3,3 2,9 3,5 13. 3 0,8 1 2 5... 1 2,6 1,5 2 14. 0,9 0,8 1 1,5 6... 3,5 2,2 2,3 2,9 15. 3 1,5 0,8 1,8 7... 0,7 3,7 3,2 3 16. 3 1,5 1,1 2,5 8... 3,5 3 2,5 4 17. 0,8 1 0,7 1,5 9... 1,7 3,8 2,7 3,7 18. 2,5 1,1 0,8 3,1 10... 3 3,5 1 2,4 19. 9 3,5 2 3 11... 3 2,1 1 1,8 20. 4,2 6 1,4 3,9 12... 1 2,7 0,5 4,5 21. 1 3 5,5 5 13... 1,5 3 1,5 3 22. 3,9 2,2 4 3,5 14... 2 2,5 2 2,3 23. 24. 1 3,5 3,2 2,5 2 2,1 4 . 3,5 15... 3 5,9 2,9 6,5 6,9 Moyenne. 2,6 2,2 3,2 Les valeurs qui précèdent nous permellent de construire les deux figures suivantes. La première, en gros traits, concerne les sols en place; la deuxièntie, en traits lins, les sols en bâche (1). (1) Le trait continu se rapporte, dans les deux cas, au sol littoral. U en sera de même dans la suite. 243 5 il 3 2 i U J — I 1. -I — I 1 I L_L 16 Février. 24 12 Mars. Février. Mars On voit que l'humidité du sol littoral en place a été plus faible que celle du sol non littoral en place, et que celle du sol littoral en bâche a été plus faible encore par rapport à celle du sol non littoral en bâche. Le sol littoral, transporté loin de la mer, a donc été le moins humide de tous. ANNÉE 1906 Comme je l'ai dit en tète de ce chapitre, je ne donnerai, pour Tannée 1906, que les moyennes des observations journalières concer- nant les divers facteurs. Exception sera faite pour ceux qui ont été l'objet d'études complémentaires en 1906, comme, par exemple, la pluviosité. — 2-44 — I. Facteurs atmosphériques. Températurs. Nous avons obtenu, poui- les minimade la température de l'air, les valeurs suivantes : Au bord de la mer 4,3; Loin de la mer 1,1. De leur côté les observations sur les maxiina ont donné : Au bord de la mer 12 ; Loin de la mer 13,5. A l'aide de ces chiffres, si nous voulons établir la température moyenne diurne, dans nos deux régions d'observations, nous sommes conduits aux valeurs suivantes : Au bord de la mer 8,1 ; Loin de la mer 7,3. Nous pouvons enfin connaître l'amplitude de l'oscillation thermique. C'est ainsi que la différence de la minimale à la maximale, pour chaque endroit, nous donne : Sur le littoral 7,7 ; Dans l'intérieur du pays 12,4. D'après tous ces résultats, nous pouvons dire qu'au bord de la mer la température de l'air a été moins basse pendant la nuit, moins éle- vée pendant le jour; que la température moyenne diurne a été supé- rieure, et l'amplitude thermique moindre. Des résultats semblables ont été reconnus en 1905. Pluie. Nous avons noté, en 1906, non seulement les jours de pluie sur le littoral comme dans l'intérieur du pays, mais toutes les chutes d'eau qui se sont produites. En outre, nous avons relevé, toutes les fois qu'il y a eu lieu, la hauteur d'eau tombée. Des observations aussi précises n'ayant pas été faites en 1905, nous allons en donner le détail pour Tannée 1906. Voici d'abord les mesures de la hauteur de pluie tombée. — 243 — HAUTEUR DE PLUIE TOMBÉE ' DATES SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL PATES SUR LE LITTORAL 1 LOIN 1 U LITTORAL Février 5. . . . 8.... 9.... 10.... U.... 12.... 13.... 14.... 15.... 16.... 17... 18... 19... 20... 1 Qmm 5 3 2 2 2 2 8 U 3 1 3 5 \ mm 1 2 1 2 6 1 3 1 1 1 1 2 3 Février 22 23.... 24.... 25.... 26.... 27.... 28.... Mars 1 2.... 3 . . . 9.... 12.... 14.... 2 mm 10 u 2 1 5 7 1 8 3 3 2 5 2mm 5 4 l 1 5 5 1 1 1 1 1 Hauteur lolale. 107 55 Ces résultats sont représentés par la figure suivante, dans laquelle les perpendiculaires, élevées sur l'axe des abaisses , sont proportion- nelles aux hauteurs de pluie tombée (1). , 10 I 12 I 16 fl 20 Février. Il 28 I 12 Mars. 14 (1) Les traits continus se rapportent au littoral. — ■ 246 — On voit que, sur le littoral, il est tombé, du 5 février au 15 mars 1906, une quantité d'eau à peu près double de celle qui est tombée, dans le même temps, dans l'intérieur du pays. De leur côté, les chutes de pluie ont été, comme on va le voir, un peu plus nombreuses au bord de la mer, bien que les jours de pluie n'y aient pas été plus fréquents. (D d le "S K c -CL) S S ctf C 3 O) --; S eO O ai '9 S, .S a — 3 T3 3 ^eS es a -0) O) C i^ a O V S ir. -a c '5 CS "3 -a O) 3 _o o o eu O) di ►J OJ a> O) (D 3 eu _03 03 ;-! 'ri -3 OJ a> > > c 03 G a- a, < K, < P eu es ÏD ^ a G -a en . ^ S S o C es § S -03 _i ^ 03 ^ S -3 < d "es 's -03 d es 7. s " es s s ^ 1— < 03 o S > '3 en a .2 -03 T3 G ctf .« ;— 3 Q "^ o c G 03 == Pï QJ crf ns Cl ai a) '^ es O - tn 2^ 3 _ M ■a a ftl 0) >■ c c 3 "^ 03 > D P a. < < o fo p a <: J 1 irt CO t— 00 "H CN œ <* i6 cb t- 06 32 «•H oi co -^' 16 r/j C^î C-J (>J t>i w H ^ t-i > ce LU Q s Û ___ ai -3 □ E-^ 03 (0 UJ H I Ci s Q 5 d es S -a c 3 _o cS tn a 03 'a S > ■f m 'a G o 03 -03 ■O c cS S s. 03 '3 G es 03 C3 .S es S _03 03 -03 13 G tn 03 -■ 03 _G 03 ~ ■3 ^ 03 es -0 'T3 3 ?; c s _03 03 '3 03 -CD "0 _eS tn G es T3 03 -03 C E-i 3 _o es tn G es 13 en 03 G eS £ . 03 C ■3 JS 03 03 E 03 > o ee _CT' 03 «D Oi m .ï ^ 0) 03 03 .2 03 «J 03 -43 a> a> a) "§ :2 S 03 '3 03 '"t; '3 S •-S 03 T3 a c 3 > C! 3 G C >- 03 > G P P CV o, <: P O. P CL, S <11 tx < 03 .b^ 03 .ij 03 _^_3 03 -ai Ch cS 3 .£. cS C cS T3 tn 03 -03 es 5 -3 03 _03 alin. e fine loule la j( ées de grand nii .5 "es £ 03 03 ■3 S en ,CD S. ^es 03 -S s 03 > 03 "es en £ S^ _03 5^ 03 es '3 t- "T eS 3 tS C es C -a 3 tn ai > '3 *;i; 03 T3 3 G 3 'a ■O "3 03 ^ '3 03 03 G C - ^ C 03 „ < < D- n. P â £1- K < Oh d. < irt (6 t-^ cd -^ ca c6 -* lO «d t-^ 00 ai d CN c6 -3" X ■<-( ■H ^-1 T-^ ^^ th Cvi 01 0-) (?< K H ù ^ > a — 247 — Vent. Le vent a soufflé le plus souvent du Nord-Est dans la station litto- rale, et du Nord dans la station continentale. Sa force moyenne a été égale à 4,0 au bord de la mer et à 2,7 dans l'intérieur du pays. Nous avons déjà reconnu, en 1905, que le vent avait soufflé un peu moins de la mer, sur le littoral, et qu'il avait eu une force sensible- ment double dans cet endroit. II. Facteurs dans le sol. Nous avons fait, en 1906, les mêmes études, sur les facteurs ou agents de la levée, dans le sol, qu'en 1905. Nous avons donc noté la température et l'humidité, dans tous les terrains d'expériences, à une profondeur de deux centimètres. Ces observations, faites journelle- ment, nous ont conduit aux résultats que nous allons relater. Température. La température minimale de la période a été dans la moyenne : Sable littoral en place, 4,5. Sable non littoral en place, 1,9. Sable littoral en bâche, 2,6. Sable non littoi'al en bâche, 2,4. La température maximale a montré les valeurs suivantes : Sable littoral en place, 14,7. Sable non littoral en place, 12,3. Sable littoral en bâche, 14,1. Sable non littoral en bâche, 12,8. Par suite la température moyenne diurne a été : Sol littoral en place, 9,6. Sol littoral non en place, 7,1. Sol littoral en bâche, 8,3. Sol non littoral en bâche, 7,6. Ce qui donne pour la variation thermique : Sol littoral en place, 10,2. Sol non littoral en place, 10,4. Sol littoral en bâche, 11,5. Sol non littoral en bâche, 10,4. — 248 — Ces résultats nous montrent que la température s'est abaissée beaucoup moins dans le sol littoral en place que dans le sol non littoral en place, mais qu'elle s'est abaissée presque autant dans le sol littoral en bâche (transporté) que dans le sol non littoral en bâche. Nous voyons de plus, par les chiffres qui précèdent, que la tempé- rature s'est élevée dans le sol littoral en place plus que dans le sol non littoral en place, qu'elle s'est élevée aussi dans le sol littoral en bâche plus que dans le sol non littoral en bâche, mais que la diffé- rence entre ceux-ci a été moindre qu'entre les deux premiers. En outre, l'inspection des valeurs ci-dessus nous indique que la moyenne thermique a été plus élevée dans les sols littoraux, sur- tout dans le sol littoral en place. Enfin ces résultats nous apprenneni, que la température a varié un peu moins dans le sol littoral en place que dans le sol non littoral en place, mais que, par contre, elle a varié dans le sol littoral en bâche plus que dans le sol non littoral en bâche. Humidité. ■ Le taux de l'humidité, déterminé chaque jour par le rapport du poids frais au poids sec d'un échantillon de sol, a présenté dans la moyenne les valeurs suivantes : Sur le littoral : Sable littoral en place, 4,0. Loin du littoral : Sable non littoral en place, 3,4. Sable littoral en bâche, 3,0. Sable non littoral en bâche, 3,8. Le taux de l'humidité a donc été plus élevé dans le sol littoral, sur le littoral, que partout ailleurs. Sa valeur la plus faible a été notée dans le sol littoral en bâche, placé, par conséquent, loin de la mer. A ce propos il est bon de rappeler qu'en '1903 les deux sols lillo- raux furent aussi trouvés plus secs que les deux sols non littoraux, et que la sécheresse du sol littoral, sur le littoral, fut aussi relative- — 249 — ment moindre, ou, ce qui revient au même, Tiiumidité dans ce sol relativement grande. ANNÉE 1907 1. Facteurs atmosphériques. J'ai dit, dans la troisième parti.e de ce mémoire, que je me suis borné, en 1907, à faire des semis dans le sol littoral en bâche et dans le sol non littoral en bâclie, dans la seule région continentale par con- séquent. Une étude des facteurs atmosphériques, au bord de la mer et loin de la mer, ne m'a donc pas paru nécessaire pendant cette période de février-mars 1907, d'autant plus que les facteurs atmosphériques n'exercent sur la levée des plantes qu'une action indirecte, autrement dit n'agissent que par l'intermédiaire des facteurs dans le sol. II. Facteurs dans le sol. Si je n'ai pas étudié les facteurs dans l'atmosphère, il n'en a pas été de même des facteurs dans le sol. J'ai en effet déterminé tous les jours les températures minimale et maximale, ainsi que le degré d'humidité dans les sols ensemencés. J'ai obtenu les résultats que je vais exposer. Température. La température minimale a été plus élevée dans le sol littoral que dans le sol non littoral. Les valeurs ont été les suivantes : Sol littoral, 4,2. Sol non littoral, 3,2. Le maximum thermique a présenté une valeur un peu plus élevée aussi dans le sol littoral, soit 16,5, pour 16,1. La moyenne a donc été plus élevée dans le sol littoral. Cependant la différence avec le sol non littoral a été assez faible, 10,3 pour 9,6. Enfin l'amplitude de l'oscillation thermique a peu différé d'un sol à l'autre. Elle a été légèrement plus grande dans le sable non littoral. On trouve en effet : Sable littoral, 12,3. Sable non littoral, 13. 250 — Humidité. Le laiix de riuimidilé, à deux cenliniètres de profondeur, s'est montré beaucoup plus faible dans le sol littoral, loin de la mer, que dans le sol non littoral placé dans son voisinage, et dans les mêmes conditions. J'ai efTectivemenl obtenu, comme moyenne de la période, les chiftVes suivants : Sol littoral en bâche, 1,4. Sol non littoral en bâche, 2,8. RÉSUMÉ DES OBSEHVAÏIONS SUR LES FACTEURS DANS l'aTMOSPHÈRE ET LES FACTEURS DANS LE SOL EN 1905, 1906 ET 1907. I. Facteurs dans Fatmosphère. On trouvera fondus ensemble, dans le tableau suivant, les résultats des constatations auxquelles ont donné lieu les divers facteurs atmos- phériques de la végétation, au début du printemps de 1905, 1906 et 1907. RÉGION TcnipérafQre minimale lempfraturo niaxini.ale Tenipcratiire moyenne Oscillations tlienniques Hauteur de pluie Jours de pluie Direction et force du vent Littorale Non lilloraie 4,6 2,2 11,8 12,7 8,2 7,2 10,6 93mm 42inm 23 19 iN.-N.-O. 3,9 X.-O.-O. 2,6 Ces résultats généraux nous permettent de tirer les conclusions suivantes : Sur le littoral, au commencement de la période printanière : La lempéralure minimale est moins basse. La température maximale est moins élevée. La température moyenne est supérieure. L'amplitude thermique est moindre. La pluie est plus abondante. Les jours de pluie sont un peu plus nombreux. Le vent souffle un peu moins de la mer, avec une intensité plus grande. — 231 II. Facteurs dans le sol. Toutes les observations que nous avons faites, en 1903, 1906 et 1907, au sujet des facteurs de la végétation dans le sol, sont conden- sées dans les chiffres suivants : RÉGION SOLS TEMPÉRATURE minimale 1 TEMPÉRATURE TEMPÉRATURE maximale moyenne AMPLITUDE thermique nUMIDITÉ Littorale . . . Littoral en place 3,9 14,5 9,2 10,5 , 3,3 ( Non littoral en place.. 2,7 11,5 7,1 8,8 3,1 Gontinentale< Littoral en bâche. . . . . 3,1 14,7 8,9 11,6 2,2 ( 1 Non littoral en bâche. 2,7 13,6 8,1 10,9 3,2 A l'aide du tableau précédent, si nous comparons, au point de vue des facteurs respectifs, d'une part, le sol littoral en place au sol non littoral en place, d'autre part, le sol littoral en bâche au sol non littoral en bâche, nous sommes conduits à formuler les propositions suivantes : Au bord de la mer, au premier printemps, dans le sol : La température s'abaisse inoins. Elle s'élève davantage. Elle est en moyenne plus élevée. L'amplitude de l'oscillation thermique est plus grande. L'humidité est plus considérable. III. Les facteurs physiques au milieu du printemps (15 avril-15 mai). Indications préliminaires. Au milieu du printemps, mes éludes ont porté, comme on a pu s'en rendre compte, à la fois sur le développement des plantes hâtives et sur la levée des plantes tardives. Aussi mes observations climalolo- giques ont-elles eu pour objet, à celte période de l'année, non seule- ment les facteurs déjà visés au début du printemps, tels que la tem- pérature de l'air, la pluviosité, le vent, la température et l'humidité 252 du sol, qui ont une action sur la levée, mais aussi certains autres facteurs, comme la radiation lumineuse, la radiation chimique, le degré hygrométrique de l'air, qui ngissenl sur le développement. Comme, d'autre part, les facteurs qui ont une action sur la levée ont aussi une influence sur le développement, je vais simplement exposer ici, pour chaque année, d'abord les observations relatives aux facteurs de la végétation dans l'atmosphère, puis celles qui inté- ressent les facteurs dans le sol. ANNÉE 1903 I. Facteurs dans l'atmosphère. Température. La température de l'air a été prise, du 16 avril au 15 mai, dans les mêmes conditions que du 3 févvrier au 15 mars. Les indications des thermomètres àmaxima et miuima ont été notées chaque jour et les températures minimale et maximale relevées avec soin. Cette opération a fourni des résultats dignes d'intérêt que nous allons exposer ici. Nous commencerons par parler de la température minimale. TEMPÉRATURE MINIMALE DATES SUR LE LITTORAL LOIN lU LITTORAL DATES SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL Avril 15 16..... 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26..... 27 28 29 30..... 11 11 12 9 7 7 6 6,2 6 10 4 8 5 9 12 11 3,8 4,8 4,5 6,8 7,5 7,2 6,2 4,8 4,5 — l — 2,5 — 1,8 0,5 2,0 5 7,2 Mai 1 2 3 4 5 6 7 8. 9 10 11 12 13 14 15 8 9 10 7 7 10 9,5 10 11 5 6 10,5 10,5 7,5 10 3,2 4,5 5,7 5,1 2,2 9,2 9,5 9 10 -0,8 — 1,5 3,4 5,7 9 Moyenne. . . . 8,5 4,3 - 2o3 — La température, nous le voyons, s'est abaissée, d'une manière générale, beaucoup plus dans l'intérieur du pays que sur le bord de la mer. En outre, tandis que, dans le premier endroit, des gelées se sont produites à plusieurs reprises, la température n'est jamais des- cendue à dans le second. Nous verrons dans la suite les conséquen- ces que cette différence peut entraîner, quand nous nous occuperons du mode d'influence du voisinage de la mer sur le cycle de la végé- tation. Cela dit, passons à l'étude de la température maximale. TEMPÉRATURE MAXIMALE DATES AU BORD LOIN DE LA MER DE LA MER DATES AU BORD DE LA MER LOIN DE LA MER Avril 15.... 16.... 17.... 18.... 19.... 20.... 21 22.... 23.... 24.... 25.... 26.... 27.... 28. .. 29.... 30.... 17 14 14 13 14 11 11 12,5 12 14 22,5 20 21 19 17 20 22,5 17,8 20,5 15,8 . 16,7 14,2 9,2 15,0 17,0 20,0 24,5 28,8 31,2 25,0 22,5 26,6 Mai i.... 2.... 3.... 4.... 5.... 6.... 7.... 8.... 9.... 10.... 11.... 12.... 13.... 14.... 15.... 23 15 15 14 13,5 14 15 12 16 19 22 21 21 15,5 17 23,5 20,0 18,2 18,5 17,0 16,5 17,8 20,6 17,0 21,0 24,5 27,0 21,0 20,0 19,0 20,3 Moyenne 16,2 Contrairement à ce que nous avons vu tout à l'heure, pour la tem- pérature minimale, nous remarquons ici que, sur le bord de la mer, la température s'est élevée beaucoup plus dans l'intérieur du pays. La difîérence est de plus de 4 degrés en faveur de cet endroit. L'ensemble des observations efîectuées sur les températures nyc- thémérales successives est représenté par le graphique suivant : — 254 — 24 18 12 I . I 1 ■ I i t I ., i . . il, 16 22 Avril. 28 10 Mai, Si nous cherchons à établir la température moyenne de part et d'autre, nous obtenons les résultats suivants : Sur le littoral, 12,3. — Loin du littoral, 12,3. La température moyenne a donc été de même valeur dans les deux milieux. Cherchons enfin l'amplitude de cette température; nous trouvons : Au bord de la mer, 7,7. — Loin de la mer, 16. Ces chiffres nous montrent que le degré thermique a été beaucoup plus variable loin de la mer. 2o5 Radiation lumineuse. La radiation lumineuse a été déterminée, en 1905, une fois par jour, à midi. En !l906 et 1907, elle a été mesurée trois fois par jour. Nous avons d'ailleurs avisé le lecteur à ce sujet. La radiation a été évaluée au moyen de l'actinomètre Arago- Davy. Comme on le sait, les résultats obtenus avec cet appareil sont bien représentés par la formule t — l' =^ A p'^ ; t — /' est la différence entre les températures des thermomètres conjugués; A est la difïërence que ces températures présenteraient à la limite supérieure de l'atmos- phère; p indique la ti-ansparence optique de l'atmosphère à sa limite supérieure; l'exposante représente l'épaisseur évaluée en épaisseurs atmosphériques. Il suffit donc de multiplier t — t' par le facteur de conversion A ou, conventionnellement — 7- = — — = 0,88, pour con- naître le degré actinométrique correspondant. Voici les degrés que nous avons ainsi obtenus. RADIATION LUMINEUSE DATES SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL DATES SUR LE LITTORAL LOIN EU LITTORAL Avril 15. .... 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 11,7 52,9 29,4 11,7 23,5 17,6 42,6 26,4 45,5 49,8 52,9 41,1 35,2 11,7 48,4 39,4 41,7 29,4 34,1 19,4 7,0 35,2 35,2 27,6 39,4 39,4 49,3 38,8 11,7 9,4 Mai 1 9 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 32,3 39,6 45,5 49,9 47,0 11,7 14,7 38,2 27,9 36,7 44,1 47,0 44,1 38,2 52,9 35,4 6,4 23,5 34,1 38,2 55,2 5,8 35,2 35,8 16,4 45,2 46,4 49,9 54,6 26,4 31,7 Moyenne.. . 33,0 On obtient avec ces chiffres le graphique ci-après. 256 - . 52 - a/1 t A 44 - i/V t 1 t 1 l \ t / ''^^ \j ' 1 V 36 - \ \ % \ l 1 f * 1 \ ! 1 28 - / \h « m 1 Ah ' * 1 t - / V 20 - \i lit 12 - • -vif ;,, ^:.r. ^ !; 1 4 - ^-^■...■ [liai .1. 1 » 1 « 1 « » fl 16 22 Avril. 28 10 Mai. La radiation lumineuse a donc montré une intensité plus grande sur le littoral. Radiation chimique. La radiation chimique a été déterminée par nous au moyen de l'actinomètre Bunsen. L'intensité chimique de la radiation solaire est indiquée, dans cet appareil, par la vitesse de noircissement d'un papier sensible qu'on découvre peu à peu. La manipulation de cet appareil est, du reste, bien connue du lecteur et il serait superflu ici de la décrire. — 257 — Voici donc les intensités chimiques journalières de la radiation chimique au bord de la mer et loin de la mer qui ont été indiquées par Tactinomètre en question. RADIATION CHIMIQUE rATKS . AU BORD DK LA MER LOIN DE LA MER DATES AU BORD DE LA MER LOIN DE LA MER Avril 15... 16... 17... 18... 19... 20'. . . 21... 22... 23... 24... 25... 26... 27... 28... 29... 30. . . 22 24 22 11 20 21 24 22 21 24 24 23 21 16 24 21 24 19. 21 23 6 18 22 23 23 24 24 23 14 23 Mai 1 . . . . 2 3.... 4 5 . . . . 6.... 7.... 8.... 9.... 10.... 11.... 12.,.. 13.... 14.... 15.... 24 22 22 23 23 11 19 23 21 24 23 24 24 23 23 16 22 23 24 23 6 21 23 18 24 24 23 24 22 23 Moyenne. . . . 21,6 20,8 De même que la radiation lumineuse, la radiation chimique a été, en conséquence, trouvée un peu plus forte dans la région littorale. Ce résultat pouvait, dans une certaine mesure, être prévu. Degré hygrométrique. Avant de donner les degrés hygrométriques, obtenus journellement à l'aide du psychromètre, nous rappellerons que ce degré est déduit, au moyen des tables de Regnault, de la température indiquée par le thermomètre à boule humide et de la différence entre cette tempé- rature et celle du thermomètre à boule sèche. On trouvera ci-après la série des degrés obtenus. Tome LXII. 17 — 2^;8 — DEGRÉ HYGROMÉTRIQUE DATES SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL DATES SUR LK LITTORAL LOIN DU LITTORAL Avril 15 „ „ Mai 1 79 100 16 78 70 2 76 73 17 67 93 3 40 68 18 66 73 • 4 65 66 19 100 74 5 76 78 20 87 82 6 91 100 21 97 71 7 95 83 22 71 64 8 83 80 23 64 59 9 80 80 24 50 89 10 65 56 25 46 61 11 82 57 26 58 46 12 56 63 27 74 48 13 55 74 28 . 72 64 14 72 70 29 30 67 78 71 76 15 83 81 Moyenne. . . 71,7 71,9 Nous arrivons à ce résultat final que le degré d'humidité de l'air est très sensiblement le même au bord de la mer et loin de la mer aux environs du 1®'' mai. Ce fait, surprenant de prime-abord, est d'ailleurs bien connu en météorologie. Pluie. La pluie a paru plus fréquente au bord de la mer, les chutes de pluie ayant été notées dans cet endroit, comme aussi loin de la mer. On pourra prendre connaissance du détail des observations, qui ont été faites, en consultant le tableau de la page suivante, où sont men- tionnées les chutes de pluie qui se sont produites. Nous verrons plus tard, en étudiant les facteurs dans le sol, la conséquence de cette pluviosité plus considérable au bord de la mer. 239 — "^^* ^55 O) ^^ 55" 3 3 cri ri OJ C ;-• a: TS a ta C a, ri '3 ai 3 ri ^ ai ^ _aj a> '3 ai 3 to tJJ 3 > > "S -^^ > "—s <; '3 Q G 3 C ai "Qh ai C8 ri ri a> o ^3 •a TD '3 TS 03 eu tn 0) "5. en D en m ai a ni «; S {S > > ai co D J K. << ) CO ~9 iÔ UJ Q Q S t.. d 3 (!) "ri a T3 te «3 UJ h D w C « 13 > ai I w Q g q ri a> ri ai > s ri s ce; o oa os ri a! G ri ri C ri ai G. PL, •a > 3 oj ï CD "ri CD aJ ej .2 01 '3 '5 3 S '^ '3 3 '3 ■5 X s Cl. Cu a. 0. Oh a. lO CO r- ad ai d ^ C^ CO <3< l/î çd î— ce d M (w oj !>( C^< (>4 (>i (M (>J (W (>J Cr3 w _^ H •^ *^1 ^ a <; _ ■ 260 — Vent. La direction et la force du vent ont été observées chaque jour dans les deux régions littorale et continentale. Les observations ont donné les résultats que je vais mentionner. DIRECTION ET FORCE DU VENT DATES AU BORD DE LA MER LOIM DE LA MER DATES AU DORD DE LA MER LOIN DE LA MER Avril 15. . Sud, 10 Ouest, 4 Mai 1 . . Sud E., 5 Galme. 16.. Ouest, 7 Ouest, 6 2.. Sud-0., 10 Ouest, 6 17.. Ouest, 5 Ouest,. 1 3.. Sud-0., 7 Ouest, 4 18.. Nord-0., 5 Ouest, 1 4.. Nord, 5 Nord-0., 6 19.. Ouest, 2 Nord-0., 1 5.. Nord, 5 Nord, 7 20.. Nord-0., 10 Nord, 5 6.. Nord, 6 Calme. 21.. Nord, 9 Nord-0., 6 7.. Nord, 1 Nord, 1 22.. Nord, 4 Nord-0., 3 8.. Nord, 7 Sud, 1 23.. Nord, 4 Nord-E., 5 9.. Nord, 5 Nord, 3 24.. Nord-0., 3 Sud-0., 2 10.. Nord, 5 Nord, 7 25.. Nord-E., 4 Est, 2 11.. Nord, 5 Nord, 5 26.. Nord-0., 4 Nord-E., 2 12.. Nord, 5 Nord, 3 27.. Nord, 3 Nord-0., 3 13.. Nord-E., 4 Nord, 2 28.. Sud-0., 5 SudO, 5 14.. Nord, 7 Est, 3 29.. 30.. Sud-0., 3 Sud-0., 4 Sud-0., 3 Sud-0., 5 15.. Nord, 5 Nord, 2 Moyenne. 5,2 3,2 Les résultats se rapportant à la force du vent se trouvent, en outre, représentés par le dessin que l'on a sous les yeux. Avril. — 261 — Le venl prédominant a donc été, au bord de la mer comme loin de la mer, le vent du Nord. Mais, si la direction du vent a été la même aux deux endroits, sa force a élé bien supérieure sur le littoral. II. Facteurs dans le sol. Comme je n'ai pas fait de semis en avril-mai 1905, je n'ai pas étudié, cette année-là, du moins à cette époque, les facteurs du déve- loppement dans le sol, me réservant d'en faire une étude complète les deux années suivantes. Je vais donc passer à l'exposé des obser- vations relatives aux facteurs dans l'atmosphère en avril-mai 1906. ANNÉE 1906 I. Facteurs ou agents dans l'atmosphère. Comme je l'ai déjà fait pour la période d'observations du 5 février au 15 mars 1906, je vais me borner ici à donner les moyennes des résultats obtenus dans l'étude des différents facteurs. Je ferai une exception pour celui ou ceux de ces facteurs pour lesquels j'ai fait des observations plus complètes qu'en 1905. Température. Tempérai ure minimale. - Les minima thern)iques, pris chaque jour, de part et d'autre, nous ont donné les moyennes suivantes : Au bord de la mer, 7,8. Loin de la mer, 4,1. Température maximale. — La température la plus élevée du jour a été : Au bord de la mer, 16,8. Loin de la mer, 18,9. Température moyenne diurne, — Celle-ci a présenté les valeurs qni suivent : Au bord de la mer, 12,3. Loin de la mer, 11,5. — 262 — Amplitude de l'oscillation thermique. — L'écart moyeu entre les ininima et les maxima thermiques a été : Au bord de la mer, 9,0. Loin de la fner, 14,8. Tous ces nombres nous apprennent que, sur le littoral, la tempé- rature s'est abaissée moins et s'est élevée moins que dans l'intérieur du pays. Ces chiffres nous montrent, en outre, que la somme des tempéra- tures a été plus considérable au bord de la mer et que la variation thermique, dans cet endroit, a été plus faible. Radiation lumineuse. L'inlensité de la lumière, évaluée en degrés actinométriques, s'est montrée notablement plus grande dans la région littorale que dans la région non littorale. Nous avons trouvé, en effet, comme degrés actinométriques : Au bord de la mer, 36,3. Loin de la mer, 31,9. Radiation chimique. L'intensité de la radiation photo-chimique a présenté une valeur plus faible dans la région maritime. On a obtenu : Au bord de la mer, 26,0. Loin de la mer 28,0. Degré d'humidité. La fraction de saturation a été à peine plus forte sur le littoral. La différence avec l'intérieur du pays n'a été que de 4 dixièmes, soit 73,4 pour 73,0. ' Pluie. Nous allons voir que la pluie a été un peu plus abondante au bord de la mer que loin de la mer. Ainsi il a été noté 94 millimètres d'eau dans le premier endroit et 79 dans le second, avec seize jours de pluie de part et d'autre. Le détail des mesures des hauteurs de pluie se trouve dans le tableau suivant : — 263 - HAUTEUR DE PLUIE DATES AU BORT DE LA MER LOIN DE LA MER DATES AU BORD DE LA MER LOIN DE LA MER Av •il 17 2 8 Avril 29 14 8 18 8 10 30 2 23 3 Mai 1 2 1 24 1 2 2 12 1 25 15 25 3 11 1 26 16 11 4 9 2 27 28 1 1 1 12 2 4 Haut, totale. 94 79 Quant aux chutes de pluie, il en est fait mention ci-dessous CHUTES DE PLUIE DATES SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL Avril 17 18 19 23 24 25 26 27..... 28 29 30 Mai 1 2 3 4..... 10 12 Pluie fine dans la journée. Pluie la nuit et le malin. Ondées l'après-midi. Ondées la nuit. Ondées dans la journée. Averses la nuit et le jour. Pluie continue. Averses la nuit. Pluie fine et continue. Averses la nuit et le jour. Averses la nuit et le jour. Averses la nuit et le jour. Pluie fine la nuit et le malin. Pluie la nuit et le malin. Ondées après-midi. Petite pluie la nuit el le malin. Pluie fine dans la journée. Pluie fine le'matin et vers midi. Averses après-midi. Averses dans la joui-née. Averses dans la journée. Pluie fine dans la journée. Averses dans la journée. Pluie le soir. Pluie fine la nuit. Averses la nuit et le jour. Averses le jour. Ondées le malin. Ondées dans la journée. Pluie la nuit et le jour. Ondées dans la journée. Pluie la nuit et vers midi. Nombre de jours. 16 16 Le régime udométrique, dans le milieu de la période prinlanière, .a notablement différé, cette année aussi, d-^une région à l'autre. 264 — Vent. Le vent a soufflé du N.-O. au bord de la mer et loin de la mer, mais avec une force bien supérieure dans le premier milieu. Nous avons en efFet obtenu comme force moyenne : Au bord de la mer 4,3. Loin de la mer 2,6. La valeur 4,3 correspond, comme nous le savons, à une jolie brise, et la valeur 2,6 à une brise légère. IL Facteurs dans le soL On a étudié, en avril-mai, les mêmes facteurs de l'évolution qu'en février-mars, c'est-à-dire la température et l'humidité. Température. TEMPÉRATURE MINIMALE • DATES Sur le littoral Loin du littoral DATES Sur le littoral Loin du littt rai ■Sol littoral en ' place Sol non littoral en place Sol littoral en bâclie ■ Sol non littoral en bàelii! Sol ■ littoral en place Sol non littoral en place Sol littoral en biiche Sol, non littoral en bâche Avril 15. . . 10 8,8 9,8 9,3 Mai 1... 8,5 3,8 5,5 4 16... 11 9 10 9,5 2... 10 6,5 8,2 6,5. 17... 13,5 10,3 12 11,5 3... 9,5 4 6,5 5 18. . 11,5 7 9 11 4... 12 9 10 9 19... 9 6,5 6,8 6,2 5... 9 5 7,1 5,8 20... 8 6,3 7 6 6... 10 5 8 5 21... 4,5 2,8 2,3 1,8 7... 9 6,8 9,2 7,8 22. . . 8,6 5,5 6,5 6 8... 12 8,5 10,5 9,5 23... 8,1 5,3 4 4 9... 12,5 9 11,5 11 24... 7,5 2,2 1,6 1,8 10... 14,5 11,8 13,1 13,1 25... 9,5 2,3 3,2 2,5 11... 13 12,2 15 13,9 26... 8,5 6,2 7,8 6 12... 13 14 16 14 27... 6,5 2,8 5,2 2,5 13... 13 12,5 14 13,2 28... 7,6 1,9 2,5 0,5 14... 13 11 14 12 29... 30... 9 8 5,5 4,2 7,8 5,8 5,5 4,2 15... 15 14 16 15 IMOYENNE. 10,1 7,0 8,5 7,8 — 265 — La température, on le voit, a été prise journellement dans les quatre terrains d'expériences ensemencés et nous venons de donner, dans le tableau précédent, les valeurs qui concernent la température minimale, température qui a été prise à deux centimètres de profon- deur dans tous les sols. On voit par les moyennes consignées au bas de ce tableau que la température s'est moins abaissée dans le sol littoral en place, que dans les trois autres sols, et qu'elle a présenté la valeur la plus faible dans le sol non littoral en place. Mais ce qui nous importe principalement, c'est de connaître la tem- pérature moyenne diurne dans les divers terrains. Nous devons donc nous occuper, à cet eiïet, de la température maximale. TEMPÉRATURE MAXIMALE DATES Sur le littoral Loin du littoral DATES Sur le littoral Loin du littoral Sol ■ littoral en place Sol DO II littoral eu place Sol littoral en li.iclie Sol non littoral en bâclic Sol littoral en place Sol non littoral cil place Sol littoral en bàclie Sol non littoral en bâclic Avril 15... 19 18,5 20,5 19 Mai 1... 20 20,8 23,5 21,8 16... 21 20 20,8 20,5 2... 19,5 18,2 19,5 18,2 17... 20 18,5 19 19,2 3... 25,5 29 30,5 26,8 18... 15,5 14,5 14 13,5 4... 21 18,5 21,8 20 19... 18 15,5 17,3 15,8 5... 23 27,5 30,8 26,5 20... 19 13,5 16 14 6... 25 29,5 30,5 29,8 21... 22 22,5 27,8 25,5 7... 30 30,5 33,5 31,5 22... 20 20,5 23,5 21,5 8... 34,3 32,5 36,5 35 ' 23... 18,7 20 23,8 22,5 9... 31,5 31,5 33,5 31 24... 21,3 15,8 18,5 17,5 10... 20,5 23,7 30,5 24,5 25... 14 10,8 14 12 11... 24 25,5 26,3 23,8 26... 13 13,8 15,6 15,5 12... 24 26,5 26,5 26,5 27... 19 17,3 20,7 19,5 13. . 32 33,2 34,5 33,8 28... 12,5 13,2 16 14 14... 35 34 37,5 32,8 29... 30... 20 -19 16,8 16,5 19 20,5 19,3 18,3 15... 20 31 39 31 Moyenne. 22,1 21,9 24,5 22,6 266 — 32 26 20 14 Nous pouvons maintenant calculer la température moyenne dans tous nos champs d'observation. Nous obtenons les valeurs sui- vantes : Sur le littoral : Sol littoral en place, 16,1. Loin du littoral : Sol non littoral en place, 14,4. Sol littoral en bâche, 16,5. Sol non littoral en bâche, 15,2. Le sol littoral, loin de la mer, a élé, par conséquent, le plus chaud de tous. — 267 — Les valeurs minimales et maximales sont représentées par les figures de la page précédente et ci dessous, dont la première, en gros traits, se rapporte aux sols en place : Le trait continu concerne toujours le littoral. Avril. Mai. Il nous reste à déterminer la variation thermique dans ces divers milieux. Cette variation, qui nous est donnée par l'écart entre les températures minimale et maximale, a été : Au bord de la mer : Sol littoral en place, 12,1. Loin de la mer : Sol non littoral en place, 14,9. Sol littoral en bâche, 16,0. Sol non littoral en bâche, 14,8. — 268 - La température s'est donc montrée la moins variable de toutes dans le sol littoral, au bord de la mer, tandis qu'au contraire elle a présenté la plus grande variation dans le sol littoral transporté loin de la mer. Cela s'explique : Le sol littoral, étant plus perméable et moins absorbant que le sol non littoral, doit, k égalité d'arrosement, présenter une chaleur spécifique plus faible et, par suite, une varia- bilité thermique plus considérable. Humidité. Je n'ai déterminé le taux de l'humidité dans les sols que tous les deux jours, soit quinze fois dans le cours de la période. Néanmoins ce contingent d'observations est assez important pour permettre d'établir une comparaison d'un sol à l'autre, concernant le facteur humidité. Les échantillons dont j'ai établi le pour cent d'humidité ont été prélevés à 2 centimètres de profondeur. La série des valeurs obte- nues figure dans le tableau et les graphiques ci-après : POUR CENT D'HUMIDITÉ Sur 1 Sur le Loin du littoral | le Loin du littoral I DATES littoral DATES littoral II Sol Sol Sol Sol Sol Sol Sol Sol • littoral noD littoral non littoral non littoral non en littoral en littoral en littoral «n littoral place en place bâck en bâche place en place bàclie en bâche Avril 16.. 0,7 1 0,7 1,8 Mai 2.. 2,5 1,3 0,7 4 18.. 0,5 1,6 1,2 1,9 4.. 1,2 2,2 0,5 3,5 20.. 0,2 1 1,5 1,5 6.. 0,6 1 0,2 1,5 22.. 0,6 1 1,0 2,2 8.. 0,5 0,4 1 24.. 0,1 1,5 1 4 10.. 0,2 0,5 0,1 0,6 26.. 3,5 7,5 3,5 6,5 12.. 0,1 0,4 0,6 0,9 28.. 30.. 1,4 1,1 3 2 2,5 1,2 5,5 5 14.. 0,4 0,1 1,6 0,1 0,1 2,6 Moyenne. 0,8 1,0 — 269 " l 6 - 4 » l \ 2 B / /\ \ ^* 1% 'r' ....Jl™ l 9 fl «X. fi ,„.L8„.. 1 t . H 1. -L. _L 1 16 22 Avril. 28 10 Mai. 6 a ; V. sZa 16 22 t il g I 28 I I i Avril. — 270 — Les sols se rangenl par conséquent de la manière suivante, d'après le taux d'humidité : Sol non littoral en bâche. Sol non littoral en place. Sol littoral en bâche. Sol littoral en place. Ces résultats nous montrent que le sol littoral est moins hygrosco- pique que le sol non littoral, aux points considérés par nous. Nous allons passer maintenant à l'année 1907^ ANNÉE 1907 I. Facteurs atmosphériques. Température. ' Du 15 avril au 15 mai 1907,1a température minimale de l'air, prise chaque jour, a présenté, en moyenne, les valeurs suivantes : Sur le littoral, 6,8. Loin du littoral, 3,7. Cette température s'est donc montrée bien supérieure dans le premier endroit, La teujpéralure maximale a été trouvée, par contre, plus élevée dans l'intérieur du pays. On a noté en effet : Sur le littoral, 17,8. Loin du littoral, 20,4, Il est surtout intéressant pour nous de savoir quelle a été la région dans laquelle la température moyenne s'est montrée supérieure. Le calcul arithmétique nous donne : Sur le littoral, 12,3. Loin du littoral, 12,0. Nous voyons qu'il y a eu un léger excès thermique dans la région littorale. De son côlé, l'amplitude thermique n'a-f-elle pas été difï'érente aux deux endroits? Pour répondre à cette question, retranchons la tem- - 271 - péraluce minimale de la lempéralure maximale, pour chaque région, eL nous obtenons : Sur le liUoral, 11,0. Loin du littoral, 16,7. Ces chifïVes nous indiquent que l'amplitude thermique a été beaucoup plus grande dans l'intérieur du pays. Radiation lumineuse. La radiation lumineuse, déterminée trois fois dans la journée, a présenté une valeur moyenne diurne, du lo avril au 15 mai, supé- rieure sur le littoral. Les degrés d'intensité sont : Sur le littoral, 2o,9. Loin du littoral, 24,6. Radiation chimique. L'intensité chimique de la radiation a de même été un peu plus grande au bord de la mer que dans l'intérieur du continent. Les valeurs sont 18,2 pour le premier endroit, et 17,5 pour le second. Degré hygrométrique. Le degré hygrométrique, déterminé trois fois par jour, h des heu- res que nous avons indiquées, a montré comme valeur moyenne diurne : Sur le littoral, 66,5. Loin du littoral, 67,3. Ainsi l'humidité a été un peu plus considérable loin de la mer. Pluie. 11 est tombé beaucoup plus d'eau sur le littoral, pendant la période comprise entre le 15 avril et le 15 mai 1907. Nous avons noté, en effet, comme hauteur pluviométrique totale : Au bord de la mer, 68 millimètres. Loin de la mer, 35 millimètres. Les jours de pluie ont également été plus nombreux au bord de la mer. C'est ainsi qu'il a plu quatre jours sur dix sur le littoral et trois jours sur dix loin de la mer. Des résultats analogues ont déjà été reconnus en 1905 et en 1906. — 272 — Vknt. Le vent du Nord a prédominé sur le littoral. Loin de la mer les vents les plus fréquenls ont été ceux du Nord et du Nord-Ouest. Le vent a donc soufflé un peu moins de la mer dans la région littorale. Nous avons déjà eu l'occasion de constater le même fait en avril- mai 1906. IL Facteurs dans le sol. Les études que j'ai faites, en avril-mai 1907, au sujet de la tempéra- ture et de l'humidité dans le sol, m'ont donné les résultats dont on peut prendre ici connaissance : Température. La température minimale a présenté les valeurs que je vais indi- quer : Sol littoral en place, 6,0. Sol non littoral en place, 3,0. Sol littoral en bâche, 4,3. Sol non littoral en bâche, 3,2. La température maximale a été trouvée égale à 16,0 dans le sol littoral en place, à 14,2 dans le sol non littoral en place, à 16,6 dans sol littoral en bâche, et à 16,2 dans le sol non littoral en bâche. Ces chifl'res nous donnent comme température moyenne : Sol littoral en place, 11, o. Sol non littoral en place, 8,6. Sol littoral en bâche, 10,4. Sol non littoral en bâche, 9,7. Gomme amplitude thermique : Sol littoral en place, 6,0. • . Sol non littoral en place, 11,2. Sol littoral en bâche, 12,3. Sol non littoral en bâche, 13,0. Les premiers des résultats ci-dessus nous montrent que, de même que l'année précédente, k pareille époque, les sols littoraux ont pré- senté une température plus élevée que les sols non littoraux, et que - 273 — l'excès Ihermique a été surtout accusé dans le sol littoral au bord de la mer (Il ,5). Les seconds nous indiquent que la stabilité thermique a été parti- culièrement grande dans le sol littoral en place. La température, dans ce sol, a donc été plus élevée et plus stable que partout ailleurs. Humidité. Les pour cent d'humidité ont été les suivants : Sol littoral en place, 2,2. Sol non littoral en place, 2,8. Sol littoral en bâche, 2,0. Sol non littoral en bâche, 3,1. Les deux sols littoraux ont donc été plus secs que les sols non littoraux. Cependant le défaut d'humidité a été moins accusé dans le sol littoral en place, autrement dit dans le sol littoral sur le littoraL Telles sont les diverses observations que nous avons faites dans le sol en avril-mai 1907. Elles confirment, en grande partie, celles que nous avions effectuées précédemment. RESUME DES OBSERVATIONS SUR LES FACTEURS DANS L'aTMOSPHÈRE ET DANS LE SOL FAITES EN 1905, 1906 ET 1907. — CONCLUSIONS. I. Facteurs dans l'atmosphère. On trouvera ci-après la moyenne des valeurs présentées par les divers facteurs atmosphériques de la végétation, pendant les années consécutives, dans le milieu de la période printanière. ZONE 3 _aj 3 ^ "p.' M -S S ^ s .2 3 ■2. s o 3 rt 'S ■■5. S 3 a" O S g 3 3 ^ m'_3 o g ï '■^ ^ 3 ~ 'S 1 1 S. s . ë^ «.2 ■^^ ^ g 60 = -ë ■a 5 S H 21,9 J3 .o Lillorale.. 7,V 16,9 12,3 9,6 32,5 70,5 69 4/10 N. 4,7 Non litl... 4,0 19,8 11,9 15,8 29,8 22,1 70,7 50 3/10 N.N. 0.2,7 Tome LXII. 18 — 274 — Ces nombres nous conduisent aux conclusions suivantes : Au milieu de la période printanière, dans ratmosphère du littoral, /" La température s'abaisse moins. 2° Elle s'élève moins. 3° Elle est en moyenne plus élevée. 4° L'oscillation thermique est moins grande. " 5° La radiation lumineuse est plus forte. 6° La radiation chimique présente sensiblement la même intensité. 1° Le degré hygrométrique est sensiblement le même. 8" La pluie est plus abondante. 9° Les jours de pluie sont plus' nombreux. 10° Le vent souffle un pieu moins de la mer et présente une intensité plus considérable. II. Facteurs dans le sol. Les moyennes pour les différents facteurs de la végétation dans le sol, étudiés de 4905 à 1907, sont exprimées par les chiffres suivants : RÉGIONS SOLS TEMPERATURE maximale TEMPÉRATURE minimale TEMPÉRATURE moyenne OSCILLATIOS thermique HUMIDITÉ Littorale. . . Littoral en place 8,0 19 13,8 9 1,5 Non littoral en place . 5 18 11,5 13,0 2,2 Non littorale Littoral en bâche 6,4 20,5 13,4 14,1 1,5 Non littoral en bâche. 5,5 19,4 12,4 13,9 2,8 Si nous prenons le rapport, pour chaque facteur, d'une part, de sa valeur dans le sol littoral en place, à sa valeur dans le sol non littoral en place; d'autre part, de sa valeur dans le sol littoral en bâche à sa ■valeur dans le sol non littoral en bâche, nous voyons que dans le sol, au milieu du printemps, sur le littoral : i° La température ne descend pas aussi bas. 2° Elle s'élève néanmoins aussi haut. 3° Elle est en moyenne plus élevée. 4° L'oscillation thermique est plus faible. 5° L'humidité est un peu plus grande. « — 275 - Nous remarquons celle seule différence avec la période du début du printemps, c'est que les maxima thermiques ne sont pas plus élevés dans le sol, au milieu du printemps, sur le littoral que dans l'intérieur du continent. § III. Les facteurs 'physiques au commencemenl de Fêté [10 au '25 juin). ANNÉE 1905 Comme on a pu s'en rendre compte, j'ai fait en 1905 des observa- tions climatologiques au début du printemps. Comme on vient de le voir, j'ai fait des observations de ce genre au milieu du printemps. Comme on le verra plus loin, j'en ai fait aussi dans le milieu de l'été ; mais je dois dire ici que les circonstances ne m'ont pas permis d'en faire, en 1905, au commencement de l'été, soit du 10 au 25 juin. C'est pourquoi je vais parler, pour cette période de l'année, en premier lieu, des observations faites en 1906. Pour cette raison, j'entrerai dans quelques détails à ce sujet. ANNÉE 1906 I. Facteurs atmosphériques. Température. Durant cette période, comme pendant les autres, les minima et maxima de la température ont été relevés journellement sur le bord de la mer et loin de la mer. Voici d'abord le relevé des températu- res minimales : 276 - DATES TEMPÉRATURE MINIMALE DATES TEMPÉRATURE MINIMALE SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL Juin 10 11 12 13 14 15 16 17 18...... 14 13,5 13 14,5 14 11 9,5 12 9 5 4,5 5 6,6 4,6 5,6 3,1 5,8 7 Juin 19 20 21 22 23 24 25 9 15,5 10 14,5 18 16 12,7 2,5 7,1 3 7,9 10 18,5 7,5 Moyenne.. . 12,8 6,5 Nous allons voir maintenant les maxima thermiques qui ont été notés de part et d'autre : DATES TEMPÉRATURE MAXIMALE DATES TEMPÉRATURE MAXIMALE SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL SUR LE LITTOHAL LOIN DU LITTORAL Juin 10 11 12 13 14 15...... ■ 16 17 18 26 29,5 28,8 26 28 18 21 21,4 20 26,2 27,8 27,4 28,7 28 28,5 26,7 27,5 27,5 Juin 19 20 21 22 23 24 25 20,5 22,4 28 30,2 31 23 22 28,7 31,0 32,2 33,8 38,8 28,8 31,8 Moyenne. . 24,7 ■ 29,5 Les indications contenues dans les deux tableaux précédents nous permettent de tracer le graphique suivant : 277 — 34 26 18 - 10 » Il L 10 15 20 25 Juin. La moyenne thermique de la période, dans les deux milieux envi- sagés, va nous être indiquée par la demi-somme des températures minimales et maximales moyennes. Cette opération nous donne comme résultats : Au bord de la mer, 18,7. Loin de la mer, 18. • L'amplitude thermique nous est révélée par la différence entre les températures minimales et maximales. C'est ainsi que nous obtenons : Au bord de la mer, 11,9. Loin de la mer, 23,5. L'amplitude plus faible sur le littoral ressort d'ailleurs de l'exa- men de la figure qui précède. — 278 — Intensité lumineuse. L'observation de ractinomètre Arago nous a donné, au sujet de l'intensité lumineuse de la radiation, les résultats à l'aide desquels nous pouvons construire le tableau et le graphique ci-après : DATES DEGRÉ ACTlNOMÉTRinUE DATES DEGRÉ ACTlNOMÉTRinUE SUR LE LITTORAL LOIN' DU LITTORAL SUR LE LITTORAL LOIN- DU LITTORAL Juin 10 11 12 13 14 15 16 17 18 33,2 37,6 41,1 45,2 45,8 42,9 39,9 47,0 49,9 28,2 37 39,9 38 47 49,2 35,8 25,2 21,1 Juin 19 20 21 22 23 24 25 49,9 48,8 32,3 41,1 54,6 52,9 38,8 45,2 28,2 37,0 34,6 33,5 42,3 42,3 Moyenne. . 43,8 36,5 54 46 38 30 22 J L. 10 15 20 25 Juin. - 279 — D'une manière générale, la lumière a donc présenté une intensité plus grande dans la région littorale. Intensité chimique. La radiation a montré une intensité chimique un peu supérieure dans la zone littorale. Nous donnons ici simplement les valeurs moyennes obtenues, qui sont : Au bord de la mer, 23. Loin de la mer, 21, 2. Degré hygrométrique. Nous avons constaté une faible différence entre le degré hygro- métrique de l'atmosphère littorale et celui de l'atmosphère non littorale. On peut en juger par la lecture des nombres inscrits ci-après : DATES DEGRÉ HYGROMÉTRIQUE DATES DEGRÉ HYGROMÉTRIQUE hUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL SUR ■ LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL Juin 10 11 12 13 14 15 16 17 18 58 75 63 66 72 69 64 79 75 56 75 68 61 70 79 67 88 77 Juin 19 20 21 22 23 24 25 74 66 68 62 59 87 69 76 60 60 52 67 81 65 Moyenne. . 69,1 68,8 On voit que le degré d'humidité atmosphérique a été légèrement plus élevé au bord de la mer. Pluie. En 1906, il n'est tombé de pluie, du 10 au 23 juin, ni dans la région de Gartey et Pilât, ni dans celle d'Uzeste et Villandraut. — 280 — Vent. Nous allons considérer le vent d'abord au point de vue de sa direc- tion, nous le considérerons, ensuite, au point de vue de son intensité. DATES DIRECTION DU VENT DATES DIRECTION DU VENT su II LOIN SUR LOIN' LE LITTORAL I U LITTORAL LE LITTORAL DU LITTORAL Juin 10.. Nord. Nord-Est. Juin 18... Nord-Ouest. Nord. 11.. Nord. Nord-Est. 19... Nord-Ouest. Nord Ouest. 12.. Nord-Est. Nord-Est. 20... Nord-Ouest. Nord. 13.. Nord-Ouest. Nord-Esf. 21... Nord-Ouest. Est. 14.. Nord-Ouest. Est. 22... Nord. Nord. 15.. Nord. Ouest. 23... Sud. Sud-Est. 16.. Sud-Ouest. Sud-Ouest. 24... Nord-Ouest. Nord. 17.. Ouest. Sud-Ouest. 25... Nord. Nord. On peut voir que le vent a souftlé principalement du Nord-Ouest sur le littoral et du Nord loin du littoral. Quant à l'intensité du facteur visé, elle est indiquée dans le tableau suivant : 1 DATES I^TENS1TÉ DU VENT DATE.-; INTENSITÉ DU VENT SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL Juin 10 U 12....... 13 14 15....... 16 17 18 4 2 4 4 4 6 3 2 3 5 5 6 6 5 6 2 1 2 Juin 19 20 21 22 23. ... 4 4 . 4 3 3 4 4 3 3 5 5 1 5 2 24 25 Moyenne.. , . 3,6 3,8 Exceptionnellement le vent a donc soufflé, pendant cette quinzaine, avec une force très sensiblement égale sur le bord de la mer et loin de la mer. — 281 — II. Facteurs dans le sol. Température. On a pris la température du sol, en juin, à une profondeur un peu plus grande qu'en février et en avril. En juin, en effet, toutes les espè- ces, aussi bien tardives que hâtives, sont en cours de développement, et leurs racines ont pénétré dans le sol à une certaine profondeur. C'est à dix centimètres au-dessous de la surface que nos thermo- mètres ont été placés. A celte profondeur se trouvait la plupart des radicelles de nos espèces annuelles. Comme pendant les périodes précédentes, nous avons considéré, dans nos divers champs d'expériences, les valeurs extrêmes de la température. Ces valeurs extrêmes se trouvent consignées ci-des- sous. Sol littoral en place, 19,1, 22,8. Sol non littoral en place, 19, 23,4. Sol littoral en bâche (transporté), 17,3, 24,5. Sol non littoral en bâche, 18,3, 23,9. La moyenne de ces chiffres nous montre une température diurne un peu inférieure dans le sol littoral. Quant à la variation de cette température diurne, elle est exprimée par les nombres que l'on a sous les yeux. Sol littoral en place, 3,7. Sol non littoral en place, 4,4. Sol littoral en bâche, 7,2. Sol non littoral en bâche, 3,4. Nous constatons ici encore une régulation meilleure de la tempé- rature sous l'influence du voisinage de la mer. Ce fait est d'autant plus manifeste que le sol littoral, transporté à une grande distance de la mer, est précisément celui qui a présenté la variation thermi- que la plus grande (7,2). Humidité. Nous avons déterminé le taux de l'humidité des sols à la profon- deur même où nous avions fait nos observations sur la température. Ce taux est indiqué par les nombres mentionnés ici. — 282 — Sol littoral en place, 3,0. Sol non littoral en place, 3,2. Sol littoral en bâche, 2,2. Sol non littoral en bâche, 3,3. On aperçoit une action humidifiante assez marquée du bord de la mer; le sol littoral transporté (sol littoral en bâche) ayant présenté un taux d'humidité notablement inférieur au sol littoral en place. Telles sont les observations que nous avons faites sur les facteurs de l'évolution des plantes au commencement de l'été 1906. Nous allons rapporter maintenant les constatations que nous avons effec- tuées en 1907, à la même époque de l'année. ANNÉE 1907 I. Facteurs dans l'atmosphère. Température. Nous allons considérer, de part et d'autre, dans l'atmosphère et successivement, les températures minimale et maximale, la tempéra- ture moyenne et l'amplitude thermique diurne. L'abaissement de la température a été beaucoup plus sensible dans l'intérieur du pays, comme en témoignent les chiffres que nous allons mentionner à ce sujet. Au bord de la mer, 11,2. Loin de la mer, 7,5. L'élévation thermique, de son côté, a été plus marquée dans l'in- térieur du continent : on a noté là 27,4 pour 22,1 sur le littoral. Les faits que nous venons de rapporter ont eu pour résultat d'éle- ver un peu la température moyenne loin de la mer et d'y augmen- ter considérablement l'amplitude de l'oscillation thermique. Il suf- fira de jeter un coup d'œil sur les nombres ci-dessous pour s'en rendre compte. La température moyenne a été : Au bord de la mer, 16,7. Loin de la mer, 17,4. 283 L'amplitude thermique a été : Sur le littoral, 10,9. Loin du littoral, 19,9. Radiation lumineuse. L'intensité lumineuse de la radiation solaire, directe ou diffusée, a été plus grande sur le littoral. L'observation de l'actinomètre, faite trois fois par jour, a donné comme moyenne diurne de la période. Sur le littoral, 31,6. Loin du littoral, 26,8. Radiation chimique. De même que pour l'intensité lumineuse, nous avons trouvé, pour l'énergie chimique de la radiation, un degré plus élevé au bord de la mer. Les degrés ont été les suivants : Sur le littoral, 23,2. Loin du littoral, 22,0. Degré hygrométrique. La fraction de saturation de l'air a été notablement supérieure au bord de la mer. C'est ainsi qu'on a noté : Sur le littoral, 67,5. Loin du littoral, 60,2. C'est un résultat différent de celui qui a été noté pour la période du 15 avril au 15 mai de la même année. Pendant cette période, en effet, le degré hygrométrique avait été trouvé à peu près de même valeur sur le littoral et loin du littoral. Pluie. La hauteur de pluie tombée a été plus considérable au bord de la mer que dans l'intérieur du continent. Le pluviomètre a indiqué effectivement 18 millimètres d'eau dans le premier endroit et 7 mil- limètres seulement dans le second. Si la pluie a été plus abondante, en juin, dans la région littorale, elle n'y a guère été plus fréquente. C'est ainsi qu'il a plu sept jours sur le littoral et six jours loin du littoral, du 10 au 25 juin. Il n'est - 284 pas sans intérêt de remarquer, en passant, que la fréquence de la pluie a été assez grande, de part et d'autre, en 1907, au commence- ment de la période estivale. Vent. Le vent a soufflé le plus souvent du Nord-Ouest dans les deux zones, voilà pour sa direction. Quant à son intensité, elle a été beau- coup plus grande dans la zone maritime que dans la zone continen- tale. Nous avons noté : Sur le littoral, 3,6. Loin du littoral, 18. II. Facteurs dans le sol. Température. Comme Tannée précédente, à la même époque, la température du sol a été prise, en juin 1907, à la profondeur de 10 centimètres. Le thermométographe a donné, à cette profondeur, les indications suivantes : Température minimale : Sol littoral en place, 18,0. Sol non littoral en place, 16,2. Sol littoral en bâche, 16,8. Sol noQ littoral en bâche, 16,0. Température maximale : Sol littoral en place, 22,0. Sol non littoral en place, 22,8. Sol littoral en bâche, 23,9. Sol non littoral en bâche, 23,0. Température moyenne : Sol littoral en place, 20,0. Sol non littoral en place, 19,5. Sol littoral en bâche, 20,3. Sol non littoral en bâche, 19,5. -^ 285 - Amplitude thermique : Sol littoral en place, 4,0. Sol non littoral en place, 6,6. Sol littoral en bâche, 7,1. Sol non littoral en bâche, 7,0. Il ressort, notamment, des résultats que nous venons de rapporter que la température a été moins variable dans le sol littoral en place que partout ailleurs. Humidité. Pendant la période qui nous occupe, le sol littoral transporté a présenté une sécheresse particulièrement grande. La preuve en est donnée par la comparaison des pour cent d'humidité dans nos diffé- rents terrains d'expérience. Sol littoral en place, 3,4. Sol non littoral en place, 4,0. Sol littoral en bâche, 2,9. Sol non littoral en bâche, 4,2. RESLIMK DES OBSERVATIONS SUR LES FACTEURS DANS L ATMOSPHERE ET LES FACTEURS DANS LE SOL EN 190(3 ET 1907 1. Facteurs dans l'atmosphère. Nous allons grouper ci-dessous les moyennes correspondant k chacun des facteurs étudiés, moyennes établies d'après les observa- tions effectuées en 1906 et 1907, au commencement de la péri'ode estivale:. „ „ a 0. o 3 .i ■s 3 — 3^ S G 2 o" o 3 o ^ .H" 3 3 ^ 5 ? RÉGION li -a .2 c .S'" ?p-s 3 P^ 'O 5 i) -a p-.S s s S 9 o^ ^1 n3 -; Q g 5t -a 3 o Q ^ o Littorale 12,0 23,4 17,7 11,3 37,6 25 68,3 9 2/10 N.-0.,3,6 Non littorale . . . 7,0 28,4 17,7 21,4 31,6 23 64,5 3 -2/10 N.-N.-O. 2,8 — ii86 — La lecture de ces moyennes nous permet d'énoncer les proposi- tions suivantes : Au commencement de l'été, dans l'atmosphère, sur le littoral: '/" La température minimale est moins basse. 2° La. température maximale est moins élevée. 3" La température moyenne est la même. 4'^ JJoscillation thermique est plus faible. 5° La radiation lumineuse est plus forte. 6° La radiation chimique est plus intense. 7° Le degré hygrométrique est plus élevé. 8" L'abondance de la pluie est plus grande. 9° La fréquence de la pluie est la même. 10^ Le vent souffle un peu plus de la mer et présente une inten- sité plus considérable. II. Facteurs dans le sol. Comme nous venons de le faire pour le résultat des observations sur les facteurs dans l'atmosphère, nous allons fondre ensemble les résultats des constatations, concernant les facteurs dans le sol, effec- tuées en 1906 et 1907 ; RÉGIONS SOLS lEMPlPiATORE niiniiiiale TIMPÉRAÎURE iiiaximile TEMPÉATBRE moyenne OSCILLATION thermique HUMIDITE Littorale . . . Littoral en place 18,5 22,4 20,4 3,8 3,2 Non littoral en place. 17,6 23,1 20,5 5,5 3,6 Continentale l Littoral en bâche n,o 24,2 20,6 TA 2,5 j^ Non littoral en bâche. 17,2 23,4 20,3 6,2 3,7 Nous devons maintenant établir une comparaison, au point de vue de chaque facteur, d'une part, entre le sol littoral en place et le sol non littoral en place, d'autre part, entre le sol littoral en bâche et le sol non littoral en bâche. Il nous sera possible ainsi de dégager l'influence spécifique du voisinage de la mer sur la température et l'humidité dans le sol. — 287 — Cette comparaison nous montre qu'au commencement de Télé, dans le sol, au bord de la mer : /" La température minimale est moins basse. 3" La température maximale est moins élevée. 3° La moyenne thermique est un peu inférieure. 4° L'oscillation thermique est moindre. 5° L'humidité est plus considérable. En rapprochant ces propositions de celles qui intéressent le milieu du printemps, nous remarquons une tendance du sol littoral, k mesure que la saison s'avance, à devenir plus froid que le sol non littoral. L'air nous a montré tout à l'heure la même tendance. § IV. Les facteurs physiques au milieu de l'été. [15 juillet au 15 aoiit). Indicatious préliminaires. En juillet-août, si les plantes hâtives ont terminé leur développe- ment il n'en est pas de même des plantes tardives. C'est pourquoi j'ai cru devoir faire une quatrième série d'études météorologiques à cette période de l'année. Les facteurs ou agents étudiés ont été les mêmes que ceux observés en juin. Les observations faites en juillet-août seront exposées comme cel- les des périodes précédentes. La relation aura donc lieu année par année, en commençant chaque fois par les facteurs de la végétation dans l'atmosphère. ANNÉE 1905. L Facteurs dans l'atmosphère. Température. Suivant l'ordre que nous avons adopté, nous allons commencer l'étude de la température par la considération des minima thermi- ques dans les deux zones que nous nous sommes proposé de com- parer, nous considérerons ensuite les maxima. 288 - DATES TEM PÉRATURE MIN IMALE DATES TEMPÉRATURE MINIMALE SUR LE LITTORAL LOIX lU LITTORAL SUR LK LITTORAL LOIN DU LITTORAL Juillet 15. . . 16 9,5 Août 1. . . 18 15,5 16. . . 15 10,5. 2. . . 14 12 17. . . 20 20 3. . . 15,5 12 18. . . 18 12,5 4. . . 16 16,8 19. . . 20 8,5 5 . . 15 13,5 20. . . 16 8,3 6. . . 15 12,5 21. . . 11 5,2 7. . . 14 9,3 22. . . 14 8,3 8. . . 13 10 23. . . 15 13,5 9. . . 18,5 12,8 24. . . 19 15 10. . . 17 15,1 25. . . 18 11,5 11. . . 16,5 15,8 26. . . 16 8,8 12 . . 10 3 27. . . 20 12 13. . . 12 3 28. . . 19,5 .18,5 14. . . 15,5 8,8 29. . . 19 17 15. . . 19 17,8 30. . . 14 9 31. . . 19 16,3 Moyenne. 16,2 11,9 DATES TEMPÉRATURE MAXIMALE DATES TEMPÉRATURE MAXIMALE SUR LOIN SUR LOIN LE LITTORAL DU LITTORAL LE LITTORAL DU LITTORAL Juillet 15. . . 25 34,7 Août 1. . . . 23 29,7 16. . . . 28 36,3 2. . , . 23 35,5 17. . . 24 33 3. . . . 30 36,3 18. . . 21 30,1 4. . . . 21 . 23,5 19. . . 24 ■30,8 5. . . . 19 21,2 20. . . 28 30,7 6. . . . 23 27 21. . . 26 36,7 7. . . . 23 29 22. . . 26,5 35,5 8. . . . 28 33,5 23. . . 24,5 33,3 9. . . . 24,5 34,5 24. . . 22,5 28,3 10. . . . 24 31,3 25. . . 25,5 33,5 11. . . . 20 25 26. . . 33 36,8 12. . . . 25,5 28,5 27. . . 28 39,3 13. . . . 30 35,5 28. . . 23 31 14. . . . 30 38,5 29. . . 26 32,5 15. . . . 25 30,7 80. . . 24 32,5 31. . . 27 36,3 Moyenne . . 25,1 32,2 289 Nous voyons que la différence, au point de vue thermique, entre les deux zones a été considérable, f^a température s'est en effet beaucoup moins abaissée, pendant la nuit, dans la zone maritime. D'un autre côté, cette température s'est élevée davantage, dans celte zone, pendant le jour. Nous avons pu nous rendre compte de ces deux choses en prenant connaissance des maxima et minima consignés précédemment. La figure ci-dessous représente bien la marclie suivie, aux deux endroits, par les minima et maxima en question. * * - \ '» h i\ f f ; 34 _ f i • ' i \ ! ' 'A » y • - V.*' * //\ * V /^ / l ' ' /v / 26 - \ / \ / \ \ / / \y - V ^ ^-^ J 18 • /\ aA . " ^^ / ^ ' ' \ >^. /^\ / ^k g ) \ 1 4 \ ^^^ ^rs. / ' A / " t \ i ' . \ » f V ^p 1 # 10 „ ^V ;V - \...' V V V 1 1 » " . ( » 2 " _.a__-iL L— j a .f II 1 1 « < » « » ■■' * ■ 18 26 Juillet. Août. L'excès thermique, pendant la nuit, sur le littoral, ayant paru moins grand que l'excès thermique pendant le jour, loin du littoral, on prévoit que nous devons obtenir une température moyenne inférieure au bord de la mer à celle de la région continentale. Tome LXII. 19 — 290 — Nous arrivons, en effet, d'après les valeurs précédentes, aux chiffres suivants : Au bord de la mer, 20,6. Loin de la mer, 22,0. D'après ce que nous venons de dire, nous devons aussi trouver une amplitude thermique moindre au bord de la mer. En retran- chant la minimale et la maximale, de part et d'autre, nous sommes effectivement conduit aux résultats qui suivent : Sur le littoral, 8,9. Loin du littoral, 22,0. Radiation lumineuse, La radiation lumineuse totale, c'est-à-dire envoyée directement par le soleil ou diffusée par le ciel, a montré une valeur plus élevée dans la région maritime, comme en témoignent les chiffres suivants, obtenus en partant de la différence entre les thermomètres conju- gués de l'appareil dont nous avons usé : DATES DEGRÉ ACTINOMÉTRIQUE DATES 1 DEGRE ACTINOMETRIQUE SUR LOIN SUR LOIN LE LITTORAL DU LITTORAL LE LITTORAL DU LITTORAL Juillet 15. . . 45,8 46,4 Août 1. . . . 47 29,4 16. . . 41J 47,0 2. . . . 45,2 35,2 17. . . 42,3 45,8 3. . . . 42,9 41,1 18. . . 45,8 26,4 4. . . . 54,6 21 19. . . 44,1 29,9 5. . . . 35,2 41,1 20. . . 42,9 47 6. . . . 41,1 41,1 21. . . 85,2 35,2 7. . . . 41,1 22,9 22. . . 44,1 41,1 8. . . . 47 45,8 23. . . 41,1 44,1 9. . . . 48,2 45,8 24. . . 41,1 38,2 10. . . . 29,4 25,2 25. . . 42,9 42,3 11. r. . 42,9 52,5 26. . . 41,1 38,2 12. . . . 44,1 48,2 27. . . 44,1 37,6 13. . . . 41,1 44,1 28. . . 20,5 29,9 14 . . . 47,0 51,7 29. . . 42,9 39,9 15. . . . 64,6 29,9 30. . . 31. . . 44,1 35,2 38,2 44,1 Moyenne. . 42,6 38,9 291 Radiation chimique. La radiation chimique, autrement dit rinlensité chimique de la radiation, a montré, de son côté, une valeur plus élevée au bord de la mer que loin de la mer. Cependant la majoration a été moindre, sur le littoral, pour ce facteur, que pour la radiation lumineuse. On peut en juger par les chifTres que nous reproduisons : DATES RADIATION CHIMIQUE RADIATION CHIMIOL'E SUR LE LITTORAL LOIX DU LITTORAL DATES SUR LE LITTORAL LOIX DU LITTORAL Juillet 15. . . 16. . . 17. . . 18. . . 19. . . 20. . . 21. . . 22. . . 23. . . 24. . . 25. . . 26. . . 27. . . 28. . . 29. . . 30. . . 31. . . 20 21 21 20 22 18 23 24 22 24 24 24 24 21 24 24 23 19 18 19 13 22 19 23 23 22 24 24 24 24 20 24 24 22 Août 1. . 2. . 3. . 4. . 5. . 6. . 7. . 8. . 9. . 10. . 11. . 12. . 13. . 14. . 15. . 24 23 24 23 23 23 23 24 24 21 23 24 21 24 23 21 21 24 22 24 24 21 24 24 20 24 24 21 24 23 ■ Moyenne. . 22,7 23 Degré hygrométrique. Tandis que pendant la période printanière et jusqu'au commen- cement de la période estivale, l'atmosphère du littoral ne nous a guère paru plus chargée de vapeur d'eau que l'atmosphère de l'inté- rieur du continent, pendant l'été, la quantité de vapeur d'eau nous a paru bien plus considérable dans l'air du bord de la mer. La lecture du psychromètre nous a conduit, de part et d'autre, aux degrés suivants : — 292 — DATES DEGRÉ HV(.i ROMÉTIUOUE DATES DEGRÉ HYGROMÉTRIQUE SUR LOIN SUR LOIN LE LITTORAL DU LITTORAL LE LITTORAL DU LITTORAL Juillet 15. . . 56 54 Août-1. . . . 86 75 16. . . 84 49 2. . . . 63 55 17. . . 75 62 3. . . . 59 40 18. . . 70 64 4. . . . 71 88 19. . . 65 61 5. . . . 80 48 20. . . 54 79 6. . . . 58 54 21. . . 65 39 7. . . . 78 68 22. . . 78 61 8. . . . 77 65 23. . . 80 50 9. . . . 77 56 24. . . 79 78 10. . . . 77 64 25. . . 68 56 11. . . . 66 69 26. . . 55 40 12. . . . 66 51 27. . . 78 46 13. . . . 48 49 28. . . 91 76 14. . . . 76 51 29. . .. 74 65 15. . . . 75 67 30. . . 31. . . 75 73 55 53 Moyenne. . 71,1 59 Pluie. Nous pouvons nous rendre compte, par les notes que nous avons sous les yeux, que, si la pluie n'a guère été plus fréquente, sur le littoral, du 13 juillet au lo août, elle y a été cependant plus abondante. CHUTES DE PLUIES DATES SUR LE LITTORAL LOIX DU LITTORAL Juillet 16... 24... 27... 28... 31... Août 1... 4... 5... 6... 7... 11... Un peu de pluie dans la nuit. Un peu de pluie dans la journée. Pluie dans la soirée. Ondée vers midi. Petite ondée après-midi. Pluie dans la soirée. Averses dans la matinée. Averses dans la journée. Petite ondée dans la journée. Ondées dans la journée. Un peu de pluie dans la nuit. Petite ondée le matin. Averses de grand matin. Petite ondée le matin. Averses dans la matinée. Petites ondées dans la matinée. Averses dans la matinée. Une ondée dans la matinée. Petite ondée après-midi. Total.... 10 jours de pluie. 9 jours de pluie. 293 Vent. Nous allons constater une différence assez marquée entre nos deux régions, au point de vue de la direction du vent. Il nous suffit, pour cela, de lire les indications contenues dans le tableau que nous avons sous les yeux : DATES DIRECTION DU VENT DATES DIRECTION DU VENT SUR LOIN SUR LOIN' LE LITTORAL DU LITTORAL LE LITTORAL DU LITTORAL Juillet 15. Sud-Ouest. Nord-Ouest. Août 1... Nord. Nord-Ouest. 16. Sud-Ouest. Nord-Ouest. 2... Nord-Ouest. Nord-Est. 17. Nord-Ouest. Ouest. 3... Sud-Ouest. Sud-Est. 18. Nord-Ouest. Nord. 4... Sud-Ouest. Calme. 19. Nord Ouest. Sud-Ouest. 5... Sud-Ouest. Sud. 20. Nord-Ouest. Nord. 6... Ouest. Ouest. 21. Nord-Ouest. Sud. 7... Ouest. Calme. 22. Ouest. Sud-Ouest. 8... Nord. Nord-Est. 23. Nord-Ouest. Nord-Ouest. 9... Nord-Ouest. Sud-Ouest. 24. Nord, Ouest. 10... Nord-Ouest. Nord-Ouest. 25. Nord. Nord. 11... Nord. Nord. 26. Nord-Ouest. Sud. 12... Nord. Nord. 27. Ouest. Sud. 13... Est. Est. 28. Sud-Ouest. Ouest 14... Ouest. Calme. 29. Ouest. Nord-Est. 15... Ouest. Ouest. 30. 31. Nord-Ouest. Nord. Nord. Calme. Direction la plus fréquente. Nord-Ouest. Nord. Les notes précédentes nous montrent que le vent a soufflé un peu plus de la mer sur le littoral. La différence de la région littorale à la région non littorale va nous paraître plus marquée en ce qui concerne l'intensité du facteur que nous étudions en ce moment. On peut lire ici les notes qui ont été prises à ce sujet : — 294 DATES FORCE DU VENT DATES FORCE DU VENT SUR LOI.N SUR LOIN LK LITTOllAL DU LITTOUAL LE LITTOllAL DU LITTOllAL Juillet 15. . . 4 3 Août 1. . . . 3 1 16. . . 4 1 2. . . . 4 2 17. . . 5 2 3. . . . 7 5 18. . . 5 3 4. . . . 5 19. . . 4 1 5. . . . 2 4 20. . . 4 3 6. . . . 4 2 21. . . 4 2 7. . . . 4 22. . . 3 2 8. . . . 3 ♦ 3 23. . . 4 4 9. . . . 3 4 24. . . g 2 10. . . . 3 2 25. . . 3 1 11. . . . 5 1 26. . . 2 2 12. . . . 4 2 27. . . 3 2 13. . . . 3 1 28. . . 3 1 14. . . . 2 29. . . 3 1 15. . . . 4 1 30. . . 31. . . 3 3 2 Moyenne. . 3,6 1,8 Ces valeurs sont exprimées par les tracés que nous reproduisons. i I JU-JL X i , I J I L 18 26 12 Juillet. Août. Ou voit que le vent a présenté une intensité bien supérieure dans la zone maritime. — 295 — II. Facteurs dans le soi. Température. L'observation journalière du thermométrographe, placé à une profondeur de dix centimètres, dans le sol littoral en place ainsi que dans le sol non littoral en place, nous en indique les valeurs mini- males suivantes de la température. Ces valeurs ont été obtenues en faisant la moyenne des températures constatées journellement du l*"" jusqu'au 13 août, c'est-à-dire la moyenne de 15 jours. Sol littoral en place, 19,8. Sol non littoral en place, 16,2. Nous avons connu aussi, par l'appareil que nous venons de dire, les maxima thermiques, dont on peut lire ici les valeurs moyennes. Sol littoral en place, 28,0. Sol non littoral en place, 33,3. En partant des minima et des maxima thermiques diurnes ci- dessus, nous obtenons, comme températures moyennes : Sol littoral en place, 23,9. Sol non littoral en place, 24,7. Nous arrivons aussi aux amplitudes thermiques suivantes : Sol littoral en place, 8,2. Sol non littoral en place, 17,1. Tous ces chiffres nous apprennent que, dans le sol littoral en place, la température moyenne diurne a été un peu moins élevée que dans le solde l'intérieur du continent. Ces chiffres nous montrent, aussi, que la tempéi-ature a été beaucoup moins variable, dans le sol, au bord de la mer. Humidité. Nous avons recherché, à cinq reprises différentes, en juillet-août, le taux d'humidité du sol de la dune littorale de même que celui du sol de la région non littorale, où nous avons fait nos observations physiologiques. Nous avons relevé, comme taux moyen d'humidité, à 10 centimètres de profondeur : Sol littoral en place, 1,1 p. 100. Sol non littoral en place, 1,7 p. 100. — 296 — L'humidité a donc été un peu plus faible dans le sol, sur le littoral, et cela, nous le savons, malgré une pluviosité plus grande. Toutefois il y a lieu de tenir compte ici du pouvoir hygroscopique relative- ment faible de ce sol littoral. ANNÉE 1906 I. Facteurs dans l'atmosphère. Comme précédemment, nous allons passer en revue successivement la température, la radiation lumineuse, la radiation chimique, le degré hygrométrique, la pluviosité et le vent. Température. La moyenne des observations journalières de la température la plus basse du nycthémêre a été, du 15 juillet au 13 août 1906 : Sur le littoral, 17,0. Loin du littoral, 12,1. Nous voyons qu'il a fait notablement plus chaud sur le bord de la mer, pendant la nuit. Les observations qui ont porté sur la température nycthémérale la plus élevée, pendant cette même période, nous ont appris que la chaleur avait été moins forte, en revanche, sur le littoral, pendant le jour. On peut s'en assurer par la lecture des nombres qui suivent : Sur le littoral, 26,7. Loin du littoral, 32,6. De ces divers faits il résulte, comme on peut le voir, que la moyenne thermique nycthémérale va nous montrer une valeur plus faible dans la région maritime. Nous trouvons en effet : Au bord de la mer, 21,8. Dans l'intérieur du pays, 22,3. En outre, il résulte des observations consignées plus haut que l'écart entre les températures minimale et maximale est beaucoup plus petit au bord de la mer. Ainsi obtenons-nous : Au bord de la mer, 9,7. Loin de la mer, 20,5. — 297 — Radiation lumineuse. Comme nous l'avons dit, l'intensité de la lumière a été observée à 7 heures du matin, à midi et à 5 heures du soir. Les chiffres que nous allons donner expriment les moyennes des observations des 32 journées, c'est-à-dire les moyennes de la période tout entière. Ces chiffres sont : Sur le littoral, 27,3. Loin du littoral, 35,6. Nous (levons dire que cette intensité lumineuse journalière, parti- culièrement faible au bord de la mer, a été causée par une lumino- sité relativement peu intense le matin et dans la soirée. Radiation chimique. Déterminée aux mêmes moments que l'intensité lumineuse, l'in- tensité chimique de la radiation a accusé une valeur plus faible sur le littoral. On peut s'en convaincre par la lecture des degrés actino- métriques suivants : Au bord de la mer, 19,2. Loin de la mer, 23,5. Degré hygrométrique. L'observation du psychromètre, effectuée trois fois par jour, dans les deux zones envisagées, nous a donné comme moyenne de la période : Au bord de la mer, 72, 1. Loin de la mer, 71,9. On voit que l'humidité de l'air n'a guère été plus considérable, en 1906, dans le voisinage de l'Océan qu'à une grande distance de la mer. Pluie. On a noté, du 15 juillet au 15 août, un total de 13 jours de pluie, près de l'Océan. Loin de la mer, le nombre des jours pluvieux obser- vés n'a été que de 9. La pluie a donc été plus fréquente dans la pre- mière zone. Nous allons voir qu'elle a été aussi plus abondante. Le tableau que nous plaçons sous les yeux du lecteur le montre nette- ment. 298 — HAUTEUR DE PLUIE TOMBÉE DATES AU BOR ) DE LA MER LOIN- DE LA MER DATES AU BORD DE LA MER LOIN- DE LA MER Juillet 16 19 21 22 23 24 30 Août 2 1mm 1 1 8 1 1 1 Qmm 1 1 6 1 Août 3 11 12 13 14 15 1 ""■ 1 1 1 8 6 Qmm 1 1 5 1 Total.... 32 mm 17 °-> D'après les valeurs que nous avons sous les yeux, nous pouvons construire la figure suivante, dans laquelle les lignes perpendicu- laires à l'axe des abcisses indiquent les hauteurs de pluie. ■ 10 • I h t il 16 23 T — -^1 T" 8 14 Juillet. Août. Il est tombé, comme on le voit, environ deux fois plus d'eau sur le bord de l'Océan que loin de la mer. Vent. Nous avons à considérer, dans cet agent, la force et la direction qu'il a présentées. — 299 — L'évaluation à l'eslime, comme toujours, d'après l'échelle de Beau- fort, nous a indiqué à 7 heures du matin,, à midi et à 5 heures du soir, une intensité bien plus grande du vent dans la région littorale. Les moyennes de la période sont les suivantes : Région littorale, 3,9. Région continentale, 1,7. L'observation de la direction du vent, faite aux mêmes heures de part et d'autre, nous a conduit aux résultais ci-après qui se rappor- tent à la direction la plus fréquemment notée : Région littorale, N.-O. Région continentale, N.-O. Le même vent a donc prédominé dans les deux régions. IL Facteurs dans le sol. Température. Nous avons observé les températures minimale et maximale dans nos divers terrains d'expérience, à 10 centimètres de profondeur, depuis le 1®'' jusqu'au 31 juillet. Voici les degrés que nous avons observés tout d'abord pour la température minimale. TEMPÉRATURE MINIMALE i DATES Sur le littoral Loin du littoral DATES Sur le littoral Lo n du littoral Sable littoral en place Sable non littoral en place Sable littoral en bâche Sable non littoral en bàclie Sable littoral en place Sable non littoral en place Sable littoral en bâche Sable non littoral en bâche Juillet 15 28,1 29,5 30 30 Juillet 24. 17,5 20 17,1 20 16 26 28 28,6 28,5 25. 29,2 26,8 27 27 17 29 28 28 28,8 26. 23 21 21 21,5 18 33 31 31,5 31 27. 20 18 19 19 19 26,8 2^ 22,1 22,5 28. 23,1 19,5 19 19,8 20 24,5 29,1 30 30 29. 22,5 23 18 23,2 1 21 23 19 19,2 19 30. 28 29,1 27,5 26 1 22 23 21 18,8 18,6 18 20 19 18,8 18 31. 25,3 24 23,2 23,5' Moyenne. 24,6 23,8 23,5 23,9 1 — 300 — Ces moyennes nous indiquent que le sol littoral en place a été celui dont la température s'est le moins abaissée. Ici encore se mani- feste l'influence réchauffante du voisinage de la mer sur le sol, pen- dant la nuit. Nous allons maintenant porter à la connaissance du lecteur les températures maximales qu'il nous a été donné de constater. TEMPÉRATURE MAXIMALE DATES Sur le littoral Loin du littoral DATES Sur le littoral Loin du littoral Soi littoral en place Sol non littoral en place Sol littoral en bàclie Sol non littoral en bâche Sol littoral en place Sol non littoral en place Sol littoral en bâche Sol non littoral en bâche Juillet 15. 33,1 35,5 36,5 36 Juillet 24. 22,1 25 25 26 16. 32 33 34 33 25. 33 31,4 34 32 n. 34 34,8 35,6 35,5 26. 25 28,3 28 28,2 18. 41 42 43,4 43,2 27. 24,1 25,5 26 25,8 19. 28,5 29 31 29,7 28. 27,2 26 27 26 20. 29 35 37 36 29. 27 27,4 27,3 27 21. 26 26 27 26 30. 34,5 37,1 37,3 36,5 22. 23. 26 22,5 26 25,5 28,5 26 26,8 26 31. 28 30,8 30 29,6 Moyenne. 28,8 30,5 31,3 30,7 Les deux dessins qui suivent nous donnent une vue de la marche présentée par les températures minimales et maximales dans nos quatre champs de cultures. Le premier de ces dessins, en gros traits, intéresse les sols en place. On voit que des quatre champs de culture, c'est dans celui du bord de la mer que la température s'est le moins élevée. L'action réfrigérante du bord de la mer, pendant le jour, ressort d'autant mieux, dans le cas particulier, que le sol littoral, loin de la mer, a été celui qui a accusé les valeurs thermiques les plus élevées. - 301 - Le fait est que, dans la tigure en ti-ails fins, le ti'ail continu (sol littoral loin de la mer) domine. 40 35 30 25 20 * 9 I I I t — li a i » H — ..8. — » « 1 a „j 15 20 25 30 Juillet. 302 — 40 30 25 20 J L < i J.>_L J.J L^ 15 20 25 30 Juillet. 11 est inléressant de rechercher, à l'aide des données précédentes, la température moyenne dans les différents milieux. La demi- somme de la minimale et de la maximale nous donne : Sol littoral en place, 26,7. Sol non littoral en place, 27,1. Sol littoral en bâche, 27,4. Sol non littoral en bâche, 27,3. — 303 - Ces résultats nous montrent que la moyenne thermique a été particulièrement faible dans le sol littoral près de la mer. L'écart entre les températures extrêmes des sols mérite aussi d'être pris en considération. Cet écart, indiqué par une simple dif- férence, est le suivant : Sol littoral en place, 4,2. Sol non littoral en place, 6,7. Sol littoral en bâche, 7,8. Sol non littoral en bâche, 6,8. Les chiffres qu'on a sous les yeux mettent en évidence la stabilité thermique relative du sol littoral proprement dit. Cette constatation ressort aussi nettement de l'examen des graphiques que nous avons figurés plus haut. Telles sont les notions que nous pouvons tirer des relevés de tem- pérature que nous venons d'exposer. Ces notions vont être complé- tées par celles que nous allons tirer des relevés d'humidité qui vont suivre. Humidité. Nous avons prélevé chaque jour, du l^'^ au 31 juillet, à une heure déterminée et toujours la même, un échantillon de sol dans nos quatre terrains d'expériences, à 10 centimètres de profondeur. Voici les pour cent d'humidité que nous y avons trouvés contenus. POUR CENT D'HUMIDITÉ Sur Sur le Loin du littoral le Loin du littoral II DATES littoral DATES littoral Sol Sol Sol Sol Sol Sol Sol Sol littoral non littoral non littoral non littoral non en littoral en littoral en littoral en littoral pkee en place bâche en bâclie place en place bâclie en bâche Juillet 15. 2 1,8 1,2 1,9 Juillet 24. 0,8 0,1 1 16. 1,4 1 1 0,8 25. 1,8 2 0,3 2 17. 1,3 2 1,3 2,6 26. 1 2,5 1,4 2,2 18. 2 2,3 2 2,1 27. 0,8 2,5 1,1 2,7 19. 1,5 2,3 1,1 2,5 28. 2,6 2,7 1,5 2,8 20. 1,6 2,3 1,0 3 29. 1,5 3 2 2,1 21. 1,9 2,4 0,7 2,2 30. 1 1,5 0,2 1,4 22. 23. 0,5 0,4 2,5 3,8 1 2 3 4,6 31. 0,9 2,4 2,1 0,8 2,1 Moyenne. 1,3 1,1 2,2 — .'{04 — Ces pour cent d'humidité nous montrent que le sol littoral a pré- senté une sécheresse relative. Cette sécheresse a été moins marquée dans le sol littoral voisin de la mer que dans celui qui était situé dans l'intérieur du pays. Nous allons passer maintenant aux observations de l'année 1907. ANNÉE 1907 I. Facteurs ou agents dans l'atmosphère. Nous avons fait, en 1907, des observations sur les facteurs ou agents du développement des plantes dans l'atmosphère dans les mêmes conditions qu'en 1906. Tous les chiffres que nous allons donner expriment donc la moyenne des observations journalières effectuées du 15 juillet jusqu'au 15 août. Nous continuerons à donner la première place au facteur tempé- rature, Températurk. La température a oscillé entre 14,7 et 26,1 sur le littoral et entre 10,4 et 31,4, loin de la mer. L'écart entre les températures extrê- mes a donc été de 11,4 dans le premier endroit et de 21,0 dans le second. Il a été beaucoup plus considérable loin de la mer par con- séquent. Les valeurs minimale et maximale que nous venons de faire con- naître nous conduisent aux moyennes thermiques ci-dessous. Sur le bord de la mer, 20,4. Loin de la mer, 20.9. Il s'est donc produit, loin de la mer, un léger excès thermique. Radiation lumineuse. Si nous passons maintenant à i'étude de la radiation lumineuse, nous voyons que cet agent a présenté une intensité plus grande sur le littoral. Le même fait a déjà été cons^taté en 1905. Voici les moyennes des degrés actinométriques qui ont été déterminés : Région littorale, 28,8. Région non littorale, 27,6. — 305 - RADIA.T10N CHIMIQUE. L'étude de la radiation chimique a révélé aussi uti léger excès d'intensité de cet agent du développement, dans la région littorale. C'est ainsi que Ton a constaté comme degrés : Sur le littoral, 21. Dans l'intérieur du pays, 20. Degré hygrométrique. Nous allons voir comment s'est comporté le degré d'humidité. Contrairement à ce que nous avons observé en 1906, le degré hygro- îiiélriqne de l'air a paru notablement plus élevé au bord de la mer en 1907. C'est ainsi que nous avons noté : Au bord de la mer, 67,7. Loin de la mer, (il, 5. On se souvient que la dilTérence avait été de même sens et plus grande encore en 1905. Pluie. La pluie a montré plus de fréquence sur le littoral. Effectivement, le nombre des jours pluvieu.x a été de 13 dans celte région et de 8 seulement loin de la mer. En outre, la pluie a été plus abondante sur le littoral. Les deux pluviomètres ont indiqué, en effet, les hau- teurs d'eau suivantes : Région littorale, 16 millimètres. Région non littorale, 8 millimètres. Vent. La force du vent s'est montrée de beaucoup supérieure dans le voisinage immédiat de l'Océan. La valeur moyenne de cette force a été de 3,6 au bord de la mer et de 1,5 dans l'intérieur du conti- nent. Quant à la direction la plus fréquente de l'agent que nous avons en vue, elle a été la même dans nos deux champs d'étude. De part et d'autre, en effet, c'est le vent du nord qui a prédominé. Tome LXII. 20 — 306 - II. Facteurs dans le sol. Température. Comme les années précédentes, nous avons pris, en juillel-aoùt, les températures extrêmes dans nos divers champs d'études. Ces températures ont montré, dans la moyenne, les valeurs ci-dessous. Température minimale : Sol littoral en place, 21,5. Sol non littoral en place, 21,2. Sol littoral en bâche, 20,2. Sol non littoral en bâche, 20,8. Température maximale : Sol littoral en place, 26,6. Sol non littoral en place, 28,0. Sol littoral en bâche, 29,0. Sol non littoral en bâche, 28,1. Ces températures extrêmes nous donnent, en premier lieu, comme températures moyennes : Sol littoral en place, 24,0. Sol non littoral en place, 24,6. Sol littoral en bâche, 24,6. Sol non littoral en bâche, 24,4. Elles nous donnent ensuite, comme oscillation nycthémérale moyenne de la température : Sol littoral en place, 5,1. Sol non littoral en place, 6,8. Sol littoral en bâche, 8,8. Sol non littoral en bâche, 7,3. Le sol littoral en place a été, comme on le voit, le moins froid pen- dant la nuit, le moins chaud pendant le jour, partant, le moins variable de tous au point de vue thermique. Humidité. Nous devons présentement nous occuper de la teneur en humidité des sols où nous avons fait nos cultures. - 307 — Comme pour les températures, nous nous bornerons à donner ici les moyennes auxquelles nous ont amené nos observations journa- lières. Celles-ci, commencées le l*^'" août, ont été poursuivies jusqu'au 15 de ce mois. Les moyennes tbermiques obtenues sont les suivantes : Sol littoral en place, 1,2. Sol non littoral en place, 1,8. Sol littoral en bàclie, 0,9. Sol non littoral en bàclie, 2,0. L'humidité a donc été plus faible dans les deux sols littoraux, principalement dans le sol littoral éloigné de la mer. Ce résultat fait ressortir une fois de plus l'influence humidifiante du voisinage de l'océan sur le sol. RÉSUMÉ DES ÉTUDES SUR LES FACTEURS DANS l'aTMOSPHÈRE ET LES FACTEURS DANS LE SOL EN 1905, 1906 ET 1907 L Facteurs dans l'atmosphère. Nous allons jeter un coup d'œil sur Tensemble des résultats obte- nus au milieu de l'été, pendant les trois années consécutives. RÉGION î'î 15 a "3 ■ — 1'= "rt '^ c-D S c3 ^^ î^î Littorale Non littorale 15,9 11,4 25,9 32,0 21,0 21,7 10,0 20,5 32,9 34,0 23 24 70,3 64,1 27 16 3/10 2/10 N.-0.3,7 N. i,6 Nous voyons, par ces résultats, que, sur le littoral, au milieu de l'été : y° La température minwiale de Vair est moins basse. 2° La température maximale est moins élevée. 3° La température moyenne est inférieure. 4" L'oscillation thermique est moindre. .5° La radiation lumineuse présente un peu moins d'intensité. 6'" La radiation chimique a un peu moins de force (1). (1) La radiation lumineuse et la radiation chimique ont cependant montré une intensité plus forle, sur le littoral, au milieu de l'été 1905 et 1907. — 308 - 7° Le degré hygrométrique atteint une valeur plus élevée. 8" La pluie tombe plus souvent et plus abondamment. 9° Le vent souffle un peu plus de la mer et présente une intensité plus considérable. Nous avons à relever quelques différences entre ces propositions et celles qui se rapportent au commencement de la période estivale. Effectivement la température moyenne s'est un peu abaissée sur le bord de la mer, la lumière est devenue moins vive, la pluie a acquis un peu plus de fréquence, enfin la direction du vent s'est un peu infléchie vers la mer. II. Facteurs dans le sol. Nous allons voir maintenant comment, d'une manière générale, se sont comportées la température et l'humidité dans nos quatre ter- rains d'expérience. Cette marche ressort de la lecture des valeurs suivantes : RÉGION SOLS TEMPÉRATURE iiiinimile TEMPÉRATURE niMimale TEMPÉRATURE moyenne OSCILLATlO^i tki'iiiique liUMIMTÉ Littorale . . . Liltoral en place 21,9 27,8 24,8 5,9 1,2 Non littoral en place.. 20,4 30,9 25,6 10,5 1,8 Continentale Littoral en bâche 21,8 30,1 25,9 8,3 1,0 r Non liltoral en bâche. 22,3 29,4 25,8 7,1 2,1 21,9 1,07 de la température mini- La comparaison du rapport maie du sol littoral en place à la température minimale du sol non littoral en place au rapport "^^ — 0,9 des températures minimales des sols, en bâches nous révèle l'action réchauffante du bord delà mer sur le sol, pendant la nuit. La valeur plus grande du premier de ces rapports ne peut provenir, en effet, que du voisinage de la mer. Nous dirons, par suite, qu'ait milieu de l'été, dans le sol, sur le litto- ral, la température, pendant la nuit, s'abaisse moins. Si nous tenons le même raisonnement pour la température maxi- male, la température moyenne, etc., nous dirons que, dans le milieu de la période estivale, au bord de la mer, la température du — 309 — sol, pendant le jour, s'élève moins ' que la moyenne thermique diurne est inférieure; que l'amplitude de l'oscillation thermique est plus faible. Raisonnant de la même manière pour l'humidité, nous formule- rons cette dernière proposition : Le sol, au milieu de l'été, est plus humide sur le littoral. CHAPITRE m LES FACTEURS OU AGENTS CHIMIQUES Je donnerai, en premier lieu, la relation des recherches sur les facteurs ou agents chimiques de l'évolution des végétaux dans l'at- mosphère. Je parlerai ensuite des études sur les agents chimiques de cette évolution dans le sol. I. Facteurs ou agents chimiques dans l'atmosphère. Pour une raison que j'ai déjà indiquée, je n'ai cru devoir étudier, en fait d'agents chimiques de l'évolution dans l'atmosphère, que le chlorure de sodium, le brome, l'iode et l'ozone. Chlorure de sodium. J'ai cherché à plusieurs reprises le chlorure de sodium sur les plantes littorales et les plantes non littorales, dans le courant de l'année 1907. J'ai procédé, dans cette recherche, de la manière sui- vante : J'ai prélevé le même jour, sur le littoral et dans l'intérieur du pays, une certaine quantité de plantes herbacées. Les deux collections respectives ont été traitées par lixiviation à l'eau distillée. Les eaux de lavage ont été ensuite additionnées de liqueur d'argent. Lorsque celle-ci a indiqué la présence du sel marin, on en a effectué la recherche quantitative. On a eu soin, dans cette opération, de faire d'abord l'essai du résidu d'évaporation par le papier rouge de tournesol, pour déceler la présence des carbonates — 310 — alcalins et doser uniquement le chlore correspondant au chlorure de sodium. On trouvera ci-dessous les résultats des examens des difFérentes collections de plantes. A côté de ces résultats flgurent quelques indi- cations sur l'état de l'atmosphère et de la mer, les jours où les récol- tes ont été faites. Sur le littoral, par beau temps, jolie brise nord-ouest et mer calme, chlorure de sodium, sur un mètre carré de plantes = Ogr. 0. Loin du littoral, par beau temps et petite brise ouest, chlorure de sodium, sur un mètre carré de plantes = gr. 0, L'y mai. Au bord de la mer, avec beau temps, bonne brise ouest et mer calme, chlorure de sodium, sur un mètre carré de plantes =Ogr. 0. Loin de la mer, avec beau temps et légère brise nord, chlorure de sodium, sur un mètre carré de plantes = gr. 0. 25 jui7i. Sur le littoral, avec petite pluie, jolie brise nord-ouest et mer calme, chlorure de sodium sur un mètre carré de plantes = gr. 0. Loin du littoral, avec beau temps et légère brise nord-ouest, chlo- rure do sodium, sur un mètre carré de plantes =0 gr. 0. 5 octobre. Sur le littoral avec averses, forts coups de vent d'ouest et mer très agitée, chlorure de sodium, sur un mètre carré de plantes =: gr. 15. Dans l'intérieur du pays avec averses et bon frais sud-ouest, chlo- rure de sodium, sur un mètre carré = gr. 0. 35 oclobre. Au bord de la mer, avec bourrasques, coups de vent sud-ouest et mer agitée, chlorure de sodium = gr. 10. Loin de la mer, avec bourrasques et bonne brise ouest, chlorure de sodium = gr. 0. On voit que, deux fois sur cinq seulement, on a trouvé du sel marin sur les plantes littorales et que, les deux fois, la mer était agitée, tandis que le vent soufflait fortement vers le rivage. Dans les — 3H — trois autres cas, la mer étant plutôt calme, et le vent ne soufflant pas vers la terre, du moins avec force, on n'a pu déceler la présence de ce corps. Ces observations nous amènent à penser que l'apport de sel marin, sur les végétaux de la dune littorale, ne doit se produire que dans certaines conditions atmosphériques, conditions qui, dans le cours de la période végétative, ne sont qu'assez rarement réalisées. Un résultat, semblable à celui que nous venons de rapporter, est mentionné dans l'ouvrage de M. Massart, ouvrage dont nous avons parlé dans notre historique. Brome, Iode et Ozone. On admet que le brome, l'iode et l'ozone existent, en quantité plus grande, dans l'atmosphère du littoral. Le brome et l'iode seraient apportés par le vent de mer, avec les embruns, sous forme de bro- mures et iodures de sodium et de potassium. La présence de l'ozone serait en relation avec l'état électrique élevé de l'atmosphère nébu- leux et agité du littoral (1), et aussi avec l'évaporation qui se produit à la surface de la mer (2). Malgré l'action problématique, sur la végétation, des agents chi- miques dont nous parlons, il m'a paru intéressant de rechercher si, ordinairement ils se trouvaient en quantité plus grande dans l'atmos- phère de la dune littorale. Voici comment j'ai procédé : On sait que sous l'action du brome, de l'iode, comme aussi de l'ozone, une feuille de papier, imprégnée d'une solution étendue d'iodure de potassium et d'empois d'amidon, prend une coloration bleue, l'iode étant déplacé de la solution d'iodure de potassium, qui contient, dès lors, de l'iode libre et de la potasse (3). J'ai donc exposé, au bord de la mer et dans l'intérieur du pays, des feuilles de papier ioduro-amidonné, du l^'^ avril au 10 mai 1908, soit pendant une période de quarante jours. Or j'ai constaté : Douze fois un bleuissement plus rapide du papier sur le litto- ral ; (1) On sait qu'une des causes génératrices les plus puissantes de l'électricité atmosphérique est le frottement des gouttes d'eau contre l'air. (2) Recherches de G. Bezanez. (3) Henriet. Thèse doct. sciences physiques. Paris, 1906. — 312 ~ Dix-huit fois un bleuissement dans le même temps sur le littoral et loin du littoral. Dix fois un bleuissement plus rapide loin de la mer. Il convient de dire que, durant la période d'exposition, presque constamment le temps a été beau. En présence des constatations que je viens de rapporter, je n'ai pas cru devoir prolonger, au delà du temps que j'ai indiqué, mes recherches sur la teneur relative en brome, iode et ozone de l'atmos- phère littorale, d'autant plus, comme je l'ai dit tout à l'heure, que l'action, sur la végétation, de ces agents atmosphériques est des plus incertaines. ÎI. Facteurs ou agents chimiques dans le sol. Il était important de savoir si les éléments chimiques, reconnus, d'une manière générale, comme favorables à la végétation, ne se rencontraient pas, en quantité notablement plus grande, dans le sol du littoral que dans le sol de l'intérieur du pays, où nos plantes se sont développées. Cette notion nous était d'autant plus utile que la teneur d'un sol, en ces éléments chimiques, peut être modifiée par le seul fait du voisinage de la mer. Ainsi le chlorure de sodium, provenaat de l'eau de mer, peut se transformer en chlorure de potassium, non toxique pour la plupart des végétaux, soluble et assimilable, par double échange, avecle carbonate de potassium provenant aussi de l'eau de mer. Ainsi encore du calcaire peut être apporté sur le rivage avec les innombrables coquilles d'animaux marins, etc. J'ai donc prélevé, à quatre époques difFérenles de l'année 1907 et, chaque fois, dans les vingt-quatre heures, un échantillon de sol littoral et de sol non littoral en place, à 10 centimètres de profondeur. J'ai prélevé, en outre, à deux moments différents, toujours à 10 cen- timètres de profondeur, un échantillon du sol littoral qui avait été transporté et mis en bâche, dans l'intérieur du pays, pour les cul- tures comparées. Dans tous ces échantillons, les éléments fertilisants, de même que le chlorure de sodium, ont été recherchés quantitativement. Je vais donner, en premier lieu, les résultats des recherches qui ont été faites dans le sol littoral et dans le sol non littoral en place. - 313 - Echantillons prélevés le 1*^ mai. Sol littoral en place Sol non littoral en place Azote . Osr 35 par kilogramme. O"' 14 par kilogramme. Acide phosphorique . . 05 » 24 » Pôlasse 39 » 72 » Chaux 45 » 60 Chlorure de sodium. . . 00 00 Echantilloiîs prélevés le l""^ juin. Sol littoral en place Sol non littoral en place Azote Os"' 28 par kilogramme. O"' 28 par kilogramme. Acide phosphorique . . 17 » 12 » Potasse 45 » 36 Chaux . 75 » - 35 Chlorure de sodium . . traces, 00 Echantillons prélevés le 15 juin. Sol littoral en place Sol non littoral en place Azote Osr 21 par kilogramme. Os-' 28 par kilogramme. Acide phosphorique . . 07 » 07 » Potasse 39 » 24 » Chaux 75 .. 27 Chlorure de sodium . . 01 » 00 Echantillons prélevés le 15 octobre. Sol littoral en place Sol non littoral en place Azote Os' 28 par kilogramme. Osr 21 par kilogramme. Acide phosphorique . . 17 » 16 » Potasse ......... 39 » 35 Chaux 75 » 40 Chlorure de sodium . . traces 00 Si nous faisons la moyenne des quantités proportionnelles de chaque élément, pour les deux sols respectifs, nous obtenons : Sol littoral en place Sol non littoral en place Azole O^' 29 par kilogramme. Qs'' 22 par kilogramme. Acide phosphorique . . il » 19 » Potasse 40 » 41 » Chaux 67 » 40 Chlorure de sodium . . 002 » 00 — 314 - Nous voyons que la moyenne des différences entre le sol litto- ral et le sol non littoral où nos plantes se sont développées, est faible, au point de vue de la proportion des éléments fertilisants contenus, comme aussi sous le rapport de la teneur en chlorure de sodium. Voici maintenant la proportion de ces substances trouvées dans le sol littoral transporté loin de la mer : Echantillon n^ 1. Azote O»" 25 par kilogramme. Acide phosphorique ... 18 » Potasse 45 » Chaux 72 Glilorure de sodium . . . traces. Echantillon n» 2. Azote 0=' 26 par kilogramme. Acide phosphorique ... 15 » Potasse 50 » Chaux 45 » Chlorure de sodium ... 00 Si nous comparons ces chiffres à ceux obtenus pour le sol littoral en place, nous constatons une faible différence des uns aux autres. Par suite, l'écart avec les chiffres concernant le sable non littoral n'est pas considérable. Grâce au soin que l'on a pris de renouveler en grande partie et à deux reprises différentes, pondant la durée des cultures, la provision de sol littoral transporté, la composition chimique de ce sol n'a donc que très peu varié du commencement jusqu'à la fin. ti CINQUIÈME PARTIE Expériences d'ordre physiologique. CHAPITRE PREMIER EXPÉRIENCES RÉALISÉES Il ressort, des faits relatés dans la deuxième et la troisième parties de ce mémoire, qu'il existe réellement une influence du bord de la mer sur le cycle évolutif des plantes annuelles. En outre, il découle de ce qui a été dit dans la quatrième partie, que des différences, d'ordre physique et chimique, existent entre le climat du bord de la mer et celui de l'intérieur du pays. Une question se pose maintenant, celle de savoir comment les conditions climatiques du littoral retentissent sur l'intérieur de la plante et modifient ses fonctions. Il m'a été permis, comme on va le voir, de résoudre, pour une fonction particulière, cette question difficile et bien digne d'intérêt. Un fait m'avait particulièrement frappé au cours de mes excursions le long du rivage de l'Océan, c'est la rapidité avec laquelle se des- sèche la surface de la dune. Presque aussitôt après une pluie, même abondante, le sol de la dune est sec, du moins superficiellement, alors que, loin de la mer, dans la lande, il conserve assez longtemps l'humidité. On pouvait penser, il est vrai, que cette différence était due à ce — 316 — que le sable de la dune est plus perméable et moins absorbant que celui de la lande. Mais, celte raison ne m'ayant paru expliquer le fait que d'une manière incomplète, j'ai pensé qu'il devait exister, dans l'atmosphère du littoral, des facteurs d'évaporation plus puissants, et dont le jeu conirebalançait largement l'action contraire d'un degré hygrométrique le plus souvent supérieur. Reportant mon attention sur la végétation, j'ai supposé que la transpiration des plantes littorales devait se ressentir, elle aussi, du jeu de ces puissants facteurs d'évaporation, et j'ai cherché, de ce côté, une solution à la question que nous venons de nous poser. On sait, en effet, que la transpiration est une fonction des plus manifestement sensibles à l'action des agents extérieurs et que, con- tribuant, pour une grande part, à régler la circulation de la sève, elle joue un rôle considérable dans le développement de toutes les plantes. J'ai donc mesuré la transpiration végétale dans les deux régions littorale et continentale. Parallèleuient, et pour exercer un certain contrôle, j'ai pris des mesures de l'évaporalion de l'eau dans ces deux endroits. CHAPITRE II MESURE DE LA TRANSPIRATION VÉGÉTALE SUR LE LITTORAL ET LOIN DU LITTORAL § 1. Dispositif et procédé opératoire. On a choisi pour l'expérience douze pieds d'Aralia Sieboldi en pots, venus dans les mêmes conditions de végétation, et aussi semblables que possible les uns aux autres. Chaque pot a été placé dans un vase de verre d'une capacité notablement supérieure, et l'espace compris entre le pot et la paroi du verre a été complètement rempli de tourbe La surface libre de la terre du pot et celle de la tourbe du vase exté- rieur ont été recouvertes d'une toile imperméable et d'un disque de verre superposés, percés l'un et l'autre d'un trou à leur centre, pour livrer passage à la tige de la plante. Actes de ia Société Linnéenne de Bordeaux. T. LXII. Pl. XI. h 4%^.'f — 317 - Après que le coefficient individuel de transpiration de ces Aralias a été établi sur le lieu commun d'origine, six, d'entre eux ont été portés dans le champ d'expériences de Garley, les six autres dans celui d'Uzeste. Ces sujets ont été placés, ici comme là, sous un toit en verre de trois métrés de côté, élevé à une hauteur convenable pour empê- cher la pluie de les mouiller, tout en permettant au vent d'arriver jusqu'à eux. On voit ici la photographie du dispositif de notre expérience. Le 15 avril, au moment de la mise en place, tous les sujets ont reçu i .000 grammes d'eau : 500 grammes ont été versés dans la terre du pot et 500 dans la tourbe du vase extérieur. On a pris ensuite les poids respectifs des sujets. Faite une première fois, le 15 avril, cette double opération d'arro- sage et de pesée a été renouvelée, de quinzaine en quinzaine, jusqu'au 15 septembre inclusivement. Nous devons dire qu'à un moment donné, afin de mettre, autant que possible, en évidence l'influence des milieux, on a opéré l'interversion des sujets, c'est-à-dire qu'on a porté sur le littoral les sujets d'Uzeste, et à Uzeste les sujets du littoral. § II, Historique de l'expérience. Comme nous venons de le dire, les plantes furent mises en expé- rience, le 15 avril, sur le bord de la mer et loin de la mer. Le 20 de ce mois, un abaissement brusque et considérable de la température survint loin de la mer et causa la mort des individus. L'expérience fut recommencée, le l^"" mai, cinq jours après par conséquent, et, afin de se mettre à l'abri des erreurs pouvant pro- venir d'une adaptation au milieu, les sujets furent remplacés, aussi bien au bord de la mer qu'à l'intérieur du pays. Le lendemain même de la reprise de l'expérience, un abaissement de la température se produisit dans l'intérieur du pays et endommagea gravement les sujets qui s'y trouvaient placés. A cause du froid rigoureux, on crut devoir attendre jusqu'au 15 mai avant d'exposer de nouveaux individus. A cette date, six Aralias, non encore expérimentés, furent placés dans la plaine d'Uzeste, et six autres, non expérimentés également, furent mis sur la dune de Gartey. - 318 — Malgré celle allente de plusieurs jours, Texpérience fut une troi- sième fois interrompue par une gelée qui se produisit dans la région continentale le 20 mai. Pour la quatrième fois, le l^''juin, on exposa de part et d'autre de nouvelles plantes, et 15 jours après, le 15 juin, il fut possible de prendre sur elles les premières mesures de la transpiration. Ces mesures furent répétées ensuite, de quinzaine en quinzaine, jus- qu'au 15 septembre. Nous ferons remarquer qu'à aucun moment, du 15 avril au l*^'' juin, les sujets placés près de la mer, n'ont été. atteints par la gelée. § III. Résultats obtenus. Le 15 juin, les pesées ont porté, sur le bord de la mer comme loin de la mer, sur 5 individus. La perte de poids, subie par ces plantes depuis le 1^'^ juin, nous a indiqué la quantité d'eau transpirée par elles depuis cette époque. Or cette quantité d'eau a été notablement plus grande au bord de la mer comme le montrent du reste les chif- fres suivants. AU BORD DE LA MER LOIN DE LA MER Poids le l^"' juin 9^875 10 503 11 842 11 322 10 792 Poids le 15 juin 8^535 9 277 10 064 9 852 9 555 Différence lk340 1 226 1 778 1 470 1 237 Poids le l''!' juin 10k901 11 649 10 100 11 547 10 304 Poids le 15 juin 9k500 10 529 9 055 10 930 9 275 Différence lk40l 1 120 1 045 617 1 029 Ces chiffres nous conduisent aux moyennes ci-dessous : AU BORD DE LA MER LOIN DE LA MER Poids moyen le 1«'" juin 10k886 Poids moyen le 15 juin 9k456 Différence moyenne lk410 Poids moyen le li^'" juin 1 0^900 Poids moyen le 15 juin 9 857 Différence moyenne lk042 - 319 - 1,410 135 Le rapport ^^ = ^^ nous indique que, pendant la période du l^^'juin au 15 juin, alors qu'une plante, loin du littoral, a transpiré 100 grammes d'eau, une autre plante, sur le littoral, en a ti'ans- piré 135. Cette difTérence mérite d'être prise en considération. Cependant, k l'époque dont nous parlons, l'influence du bord de la mer n'était pas encore établie, étant donné que cette difTérence pouvait être mise, en partie du moins, sur le compte d'une disposi- tion plus grande à transpirer chez les plantes placées sur le littoral. C'est pourquoi les plantes du littoral furent portées dans l'intérieur du pays, et les plantes de l'intérieur du pays amenées sur le littoral. L'interversion fut faite le 16 juin. Quinze jours plus tard, le 1 "'juillet, on se trouva en présence des résultats suivants. AU BORD DE LA MER LOIN DE LA MER Poids le 15 juin Poids le la"" juillet Différence Poids le 15 juin Poids le 1er juillet Différence 10k905 10^055 0^940 10k682 9k470 lk212 10 795 10 157 628 10 210 9 400 810 10 505 9 565 850 9 768 8 613 1 155 9 970 9 150 820 9 440 9 153 287 Ces chiffres donnèrent comme rapport de transpiration moyenne 809 9'-t — = — ^; ils révélèrent par suite, cette fois, un petit excès de trans- piration loin du littoral. Malgré cela, la question de l'influence du bord de la mer sur la transpiration n'était pas encore entièrement élucidée, le petit excès d'eau Iranspirée par les plantes amenées du bord de la mer dans l'intérieur du pays pouvant tenir ou ne pas tenir à un commence- cément d'adaptation de ces plantes au premier habitat. D'ailleurs la différence était bien faible. Quinze jours après, le 13 juillet, après un mois de séjour des plan- tes de part et d'autre, l'influence du voisinage de la mer se déga- geait nettement. Nous obtenions, en effet, les résultats suivants : 320 AU BORD DE LA MER Poids le l^'' juillet l(Jk790 10 850 10 055 10 164 Poids le 1-5 juillet 9k 295 9 405 8 210 8 615 UilTérence l'^505 1 445 1 845 1 549 LOIN DE LA MER Poids le le'- juillet 10^500 10 385 9 010 8 685 Poids le 15 juillet 9k 300 9 190 8 180 7 100 Différence lk200 1 195 830 1 585 Ces nombres nous conduisent aux moyennes ci-dessous : AU BimD DE LA MER LOIN DE LA MER Poids moyen le 1er juillet 10" 464 Poids moyen le 15 juillet 8^881 Différence moyenne lk586 Poids moyen lel-^r juillet 9k645 Poids moyen le 15 juiliet 8k692 Différence moyenne lk202 Le rapport d'eau perdue par transpiration a été de ^^. Ce rap- port, exprimé en pour cent, nous donne — . Comme pendant la période qui a précédé l'interversion des sujets, il dénote une transpi- ration plus abondante sur le littoral. Si nous comparons ce rapport (r^.) à celui que nous avons obtenu \ 1'-"-' / / 135 \ pendant la période qui a précédé l'interversion des plantes (5^), nous voyons, en outre, que le surplus d'eau transpirée par les plan les littorales, a été un peu plus grand, pendant la période qui s'est écoulée depuis le début de l'expérience jusqu'à l'interversion, autrement dit, que l'excès de transpiration, sur le littoral, a été plus considérable du 1^'' au lo juin que du 1®'' au 15 juillet. L'expérience a donné, dans la suite, les différences que nous allons relater. Période du 15 août au 1" septembre. SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL Poids moyen le 15 août 10k602 Poids moyen le l«' sept. 9k910 Différence moyenne 692 Poids moyen le 15 août 9k695 Poids moyen le i'^^ sept. 9^108 Différence moyenne 0k587 — 321 - Le rapport -^^, réduit au pour cent, nous donne -j^. Il montre un léger excès de transpiration sur le littoral. Nous allons constater à peu près la même différence pour la période du l*'' au io septem- bre. Période du l**' au 15 septembre. SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL Poids moyen le 1er sept. lOkSIO Poids moyen le 15 sept. 9k651 Différence moyenne 0k659 Poids moyen le 1" sept. 10k015 Poids moyen le 15 sept. 91445 DifTérence moyenne 0^570 659 115 Le rapport -y~~ = — — indique bien une transpiration un peu plus abondante au bord de la mer. § IV. Résumé et conchisions. Comme ce qui nous intéresse principalement, c'est l'action qu'exerce le voisinage de la mer sur la fonction de transpiration, nous allons réunir les nombres obtenus, dans la mesure de cette fonction, sur les plantes littorales et sur les plantes non littorales, nombres qui expriment les différences successives des unes aux autres. POUR CENT GRAMMES D'EAU TRANSPIREE LOIN DU LITTORAL GIIAMMES d'eau TRANSPIREE SUR LE LITTORAL Du 1" au 15 juin 135 Du 15 juin au 1'^'' juillet 93 (interversion des sujets) Du 1er au 15 juillet 131 Du 15 août au le'' septembre 117 Du 1er au 15 septembre 115 Ces différences sont représentées par le graphique ci-après dans lequel les colonnes élevées perpendiculairement à la ligne des temps, sont proportionnelles aux grammes d'eau transpirée (1). [l) Les traits continus correspondent ici encore au littoral. Tome LXII. 21 322 1500 r ^ o • .* 5 fZ i^ "n " -^-^ iOGO * «^ 5 n ^ !« n ^ Il il II II II 500 if n ^ ■ • 100 - H II « e B • • 15 juin. lei- juillet. 15 juillet. 1"' sept. 15 sept. Les résultais dont nous venons de donner lu relation nous per- mettent de formuler les conclusions suivantes : /° A la fin du prinlemps, comme pendant Vêlé, les piaules Iranspi- renl plus sur le lilloral que dans Vinlérieur du pays. 2° L'excès de Iranspi ration, sur le lilloral, est plus considérable à la fin du printemps que pendant Vêlé. i — 3^3 — CHAPITRE 11 MESURE DE l'ÉVAPORATION AU RORD DE LA MER ET LOIN DE LA MER § I. Dispositif et procédé opératoire. J'ai pris, pour mesurer comparativement l'évaporation au bord de la mer et loin de la mer, six évaporomètres de même capacité, à niveau constant. Chaque évaporomètre était constitué par un réservoir conique, fermé à sa partie supérieure et muni, à sa partie inférieure, d'un tube horizontal terminé par un petit auget. Dans un appareil ainsi constitué, l'appel d'eau par évaporation, à la surface libre du liquide de l'auget, détermine un abaissement de la colonne d'eau du réservoir. Cette eau est remplacée au fur et cl mesure par de l'air qui vient combler le vide que tend à produire l'évaporation. En sorte que, tant que la pression de l'air et.de l'eau dans le réservoir est suffisante pour faire équilibre à la pression atmosphérique, le niveau d'évaporation dans l'auget reste constant ou sensiblement constant (1). Mes évaporomètres étaient au nombre de six. Trois d'entre eux ont été exposés dans le poste d'observation du littoral, les trois autres ont été placés dans le poste de l'intérieur du pays. Les uns et les autres ont été disposés sous le même abri que les plantes en transpiration. Au moment de leur mise en place, ces appareils ont été exacte- ment remplis d'eau. On les a ensuite pesés respectivement. § II. Historique de r expérience. Les évaporomètres ont été exposés, de part et d'autre, dès le 15 avril. Néanmoins, il n'a été possible d'effectuer les premières (1) Lorsqu'on s'aperçoit que le niveau de l'eau commence à baisser dans l'auget, il est donc nécessaire, si l'on veut continuer l'expérience, dans des conditions suffi- santes de rigueur, de remplir de nouveau le réservoir, après avoir chassé l'air qu'il contenait. ~ .'i24 — mesures d'eau évaporée que le 15 juin. Nous avons dit, en efîet, dans le chapitre relatif à la transpiration, que des gelées s'étaient produites, entre le milieu d'avril et le commencement de juin, dans la région continentale. Ces gelées ont interrompu, h plusieurs reprises, la marche de l'évaporation, dans cette région, en congelant l'eau des évaporomètres. Du 15 juin jusqu'au 15 septembre, le poids d'eau évaporée a été relevé, après quoi les appareils ont été enlevés des postes d'obser- vation. Ils ont été remis en place, le l*"" mars de l'année suivante, c'est-à-dire au commencement du printemps 1908. Cette année, en prévision de gelées, le niveau de l'eau dans le réservoir des évaporomètres a été noté tous les soirs, du moins dans le poste de l'intérieur du pays. Cette précaution n'a pas élé inutile, car, le 21 mars, dans ce poste, les appareils ont été brisés par suite de la congélation de l'eau contenue. On a substitué de nouveaux évaporomètres aux anciens, et l'expé- rience a recommencé, le 1*^^ avril, de part et d'autre. Trois semaines après, un abaissement de la température, s'étant produit inopiné- ment dans la région continentale, a causé le bris de ces nouveaux évaporomètres. Ce dernier abaissement de température est venu, pour ainsi dire, mettre un terme ù notre expérience. Celle-ci, du reste, avait duré suffisamment. 11 convient de dire qu'à aucun moment la congélation de l'eau des appareils n'a été observée dans le poste établi sur le littoral. § III. Résultats obtenus. Les expériences sur l'évaporation n'ayant été instituées que comme un moyen de contrôle des expériences sur la transpiration, les premières pesées d'eau évaporée datent du 15 juin 1907. Les évaporomètres ont indiqué à cette époque une évaporation plus rapide sur le littoral. Nous avons trouvé en effet : SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL Poids le 1er juin Poids le 15 juin Différence Poids le 1er juin Poiils le 15 juin Différence 0k325 , Oi'281 Ok044 Ok35i 0^325 Ûk026 327 273 054 353 320 03^ 335 274 051 330 313 017 — 325 — Les moyennes sont les suivantes : SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL Poids moyen le l»'' juin 01^329 Poids moyen le 15 juin 0k276 Différence moyenne 0k0i9 Poids moyen le 1" juin 0^344 Poids moyen le 15 juin 0k319 Différence moyenne 01^025 1 , 49 196 , , , • ■ . j ' ' ' 1 Le rapport — r- = -—— de la ciuanlite d eau évaporée sur le '- '■ 25 100 "^ ^ littoral, il la quantité d'eau évaporée loin du littoral, indique que la vitesse d'évaporation a été à peu près double, dans le premier endroit, pendant la première quinzaine de juin. Voyons maintenant, pour la période suivante, celle du 15 juin au l^'" juillet. Les pesées, dont nous donnons les résultats, vont nous renseigner à ce sujet. SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL Poids le 15 juin 0^325 326 350 Poids le l'r juillet 0k295 300 330 Diiïérence 0^030 026 020 Poids le 15 juin 0k351 350 330 Poids le 1" juillet 0k333 324 316 Diiïérence OkOiS 026 014 La moyenne d'eau évaporée a été : Sur le littoral, 25. Loin du littoral, 19. L'excès de transpiration a encore été du côté du bord de la mer. Cependant la différence, à, ce point de vue, entre cette région et l'intérieur du pays, a été bien moindre que pendant la période pré- cédente. Nous croyons devoir faire remarquer, en passant, que la quin- zaine que nous venons d'étudier est celle qui a suivi l'interversion des plantes transpirantes. Dans la suite, les quantités moyennes d'eau évaporée ont été les suivantes ; — 326 - Du !«' au 15 juillet : Sur le littoral, 41. Loin du littoral, 34. Le rapport, qui est de t^, indique un peu plus d'évaporation du côté du littoral. Du 15 août au l'''' septembre : Sur le littoral, 29. Loin du littoral, 28. Comme on le voit, la différence a été à peu près nulle, pendant cette quinzaine, d'un milieu à l'autre. Cette quasi-égalité n'a pas duré au delà du temps que nous venons d'indiquer, car nous avons obtenu, dans la quinzaine du i" au 13 septembre, les valeurs qu'on peu lire ci-dessous : Au bord de la mer, 29. Loin de la mer, 18. Une fois de plus, l'évaporation de l'eau a été trouvée plus grande et, par conséquent, plus rapide dans la région maritime. Il nous reste à exposer les observations qui ont été faites au pre- mier printemps de l'année 1908. Comme nous l'avons dit dans le paragraphe précédent, ces obser- vations auraient eu une plus longue durée, si, à deux reprises diffé- rentes, la congélation de l'eau, dans les appareils placés dans la région continentale, n'avait causé le bris de ces appareils. Quoi qu'il en soit, voici les résultats fournis par les observations faites en mars 1908. Ces résultats intéressent deux périodes : la première, complète, du 1'''' au 13 mars ; la seconde,' incomplète, du 13 mars au 21 mars. SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL Poids le le"" mars Poids le 15 mars DitTérence Poids le lei- mars Poids le 15 mars Différence 0^402 Ck392 OkOlO OMOO 0^395 OkOOo 420 412 U 008 415 411 004 400 394 006 412 409 003 327 Ces nombres nous conduisent aux moyennes suivantes : SUR LE LITTORAL LOIx\ DU LITTORAL Poids moyen le le"^ mars 0^407 Poids moyen le 15 mars 0k399 — y - Différence moyenne 0^008 Poids moyen le 1er mars 409 Poids moyen le 15 mars 0^405 Différence moyenne 0^004 Ces moyennes nous montrent que l'évaporalion a été beaucoup plus considérable, pendant la première quinzaine de mars, sur le littoral que dans l'intérieur du continent. Voyons maintenant pour la période du 15 mars au 21 mars. On sait qu'il n'a pas dépendu de nous que cette période n'ait pas été de plus longue durée. D'ailleurs cette abréviation, imposée par les gelées printanières, survenues dans l'intérieur du pays, est assez édifiante par elle-même. Nous avons noté à celte époque : SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL Poids le 15 mars 0k402 420 409 Poids le 21 mars Oi'397 418 407 Différence 0^005 002 002 Poids le 15 mars 0^400 413 412 Poids le 21 mars 0^398 412 411 Différence 0^002 001 001 Ces poids respectifs nous donnent comme moyennes : SUR LE LITTORAL LOIN DU LITTORAL Poids moyen le 15 mars Oi'410 Poids moyen Différence le 21 mars ; moyenne 0t407 0^003 Poids moyen le 15 mars 01408 Poids moyen le 21 mars 0^407 Différence moyenne OkOOl Par les nombres qui précèdent, nous sommes amenés à cette cons- tatation, d'autant plus intéressante qu'elle vient confirmer celle obtenue pendant la période du l'^'" au 15 mars, que l'évaporation est bien plus intense, en mars, au bord de la mer que loin de la mer. 328 § IV. Résumé et conclusions. Nous ne devons pas perdre de vue que les expériences que nous avons réalisées, concernant l'évaporation, n'ont été faites, comme celles effectuées sur la transpiration, qu'en vue d'expliquer la mar- che de la végétation des plantes annuelles, laquelle commence au mois de mars et dure jusqu'en octobre. C'est pourquoi nous croyons bien faire de réunir toute la série des résultats obtenus, pendant ce temps, dans nos mesures d'eau évaporée, atin que le lecteur puisse se rendre compte de la marche de l'évaporation aux diverses époques. POUR CENT GRAMMES D'EAU ÉVAPORÉE LOIN DU LITTORAL GRA.MMES d'eau ÉVAPORÉE SUR LE LITTORAL ANNÉES Du ^i' au 15 mars Du 15 au 21 mars Du l=r au 15 juin Du 15 juin au 1"' juil. Du le' au 15 juil. Du 15 août au 1"='' sept. Du 1" au 15 sept. 1907. » » 196 132 120 103 160 1908. 200 300 » » » » On trouvera ci-dessous les courbes des grammes d'eau évaporée, au bord de la mer et loin de la mer, pendant les périodes successives, courbes qui rendent plus sensibles les différences constatées. 15 mars. !<=■■ juillet. 15 sept. — 329 — D'après ce que nous venons d'exposer (1), nous pouvons formuler les deux propositions suivantes : /" L'évaporation est plus rapide, sur le littoral que dans l'intérieur du pays, dans le cours de la période végétative. 2° La rapidité de l'évaporation, au bord de la mer, est particulière- ment grande au printemps. Ces propositions viennent à l'appui de celles que nous avons énoncées tout à l'heure, à propos de la transpiration. (1) Nous avons supposé, en traçant les courbes de l'évaporation, que la période, qui a suivi le 15 mars, avait eu une durée norma'e. SIXIÈME PARTIE Mode d'influence du bord de la mer sur le cycle évolutif des plantes annuelles. NOTIONS PRÉLIMINAIRES 1° Les observations que nous avons faites sur les plantes annuelles qui croissent spontanément sur la dune littorale, et sur celles qui viennent, dans les mêmes conditions, à l'intérieur du pays, nous ont appris que les premières commençaient leur évolution à une époque plus hâtive et qu'elles l'accomplissaient dans un temps plus court. Ces observations nous ont appris, en outre, que l'excès de vitesse évolu- tive des plantes du littoral était plus grande pendant la période prin- tanière. 2° Les constatations cjue nous avons ensuite effectuées sur les plantes semées par nous, dans l'un et l'autre de ces milieux, nous ont montré que le départ plus hâtif et la rapidité plus grande de l'évolution des plantes de la dune littorale n'étaient pas dues à l'action propre du sol de cette dune, mais bien à celle du voisinage de la mer. 3'^ Les études physico-chimiques, poursuivies conjointement aux constatations dont nous venons de parler, nous ont révélé que cer- tains facteurs du développement des végétaux étaient notablement modifiés par le voisinage de la mer. ■4° Enfin, les expériences physiologiques auxquelles nous nous sommes livré, sur le littoral comme loin de la mer, nous ont fait con- naître qu'une importante fonction, celle de la transpiration, s'accom- plissait avec une intensité plus grande chez les plantes littorales. — 331 — En possession de ces données, il nous est permis de chercher à expliquer le mode d'influence du bord de la mer sur le cycle évolutif des plantes que nous avons étudiées. On comprend tout d'abord que le bord de la mer ne puisse agir sur ce phénomène que par l'intermédiaire des facteurs climatiques, d'ordre physique ou chimique, auxquels il fait subir certaines modi- fications. Ainsi la question, que nous nous proposons de résoudre, se réduit-elle dans la détermination du rôle joué par les divers facteurs du climat littoral sur la marche de la végétation envisagée. Pour une raison qui apparaîtra dans la suite de la discussion, nous allons examiner, en premier lieu, le rôle dévolu aux agents chimi- ques, nous considérerons, ensuite, celui des agents physiques. CHAPITRE PREMIER RÔLE DES AGENTS CHIMIQUES Nous commencerons par parler des facteurs ou agents chimiques du cycle évolutif des plantes dans le sol, nous passerons ensuite à l'étude des agents chimiques de ce cycle dans l'atmosphère. § I. Agents chimiques dans le sol. Si nous considérons : 1° Que dans le sol de la dune littorale, transporté loin de la mer, des plantes annuelles, cultivées pendant trois années consécutives, ont mis autant de temps pour parcourir les phases successives de leur cycle évolutif que dans le sol non littoral; 2° Que cependant la composition chimique de ce sol transporté est restée, pour ainsi dire, la même pendant la durée des cultures; 3° Que, d'autre part, les éléments de l'eau de mer, susceptibles de modifier la composition chimique du sol de la dune, ne parviennent sur cette dune que par intervalles séparés par des périodes souvent longues. Nous ne pouvons admettre que ce soit par une modification de la composition chimique du sol que le bord de la mer agisse sur les phases successives de l'évolution des plantes, pour en diminuer la durée. — 332 ~ § II. Agents chimiques dans Vatmosphère. Nous en dirons de même des agents chimiques dans l'atmosphère. En ce qui concerne le chlorure de sodium, nous avons vu, en effet, que l'apport de ce sel sur nos plantes littorales nécessitait une certaine agitation de la mer et un vent soufflant du large avec force. L'action du chlorure de sodium ne se fait donc sentir qu'à d'assez rares intervalles, de loin en loin en d'autres termes, et ne peut rendre compte, par conséquent, de la constance des effets produits, sur la marche de la végétation, par le voisinage de la mer. Quant au brome, à l'iode et à l'ozone, les recherches que nous avons effectuées nous ont appris qu'ils ne figurent pas d'ordinaire en proportion sensiblement supérieure dans l'atmosphère sus- jacente aux dunes littorales. En conséquence, lors même que ces agents auraient une influence marquée sur la végétation, nous ne pourrions penser que la vitesse évolutive, constamment plus grande des plantes littorales, se trouve sous leur dépendance. CHAPITRE II RÔLE DES AGENTS PHYSIQUES Nous allons nous trouver ici en présence d'agents d'une grande puissance, nous sommes tentés de dire en présence des véritables agents du climat. Suivant l'ordre adopté pour les agents chimiques, nous envisage- rons, en premier lieu, le rôle des agents physiques dans le sol, en second lieu, celui des agents physiques dans l'atmosphère. § I. Agents physiques dans le sol. TEMPÉRATURE Les observations que nous avons faites sur la température, dans nos quatre terrains d'expériences, nous ont appris que le bord de la mer avait pour effet d'élever la température du sol au printemps et de l'abaisser pendant l'été. Le voisinage de la mer augmente donc - 333 - la chaleur dans le sol pendanl la saison où les plantes sont le plus exposées à souffrir du froid, et la diminue, au contraire, au moment oii les plantes risquent le plus de souffrir de températures exces- sives. Les observations dont nous venons de parler nous ont montré également que la température, dans le sol du littoral, était moins variable, plus régulière, pendant toute la durée de la période végéta- tive. La situation littorale met, en conséquence, les végétaux à l'abri des grandes oscillations thermiques toujours préjudiciables. Il découle des considérations précédentes que le facteur tempéra- ture du sol doit être regardé comme étant toujours plus favorable à la marche de la végétation, au bord de la mer que dans l'intérieur du pays. Humidité. Nous avons vu que, du commencement à la fin de la période végé- tative, l'humidité dans le sol était plus grande dans une région litto- rale que dans une région non littorale. Il y a lieu d'envisager l'action directe et l'action indirecte de cet excès d'humidité. Aclï07i directe. — C'est celle qui s'exerce sans l'intermédiaire d'au- cune autre. L'excès d'eau, dans le sol du littoral, doit être considéré comme de nature ci retarder le développement en temps humide (printemps), et à en augmenter la vitesse, au contraire, en temps de sécheresse (été). Action indirecte. — C'est celle qui se fait sentir par l'intermédiaire d'une autre. L'action intermédiaire est, dans le cas qui nous occupe, celle de la température, que l'humidité contribue à élever pendant la saison froide et à abaisser pendant la saison chaude, et dont elle diminue toujours les oscillations. L'humidité plus grande du sol littoral est donc, en paî-tie,]a cause de la régulation thermique meil- leure de ce sol signalée plus haut. A ce titre, son action indirecte est toujours favorisante. En somme, l'humidité plus grande du sol, dans le voisinage de la mer, doit être considérée comme étant, par elle-même, d'abord défa- vorable (printemps), ensuite favorable (été) à la vie des plantes et comme étant, par l'intermédiaire de la température, toujours favora- ble à cette vie. — 334 - § II. Agents jihysigues dans l'atmosphère. Température. La température de l'air nous a paru plus élevée sur le littoral, depuis le commencement de la période végétative jusqu'à la fin du printemps, et moins élevée, au contraire, de la fin du printemps au début de l'automne. La température s'est montrée, en outre, au bord de la mer, plus constante, plus régulière en tout temps. Cette élévation plus considérable de la température, pendant la saison froide, moins considérable pendant la saison chaude, cette constance thermique, toujours plus grande sur le littoral nous autorise à dire que le facteur que nous avons en vue doit augmenter la vitesse du développement des plantes, dans ce milieu, et cela, pen- dant toute la durée de la période végétative. Il doit l'accroître prin- cipalement au printemps, par son action stimulante sur la transpira- tion, sur cette fonction, par conséquent, que nous avons étudiée et que nous avons reconnue comme s'exerçant avec une intensité plus grande au bord de la mer, principalement pendant la période printa- nière. Radiation lumineuse. La radiation lumineuse s'est montrée constamment plus intense, au bord de la mer, au printemps; parfois moins intense pendant l'été. Par suite, la radiation lumineuse, autrement dit la lumière, nous apparaît comme un agent favorisant le développement sur le littoral, du moins pendant la période prinlanière. Radiation chimique. La radiation chimique, comme nous l'avons vu, a suivi, dans ses variations, une marche sensiblement parallèle à celle de la radiation lumineuse sur le littoral et loin du littoral. Ce que nous venons de dire de la première, au sujet du rôle qu'elle peut jouer dans l'évolu- tion des plantes littorales, peut donc s'appliquer aussi à la seconde. Degré hygrométrique. Le degré d'humidité de l'air, ou degré hygrométrique, a été trouvé sensiblement le même dans les deux régions, littorale et non litto- rale, pendant presque toute la durée du printemps. A la fin du - 335 - printemps et pendant l'été, le degré liygroinétrique a présenté une valeur plus élevée sur le bord de la mer. Nous devons envisager l'action directe et l'action indirecte de ce facteur. Action directe. — C'est celle qui se fait sentir principalement sur la fonction que nous avons étudiée expérimentalement dans nos deux milieux, la fonction de transpiration. L'action directe du degré hygrométrique ne peut s'exercer ni dans un sens favorable, ni dans un sens défavorable au développement, sur le littoral, jusque vers la fin du printemps, puisque le degré hygrométrique a, jusqu'à cette époque, la même valeur sur le littoral que dans l'intérieur du pays. Dans la suite, comme le degré d'humi- dité est plus élevé au bord de la mer, il doit y agir dans un sens plutôt favorable au développement des plantes par ralentissement du courant transpira toire (1). Action indirecte. — Elle s'exerce par l'intermédiaire de la tempé- rature. On sait, en efTet, que les variations thermiques sont toujours moindres quand l'air est humide que quand il est sec. Attendu que le degré d'humidité est le même sur le littoral qu'à l'intérieur du pays, au printemps, il n'enlre pour rien dans le relè- vement et la régulation meilleure de la température que nous avons constatés, à cette époque, dans le premier milieu. Le rôle que joue cet agent, sur le bord de la mer, au printemps, n'a par suite rien de particulier. Etant donné, d'autre part, que le degré d'humidité (ou, si l'on veut, la fraction de saturation), est notablement supérieur dans l'atmos- phère du littoral pendant l'été, il doit alors contribuer à abaisser et à régulariser la température. On se rappelle, en efTet, que la tem- pérature est moins élevée et plus stable au bord de la mer pendant l'été (2). D'oii l'on aperçoit un rôle indirect plutôt favorable du degré d'humidité au bord de la mer, pendant la saison chaude. Pluie. Nous avons noté une fréquence et une abondance toujours plus grandes de la pluie au bord de la mer, surtout pendant la période printanière. (1) On s'expliquera mieux la chose tout à l'heure, quand nous aurons envisagé le rôle du vent. (2) 11 n'y a pas lieu de considérer ici la stabilité thermique plus grande au printemps. — 336 — La pluviosité plus grande sur le littoral doit être envisagée dans e rôle direct et dans le rôle indirect qu'elle peut jouer dans le déve- loppement. Rôle direct. — L'excès de fréquence et d'abondance de la pluie dans le voisinage de la mer, s'il doit être considéré comme plutôt nuisible par lui-même au développement de végétaux pendant la saison des pluies, doit, en revanche, être regardé comme plutôt favorable à ce développement pendant la période de sécheresse. Rôle indirect. — Ce dernier s'exerce par l'intermédiaire de la tem- pérature. La pluie, en effrt, relève la température pendant la saison froide (condensation), l'abaisse pendant la saison chaude (évapora- lion. Elle diminue, en outre, les oscillations thermiques en toute saison. Or la pluie nous ayant paru plus considérable sur le littoral, sur- tout au printemps, i\ous devons admettre une action particulière- ment modératrice, de la part de cet agent, sur la température, k cette époque de l'année. On voit, par ce qui précède, que l'excès de précipitations aqueuses doit exercer indirectement une action favorable sur la marche de la végétation du bord de la mer, plus encore au printemps que pen- dant l'été. Vent. La différence que nous avons constatée, dans la direction du vent, entre nos deux régions, étant très faible, nous ne croyons pas devoir nous y arrêter. Il n'en est pas de même de la force ou intensité de ce facteur. Ici la différence observée a été considérable. Le vent a été trouvé beau- coup plus fort au bord de la mer, pendant toute la période où. les plantes annuelles parcourent leur cycle évolutif. Or nous savons que le vent est un puissant facteur de la transpiration. Mais le vent, non seulement active la transpiration, en renouve- lant les couches d'air et en agitant les parties aériennes des végétaux, mais favorise aussi et de la même manière les échanges gazeux. Il peut en résulter parfois des effets nuisibles (excès de transpiration, torsion mécanique), dont les plantes élevées se ressentent plus que les plantes basses, mais il en résulte souvent des effets utiles (apport des sels par le courant transpiratoire, renouvellement de l'acide carbonique autour de la plante). — 337 — Par sa force bien supérieure, sur ]e liLloral, pendant toute la durée de l'évolution des plantes annuelles, le vent se montre donc h nous comme un agent plutôt stimulant de cette évolution dans ce milieu particulier. Ce n'est pas tout. Le vent est aussi l'agent de transport, le véhi- cule, en quelque sorte, de la vapeur d'eau et des embruns qui éma- nent de la surface de la mer. Il est surtout le véhicule de la vapeur d'eau, dont l'abondance, nous l'avons dit tout à l'heuro, contribue notablement (à l'état gazeux ou condensé) à accélérer la vitesse évo- lutive des plantes littorales. ^lU. Réswué et importance relative du rôle des divers agents. Nous avons vu que, sur le littoral, les agents chimiques d'origine marine (ozone, chlorures, bromures, iodures), apportés par le vent dans l'atmosphère ou dans le sol, avaient une action douteuse, en tout cas très intermittente, sur la végétation littorale. Cette action nous a paru incapable de rendre compte des ditïérences que nous avons toujours constatées entre cette végétation et celle de l'intérieur du pays. Il n'en a pas été de même du rôle permanent des facteurs physi- ques que nous avons étudiés, de part et d'autre, dans l'atmosphère et dans le sol. Si l'on considère l'ensemble de ces facteurs dans le but d'appré- cier leur importance relative, on aperçoit tout de suite la prépondé- rance de la slabilité thermique, qui est elle-même sous la dépendance de l'humidité à l'état de vapeur, de nuages ou de pluie. On peut dire que c'est principalement parce qu'elles ont des prin- temps doux, des étés frais, une. température toujours plus stable que les plantes du bord de la mer ont un développement plus rapide. On peut dire, d'une manière inverse, que c'est surtout parce qu'elles subissent des gelées printa-nières, des températures estivales excessives et des écarts de température toujours plus grands, que les plantes éloignées de la mer ont un développement moins rapide. Après le facteur stabilité thermique, dont l'importance parait capi- tale, nous pensons qu'il faut invoquer comme cause des différences que nous avons constatées entre la végétation littorale et la végéta- ToM.E LXII. 22 - 338 — tion non littorale, le vent, l'élévation de la température, la radiation lumineuse et chimique, enfin l'humidité par action directe. Le vent, toujours plus fort sur le littoral, doit agir, d'une part, en favorisant la transpiration et les échanges gazeux; d'autre part, en apportant l'humidité qui émane de la surface de la mer. L'élévation de la température, plus grande pendant la période printanière, doit activer de son côté, pendant cette période, la fonc- tion transpiratoire. La radiation lumineuse et la radiation chimique, plus intenses au bord de la mer, du moins pendant la période printanière, doivent aussi jouer un rôle, tout au moins pendant celte période, dans l'évolution favorisée de la végétation littorale. L'humidité du sol, constamment plus grande au bord de la mer, doit faciliter, surtout en temps de sécheresse, l'absorption de l'eau par le système radiculaire. Celle de l'air, plus considérable pendant la saison chaude, doit modérer, à cette époque, la fonction transpi- ratoire, et enlever, en quelque sorte, à cette fonction, ce qu'elle pour- rait avoir d'excessif. CONCLUSIONS GENERALES Arrivé au ternie de celle élude (i), nous tirerons les conclusions générales suivantes : i° Le cycle évolutif des plantes annuelles commence plus tôt au bord de la mer. 2° Il a une durée moindre. 3° L'avance, sur le littoral, dans le départ du cycle évolutif, est plus sensible pendant la période printanière. 4° La diminution, dans la durée, est plus sensible aussi pendant la période printanière. 5° Cette diminution porte sur toutes les phases du cycle. 6° Les différences d'évolution, entre les plantes annuelles du bord de la mer et celles de l'intérieur du pays, doivent être attribuées à des différences parallèles existant entre le climat du littoral et celui de l'intérieur du continent. 7° Le climat du littoral, caractérisé principalement par son humi- dité, doit à celle-ci une température moins froide au printemqs et pen- dant la nuit, moins chaude en été et iiendant le jour' en conséquence, une stabilité thermique plus grande pendant toute la période végétative. 8° Celte stabilité thermique peut être considérée comme le facteur qui active le plus la végétation du bord de la mer. Viennent ensuite : A. Le vent pendant toute la période végétative. B. L'élévation de la température au printemps. C. La radiation lumineuse et chimique, notamment au printemps. D. L'humidité, par action directe, surtout pendant l'été. (1) Nous croyons devoir dire que celle élude a élé conlrôlée, dans sa parlie relalive aux fadeurs du cycle évolutif, par une élude similaire, faite, pendant une parlie de la saison de 1906, sur un point de la côte landaise, à Mimizan. ACTES LA SOCIETE LINNEENNE DE BORDEAUX 1908 DEUXIÈME PARTIE NOTES SUR LES iilULIïïS DU 8IID-0UEST M Li ME Par M. DEGRANGE-TOUZIN A diverses reprises, notre regretté collègue Benoist a publié dans nos Actes quelques notes sur les espèces de Nummulites rencontrées dans les terrains tertiaires du Sud-Ouest de la France (1). Les son- dages artésiens pratiqués dans notre région lui ont permis de faire connaître les diverses espèces de ces Rhizopodes trouvées dans les couches profondes du sol et particulièrement dans le terrain éocène que la sonde a souvent traversé. Mettant à profit les renseignements que ces sondages lui avaient fournis et les matériaux qui lui avaient été communiqués par quelques collectionneurs, il résuma dans un travail d'ensemble les connaissances qu'il avait acquises sur ces intéressants fossiles (2) qui lui ont permis d'établir sur des données rationnelles le parallélisme des terrains tertiaires de la Gironde avec ceux du bassin de l'Adour. (1) Les Nummulites de l'étage tongrien aux environs de Bordeaux, Actes Soc. Lin. Boni. Extr. des pr. verb. des séances, t. XLI, p. xxx. Sur l'existence de Nummulites planulala dans les couches éocènes du Sud-Ouest, t. XLI, p. XXXII. Sur les espèces de Nummulites recueillies dans le forage du puits artésien du châ- teau Mauvezin, à Moulis, t. XLI, p. xlvi. Les couches à Nummulites dans le Bordelais et dans le bassin de l'Adour, t. XLII, p. XXXV. (2) Etude sur les Nummulites et les Assilines du Sud-Ouest de la France, Bull. Soc. de Borda, de Dax, volume de 1889. — 344 — Ayant i^ecueilli moi-même in situ beaucoup de Nummulites et ces Nummulites ayant été déterminées pai^ des savants dont l'autorité est incontestée, je viens apporter à l'œuvre de notre collègue quel- ques renseignements complémentaires. Ces renseignements porte- ront plus particulièrement sur quelques espèces non signalées par Benoist, sur quelques stations nouvelles d'espèces déjà signalées et sur quelques erreurs de détermination commises par notre collègue. Les Nummulites du Calcaire à Astéries et des couches similaires dans la Gironde et dans le bassin de l'Adour. îl y a de nombreuses années, j'ai communiqué à feu M. le D^ Phi- lippe de La Harpe (de Lausanne), puis à M. Achille Tellini, profes- seur de géologie à l'Université d'Udine (Italie), toutes les Nummulites que j'avais pu récolter dans mes recherches paléontologiques. Nul n'était mieux qualifié que ces deux savants spécialistes pour me donner des déterminations exactes. Parmi les Nummulites qui ont été soumises à leur examen, il y en avait quelques-unes que j'avais trouvées dans les couches tout à fait supérieures du Calcaire à Astéries de Genon. Voici les deux espèces qui ont été reconnues par M. de La Harpe dans ce gisement : TV. vasca J. et L., var. Ramondiformis de La Harpe; TV. Boucheri de La Harpe. Dans des couches plus anciennes du Calcaire à Astéries, à Sarci- gnan, près du Pont-de-la-Maye, d'après les déterminations de M. Achille Tellini, j'ai trouvé : N. intermedia (ïkrch\diC; N. Fichteli Michelotti ; N. Rosaï Tellini ; TV. Boucheri de La Harpe. A Langon, dans les couches du Calcaire à Astéries qui bordent la Garonne, rive gauche, M. Tellini a reconnu dans les exemplaires que je lui ai soumis, mais que je n'avais pu recueillir qu'en très petit nombre : N. Fichteli W\c\\ç\oii\\ TV. Boucheri de La Harpe. — 345 — A Citon-Cénac, toujours d'après M. Tellini, et dans la même forma- tion, j'ai trouvé : TV. Boucheri de La Harpe ; N. fiosaï Tellini. Le Falun de Terre-Nègre, à Bordeaux, qu'il n'est plus possible de fouiller, parce qu'il n'est que très rarement mis à jour par le creu- sement de puits dans le voisinage du boulevard de Caudéran, est, comme on le sait, une formation subordonnée au Calcaire à Astéries. C'est une couche de marne grise, comprise dans l'épaisseur de ce calcaire et dans laquelle on a recueilli autrefois de grandes quantités de fossiles libres et admirablement conservés. Ayant eu un jour l'occasion de pouvoir faire des recherches dans ces marnes prove- nant d'un puits que l'on était en train de forer, j'ai recueilli, avec d'autres fossiles, un certain nombre de Nummulites, parmi lesquel- les M. Tellini a reconnu les espèces suivantes : N. Fichteli Michelotti ; N. Boucheri de La Harpe ; . N. Rosal Tellini, Dans ce même Falun de Terre-Nègre, Benoist a cité, comme les ayant trouvées lui-même : TV. inlermedia et TV. vasca, ce qui n'a rien de surprenant, puisque TV. intermedia est presque toujours associé à TV. Fichteli et TV. vasca à TV. Boucheri. Enfin chacun sait que dans les Marnes de Gaas (Landes), qui sont, avec raison, regardées comme une formation absolument synchro- nique du Calcaire à Astéries, on rencontre en abondance : TV. A'c/i/e/i Micheloiti ; N. intermedia. à' kvch. Et plus rarement, d'après Benoist : TV. vasca J. et L. ; TV. Boucheri de La Harpe. Il résulte de ce qui vient d'être dit que, dans le Calcaire à Astéries, on rencontre cinq espèces de Nummulites : TV. /^icA/e/i Michelotti; TV. intermedia d'Archiac, — 346 — N. Boucheri de La Harpe. N. vasca J. et L., var. Ramondifonnis de La Harpe. N. Rosaï Tellini. Les espèces les plus répandues sont les deux couples A^ interme- dia et N. Fichleli, N. Boucheri et TV. vasca, qui se rencontrent à peu près dans tous les gisements. On remarquera que, dans l'Étage tongrien, dans lequel on classe le Calcaire à Astéries et les formations du bassin de l'Adour qui lui sont parallèles, les Nummulites constituent deux groupes de cou- ples : N. Fichleli et inlermedia, N. Boucheri et vasca. Ce dernier groupe se retrouve dans toute la hauteur de la formation, même dans les assises les plus supérieures comme celles de Cenon, tandis que l'autre couple parait confiné dans les couches moyennes et inférieures. TV. Rosaï Tellini, que j'ai citée de Sarcignan, Citon-Cénac et Terre- Nègre, est une espèce qu'il est intéressant de rencontrer dans notre formation. On l'y trouve au même niveau que TV. inlermedia et Fich- leli. D'après M. Tellini (1), c'est une espèce du Tongrien moyen et supérieur du Piémont. Là, elle se trouve dans de nombreux gise- ments avec ce même couple et aussi avec TV. miocontorla Tell., TV. varioloria Sow., etc. Dans le terrain nummulitique de Biarritz, ces mêmes espèces existent en grande abondance dans les Grès à Eupatagus ornalus de l'Atalaye et du Port des Pécheurs. Si l'on ne considère que le genre Nummulites, il y a donc lieu de penser que les Grès à Eupatagus omattis de Biarritz sont contemporains du Calcaire à Astéries, puis- que les deux formations renferment les mêmes espèces. C'était l'opi- nion de notre collègue Benoist (2), qui classait dans l'Étage tongrien aussi bien le Calcaire à Astéiies de la Gironde que les Marnes de Gaas, les Grès à Operculines et les Grès à Eupatagus ornalus de Biarritz. Nous pensons qu'il était dans le vrai et que son opinion doit être acceptée comme exacte. (i) Achille Tellini, Le Numimililidee terziarie dell' alta Ilalia Occidentale. Bolle- lino délia socleLa geologica italiana, vol. Vil. Roma, 1888. (2) Acles Soc. Linn. de Bordeaux, t. XLI, Tableau synchronique des terrains tertiaires du Sud-Ouest de la France, du bassin de Paris, du bassin de Mayence et du Vicentin, — 347 — Nummulites du coteau d'Apremont à Peyrehorade. Le terrain nummulitique est très développé à Peyrehorade. On en voit un bel affleurement dans le coteau d'Apremont contre lequel est adossée cette petite ville. Il est constitué par des calcaires gris jaunâtres dans la partie ouest du coteau et par des calcaires mar- neux, bleuâtres, dans la partie est de ce même coteau, du côté de la route de Dax. Sa présence et sa richesse en Nummulites ont été signalées depuis longtemps; mais les auteurs qui en ont parlé anciennement n'ont en général indiqué d'autres espèces de Nummulites dans ce gisement que N. perforata et N. lucasana. Plus récemment, Benoist {loc. cit. Etude sur les Nummulites et Assi- lines du Sud-Ouest de la France), a reconnu dans les échantillons que lui avait communiqués M, le D"" Marsoo, de Salies-de-Béarn, les espèces suivantes : N. complanata Lamk. ; N. Biarritzensis d'Arch. et TV. Guellardi d'Arch.; A^. perforata d'Orb. et N. lucasana Defr. ; Assilina exponens Sow. et A. mamillata d'Arch.. Ces indications ont besoin d'être complétées. Ayant eu l'occasion de récolter à diverses reprises des Nummulites à Peyrehorade, j'ai communiqué mes trouvailles â M, A. Tellini, qui a eu l'obligeance d'étudier mes échantillons. D'après ses déterminations, voici les espèces que j'ai recueillies à Apremont : 1" Dans la partie Ouest du coteau, dans des calcaires jaunâtres : N. Tchihatcheffi d'Archiac ; N. perforata d'Orbigny ; » » var. granulata Tellini ; » » var. subglobosa de La Harpe ; N. lucasana Defr. ; » » var. granulata de La Harpe ; » » var. obsoleta de La Harpe. 2° Dans la partie Est du coteau, sur l'es bords de la route de Dax : W. 5//7'aia d'Orbigny; N. Rovasendaï Tellini; — 348 — N. perforala d'Orbigny; » » var. alxirensis d'Archiac ; A. lucasana Defrance ; N. lœvigala Lamk., var. scabra Lamk. ; N. Molli d'Arcli., var. Verbeeki Tellini. M. Tellini a donc reconnu la présence à Apremont de plusieurs espèces qui n'y avaient pas encore été signalées, à savoir ; N. Tchi- hatcheffi, N'. striata, N. Rovasendaï, qui sont ordinairement associées et se rencontrent ensemble dans l'étage Bartonien du Piémont (Voir A. Tellini, loc. cit., Le nummulitidee terziarie dell'alla Italia occi- dentale). Ces espèces sont aussi associées à N. complanala dont Benoist indique la présence à Peyrehorade. A ces espèces, il faut encore ajouter N. Molli d'Arcb., var. Verbeeki Tellini, qui n'avait pas été jusqu'à ce jour citée à Apremont. En résumé nous avons donc à Apremont les espèces suivantes de Nummulites : N. complanala et TV. Tchihalcheffî ; N. Biarritzensis et N. Guettardi; N. striata; N. Rovasendaï ; Assilina exponens et A. mamillata; N. perforata et N. lucasana; N. Isevigata; N. Molli. Si on rapproche ces résultais de l'Echelle des diverses zones num- mulitiques du Sud-Ouest (Benoist, loc. cit., Etude sur les Nummulites et les Assilines du Sud-Ouest de la France)^ on trouve que plusieurs de ces zones se trouvent représentées à Peyrehorade, savoir : la 6** par N. complanala et TV. Tchihatcheffi ; la 5^ par A", striata, qui se trouve isolée (A^. contorta, qui lui est ordinairement associée, n'ayant pas encore été recueillie à Apremont); la i'' par Assilina exponens et A. mamillata ; la 3'^ par A^ perforala et A', lucasana; enfin la 2® par N. lœvigala. Les étages Lutétien, Bartonien et Ligurien se trouve- raient donc ensemble à Peyrehorade, Au surplus, dans une lettre, M. Tellini me faisait remarquer « que cette localité ne semble pas )) formée d'une seule assise, mais de plusieurs ». Il ajoutait, dans cette lettre, que quelques espèces ne paraissent pas en place mais — 349 — semblent Iransporlées. Par suite de quel événement géologique, de quel cataclysme, cette confusion s'est-elle opérée, c'est ce qu'il est impossible d'expliquer. Aussi, en présence de ce fait anormal, de ce mélange d'espèces appartenant à des niveaux si différents, pen- sons-nous qu'il ne faut pais attacher une importance décisive, au point de vue de la classification des terrains, à, l'échelle des diverses zones nummuliliques.du moinsen ce qui concerne la formation num- mulitique de Peyrehorade. Car il nous semble que les couches qui s'y rencontrent n'ont pas une épaisseur suffisante pour qu'on puisse les considérer comme représentant à la fois le Lutétien, le Bartonien et le Ligurien. Il nous paraît, au surplus, assez rationnel de penser que le terrain nummulilique de Peyrehorade doit être assimilé à celui de la Côte des Basques à Biarritz, et cela pour deux raisons principales : d'abord parce que, à Peyrehorade comme h la Côte des Basques, on rencontre en abondance Serpula spirulaea Lamk. ; ensuite parce que les espèces caractéristiques de Peyrehorade sont, avec S. spirulaea déjà cité, Nummulites perforala et TV. lucasana,(\\x\ y existent en grande abon- dance et y sont représentées par plusieurs variétés, et que ces mêmes espèces, de même que TV. Biarritz/'nsis et TV. Guellardi, qui existent aussi à Apremont, se retrouvent à la Côte des Basques avec la même abondance. Il nous semble donc naturel de conclure au parallélisme stratigraphique de ces deux formations, qui ont, au point de vue des espèces de Nummulites fossiles, les plus grandes affinités. Enfin nous pensons que ces diverses couches peuvent être placées dans l'Etage lutétien. Les Nummulites de quelques sondages artésiens de la Gironde. Nous croyons utile de compléter les renseignements que nous venons de donner, en faisant connaître les déterminations que M. Tellini a faites de diverses espèces de Nummulites provenant de quelques sondages artésiens opérés dans le département de la Gironde. 330 Sondage du château Mauyezin a Moulis (Médoc). Benoisl a cité (1), comme ayant été rencontrées dans ce sondage, les espèces suivantes : Numniuliles perforata et TV. lucasana; Assilina granulosa et A. Leymeriei. Dans les échantillons de Nummulites que Benoist nous avait donnés comme provenant de ce sondage et qui ont été soumis à l'examen de M. Tellini, ce savant a reconnu les espèces suivantes : N. Lamarcki d'Archiac et Haime; N. Lamarcki, var. Girondica Benoist; N. Isevigata Lamk., var. astyla Tellini; N. lœvigata Lamk., var. scahra Lamk., s. -var.; subglobosa Tellini; TV. Guettardi d'Xrch\ac.; N. variolaria So\y.; N. Ramondi Defr.. En revanche, dans les échantillons qu'il a examinés, M. TelUni n'a reconnu ni N. perforata ni TV. lucasana et il ne m'a signalé aucune Assiline. Sondage de Lamarque (Médoc). Dans les exemplaires provenant de ce sondage, M. Tellini a reconnu : TV. Lamarcki d'Arch. et Haime; TV. Lamarcki d'Arch., var. Girondica Benoist; TV. lœvigala Lamk., var. scahra. Lamk., s.-v. ; subglobosa Tellini ; TV. cf. Ramondi Defrance; Assilina granulosa d'Arch.. Benoist cite encore iloc. cil.), comme provenant de ce sondage, A'. Guellardi d'Arch. et Assilina Leymeriei d'Arch.; (1) Actes Soc. Lin. Bordeaux, Extr. des proc.-verb. des séances : Siw les espèces de Nummulites recueillies dans le forage du puits artésien du cliàteau Mauvezin, à Moulis, t. XLI, p. xLVi. — 351 — Puits des Docks, a Bordeaux. Ici les espèces déterminées par M. Tellini sont les suivantes : N. Lamarcki d'Arcliiac, forme type ; N. Lamarcki, var. Girondica Benoist; N. Isevigala Lamk., var. scabra Lamk.; s.-v, subglobosa Tellini; N. Ramondi Defrance. Benoist a cité en outre, comme provenant de ce même sondage, les espèces qui suivent : N. Isevigala Lamk., var. Aqiiildnica Benoist; A^. 6^ue//arc/id'Arcbiac; N. variolaria Sowerby; Assilina granulosa d'Arch. ; A Leymeriei d'Arch . Sondage de l'île de Fumadelle, a Soussans. Dans ce sondage, ont été rencontrées les espèces suivantes : TV. Isevigala Lamk., var, Aquilanica Benoist; A'^. Za?7iarc/a d'Arch., var. 6^ironrficcf Benoist; Assilina sp.? Ces renseignements compléteront, au point de vue paléontologi- que, ceux qui avaient été publiés jusqu'à ce jour sur les différentes espèces de nummulilidés existant dans les formations géologiques du Sud-Ouest de la France. Les Nummulites de Biarritz. Je terminerai ces observations en faisant connaître les Nummuli- tes que j'ai rencontrées à Biarritz; toujours d'après les déterminations de MM. de La Harpe et A. Tellini. On sait que le terrain nummulitique de Biarritz se compose, de bas en haut, de trois zones distinctes : 1° Les marnes à Serpula spirulaea de la Côte des Basques et de la Pointe de Handia; 2° Les grès à Eupatagus ornaliis du Port-Vieux, du Rocher de la Vierge, de l'Atalaye, du Port-des-Pècheurs, etc. ; — :jo2 — 3° Les grès à Operciilina ammonea du Phare et de la Chambre d'Amour. A la Pointe de Handia, c'esl-à-dire dans la partie la plus ancienne de la formation nummulitique de Biarritz, j'ai trouvé : N'tnnmiililes lucasnna Defrance. A la Côte des Basques, c'est-à-dire depuis la Pointe de Handia jusqu'à l'établissement des bains, et aux rochers de la Goureppe, j'ai rencontré les espèces suivantes : N. i^erforala d'Orb. et A^. lucasçina Defr. ; N: Biarritzensis d'Arch. et N. Guettardi d'Arch.; N. variolaria Sow. ; N. siriala d'Orb. et N. mioconlorla Tellini, var. exilis Tellini; N. Fichteli Michtt.; N. Butimayeri de La Harpe ; N. Chavannesi de' La Harpe. Au Port-Vieux : N. inlermedia d'Arch. et TV. Fichteli Michtt, ; A^. Boucheri de La Harpe. • A l'Atalaye : N. intermedia d'Arch. et N. Fichteli Michtt. ; N. vasca J. et L., var. Ramondifonnis de La Harpe etiV. Bou- cheri de La Harpe, var. Oligocenica de la Harpe. Au Port des Pécheurs : N, inlermedia d'Arch. et N. Fichteli Michtt. ; N. vasca J. et L.; N. Jacquoti de La Harpe. La plupart de ces espèces ont été déjà signalées dans les diverses notes que M. de La Harpe a publiées sur le terrain nummulitique de Biarritz (1). On remarquera que M. de La Harpe a constaté la pré- sence, dans la zone inférieure des falaises de Biarritz, de N. compla- nata d'Arch., var. Dufrenoyi;àQ,N. Tchihatche/fi d'Arch., type et var. (1) Bull, de la Soc. de Borda, de Dax, 1879, p. 59 et 137; 1880, p. 65; 1881, p. 27 et 229. — 353 — Helvelica ; de N. lalispira Meneghini ; de N. Ptischi d'Arch., que nous n'avons pas trouvées ; el, par contre, que nous y avons recueilli les N. Rulhnayeri de La Harpe et TV. Chavannesi de la Harpe qui n'y ont pas été mentionnées par M. de La Harpe. Ces deux dernières espèces présentent des filcls cloison naires radiés, une surface non granulée et n'ont pas de chambre centrale. Enfin, nous ferons remarquer que, dans la zone supérieure des falaises de Biarritz, M. de La Harpe a signalé la présence de trois couples de nummulites : N. Tournoueri de La Harpe et N. Boiiillei de La Harpe ; A^. vasca J. et L. et N. Boucheri de La Harpe; N. intermedia d'Arch. et TV. Fichleli Michtt. Nous n'y avons recueilli que les deux derniers couples. Et, à ce propos, nous rappellerons en terminant ce que nous avons dit plus haut au sujet des nummulites du Calcaire à Aatéines, du F alun de Terre-Nègre et des Marnes de Gaas. Ces deux couples se retrouvent dans tous ces terrains, ce qui confirme une fois de plus le parallé- lisme des calcaires et marnes à Ampullina crassalina [Calcaire à Astéries, Faliin de Terre-Nègre, Marnes de Gaas) avec la portion du terrain nummulitique de Biarritz qui s'étend depuis la Côte des Bas- ques jusqu'au Phare et à la Chambre d'Amour, terrain dans lequel ces mêmes espèces se rencontrent en abondance. Tome LXIL 23 ETUDE CRITIQUE «■ES COffllLLES FOSSILES 1 MlLilS Par M. Gustave F. DOLLFUS, Collaborateur principal à la Carie géologique de France. Au cours de mes recherches pour le service de la Carte géologique de France, j'ai été amené à examiner l'Elage aquilanien pour en fixer les limites slratigraphiques, l'étendue géographique et la faune; et tout en relevant la liste des coquilles fossiles qui y ont été signa- lées, je me suis heurté à des difficultés de spécification que je me suis efforcé de résoudre et dont les pages qui vont suivre peuvent donner quelques exemples. Au point de vue auquel je me suis placé, je n'ai pas recherché spécialement les espèces nouvelles, qui sont d'ailleurs nombreuses dans certains groupes, ni même les espèces rares; il était au con- traire indispensable pour moi de préciser les espèces courantes, de représenter celles qui n'avaient pas encore été figurées, de déve- lopper l'idée de variétés et de mutations en recherchant les formes connues déjà dans les étages antérieurs et celles qui passaient dans les étages postérieurs. Il faut considérer la figuration en histoire naturelle comme une condition tout à fait indispensable; j'estime qu'une grande partie des divergences qui séparent les naturalistes dans la spécification, pro- viennent, le pUis souvent, d'une représentation insuffisante; quelque parfaite que soit une description, elle ne permet de distinguer que les groupes généraux, elle ne peut fixer convenablement les propor- tions relatives, et elle laisse toujours au lecteur le plus attentif un — 356 — point d'indécision; dans certains cas, elle peut le tromper tout à fait. De plus cette représentation doit être abondante, il faut souvent plusieurs figures pour une seule espèce, si les variétés qu'on en con- naît ne sont pas reproduites, quelqu'autre auteur peut, en les rencontrant isolénient, les prendre pour des espèces nouvelles; il est de la plus haute importance que les naturalistes qui rencontrent des passages entre les espèces nous en fournissent la figuration. Aujourd'hui, grâce à la phototypie, nous pouvons donner des images exactes sans grands frais, il y a lieu de regagner le temps perdu en reprenant les anciennes espèces pour en montrer les limites précises avec les variétés qui s'y rapportent et qui sont dignes d'être mentionnées par une nomenclature spéciale, en accord avec les exi- gences modernes de précision qui nous préoccupent. G. D. Paris, 10 avril J908. Glycymeris Menardi Desh. sp. (Panopea). 1825. Panopea Faujasi Basterot (non Ménard). Mém. géol. env. Bordeaux, p. 74. 1828. Panopea Menardi Deshayes. Dict. class. d'hist. nat., XIII, p. 22 (P. Faujasi Bast. non Mén.). 1839. Panopea Basleroli Valenciennes. Arcli. Muséum, I, p. 22, pi. VII, fig. 2. 1870. Panopea rediviva Mayer. Calai, moll. tert. musée Zurich, IV, p. 3i. 1889. Panopea Menardi Desli. Depéret, Elages tertiaires cote de Garry, p. 84, 97. 191)1. Glycymeris Menardi Desh.. Sacco-, I moll. lerr. Terz. Piém., XXIX, p. 43, pi. XII, fig. 4. i^Oi. Glycymeris Menardi Vie.sh..V)oW[i% et Dautzenberg. Conchyl. mioc. moyen., liv. I, p. 74-77, pi. II, fig. 19-20 (méd.). Nous pensons qu'il faut joindre au G. Menardi'le Panopea rediviva Mayer qui a été signalé dans l'Aquitanien à Balizac et k la Saubotte, il importe de remarquer en effet que Mayer a eu deux motifs pour créer ce nom, il a cru reconnaître, dans des échantillons recueillis près de Bazas et de Cabanac, une Panopea vivante des mers austra- les : le P.Zelandica Quoy et Gaimard, et trouvant ce nom comme de mauvaise latinité, il l'a remplacé par le nom de P. rediviva, mais cette correction n'a pas été acceptée et le nom de Quoy et Gaimard est resté dans la littérature des mollusques vivants. Reste à examiner jusqu'à quel point l'espèce du Bazadais est con- forme à l'espèce vivante australe; Mayer déclare ses échantillons comme voisins de la P. angusla Nyst de l'Oligocène de la Belgique — 357 — et comme différant dans la majorité des cas [sic) par sa forme plus courte ou plus large (?), et « sensiblement moins convexe », ce qui est peu compréhensible. Puis il renvoie au travail de Yalenciennes sur le genre Panopea, pi. III^ fig. 2 (figure copiée par Chenu. 111. con- chyl., pi. IX, fig. 2), qui représente une forme assez haute, à char- nière faible, à plis médiocres, qui est la forme vivante et qui est bien éloignée des échantillonsdu Bordelais que nous avons sous les yeux. Comme les échantillons de Mayer n'ont jamais été figurés, une solu- tion absolue est impossible. Dans un très bel exemplaire du Borde- lais, provenant de la collection du Muséum, que M. G. Ramond a bien voulu faire photographier pour nous et que nous reproduisons ci-contre, on voit qu'il s'agit d'une coquille assez solide, bien inae- quilatérale, qui mesure 110 millimètres de long sur 60 millimètres de hauteur et 40 millimètres d'épaisseur pour les deux valves réu- nies; le côté antérieur est ample et bien élargi, le côté syphonal est bien arrondi, le bord palléal est à peu près rectiligne; la surface est couverte, surtout dans la région cardinale, de gros plis transversaux arrondis, un peu irréguliers, atténués dans la région postérieure; cet échantillon concorde assez bien avec la figure donnée par Yalen- ciennes de son Panopea Basleroii pi. IV, fig. 2 (reproduite par Chenu, pi. VIII, fig. 1-3), provenant de la propriété Baour, à Mérignac, mesurant llo millimètres de long sur 60 millimètres de haut, mais dans laquelle les plis transverses sont considérablement exagérés. Il est à remarquer que le nom donné par Valenciennes est une simple correction du nom de Basterot et que c'est la même correc- tion qui avait été faite quelques années antérieurement par Deshayes. Il faut vraisemblablement réunir encore à cette espèce le P. Rxidoljiki Valenciennes, qui est un autre Panopea Faujasi Eichwald, non Ménard, qui est fondé sur une figure de Dubois de Montpéreux dont l'identité avec nos fossiles du Bordelais ne laisse guère de doute. Nous avons expliqué, dans un mémoire à l'impression en même temps que cette note et sur les Mollusques fossiles du Pliocène de la côte ouest du Portugal, que le nom de Panopea Faujasi Ménard tombait en synonymie devant celui de Mya Glycymeris Born et nous avons donné une nouvelle figure de cette espèce, qui est toute diffé- rente du G. Menardi dont Basterot n'a connu que des fragments. Notons encore que M. Sacco a figuré, dans sa belle monographie des mollusques tertiaires du Piémont, un échantillon de Glycymeris — 3o8 — Menardi du Bordelais, n'ayant trouvé en Italie que des exemplaires fragmentés de cette espèce; Téchantillon figuré mesure 113 millimè- tres de longueur, 60 millimètres de hauteur, il est un peu plus recti- ligne que le nôtre, avec le côté antérieur un peu moins développé que dans les échantillons ordinaires; mais nous savons qu'il existe, chez ces mollusques, des variations de forme importantes dans la même colonie. Je saisirai l'occasion, à ce propos, en rappelant les conditions très spéciales d'habitation du Glycymeris /^flîiyasi dans les mers actuelles où il ne peut vivre, avec ses grands syphons, que dans des fonds vaseux épais et sous une certaine profondeur d'eau, qu'on ne saurait tabler sur la présence ou l'absence du Glij. Menardi dans certains gisements du Bordelais pour en déterminer le classement, comme l'a proposé récemment M, Courjault pour les environs de Salles (1). Le classe- ment des couches de l'Helvétien qu'il propose nous paraît d'ailleurs parfaitement rationnel, mais les motifs sur lesquels il s'appuie sont, au point de vue paléontologique, bien insuffisants ; les bonnes coupes manquent toujours dans le Bordelais et nous avons peine à raccorder les trous épars dispersés dans le fond des vallons. Aquitanien inférieur : La Saubotte, Balizac. Tellina (slrigilla) senegalensis Hanley. (PL I, fig. 1 et 2). 1841. Tellina carnaria Graleloup (non Linné), Catal. débris fossiles Gironde, p. 702. Léognan. 1844. Tellina senegalensis Flanley. Proceedings ZooL Soc. London, p. 68. 1845. Tellina senegalensis Hanley. Deshayes, Traité Gonch., liv. I, p. 397. 1846. Tellina senegalensis Hanley. Tliesaurus, I, p. 259, pi. LVI, fig. 17. 1866. Tellina senegalensis Hanley. Reeve, Gonch. Iconica, pi. IX, fig. 39. 1874. Tellina senegalenî^is Hanley. Benoist, Gâtai. Test. foss. I^a Brède, n. 51, p. 30. 1873. Slrigilla carnaria L. Mayer, Versteinerungen des Helvetian des Schweiz., p. 20. Voici la diagnose d'Hanley : « Tellina testa 7'. splendida simillima, sed striis sulcisque exilio- ribus magisque confertis; extremitale eliam poslica, striis arcuatis obliquis in utraque valvula ornata ; superficie interna purpurea, albo postice biradiata ». (1) Feuille des Jeunes nul., l*"" juin 1907. — 359 — Long. : 0.80, lat. : 1 poil. — Sénégal. Très jolie espèce qui est représentée aux Antilles par la forme bien connue du T. ccmiaria, dont elle a été séparée par Hanley, qui a fait une étude toute spéciale des Tellina et qui fait autorité. Nous n'avons relevé aucune citation de cette espèce à l'élat fossile hors du Bordelais et de la Molasse de Lucerne. Le Slrigilla splendida est une espèce plus grande, de l'île Sama,r dans rOcéan Pacifique, On sait d'ailleurs qu'il existe une très grande affinité entre la faune du Miocène du Bordelais et la faune marine actuelle du Sénégal, nous pouvons citer à l'appui comme espèces communes bien connues : Eastonia rugosa, Capsa lacunosa, Tellina slrigosa, Dosinia exolela, Venus plicala, Lucina columbella, Cardium edule, Arca Noë, etc. Aquitanien supérieur : Château du Thill, près Léognan (coll. Degrange-Touzin). Donax af finis Desbayes. (PI. II, fig. 1-4). 1825. Donax elongalus Baslerot (non Lamk.). Mém. géol., p. 81 (Mérignac). 1833. Donax elongalus Desbayes in Lyell. Appendice géol., III, p. 18il. Donax elongalus Graleloup (non Lamk.). Calai, corps organisés bassin de la Gironde, p. 702. 1848. Donax affmis Deshayes. Traité élém. Goncbyl., I, p. 451. 1857. Donax elongalus Des Moulins (non Lamk.) in Dufrénoy, Carte gèoL France, III, p. 81. 1894. Donax a/finis Desbayes. Benoist. Calai. Syn. La Brède, Soc. Linn,, p. 34, n. 63. 1906. Donax affinis Desh.. Dollfus et Daulzenberg. Conchyl. Mioc. moy. Loire, III, p. 165. Cette espèce, solide, tronquée, à caractères bien accusés, n'a jamais été figurée et nous nous sommes trompé nous-même longtemps sur son identité. Elle est voisine d'un Donax du Sénégal figuré par Adanson (Le Pamet, pi. XVIII, fig. i) et nommé Donax elongalus par Lamark, mais Deshayes a reconnu les caractères difTérentiels entre l'espèce vivante et la forme fossile : son angle postérieur est plus émoussé, la sinuosité palliale est plus détachée et plus oblique et il lui a imposé le nom de Donax affinis. Nous pouvons ajouter que dans l'espèce fossile on observe un treillis granuleux, demi-fin, gau- — 360 - fré sur le côLé aiitérieui-, qui est un bon caractère, et que le ligament n'était pas enfoncé comme dans les échantillons du Sénégal. Cepen- dant une fissure ligamentaire étroite et profonde partant de la région externe antérieure des crochets pénètre dans la profondeur de la charnière où elle rejoint et approfondit la fossette supérieure do hi dont cardinale antérieure. Longueur, 30 millimètres; hauteur, 20 millimètres. Nous ne relevons aucune mention de cette espèce en Autriche, ni en Italie, ni en aucun point du néogène méditerranéen. Aquitanien supérieur : Le Pouquet, Lariey, Cliâteau du Thill, Lorient (Pessac), Mérignac inférieur. Cytherea (Caryalis) subnitidula d'Orb. sp. (Venus). (PL I, fig. 5-10). 1825. Cylherea iiitichda Baslerot (non Lamk.), Mém. géol., p. 91 (Mérignac). 1841. Cytherea nitidula Graleloup (non Lamk.), Calai, débris fossiles, p. 705 (Sau- çais). ISô?. Venus suhnHidida d'Orbigny, Prod. de Pal., IH, p. 107, El. 26, n. 1988. 1853. Cylherea albina Deshayes (pars.) (non Lamk.), Trailé Concb., II, p. 605. 1857. Cytherea nilidula Desmoulins (non Lamk.), in Dufrénoy, Carie géol. France, III, p. 81. 1873. Cytherea subnitidula d'Orb.. Benoisl. Calai. Tert. foss. La Brède, n. 89. Le Cytherea subnitidula est au nombre, assez considérable, de ces espèces du Bordelais qui ont été assimilées, hâtivement, au début des études paléontologique, avec des espèces de FEocène des environs de Paris. Aie. d'Orbigny a constaté des différences et imposé un nom nouveau, mais l'espèce est restée sans figuration. Deshayes, dans son Traité élémentaire, a tenté d'assimiler cette espèce au Venus albina Lamk. dont il a donné une figure (atlas Conchy, pi. XX, fig. 1-3. Mais si nous comparons un échantillon du Bordelais avec l'image de Deshayes, nous observons aussitôt, dans le contour général, des diiïérences sérieuses, une forme bien arrondie postérieurement, des dents plus fortes, une lunule plus aplatie, qui nous conduisent à rejeter son assimilation. Nous sommes d'ailleurs très mal renseignés sur ce Venus albina de Lamarck (Anim. s. Vert., VI, p. 307), qui a été cependant figuré par Delessert (pi. VIII, fig. 5), mais dont l'habitat n'est pas précis et qui est donné comme « Océan Indien » par les auteurs les plus modernes. Il y a cependant une espèce du Sénégal, omise par Lamarck, le — 361 — Pitar d'Adanson, devenue le Venus lumens Gmelin type du s. g. Pitar Rœmer, qui a une très grande analogie avec le Cyth. subnitidula, mais nous ne pouvons conclure à une analogie complète; le V. lumens, d'après une bonne série du Sénégal que nous a récemment rapportée M. Chautard, est une forme plus bombée, le côté antérieur est plus arrondi, la charnière un peu plus courte; on consultera cependant avec intérêt la figure de Rœmer (Î868 Monog. Untergat- lung Cylherea, I, p. 81, pi. XXI, fig. 1) avec la variété Corde Hanley, et la figure de Dunker (Index Moll. ilinere Tams., 1853, pi. VIII, fig. 23-25, p. 58). Force nous est, pour le présent, de conserver le nom donné par d'Orbigny sans pouvoir approfondir davantage son histoire. Il y aurait encore à comparer cette espèce en nature avec le Cylherea Heeri Mayer de Santa-Maria (Die Tertiar Fauna der Azoren und Madeiren, p. 20, pi. II, fig. 3), que Mayer compare k une espèce non décrite du Bordelais, mais qui nous semble un peu moins angu- leuse et moins ventrue. Burdigaiien : Sauçais, Pont-Pourquel, Mérignac supérieur. Lucina (Megaxinus) multilamellata Deshayes. (PI. I, fig. 3-4). 1831. Lucina multilamellata Desh.. Dict. encycl. mélh., p. 377 (environs de Bor- deaux). 18il. Lucina multilamellata Desli.. Graleloup, Galalogue débris fossiles Gironde, p. 703 (Léognan). 1874. Lucina mullilamellala Desh.. Benoist, Calai. Test, fossiles La Brède, p. 51, n. 128. 1889. Lucina multilameUala Desh.. Depéret, Terr. tertiaires marins côte de Pro- vence, 1°, p. 58, p. 66. 1891. Li^cùia m«/^7a/«e/^a/a Desh.. Goiirret, Faune Test marins de Carry, p. 123. Voici la diagnose originale de Deshayes : « Testa magna, subrotunda, lentiformi, convexiuscula, striis lamellis numerosis transversis ornata; umbonibus acutis, recurvis; lunula maxima, profundissima, lanceolala; ano sinuoso; margi- nibus integris; cardine bidentata; dentibus lateralibus nullis. » Long. : 83 millim., larg. : 81 millim. Très belle espèce dont il importe de donner enfin une figure, d'après un remarquable échantillon provenant de la collection Tour- — 362 — nouer qui nous a été très aimablement communiqué par M. de Lap- pareiit. Elle est très voisine de Vertus Jamaicensis Chemnitz {Lucina), Conch. cab., Yll, p. 2i, pi. XXXIX, Mg. /i08-409. Espèce encore vivante dans les jVntilles. Au contraire, les écliantilloiis donnés par Iloernes (pi. XXXIII, fig. 2) sont sensiblement difTérents, c'est une espèce plus petite, à lamelles plus serrées, à test ondulé, que nous ne connaissons pas dans le Sud-Ouest et qui constitue probablement une espèce dilïérente. Dans quelques collections, cette espèce figure sous le nom de Lucina Delbosi d'Orbigny (Pro.l. de Pal., 111, Etage 26, 286 c) du Tongrien de Morillac. Mais il y a là toutes sortes de confusion^, le L. Delbosi dans la collection Aie. d'Orbigny, conservée au Muséum, est représenté par deux échantillons : par un mauvais moule sans trace d'ornementation de Tercis (Landes) d'âge Tongrien, et par un fragment d'un moule de Lucine de très grande taille complètement indéterminable et qui porte la mention plus ancienne de Lucina gig anlea Knci0Ywv[\ non Desh., avec la localité bien connue de Saint- Morillon et non pas Morillac, nom géographique dont nous ne con- naissons pas l'existence; le niveau est Tongrien également. Il n'y a donc rien à faire pour le présent avec le L. Delbosi; cependant M. Sacco a figuré sous ce nom, sans les décrire, des échantillons assez bons qui pourraient se rapporter au L. mullilamellala Desh. (Sacco, I Moll. Piém., part. XXIX, pi. XIX, fig. 10-11), avec la loca- lité de Morillac, confusion que nous n'avons pu éclaircir. Raulin a mentionné de Gaas le L. Delbosi d'Orbigny avec l'indication : L. mulabilis Grateloup non Lamarck. De telle sorte qu'on peut conclure que le L. Delbosi n'a rien à faire avec notre espèce. Il y aurait sur- tout, comme faune ancestrale voisine, à mentionner le Dentilucina Rollei Michelotti, figuré par Sacco (pi. XVIII, fig. 3o-37j, qui présente la forme générale et la disposition des lamelles de l'espèce de Deshayes. Benoist a donné comme synonyme L. ambigvn Malheron du Miocène de Carry (Boiiches-du-Rhône), ce qu'il nous a été impossible de vérifier; M. Gourret, dans son étude sur le même niveau, écrit : Lucina viaUilamellala (sic) Deshayes égale L. mulabilis Grateloup, non Lamarck, ce qui est une erreur, puisque Grateloup cite correc- tement le /,. mallilamcllala et d'ailleurs le L. ambigua Math. 1842 doit disparaître par suite d'une autre lucine du même nom décrite par — 363 — Defrance en 1823; cependant je puis confirmer l'exisLence de l'espèce cl Carry d'après un échantillon de la collection d'Alc. d'Orbigny conservé au Muséum. Finalement je rappellerai que Tli. Fuclis, dans son étude sur la faune miocène d'Egypte, cite le L. mullila- mellata Desh. de l'oasis de Siuah, mais les moules qu'il en figure (pi. I, fig. 12) ne permettent guère de confirmer ni d'infirmer une telle détermination. Aquilanien inférieur : La Saubotle, La Brède. Aquitanien supérieur : Uzeste, Lariey, Le Tliill, Mérignac supé- rieur. Cardita (Goripia) unidentata Bastei-ot, sp. Venencardia. (Pi. I[, fig. 15a-d, 16 a-d). 1825. Venericardia unidentala Basterot. Mém. géol., p. ^0 (non figuré). 1828. Venericardia unidentata Basl.. Defrance. Dict. se. nat., LVII, p. 237. 1841. Venericardia unidentala Bast.. Graleloup. Calai, débris fossiles, p. 700. 1852. Cardita unidentata L3ast.. Deshayes. Traité concliyjiol., II, p. 178. 1857. Venericardia unidentala Bast.. Des Moulins. Carte géol. de France, III, p. 81. Tertiaire du Sud-Ouest. 1874. Cardita unidentata Bast.. Benoist. Catal. synony. La Brède, p. 59, n. 157. 1884. Cardita unidentata Bast.. De Gregorio. Studi su Taluni concli. Médit., p. 153. « Testa trigona, longitudinaliter obsolète costata; dentibus cardina- libus duobus in utraque valva, uno preminente obtusa » (Basterot) (Dax). Le manque de figuration a fait négliger cette espèce. On a pu la confondre d'une part avec le Cardita scalaris de Sowerby, qui est plus grand, k côtes rayonnantes, plus fortement accusées, etc., de l'autre, avec le Cardita corhis de Philippi et son cortège : Cardita nuculina Du}., Cardita exigua Duj., formes plus petites, nettement obliques, à sculpture plus fine. Benoist a donné comme synonyme le Cardita producta Michelotti, mais M. Sacco en fait au contraire un synonyme de C. scalaris Sowerby (Mém. conch., pi. CCCCXC, lig. 3) et les figures qu'il en donne ne me paraissent pas démontrer une assimilation certaine. Il conviendrait de grouper un fort contingent de toutes ces espèces critiques pour les comparer en nature avant de prendre aucune déci- sion sur leur réunion ou leur séparation définitive. Hoernes a réuni toutes ces formes dans son étude sur les mollus- — 364 - ques du Bassin de Vienne sous le nom de Cardita scalaris Sowerby et, d'aprèslui, les échanlillons du Miocène d'Aulriche concordentabso- lument avec ceux du Pliocène d'Angleterre; par contre, il reconnaît que les spécimens du Bordelais présentent des différences notables, ils sont plus petits, à côtes moins accusées et d'une forme générale moins transverse. M. Sacco a fait entrer tout ce groupe de petites cardites, de forme Astarloïde, dans le G. Miodon de Carpenter (1864), dont le type est le Miodon prolongatus Carp., espèce vivante de la côte de Californie. Mais ce genre nous paraît inapplicable aux espèces d'Europe, la dentition est bien différente et nous sommes obligés, bien qu'à regret, d'adopter le sous-genre Coripia, créé en 1884, par M. de Gré- gorio, spécialement pour la forme de Basterot, à laquelle il mêle C. corbis Phil. et C. ^mculinaBu']. : « N'ayant pas eu le temps, dit-il, de constaler si ce sont réellement ou non des variétés y. Dans la collection de l'Ecole des Mines, à Paris, autrefois Bayle a invoqué le G. Micromeris Conrad (1866), fondé sur VAstarte minu- iisshna Lea, mais la figur.e de cet auteur (Pi. II, fig. 39), mal copiée d'ailleurs par Tryon, est si imparfaite qu'il nous est impossible d'apprécier cette conclusion. Nous figurons des échantillons qui varient un peu comme taille, d'une ornementation plus ou moins saillante et même irréguliers comme forme générale, mais tous les passages existent. Aquitanien supérieur : Le Thill, Lorienl, Mérignac, Gajac. (Collec- tion Degrange-Touzin). Leda undata Defrance, sp. Nucula. (PI. 1, fig. 11-18). 1825. Nucula undata Defrance. Dicl. se. nat., XXXV, p. 219. 1847. Nucula luiuina Gêné Mss. in Sismonda. Syn melh., 2= édil., p. 15. 1875. Leda undata Def.. Bellardi. Monogr. Mul. Terz. Piémont, p. 16, pi. unique, fig. 9. 1898. Lembulus undalus Def.. Sacco. I Moll. Terr. Terz. Piémont, part. XXVI, p. 53, pi. XI, fig. 37-40. 1903. Nucula undata Def.. Bigot. Calai, critique. Coll. Defr., Caen, Soc. Linn., VI, p. n>. J'ai eu la chance de retrouver cette forme intéressante en lavant des sal)lcs de Mérignac, elle n'est mentionnée dans aucun des cata logues et listes modernes du Bor ])eaucoup de rapports; mais elle en diffère en ce qu'indépendamment des Unes stries obliques dont elle est couverte, sa surface porte de grosses carènes transversales. Trouvée à Léognan ». Les rapports avec la Leda pella sonl en effet très évidenis, mais les grosses .ondulations transversales de son test, bien .plus épais d'ailleurs, en font une espèce facile à distinguer. Nous le connais- sons en Touraine et dans le Redonien de la Loire-Infériêure. Nous figurons (flg. 11-12) un spécimen à sillons obliques fins et rapprochés; un autre (fig. 13-'J-i)avec sillons obliques très écartés qui est de grande taille. Les fig. 15-18 représentent les échantillons les plus nombreux, taille faible, lest épais, plis transverses arrondis, très forts. Pectunculus cor Lamarck, (PI. m, fig. 7-14; pi. IV, fig. 1-9). 1805. Peclunculus cor Lamarck. Annales du Muséum, VI, p. 217 (note). 1814. Peclunculus insubricus Brocchl. Conch. foss. subap., p. 492, pi. XI, fig. 10. 1819. Peclunculus violacescens Lamarck. Anim. sans vertèb., VI, p. 52 (vivant). 1819. Pectuîiculus zonalis LamaLick. Id., ]}.b2 [\iyanl). 1819. Peclunculus cor Lamarck. Id., p. 55 (fossile). 1819. Peclunculus Iransuersus Lamarck. ic/.,- p. 55 (fossile). 1819. Peclunculus nudicardo Lamarck. Id., p. 56 (fossile). 1825. Peclunculus cor Basterot. Mém. géol-, p- 76. 1825. Peclunculus rhomhoideus Borson. Orittografia piemontese, p 257, pi. XIX, fig. 2. 1825. Peclunculus insubricus Br.. Borson. Id., p. 256. 1825. Peclunculus nummarius L.. Borson. Id., p. 256. 1868. Peclunculus insubricus Br.. Mayer. Galal. foss. Tesl. Zurich, III, p. 44-46. 1868. Pectunculus violacescens Lk. Mayer. Id., p. 106, 124. 1868. Peclunculus inflalus Mayer (non Broccbi), p. 115, 116. 1872. Peclunculus violacescens Lk.. Linder. Vallon de Saucats, p. 463. 1874. Pectunculus cor Lk.. Beuoist. Gâtai, syn. La Brède, p. 62. 1891. Peclunculus violacescens Lk.. B. D. D. Moll. du Roussillon. Il, p. 205, pi. XXXVI, fig. 1-7. 1898. Axinea insubrica. Br.. Sacco. Moli. Terr. ïerz. Piem., part. XXVI, p. 33, pi. VIII, fig. 11-21. 1903. Pectunculus insubricus Tirocchi. G. Dollfus, Gotter, Gomes. Moll. Test. Por- tugal. Planches de Gosia, p. 53, pi. XXI, fig. 10 (var. rhomboïdes). 1907. Peclunculus (Axinea) insubricus Broccbi. Gerulli-Irelli, Fauna Malacol. Mariana. I, p. 121, pi. X, fig. 10, pi. XI, fig. ,1-9 (Monte Marino). Nous aurions pu donner un grand nombre de pages de références pour celle espèce dont la nomenclature a été très difficile à fixer. — 366 - Depuis quelques années on élait arrivé à tomber d'accord que le P. violacescens Lmnk. (1819), vivant de la Méditerranée était identique au Pectuncidus insubriciis de Brocchi fossile du Pliocène d'Italie publié en 1813 et que ce nom devait s'appliquer aussi bien à l'espèce vivante qu'à l'espèce fossile. Le nom de P. cor Lamarck, (1819), assimilé sou- vent déjà au P. violacescens, devait aussi disparaître en même temps ; cependant» en remontant à l'origine de la création du nom de ces espèces, nous avons découvert que ce nom P. cor Lamarck avait été publié réellement dès 1805, qu'il se trouvait par conséquent anté- rieur à celui de P. violacescens, antérieur même à celui de P. insu- bricus Brocchi, 1814, et qu'il avait seul le droit de s'étendre à une des espèces aujourd'hui les plus caractéristiques et les plus étendues du Néogène et de la faune actuelle. Deshayes, dès 1835, avait déjà indiqué le rapprochement du P. violacescens avec le P. insubricus de Brocchi auquel il joignait le P. Iransversus Lamarck, mais il en séparait encore le P. cor. Inverse- ment, Mayer a affirmé que le P. cor n'était qu'une variété du P. vio- lacescens, mais que ces espèces étaient tout à fait distinctes de ïinsu- bricus. Mais le détail de cette question est plein d'enseignement, en voici les documents : Voici d'abord, in extenso, la description de Lamarck dans les Animaux sans vertèbres de 1819. « Peclunculus cor. P. testa oblique cordata, tumida, subinœquila- lera ; sulcis longitudinalibus distinctiusculis ; umbonibus subtur- gidis. » a) Testa lœviuscula; margine superiore rotundato. » b) Testa subovalis; margine superiore medio paululum pro- ducto. » An Arcainsubrica Brocchi? Test. 2, p. 492. PI. XI, fig. 10. » Habite. P'ossile aux environs de Bordeaux. Muséum^ mon cabi- net. Il est moins grand et plus inéquilatéral que celui qui précède [P. pulvinalus). Je le ci'ois l'analogue du P. pilosus. La var. (b) vient du Mont Marin, près de Rome. Coll. du Muséum, M. Cuvier. Voyez le Nota des Annales, vol. VI, p. 217 ». C'est le Nota des Annales du Muséum qui nous reporte à une description plus ancienne; en effet, au vol. VI, en 1805, Lamarck, après avoir décrit les Pectunculus fossiles des environs de Paris (p. 198 du tirage à part), nous dit : ((On trouve en abondance, près de Bordeaux, un prétendu fossile — 307 — qui est différent des espèces menlionnées ci-dessus. Je le nomme : » Peclunculus cor, inœquilatei-alis, subcordatus, ventricosus, obso- lète sulcatus ; arca ligamenli sulcis profundis excavata. » J'en donnerai ailleurs la description, c'est à MM. Tlodrigues et Dargelas que je suis redevable des exemplaires que je possède de ce pétoncle, ainsi que de beaucoup d'autres fossiles intéressants de ce pays ». La plirase descriptive n'est pas la même dans la description de 1819, que dans celle de 1805, mais elle est aussi bonne et caractéris- tique, d'ailleurs les exemplaires de la collection du Muséum déter- minés par Lamarck et conservés h Paris que j'ai examinés ne laissent aucun doute sur l'attribution de cette espèce. Basterot, qui a commenté la description de Lamark, ne s'arrête que sur l'analogie indiquée avec le P. pilosus, il déclare qu'ayant comparé les individus fossiles de Bordeaux, extrêmement communs à Léognan, à Saucats et à Mérignac, avec des échantillons de P. pilosus du Golfe de Gascogne, il a trouvé des différences assez sensi- bles, ce qui l'a engagé à indiquer les fossiles sous un nom spécifique différent. Mais les figures à l'appui manquaient. Nous ne pouvons nous appesantir sur toutes les opinions des commentateurs subséquents, mais nous pouvons dire, en continuant l'examen des échantillons de Lamarck conservés au Muséum, que le P. transversus décr\i quel- ques lignes plus bas par Lamarck est encore fondé sur un échantil- lon très mince et de taille moyenne du P. cor, à ornements qua- drillés très nets à la surface, et aussi que le P. nudicardo Lamarck, est basé sur un échantillon très vieux et dont l'aire ligamentaire est très développée aux dépens de la région dentaire et toujours pour le même P. cor, ces opinions ayant déjà été exprimées par Deshayes dont la 2" édition des Animaux sans vertèbres. Nous figurons (PI. ÎV, fig. 1-i) des échantillons provenant de Léo- gnan et qui nous ont été envoyés par M. Degrange-Touzin, qui sont extrêmement voisins des échantillons typiques du carton de Lamarck du Muséum. M. Sacco a donné de son côté la reproduction photographique des types de Brocchi, vol. 'VIII, fig. 11, ajoutant diverses autres figures intéressantes n. 12 à 21; il a délimité diverses variétés, nous les désignerons comme suit : P. cor, var. transversa, Lmk. Sacco, pL IX, fig. 1-3 (PI. IV, fig. 5-8) — 308 — avec une sous-variélé depressa (pi. III, tig. 9) qui est 1res peu bom- bée et mince. 1\ cor, vai'. rhomhoidea, Bors. Sacco, pi. IX, fig. 4-6, forme lourde qu'on peut confondre aveclavar. nudicardo Lamk. P. cor, var. obliqua,, Ilayneval et Ponzi, Lamarck, var. (b) du Mon te- Mario près Rome, forme spécialement abondante, aujour- d'hui vivante dans l'Adriatique (Moll. du Roussilion, pi. XXXVI, lig. 5). P. cor, var. zonalis Lmk, spécimen de taille médiocre, ayant conservé des bandes de coloration brunes, transversales, sur le fond plus clair (Sacco, pi. IX, fig. 7. Moll. du Roussilion, pi. XXXVI, lig. 6-7) (Pi. III, fig. 10). M. Cerulli-Irelli ajoute encore la var. Romulea Broccbi, fondée sur des exemplaires sub-elliptiques. Quant au P. gallicus Mayer, c'est à peine une variété, c'est une forme un peu plus carrée, de taille médiocre. Il n'y a rien dans tout cela qui se rapproche, même de loin, du P. glycymeris-pilosus et nous en écartons aussi le P. Parlschi, qui n'est jamais aussi bombé ni réellement transverse. Nous figurons en outre diverses variétés qu'on peut séparer comme suit : Var. major. De grande taille atteignant 70 millimètres dans ses deux dimensions (PI. III, fig. 7). Var. corbis. Forme élargie transversalement et fort commune dans les exemplaires vivants; longueur, 47 millimètres; hauteur, 42 mil- limètres (PL III, fig. 8). Var. brevis. Forme petite, épaisse, bombée, ayant 28 millimètres dans ses deux dimensions (Pi. lil, fig. 11-14). J'ajouterai, en terminant, que j'ai recueilli au Val d'Andona près d'Asti des quantités considérables de P. insubricus Broccbi, bien typiques, et que c'est sur ces éléments certains que la comparaison est établie avec la forme du Bordelais, de même que le rapprochement avec la forme vivante est basée sur une longue série de coquilles méditerranéennes et de la zone lusitanienne de l'Atlantique, les échantillons ne manquant pas, non plus, pour relier entre eux les spécimens isolés des types de Lamarck du Muséum. Aquitanien supérieur, commun. Burdigalien, très abondant. - 369 — Arca Emiliae G. Doll. (PI. II, fig. 5-7). 1873. Arca umbonala Benoist. Catalogue La Brède, p. 63, n. 170 (var. non Lamk.). L'historique de celte espèce est fort compliqué et ce sont seule- ment les récents travaux de M. Laniy sur la collection des coquilles du genre Arca existante au Muséum d'histoire naturelle amai'ck. Arca Emiliœ G. Dollfus. Arca subhelbingi d'Orbigny. Arca hohemica Reuss. Mylilus aquUaniciis Mayer. Anomia epliippiuinLmnè. 380 EXPLICATION DES PLANCHES Planche I. Fjg. 1-2. — Tellina seiiegalemis Hanley, coll. Degr.-Touz., Le Thill. FiG. 3-4. — Lucina vmltilamellala Desh., coll. Toiirnouër, Saint-Avit. FiG. 5, 6, 7, 8. — Cylherea subniUdula d'Orb., Sauçais, coll. Degr.-Touz. Ponl- Pourquey, ma coll. FiG. 9. — Cylherea subnitidula d'Oib., Gabannes, ma coll. FiG. 10. — Cylherea submlidula d'Oi'b., Cabauac, coll. Degr.-Touz., var. grandis. FiG. 11-12. — Leda laidata Defrauce, Léognan, coll. Degr.-Touz. FiG. 13-14. — Leda undata Deh'aince, vav. P'iG. 15-18.' — Leda undala Defrance, var., Mérignac, ma coll. Planche II. FiG. 1, 2, 3, 4. — Donax a/finis De-b., Mérignac, coll. Tournouëc.' FiG. 5, 6, 7. — Arca Emiliœ G. DoU., Le Tbill, coll. Degr.-Touz. FiG. 8, 9, 10. — Arca Noë L., var. hianyulina d'Orb., Cabanac, ma coll. FiG. 11-12. — Arca subhelbingi d'Orb., Lariey, coll. Tournouër. FiG. 13. — Arca subhelb'mgi d'Orb., Saint-Avil, ma coll. FiG. 14. — Arca subhelbingi d'Orb. Le Péloua, coll. Linder. FiG. 15 a, b, c, d. — Cardila unidenlala Baslerot, Sauçais, coll. Degr.-Touz. FiG. 16 a, b, c, d. — Cardila unidenlala Baslerot, Sauçais, coll. Degr.-Touz. Planche III. FiG. 1,2, 3, 4. — Arca subhelbingi d'Orb., var. variabilis Mayer, Sainl-Avit, ma coll. FiG. 5. — Arca bohemica Heuss* Le Péloua, coll. Linder. FiG. 6. — Arca barbala L., Le Péloua, coll. Vignal. FiG. 7. — Pectunculus cor Lamk., var. major, Dax, coll. Degr.-Touz. FiG. 8. — Pectunculus cor Lamk., var. corbis, Léognan, ma coll. FiG. 9. — Pectunculus cor Lamk., var. depressa, Ponl-Pourquey, coll. Degr.-Touz, FiG. 10. — Pectunculus cor Lamk., var. zonalis, Léognan, ma coll. FiG. 11 14. — Pectunculus cor Lamk., var. hrevis, Ceslas, coll. Linder. Planche IV. FiG. 1-4. — Pectunculus co>' Lamk., Léognan, coll. Degr.-Touz., type. FiG. 5-6, 7-8. — Pectunculus cor Lamk., var. transversa, Ponl-Pourquey, ma coll. Pu;. 9. — Pectunculus cor Lamk., exemplaire bivalve, vu de profil, coll. Linder. iîtes de la Société Linnéenne de Bordeaux Tome LXII, 2^ Partie PI. XI (I) Phototypes et photocoilograinmes Sohier et Cie Note de M. G.-F. Dollfus ijtes de la Société Linnéenne de Bordeaux Tome LXII, 2« Partie PI. XII (II) ^ mmM 11 13 Phototypes et photocollogrammes Sohier et Cie Note de M. G. -F. Dollfus ies de la Société Linnéenne de Bordeaux Tome LXII, 2« Partie PI. XIII (III) Pliotoly|ies et photncollogrammes Soliier el Cie Note de M. G. -F. Dollfus i.:es de la Société Linnéenne de Bordeaux Tome LXII, 2* Partie PI. XIV (IV) Phototypes et photocollogrammes Sohier et Gie Note de M. G. -F. Dollfus Actes de la Société Linnéenne de Box^deaux Tome LXII, 2« Partie PI. XV (V). Glycymeris Menardi Desh. Mytilus Aquitanicus Mayer. Note de M. G. -F. Dollfus. GLOUTi GMII SUR ilS i MIE DE L'ibFOQUE JVTA-GDALElSriElSriSrE Par G. LALANNE Docteur ès-sciences et en médecine. Ce qui caractérise surtout l'étage supérieur de l'époque paléolithi- que, autrement dit l'époque magdalénienne, c'est le développement extraordinaire qu'y prit l'art de l'ornementation et de la gravure. Ce sont principalement les animaux qui inspiraient les artistes qui couvraient de dessins les os et les ramures des cervidés. Ces précieux documents nous ont été conservés à travers les âges, et témoignent d'un sens artistique véritablement développé. Ce ne sont pas des ébauches enfantines ou inhabiles, mais la plupart de ces gravures sont l'expression d'un art raisonné qui provoque encore notre admi- ration et notre émotion. Ces faits sont d'ailleurs assez connus pour que je n'aie pas besoin d'y insister davantage. Mais ces manifestations ont encore un autre mérite, non moins appréciable, c'est de nous conserver le souvenir fidèle des espèces animales qui habitaient alors notre région d'oii elles ont disparu aujourd'hui, qu'elles se soient éteintes ou qu'elles aient émigré. Ce sont des documents irrécusables qui nous ont été laissés par les témoins de ces âges reculés, dont ils attestent la haute antiquité. La plupart des animaux qui coiiiposaient la faune magdalénienne nous ont ainsi été conservés par la gravure, et nous trouvons leur physionomie souvent tracée sur leurs propres ossements. La gravure qui fait l'objet de cette étude représente un glouton. Cette pièce est extrêmement intéressante non seulement par sa - 38i — valeur arlislique propre, mais aussi parce qu'elle nous permet d'af- firmer que le glouton fit partie de la faune du Sud-Ouest à l'Epoque magdalénienne. Ce fait a son importance, car je ne sache pas que jusqu'à présent les ossements de cet animal aient été rencontrés dans nos gisements paléolithiques. Le glouton, Gulo luscus Lin., Gitlo borealis Niiss., habite actuelle- ment les froides régions des environs du pôle, en compagnie du renne, du bœuf musqué et de l'élan. Son aire d'extension est com- prise entre le 75" et le 42o46' de latitude. On prétend qu'il en exis- terait encore quelques exemplaires dans les forêts de la Lithuanie. La présence d'ossements de glouton a été signalée en Allemagne (1), en Belgique, en Angleterre et dans un petit nombre de stations en France (2). D'après M. Gervais, la grotte de Fouvent, dans la Haute-Saône, renfermerait des ossenients de glouton, ossements qu'on peut voir dans les vitrines du musée de Dijon. Dans un mémoire fort intéressant (3), M. Boule signale que M. Cartailhac a trouvé dans la caverne de l'Herm, avec des quart- zites taillés, une mandibule de glouton, et l'éminent paléontologiste du muséum rappelle que des restes de glouton datant de l'époque quaternaire ont été trouvés en Allemagne (caverne de Gaylenreulh, de Schussenried, etc.); en Belgique dans les cavernes des environs de Liège; dans la Grande-Bretagne, dans les cavernes de Bauwel, de Bleadon, de Gowes; en Suisse, à Thayngen, Schweizerbild. Il dit aussi que M. Rivière a figuré, dans un ouvrage sur les grottes de Menton, une mandibule de glouton, mais à sa connaissance Fouvent et Menton seraient les seules stations françaises qui auraient fourni du glouton. Cependant, M. Lartet avait déjà cru reconnaître la physionomie de cet animal sur une gravure provenant des Eyzies. Toutefois il restait encore un doute sur la réalité de l'animal que l'artiste avait voulu représenter, puisque M. Peccadeau de l'Isle pouvait s'exprimer ainsi à son sujet : « La pièce capitale est une (1) Goldfuss, Nova acla cimos. nat., XI, p. 311. (2) Paul Gei'vais, Restes fossiles du glouton recueillis en France, Bullelin de la Soc. géologique de France el mal. pour l'hisl. prim. et nat. de l'homme, W, 1870, p. 284. (3) M. Boule, Noie sur les restes de glouton et de liOn fossiles dans la caverne de L'Herm (Ariège), L'anthropologie, vol. V, p. 12. - 383 - lame eu bois de renne, Irouée pour suspension, portant une gra- vure très nette d'un animal qui a un peu le museau carré des hippo- potames, mais qu'il est fort difficile de déterminer exactement » [Malériaux, 1874. — V. aussi Reliqtiix Aquitaniœ , p. 209 où celle pièce est reproduite ainsi qu'une gravure représentant un glouton actuel. The glouton in the Zoological Society's Gardens fjondon). On voit par ce court historique coiubien la découverte à Lauge- rie-Haute d'une gravure représentant un glouton est importante puisque cela nous permet de reculer l'aire géographique de cet animal dont la présence s'explique d'ailleurs plus aisément dans noire région, où sa place est plus marquée en compagnie du renne et des autres espèces froides, que dans les grottes de Menton jusqu'où le renne ne paraissait pas être descendu. La gravure qui fait l'objet de cette étude a été trouvée à Laugerie- Haute en plein niveau magdalénien. La détermination de l'animal fut assez laborieuse, et j'en suis redevable à la sagacité de mon émi- nent maître M. E. Cartailhac, car, jusqu'alors, l'animal représenté avait été considéré comme un sanglier. La considération de la queue, représentée comme aplatie, devait écarter cette hypothèse. L'animal est gravé au trait sur une extrémité de bois de renne. II est entier et admirablement conservé, quoique le morceau de ramure soit devenu par le temps assez friable. Le glouton porte sur son dos un manteau de longs poils qui doivent se hérisser lorsqu'il est en courroux. C'est dans cette attitude que l'artiste l'a représenté. Le dessin mesure, de la pointe du museau à l'extrémité delà queue, 0,08 centimètres. D'ailleurs un coup d'œil sur la gravure ci-joinle (PI. XVI) sera plus instructif que de longues descriptions. ACTES DE LA SOCIÉTÉ LINKEENNE DE BORDEAUX T. LXII. Pl XVI GLOUTON GRAVE SUR BOIS DE RENNE NIVEAU MAGDALÉNIEN DE LAUGERIE-HAUTE. — LES EYZIES (DORCOGNE) Phototypie Ch. Chambon, Bordeau L'ABRI DES CARRIÈRES DIT u ABRI AUDI » STATION DE LA FIN DE L'ÉPOQUE MOUSTÉRIENN Aux EYZIES (Dordogne) Par G. LALANNE. Docteur ès-sciences el en me'Jecine. I. Situation. L'abri des carrières, appelé également abri Audi, du nom de son propriétaire, est situé sur la rive droite de la Beune, petit affluent de la Vézère, à mi-colline des Eyzies, dans la commune de Tayac et non loin de la grotte célèbre des Eyzies. Il est en pleine exposition du Midi, inondé de soleil pendant une grande partie de la journée L'abri est peu remarqué aujourd'hui et n'est plus surplombé par une large voûte, mais il dut autrefois être bien protégé si l'on en juge par les débris provenant de l'effritement de la roche sous l'in- tluence des agents atmosphériques et dont les éboulis forment un épais dépôt qui contient en même temps les vestiges de l'industrie humaine (PI. XVII). Aujourd'hui, le flanc de la colline s'élève verticalement au-dessus de la terrasse sur laquelle repose le gisement. Celle-ci, large de quelques mètres seulement, fut peut-être jadis un peu plus étendue, mais assise sur le flanc abrupt de la colline, elle était sans doute d'un abord peu aisé et joignait à l'avantage d'être difficilement accessible, celui d'une bonne exposition. Tome LXII. 25 - 386 — Une source abondante et claire jaillit de la roche à quelques mètres en contrebas. Tout semblait favoriser rétablissement d'une famille paléolithique sur ce point privilégié. II. Historique des fouilles. Ce foyer aurait été fouillé sur une très mince épaisseur par Lartet et Christy, mais je ne crois pas que ces savants aient publié le résultat de leurs recherches. Si j'en juge par la partie du dépôt remaniée, ils ont dû être découragés par la pauvreté de leurs trou- vailles. M. Emile Rivière aurait connu ce gisement, ainsi que le marquis de Vibiaye et M. Philibert Lalande (Congrès préhistorique de France, P*^ session, Périgueux, 1900, p. 71). A la réunion du premier Congrès préhistorique de France à Péri- gueux, MM. Capitan, Peyrony et Bourlon ont communiqué les résul- tais de quelques fouilles pratiquées au voisinage de la grotte des Eyzies, et ils ont cité l'abri Peyrille, l'abri Esclafer et l'abri Audi. M. l'abbé Breuil, dans son très remarquable mémoire sur les gise- ments présolutréens du type d'Aurignac, présenté au Congrès inter- national d'anthropologie en 1906, cite l'abri Audi dans la nomencla- ture des gisements aurignaciens. A diverses reprises, au cours de ses travaux, il évoque l'industrie de l'abri Audi, c'est tout ce que nous en savons. Grâce à l'extrême obligeance de son propriétaire, M. Audi, j'ai pu examiner à mon tour l'abri des Carrières, étudier le gisement dans toute son épaisseur, et j'ai été frappé de l'intérêt qu'il présentait non pas tant par la beauté et la richesse de l'industrie qu'il nous révèle que par les déductions scientifiques qu'on peut en tirer. C'est le résultat de mon observation que j'ai consigné dans cette courte notice, heureux si un examen attentif de cette industrie permet de déchirer un coin, même étroit, du voile qui obscurcit encore l'histoire des origines si lointaines et de l'évolution encore si mystérieuse de l'humanité. III. Stratigraphie. A la base de la paroi verticale de la colline, il existe une terrasse de quelques mètres de large, une dizaine environ, sur laquelle s'est faite l'accumulation de l'industrie presque exclusivement lithique, — 387 — au milieu des vestiges de foyers avec cendres et ossements des res- tes d'animaux contemporains et des délu-is de la voûte de l'abri qu'on retrouve à l'état de fragments ou de blocs d'épaisseur variable et généralement à arêtes émoussées. Sur une tranchée ouverte au milieu du gisement et à proximité de la paroi de la colline on rencontre la succession de couches sui- vantes : 1° Couche supérieure remaniée et portant traces des fouilles exé- cutées par Lartet et Christy, formée de fragments de roches calcai- res, sur une hauteur de 0"'oO k i mètre. 2'' Couche calcaire stérile de 0°'20 d'épaisseur. 3° Eboulis formés de rognons calcaires généralement effrités sur les bords, de façon à leur donner un aspect roulé. Ces rognons sont entremêlés de sable calcaire, et parmi eux on trouve des silex taillés. Epaisseur 0"60 environ. 4" Au-dessous vient une couche avec ossements et quelques silex taillés, ceux ci peu nombreux. 0° Celle dernière couche surmonte un foyer avec cendres et débris carbonisés. Ce foyer avait 4 mètres de long sur 3 mètres de large avec une épaisseur de 0"80 au centre. Parmi ces cendres les vestiges sont peu abondants. 6° Au-dessous de ce foyer d'éboulis à teinte blanche de 0"^20 d'é- paisseur vient une zone plus sablonneuse et de coloration jaunâtre de 0"^3o à 0™40. 7° Terre végétale formant le sol primitif, reposant directement sur la roche et marquant la fin des assises. IV. Faune. Dans la couche tout à fait inférieure, on rencontre quelques os brisés de bovidés et d'autres animaux encore, mais difficiles à déter- miner. Le cheval est absent. Ce dernier se rencontre surtout dans les couches supérieures en compagnie d'un bovidé; les fossiles sont surtout dés dénis et des os longs qui ont été fendus pour en extraire la moelle et qu'on rencontre à l'état d'esquilles de petites dimensions. V. Industrie. Le premier examen de l'outillage, en silex, dénote qu'on se trouve en présence d'une industrie moustérienne. Mais on s'aperçoit de — 388 — suite que cet outillage se présente avec un faciès particulier qui jus- tifiera quelques remarques. Le foyer avec cendres et charbon, qu'on rencontre entre les cou- ches 5 et 6, peut diviser le gisement au point de vue industriel en deux assises, Tune inférieure, l'anlre supérieure. Je m'empresse de déclarer que cette division peut paraître arbitraire et utile seuleiuent au point de vue descriptif et peut-être au point de vue de la faune, car la partie sous-jacente ne renferme pas de cheval, tandis que ce dernier apparaît dans les couches situées au-dessus. Mais en réalité, ces deux assises sont fort intéressantes à étudier séparément, car l'une marque la fin d'une époque qui disparaît et la supérieure marque l'aurore des temps nouveaux. Cependant au point de vue archéologique, il n'y a pas de diffé- rence très marquée entre les deux zones, quoique l'outillage de la couche supérieure soit plus fruste, moins perfectionné et moins riche en formes que celui de la couche inférieure. L'assise inférieure occupe particulièrement la surface de l'ancienne couche végétale qui recouvrait la roche et se confond avec elle. Comme je l'ai déjà signalé, elle ne renferme pas de restes de cheval. L'outillage est des plus primitifs, si on le compare au bel outillage du Moustier, mais on ne peut s'empêcher de remarquer qu'il appar- tient bien à l'Epoque moustérienne. C'est bien le type du Moustier, 'd pointes retouchées sur une seule face, mais il y a une tendance marquée au passage de la pointe à la lame, et à l'utilisation d'éclats sans retouches préalables. Nous allons passer en revue cet outillage, en commençant par le type le plus ancien, par le coup de poing acheuléen que nous verrons se maintenir longtemps encore pendant toute la durée des temps pleistocènes. A. Pointes. Cet outillage est constitué par une série de petits coups de poing, le plus souvent de forme ovalaire et généralement grossiers et mal taillés. Cependant, j'en ai vu un, dans la collection de M. Audi, qui était d'un fini parfait, quoique de petite taille, et qui pouvait rivaliser avec les plus jolies pièces de ce genre trouvées au Moustier. L'un, n° i (PI. XVIII), en silex noir, est assez finement retouché. Il mesure 0'"088 de long, 0'"05i de large et 0"'032 dans sa plus grande épaisseur. Sa forme générale est contournée, il est très effilé en pointe aiguë au sommet. Un autre, n" 2, de forme ovalaire, également en — 389 — silex noir, mesure 0'"086 de long, 0"'OoO de large et 0"'030 d'épais- seur. N" 3 est un silex noir aussi, il est formé par l'enlèvement de très gros éclats sur les deux faces et présente sur son pourtour de fines retouches. Il mesure : Longueur ..... 0"'079 Largeur 052 Epaisseur 031 N° 4, en silex gris taillé aussi à grands éclats, est également très retouché sur les bords dout l'un est assez aigu. Il donne les dimen- sions suivantes : Longueur 0™079 Largeur 066 Epaisseur 033 Ces pièces, malgré leur grossièreté, étaient parfaitement adaptées à des usages multiples et devaient servir d'armes pour se défendre ou attaquer les animaux dont l'homme faisait sa nourriture. La base est équarrie ou arrondie pour ne pas blesser la main, ce qui a fait supposer que ces armes n'étaient pas emmanchées mais étaient tenues à la main, enfin un des bords est plus aigu que l'autre et a [>u servir de couteau et de racloir. Tandis que la pointe acheuléenne dont je viens de parler est taillée sur les deux faces, la pointe nettement moustérienne que nous allons examiner maintenant est taillée sur une seule face seulement, l'autre présentant une surface unie formée par le plan d'éclatement du silex et on n'aperçoit sur cette face qu'un accident, l'éminence arrondie formée par le bulbe de percussion et qui existe toujours à la base des silex taillés intentionnellement. De cette pointe moustérienne dérive h peu près tout le reste de l'outillage. Les figures Là 11 PI. XIX, représentent des pièces de ce genre. La première (fig. 1) quoique très régulière, ne présente pas de retouches, cependant son arête abattue dans la direction de la face inférieure témoigne d'un long usage et cette pièce est des plus inté- ressantes parce qu'elle nous éclaire sur la destination des pointes à main. Elle mesure : Longueur 0^072 Largeur 043 Epaisseur 014 — 390 - Le n" 3 présente de fines relouches sur le bord le moins tranchant et a servi de racloir. Il mesure : Longueur 0°i061 Largeur 044 Epaisseur 0103 Le n" 8 est une pointe très retouchée. Elle présente sur sa face inférieure quelques traces d'esquillage, et le conchoïde de percussion a été enlevé. Elle a certainement servi de racloir. Vers son sommet elle porte deux encoches symétriques qui transforment sa pointe en une sorte de perçoir aplati qui porte des traces d'usure. Ses dimen- sions sont : Longueur 0™053 Largeur 034 Epaisseur 009 La pièce comprise sous le n" 9 a beaucoup de rapports avec la précédente mais les contours en sont plus irréguliers. Elle est égale- ment très retouchée sur un de ses bords, présentant aussi vers son extrémité deux encoches symétriquement placées dont l'une est beaucoup plus grande que l'autre, déjetant ainsi la pointe sur un côté. Longueur 0™052 Largeur 030 Epaisseur 012 N° 7. — Pointe un peu plus allongée que les précédentes, retou- chée sur un seul de ses bords, l'autre restant avec le tranchant naturel mais portant de nombreuses traces d'usure. Longueur 0i°063 Largeur 031 Epaisseur 010 N" 6. — Pièce semblable à la précédente, en silex jaune, portant des retouches et des encoches peu profondes sur ses bords : Longueur O^OoO Largeur 031 Epaisseur 010 N" 1, PI. XXI. — Pointe losangique portant sur son pourtour une série de dents régulières qui lui donnent un aspect denté : Longueur 0'"0525 Largeur 040 Epaisseur OU - 391 — Les pièces représentées en 2, 4, o, 10, il, PI. XIX, peuvent se rat- tacher aux types qui viennent d'êlre décrits. Dérivant de la pointe moustérienne, se rencontrent d'autres pièces qui ont avec elles la plus grande analogie. Ces pièces sont étroites, allongées, à base épaisse et de section triangulaire. L'une, représentée lîg. 10, PI. XX, mesure O'^OSS de long sur 0"'039 dans sa plus grande largeur. L'épaisseur de la lame est de 0"0082 et l'épaisseur du talon est de 0'"013. Ses bords sont très retou- chés pi esque jusqu'à la base. Une autre de même forme (tig. 10, PI. XXI) rappelle le type pré- cédent, mais est plus petite et plus grossière. Il en est de même du no 16. J'ai rapproché ces trois pièces parce que, toutes, elles se divisent chacune nettement en deux portions, une lame et un talon vers lequel la lame se rétrécit. Le ne 6, PI. XX, rappelle le type précédent, mais le talon est aplati et la lame très amincie. Elle présente des bords très retouchés. B. Lames retouchées. Celles-ci sont généralement allongées et très minces, portant sur leur pourtour de très nombreuses et très fines retouches. Ces lames sont très usagées et portent sur certains points des encoches plus ou moins profondes. C'est ce que présentent les figures 2, 3, 4, PI. XXI. Quelques-unes de ces lames affectent une forme particulière qui rappelle celle de certains couteaux dont se servent les bouchers pour découper leur viande, couteaux courts, à dos rectiligne et dont la lame se recourbe vers le sommet pour aller rejoindre le dos avec lequel elle fait un angle aigu. Ces lames ont pu servir de couteaux, de scies, de racloirs. Les pièces 1, 2, 3, 4, 8, PI. XX représentent ces pièces là. Les pièces figurées en 5, 9, 11, 12 PI. XXI sont des lames très retouchées sur leurs bords, très usagées et nous permettent de pas- ser au racloir. G. Racloirs. Celui-ci dérive toujours de la pointe à main. Une des faces est unie et formée par la place d'éclatement et porte aussi le bulbe de percussion, l'autre face porte des retouches sur un seul bord géné- ralement. — 392 — Le premier lype qu'on rcnconlre est un racloir en forme de crois- sant, convexe sur un de ses bords, celui qui est retouché, concave sur l'autre qui est tranchant (fig. 9, PI. XX et 13, PI. XXI). Dans quelques autres formes, les racloirs sont très épais. La forme primitive triangulaire de la pointe à main est conservée, mais le bord est creusé de coches profondes avec des retouches qui en font un racloir concave sur plusieurs points. Quelques pièces pré- sentent sur la face de nombreuses traces d'esquillage qui la trans- forment presque une pointe acheuléenne. Enfin, je signalerai en passant une série de pièces nucléiformes de petites dimensions qui peuvent correspondre aux disques. Les n°^ 1 et 2, PI. XXII, sont de forme biconvexe et se relèvent sur un de leurs bords en une sorte de bec. Les dimensions sont pour le n° 1, 0^030 en diamètre et 0'"027 en épaisseur, le n° 2 présente les mêmes dimen- sions. La figure (i représente un grattoir grossier à dos très bombé. Ce n'est pas un de ces types grattoir désignés sous le nom de grattoir iartf^, ni un grattoir caréné, c'est, à propement parler, un grattoir nucléiforme. Il n'est pas moustérien par sa taille, mais il indique certainement des tendances vers une autre industrie. D. Industrie des couches supérieures. J^'industrie de la zone placée au-dessus du foyer, quoique présen- tant avec le précédent beaucoup de ressemblance, diffère cependant en ce qu'il est plus rudimentaire ou plutôt moins soigné. Ce sont surtout des lames taillées sur une seule face et générale- ment assez minces. Quelques-unes de ces lames affectent la forme triangulaire des petites pointes moustériennes mais sont presque sans retouches. Beaucoup sont des lames irrégulières, sans forme bien définie, portant sur leur pourtour des retouches courtes, per- pendiculaires à la surface de la lame, dont le plus souvent le tran- chant retouché n'est pas rabattu (?) On dirait, au premier aspect, un inslrumentdefortune plutôt qu'un outillage défini et voulu. L'ouvrier qui a taillé ces pièces était inhabile et son œuvre ne rappelle que de fort loin l'industrie du Moustier, peu distant cependant de notre station. On rencontre néanmoins de temps en temps quelques pièces carac- téristiques, particulièrement des pointes triangulaires à une face plane, à une seule face taillée, mais celle-ci souvent non retouchée. — 393 — La face plane qui est formée par le plan d'éclaLemenl du silex conserve presque toujours son conclioïde de percussion. J'appelle tout particulièrement l'attention sur ce point peu important en apparence, mais très intéressant en ce qu'il établit une première différence avec l'industrie du Moustier où le bulbe de percussion est généralement ou enlevé ou absent; dans ce dernier cas, c'est que la partie de lame utilisée a été choisie au-dessus ou en dehors du con- choïde de percussion. Je ne m'étendrai pas sur la description de ces pièces, dont deux sont représentées en 1^ et 14, PI. XXV. Elles sont généralement de petites dimensions dans tous les sens. C'est ainsi que celle qui est figurée en 12 mesure : Longueur m, 052 Largeur 0m,03:i 14 mesure : Longueur m, 042 Largeur m, 032 Le n° 12 nous permet de passer de la forme précédente au racloir. C'est aussi une hune triangulaire à une surface plane avec bulbe de percussion, longue de 0,051 et large de 0,035, un des bords est aigu mais l'autre est arrondi, portant une série de retouches brèves, perpendiculaires à la surface de l'oulil, le transformant en une sorte de racloir arrondi mais grossier. En général, tous les racloirs que nous rencontrons ici sont gros- siers et irréguliers, ce sont des lames plus ou moins informes et retouchées sur une partie plus ou moins étendue. La partie retou- chée est convexe, comme dans 9, PI. XLX, et 2, PI. XXI, parfois rec- tiligne comme dans certaines pièces, parfois concave. Des éclats beaucoup plus gros présentent de grosses dents et rap- pellent des scies. Le plus souvent ces instruments portent sur une face la croûte du silex dans lequel ils furent taillés. Celui qui est représenté fig. 1, PI. XIX, mesure 0,096 de long sur 0,056 de large. 11 en est d'autres plus étroits et plus courts, mais présentant les mêmes particularités. La série la plus importante est celle des lames. Celles-ci affectent toutes les formes. 11 en est de triangulaires, comme 10, portant des dents de scie sur tout leur pourtour, comme 5, PI. XXI, qui affecte la même forme et semble avoir été brisée en son milieu. — 394 — Deux pièces sont assez curieuses : l'une est un morceau de silex noir grossièrement taillé et d'aspect nucléiforme (fig. 3, PI. XIX) por- tant des traces d'usage sur quelques points, l'autre une sorte de burin très épais avec l'autre extrémité amincie et retouchée (fig. 2, PI. XIX). On trouve encore à ce niveau un grand nombre de lames présen- tant sur leur pourloui' quelques encoches plus ou moins profondes et plus ou Jiioins nombreuses et qui lémoiguent d'un usage momen- tané. Maintenant, fait particulièrement curieux, en dehors de cet outillage spécial dont il vient d'être parlé, on rencontre quelques grattoirs véritables dont la taille se rapproche de la taille solutréenne. Ces grattoirs ont une forme généralement oblongue, sont à dos très épais avec une arête en leur milieu. Ils sont entièrement retouchés sur leur pourtour. Quelques-uns portent des sortes d'encoches. Ce sont des racloirs en voie de transformation et on sent que le grat- toir est proche. L'un est particulièrement intéressant, il est retouché sur toute sa surface dorsale, à la façon des pointes solutréennes à face plane, mais il est très épais comme les précédents. Jusqu'à pré- sent, je n'avais observé ces formes de grattoir que dans le présolu- tréen. E. Outillage en os. L'outillage en os a fourni deux poinçons dont l'un au moins est manifestement en ivoire. Ceux-ci sont im peu irrégulièrement arrondis. La base est aussi grossièrement arrondie. L'un, celui qui est en os, a 0™07o de long; l'autre, en ivoire, mesure 0"'OoO de long. Je reviendrai plus loin sur ces grattoirs et ces poinçons, qui, nous le verrons, présentent le plus grand intérêt. Conclusion. L'étude attentive de cet ouliliage soulève quelques problèmes intéressants et suggère quelques réflexions. Cette élude nous permet d'abord de suivre l'évolution progressive de l'industrie et par suite de la civilisation. Nous devons envisager les époques paléolithiques telles qu'elles ont été décrites pour les besoins d'une étude méthodique, non pas comme uniformes, brus- quement créées, brusquement interrompues, séparées les unes des autres par un hiatus, mais, au contraire, comme s'enchainant les - 395 — unes les autres, s'eiilremêlant et se pénétrant profondément, de telle sorte qu'une époque qui finit se prolonge dans celle qui la suit. Pendant un long espace de temps, le coup de poing chelléen ou aclieuléen se rencontre d'nn bout ci l'autre du territoire comme le seul et unique instrument servant à la fois d'arme et d'outil. 11 ne disparaît pas brusquement du jour au lendemain, ni à mesure que l'industrie se pei'fectionne et que l'outillage se multiplie, mais il se retrouve encore au milieu du moustérien en spécimens d'un fini remarquable et de toute beauté. L'humanité faisant quelques pas de plus dans la voie du pro- grès, les besoins de l'homme s'accroissent et, avec leur extension, l'outillage devenu insuffisant se perfectionne, des types nouveaux sont créés, correspondant à des besoins nouveaux Le coup de poing chelléen est taillé sur ses deux faces, ses bords sont aigus servant à racler et à couper. Il y a avantage, pour des raisons qui nous échap- pent, à avoir une surface plane et une seule face retouchée et ainsi apparaît la pointe moustérienne dérivée de l'outil chelléen. Désor- mais cette pointe h main, comme l'a nommée M. de Mortillet, va être utilisée dans divers sens et son type priniitif, quoique conservé, subira une foule d'adaptations nouvelles. Mais nous la reconnaissons toujours dans les racloirs, les scies, les perçoirs, etc. Il est vraiment intéressant de suivre cette transformation. A quel âge peut-on rattacher le gisement qui vient d'être étudié? L'abri des Carrières présente incontestablement, au premier exa- men, tous les caractères de l'époque moustérienne. Mais c'est du moustérien qui va finir, du moustérien décadent. Et cependant l'outillage est grossier, les pièces sont généralement assez mal tail- lées, beaucoup, surtout dans les couches supérieures, ont l'air, comme je l'ai déjà dit, d'outils de fortune. Faut-il admettre que vers la fin du moustérien, les hommes de cette époque, sentant que des temps nouveaux étaient proches, se sont relâchés? Je ne le crois pas. L'industrie moustérienne est, en réalité, fort belle et la taille en est admirable. L'industrie qui la suit est plus remarquable encore et, à l'époque de Solutré, l'art de tailler le silex touche à son apogée. Le retour vers le passé et les aspirations vers l'avenir auraient dû produire un outillage encore plus perfectionné. N'esl-il pas permis de risquer l'hypothèse que sur ce point, très limité d'ailleurs, s'est installée d'abord une famille moins aristocra- tique, aux besoins artistiques moins développés et dont l'industrie — 3% — trahit une condition plus misérable? Cela ne se voit-il pas à toutes les époques, dans tous les temps et dans tous les gisements? Est-ce que Langerie-basse n'a pas fourni des documents artistiques d'un art plus raffiné que Langerie-liaute dans son faciès magdalénien évidemment contemporain? Nous reconnaissons à l'abri Audi tout l'outillage que nous trou- vons à la partie supérieure de la terrasse du Moustier. Les renseignements fournis par la stratigraphie, par la faune, par l'industrie, tout révèle la fin de l'époque moustérienne. Je dois, en efTet, convenir que, dans cet outillage, on pressent l'aurore de temps nouveaux. Il est certain que la conservation du conchoïde de percussion, l'amincissement de quelques pièces, l'allon- gement de la taille annoncent qu'on s'éloigne du type moustérien. La partie supérieure de l'abri Audi fut certainement moins habi- tée. Des éboulis devaient se produire fréquemment et l'abri n'offrant qu'un asile incertain ne fut habité que d'une façon intermittente. Aussi l'outillage en est encore plus fruste. Cependant, il n'en est pas moins intéressant en ce que, à l'industrie de la couche inférieure sur laquelle nous venons d'insister, se mélange Une industrie nouvelle qui va évoluer vers la magnifique industrie aurignacienne. Ne ren- contre-t-on pas, en effet, quelques grattoirs, instrument nouveau qui va remplacer désormais le racloir moustérien? Celui-ci est taillé sur lame, mais il est retouché sur tout son pour- tour; on en trouve aussi de retouchés sur toute la surface du dos qui sont fort intéressants. Enfin, les fouilles ont fourni aussi quelques poinçons ou perçoirs en os ou en ivoire qui ne sauraient encore passer pour des outils luagdaléniens. Cette industrie nous est aujourd'hui bien connue et tout à fait caractéristique de l'époque présolutréenne, ou mieux aurignacienne, comme on a une tendance à la désigner aujourd'hui; et, en effet, ce moustérien décadent, mélangé à un solutréen infé- rieur, ce mélange d'industrie ne traduit-il pas une nouvelle époque? Je ne saui'ais décrire en particulier toutes les pièces de cet outillage. Un coup d'œil jeté sur les planches qui accompagnent ce mémoire fera comprendre aisément les caractères de cette industrie. Nous avons d'autre part la preuve irréfutable qu'entre le mousté- rien et le solutréen, il y a place pour une autre époque dite -aurigna- cienne qui a eu une longue durée et qui présente des subdivisions bien tranchées. Mais l'humanité n'est pas passée brusquement d'une - 397 — époque dans l'autre, et nous devons trouver tous les termes d'une transition insensible. L'abri Audi marque, dans sa partie inférieure, le commencement de l'évolution du moustérien. Pendant que se faisaient les dépôts de la partie supérieure, l'abri semble avoir été peu sûr ou habité par de pauvres familles, ou fréquenté seulement d'une façon inlermittenli^; aussi n'y trouve-t-on qu'un outillage défectueux, et aussi de temps en temps quelques vestiges d'un aurignacien déjà [>erfeciionné. ^CTES DE LA SOCIÉTÉ LINNEENNE DE BORDEAUX T. LXII. Pl. XVII m < Q c/5 W ce -w s ce < o (7) Q ^^>^v^^. >IE Ch. Chambon, Q < m < H co Q Z Cl] Q c/) W CL ZTKS J)E I.A SOCIin-Ê LINNKKNNE DI£ lîOlîDKAUX T. LXU. Pu. x\ ni [H \/ ■*«è5é^ ABRI AUDI TYPES DE L'INDUSTRIE Q < I — I pq h 00 Q g p CM >^ ACTIiS Ht LA SOCILTI; I.lNNtHNNE lîE BORDEAUX T. LXIl, Pi. XIX -^?«^^ V ^ ABRI AUDI TYPES DE L'INDUSTRIE Q D Q X! D < w Q o W Q w w ■w :?: z •w H ■W u o 0^ PQ Q W 03 ACTES DE LA SOCl£Tls LINNÊENNE DE BORDEAUX T. LXII, Pl. XX ABRI AUDI TYPES DE L'INDUSTRIE p D pq < I— I h Q W Q oo 11. Z -w H ■W u o AC7HS UI: I.A SOCIETE MNNKKNNE Dli HORDIiAUX T. LXll. Pi. XXI ABRI AUDI TYPES DE L'INDUSTRIE Q < I — ( H P Z ■w g ■w H -W U o co <: ^-) w Q ACTES DE LA SOCIÉTÉ LINNCKNNE JJE BOUJ3EAUX T. LXU. PL. XXII ABRI AUDI TYPES DE L'INDUSTRIE O) Q < I — I pq < w h— ( H C/2 D Q W Q co W >^ CD \CTl-:S DE LA SOCIh'I'É 1JNN];HNNE D1-; BOKDIiAUX T. LXII. Pl. X\111 ABRI AUDI TYPES DE L'INDUSTRIE Xi p <: tu Q oi O CQ W G tq tu ■tq ■tq U O Q D h P I — I w Q W a. O) ACTES DE LA SOCIÉTÉ LINNfiliNNE DE BORDEAUX ABRI AUDI TYPES DE L'INDUSTRIE y-. S -w H ■w U o < w Q Q w I — I H Q Z Q >^ ACTES DB LA SOCIÉ'iiî LIXNI-IHNXE DU BORUliAUX T. LXIl, PL. XXV ABRI AUDI TYPES DE L'INDUSTRIE («V \4 DECOUVERTE ^ D'UN SQUELETTE HUMAIN A LAUGERIE HAUT Par G. LALANNE, Docteur ès-sciences et en médecine. En quittanl la gare des Eyzies, après avoir traversé au passage à niveau la ligne du chemin de fer de f^érigueux h Agen, on arrive rapidement aux pittoresques collines rocheuses au pied desquelles coule la Vézère. Tout le long de ces collines abruptes et hautes d'une centaine de mètres environ sont échelonnés les abris célèbres de Gorge d'Enfer, de Laugerie basse et Laugerie haute, qu'on ren- contre en longeant la rive droite de la rivière. Ces stations sont classiques et connues dans le monde entier par les recherches qui y ont été entreprises sous la direction des savants les plus éminenls de tous les pays et par les magnifiques résultats qu'elles ont donnés. C'est tout à fait à l'entrée du village de I^augerie haute, dès les premiers éboulis de rochers, que le squelette a été rencontré. L'hon- neur de cette découverte revient à Fournier, garde à Laugerie, qui, dès le 19 janvier, m'en informait par la lettre suivante : « Aujour- d'hui, en creusant dans ma petite fouille, à 1™50 de la route, dans l'entrée de la Grotte, j'ai découvert un squelette humain, à 0™50 de profondeur. J'ai ramassé la tête et je n'ai plus rien touché, mais j'ai bien remarqué que le reste du corps y était. J'ai laissé la place de la tête qui se reconnaît très bien et j'ai recouvert le tout pour que rien ne vienne le dégrader ». Dès le lendemain, je me rendis aux Eyzies pour procéder aux pre- mières constatations utiles. Je fis découvrir le squelette, j'en pris une photographie alors qu'il était encore en place, et, après avoir observé sa position exacte en présence de MM. Fournier, auteur de la découverte, Massias, ingénieur, Leyssalle, propriétaire voisin, et quelques autres personnes, je fis enlever les ossements avec pré- caution et les fis porter au domicile de Fournier situé à quelques mètres de là. Le village de Laugerie haute se compose de quelques maisons échelonnées' ti la base de la falaise entre celle-ci et la route. Des blocs énormes de rochers se sont détachés du flanc de la colline, il y a — 400 — vraiseinblablemenl fort longietups, et sons ces éboulis sont les riches Lerrasses de l'âge du renne, qui, bien que fouillées sans cesse el dans tous les sens, recèlent encore d'inestimables trésors archéologiques. A l'entrée du village de Laugerie haute, les premiers dépôts qu'on rencontre aux bords du chemin, sont solutréens de bas en haut, et je ne sache pas que sur ce point précis on ait rencontré des vestiges magdaléniens. Ceux-ci se trouvent cantonnés en arrière des blocs, au ras de la falaise, preuve que l'abri s'efîondra vers la fin de l'épo- que solutréenne, mais que l'homme continua d'habiter les abris voi- sins qui lui offraient un asile plus sûr, car, quelques mètres plus loin, les foyers solutréens sont surmontés des dépôts magdaléniens. Mais un peu plus loin, à la sortie du village, le solutréen dispa- raît et on ne rencontre plus que des vestiges de l'industrie magda- lénienne de bas en haut. . Ne nous occupant pour le moment que du point sur lequel a été rencontré le squelette qui fait l'objet de celte note, examinons une coupe générale ii ce point-là. Nous trouvons : Coupe générale de Laugerie haule, passant par le point oii a été découvert le squelette. • A. l^'alaise. B. Gros bloc détaché de la falaise et recouvrant directement le dépôt solutréen. C. Habitation entre leroclierébouléel laTalaiseet faisant partie de la même propriété. S. Dépôt solutréen avecpoinlesà cran et feuilles de laurier, fouillé sur le point Lî. de façon à constituer un abri qui sert actuellement de remise. H. Mur de soutènement en [noelldns superposés. V. Pierrailles mêlées de silex peu abondants formant le fond de la remise. D. Bloc de rocher situé au-dessous de l'ancien chemin et sur lequel reposait la par- tie gauche du squelette, indiqué par une croix. E. Route actuelle. Iv. Talus descendant la Vézère. Y. Lit de la Vézère. — iOl — L'abri sous lequel l'homme s'était établi à l'époque de Solulré était considérable. Il est probable que sous l'influence de causes naturel- les, il s'est fait des cassures successives qui l'ont détruit. Une première partie s'est détachée du bloc B, sans doute aux premiers temps de l'époque de Solutré. C'est cette partie qui a cons- . tilué le bloc D, sur lequel^ été appuyé le squelette. Ultérieurement à la fin de la même époque, la voûte formée par le rocher B s'est effondrée à son tour. Au contact immédiat de ces rochers on ne ren- contre aucun vestige magdalénien. On n'y trouve que des foyers solutréens. Ce dépôt, fort riche et fort intéressant, a été largement fouillé, et je crois posséder une grande partie des objets qui y ont été rencon- trés. Ce nouvel abri (G), qui sert aujourd'hui de remise, s'étend sur une profondeur de o™oO environ et sur une largeur de S'^oO, élargi vers le fond par des fouilles successives. Il est orienté du sud au nord. La partie ouest a donné un très grand nombre de pointes à cran, la partie est a fourni beaucoup de pointes à feuilles de laurier. Le sol actuel de la remise est formé par un amas de pierrailles provenant d'éboulis de la falaise, de galets de rivière, de débris de silex, de lames, de nuclei, etc. Il a été fouillé sur une partie seule- ment et il est assez peu riche en pièces de choix; on y rencontre surtout des débris de fabrication et des instruments brisés. Cepen- dant il a fourni aussi quelques pièces intéressantes qui nous per- mettront de classer ce niveau. Avant l'établissement du chemin actuel, qui marche parallèlement i\ la Vézère, il y avait un vieux chemin longeant la falaise et passant au ras des blocs éboulés. C'est précisément au bord de ce chemin primitif, il l'affleurement du bloc, que le squelette a été rencontré. Siliialion et position du squeleAte. — Le squelette se trouvait à O^'SO sous le sol, dans la direction est-ouest, la tête placée à l'est. Le corps était couché sur le dos, légèrement incliné à droite, les bras et les mains placés le long du corps, le bras droit un peu sous le bassin. Le côté gauche du corps reposait directement sur un gros rocher oblique, mais par ailleurs il était déposé sur un ancien foyer de pierres brûlées et de débris de fabrication dans lesquels dominent des lames, des nuclei, des percuteurs en granit et des pierres brû- lées provenant soit des rochers voisins, soit de galets apportés de la rivière. Le corps était copieusement recouvert d'un sable à très gros grains formé de granules calcaires et quartzeux entremêlés de Tome LXIL - 26 — 402 — crislaux de grosseur variable d'un minerai ferrugineux. Le sol au milieu duquel il gisait était, formé de limon des cavernes, au milieu duquel se trouvaient les pierres brûlées, les cailloux de rivière dont quelques-uns étaient brisés, des ossements d'animaux quaternaires (dents et os longs fendus). Immédiatement sous la tète se trouvait le sabot d'un petit cheval, l'épaule droite l'eposait sur un gros nacléus et un percuteur formé d'im caillou de granit ovale, portant des tra- ces d'usage à ses deux extrémités. En creusant le sol pour découvrir le squelette, on a mis 4i jour quelques silex caractériques de l'époque de Solutré, dont un frag- ment de pointe à cran et deux fragments de pointes à, feuille de lau- rier, enfin des lames, des grattoirs, des nuclei et beaucoup de pier- res ayant subi l'action du feu et constituant le foyer sur lequel le corps était posé. Les ossements étaient dans leur position naturelle. Le squelette était entier, mais un coup de pioche donné sur la face antérieure du crâne a fait disparaître quelques pièces. Les dents en particulier fai- saient défaut, sauf une qui n'était pas usée. Ce squelette, qui fera l'objet d'une étude anthropologique spéciale, appartenait à un individu de petite taille. Sans vouloir empiéter, pour le moment, sur le domaine de l'anthropométrie, je me borne à indiquer que les premières mensurations faites sur le terrain m'ont donné les résultats suivants : longueur du sommet du crâne iila tête du fémur, 0"^08; longueur de la tête du fémur à l'articulation tibio- tarsienne, 0™62. La colonne vertébrale était tassée et avait perdu sa situation normale par le poids des matériaux accumulés au-dessus. Nous ne saurions donc tirer, de ces quelques chifTres, des conclu- sions louchant la race h laquelle appartenait l'individu, mais, des quelques chiffres cités, nous pouvons admettre qu'il appartenait k une race de petite taille. Les questions qui se présentent naturelle- ment à l'esprit sont celles de savoir si le corps était en place et quel est l'âge auquel il faut le rattacher. Il semble que sur les premiers points il n'y ait pas d'hésitation possible. Le corps reposait bien au point où il avait été déposé. Les ossements étaient situés dans leurs rapports normaux et n'avaient pas été déplacés. La deuxième question est plus difficile à résoudre, car si le sque- lette repose en plein foyer de l'âge du Renne, rien ne prouve que ses rapports avec le milieu n'eussent été les mêmes si l'inhumation avait eu lieu il y a un siècle ou deux seulement. — 403 — Cependant, il y a quelques raisons qui militent en faveur d'une haute antiquité. D'abord, il est nécessaire de reconstituer l'abri tel qu'il était avant sa destruction. Celte reconstitution est facile, car les points de repère ne manquent pas. Lorsqu'on examine sur ce point le flanc de la falaise, on aperçoit une large brèche marquant la région de laquelle s'est détachée la voûte de l'abri. La coupe suivante rendra ces rapports plus saisissants. Coupes donnant le rétablissement de l'abri de Langerie haute à l'époque solutréenne, au moment où la cassure s'est produite. A. Falaise. B. Voûte de l'abri. G. Espace libre entre la surface des foyers et la voûte. P. Dépôt archéologique. D. Extiémité de la voûte qui s'est détachée en premier lieu et a fourni le bloc sur lequel le squelette a été appuyé par sa gauche. G'. Point où s'est produite la cassure qui a amené la chute de l'abri. G". Point où s'est produite la cassure qui a amené la chute du bloc D. Un certain espace vide s'élevait entre la surface des dépôts et la voûte, et les terrasses archéologiques s'étendaientvraisemblablement vers la Vézère, recouvertes aujourd'hui par la route actuelle. Il s'est fait d'abord une première cassure en C". Le bord de la voûte de l'abri, rendu plus fragile par les injures de l'atmosphère, s'est d'abord détaché, et c'est à côté de ce bloc que le squelette a été déposé. — 404 — ï/homme a continué d'Iiabitoi' Tabri et a laissé les vestiges de son passage amoncelés sur plusieurs mèties de hauteur jusqu'au moment oîi ut)e nouvelle cassure se produisant est venue détruire complète- ment la voûte. Cela se passait avant Ici tin de l'époque solutréenne, puisque le bloc B recouvre uniquement des dépôts solutréens sans la n)oiudre trace des civilisations consécutives. Il semidedonc que la voûte de l'abri s'est effondrée en plein cours de la^civilisalion solutréenne; la première partie au début, proba- blement à l'époque présolutréenne, la deuxième vers la fin. Depuis fort longtemps, probablement dès l'aurore des temps his- toriques, le vieux chemin existait, puisqu'il n'y avait pas d'autre voie praticable entre la falaise et la livière. 11 est donc peu probable que ce point fréquenté et piétiné ait été choisi pour un lieu de sépulture. Il semble impossible de la faire remonter à l'époque néolithique seulement, car il n'y avait pas au voisinage du corps la moindre trace d'industrie de la pierre polie, ni même de l'époque magdalé- nienne. Le corps était donc bien en place, sur un foyer solutréen, — je dis solutréen, mais c'est présolutréeu que je devrais dire, car je vais essayer de montrer que les vestiges de ce niveau sont bien présolu- Iréens. D'abord, aux pieds du squelette, et à O'"io environ, j'ai ren- contré un magnifique grattoir allongé et retouché sur toute sa péri- phérie et qui, lui, est bien présolutréen. Pour éclairer davantage ma religion, j'ai fait faire des fouilles sur un point limité, il est vrai, mais qui m'a fourni aussi quelques indications nettes et quelques spécimens d'un outillage caractéristique, en particulier un grattoir k dos retouché sur toute sa surface et enfin un canon de renne por- tant des stries transversales profondes, rappelant les flacons en canon de renne trouvés à la caverne des Cottes (Voir la planche qui accompagne ce mémoire, PI. XXVI). M. Cartailhac, à qui j'ai eu l'occasion de montrer ce squelette, ne doute pas qu'il ne soit de l'époque présolutréenne et contemporain des squelettes de Cro-Magnon, de Menton, de Spy, etc., époque où le culte des morts fut très en honneur. L'étude anthropométrique de ce squelette fera l'objet d'une note spéciale qui sera publiée ultérieurement. Je tenais tout d'abord à signaler cette découverte du plus haut intérêt pour l'histoire et l'humanité. 405 EXPLTGATION DES FIGURES 1. Grattoir présolulréen trouvé aux pieds du squelette. Dimensions réelles. 2 et 3. Grattoirs aurignaciens typiques de Laussel pour servir de termes de com- paraison. 4. Grattoir à dos retouché du même niveau que le squelette. 5. Grattoir de même forme provenant de l'abri Audi. 6. Canon de renne ayant probablement servi de tlacon, rappelant ceux de la grotte des Gottis, portant des stries à la surface. LE SANG DE L'AXOLOTL GRANULATIONS DE CYTOPLASME : ORIGINE NUGLÉOLAIRE Par les D« J. SABRAZÈS et L. MURATET Grâce à l'obligeance de M. le professeur Charles Pérez, nous avons pu étudier le sang d'un Axolotl (forme larvaire bien développée [12 centimètres de long] de l'Amblystoma mexicanum Cope). Le sang du cœur contenait 300.000 globules rouges environ par millimètre cube et 11.780 globules blancs. Le taux de l'hémoglobine corres- pondait à 23 0/0 de l'échelle de Fleischl. La coloration vitale des hématies par le procédé de Cesaris Demel au brillant-krésyl-blau montre dans tous les globules rouges un état réticulé en réseau plus ou moins compact et, de plus, une à deux, très exceptionnellement trois granulations intra-protoplasmiques colorées d'un bleu mat. Ces globules rouges ont des dime\isions assez variables / 27 u. 84 41 u. 76\ I de — à I ; leur forme oscille de la sphère à l'ovale ; V J 7 [X 4 26 p. 10/ ^ leurs réactions colorantes de l'hématogonie lymphocytoïde au glo- bule rouge adulte orthochromatique; l'état du noyau du stade de repos à chromaline contractée a toutes les modalités de la karyo- kinèse. L'hématogonie ou érythroblaste est une cellule ronde mesurant 20 M- 88 , . , , , . .,..,, ■ — '^ parfois un peu plus. La coloration vitale révèle dans son 17 [7. 40 ^ f F protoplasma basophile une infiltration d'hémoglobine marginale se substituant de proche en proche au spongioplasma basophile. Celui- ci, plaqué contre la membrane, fixe le colorant, donnant lieu à une sorte d'image en couronne épineuse enchevêtrée, périnucléaire, plus ACTES DE LA SOeiiXÉ LINNKKNNE DE BOKUEAUX T. I.XU. Pl. XXVI OUTILLAGE PRÉSOLUTREEN — 408 — on moins dense, plus ou moins abondante, suivant le degré de juvé- nilité de l'élément. On saisit tous les intermédiaires entre ce spon- gioplasme touffu des érytliroblastes basophiies et plus ou moins poly- chromatophiles après fixation et l'érythrocyte normal à réseau pro- loplasmique filamenteux, plus lâche, débordé par l'hémoglobine. Ainsi, la substance réticulo-filamenteuse, dans ce cas, n'est autre qu'un reliquat de spongioplasma adhérent à la membrane, mis en évidence par la coloration vitale. Les deux ou trois granulations protoplasmiques ont une tout autre origine. Les caractères du noyau des globules rouges jeunes et des globules adultes vont nous éclairer sur la nature de ces gra- nulations. Les noyaux des érythroblastes lymphocytoïdes et de leurs formes de transition vers les érythrocytes adultes sont ronds et volumineux par rapport h leur protoplasma. La chromatine a l'as- pect d'une éponge ; elle contient deux substances : l'une, avide de vert de méthyle, constitue le réseau chromatinien proprement dit; son aspect radié rappelle grossièrement une toile d'araignée à dis- position concentrique; les mélanges Jenner-Giemsa teignent ce treillis en violet clair, le réactif de Pappenheim (pyronine-vert de méthyle) en bleu un peu verdâtre, le bleu de Lœffler en bleu, le triacide d'Ehrlich en vert. Dans les mailles se trouve une substance nucléaire colorée en rose par Jenner Giemsa, par le réactif de Pap- penheim et par le triacide, en vert par le bleu de Lœffler. De plus, le noyau des érythroblastes, de leurs dérivés et même de quelques érythrocytes adultes, contient généralement deux nucléoles très nets et plus rarement un seul. Régulièrement ronds, de la taille de gros microcoques, dans les hématies jeunes, ces nucléoles se rape- tissent et s'entourpnt d'un petit halo clair dans les hématies mûres. Leurs affinités colorantes sont de même ton, mais plus accusé, que celles de la substance interposée, dans le noyau, au réseau chroma- tinien. Nous avons fait, au sujet de ces nucléoles, une constatation qui nous a paru mériter d'être signalée : au fur et à mesure que le noyau de l'érythroblaste se rétracte, — comme une éponge qui s'exprimerait pour ainsi dire spontanément, — les deux nucléoles se rapprochent de la membrane nucléaire et finissent par être expulsés dans le cyto- plasme où on les retrouve à une dislance plus ou moins grande du noyau et à toutes les étapes de leur transformation (rapetissement, parfois déformation angulaire, exceptionnellement fragmentation en — 409 — deux grains, nucléolyse périphérique ou centrale). Très souvent on ne trouve qu'une seule inclusion protoplasmique. Ces nucléoles sont devenus les deux granulations cytoplasmiques qui accompagnent, dans la coloration vitale, le réticuhim filamenteux ; on ne saurait les confondre avec des centrosomes ni avec des artifices de préparation, comme les nucléoïdes d'hydratation de Jolly. Dans les érythrobiastes lymphocytoïdes et leurs états de différenciation en globules rouges, le réticulum filamenteux existe très marqué dans le corps protoplas- mique autour du noyau, mais les deux grains protoplasmiques manquent; par contre, les deux nucléoles existent dans le noyau. Ces grains nous ont paru s'éliminer parfois de la cellule et se retrouver plus ou moins méconnaissables dans le plasma. Après fixation, le réseau lilamenteux si admirablement mis en évidence par la coloration vitale est invisible; la membrane globu- laire apparaît inégale, un peu gaufrée. L'hématie jeune, à réseau très développé, apparaît alors polychroraatophile. Le ou les deux grains protoplasmiques sus-décrits sont par contre encore visibles lorsqu'on emploie les modes de préparation suivants : fixation par l'alcool, coloration par le bleu de Lœffler ; fixation et coloration com- binée par Jenner ; fixation par la chaleur et coloration par Pappen- heim : le ou les deux grains cytoplasmiques, après ce dernier colo- rant, sont d'un rouge terne, quelquefois verdâtres lorsque la prépa- ration a été fortement colorée; les nucléoles restés en place dans le noyau des érythrobiastes lymphocytoïdes se colorent à peine où restent incolores dans ces conditions; le triacide laisse les nucléoles et les grains protoplasmiques incolores; l'hémateine-éosine montre très faiblement çà et là les grams, mais non les nucléoles. Donc, lorsque les granulations sont intra-cytoplasmiques, nous ne trouvons plus de nucléole dans le noyau et inversement. L'examen comparatif des granulations et des nucléoles ne laisse aucun doutp sur leur identité. Ainsi parmi les granulations basophiles, et en coloration vitale et après fixation, il en est qui ont manifestement une origine nucléaire, nucléolaire et non chromatinienne. Cette conclusion mérite d'autant plus d'attirer l'attention qu'elle est déduite, dans ce cas, de l'étude des hématies nucléées et qu'elle constitue à cet égard un fait inté- ressant. Nous noterons ici encore, comme chez la torpille, l'existence d'éry- throcytes orthochromatiques adultes en karyokinèse. 11 n'est pas 1 — 410 — rare, dans une seule préparation, de rencontrer une dizaine de figu- res de ce genre; dans ces globules en mitose on ne voit ni nucléoles ni grains protoplasmiques. Nous avons remarqué aussi, malgré tout le soin apporté aux préparations, des formes d'érythrocytes dépour- vues de noyau, mais présentant le ou les grains nucléolaires. Il existe aussi Çcà et là de rares noyaux libres de globules rouges. Quant aux globules blancs, ils appartiennent aux catégories sui- vantes : lymphocytes grands et petits, leucocytes mononucléés à pro- toplasme aréolaire, leucocytes à noyau polymorphe et à protoplasma neutrophile sans granulations (triacide, Giemsa), éosinophiles à noyau rond et k noyau polymorphe, à granulations rondes et inégales. Dans cette note succincte nous avons surtout voulu faire connaître la signification des grains et de leur origine nucléolaire. Nous dégage- rons plus tard de ces recherches les conséquences qu'elles compor- tent, au point de vue de la stucture des hématies et de l'interpréta- tion des granulations basophiles. FLAGELLES DE L'INTESTIN DU CHEVAL ET DE L'ANE Par MM. les D-^^ J. SABRAZÈS et L. MURATET En examinant (juin-juillet 1908) les matières fécales des Equidés (43 chevaux et ânes) nous avons constaté trois fois (2 chevaux et 1 âne) une véritable culture de protozoaires flagellés. Les matières fécales prélevées, dans un cas, immédiatement après la défécation et examinées séance tenante et, dans les deux autres cas, sur la litière, étaient délayées dans de l'eau distillée et examinées directe- ment entre lame et lamelle ou bien en coloration dite vitale, les lames étant enduites de brillant-crésylblau, ou encore dans une goutte de solution iodo-iodurée épaissie avec de la gomme arabique. Ces parasites étaient associés, chez l'âne, à des œufs de sclérostomes et, chez un des chevaux, à des œufs d'oxyures. Nous les signalons ici en les décrivant succinctement. Ils ont un corps ovalaire, un peu piriforme, mesurent 12 a de lon- gueur sur 8 [7. de large. Leur extrémité conique donne insertion, à son point culminant, à deux flagelles de même longueur, variant de 15 â 24 [X et plus. L'un des flagelles est parfois dévié en arrière, par- fois au contraire tous les deux se meuvent en avant. Ces flagelles se détachent assez facilement et parfois la pression de la lamelle peut amener leur chute. Dans les préparations à l'iode il est rare que cela se produise. Le noyau est situé à l'union du tiers antérieur et du tiers moyen. On peut trouver aussi, dans le cytoplasme, une granu- lation mise en évidence par les colorants nucléaires, de siège varia- ble, ainsi que de rares granulations iodophiles de teinte acajou. Les vacuoles sont au nombre de deux à cinq. 11 n'est pas rare d'y déce- — 412 — 1er des bactéries incluses. On ne voit ni chloroleucytes ni grains de paraniilon; aussi bien ne s'agit-il ici nullement d'Eugléniens. Nous avons vu des formes de reproduclion par segmentation. Avant le stade de séparation complète, les deux éléments restent unis par le segment du corps opposé aux flagelles. Ceux-ci se meu- vent en sens contraire, contribuant ainsi a assurer la division. A côté de cette forme a corps ovalaire se trouve une variété glo- buleuse munie également de deux flagelles. îl est facile de conserver ces flagellés pendant deux semaines dans une dilution aqueuse du crottin d'âne ou de ehëval qui les contient, à la température de 25° à 30° dans des récipients fermés au papier. Ces flagellés sont animés d'un mouvement de propulsion très rapide. Ils présentent de plus des contractions spasmodiques légères de leur cytoplasme, particu- lièrement visibles lorsque les flagelles sont au repos. Leur nombre augmente considérablement pendant cinq à six jours, au point qu'il y a Là une véritable culture, puis il va se raréfiant. On trouve alors des sortes de kystes globuleux ayant à peu près les mêmes dimensions que la forme ronde décrite, limités par une coque réfringente et présentant en un point de la sphère une petite dépression. L'intestin du cheval héberge assez souvent des protozoaires ciliés, à en juger d'après le nombre des publications qui leur ont été con- sacrées. Les parasites qui ont surtout fait l'objet de travaux impor- tants appartiennent aux infusoires des genres Globidium (Leuckart), Eptodinium (Slein), Diplodinium (Schub.), Spirodinium (Fiorentini), Tioradiniiim (Fiorentini). Le mémoire de A. Fiorentini contient les documents les plus précis sur ce sujet. Dans un travail remontant à 1843, Gruby et Delafond décrivent très somn)airement sept formes de protozoaires de l'intestin du cheval; la plupart ressortissent aux — 413 - infusoires ciliés. Cependant une espèce décrite par eux rappelle un peu la nôtre sans qu'on puisse les identifier. Voici comment s'expri- ment ces auteurs : Première espèce. — « Forme allongée et, conique à sa partie anté- » rieure; léte peu distincte; partie postérieure du corps coupée » brusquement ; point de queue; une carapace granulée; deux mem- » bres antérieurs courts, articulés, mobiles, terminés par des fila- » ments natatoires; mouvements lents et analogues ii ceux des tor- » tues; longueur 1/8 de millimètre, largeur 1/10 ». En somme, nous n'ayons pas trouvé signalé ce flagellé que l'on rencontre assez souvent dans les matières fécales du cheval et de l'âne. Il y a là une espèce comprenant deux variétés que Ton pour- rait désigner ainsi : Dimastigamœba eqiii et asini, variétés piriforinis el rotunda (Sabrazès et Muratet). LE SÉRUM LACTESCENT DU CHAT NORMAL NOUVEAU-NE ET ALLAITE Par les D'^ J. SABRAZES et L. MURATET L'hématologie comparée réserve bien des surprises, chaque espèce révélant quelques particularités nouvelles et lui appartenant en propre. C'est ainsi que l'étude du sang du chat nouveau-né est très favorable pour l'étude de certaines inclusions des hématies dénom- mées « reste nucléaire » (Jolly). Nous avons eu l'occasion d'examiner une portée de chats le lendemain et le surlendemain de leur nais- sance. La mère était bien portante (sauf une hernie ombilicale), mais un peu amaigrie ces temps derniers. La portée précédente remontait à trois mois. Examine-t-on le sang des petits chats venant de téter et même une ou deux heures après la tétée, entre lame et lamelle, on voit que le plasma, entre les globules, est bourré de petites granulations n'excé- dant pas les dimensions d'un microcoque, animées toutes d'un mou- vement brownien qui frappe immédiatement l'observateur. Ces gra- nulations sont très légères, elles gagnent les couches superficielles de la préparation. Elles ont l'apparence d'une fine émulsion huileuse et, d'emblée, on a l'idée qu'il doit s'agir d'une émulsion de matière grasse. Quelle est la nature de ces corpuscules? Le Soudan III, l'acide osmique ne les colorent pas ou presque pas, même après un contact de plusieurs jours. Les colorants nucléaires et protoplasmiques ne les colorent pas non plus. Ces granulations, mobiles dans le plasma sanguin, ont une tendance, sur préparation sèche, à s'accoler sur les — 416 - bords des lacs plasmaliques; l'adjonction d'une goulle d'acide osmi- que sur une préparation sèche augmente leur netteté. En prépara- tion fraîche, entre laine et lamelle, au bout de quarante-huit heures, elless'agglutinenl et formentdes amasdenses polyédriques, mélangés de fibrine au milieu du plasma. Si on récolte le sang soit à l'oreille par coupure, soit directement dans le cœur, il se sépare presque immédiatement dans la partie supérieure du tube un sérum lactescent au point de ressembler à du lait. Les globules se tassent au fond du tube et Ton a ainsi deux couches, ayant à peu près même hauteur, la supérieure comme du lait, fluide, non bridée par un coagulum; l'autre, compacte, formée par les globules sanguins. Examinons au contact des dissolvants des graisses ce que devient ce sérum lactescent. Le liquide d'Adam l'éclaircit, dissout les granu- lations et permet, en faisant l'extrait à 100°, de doser quantitative- ment, par pesée, les substances graisseuses ou tout au moins lipoïdes qu'il contient. Deux dosages par pesée, après extraction parle liquide d'Adam, ont donné l'énorme proportion de 10 gr. 70 et 10 gr. 85 de matières grasses pour 1.000. Ces valeurs sont parmi les plus élevées des sérums lactescents. Le procédé indiqué par MM. A. Gilbert et J. Jomier (Société de biologie, 20 janvier 1906) pour la démonstration de la nature grais- seuse de l'opalescence des sérums (mélange à parties égales de sérum et d'éther, centrifugation, décantation, conservation de la couche intermédiaire gélatineuse, émulsion dans l'eau de cette couche, adjonction de trois fois son volume de solution d'acide osmique à 1 p. 100, centrifugation au bout de vingt-cinq minutes, examen du dépôt dont les granulations ont été brunies par l'acide osmique) nous a donné des résultats positifs. Nous pensons que cet aspect lactescent du sérum est lié à la diges- tion du lait pour les raisons suivantes : Les fines granulations de même ordre contenues dans l'estomac du chat sont constituées par des corpuscules du lait plus ou moins modifié; elles ont le même aspect morphologique, au volume près, et présentent les mêmes résistances au Soudan III et à l'acide osmique; les gros corpuscules du lait apparaissent seuls à peine grisâtres par l'osmium; cependant aucune de ces granulations n'est animée de mouvements browniens. De plus, nous avons fait une sorte de contre-épreuve en examinant le sang des mêmes chats, à jeun. Dans ces conditions, le sérum n'est ni lactescent ni même opalescent; il est clair, transparent, a — 417 — tous les caractères du sérum ordinaire; examiné' entre lame et lamelle, le sang ne révèle plus que de rarissimes corpuscules grais- seux qu'il faut rechercher attentivement. Ces mêmes chats, remis à leur mère, ont le lendemain, dans le même laps de temps (une heure environ après la tétée), présenté les mêmes particularités de sérum laiteux. Nous concluons de ces recherches qu'à l'état physiologique on peut observer des séi'ums lactescents chez le chat, durant les tj-ois premiers jours après la naissance. Il est donc inexact d'affirmer, comme on l'a fait jusqu'à présent, que l'état lactescent du sérum représente toujours un phénomène pathologique. Dans le cas parti- culier, ce fait est lié à l'allaitement : le jeûne fait disparaître l'opa- lescence du sérum. Nous verrons si c'est là un fait d'adaptation insuffisante des organes aux fonctions de nutrition chez l'animal nouveau-né, ou bien si cette propriété du sérum se retrouve pendant toute la durée de l'allaitement chez le chat et peut se retrouver chez d'autres espèces animales dans les mêmes conditions. Nous avons eu plusieurs fois l'occasion d'examiner du sérum d'enfant nouveau-né sans avoir été frappé par une particularité de ce genre. Deux adultes au régime lacté absolu depuis plusieurs jours ne la présentaient pas davantage. En tout cas, le chat nouveau-né se prête admirablement à l'observa- tion du phénomène de la lactescence du sérum; c'est là un objet d'étude que l'on peut facilement se procurer et qui sera particuliè- rement apprécié de tous ceux qui, voulant se rendre compte de ce phénomène, étaient obligés de s'en rapporter, pour le constater, au hasard du recrutement des malades. Il est facile, en pratique, de constater l'état lactescent du plasma sanguin sur une goutte mise entre lame et lamelle; il se trahit au microscope par le mouvement brownien des corpuscules graisseux. Cette simple observation incitera l'observateur à recueillir du sang dans un tube pour l'étude plus complète du sérum, que l'on saura déjà être lactescent. Tome LXIl. 27 I \mm FiiN « CE ''Hyiui\/\;^ '' DANS UN EPITHELIOMA SUPPURE DE LA FACE Par MM. les Drs J. SABRAZÈS et L. MURATET Le cancer ulcéré serl fréquemment de milieu de culture à des microbes divers et à des protozoaires. Le cancer est fréquemment infecté par des spirochètes, soit chez Fliomme, soit chez les animaux. On sait aussi que dans le cancer de l'estomac se fait une véritable culture de bacilles lactiques particulièrement étudiés par Boas et que fréquemment, dans les liquides gastriques examinés immédiatement après leur extraction, on a trouvé des protozoaires. Dans cinq cas de cancer de l'estomac et un cas de gastrite alcoolique, A. Rosenfeld(l) a constaté la présence de Trichomonas intestinalis dans le liquide gastrique retiré à jeun. Récemment se présentait à nous, provenant du service de M. le professeur Démons, un homme âgé de cinquante ans, atteint d'un nréome cancer épithélial de la joue ayant débuté dans la cavité buc- cale et perforé les téguments du visage. Les trajets fîstuleux, en champignon, laissaient sourdre un pus grumeleux, abondant, très fétide, dans lequel on trouvait associés des cellules néoplasiques, quelques-unes cornées, des leucocytes polynucléés neutrophiles, des macrophages, une flore microbienne riche et variée comprenant entre autres de nombreux spirochètes de la bouche. Il existait dans ce pus un protozoaire flagellé très mobile répondant au genre Cerco- monas, c'est-k-dire h forme ovoïde, aux deux extrémités effilées, (1) Arthur Rosenfeld, Kœnigsberg : P»' Ueber die Bedeulungder B'Iagellaten im Ma- gen und Darm des Mensclien, Deidsche med. VV'oc7i., 1904, n. 47. — 420 — Tune se conliiiuanL par un tlagelle. Le nombre des parasites n'élail pas 1res considérable, une dizaine par préparation loul au plus. Dans la salive prélevée dans la caviLé buccale on retrouvait ce Cercomonas. L'association à un cancer de protozoaires du genre Cercomonas a déjà été signalée par Zunker (1) dans la salive d'un homme atteint de cancer de l'estomac; mais chez des sujets non cancéreux et dont la cavité buccale est en mauvais état (dents cariées ou liygiène défec- tueuse), des Cercomonas peuvent être rencontrés dans la salive ou le tartre dentaire. Dans notre cas, ces flagellés trouvés dans la cavité buccale et dans des conditions de milieu favorables à leur dévelop- pement, se sont propagés de là aux lésions cancéreuses du voisinage et y ont colonisé. Nous avons examiné un très grand nombre de cas d'ulcérations diverses et jamais nous n'avons trouvé de protozoaires. La tumeur était un épithélioma pavimenteux lobule ; il semble donc que les cancers de la cavité buccale, comme ceux de l'estomac, pré- diiïposent au développement daiis les ulcérations néoplasiques de flagellés de ce genre. Peut-être leur présence dans une ulcération de la joue serait-elle en faveur du diagnostic d'épithélioma. (I) Zunker, Ueber das Vorknmmen der Cercomonas inteslinalis im DigeslionskanaV des Menscheii und dessen Bezieliung- zn Diarrhaën. Deutsche Zeilschrift furprakl. Medlcin, p. 1, 1878. 3^T OT E s DU SUD-OUEST DE LA FRANCE Par Maurice LAMBERTIE AVANT-PROPOS Après nous être occupé pendant de longues années de l'étude des Hémiplères de notre région, tant au point de vue de la connaissance des espèces que de celle de leurs mœurs et habitudes, nous ayons cru devoir entrer dans le domaine de la pratique, et nous' avons pensé faire une œuvre utile en indiquant ceux de ces insectes qui peuvent être nos auxiliaires ou qui sont les ennemis de nos cultures. Nous avons apporté à ce modeste travaill'attention la plus conscien- cieuse, en ajoutant à nos observations personnelles les renseigne- ments puisés aux sources les plus autorisées ou qu'ont bien voulu nous fournir avec la plus grande obligeance tous nos honorables collègues et amis à qui nous nous sommes adressé. Qu'ils reçoivent tous, ici, l'expression de notre vive reconnais- sance. ■■-.■, , a ■ Nous espérons que ce petit travail sera de quelque utilité aux viticulteurs, horticulteurs, maraîchers, etc. de notre région, et qu'ils y puiseront quelques bons conseils dont la mise en pratique pourra profiler à leurs cultures. Nous nous sommes efïbrcé de rendre compréhensibles à tout le monde les indications que nous donnons, et, si nous avons abouti au résultat que nous avons en vue, nous en serons bien largement récompensé. Maurice Lambertte. Bordeaux, 21 octobre 1908. 422 GENERALITES Les insectes appelés Hémiptères ont généralement quatre ailes composées, chez les Hétéroptères, de deux parties différentes appe- lées corie, partie cornée, et membrane, partie transparente, d'où leur nom. Dans un autre groupe, celui des Homoptères, les ailes n'ont qu'une seule partie membraneuse et transparente, et c'est chez les individus de ce deuxième groupe que l'on rencontre le plus souvent des insectes n'ayant que deux ailes, ou même en étant complètement démunis (aptères). La tête affecte différentes formes : tantôt arrondie et courte, tan- tôt triangulaire et plus ou moins allongée, relevée ou surbaissée, avec un bec, ou rostre, plus ou moins allongé. Tous ont deux yeux et, en outre, deux ou trois petits yeux, en forme de tout petits granules situés sur le sommet de la tête, lesquels sont appelés ocelles. Les antennes sont parfois fines, parfois renflées vers leur bout, souvent aussi terminées par une petite soie fine. Le corselet est la deuxième partie du corps qui fait suite à la tête; il varie aussi de forme et de grandeur selon les espèces. Vient ensuite la troisième partie du corps, l'abdomen ou ventre, lequel est tantôt aplati, tantôt plus ou moins bombé, souvent débor- dant les ailes. Les pattes, au nombre de six, varient de formes à l'infini : apla- ties ou arrondies, épineuses ou lisses, mais toutes faites pour nager, capter une proie, fouir, grimper sur les plantes, sauter, etc. — 423 — HÉMIPTÈRES-HÉTÉROPTÈRES FAMILLE DES PENTATOMIDES TRIBU DES S€UTELL.ÉRIE]\!S Les individus de celle tribu sonl, en général, plus ulilesque nui- sibles, el cela en raison de leur régime de nourrilure mixte, mi- végétal, mi-animal. Les résultats de leurs déprédations sur les végé- taux sonl largement compensés par les services qu'ils rendent d'un autre côté : en effet, tous ces insectes vivent sur les plantes dont ils se nourrissent par moment, mais, d'autre part, ils font aussi une chasse active aux petits articulés tels que : larves molles de divers insectes, chenilles, etc. Ils sonl donc, dans une certaine mesure, tolérables dans les cultures. Eurygaster maura L. Taille de 9 à 10 millimètres ; corps a-sez coriace el assez bombé, d'une teinte roussâlre ou brunâtre, avec, quelquefois, des bandes plus ou moins régulières de ces deux couleurs; abdomen avec des taches brunes aussi; antennes longues; pâlies courtes pourvues d'épines. Dans les cultures des diverses céréales, il vil sur les jeunes épis dont il pique les grains non encore mûrs. Destruction. — Le sulfatage pourrait être employé, mais les dégâts n'étant pas d'un grand préjudice pour la grande culture, on pourrait se borner à écraser l'insecte qui S'^ a'ouve assez fréquemment à terre, surtout certaines années. TRIBU DES GRAPHOSOMI]\IEI\S Graphosoma lineatum L. Taille de 8 à 10 millimètres; est facile à distinguer à première vue par sa livrée d'un beau rouge, avec de longues bandes noires sur la tète, le corselet et les élytres; dessous ponctué de noir. - 424 — Insecte utile : ses longues stations, en groupes nombreux au soleil, sur les fleurs des onibellifères, ont pour but de débarrasser ces ombelles des petites larves qui les habitent. On n'a signalé jus- qu'ici aucun préjudice causé par cette espèce. TRIBU DES CY»]\IEIVS A l'exemple des Hémiptères des tribus précédentes, les Cydiiiens ont le même genre de vie : fouisseurs aussi, ils causent souvent cer- tains dommages appréciables dans les cultures maraîchères, au printemps surtout, Cydnus (Sehirus) bicolor L. Taille de 7 à 8 millimètres; corps bombé, de forme ovale; cou- leur d'un beau noir luisant, avec des ponctuations et plusieurs taches blanches dont une, assez grande, sur le corselet; une autre, grande, en dessin denté et en croissant, à la base de chaque élytre; une autre, petite, de même couleur, à l'angle externe de chaque corie; puis, de chaque côté de l'abdomen, quelques petites taches toujours de même couleur. Insecte nuisible, souvent en groupes sur les racines des plantes potagères, et même sur les jeunes pousses des arbres fruitiers, mais alors isolé. Destruction. — Cendres de bois au pied des plantes, badigeonnage léger à la nicotine sur les jeunes pousses des arbres fruitiers, en respectant les bourgeons; on a préconisé aussi le bassinage à la décoction de feuilles de sureau, et l'écrasement. TRIBU DES PEIVTATOMI]\IE]\S Insectes non fouisseurs, comme ceux des tribus précédentes, et vivant sur des végétaux très variés. A part cette différence de non fouisseurs, ils ont les mêmes habitudes : carnassiers, pour la plu- part, ils piquent, néanmoins, les tissus des plantes. C'est dans ce groupe que se trouvent les espèces dont les ostioles odorifiques sont le plus développées. On sait que ces ouvertures sont la source de l'odeur nauséabonde que ces insectes répandent autour d'eux, dans un but de défense et de chasse. — 4.23 — -^lia acuminata L. Taille de 8 à JO millimètres; ièle allongée en forme de miisean ; yeux petits; corps un peu plat en dessus, plus bombé en dessous; couleur dlun fauve brillant, avec des ponctuations en dessus et en dessous; deux lignes brunes sur la tête, trois sur le corselet d'un fauve clair, avec un liseré de même couleur sur ses bords. Espèce assez répandue dans les prairies et surtout les champs de céréales; mêmes mœurs que Eurygaster maura, mais plus abondant. Deslruclion. -— Même mode que pour ce dernier. Dolycoris baccarum L. Taille de 8 à 10 millimètres; tête en forme de triangle ; yeux assez gros et saillants; couleur fauve rougeâtre en dessus, écusson de même couleur, mais un peu plus pâle; abdomen tacheté de noir sur les bords; ostioles odorifiques ti-ès développées. Utile; ti'ès carnassier, chasse sur les ronces, framboisiers et gro- seilliers où il fait une guère active aux pucerons. Celte espèce est donc plus utile que nuisible, malgré la mauvaise odeur qu'elle com- munique aux fruits. Destruction. — Ecrasement. Faire la cueillette avec attention pour éviter l'inconvénient de l'odeur. Palomena prasina L. Taille de 10 à 14 millimètres; corps d'un beau vert pré en dessus avec quelquefois de légères teintes rotissàtres; abdomen d'un vert jaunâtre. Espèce nuisible, connue sous le nom de punaise verte des jardins oi^i elle est très répandue. Très commune, dans le midi de la France surtout, moins commune dans le nord. Destruction. — Insecte difficile à détruire : le sulfatage serait encore le meilleur moyen, ainsi que l'écrasement. Eurydema oleraceum L. Taille variable de 5 à 8 millimètres; couleur d'un vert bleu, d'as- pect métallique, brillant, avec quelques petites taches rouges : une, linéaire, sur le corselet, une autre sur l'écusson, les deux autres sur le bord de chaque élytre. — 426 — Nuisible : Abonde partout, sur toutes les plantes de la famille des crucifères (Choux, Navels, Radis, Giroflées, etc.), du printemps à l'automne; enfonce son rostre dans la partie molle [parenchyme) des feuilles, en laissant les nervures intactes, pour en sucer la sève ; les feuilles, privées de leurs stomates, ne pouvant plus opérer leur fonc- tion respiratoire, se dessèchent. C'est, comme la suivante, une espèce très phytophage, tout en faisant la chasse aux diverses larves et Altises des crucifères. DesLruclion. — L'écrasement au printemps, alorsque la ponte n'est pas encore efîectuée, avant que les œufs ne soient déposés à la face inférieure des feuilles. Eurydema ornatum L. Taille de 8 à 10 millimètres, un peu plus grande que la précédente; tête et corselet noirs, tous deux souvent bordés de rouge; élytres rouges, avec leur bord interne noir. Très nuisible. Vit dans les mêmes conditions et avec les mêmes habitudes. A notei- que celte espèce n"exhale d'odeur désagréable qu'au loucher. Abonde dans les cultures maraîchères. Destruction. — Même méthode que pour l'espèce précédente. Raphigaster grisea L. Insecte de grande taille (15 h 18 millimètres), d'un fauve grisâtre, passant même au foncé; ponctuations sur toute la surface du corps. Peu nuisible. C'est la vulgaire punaise grise des anciens auteurs, connue de tout le monde. Aussi commune que les précédentes sur divers s.vhw'^lQ's, {Groseilliers , Cassis, etc.). A les mêmes habitudes que Dolycoris baccarum; mais son odeur est moins prononcée. Vient aussi le soir, à la lumière, dans les habitations. Destruction. — Même procédé que pour Dolycoris, mais, surtout, l'écrasement au moment de la couvée : cette espèce ayant l'habitude de protéger sa jeune famille. TRIBU DES ASOPIE]¥S Zierona cserulea L. Trèsreconnaissable : corps entièrement revêtu d'une coloration d'un beau bleu métallique, brillant, avec parfois quelques teintes verdâtres. — 427 — Utile. Assez commun, dans Jes régions viticoles du Midi surlont. On dit qu'il détruit plusieurs ennemis de la vigne, notamment UAllise. Des recherches seraient à faire sur ce point, étant donnés les dégâts de l'Altise dans le Roussillon, le Languedoc, la vallée de la Garonne où elle exerce surtout ses ravages, ainsi qu'en Algérie. Picromerus bidens L. Taille de 10 à 12 millimètres; teinte générale grisâtre, avec des points noirs; le dessous légèrement fauve; les yeux tressaillants; les antennes el le rostre très allongés. Utile, mais peu commun dans les cultures. Fait une chasse active auxchenilleset aux larves des Tenthrédines (appelées fausses-chenilles) . On sait que sa larve fait de sérieux dégâts dans les champs de Colza, sur les Groseilliers à marpiereau, quelquefois sur les Rosiers, mais surtout dans les plantations de Pm^; c'est précisément dans ces forêts que P. bidens se trouve le plus fréquemment; il y détruit la fausse-chenille du pin {Lophjrus pini Ij.), laquelle cause de graves ravages certaines années. FAMILLE DES COREIDES Dans celte famille, les espèces paraissent toutes carnassières, et par conséquent utiles. On signale peu de dégâts occasionnés par elles; elles vivent â terre, sous les mousses, les pierres, sur les buis- sons, etc.; ne fréquentent que peu nos cultures. Syromastes marginatus L. De taille grande, 12 à 15 millimètres; couleur d'un brun cannelle, parfois grisâtre; les côtés de l'abdomen sont marqués de taches carrées de teinte roussâtre; tête allongée, ayant, au côté interne de chaque antenne, une épine aiguë; cuisses épineuses en dessous. Très commun, surtout sur les Ronces et quelquefois aussi sur nos Framboisiers; son odeur est relativement tolérable. Sa présence peut être négligée. Destruction. — L'écrasement. — /i28 - FAMILLE DES LYGiEIDES Les insectes de celle famille oui une certaine analogie, avec ceux de la précédente, comme habitudes et mœurs. TRIBU DES PYRRHOCORIENS Pyrrhocoris apterus L. Taille de JO millimètres environ; tète et antennes noires, pattes et écusson de même couleur; corselet rouge, avec une grande tache au milieu; élytres rouges, chacune marquée, à son centre, d'une grosse tache noire arrondie, et d'un point noir à sa base. Nuisible. Espèce bien connue sous les noms de Suisse, à cause de sa livrée, el de Cherche-Midi, h cause de. son habitude de paraître au plus fort du soleil, et toujours de son côté. En sociétés nombreuses sur divers arbres [Ormes, Peupliers, Tilleuls surtout, etc.); aucune odeur; hiberne sous les écorces et les pierres auprès des arbres; paraît aux premiers rayons du soleil, dès Février. DesirucLion. — C'est à cette dernière époque, c'est-à-dire à peine à la fin de l'hiver, avant que l'insecte se mette en mouvement et se répande sur les troncs d'arbres, qu'il faut procéder à sa destruction, surtout sur les jennes plants, où il détermine, <à l'aide de son rostre, de petites plaies (chancres). Pi-atiquer le badigeonnage léger à la nicotine au pied des nrbres, le lessivage au carbonate de soude ou au savon noir. FAMILLE DES TINGITIDES Insectes petits et de formes élégantes. Une seule espèce est signa- lée, jusqu'ici, comme étant très nuisible, c'est Tingis pyri, mais il est fort probable que d'autres espèces de ce genre, de même que celles du genre voisin Monanthia, doivent être également nuisibles. Les Tingis et les Monanthia produisent sur diverses plantes des gal- les bien apparentes. Tingis pyri Fab. Petite espèce : 3 millimètres, tête et abdomen noirs; corselet et élytres dilatés, foliacés, réticulés, hyalins, d'un jaune très pâle ou — 429 — blanchâtre; les élylres marquées de chaque côlé, vers la base, d'une tache brune et, vers l'extrémité, d'une autre tache, laquelle forme une croix avec les précédentes. Très nuisible. C'est \e iigre sur feuilles des jardiniers, ])n.v op{}OS\[ion au tigre sur bois (espèce d'Aspidiolus dont nous aurons à parler lors de l'étiide des Âphidiens). Le tigre ronge, ûa juillet h septembre, l'épi- derme de la face inférieure des feuilles à&V Abricotier, du Pêcher, à\\ P/'U7Jîeret surtout du Poirier, d'où un écoulement de sève, la chute précoce des feuilles et souvent même la perle de l'ai-bre. La piqûre de cet insecte occasionne, sur la face inférieui-e des feuilles, de peti- tes pustules brunâtres facilement reconnaissables. Destruction. — Couper les feuilles atteintes et les incinérer le soir, moment où l'insecte ne se déplace plus; badigeonnage des rameaux avec un mélange de goudron et d'huile de lin fondus ensemble, opérer à chaud à l'aide d'un pinceau; décoction de feuilles de tabac bouillies dans de la lessive; fumigations de feuilles de tabac ou de noyer; lessivage à l'eau de savon noir. Ces opérations doivent se faire dès la feuillaison terminée. FAMILLE DES ARADIDES Les insectes de cette famille vivent partout, cachés sous les écor- cesde divers arbres. On ne sait presque rien de leurs mœurs, mais il est probable qu'ils font la chasse aux diverses petites larves qui habitent ég^alemcnt sous les écorces, surtout sous celles des arbres malades. Ils doivent donc, jusqu'à une étude plus approfondie, être considérés comme plutôt utiles. Les deux espèces les plus communes sont : Aradus depressus Fab. et Aneurus Isevis Fab. Chez ces derniers, le corps est très aplati et plus ou moins foliacé sur les côtés; les élytres sont souvent plus. courtes que l'abdomen ; les antennes sont fortes et épaisses. FAMILLE DES RÉDUVIDES Hémiptères dès plus carnassiers. Leurs pattes antérieures sont conformées en vue de la capture de leur proie. Détruisant, sous toutes leurs formes, beaucoup d'insectes nuisibles, ils sont donc à consi- dérer comme utiles. - 430 - Voici une description sommaire qui permeLlra de les distinguer dans leur ensemble familial, aucune espèce n'étant à signaler parti- culièrement : rostre bien dégagé, arqué et très saillant; tête petite et rétrécie au col, lequel est plus ou moins long; abdomen un peu aplati et en assez large saillie sous les ailes; cuisses creusées pour recevoir les jambes dans la préhension de la proie; livrée, en général, composée de noir et de rouge vif, avec des teintes jaunes, grises, etc. Ces insectes, élégants, de formes et de couleurs très variées, piqiient fortement. Sans sortir du travail que nous avons entrepris, nous signalerons cependant une espèce de ce groupe. Reduvius personatus L. La piqûre de cet insecte est très douloureuse; il se trouve dans les appartements éclairés, le soir; se brûle souvent aux lumières et ferait, dit-on, la chasse aux punaises des lits. HÉMIPTÈRES-HOMOPTÈRES C'est dans cette deuxième division de l'ordre des hémiptères que nous allons trouver les insectes les plus petits (sauf les Cigales), mais dont la grande majorité des espèces, en raison de leur régime exclu- sivement végétal, sont les plus nuisibles de toutes. Il suffit de penser aux ravages des Pucerons, Chermès, Aspidiotus, Phylloxéra, Psylles, etc. Le nombre des espèces en est considérable, et nous nous bornerons simplement à indiquer celles qui font le plus de dégâts dans nos diverses cultures, en nous attachant à indiquer aussi les moyens, plus ou moins efficaces, que tout le monde a essayés pour leur destruction, mais souvent en vain, comme, par exemple, pour le puceron du pommier. L'extrême fécondité de ces insectes en ferait des fléaux (le Phyllo- xéra a déjà coulé à la France plus que la guerre de 1 87 0), si la nature n'entravait pas leur pullulation en mettant, comme en toutes choses, — 431 — le remède à côté du mal. Les destructeurs de ces déprédateurs sont : les oiseaux insectivores, pas assez respectés dans nos cultures; cer- tains Diptères {vioiiches), notamment ceux de la famille des Syrjjhi- des ; des Hyménoptères des familles des Ichneumonides, Chalcidides et Braconides ; les Coccinelles ou bêtes à bon Dieu; des larves de Névroplères du genre Hemerobius ; un Acarien (Acarus coccineus) sucent ces pucerons et vivent de leur substance adipeuse. On reconnaît la présence des parasites bienfaisants, parmi la colonie de pucerons, à ceux dont le corps est jaune et opaque. Les varia- tions brusques de température paraîtraient contribuer également à leur destruction. Les modes de destruction artificielle, à peu de chose près, sont les mêmes que pour les autres insectes. Nous allons les énumérer cepen- dant au fur et à mesure du signalement des espèces. FAMILLE DES PSYLLIDES Genre Psylla Geoff. Ces insectes vivent sur divers arbres et plantes; ils produisent des dégâts assez appréciables; ils piquent les végétaux et y font croître souvent de petites galles; ils sautent très bien, à la manière des puces, quand on veut les saisir. Les larves diffèrent beaucoup des insectes parfaits, leur corps étant presque transparent; adultes, les deux sexes sont ailés et leurs ailes sont amples et transparentes; les yeux sont saillants; ils res- semblent à des cigales en miniature. C'est au printemps {avril et mai) qu'ils se multiplient sur nos arbres; c'est aussi à cette époque qu'il faut s'en débarrasser pai- un brossage des rameaux avec une brosse ou mieux avec un pinceau dur et raide. Ce mode de destruction est, à peu près, le seul qui semble donner les meilleurs résultats pour toutes les espèces. P. buxi Geoff. Là puce du buis. Verte; ailes d'un jaune brun. Sa larve habite les feuilles, qu'elle roule en forme de bouton au sommet des rameaux Destruction. — Le brossage. — 432 — P. pyricola Fst. Espèce commune sur les Poiriers; esL un peu plus grande que la précédente dont elle possède h peu près la môme livrée. Même mode de destruction, au printemps surtout. P. ficus L. [Homoloma ficus Guérin). Espèce la plus grande du groupe; est d'un roux plus ou moins verdâtre; vil en sociétés nombreuses siw les Figuiers. Cette espèce, bien que méridionale, remonte parfois jusqu'aux environs de Paris; c'est ainsi qu'elle a été trouvée à Argenteuil, où se pratique la cul- ture du figuier. Deslruclion. — Comme pour les espèces précédentes. D'autres espèces de Psylles vivent sur ï Olivier, le Mijrle, le Rho- dodendron, etc., mais ces espèces n'intéressent pas notre région. FAMILLE DES APHÎDIENS 11 n'est guère besoin de s'étendre beaucoup sur la physionomie des insectes de cette grande famille. Qui ne les connaît pas? Ils sont légions, et l'on en connaît plusieurs centaines d'espèces, toutes nui- sibles. Sous la forme ailée, ils ressemblent beaucoup aux Psylles : leur corps mou est souvent entouré d'une matière cotonneuse qui l'enve- loppe parfois entièrement selon les espèces. Deux petites cornicules, ou petites pointes, terminant leur abdomen, sécrètent une subs- tance sucrée, variable de couleur selon les espèces. C'est cette liqueur que recherchent les fourmis. Ce commensalisme est-il utile au point de vue de la culture? Nous ne le croyons pas. Il est démontré que les fourmis propagent le puceron par le transport, et établissent de nouvelles colonies. Cependant un observateur assidu des habitudes de ces insectes, M. Morren, a présumé que cette liqueur mielleuse était destinée à la première nourriture des jeunes pucerons, avant qu'ils soient en âge d'introduire leur rostre dans les parties molles [parenchyme) des feuilles. Mœurs, — Ce sont surtout les végétaux peu vigoureux, malades, ou mal soignés, que les pucerons habitent de préférence. — 433 — La négligence, le manque de soins de pi'oprelé dans les ciiUiires sont autant de portes ouvertes k l'invasion. Dès que les jeunes pucerons sont assez forts, ils plongent leur rostre dans l'écorce des végélaux, y produisent de nombreuses piqûres et y inoculent un liquide spécial qui détermine un afflux de sève, lequel fait gonfler les tissus (hypertrophie) en amenant des nodosités, des déformations souvent creuses, vésiculeuses et rem- plies, de pucerons, soit dans les parties vertes, soit sur le bois, ce qui cause l'avorlement des jeunes pousses. Les plantes basses sont moins habitées que les arbres et arbustes, qui en nourrissent jusqu'à six, sept et liuit espèces; dans ce cas, les diverses espèces d'un même arbre se localisent : les unes sur le tronc, les autres sur les branches, et enfin d'autres dans les bour- geons des jeunes rameaux. Les plantes herbacées n'en nourrissent, presque toujours, qu'une espèce, et c'est ainsi que beaucoup n'ont qu'une espèce qui leur est véritablement propre, ou alors des espèces qui se contentent d'un habitat à portée, faute de mieux. Destructions générales. — L'on peut dire que tout a été essayé, tantôt avec un certain succès, tantôt vainement, 1° Pour les arbres, soit de plein vent soit en espalier, on emploie les fumigations au tabac à chiquer avec assez de succès; h cet effet, on recouvre l'arbre d'une toile, on place au pied un réchaud quel- conque que l'on allume et l'on y projette des débris de tabac, tout eu activant le feu. Le brossage est également d'une bonne pratique, car ce procédé écrasé les insectes, alors que l'enfumage au tabac ne les lue pas toujours. Les lavages à l'eau de savon, àl'émulsion d'huile de pétrole, s'em- ploient aussi. 2' Pour les plantes basses, on insuffle, sur les plantes envahies des poudres de toutes sortes de plantes insecticides {Pijrèthre, Armoise, Absinthe, Tabac, Euccdyptus., Camomille, elc.) e[ ceci à l'aide de petits soufflets employés pour le sulfatage de la vigne. On peut aussi pratiquer l'écrasement à la main. Un autre moyen est celui-ci : à l'aide d'une petite pompe foulante, en. usage dans nos jardins, on peut employer les aspersions d'eau savonneuse, d'eau de chaux, ou d'eau légèrement chlorurée (eau de javel), ainsi que les décoctions de tabac, de feuilles de noyer, de colo- cjuinte, de suie, de bois de quassia amara, etc. Tome LXII. 28 ~ 13 i TRIBU DES APHIDIEI^S On reconnuîl, ces insecles à leurs unleniies de sept articles, assez soLivenl plus longues que le corps. Les coinicules sonl, eu général assez développées. Aphis rosse f^. Puceron du Rosier. A 3 niilliinèLres de long; allongé; verl ; cornicules noires. Vit sur le Rosier et quelquefois sur divers Cliardons, Centaurées et Scabieuses. Cause des dégâts énormes sur les Rosiers ; il en recoquille les feuilles, abîme les jeunes pousses et entrave la floraison ; les individus ailés sont verts, avec de petites taches d'un noir brillant sur le thorax et l'abdomen ; ils apparaissent en groupes compacts, tassés les uns sur les autres; les individus de couleur brune sont des femelles ayant terminé leur ponte ou bien ayant été parasitées par des Hyménop- tères des familles des Chalcides et des Braconides ; plusieurs de ces derniers (/lp/iirfn I-, 27, rue Mellis. ■*• Labrie (Abbé), curé de Lugasson, par Frontenac. •k Motelay (Léonce), Q I., ^, 8, cours de Gourgue. Neyraud, 212, rue Sainte-Catherine. MEMBRES TITULAIRES MM. Amblard (D»"), 14 bis, rue Paulin, Agen (Lot-et-Garonne). Artigue (Félix), 104, rue Mondenard. Bâillon (Dr), Q A., à Villandraut (Gironde). Bardié (Armand), Q I., 49, cours de Tonrny. Baronnet, 213, rue de Saint-Genès. Barrère (D^ P.), 35, rue Gaussan. Baudrimont (Albert), 15, rue Lhôte. Beille (D''), || L, 35, rue Constantin. Blondel de Joigny, 9, rue Saint-Laurent. Boyor (D"" G.), Q A., Faculté des sciences. Bouygues, i^ A., ^, 146, rue Guillaume-Leblanc. Breignet (Frédéric), !i^ A., 10, rue de l'Eglise-Sainl-Seurin. Bro-wn (Robert), 99, avenue de la République, à Caudéran. Bruyère (D"^), 9, rue Bardineau. Cadoret (Yves), 17, rue Poquelin-Molière. Dautzenberg (Philippe), 213, rue de l'Université (Paris). Daydie (Ch.), rue du Grand-Maurian, Bordeaux-Saint-Auguslin. Degrange-Touzin (Armand), 157, rue de rE^lise-Saint-Seurln. Deserces, 55, rue de Soissons. Devaux, |> I., 44, rue Millière. Deysson (Abbé), curé de Roaillan (Gironde). Directeur de l'Ecole de Saint-Genès. Doinet (Léopold), 131, rue David-Johnston. Dupuy (D'' Henri), à Villandraut (Gironde). Dupuy de la Grand'Rive (E.), 36, Grande-Rue, à Libourne. Durand-Degrange, Q A., ^, château Bauregard, Pomerol (Gironde). Durègne, U I., 309, boulevard de Caudéran. Ginsste (Gh.), 8?, cours de Tourny. Gouin (Henri), 99, cours d'Alsace-Lorraine. Grangeneuve (Maurice), 32, allées de Tourny. Gruvel, iï I, 4, rue Lagarde, Paris. Guestier (Daniel), 41, cours du Pavé-des-Chartrons. Jolyet (D^'), ^, ïî|! I., à Arcachon. Journù (Auguste), 55, cours de Tourny. Kunstler, ^, ^ 1., Faculté des Sciences. Lafitte-Dupont (D^), SJ A., 5, rue Guillaume-Brochon. Lalanne (Dr Gaston), iâl A., Gastel d'Andorte, Le Bouscat (Gironde). Lalesque (D'), Président de la Société scientifique d'Arcacbon. Lamarque (D' Henri), 211, rue de Saint-Genès. Lambertie (Maurice), 42, cours du Chapeau-Rouge. Lawton (Edouard), 94, quai des Chartrons. Leymon (E.-M.), à Floirac (Gironde). Llaguet (B.), pharmacien, 164, rue Sainte-Catherine. I^ustrac (de), 9, rue Vicloire-Amér'.caine. Maxwell, »s A., 37, rue Thiac. Mestre, ^, chimiste-expert, 190 bis, cours d'Espagne. Murdtet (Dr Léon), C» A., 1, place d'Aquitaine. Nabias (D'' de), ^, ^é I., 12, rue Porte-Dijeaux. Pépin (Charles), 110, rue Notre-Dame. Peragallo (Commandant), 0. ^, 13, rue Leyteire. Perdrigeat, pharmacien de l"' classe de la marine, Hôpital maritime, Rochefort- sur-Mer. Pérez (Charles), Institut de zoologie, cours Saint-Jean. Peytoureau (D^), 14, cours de Tourny. Pitard, îî^ A., Ecole de médecine. Tours. Preller (L.), cours de Gourgue. Queyron, C? A., médecin-vétérinaire, Grande-Rue, La Réole. Reyt (Pierre), Bouliac (Gironde). Rodier, ^ I., 90, rue Mondenard. Sabrazès (Dr), p A., 26, rue Boudet. Sallet (D''), La Souterraine (Creuse). Sauvageau (Camille), professeur à la Faculté des sciences, Bordeaux. Tribondeau (Dr), C^ A , professeur à l'Ecole du Service de santé de la marine. Vassillière, ^, p I., C. ^, 52, cours Saint-Médard. Viault (Dr), ;a L, Faculté de Médecine, place d'Aquitaine. VI MEMBRES CORRESPONDANTS (Les membres dont les noms sont marqués d'une -k sont cotisants et reçoivent les publications). MM. Archambaud (Gaston), 9, rue Bel-Orme. •k Arnaud, rue Froide, à Angoulême. Aymard (Auguste), ^i I , directeur du Musée, Le Puy. Beaudon (D""), Mouy-de-1'Oise (Oise). Bellardi, membre de l'Académie royale des Sciences, Turin. •k Blasius (W.), prof. Technische-Hochschule Gauss-Strasse, 17, Brunswick, Boulenger, Bristish-Museum, Londres. Bouron, 24, rue Martrou, Rocheforl-sur-Mer. Boutillier, (L.), RoucheroUes, par Darnetal (Seine-Inférieure). Bucaille (E.), 71, cours National, Saintes. Capeyron (L.), Port-Louis (Maurice). Carbonnier, ^, iS A., Paris. Charbonneau, 253, rue Mouneyra, Bordeaux. * Choffat (Paul), 13, rue .Arco a Jésus, Lisbonne (Portugal). Clos (Dom), ^, ^ L, directeur du Jardin des Plantes, 2, allées des Zéphirs, Tou- louse. Collin (Jonas), Rosendals Vej. 5, Copenhague. Crosnier (Jullien), rue d'illiers, Orléans. -k Daleau (François), Bourg-sur-Gironde. * Debeaux (Odon), 0. ^, 23, rue Auber, Toulouse. Denis (Fernand), ingénieur civil, Chauny (Aisne). Douhet, Saint-Emilion (Gironde). Drory, ingénieur de l'usine à gaz de "Vienne (Autriche). * Dubalen, directeur du Muséum, Monl-de-Marsan (Landes). Dupuy de la Grand'Rive, boulevard Arago, 10, Paris. * Ferton (Gh.), chef d'escadron d'artillerie, Bonifacio (Corse). -A- Fischer (Henri), 51, boulevard Saint-Michel, Paris. Fromental (D'' de), Gray (Haute-Saône). Gendre (D"" Ernest), à Labé (Guinée française). Gobert (D'- E.), Mont-de-Marsan. Gosselet, ^, Q L, doyen de la Faculté des Sciences, rue d'Antin, 18, Lille. Hansen (Karl), 6, Svanholmvej, Copenhague. * Hermann, 8, rue de la Sorbonne, Paris. Horvath (D'), directeur de la section de zoologie, Budapesth, Hidalgo, TIertad, n» 7, dupl. 28 derecha, Madrid. Janet (Charles), 71, rue de Paris, à Voisinlieu, près Beauvais (Oise). Jardin (Edelestan), Brest. Jouan, ^, capitaine de vaisseau, rue Bondor, 18, à Cherbourg. Lalanne (Abbé), à Saint-Savin (Gironde). Laniic, 2, rue Sainte-Germaine, Toulouse. vu Lange (Joh.), professeur de botanique, Copenhague. Lartet, ss I., professeur de géologie à la Faculté des sciences, rue du Ponl-Tounis, Toulouse. • Lataste (Fernand), Cadillac. • Léon-Dufour (Léon), Saint-Sever (Landes). Lisle du Dreneuf (de), Nantes. Lortet, ^, i» L, directeur du Muséum, Lyon. Marchand (D^), père, Sainte-Foy-la-Grande (Gironde). Martin (A.), 14, rue Notre-Danne, Cherbourg. Meyer-Eymar (Ch.), professeur de paléontologie, 15, Gesner-Allée, Zurich (Suisse). -k Mège (Abbé), curé de Villeneuve, près Blaye. Millier, Copenhague. Nordlinger, professeur à Stuttgard, • Oudri (Général), G. 0, i^, Orléans. -k Paris (Général), C. ^, à la Haute-Guai, par Dinard (Ille-et-Vilaine). Parrique, à Sorbiers, près Saint-Etienne (Loire). • Péchoutre, au lycée Buffon, Paris. •k Peyrot, 'îl A., 31, rue Wuslemberg. • Ramon-Cajal, laboratoire d'histologie de la Faculté de médecine de Madrid. ■A- Ramon-Gontaud, &s I., assistant de géologie au Muséum national d'histoire naturelle, 18, rue Louis-Philippe, Neuilly-sur Seine. Regelsperger (G.), 85, rue de la Boétie, Paris. Revel (Abbé), Rodez. Rocliebrune (de), »J 1., assistant au Muséum, 55, rue Buffon, Paris, • Rondou, instituteur, Gcdre (Hautes-Pyrénées). San Luca (de), Naples. Sartiiou, ^ pharmacien-major de l'armée, hôpital de la division de Constantine (Algérie). ScliarfF (Robert), Bœheinheimer Anlage, 44, Francfort-sur-Mein. Serres (Hector), i^, Dax. • Simon (Eug.), 16, Villa Saïd, Paris. Van Heurck, directeur du Jardin botanique, rue de la Santé, 8, Anvers. Vendryès, chef de bureau au Ministère de l'Instruction publique, 44, rue Madame, Paris. Verguin (Louis), capitaine d'artillerie, villa Raphaël, boulevard du Littoral, Toulon. •k "Westerlunde (L)''), Ronneby (Suède). VI] I Liste des publications périodiques reçues par la Société ^*^ I. — Ouvrages donnés par le Gouvernement français. Ministère de Flnslruclion publique : Académie des sciences (Inslilut de France). Comptes rendus hebdomadaires des séances. Bibliographie générale des travaux historiques et archéologiques publiée par les Sociétés savantes de France. Comité des travaux historiques et scientifiques. Nouvelles archives du Muséum d'histoire naturelle de Paris. * Annuaire des Bibliothèques et des Archives. Revue des Sociétés savantes. Ministère de la Marine : * Bulletin de la Marine Marchande (Suite du Bulletin des Pêches Maritimes). II. Sociétés françaises. Amiens. — Société Linnéenne du Nord de la France. Arcachon. — Société scientifique. Station biologique. AuTUN. — Bulletin de la Société d'histoire naturelle d'Autun. Bagnères-de-Bigorre. — Bulletin de la Société Ramond. Bar-le-Duc. — ' Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc. Besançon. — * Mémoires de la Société d'émulation du Doubs. Béziers. — Bulletin de la Société d'études des sciences naturelles. BÔNE. — "* Académie d'Hippone. Bordeaux. — Bulletin de la Société de géographie commerciale de Bordeaux. — Annales de la Société d'agriculture du département de la Gironde. — Nouvelles annales de la Société d'horticulture du déparlement de la Gironde. — Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux. — Procès-verbaux et Mémoires de la Société des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux. — Cinquantenaire de la Société, 15-16 janvier 1906. — Observations pluviomélriques et thermométriques faites dans la France méridionale et plus spécialement dans le déparlement de la Gironde. (1) Les Sociétés marquées d'un astérisque sont celles dont les publications ne sont pas parvenues à la Société Linnéenne dans le courant de l'année 1906, Messieurs les Bibliothécaires de ces Sociétés sont priés d'en faire l'envoi dans le plus bref délai. Bordeaux. — Bulletin de la Société d'études et de vulgarisation dans la Zoologie agricole. Bourg. — Bulletin de la Société des Naturalistes de IWin. Brest. — Bulletin de la Société académique de Brest. Caen. — * Société Linnéenne de Normandie. Carcassonne. — Bulletin de la Société d'études scientifiques de l'Aude. Chalons-sur-Marne. — * Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne. Cherbourg. — * Mémoires de la Société nationale des sciences naturelles et mathé- matiques de Cherbourg. Dax. — Bulletin de la Société de Borda. Dijon. — * Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon. Grenoble. — Annales de l'Université. Le Havre. — * Bulletin de la Société géologique de Normandie. Le Mans. — Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe. La Rochelle. — Académie de La Rochelle. Section des sciences naturelles. Levallois-Perret. — Annales de l'Association des Naturalistes. Lille. — Société géologique du Nord. Limoges. — La Revue scientifique du Limousin. Lyon. — Annales de la Société Linnéenne de Lyon. — Annales de la Société botanique de Lyon. Macon. — Bulletin trimestriel de la Société d'histoire naturelle. Marseille. — Annales du Musée d'histoire naturelle de Marseille. — * Répertoire des travaux de la Société de statistique de Marseille. — Annales de la Faculté des sciences de Marseille. — Revue horticole des Bouches-du-Rhône. Montpellier. — * Académie des sciences et lettres de Montpellier (Mémoires de la section des Sciences). Moulins. — Revue scientifique du Bourbonnais et du centre de la France. Nancy. — Mémoires de l'Académie Stanislas. — Bulletin de la Société des sciences naturelles et Réunion biologique. Nantes. — Bulletin de la Société des sciences naturelles de l'Ouest de la France. Nîmes. — Bulletin trimestriel de la Société d'horticulture du Gard. — * Bulletin de la Société d'étude des sciences naturelles de Nîmes. Niort. — Bulletin de la Société de botanique des Deux-Sèvres, de la Vienne et de la Vendée. — Société historique et scientifique des Deux-Sèvres. Orléans. — Mémoire de la Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans. Paris. — Société géologique de France. — Journal de conchyliologie. — Association française pour l'avancement des sciences. — Bulletin mensuel de l'Association française pour l'avancement des sciences. — Bulletin de la Société botanique de France. — Revue générale de botanique (G. Bonuier). — Journal de botanique (L. Morot). X Paris. — La Feuille des jeunes naluralisles. — Biillelin de la Société philomalhique de Paris. — Sociclé de Secours des Amis des sciences. Comptes rendus aimuels. — Société zoologique de France. — Société enlomologique de France. Perpignan. — Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales. Rennes. — * Travaux scientifiques de l'Université de Rennes. RocHEciiouART. — Bulletin de la Société « Les Amis des sciences et arts de Roche- cliouart ». Rouen. — Bulletin de la Société des Amis des sciences naturelles de Rouen. Semur. — Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles. Toulouse. — * Mémoire de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres. — Société d'histoire naturelle et des sciences biologiques et énergéti- ques. Troyes. — Mémoires de la Société académique d'agriculture, des sciences, arts et belles-lettres du département de TAube. "Vannes. — * Bulletin de la Société polymalhique du Morbihan. RL — Sociétés étrangères. Allemagne. Berlin. — Zeitschrift der deutschen geologischen Gesellschaft. — Zeitschrift fiir Ethnologie. — "Verhandlungen des bolanischen "Vereins der provinz Brandenburg. — Mittheilungen and Bericht aut dem zoologischen Muséum zu Berlin. Bonn. — Verhandlungen des naturhislorischen Vereins. — Silzungsbericble der Niederrheinischen Gesellschaft fiir Natur und Heil- kunde. Brème. — Abhandlungen herausgegeben vom nalurwissenschafllichen "Verein zu Bremen. Francfort-sur-Mein. — Bericht and Abhandlungen der Senckenbergischen Natur- forschenden Gesellschaft. FribourCt. — Berichte der naturforschenden Gesellschaft. Giessen. — Bericht der Oberhessischen Gesellschaft fur Natur und Heilkunde. Halle. — * Nova acta Aca'lemise Cœsarce Leopo'dino-Carolinse Germanitt; nalurae curiosorum. Hambourg. — Jahrbuch der Hamburgischen wissenschafllichen Anstalten. KiEL. — * Schriften des naturwissenschaftiichen vereins fiir Schleswig-Holslein. KiEL etHELGOLAND. — Wlsseuschaf tliche Meeresuntersuchungen, herausgegeben von der Kommission zur wissenschafllichen Untersuchund der deutschen Meere in Kiel und der biologischen Anstalt auf Helgoland. Kœnigsberg. — Schriften der physikalisch-ôkonomischen Gesellschaft zii Kônigsberg. Leipzig. — Zoologischer Anzeiger. Munich. — Matematisch-physikalischen Classe der K. B. Akademie der Wissen?chaf- ten zu Munchen. XI Munich. — Correspondenz-Blalt derdeutschen Gesellschaft fur anthropologie, ethno- logie und urgeschichte. WiESBADEN. — Jahrbùcher des Nassauischen vereins fiir Naturkunde. Alsace-Lorraine. Metz. — Mémoires de l'Académie des lettres, sciences, arts et agriculture. — Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Metz. Australie. Sydney. — Records of the Australian Muséum. — Nombreuses autres publications. Autriche-Hongrie. Brunn. — Verhandlungen des naturforschenden vereines in Briinn. — Bericht der meleorologischen Commission. Budapest. — Annales historico-naturales Musei nalionalis Hungarici. Cracovie. — Bulletin international de l'Académie des sciences (Comptes rendus des séances). Graz. — Mittheilungen des nalurwissenschaftlichen Vereins fur Steiermark. Vienne. — Akademie der Wissenschafllichen. Mittheilungen derErdbeben commis- sion. — Annalen der K. K. naturhistorischen Hofmuseums. — Verhandlungen der K. K. zoologisch-botanischen Geselischaft. — Jahrbuch and Verandlungeu der K. K. geologischen Reichsanstalt. Belgique. Bruxelles. — Académie royale des sciences, lettres et beaux arts de Belgique. — ' Mémoires de l'Académie ; — Bulletin de l'Académie (Classe des sciences); — * Mémoires couronnés et Mémoires des savants étrangers; — * Mémoires couronnés et autres Mémoires ; — Annuaire de l'Académie. — * Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique. — Bulletin de la Société belge de géologie, de paléontologie et d'hydro- logie. — Société entomologique de Belgique. — 'Annales de la Société royale zoologique et malacologique de Belgi- que. — Société belge de microscopie. Liège. — Annales de la Société géologique de Belgique. Brésil. San-P.aulo. — Revista de Sociedale scientifica. XH Canada. Québec. — Le Naluralisle Canadien. jyj Ottawa. — * Geological and nalural history Survey of Canada. — Nombreuses publications. Chili. Santiago du Chili. — Actes de la Société scientifique du Cliili. Valparaiso. — Revista chilena de historia natural. COSTA-RICA. Sak-José. — Anales del Institulo fisico-geograOco nacional. — Boletin de la Sociedad nacional de agricultura. Danemark. Copenhague. — Académie royale des sciences et lettres du Danemark : — Mémoires et Bulletins. — Videnskabelige Meddelser fra den naturliistoriske forening. Espagne. Barcelone. — Bulleti de lalnstitucio calalana d'hisloria nalural. Madrid. — Sociedad espanola de historia natural. — * Comission del Mapa Geologico de Espana. — Trabajos del Laboratorio de investigaciones bologicas de la Universitad de Madrid (Continuation de la « Revista trimestral Micrografica »). Etats-Unis. Berkeley. — * University of California publications zoology. Boston. — * Boston Society of nalural history. Brooklyn. — The muséum of the Brooklyn Institute of arts and sciences. Cambridge. — Bulletin of the muséum of comparative zoology at Harvard Collège. Chapel-Hill. — Journal or the Elisha Mitchell scientific Society. Chicago. — Field Columbian Muséum. Cincinnati. — * Bulletin of the Lloyd library of Botany, Pharmacy and Materia medica. — Mycological notes. Colorado. — Colorado Collège studies. Halifax. — Proceedings and transactions of the Nova Scotian Institute of science. Indtanopolis. — Proceedings of the Indiana Academy of sciences. Madison. — Wisconsin geological and natural history survey. Montana. — Bulletin University of Montana. New- York. — Annals of the New York Academy of sciences. — Memoirs. Philadelphie. — Academy of Natural : Proceedings. — Journal. — Proceedings of the American philosophical Society. XIII RocHESTER. — Proceeding'3 of llie Rochester Academy of sciences. Saint-Louis. — Transaclions of Ibe Academy of sciences. — * Missouri bolanical Garden. ToPEKA. — Transaclions of the Kansas Academy of sciences. TuFTS. — TufLs Collège sludies. Urbana. — Bulletin of llie Illinois-Slate laboralory of nalural history. Washington. — Sinitlisonian InsUluLioii : — Annual report of tlie Board of l^egenls of Ihe Smitlisonian Institution. — Smilhsonian contributions to knowledge. — U.-S. National Muséum : Proceedings, Bulletin and annual Report. — Smithsonian Miscellaneous collections. Quarterly issue. Grande-Bretagne. Dublin. — Royal Dublin Society : Economie proceedings, Scientific proceedings, Scientific transaclions. Edimbourg. — Proceedings of the royal physical Society. Glasgow. — Transaclions of the nalural history Society. LivERPOOL. — Proceedings and Transaclions of the Liverpool biological Society. — Inslitule of commercial research en the tropics Liverpool University — University quarterly journal Proceedings of the royal Society. Londres. — * Hooker's icônes plantarum. — The Quarterly journal of the geological Society. — Geological lite- rature. — ■ Proceedings of the geologists' Association. — The journal of the Linnean Society. Inde. Calcutta. — * Asiatic Society of Bengal : Journal, Proceedings. — Geological Survey of India : Memoirs, Records, Paieeontologia indica. — Agricultural Journal of India. — Memoirs of the département of agriculture in India. Italie. Bologne. — * Academia délie scienze dell' Instiluto di Bologna : Memorie y Rendi- conto. Milan. — Alti délia Societa italiana di scienze nalurali e del Museo civico di Sloria naturale. Padoue. — * Alti délia Academia scienlifica Venelo-Trentino-lstriana. Pise. — Societa toscana di scienze nalurali. Rome. — Alti délia Reale Academia dei Lincei : Rendiconti. — Bollelino délia Societa geologica italiana. — Bollelino del Real Gomitalo geologico d'Ilalia. — Annali di Botanica. SiENA. — Bullelino del laboratorio ed orlo botanico. XIV Japon. ToKio. — Annolaliones zoologicfe japonenses. — The Tokio impérial Universilycalendar. Luxembourg (Duché de) Luxembourg, — Recueil des mémoires et des travaux publiés par la Société G.-D. de botanique. Mexique. Mexico. — Memoria y Revista de la Sociedad cientifica « Antonio Alzate ». Norvège. Christiania. — Nyt magazin for naturvidenskaberne. Pays-Bas. NiJMEGEN, — Nederlandsch kruidkundig archief. — Revue des travaux botaniques néerlandais. Pérou. ■Lima. — Boletin del Cuerpo de Ingeniores de Minas del Peru. Portugal. Porto. — Annaes scientificos da Academia polytechnica do Porto. Lisbonne. — " Communicaçoës da seceâo dos trabalhos geologicos de Portugal. — Commission des travaux géologiques de Portugal. — Broteria. Revista de sciencias naturaes do coUegio de S. Fiel. République-Argentine. Buenos-Ayres. — Museo nacional : Anales, memorias, communicaciones. CoRDûBA. — Boletin de la Academia nacional de ciencias en Gordoba. Russie. Helsingfors. — Acta Societatis pro fauna et flora fennica. — Meddelanden of Societas pro fauna et flora fennica. Kiew. — Mémoires de la Société des Naturalistes de Kiew. Moscou. — * Société impériale des Naturalistes de Moscou. Saint-Pétersbourg. — Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg. — * Acta Horti Pelropolitani. — * Comité géologique de Saint-Péterbourg. — * Ilorœ Societatis entomologicœ rossicEe. XV Suède. LuND. — Acla universilalis Lundensis. Stockholm. — Kungliga svenska Venlenskaps-Akademiens; Haadlingar; Bihang; Ofversigt; .'^rkiv fur Botanik, Kemi-mineralogi, Zoologi. — Sveriges geologiska underskôning. — Geologiska fôreningens fôrhandlingar. — * Entomologisk tidskrift. — Meddelandenfran K. Vetenskapsakademiens Nobelinslitut. Journal enlomologique, publié par la Société entomologique. — Les prix Nobel en 1903. Upsala. — Publications diverses de rUniversité, Suisse. Bale. — Bericht ûber die Verbandlungen der nalurforshchenden Gesellschaft. Genève. — Annuaire du Conservatoire et du jardin botaniques de Genève. — * Institut national genevois : Mémoires et Bulletins. — Mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève. — * Société botanique. — Bulletin de l'herbier Boissier. — Bulletin de la Société lépidoptérologique. Lausanne. — Bulletin de la Société vaudoise des sciences naturelles. Neuchatel. — Bulletin de la Société neuchâteloise dss sciences naturelles. Zurich. — Vierteljahrschrift der nalurforschenden Gesellschaft. Uruguay. Montevideo. — Anales del Museo nacional. IV. Ouvrages divers. Bardié (Armand). — Course de la section du Sud-Ouest du Club Alpin-Français en 1905, Bordeaux. BiGEARD. — 2^ Supplément à la Petite flore des champignons les plus vulgaires, publiée en 1903, Chalon-sur-Saône, 1905-1906. Veit Brecher Wittrock. — Catalogus illustratus Iconothec de botanicae horti Ber- giani Stockholomensis notulis biographicis adjectis, pars II, Stockholm, 1905. Chassignol (Etienne). — Note sur un gui de chêne et un gui de noisetier trouvés à La Forêt, commune de Pouilloux (Saône-et-Loire), Autun, 1906. Delchevalerie (G.). — Les Orchidées, Paris (offert par M. Daydie). Fol (M. -H.). — Sur la queue de l'embryon humain, 1885. Granger (Albert). — Les Mollusques testacés marins des Côtes Méditerranéennes de France, Béziers, 1905. Henriksen. — Sundry geological problems. Christiania, 1906. XVI Janrt (Charles). — Descriplion du matériel d'une pelile installalion scientifique, l''« partie, Limoges, 1903, Kerremans (Cii.)- — Descriplion de Bupestrides nouveaux de Madagascar. Paris, 1898 (offert par M. Lambertie). MuLSANT (F.). — Notices et portraits, Lyon, 1879 (offert par M. Lambertie). Paris (E.-G.). — Index bryologicns sive enumeralis muscorum ad diem ultimam anni 1900, cognilorum adjunctis Synonymia distributions que geograpbica locupletissimis. Tabulée et mappa bryologica. Paris, 1906. Saalmûller (M.) et Von Heyden (L.). — Lepidopleren von Madagascar, 2 volumes. Francfort, 1884-1891. Vaillant (Léon). — Le genre Alabes de Cuvier. Paris, 1905. — Variations observées sur le crâne cbez le Tesiudo variata Schaw, et chez le Jacarelinga sclerops Schneider. Paris, 1905. — Sur les poissons recueillis pendant l'expédition antarctique française commandée par le D^ Jean Gharcot. Paris, 1906. ViAULT (Dr F.). — Le Congrès d'Anatomie de Bordeaux, 1906. XVH Séance du 9 janvier 1907. Présidence de MM. Devaux et Degrange-Tauzin, présidents. PERSONNEL M. Devaux, en ouvrant la séance, présente le nouveau bureau et exprime toute sa satisfaction de voir nommé, à la présidence de la Société, M. Degrauge-ïauzin, déjà président deux fois et dont le dévouement à la Société est bien connu de tous les membres. Il adresse également des souhaits de bienvenue à MM. Barrère et Muratet, nouveaux membres du Conseil de la Société. Il rappelle également que l'année 1906 a inscrit dans ses archives la fête du cinquantenaire de M. Motelay. M. Degrange-Touzin, prenant place au. fauteuil de la présidence, remercie M. Devaux, président sortant, des paroles élogieuses qu'il a prononcées à son égard et le remercie au nom de la Société du dévouement dont il a fait preuve pendant les deux années qu'il a pas- sées à la présidence de la Société. M. Motelay remercie également M. Devaux des paroles aimables qu'il a prononcées à son sujet et fait part à la Société de la dernière décision du Conseil municipal de Bordeaux au sujet des dispositions prises pour l'installation de sa collection. MM. Gard et Bouty, malgré les démarches faites auprès d'eux, maintiennent leur démission de membres de la Société. M. Lambertie remet le catalogue complet de sa bibliothèque et une copie de ses dernières volontés relatives à la Société. M. le Pré- sident remercie M. Lambertie de sa profonde générosité. M. Bardté, parlant de ses excursions botaniques et archéologiques, fait part de la demande adressée par la Société archéologique pour obtenir le palais de la rue A'ital-Carles (ancien archevêché) en vue de l'installation d'un musée. Il demande l'appui moral de la Société Linnéenne pour faire aboutir ces démarches. Les meilleurs vœux sont exprimés à l'unanimité des membres présents pour qu'une solution favorable intervienne le plus tôt pos- sible. . ^ , - ^ . . Procès Verbaux 1907 2 XVIII Séance du 23 janvier 1907. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. CORRESPONDANCE Lettre de M. Jullien Cronier acceptant de rester membre corres- pondant de la Société. Lettre de la Société d'Archéologie de Bordeaux avec communica- tion de la demande adressée à M. le Maire de Bordeaux en vue d'obtenir l'installation d'un Musée pour les collections. M. LE Président rappelle l'adhésion déjà donnée à ce projet dans une précédente séance parla Société Linnéenne. Cette motion est ratifiée par un nouveau vote de tous les membres présents. Lettre du Ministère de l'instruction publique au sujet du 45^ Congrès des Sociétés savantes qui aura lieu à Montpellier le 2 avril prochain. M. Lambertie ofTre à la Société les bulletins des séances de la Société d'Entomologie de France. Des remerciements sont adressés par le président à M. Lambertie. Séance du 2 février 1907. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. CORRESPONDANCE Circulaire de l'Université royale d'Upsal invitant la Société Lin- néenne de Bordeaux à fêter le deuxième centenaire de Linné. La Société s'associe pleinement à la manifestation qui sera faite en l'honneur de l'illustre savant. La discussion d'une modification à apporter au règlement adminis- tratif de la Société est renvoyée à une séance ultérieure, M. le Pré- sident ayant fait remarquer que plusieurs membres signataires de la note concernant cette modification n'assistent pas à la séance. XIX Séance du 20 février 1907. Présidence de M. Lamarque, vice-président. RAPPORTS Compte-rendu des travaux de la Société durant l'année 1906 Par M. Bastien Llaguet. Messieurs, L'année 1906 restera dans les Annales de la Société Linnéenne comme une époque marquante. Elle a en efîet été signalée par un événement heureux entre tous, le Cinquantenaire linnéen de son président honoraire. Elle a été aussi exceptionnellement féconde en travaux dans tou- tes les branches des sciences naturelles. Il avait été décidé que le Bulletin des Actes serait dédié à M. Motelay, et, à la gerbe que Ton devait lui offrir et qui a été si savamment esquissée par notre dévoué collègue M. Muratet, chacun a voulu porter sa plus fine fleur. Les Actes ne contiennent pas moins de trente travaux scientifiques, les Procès-verlmux enregistrent autant de communications. Avant d'entrer dans l'énumération des sujets traités, qu'il me soit permis d'adresser un souvenir ému à M. Ourtalet, membre cor- respondant décédé, et les meilleurs souhaits de bienvenue à M. Bau- drimont, nommé membre titulaire. Je suis heureux d'applaudir à la nouvelle distinction que l'Aca- démie des Sciences et Arts a décernée à M. Bouygues pour ses tra- vaux sur le tabac. Je ne saurais oublier la nomination de M, Motelay comme officier de l'Instruction publique et la médaille commémora- tive qui lui a été décernée par la Ville de Bordeaux, à la suite du don que notre collègue lui a fait de son magnifique herbier. M. De- vaux vient enfin, tout récemment et pour bien clôturer l'année, d'être nommé professeur de physiologie végétale à la Faculté des Sciences. Cette chaire est la première créée en France dans cette branche, et la nomination nous tient d'autant plus à cœur qu'elle est une juste récompense du travail persévérant et fécond de notre dévoué président pour la Science et notre Société. Si les travaux de l'an née ont été nombreux, la qualité n'a en rien perdu dans l'abondance des sujets, et le programme est d'autant plus complet que toutes les parties de nos sciences naturelles ont largement été représentées. En botanique, MM. Lamarque et Barrère, avec les Stations 7iou- velles de quelques plantes, nous montrent la richesse de plusieurs vallées des Pyrénées et de la partie occidentale du département du Gers. Ils nous signalent aussi l'iiabitat nouveau de deux plantes con- nues dans notre région. M. Beille donne une étude sur la patate douce et la culture dans le Sud-Ouest de la variété rouge du Dahomey. Dans un second mé- moire, il fournit de précieux renseignements sur les genres Corijnan- ihe Velwitsch et Paiisinystalia. M. Gruvel, en collaboration avec M. Daveau, soumet la récolte fructueuse et originale faite par la Mission des pêcheries de la Côte Occidentale d'Afrique. M. l'abbé Labrie fait une étude très judicieuse sur la distribution du Muscari Motelaiji Foucaud. M. Parrique donne un mémoire très documenté sur les Parmélies des Monts du Forez. M. Bouygues, poursuivant toujours ses belles observations sur le tabac, nous fait une monographie détaillée du Nicotiana Caliciflora cultivé au Jardin botanique de notre ville. M. Sauvageau, dans un travail du plus haut intérêt, sur les pousses indéfinies dressées du Cladostephus verticillatiis, mel un jour complet sur ces groupes d'algues peu connues jusque là. Enfin, avec VArauja alhens, son piège et ses victimes. M. de Lus- trac nous fait assister à une observation d'ordre biologique des plus intéressantes. l^es procès-verbaux présentent aussi, en botanique, des communi- cations du plus grand intérêt. M. Boyer fournit une seconde note sur un Mycélien et des Mycorhizes très communes dans les truffières ; M. Daleau nous entretient des variations du feuillage du noisetier; M. l'abbé Labrie donne une nomenclature précise des variétés du gui sur une centaine d'essences diverses et, après M. Muratet qui signale des monstruosités florales de tulipe cultivée, il nous fait con- naître des cas multifiores dans cette même espèce. M. Bâillon soumet, pour clôturer, le résultat de ses longues et savantes observa- tions sur les cercles mycéliens, ronds de fée, et fournit une expli- cation nouvelle de ce curieux phénomène. XXI La zoologie générale vient apporter à la gerbe sa part contributive. M. Grave), dont déjà vous avez eu la récolte botanique, donne seul ou en collaboration une étude détaillée sur des espèces zoologiques recueillies par la Mission. M. Dubalen présente une nomenclature des nouveautés du Musée régional d'Histoire naturelle de Mont-de-Marsan. M. Daleau signale la lllaire chez la fouine et M. Muratet fait une étude détaillée sur les diverses lilaires. M. Pérez nous soumet les captures intéressantes de coléoptères qu'il a faites et ses observations sur les Hélix. Dans un mémoire sur l'huitre de Portugal, à l'embouchure de la Gironde, il remet à jour l'origine accidentelle de ce mollusque dans notre région et montre le danger que présente cet ennemi envahisseur et dévastateur. L'entomologie est toujours largement représentée par MM. Lam- berlie, Brown, Pérez et notre fidèle correspondant M. Rondou. Ce dernier nous donne un catalogue supplémentaire des lépidoptères des Pyrénées; M. Brown présente un travail méthodique et complet sur les Nepliculas; M. Lamberlie, dont le profond dévouement pour la Société peut être hautement proclamé, a battu encore des régions inexplorées de notre déparlement. Dans pas moins de six notes, il signale des hémiptères nouveaux ou rares de la Gironde, fait des remarques sur quelques hémiptères et coléoptères, sur YAphodius conjugalvs, et donne la description d'une nouvelle espèce dédiée à notre président honoraire, \q Systellonatus Molelayi. Il présente enfin une collection de papillons faite par son grand-père, religieu- sement conservée et du plus grand intérêt. La géologie, dont les adeptes dans notre région pourtant si belle et si digne de recherches semblent trop se clairsemer, figure encore très dignement dans nos Actes. M. Degrange-ïouzin, dans son travail sur le falun de Saint-Denis (île d'Oléron) signale des espèces nouvelles qui permettent de déter- miner nettement la place stratigraphique de ce falun dans les ter- rains tertiaires et M. Peyrot dans une note en complète l'historique. M. Bardié, dont les récits sur ses excursions en Bretagne ont agrémenté quelques-unes de nos réunions, vient porter en chercheur toujours infatigable ses observations sur des fouilles faites à Bor- deaux, rue Porle-Dijeaux. M. Daleau fait une élude rigoureuse d'ethnographie et un compte- rendu intéressant des ses excursions aux Etangs Girondins. XXII M. Gruvel, enfin, complétant le cadre des travaux de la Mission, nous donne la géographie physique et un aperçu géologique de la presqu'île du Cap-Blanc, des fonds marins environnants et termine par une étude des plus complètes sur le sel de Mauritanie. Les travaux d'ordre physiologique et biologique viennent eux aussi nombreux et variés. M. Devaux, dans une étude magistrale de physiologie végétale, traite de l'action de l'humidité du sol dans la germination et montre nettement de quelle importance est ce facteur dans la végétation. M. Bouty présente les formes de dégénérescence du prunier d'ente et indique les avantages qu'il y a en certaines cir- constances à bien choisir les espèces et les terrains de cultures. MM. Bouygues et Perreau donnent une étude du plus haut intérêt sur la maladie du blanc ou chlorose du tabac, ce travail qui a valu à ces auteurs une brillante récompense de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux. M. Boyer nous montre, dans deux intéressants mémoires, la pratique actuelle de la truffe du Périgord et la respiration du tuber melanosporinn. M. Labrie étudie le parasi- tisme du gui. M. Pérez nous entretient des dégâts produits par la fourmi. MM, Muratet, Sabrazès et Jonchères donnent deux observa- tions des plus importantes, l'une sur le sang de la suette miliaire, la seconde, avec M. Husnot, sur la mobilité du scolex échinococcique. M. Lafitle-Dupont, en collaboration avec son préparateur M. Benoit- Gonin, indique quelle intluence ont la station bipède et le dévelop- pement du cerveau sur la topographie de l'oreille de l'homme com- parée à celle des mammifères. M. Doinet et votre secrétaire ont fourni quelques renseignements sur des phénomènes de phospho- rescence. En Histologie, deux notes d'un grand intérêt scientifique ont été présentées par MM. Kunstler et Gineste sur les matières colorantes et les colorations chromatiques en biologie, par M. de Nabias sur un nouveau procédé de coloration des tissus végétaux par le chlorure d'or. Dans un cadre particulier, M. Dupuy, qui doit donner incessamment les conclusions de son laborieux travail relatif à l'influence du bord de la mer sur la végétation, nous soumet ses judicieuses observations sur les variations de l'intensité de la lumière et de la nébulosité pen- dant l'éclipsé de soleil du 30 avril 1903. Les Procès-verbaux enregistrent une note de M. Molelay sur Julien Foucaud et les Actes de notre mémorable année, qui ne pouvaient XXIII commencer que par la notice biograpliique de notre vénéré président iionoraire due à la plume autorisée de M. de Loynes, finissent par le compte-rendu du secrétaire sur la fête du Cinquantenaire Linnéen et les deux discours prononcés en cette circonstance par MM. Devaux et Motelay. En terminant celte énumération, un peu trop courte si Ton dési- rait une analyse même succincte de chaque travail, qu'il me soit permis de constater une fois de plus la vitalité toujours grande de notre chère Société. Les réunions plus régulièrement suivies, les excursions plus nombreuses et judicieusement organisées par la commission désignée, resserreront davantage les liens qui unissent tous les membres, augmenteront certainement la phalange des travailleurs et notre vieille Société, malgré l'envahissement des fondations nouvelles, restera encore un des glorieux berceaux de la Science et du Progrès. Rapport de la Commission des archives. Par M. le D>- P. Barrère. Je désire, avant tout, dire à mes collègues combien m'ont touché les marques de sympathie qu'ils m'ont accordées ces jours derniers avec leur habituelle bienveillance. Je les en remercie tout simple- ment; c'est pour un jeune la meilleure manière de rendre des senti- ments trop difficiles à traduire. On me pardonnera cette digression qui m'était chère; j'arrive d'ailleurs à mon sujet. Un bon rapport doit être généralement ennuyeux à faire, désa- gréable à écouter. Le mien possédera, avant tout, cette dernière per- fection, mais malgré ma meilleure volonté je n'ai pu trouver d'ennui à le rédiger. Vous n'en serez pas surpris quand j'ajouterai qu'il était tout fait! Il est un de nos collègues qui consacre la majeure partie de son temps, les plus vives de ses forces à réduire la peine des autres qu'il ne dérange que la mort dans l'àme. Or, selon sa louable habitude, notre « archiviste modèle » avait déjà mis au courant le labeur de notre Commission. Ces quelques lignes sont autant le reflet de ses avis que de nos courtes délibérations. J'avais raison d'affirmer que mon travail n'était pas à faire. Nous nous sommes donc réunis le mardi 2:2 janvier dernier ; malgré XXIV ]a l'cirelé du fait, que signalait le D^ Boyer il y a un an, nous étions encore tous présents... autant que je me le rappelle. Et voici les résultats que je suis chargé de vous soumettre. Nous n'avons reçu, en 190G, que deux demandes d'échange. l"" Une publication française d'abord : la Société historique et scien- tifique des Deux-Sèvres. Les fascicules envoyés contiennent exclusi- vement des documents archéologiques et historiques qui n'intéres- sent que secondairement la Société Linnéenne. Nous sommes d'avis de né pas accepter cette offre. 2'^ Le Magyar Bolanikai Lapok, édité à Budapest; publication cer- tainement très intéressante, mais que votre rapporteur ne se sent pas le courage d'analyser. Persuadés que le hongrois n'a que peu d'attrait pour la majorité de nos collègues, nous vous proposons de rejeter encore cette demande. Nous devons signaler aussi une offre d'abonnement adressée par le professeur E. Giglio-Tos de Cagliari, pour son recueil Biologica. 11 est inutile, je crois, d'insister sur cette demande, qui aurait comme principal avantage de faire frémir notre dévoué trésorier en grevant un peu plus son chapitre. Les Sociétés avec lesquelles nous sommes en échange envoient très régulièrement leurs publications; enfin, notons avec plaisir que celles qui s'étaient mises en relard ont tenu ci rattraper le temps perdu, r^ous ne pouvons que les remercier de leur empressement à contenter notre archiviste. A toute règle, il faut cependant des exceptions, il existe deux récalcitrantes! 1° La Société scientifique de Santiago du Chili a déjà été avisée l'an passé. Son irrégularité, loin de s'améliorer, a fait place à une cessa- lion complète des envois. 2° « L'Institulo botanico del Universita di Pavia » n'a rien envoyé depuis 1902, alors c[ue nos actes étaient expédiés régulièrement. /Nous vous proposons de supprimer complètement tout échange avec ces deux Sociétés. Ces exécutions capitales une fois consommées, il est consolant de faire un petit retour en nous-mêmes, car les envois d'auteurs conti- nuent particulièrement abondants. Signalons surtout : • Saalmtiller (M.), Lepidopleren von Madagascar, Frankfiirt am Main, deux gros volumes in-i" avec planches en couleur magnifiquement illustrées ;Th6odor Odhner, Die Tremaloden des arklischen Gebieles ; I XXV Veit Brecher Willrock, Calalogus illustralus iconoihecse bolanicœ horti Bergiani Slockholmicnsis, deux volumes avec des tableaux. Nous ajouterons les travaux de MM. Bardié, Bigeard (R.), Chassi- gnol, Delclievalerie, Fol (H.), Oranger, Henriksen, Janet (Charles), Kerremans, Mulsant (F.), Paris (E.-G.), Vaillant (Léon), Viault. Il est, avant de terminer, une question particulièrement délicate; je veux parler de la rentrée régulière des livres empruntés, dans les délais voulus. C'est là une grosse difficulté à laquelle se lieurte la Commission des archives. Après le D"" Muratet en 190i, le D"" Boyer a souligné l'an passé cette imperfection. Il a même poussé l'intransigeance jusqu'à proposer ce qu'il qualifie d'un pilori de bibliothèque. Sa phrase n'a été prise que pour une boutade et personne ne s'en est ému. Je vais paraître plus intransigeant, mais je désire proposer une sanction plus sen- sible. Quand, dans la bibliothèque de Tune de nos Facultés, un em- prunteur est demeuré plus d'un an sourd aux exhortations de l'ad- ministration, il est invité d'office à régler le prix des ouvrages manquants. Nous pourrions être à la Linnéenne un peu plus coulants, et accor- der un délai maximum de deux ans. A son expiration, les récalci- trants, s'il en reste, seraient responsables de la valeur marchande des volumes égarés. C'est une mesure un peu rude, c'est vrai, mais qui permettrait de conserver dans son intégrité une bibliothèque qui fait l'orgueil bien mérité de notre chère Société. Compte rendu du banquet annuel d'hiver de la Société Linnéenne. Par M. A. Baudrimont. Le banquet d'hiver annuel a eu lieu le 29 novembre 1906 dans les salons de l'hôtel Gobineau. Etaient présents : MM. Motelay, prési- dent honoraire, Devaux, président, Bardié, Barrère, Breignet, Deser- ces, Doinet, Goin, le D"" Lalanne, leD' I>amarque, Lambertie, Llaguet, Sauvageau, Baudrimont. En prenant place à table, M. le Pj'ésident nous fait part des regrets de MM. le D'' de Nabias, Degrange-Touzin, le D"" Muratet, Bouygues, Boyer, qui n'ont pu se rendre à cette traditionnelle réunion. Puis M. Motelay se lève et félicite, au nom de tous les Linnéens, M. De- vaux de sa récente nomination à la chaire de physiologie végétale; XXVI M. Devaux le remercie et le banquet commence et se poursuit au milieu de la plus cordiale et de la plus franche gaieté. Mais voici le moment des toasts. M. Devaux lève son verre en riionneur de M. Degrange-Toiizin, nommé président pour l'année 1907; il félicite aussi le vice-président, M. le D- Lamarque, et les futurs secrétaires, M. Llaguet, secrétaire général et Barrère. M. le D"" Lamarque remercie le Président au nom de M. Degiange-Touzin et en son nom propre; il adresse également ses remercîments à tous ses collègues qui ont bien voulu lui donner cette marque d'estime. Après ces divers toasts, la partie officielle du banquet est termi- née et, dans l'intimité, de piquantes et pittoresques histoires sont non moins pittoresquement narrées entre deux coupes de Champa- gne (leurs modestes auteurs ne sauraient m'en vouloir de leur garder l'anonymat). 11 serait cependant injuste de passer sous silence une charmante poésie de M. Lambertie où il mêle agréablement femmes, fleurs et papillons; il eut un véritable succès et M. Motelay lui décerna une branche de houx au milieu d'applaudissements enthou- siastes. Ainsi se termina celte agréable et trop courte soirée. COMMUNICATIONS M. Breignet présente, au nom de l'abbé Deysson, deux mémoires, l'un intitulé : Liste des localités girondines de plantes rares, de formes ou de variétés nouvelles, peu répandues dans le département de la Gironde; l'autre ayant pour titre : Contribution à la Flore du Sud-Ouest. Les Euphorbiacées de la Gironde. Une Commission composée de MM. Bardié, Motelay et Lamarque est nommée pour étudier ces travaux qui seront insérés dans les Actes de la Société. XXVII Séance du 6 mars 1907. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. COMMUNICATIONS Sur l'avis favorable delà commission, l'assemblée vole l'impression des deux mémoires de M. l'abbé Deysson dans les Actes de la Société. Rapport de la Commission des Finances. Par M. L. Doinet Messieurs, J'ai l'honneur, au nom de la commission des Finances, de vous présenter deux tableaux établis par les soins de notre excellent Tré- sorier, l'un exposant la situation des recettes et des dépenses de la Société Linnéenne pendant l'année 1906, l'autre donnant le projet du budget pour l'année 1907. Le premier de ces deux tableaux fait ressortir les différences entre les prévisions et la réalité des faits. Les causes de ces différences sont les mêmes que celles des années antérieures, je ne puis que confirmer les renseignements que vous ont donnés à ce sujet les rapporteurs des précédentes commis- sions. Toutefois, il est une différence qui nécessite quelques explications. C'est celle du chapitre profits et pertes qui présente une augmenta- tion de 111 fr. 40 sur la somme prévue. Cette augmentation provient des escomptes importants consentis par les fournisseurs, grâce tou- jours à l'intelligente administration de notre Trésorier. A l'article Frais généraux, les frais de convocations et avis divers adressés aux membres de la Société s'élèvent à 138 fr. 30. Cette somme paraît élevée, et la commission se demande s'il ne serait pas avantageux de faire faire ces convocations et ces avis par un des procédés polygraphiques employés dans le commerce. Il lui semble que, par ce moyen, il serait possible de réaliser une économie de 50 p. 100. XXVIÎI D'autre part, en constatant Taiigmen talion des menus frais occa- sionnés par les trop nombreuses présentations infructueuses de la quittance de leur cotisation à certains membres oublieux de leurs obligations envers la Société, la commission estime qu'il serait équi- table, lorsqu'une quittance a été présentée plus de deux fois à un domicile, que les frais résultant de ces présentations fussent mis à la charge des membres négligents. Au chapitre Publications, Actes el Procès-verbaux, figure une somme de 71 fr. 25 représentant 99 heures de correction d'épreuves remaniées par leurs auteurs. Cette somme, qui augmente sensible- ment les frais d'impression, est également très élevée, et la commis- sion exprime le vœu que la commission des Publications prenne les dispositions nécessaires pour faire cesser cet abus, en exigeant que les manuscrits soient remis ne varietur, et en établissant que les frais occasionnés par les heures de correction résultant des remaniements apportés au texte primitif des manuscrits seront mis à la charge des auteurs, sauf déduction d'une heure par feuille d'impression. La somme de 2.349 fr. 99 formant la réserve disponible de la Société au 31 décembre 1906 est représentée comme suit : Compte courant de la Société bordelaise F. 1.374 » Espèces en caisse. , . . 975 99 Total . F. 2.349 99 En conséquence, la commission des Finances, n'ayant eu a cons- tater que la régularité des comptes qui lui ont été soumis et des justifications qui lui ont été présentées, ne peut que vous demander, Messieurs, de vouloir bien donner décharge à votre Trésorier de sa parfaite gestion pour l'année 1906. Le projet de budget qui nous est présenté pour 1907 a été établi en se basant sur les considérations qui vous ont déjà été exposées au sujet des budgets des années antérieures. La commission ne peut que vous prier de vouloir bien l'adopter, en adressant de nonveau à notre excellent Trésorier — vous le con- naissez trop, Messieurs, pour qu'il soit nécessaire de faire encore son éloge — tous les remerciements que mérite le zèle et le dévouement dont il ne cesse de donner des preuves. XXIX ÉTAT DES RECETTES ET DÉPENSES DE L'ANNÉE 1906 RECETTES DÉPENSES yi ARTICLES En caisse au 31 décem- bre 1905 Revenus de la Société . Cotisations 1906 Cotisations arriérées . . Diplômes Diplôme arriéré Vente de publications. Subventions : Conseil général . . 100 Conseil ijiunicipal 500 Ministère » Profits et pertes Total SOMMES prévues 135 .725 97 50 50 GOO SOMMES réalisées S 2. 898 / 828 59 75 217 20 1.68G » 93 « 20 ,, •10 >. -or, " GOO » 13G 40 1 G. 524 94 -y: En plus ou en moins % I Soc. Bord^' Espèces n + 92 20 — 39 " — 4 » -30 .. — 15 » III IV +111 40 V ARTICLES Frais généraux . . Publications : Actes et P.-V... 1.900 Planches 500 Ehvois publicat. 50 Somme allouée pour complément t. 60. . . . Bibliothèque Rémunération de l'em- ployé attaché à la bi- bliothèque Souscriptions et Fête Linnéenne F-ète cinquantenaire Mo- telay Fonds de l'éserve SOMMES prévues .SOMMES dépen- sées I ) 11.221 10 2.450 „\ 726 »/ / 30 m En plus En caisse. .076 350 100 100 1.000 500 Total . 167 45 95 » 55 60 1.003 65 500 >. 4.174 95 2.349 99 6.524 94 -440 60 -J5.i9 50 -182 55 • 44 40 - 3 65 La somme de 2.349 99 est représentée par Société Bordelaise. . .F 1.374 » Espèces en caisse 975 99 .ToT.\.L ÉGAL 2.349 99 Projet de Budget 1901. RECETTES DÉPENSES iri IV V VI ARTICLES SOMMES I ARTICLES Solde en caisse au I Frais généraux . . F. 31 décembre 1906 P. Revenus de la Société 2.349 99 125 .. II Publications Actes et P.-V. . 1.900 GOTIS.'VTTONS : Planches .... 500 55 à 24 1.320 5à 12. . . . . 60 Envois des pu- blications. . . 50 14 à 15 210 GolisaLions arriérées. . Diplômes Vente de publications. 1.590 .. 48 .. 30 » 30 .. III Complémentdu to Bibliothèque . . . me 61 llémunérstion de ployé attaché à l'em- abi- SuBVE^!TIO^:s : Conseil général. . 100 Conseil municipal 500 Miniétère » 600 » IV V bliothèque . . . Sousci'iptions et Linnéenne . . . Fête Fonds de réserve. Profits et perles. . . . Total 50 .. Total. . . . 4.822 99 522 99 2.450 700 450 100 100 500 XXX La Société approuve les comptes de l'année 1906, adopte le projet de budget pour l'exercice 1907, et vote des remerciements au Tréso- rier et aux membres de la Commission. Séance du 20 mars 1907. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. M. LE PiîÉsiDENï informe la Société que le conseil a rejeté la modi- fication qui avait été demandée, concernant l'art. 11 des statuts et relative au maintien du président et du secrétaire général. Le maintien de l'art. 11 des statuts est adopté. EXCURSION M. Bardié donne communication du programme des excursions de la Société archéologique de Bordeaux et notamment d'une course à Saint-Brice et Castelviel qui doit avoir lieu le 7 avril prochain. Il invite les membres de la Société Linnéenne à participer à cette intéressante excursion. Séance du 10 avril 1907. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. PERSONNEL Une lettre de félicitations sera adressée à M. Queyron, menibre de la Société, nommé officier d'Académie. XXXI COMMUNICATIONS Compte rendu de la 88'^ Fête Linnéenne à Langoiran. Par M, Daydie. Par dérogation aux us anciens, aux traditionnelles habitudes, le jour de la saint Jean tombant cette année un dimanche, c'est ce jour qui avait été choisi pour fêter le 88* anniversaire de la fondation de la Société Linnéenne, Donc, le 24 juin dernier, nous prîmes le tramway de Cadillac et nous nous arrêtâmes es bonne ville de Langoiran, centre choisi pour ladite fête. La beauté du pays et les charmes d'une excursion champêtre, pas plus que l'espoir d'une récolle scientifique n'avaient hélas! tenté que bien peu de nos collègues. Aussi cette excursion, qui sert de prélude et comme d'excuse à nos annuelles agapes, n'a-t-elle pas, cette année, donné ses résultats habituels et s'est-elle bornée, pour la plupart des membres présents, à une flânerie ambulatoire non sans charme et à des causeries où tous les sujets, depuis les plus doctes jusqu'aux plus ou aux moins savants, ont été tour à tour effleurés. Le gros de la troupe se composait surtout d'entomologistes qui, malgré leur bonne volonté, n'ont pas vu leurs recherches couronnées de tout le succès que leurs efforts étaient en droit d'espérer. Citons cependant parmi les lépidoptères : Lycxna hylas. Herminia crinalis. Acidalia sylvestraria et trigeminala. Alraxas grossulariata C.C. Boarmia gemmaria. Pyrausta aurala. don lia denlalis. Botys uriicala. Crambus craterellus. Crambus pralellus. Crambus pascuellus. Leurosla scJdiegeliella. Acophora olimella. xx.xa Carcina quercana. et quelques micros que M. Brown doil délerminer. Enfin un assez gi-and nombre de 1res belles chenilles trouvées près des murs du cimelière, sur des pieds de Verbascum floccosum et qui semblent appartenir au genre Cucullia, sans qu'il nous ait été possible de dire, de prime abord, le nom de l'espèce Après une nouvelle promenade dans l'après-midi, promenade non moins agréable que celle de la matinée, mais aussi peu fructueuse au point de vue scientifique, l'heure de la séance qui précède chaque fête est arrivée. Un peu de retard s'élant produit et l'heure du train nous comman- dant de nous hâter, celte habituelle formalité a été aussi succincte que possible et, après lecture des lettres d'excuse de MM. Beille, Gruvel, notre l^résident nous a proposé de lever la séance et de nous asseoir autour de la table dressée en face de la majestueuse Garonne, sous une vérandah, dont la proximité du fleuve et la brise du soir faisaient un séjour charmant. Entre temps, notre troupe s'était accrue d'éléments nouveaux et ces recrues fraîches et reposées nous aidèrent à donner victorieuse- ment l'assaut aux élucubrations culinaires de l'hôtel Saint-Martin. Etaient présents : MM. Brown, Bial, Bardié, Boyer, Baudrimont, Breignet, Bouygues, Devaux, Deserces, Durègne, Daydie, Gouln, Lalanne, de Loynes, Llaguet, Lambertie, Molelay, de Nabias. A la On du repas, notre Président, M. Devaux, à la gracieuseté duquel nos coupes durent de voir pétiller le nectar champenois, a rappelé, dans un discours plein d'humour et d'entrain, le grand âge de notre Société, âge qu'elle porte si gaillardement, et il lui a sou- haité une longévité malhusalémique, si l'on peut dire, puis il a porté un toast à MM. Motelay, Beille et Bouygues, qui, depuis la dernière fête Linnéenne, ont été, de la part du Gouvernement, l'objet de dis- tinctions honorifiques..,.. Mais riioi'loge implacable, avec son timbre d'or, nous a rappelé, ainsi que le dit Coppée, que l'heure de la séparation approchait et le train, dont on entendait au lointain de la nuit le halètement puissant, est bientôt venu nous prendre et nous a rame- nés, sans accident, sinon sans un retard considérable, vers nos « homes » respectifs. I XXXIII Kyste hydatique du foie ouvert dans les voies biliaires. Faible vitalité des scolex. Défécation de membranes parasitaires. Enorme éosino- philie sanguine. Eosinophilie d'un ganglion du foie. Par les D'^ J. Sabrazès et L. Muratet. Nous avons récemment étudié l'éosinophilie urinaire et sanguine dans Thydatidurie. Grâce à l'obligeance de M. Villar, nous avons pu rechercher l'éosinophilie dans un cas de kyste hydatique du foie rompu dans les voies biliaires avec défécation de membranes. Voici quelles sont les particularités hématologiques et histologiques de ce cas. « Il s'agit d'un homme de trente-cinq ans, hospitalisé dans le ser- vice du professeur Villar, qui a rapporté son histoire à la Société de Médecine de Bordeaux. » Depuis un an, cet homme avait des coliques hépatiques dues à l'évacuation, par les voies biliaires et le tube digestif, de membranes et de vésicules d'hydatides dont la présence fut constatée par M. B. Auché dans les matières fécales. Ces coliques survenaient par crises d'abord très espacées, puis se rapprochant progressivement. Ictère chronique, prurit. Le 26 janvier 1907, l'examen du sang est pratiqué par nous et donne les résultats suivants : Hémoglobine 79 p. 100. Globules rouges 4.588.000 par mmc. Globules blancs 13.640 » Plaquettes sanguines 426.932 » Début de la coagulation (Procédé Sabi'azès). . 15 minutes. » Le caillot sanguin se rétracte bien. Le sérum exsudé est couleur de vin de madère. Éléments blancs : Polynucléés neulrophiles ... 62,31 p. 100 8.500 par mmc. Lymphocytes 11,35 » 1.549 » Eosinophiles 20,18 » 2.746 » Grands mononucléés 5,14 » 700 » Formes de transition. ..... 1,06 » 145 » » Sur 100 eosinophiles, 32 ont le noyau bilobé, 48 trilobé, 19 qua- drilobé, 1 quintilobé. )i On ne trouve ni globules rouges nucléés ni hématies à granula- tions basophiles. Pas de poïkilocyles; pas de polychromatiques. Quelques fines vacuoles çk et là dans certains eosinophiles ». Le malade a été opéré par M. Villar et a guéri. Procès Verbaux 1907 3 XXXIV L'inlervention permit de conslaler que le kyste siégeait dans le lobe gauche. L'incision ramena des vésicules et une petite quantité d'un liquide hydatique jaune bilieux, non purulent, dans lequel étaient des scolex encore vivants, mais peu vivaces. L'épreuve du réchauffement à 37'\ en effet, ne réussissait plus aies ranimer quatre heures après l'extraction. Or nous savons que dans d'autres condi- tions, ainsi que nous l'avons montré avec M. Husnot, ces scolex se conservent vivants pendant plusieurs jours. Nous attribuons à l'action de la bile le peu de vitalité de ces germes d'hydatide. Néanmoins étant encore mobiles au moment de l'intervention, ils étaient suscep- tibles de se greffer. Cet homme était donc anémique et avait une leucocytose de faible intensité avec énorme éosinophilie. Or quand on examine le sang des sujets atteints de kyste hydatique, on constate des différences très grandes dans le taux de l'éosinophilie suivant le siège du kyste. Nous avons relevé les valeurs maxima dans les localisations hépatiques. Nous pensons que cela est dû, en grande partie, à la résorption plus facile dans celte glande, et par la voie sanguine et par la bile, des produits d'élaboration du parasite susceptibles de dialyser à travers ses membranes. L'éosinophilie s'accentuera bien plus encore lorsque, le kyste étant rompu, le liquide et les membranes se résorberont sur place et a forliori lorsqu'ils arriveront au contact de la muqueuse éminemment absorbante du tractus intestinal. Il en résultera une intoxication hydatique intestinale chronique, comme dans notre cas. Cette éosinophilie n'est pas seulement sanguine, myélogône, elle pourra, ainsi que l'un de nous l'a établi, être locale, se manifester dans l'almosphère conjonctive périkystique, ou même se retrouver dans la poche plus ou moins fissurée; bien plus, elle se révèle à l'examen des ganglions lymphatiques du voisinage, comme le prouve le fait suivant : « Un ganglion du hile du foie, recueilli par M. Villar pendant l'in- tervention, apparaît sur les coupes histologiques chroniquement enflammé, avec hémorragies capsulaires plus ou moins anciennes, accumulation de débris pycnotiques sous-corticaux, nombreuses figures de mitose dans les centres germinatifs, présence de myélo- cytes éosinophiles et de leucocytes éosinophilesmultinucléésdans ces centres et dans les autres parties du ganglion. Les lymphatiques de ce ganglion contiennent aussi un bon nombre de leucocytes éosino- philes adultes ». XXXV Ainsi dans celle éosinophilie symplomalique d'un kysle bydalique rompu s'évacuant parliellement par l'inleslin, une part élait due à une Iransfornialion niyéloïde parlielle et élective des ganglions lym- phatiques voisins du kysle. C'est là une modalité nouvelle de ces éosinophilies locales que nous avons contribué à faire connaître dans l'échinococcose et qui ont été confirmées par Dévé. Le sang, malgré ie taux très élevé de l'éosinophilie, ne montrait pas de myélocytes. Or, nous avons vu que dans le ganglion examiné les myélocytes éosinophiles ne se trouvaient que dans le parenchyme ganglionnaire, y compris les centres germinalifs, tandis que dans les vaisseaux lymphatiques et sanguins du ganglion on ne voyait que des formes adultes multinucléées. Les éosinophiles passaient donc dans le sang à l'état de maturité. Cette éosinophilie pourra servir au diagnostic étiologique, souvent très difficile, d'un ictère dû à l'obstruction intermittente ou perma- nente des voies biliaires par des hydatides émanées d'un kyste échi- nococcique rompu. Dans le cas présent, le kyste inclus dans le lobe gauche se dérobait à la vue, au moment de la laparotomie. M. Yillar, fortifié dans son diagnostic par la notion d'éosinopliilie intense que nous venions de lui fournir, n'hésila pas à se livrer à une exploration prolongée pour découvrir et traiter en conséquence le corps du délit. Notules hémiptérologiques. Ilé?niplères recueillis en Tunisie par M. Blanc. Par M. Maurice Lamberïie. Notre collègue, M. M. Blanc, de Tunis, m'a adressé, pour ma col- lection, quelques hémiplères qu'il a recueillis pendant ses excursions en Tunisie. La plupart, ne les ayant pas dans ma collection, j'ai dû les adresser à réviser à notre excellent et obligeant maître M. le D"" Horvâth. Parmi ceux-là se trouve une espèce de Cicadella que M. le D'^Hor- vât croit être nouvelle. Dès que j'aurai la réponse de celui-ci, j'en ferai la description. Voici la liste de ceux-ci : Odontoscelis dorsalis Fabr Odoniotarsus caudatus Burm. )) .grammicus L. XXXVI Psacasta exanlhemalica Scop. » Marinollani Put. )) tiibercidata Fabr. Eurygasler nigrocucullala Gaze var. hotlentota H. -S >j maroccana Fabr, Trigonosoma Nigellx Fabr. » falcatum Cyrill. Ancyivsoma albolineatiis Fabr, Tholagmus flavolineatus Fabr. Dolycoris numicUcus Horv. Brachijnema lujpocrila Put. var. exul. Horv, Centrocoris variegalus Kol. » subinermis Rey. Proderus suberijthropus Costa, Aphanus pineti H, -S. Oncocephahis squalidus Rossi. Harpactor erylhropus L. Corixa af finis Leacli. » furtiva Horv. Tetligia Orni L. Cicadetta canlans Fabr. » medilerranea Fieb, )) melanophrys Horv. » sp ? Depuis l'éQumération des hémiptères capturés par la mission d'exploration scientifique de la Tunisie (1883-1884) et dont le D"" Pu- ton a publié la liste en 1886, j'ai k signaler les espèces suivantes nouvelles pour la Tunisie, J'espère que d'ici un laps de temps peu reculé je pourrai en aug- menter le nombre si mon correspondant continue à m'adresser ses chasses. Corixa a f finis Leach. furtiva Horv. Telligia Orni L, Cicadetta mediterranea Fieb, Odontotarsus caudatus Burni, » melanophrys Horv. Psacasta Alarmotlani Pal. » sp? » tuberculata Fabr, Eurygasler nigrocucullata var. hotlentota H. -S, XXXVII fjrachynema Ivjpocrita var. exul. Horv. Centrocoris subinermis Rey. Aphanus pineti H. -S. Oncocephalus squalidus Rossi. EXCURSION M. le D'' LajiamQie expose un projet d'excursion aux Eaux- Chaudes pour les fêtes de Pentecôte. Ce projet est adopté et des félicitations sont adressées à son auteur par M. LE Président. Séance du 24 avril 1907. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. CORRESPONDANCE Lettre de M. Perdrigeat remerciant la Société de l'avoir nommé membre correspondant. M. LE Président remet à l'assemblée la thèse présentée, soutenue et ofterte par M. le docteur B. Barrère, membre de la Société. 11 se fait l'interprète de la satisfaction éprouvée par tous les membres de la Société, à l'annonce du succès de M. Barrère auquel des félicita- tions seront adressées. COMMUNICATION M. J. Péi{EZ met sous les yeux de la Société un intéressant exem- ple de mimétisme. Il est fourni par un Pentalomide depuis long- temps connu, le Phlœa longiroslris Spinola, dont son fils, Cli. Pérez, a rapporté de Rio-de-Janeiro un certain nombre d'exemplaires, avec des fragments de l'écorce d'un arbre (une Papilionacée) sur laquelle ils vivent. Ces curieux hémiptères ont une telle similitude de cou- leur et de sculpture avec les plaques de lichens qui recouvrent celte écorce, qu'il faut, même averti, une certaine attention pour les en distinguer. M. J. Pérez fait voir ensuite les effels d'un procédé que quelques XXXVIII enlomologisles emploient pour la conservation des couleurs claires de certains insectes, couleurs que les insecticides usités d'ordinaire ou même la mort naturelle moditîent plus ou moins profondément. Ce procédé est celui de l'acide sulfureux. M. Pérez montre des Ves- pides, des Fouisseurs, dont les dessins blancs ou jaunes ont con- servé toute la fraîcheur de l'état vivant. Des Nebria complanala, que la mort roussit et brunit si déplorablement, sont surtout remarqua- bles : elles n'ont rien perdu de la teinte blanchâtre qu'on leur voit quand elles courent sur le sable des plages. Il est malheureusement des couleurs plus délicates, et particuliè- rement les teintes claires de certains groupes, tels que les Névroptè- res, que l'acide sulfureux détruit et fait passer au rougeâtre plus ou moins intense, M. Bardié, rappelant une excursion récente faite dans les environs de Castelvieil de Gornac, présente des primevères (Primula offîcina- lis et vulgaris) récoltées par son frère dans les bois de Léognan. Il soumet ensuite une série de photographies intéressantes qu'il a prises au cours de cette excursion. Séance du 1"' mai 1907. Présidence de M. Degrange-Touzin, présidenl. COMMUiNICATIONS M. Duf'UY propose de faire paraître dans les Actes de la Société son travail ayant trait à l'influence du bord de la mer sur le cycle évolutif des plantes annuelles, i^es recherches sont poursuivies déjà, depuis plusieurs années et quelques notes ont déjà paru dans les Procès- verbaux de la Société. M. LE PnÉsiDENT Se fait l'interprète de tous, en assurant à M. Dupuy le meilleur accueil pour son travail. EXCURSION La prochaine excursion de la Société aura lieu à Léognan. Elle est fixée au jeudi 9 mai. XXXIX Séance du 15 mai 1907. Présidence de M. le D'' Lamarquk, vice-président. COMMUNICATIONS Note sur la promenade botanique faite à Léognan, le jeu:U 9 mai 1907, par la Société Linnéenne. Par M. Neyraut. Le 9 mai 1907 quelques membres de la Société, auxquels s'étaient joints sept ou huit étudiants, prenions place dans le tramway de Léognan qui part de Bordeaux vers 1 heure de l'après-midi. Arrivés à la station de Léognan, nous primes la direction S.-O. ; nous explorâmes d'abord un terrain vague, puis une carrière en exploitation, des bois et les bords d'un petit cours d'eau plus ou moins ombragé. Cette promenade, de trop courte durée, a permis cependant, à plu- sieurs d'entre nous, de cueillir un bon nombre de plantes parmi les- quelles je citerai, d'après la Flore de Lloyd et Foucaud : Baminculus Borseunus Jord. lianiniculus bulbosus L. Ranunculus parvifloms L. Call/ia pahislris L. l'opaier rhœasL. Clielidonium majus [j. Fumaria speciosa Jord. Uarburca prœcox 11. Br. Cardamine pralensis L. (passé Heur). Cardamine hirsuta L. Ccudamine impatiens L. fnon fleuri). Capsella bwsu-pastoris Mœncli. Teesdalea iheris DG. Viola Reiclienbachiana Jord. Viola tricolor L. Reseda lidea L. Polygalu vulçjaris h. Silène inflala Smilli. Silène r/ullica L. Lijclinis ftos cuculi L. Sagina apelala h. Arenaria lepLocludos Guss. Aienaria monianu L. Slellaria Holoslea L. Mœnchia erecla Ehrli. Ceraslium ÇjLonieralum Thuill. Géranium disseclum L. Géranium rotundifolium L. Géranium purpurenm Vill. Erodium cicutariani L'fiérit. Ulex europaeus L. Surolliamnus sagi tlulis L. MedicaçjO Lupulinu Ij. Medicago minima Lamk. Medicago maculala Willd. Trifolium sublerruneuni Ij. Trifolium incarnai um L. Lolus corniculalus L. Ornilhopus roseus Diif. Vici'i angusUfolia Tiiuill. et ses var. V. BobarLii Fursl. et V. uncinula Desv. Eroum hirsutum L. Lalhyrus Aphaea [j. (non fleuri). Spirœu Vlmaria L. (non fleuri). Poienlilla Vaillanlii Nesller. Cralsegus monogyna Jacq. Bryonia dioica Jacq. (non fleuri). XL Enjngiiim campeslre L. (feuilles radi- cales). Anlhriscus vulgaris Pers. Viscum album L. Rubia peregrina L. (non lleuri). Galium cruciala Scop. S/ierardia avvensis L. Valeriana officinalis L. Valerianella olUoria Mœnch. Bellis perennis L. Achillea millefolium L. (feuilles radi- cales). Senecio vulgaris L. Hgpoc/iœris radicata L. Taraxacum officinale Wigg. Crépis taraxacifolia Thuill. Crépis virens Vill. (non fleuri). Hieracium pilosella L. Ilex aquifolium L. Symphylum luberosum L. Lycopsis arvensis L. Myosotis versicolor Pers. Linaria supina Desf. Veronica Chamsedrys L. Veroiiica arvensis L. Melampyrum pralense L. (non fleuri). Rhinanthus glaber Lamk. Menlha roliindifolia L. (non fleuri). Salvia Verbenaca L. Origanum viilgare L. (non fleuri). Thymus Serpyllum h. Lamium amplexicaule L. Lamium purpureum L. Primula vulgaris Huds. Planlugo Coronopus L. Pliylolacca decandra L. (non fleuri). fhesium humifusum DC. Euphorbia angulala Jacq. Eup/iorbia amygdaloides L. Mercurialis perennis L. Uumulus Lupulus L. (non fleuri). Salix lepens L. Polamogeton densus L. (non fleuri). ^r«»2 italicum Miil. Serapias Lingita L. Neoltia ovala Rich. (à peine en fleurs). Asparagus officinalis L. (non fleuri). Ornilliogalum umbellalum L. Muscari comosum Miil. Carex arenaria L. Ca/'ex' panicea L. Care:rpen(:/«/« Huds. Anl/ioxanlhitm odoralnm L. ^«■a caryophyllea L. Je profite de roccasion qui m'est offerte pour informer la Société que, quelques jours auparavant, le o mai, je découvrais, en compa- gnie d'un de mes collègues de la Société botanique de France, M. Louis de Vergues, dans une prairie située entre La Teste et La Hume, un pied d'Asperula gallioides Bieb. (plante non encore signa- lée dans la Gironde à ma connaissance), et que nous avons retrouvé VIsoëles hjsirix Durieu, à La Tesle, dans les fossés qui bordent le chemin de fer de Cazaux, h 130-200 mètres environ en aval du point oîi la route de Cazaux traverse le chemin de fer. J'ajoute que ce même Isoëles hjstrix vient aussi en amont de Cazaux-hameau, également dans les fossés qui bordent le chemin de fer et pas très loin de la station. Et qu'enfin on le retrouve un peu plus loin dans le fossé qui est situé entre le cimetière de Cazaux et l'ancien canal de La Hume. XLI Réactions colorantes des granulations basophiles et du reste nucléaire pycnotique des hématies chez la souris grise, à la naissance, vis-à- vis du mélange pyronine-vert de méthyle de A. Pappenheim. Par MM. J. Sabrazès et L. Muratet. L'origine des granulations basophiles des hématies est encore en discussion. Sont-elles des émanations du noyau qui persistent dans le globule au moment où ce noyau disparait? Sont-elles le résultat d'une dégénérescence protoplasmique ? Ce problème est encore pen- dant. On s'est appuyé, pour combattre l'origine nucléaire, sur l'inco- lorabilité de ces granulations au contact du triacide d'Ehrlich ; le mélange pyronine-vert de méthyle indiqué par Pappenheim leur donne une teinte rouge; elles ne se colorent donc pas, comme la chromatine normale, en vert par ce réactif. Ce ne seraient donc pas là des dérivés nucléaires. Par contre, on reconnaîtrait sans hésita- tion dans le sang de certains animaux un véritable reste du noyau de l'hématie dont les affinités seraient bien celles de la chromatine des normoblastes et qui serait avide de vert de méthyle en présence des colorants indiqués ci-dessus. Lès constatations suivantes vont nous montrer que ce reliquat de noyau pycnotique se comporte dans certaines conditions, vis-à-vis du mélange pyronine-vert de méthyle, exactement comme les petites granulations basophiles, tandis que les noyaux des globules rouges nucléés normaux se teignent en vert comme les noyaux leucocy- taires. ■ Le 1" décembre 1906, nous examinons le sang périphérique de deux souris grises vivantes venant de naître. Les hématies sont polychroma- tiques dans une proportion de une sur dix environ et contiennent des granulations basophiles (une hématie sur cinq en moyenne). Le reliquat de noyau particulièrement étudié par J. Jolly s'y trouve à peu près dans le même rapport. Il a des dimensions qui varient de celles d'un petit microcoque à une levure. Dans un même globule, reliquat nucléaire et granulations basophiles sont souvent associés; ces grains sont parfois de volume décroissant. On les trouve généra- lement dans les hématies orthochromatiques. Il existe quelques rares globules rouges nucléés. Il y a un certain contraste entre l'as- pect régulièrement sphérique du reliquat nucléaire et l'irrégularité de forme des granulations basophiles. Nous ne voulons, du reste, pas insister ici sur les divers caractères de ces productions. Nous XLII avons simplement essayé de comparer vis-à-vis de certains colorants la façon dont se comportent ces deux types d'inclusions : à la nais- sance, le vert de méthyle n'a mis en évidence ni les unes ni les autres. Le réactif de Pappenheim après fixation par la chaleur (125 à 130°), coloration pendant dix minutes, lavage rapide à l'eau distillée et dessication, colore en rouge rubis, dans le même ton et les gra- nulations basopliiles et le reliquat nucléaire partout oîi il se trouve, tandis que les noyaux intacts des normoblastes sont verts. 11 faut chercher très longtemps pour trouver un de ces reliquats nucléaires plus gros que les autres coloré d'un ton vert. Toujours les granula- tions basophiles sont d'un beau rouge. Ainsi le reste nucléaire au sein des hématies ne se comporte plus comme la chromatine normale du noyau. On ne saurait donc tabler sur les réactions colorantes pour conclure à l'origine nucléaire ou protoplasmique de l'une ou de l'autre de ces granulations. On sait, du reste, que le noyau en voie de dégénérescence de cer- taines cellules (des plasmazellen par exemple), ainsi que Gottfried Schwarz (1) l'a montré, peut se colorer en rouge par le réactif de Pappenheim ; les produits de désintégration nucléaire, qui se répan- dent dans le protoplasma, se colorent de la même façon par la pyro- nine et ne prennent plus le vert de méthyle. Le sang de la souris grise à la naissance se prête très bien à ces études chromatiques. Les affinités colorantes sont les mêmes, à l'égard du réactif de Pappenheim, qu'il s'agisse des petites granula- tions ou du corpuscule considéré comme étant le reliquat du noyau. Nous verrons si, à des époques plus ou moins éloignées de la naissance, chez l'embryon et chez l'animal nouveau-né, il n'y a pas un écart entre les aptitudes colorantes de ces diverses inclusions, écart déjà signalé par J. Jolly (2) dans le sang du jeune chevreau âgé de huit jours à trois semaines. (1) Gollfried £chwarz, Sludien ûber iin grossen Nelz des Ivaninchens vorkom- mende Zellformen (Ans dem Senckenbergschen pathologisch-analomischen Iiislitute zu I^'rankfurt a. Main. Wirchow's Arc/iiv, vol. 179, 1905, p. 209-266). (2) J. Jolly, Sur la phagocylose des noyaux e.\pulsés des hématies des mammifères. Soc. de biol., n. 26, 1906. XLIII Absence d'auto-agglutinatioa des hématies dms les préparations du sang d'Anguilla vulgaris contenant des trypanosoniîs. Par MM. J. Sabrazès et L. Muratet. Dans les trypanosomiases humaines (maladie du sommeil), lors- qu'on met une gouUe de sang frais entre lame et lamelle, les hématies ne tardent pas h s'agglutiner dans la préparation. Ce phénomène de l'auto-agglutination peut être utilisé pour le diagnostic. Les animaux inférieurs (poissons par exemple) qui hébergent des trypanosomes permettent-ils de faire des constatations semblables? Préparons de la même façon du sang d'anguille contenant le parasite que nous avons découvert et décrit sous le nom de Injpanosome de Vanguille (Anguilla vulgaris), laissons -le en chambre humide dans des conditions telles que le sang reste liquide et le Irypanosome mobile. Nous conservons ainsi pendant trois à quatre jours ce sang à l'état frais. Or il n'existe pas la moindre tendance à l'auto-aggluti- nation des hématies dans ce cas. Ce phénomène n'a donc pas la valeur d'un fait de biologie générale. Vitalité du Trypanosoma Anguillae dans le sang du cœur après la mort de cet animal. Par MM. J. Sabrazbs el L. Muratet. Bien des parasites survivent à leur hôte. Le fait est connu pour divers microbes (bactéridie charbonneuse, peste, etc.). On s'est posé la même question pour les hématozoaires. Nous avons cherché s'il en était ainsi du trypanosome de l'anguille. Voici les constatations que nous avons pu faire. Les anguilles parasitées ont encore dans les cavités du cœur des trypanosomes vivants 62 heures après la mort; 65 heures après^ nous n'en avons plus trouvé. Au moment de la disparition des trypanosomes, l'invasion bacté- rienne qui commençait à se manifester, alors que les parasites étaient encore vivants, est devenue considérable. Cette donnée peut avoir une certaine importance pour l'étude de ces parasites et de leurs hôtes. On ne peut toujours avoir des animaux vivants à sa disposition. En puisant dans le sang du cœur d'animaux morts depuis plus de deux jours, il sera encore possible d'y découvrir des trypanosomes et peut-être d'enrichir en espèces nouvelles ce groupe de protozoaires. XLIV M. le D'' Lamaroue présente des masses globulaires récollées sur les bords de la Méditerranée et formées par un feutrage épais et soyeux, rappelant pour quelques-unes des œgagrophiles. jQuelques variétés de forme ovalaire présentent à la base de longues lamelles fines et verdâtres qui permettent de diagnostiquer nettement l'origine végétale de ces formations. Ces masses globulaires semblent provenir du Cymodocea Caulini. Cette intéressante communication remet en mémoire qu'aux dates des 1" février et 15 mars 1893, il a été présenté à la Société des sujets semblables et qu'après discussion, l'origine végétale de ces formations a pu être nettement établie. La présentation du D'' La- marque en fournit une preuve nouvelle et indiscutable. Séance du 5 juin 1907. Présidence de M. le D'" Lamarque, vice-président. M. MoTELAY remercie, au nom de la Société, M. le D"" Lamarque de l'hospitalité cordiale qu'il a offerte aux membres de la Société qui ont pris part à l'excursion faite à Eaux-Chaudes. Il le félicite égale- ment de la réussite complète de cette intéressante excursion qu'il avait organisée. COMMUNICATIONS M. MoTELAY rappelle qu'en 1897, il fit paraître dans les procès- verbaux de la Société, une note signalant l'emploi du talc de Venise comme fraude des farines. M. Lambertie fait hommage à la Société d'une notice biographique sur Pierre-Amédée Latreille de Brives, par Louis de Nussac, intitulée: « Les débuts d'un savant botaniste ». M. LE Président adresse au généreux donateur les remerciements de la Société. M. GouiN présente une orchidée {Oplu-y s mucifem) ayant une fieur bifidée à la partie inférieure et une linaire avec deux éperons. M. Doinet présente une eau de teinte jaunâtre, et ayant une odeur bitumineuse provenant d'un puits situé à 100 mètres d'un chai à vin XLV incendié à Caudéran. L'analyse de cette eau sera faite par M. Llaguet qui fera connaître le résultat de ses recherches. FÊTE LINNÉENNE La Fête Linnéenne est fixée au dimanche 23 juin. Elle aura lieu à Saint-Emilion. Séance du 19 juin 1907. Présidence de M. le D"" Lamarque, vice-président. PERSONNEL M, X. RoziER, s'occupant de géologie, présenté par MM. Bial de Bellerade et Deserces, après avis favorable du Conseil, est admis comme membre titulaire. Compte rendu de l'excursion géologique faita parla Société Linnéenne, à Léognan, le 9 mai 1907. Par M. A. Peyrot. A leur arrivée à Léognan, les Linnéens se sont divisés en plusieurs groupes. Le nôtre, formé de MM. Bial de Bellerade, Daydie, Deserces, Peyrot, se proposait tout particulièrement Tétude de la riche faune du falun type de Léognan (Burdigalien Moyen). Une courte visite aux exploitations de Mollasse nous a permis de recueillir : Pecten (Amussiopecten) (1) burdigalensis Scutella subro- tunda et de constater dans la Mollasse, la présence, mais à l'état de moules, de nombreuses espèces de Pélécypodes et de Gastropodes dont nous recueillerons les tests dans le sable argileux jaune du falun type de Léognan. En remontant le ruisseau, sur la rive droite, nous arrivons au moulin du Coquillat (Coquillac sur la carte au g-j^). Le gisement du (1) Sacco, 1897. XLVI Coquillat a fourni aulrefois de très nombreuses espèces; il est épuisé raainlenanl. Maisà400 mètres environ, en amont du moulin, des fouilles impor- tantes sontacluellementpratiquées par MM. D'Nadal, Neuville, Rosiès. M. Bial de Bellerade nous présente à ces Messieurs qui nous accueillent avec beaucoup d'empressement et nous permettent de profiter de leurs travaux. Grâce à leur complaisance, nous faisons une ample récolte de fossiles. Je suis heureux de leur renouveler ici tous nos remercîmenls. Voici la liste des espèces (1) qu'un premier examen m'a permis de déterminer : Pélécypodes. Solecialus Uasteroli. Pleiirodesma Moulinsii. Corùula Basleioli. Cuspidaria Uenoisli. Macira Easleroli. Ercillia pus il la. Telllna sp. ? Venus (Timoclea) ovaUi. — (Claiisiiiella I casinukles. CyLlierea islandicoides. — erijcino'ides. Cardiitm bitrdigaliniun. — r/irondicinii. Lucina (Slrigilla) orvala. — (Loripes) Micheloilil. — (Axiniis) transversa. — (Mijrlhea) spinifera. — dénia la. Lepton (l'seitdoleplon) (2) insigne. Ca)'dila unidenlala. Nue a la sp. ? Leda pella. — var undata. Axinea cor (=^'^ A. insuhrica). Arca (Anonialocardiu) girondica. Meleagrina phalœnacea. l'eclen Beudunii. Peclen (Amussiopeclen) burdigalensis. Ostrea digilalina (sensu lalo). Ptéropodes. Vaginella depressa. Scaphopodes. DenUdium sp.? Gastropodes. Crepidula unguiformis. Cabjptrsea deformis. — • depressa. Prolo cathedralis. Turrilella lerelralis. — lurris. Scalaria (Clat/irus) sufjscalaris. Nodiscala sp.? Lillorina Prevoslina. — varicosa. Fossarus coslalus. Sandbergeria perpusilla. Eulnna (Subularia) subulala. Aclœon pnnclulatus. — seinislrialus. — burdigalensis — subglobosus. — inflalus. — Uargelasi. Aciœonidea pinguis. Adelactœon papgraceus. Ringicula Tournoueri. — elongala ? (1) J'ai adopté la classincalion proposée par M. Cossmann dans ses Essais de paléo- concliologie comparée. (2) Cossmann, 1895. XLVII Tornalina Lajonkaireana. Zizypliiniis Audebanll. Trochus patnlus. Xeiiop/ioi-a Des/iayesi. Nalica (Nacca) bardir/alensis. Neverila Josepkinia. Sigaretiis aquensis. Trigonosloina (Venlrilia) acuLangala. — (Ouilia) doliokuns. Ent/iriofi/siis burdiqalensis. — var. conlorla. Murex (MuricanUia) subasperrimns. Ocenebra fVitularia) lingua-bovis. Typhis fiorridiis. Coniis (Conospira) aquitanicns. Genotia ramosa. Pleuroloma (Hemipleurotoma) denlicula. Aslhenoloma pannus. Clavaliila aspendala. — (Perrona) semiinarylnala. Pirata burdlgalensis. — condila. C/ienopus burdlgalensis. Cassidea Gralelonpi. Dorsamun Veneris. AmpuUina ebnrnoides var. média. Terebra (Subii.la) plicaria. — (Myurella) Basleroli. Ancilla glandifonnis. — (Ancillina) sitiuralis. Anachii cf. pulchella. Columbella sp. '.' Milra sp.? Volttlilil/ies? ficulina, — Athlela rarispina. Titdicla ruslicula. Ceci ne représente d'ailleurs qu'une faible partie de la faune du Burdigalien moyen de Léognan. Je me propose d'étendre cette liste lorsque j'aurai achevé la déler- mination des matériaux que j'ai recueillis. Sur l'origine de l'écume da la mer. Par H. Devaux. Ayant donné occasionnellement dans une séance récente de la Société quelques indications sur les causes possibles et sur l'origine de l'écume de la mer, je crois bien faire de résumer ici ce que j'ai dit sur ce point spécial. Comme on le sait, l'écume ne se produit pas constamment à la surface de la mer; celle-ci n'en donne d'une manière notable que sous l'influence d'une forte agitation des vagues et c'est là l'écume la plus habituellement connue,; mais ce n'est pas la seule. Sur les rivages plats et vaseux, il paraît aussi se former une écume ayant sans doute une autre origine, et, d'autre pai-t, j'ai signalé, il y a long- temps déjà, la production d'écume légère, appelée fleur d'eau, par des algues microscopiques (1). L'origine première de la substance de l'écume de la mer doit du reste être variée. Elle a été attribuée, par exemple, aux planles 1) Thèse, Paris, 1889. XLVIII marines (1). Ces plantes, surtout représentées par des algues, ont presque toujours une consistance gélatineuse, et elles abandonnent à Feau un mucilage, soit de leur vivant, soit après leur mort. Ce mucilage donnerait à l'eau la propriété de mousser. Telle paraîtrait être l'origine des écumes dites fleur d'eau que nous venons de signaler. L'écume des marais salants pourrait avoir une origine analogue et le sel marin lui-même est souvent imprégné de ces subslances. Mais, indépendamment des plantes, les animaux marins ne pour- raient-ils concourir à la production delà matière mucilagineuse qui forme l'écume de la mer? On sait combien est visqueuse la surface du corps des poissons, des mollusques, des méduses, etc. Entre tous les animaux, souvent si abondants, qui peuplent le littoral : poissons, crustacés, mollusques, vers, cœlentérés et proto- zoaires, les mollusques méritent une place à part. Ces animaux pullulent sur le littoral et, de plus, le mucus que produit leur corps est particulièrement abondant. J'ai eu l'occasion de m'en rendre compte pendant divers séjours au bord de l'Océan, et spécialement à Ronces-les-Bains, près de La Tremblade (Charenle-Inférieure). Le rivage est en cet endroit extrêmement plat, si bien qu'à cha- que marée une bande large de plusieurs centaines de mètres se découvre pendant une ou plusieurs heures. Cette bande n'est sableuse qu'au début, elle passe bien vile à une vase molle à mesure qu'on s'éloigne du rivage. Dans cette vase vivent des mollusques du genre Carc/u<)», vulgairement appelés sourdons ( Carrfnnn edfif/e). Ils y sont tellement abondants qu'en enfonçant les mains au hasard on est sur d'en retirer une poignée de 5 à 10. On peut en faire une récolte énorme avec un simple râteau (2). On peut dire, sans crainte d'exagérer, que c'est par centaines de tonnes que le sourdon est répandu le long de cette région delà cote. Eh bien! il est facile d'observer que cet animal produit sans cesse un mucus qui rend l'eau écumeuse. Au moment oi^i la mer se met à remonter, les vagues, sur cette plaine vaseuse à pente presque insensible, arrivent sous une très (1) Renseignement fourni par M. Barrère, membre de la Société Linnéenne, à la séance. (2) Celle abondance est si grande qu'un professeur, nouveau venu sur celle côte, crut tout d'abord qu'il était tombé sur une cachette où des pécheurs avaient amassé leurs récoltes. XLIX faible épaisseur. Chacune s'étend en large nappe qui recouvre brus- quement, une bande de vase jusque-là découverte et puis se retire, la laissant de nouveau à sec. A l'arrivée de ce premier flot, la multi- tude des trous de sourdons se manifestent en un bouillonnement : de chaque trou qui se remplit il sort des bulles, et ces bulles forment un petit flocon d'écume grossière qui flotte d'abord, puis est laissé sur la vase. Ensuite, un nouveau flot arrive, il soulève ce menu flo- con et celui-ci, détaché du sol et aussitôt entraîné par le vent, s'en va glissant sur l'eau avec la multitude des flocons voisins. La surface entière des premières vagues de la marée est ainsi recouverte de flocons d'écume que le vent rassemble dans les creux du littoral en masses d'abord volumineuses, mais qui s'aff'aissent vite en devenant plus compactes. Finalement, mélangée aux mille débris (végétaux surtout) que le rivage reçoit sans cesse, cette écume est jetée à la côte et devient méconnaissable en se desséchant. Je n'ai pas poursuivi ces observations qu'il serait sans doute facile de multiplier et d'étendre, peut-être en particulier aux crustacés et aux autres animaux de la plage. Mécanisme de la formation de V écume. — Toutes les fois que l'eau contient en dissolution des substances capables d'abaisser la tension superficielle, ces substances s'accumulent à la surface (1); c'est le cas des substances mucilagineuses et de toutes les substances capa- bles de faire mousser l'eau. 11 peut même arriver que la substance se rassemble en une lame tout à fait solide ou seulement très vis- queuse, que l'on ne peut apercevoir à cause de sa grande minceur. C'est le cas, en particulier, pour les solutions d'albumine, de peptonè, de saponine, etc. Il paraît infiniment probable que la même chose a lieu pour l'eau de mer dans tous les cas où celle-ci produit de l'écume. Des obser- vations et des expériences demanderaient à être faites à ce sujet. J'ai constaté en tous cas, avec l'escargot vulgaire, cjue le mucus de cet animal s'étend, à la surface de l'eau libre, en un voile entière- ment solide et très élastique, quoique tout à fait invisible. D'autre part, quand on brasse avec de l'eau des mollusques ou des crustacés quelconques, moules [Mytilus edulis), sourdons (Carc^ntm edule), cre- vettes [Crangon viilgaris), etc., ces animaux rendent l'eau fortement (1) Rarnsden, l'roceedings of Ihe Roy. Soc, août 1903, p. 156; H. Devaux, Procès- verbaux de la Soc. des Se. pli. et nat. et de la Soc. Linnéenne de Bordeaux, 1903. Procès Verbaux 1907 4 mousseuse. Eu rapprochant ces faits de l'observation faite à Ronces - les-Bains, il ne parait pas douteux qu'on peut désigner, sans crainte d'erreur, le mucus des animaux marins comme origine, au moins partielle, de l'écume de la mer. Mais il est bien entendu et même probable que d'autres origines existent aussi. Séance du 3 juillet 1907. Présidence de M. Lamarque, vice-président. CORRESPONDANCE M. LE Président donne lecture : 1" d'une lettre de faire part du décès de M. Henri Jouan, membre correspondant de la Société ; 2°. d'une lettre de M. Nicola Pellati, directeur de la Carte géologique italienne ; 3° d'une invitation de la Société d'horticulture de la Haute- Garonne à l'occasion du prochain congrès des chrysanthémistes. PERSONNEL M. Sarry, présenté par MM. Motelay et Viguié, est élu membre titulaire de la Société. Séance du 17 juillet 1907. Présidence de M. Lamarque, vice-président. CORRESPONDANCE M. LE PRÉsmENT donne lecture d'une lettre de M. Sarry remer- ciant la Société de son élection en qualité de membre titulaire. COMMUNICATION Il est également donné lecture de la lettre suivante de M. Brown. LI Caudéran, 19 juillet 1907. Monsieur le Phésident, Je viens de lire le compte-rendu que M. Daydie a présenté, à la séance du 10 avril dernier, de la fête linnéenne de l'année dernière etm'empressed'apporterla contribution, le complément que M. Daydie réclame de moi, si je comprends bien. Les espèces que je puis ajouter à la lisle qu'il a remise et qui ne sont pas toutes des « micros», sont : Vanessa cardui dont plusieurs chenilles ont été trouvées sur les chardons ou Cirses et une sur Eryngium campeslre. Acronycta Rumicis dont une chenille a été trouvée sur la ronce. Acidalia margine punclala. — Un échantillon unique. Ennychia albofascialis. — Trois ou quatre chenilles ont été trou- vées; deux papillons sont éclos vers la mi-juillet. Blaslobasis phycidella. — Un sujet $ endormi sur une feuille, au pied d'un peuplier. Lithocolletis lautella. — Deux mines recueillies sur le chêne ont donné leurs papillons dans les tout premiers jours de juillet. Neplicula plagicolella. — Deux ou trois mines ont été observées, mais malheureusement déjà vides! Ornix torquillella. — Une chenille a été trouvée, dans une feuille repliée de « prunus spinosa ». Eriocephala paijkullella. — Une vingtaine d'échantillons de cette brillante petite espèce ont été recueillis, dans la matinée, en mon- tant la côte, au-dessus de l'église : quinze sur une fleur d'églan- tier. Enfin, les belles chenilles trouvées sur Verhascum floccosum, au haut de la côte, près du mur du cimetière, et qui étaient, à n'en pouvoir douter, des larves de Cucullia, appartenaient h deux espè- ces de ce genre : Cucullia verbasci dont plusieurs chenilles ont été recueillies et dont deux papillons me sont éclos vers la fin d'avril. Cucullia thapsiphaga dont vingt ou vingt-cinq chenilles, au bas mot, ont été rapportées (j'en avais six ou sept, pour ma part) et dont trois papillons me sont éclos entre le 17 et le 20 mai. Cette dernière espèce, la trouvaille la plus intéressante peut-être de la journée, n'est cependant pas tout à fait nouvelle pour nos environs ; le 18 juillet 1886, au Nizan, j'en avais déjà trouvé une douzaine et LU demi de chenilles sur Verhascum ihapsus, mais je confesse que je ne l'avais pas reconnue. Qu'il me soit permis, en terminant, de regretter et de signaler quelques petites « coquilles » typograpliiques qui se sont glissées dans la liste de M Daydie et qui ont échappé à la correction des épreuves : Ligne 4 (de la liste) au lieu d'Alraxas, il faut lire Abraxas. Ligne 12, au lieu de Leurosla schliegelielia, lire Pleurota schlœge- riella. Ligne 13, au lieu de Acophora, lire OEcophora. Agréez, Monsieur le Président, pour vous-même et pour tous mes collègues, l'assurance de mes meilleurs sentiments. Rob. Brown. J'oubliais de dire qu'étant retourné, le jeudi 28 juin, dans la même localité, j'y ai vu voler : Colias Edusa; Gonopteryx Rhamni; Gonopteryx Cleopatra (un mâle) ; ' Satyrus Circe (deux échantillons magnifiques; des cf ?) Vanessa atalanta; Vanessa lo (un échantillon petit, mais frais); j'en ai vu un deuxième échantillon remarquablement grand et beau, le 21 juillet suivant, peut-être aussi un échantillon de Lycaena Arion? Et ai rap- porté un fourreau de Psyché hirsulella. R. B. Note sur la toxicité expérimentale des benzines et sur les modifica- tions qu'elles impriment à l'état du sang chez le cobaye, le lapin et le chien. Par MM. J. Sabrazès, L. Muratet et J. Pajaud. L'industrie utilise couramment la benzine. Il importe donc d'être fixé sur la toxicité de ce produit. Il est en efTet si volatil qu'on ne peut le manipuler sans l'absorber par inhalation. Or, quand on com- pulse les traités de toxicologie, on y trouve quelques renseignements sur l'empoisonnement par la benzine prise à l'intérieur, mais très peu d'indications sur le danger de l'inhalation de ses vapeurs, sur- tout dans le domaine expérimental. On cite quelques cas d'ivresse LUI benzinique, d'éruptions professionnelles, imputables plutôt aux impuretés de la benzine, mais il n'est pas question des désordres analomiques et du mécanisme des accidents. Expérimentalement on a fait quelques recherches sur les troubles dans la composition du sang, provoqués chez les animaux par la respiration d'une atmos- phère saturée de benzine ou de produits analogues. Récemment Langlois et Desbouis (1) concluaient d'essais de ce genre à une action polyglobulisante non par simple vaso-dilalation ou concentration du sang, mais par hyperfonctionnement des organes hématopoïétiques. A vrai dire, malgré le titre de leur travail, ces observateurs ont opéré avec des produits complexes (moto-naphta, benzol, toluène, xylol etc., etc.,) et il est difficile de savoir quelle est la part qui revient à l'uneou àl'autre des substances qui entrentdansla composition de ces produits commerciaux. Nous avons choisi, pour noire part, comme objet d'étude, l'action de la benzine pure sans thiophène sur le cobaye, le lapin et le chien. Nous n'insisterons pas sur le dispositif expérimental. Nous ren- voyons à la thèse de l'un de nous (2). Le cobaye et le lapin réagissent de la même façon. Les séances d'inhalation provoquent les troubles suivants : agitation, dyspnée, tachycardie, miction abondante, obnu- bilation, perte de l'équilibre, hyperesthésie, crises convulsives, poly- urie avec glycosurie transitoire, diarrhée, cris plaintifs, anémie profonde, coma et mort. Si on soustrait les animaux à l'influence du toxique alors qu'ils sont à la phase de convulsions ou même de début de coma, on les voit au bout d'une demi-heure à une heure, sortir de leur torpeur et reprendre leur aspect normal. Mais on ne saurait reproduire impu- nément ce tableau pathologique un nombre illimité de fois. Nous avons vu deux cobayes succomber l'un à sept, l'autre à douze séances d'une à deux heures, quotidiennes ou presque. Un lapin s'est montré plus résistant. Il a supporté, non sans dom- mage, trente-trois séances, et a perdu 530 grammes. Son poids ini- (1) J. P. Langlois et G. Desbouis, Des effets des vapeurs hydrocarbonées sur le sang (benzine et polyglobulie). Journal de physiologie et de pathologie générale, A. IX, n. 2, 15 mars 1907, (2) J. Pajaud, Contrihiilion à l'élude pharmacologiqiie et loxicologique des benzi- nes, leur action sur les rapports réciproques des éléments du sang et sur divers or- ganes. Thèse, Bordeaux, 1907. Cette thèse a été faite au laboratoire des cliniques sous la direction et avec la collaboration de MM. J. Sabrazès et L. Muratet. LIV tial était de 3 kil. 580. Il a continué à maigrir depuis l'interruption des séances; à la date du 13 juillet la perte de poids se chiffrait par 1 kil. 300. De plus, l'animal traîne le train postérieur. Que devient le sang des animaux intoxiqués? Les animaux peu résistants, comme le cobaye, ont une leucocytose avec polynucléose. Pas d'hématies à granulations basophiles, pas de réaction normoblastique. Le lapin a une anémie progressive, de la leucocytose, de la polynucléose; lorsque les hématies ne dépassent pas 4.000.000, lorsque la perte en hémoglobine se chiffre par plus de 11 p. 100, des normoblastes passent dans la circulation générale, leur nombre peut atteindre 2.762 par millimètre cube. On note aussi des poïkilocytes et des hématies polychromatophiies. Pas d'hématies cl granulations basophiles. Que se passe-t-il quand on injecte de la benzine sous la peau? Un centimètre cube de benzine cristallisable injecté à cinq reprises au cobaye, dans un laps de temps d'un mois, n'a pas suscité de forma- tion d'abcès. Dans le sang, il y a eu exagération de la polychroma- fophilie et un plus grand nombre d'hématies à granulations baso- philes avec anémie considérable portant sur l'hémoglobine et le nombre des globules rouges. L'anémie, la réaction normoblastique et le nombre des hématies à granulations basophiles n'ont pas aug- menté proportionnellement au nombre des injections. Ce cobaye n'a pas succombé. Il pesait 310 grammes au moment de l'expérience, et, à la tîn, il pesait 300 grammes. Un cobaye de 347 grammes reçoit un centimètre cube de benzine sans thiophène. 11 succombe dans les vingt-quatre heures. Le liquide péritonéal contient des gouttelettes de benzine; moelle, foie, reins, intestins sont énormément congestionnés. L'injection de benzine sans thiophène à deux chiens n'a pas déterminé de suppuration. Ainsi, à l'encontre de l'essence de térébenthine, les diverses ben- zines sont impuissantes à provoquer des suppurations. D'autres hydrocarbures complexes, par exemple le moto-naphta, suscitent du tremblement et des phénomènes toxiques avec conges- tion intense, nécrose diffuse, vacuolisation du foie. Les phénomènes congestifs très marqués dans les reins s'accompagnent d'une réaction fibroplastique intertubulaire. Le pancréas est partie prenante dans la congestion. Les troubles vaso-moteurs expliquent les résultats variables de l'examen du sang. Chez deux cobayes, il y eut hyper- LV globulie, hyperchromémie, leucocytose et polynucléose ; chez un troisième, l'expérience poussée plus loin provoquait des crises de tremblement avec hyperesthésie, de la tachycardie, de la salivation, de l'éjaculation. Les crises allaient jusqu'à l'opisthotonos avec chute sur un côté du corps, avec hyperesthésie très marquée. Des séances répétées quotidiennement, du 11 juin au P^ juillet, ont entraîné une baisse de poids avec anémie, mais l'animal a survécu. Ces expériences montrent que tous ces produits industriels injectés ou inhalés exercent sur le système nerveux une action puissante qui varie avec les doses et le nombre des séances. Les symptômes sont d'abord des phénomènes d'excitation : convulsions, tachycardie, dyspnée, miction, spermatorrhée, hyperesthésie de tous les sens pendant la crise. Dans tous les organes, on note des ectasies vasculaires. Nous les avons constatées, de plus, dans le revêtement cutané chez le lapin. Dans l'intervalle des séances d'inhalation, l'animal reste dans la stu- peur. L'intoxication se prolonge-t-elle, un état comateux termine la scène. Malgré les vaso-dilatations périphériques, ce n'est pas l'hyperglo- bulie qui est la règle, mais l'anémie progressive. L'assertion formu- lée en 1873, sans preuve, par Quinquaud, à savoir que la benzine était anémiante, est démontrée par nos constatations. Les résultats de MM. Langlois et Desbouis ne s'opposent pas aux nôtres. En effet, ces auteurs, malgré le titre de leur travail, n'ont pas opéré comme nous avec de la benzine pure contenant ou non du Ihiophène. Leurs essais ont porté sur des hydrocarbures divers : benzol, xylol, toluène, moto-naphta. Ce dernier, par exemple, n'est pas une benzine pro- prement dite, mais une benzine de pétrole. Dans nos recherches de contrôle sur l'action du moto-naphta, la polyglobulie s'est manifestée parfois, mais elle est loin d'être un symptôme constant de l'intoxica- tion. Nous attribuons à la stase vasculaire plus ou moins marquée, suivant le moment de la prise de sang, les oscillations dans le nom- bre des globules. D'ores et déjà, il ressort de nos expériences que tous ces produits, d'un emploi industriel courant, sont toxiques en inhalation et peu- vent troubler profondément le fonctionnement du foie, des reins et du système nerveux. LVI M. A. Bardié lit une noie sur le Ceris Monspeliensis. Autre note du même sur sept orchidées recueillies par lui à Léo- gnan et sur le Tetragonolobus. La Société désigne, sur sa demande, M. Baidié, comme délégué à la Société d'Archéologie qui doit tenir sa réunion générale à Aulun. Séance du 7 août 1907. Présidence de M. Gouin, trésorier CORnESPONDANCE Lecture est donnée du programme établi pour le Congrès des Sociétés savantes k la Sorbonne qui doit avoir lieu en 1908. COMMUNICATIONS Sur quelques lépidoptères nouveaux ou peu coinn.uns de la faune girondine. Par M. Daydie. Dans la séance du 17 juillet dernier, mon honorable collègue, M. Brown, dans une note rectificative et complémentaire donnée à propos de l'excursion du 24 juin 1906 à Langoiran, a dit avoir eu plusieurs éclosions de Cucullia Thapsiphaga Tr. provenant de che-. nilles trouvées dans la localité ci-dessus désignée en face de la porte du cimetière. Je dois ajouter qu'ayant élevé moi-même plusieurs chenilles de la même provenance, j'ai obtenu un certain nombre de cocons qui ne m'ont malheureusement donné que deux insectes parfaits de cette Cucullia peu commune dans la région. Mes éclosions ont eu lieu dans les derniers jours de moi dernier. Je viens aussi faire part de la trouvaille inespérée que j'ai eu le Lvn bonheur de faire celte année le 23 juin h Saint-Emilion, non loin de la ville, le jour de noire fête linnéenne. Il s'agit d'une pièce toujours rare même dans les régions où elle a depuis longtemps été rencontrée. C'est un mâle de Smerinthus Qucrcus S. V., ce grand et beau spbinx. D'après les collectionneurs, il ne se rencontre qu'exceptionnelle- ment dans les départements avoisinant. C'est ainsi que M. Delamain l'a capturé à Jarnac; M. Dupuy l'indi- que comme très rare dans la Charente; il a aussi été pris par M. de Chaudordy, dans le Lot-et-Garonne, mais toujours rarement et k de longs intervalles. Jusqu'ici, du moins à ma connaissance, il n'avait pas encore été trouvé dans la Gironde. Je dois cependant ajouter que M. Brovvn, dans une note parue aux procès-verbaux, séance du 22 octobre 1902, croit avoir trouvé à Toc- toucau, sur le chêne pédoncule, une jeune chenille malheureusement blessée, de ce smerinthe ; chenille qui n'a pas vécu. Je suis heureux de pouvoir apporter la contribution de ce beau lépidoptère à la liste déjà si riche des papillons de notre départe- ment. f^e hasard seul, d'ailleurs, a lieu d'être loué en cette circonstance, car j'étais loin de m'atlendre à cette intéressante capture. Je profite de l'occasion pour citer quelques pièces qui n'ont pas encore été signalées comme girondines ou qui n'ont pas été prises communément. Cette énumération n'a d'ailleurs d'autre but que de faire connaître à mes collègues en entomologie des localités nouvelles où ils sont susceptibles de rencontrer les espèces indiquées. Je nomme tout d'abord deux exemplaires de Actenia Brunnealis Tr. Soulac, août 1904, qui n'a pas encore été donnée comme giron- dine bien que mon excellent collègue, M. Gouin, en ait lui-même pris un exemplaire à Soulac même, en août 1900. Zanclognalha einorlualis S. et D. Pessac, 30 août 1903. Cette espèce n'a encore été signalée qu'avec doute (?) par MM. Breignet et Brown dans leur «Contribution à la Faune des Lépidoptères du Sud- Ouest » comme ayant été prise à Villeneuve par M. l'abbé Mège. Un sujet de Colias edusa F. que l'on peut sans erreur rapporter à l'ab. Pijrenaica Grunnn-Grshimaïlo (Catalogue de Sfaundinger, 1901) dnplo minor, pris à Pessac, le 25 août 1897. LVIII Dans cet individu, la bande noire des ailes inférieures, au lieu de former une bande continue dans sa largeur, est comme interrompue vers les deux tiers à partir du haut et se prolonge simplement par une série de petits points noirs parfaitement délimités. Un exemplaire de Pieris var. napea? Esp. ah intermedia Kndikoivsky (Cat. de Staundinger, 1901) transitus ad bryoniêc, Pessac, 18 juin 1897. Ennijchia. 8 maculala F. var. 4 maculala (species nova) qui sera plus tard décrit et figuré. Un exemplaire Soulac, août 1904. (Les Annales de la Société entomologique de Belgique, année 1863, ont décrit une variété 6-macul,ata). Depuis plusieurs années, M. Gouin prend au Verdonet à la Pointe- de-Grave Heliolhis maritima Graslin, qui n'a pas été signalée, que je sache, de notre région. J'ai moi-même capturé celle pièce au même endroit et je profile de cette note pour indiquer celte espèce qui augmente encore le nombre des espèces girondines. Celte Heliolhis volète parmi les salicornes dans les marécages qui bordent le littoral soit à la Pointe-de-Grave, soit au Yerdon. J'ai capturé en 1902, les 7 et 15 juin, à Pessac, au lieu dit Sardines, dans la propriété de M. Glady, 63 sesies semblables, qui n'ont pas encore été déterminées de façon précise. Est-ce Affinis Stgr.? Est-ce Aerifrons Z.? L'année suivante je n'en ai trouvé qu'une, l'endroit ayant été défriché dans sa plus grande partie. Puis en 1906, chas- sant dans les environs du même lieu et à la même époque, j'ai cap- turé (à environ 500 mètres) une quinzaine d'individus de la même espèce, en fauchant les graminées très abondantes à cette place. Relâché, un insecle ne volait jamais à plus de 2 à 3 mètres et se reposait à nouveau. N'ayant pu celleannée y retourner à cette date, j'ignore si cette espèce y est loujours aussi abondante. Quand la détermination de cette espèce sera bien certaine, j'y reviendrai. Epineuromia popularis F. (Heliophobus Loin esp.), trois exem- plaires, Taussat, septembre 1899. Zanclognaiha tarsicrinalis Un.^ deux individus, Pessac. Epione apiciara S. V., un individu, Pessac, août. Acidalia straminata Tr., un individu, Saint-Mariens. M. Gouin en a lui-même rapporté un exemplaire de cette même localité. Aleucis piclaria Curt [Bapta pictaria Curt), quatre individus d'Eysines, avril 1901, en battant un amas de bois mort. Diasticlis [tephrina) aiiesiara F., Soulac, 1904, trois individus. LIX Aspilnles strigillaria Hb, trois individus, Fargiies, en mai. Aspilales gilvaria '^.\ ., Sainle-Foy-la-Grande, quatre ou cinq indi- vidus. M. Gouin en a pris également deux, l'un à Gabaret, l'autre k Eysines. Phibalaplenjx vilalbala Hb, trois individus, Pessac, Saint-Augus- tin. Phihalaplenjx pobjgrammala Btli. Assez commun à Soiilac en août. M. DoiNET entretient la Société d'une espèce de plante nouvelle, hybride obtenue par ie croisement d'un lys et d'une orchidée. M. le Secrétaihe généhal donne le compte rendu de l'excursion faite par la Société aux Eaux-Chaudes. Excursion aux Eaux-Chaudes. La Société Linnéenne, sorlant du cadre habituel de son pro- gramme qui comporte des excursions dans le département, a, cette année, inauguré une sortie lointaine. Sur l'initialive de son vice- président, le docteur Henri Lamarque, l'excursion a été faite dans la vallée de Laruns, aux Eaux-Cliaudes. Rappelons que déjà, grâce à l'aïuabilité de notre collègue M. Pitard, bon nombre de Linnéens avaient pu, il y a quelques années, admir.n- la faune et la flore de cette région pyrénéenne. Un programme des plus attrayants et qui certes, dans la suite, ne nous a point laissé la moindre désillusion, avait été soumis et avait pu réunir un nombre imposant d'adhésions. C'est en effet au nombre de vingt-cinq que le samedi 18 mai nous prenions d'assaut les compartiments réservés pour la Société. M. Motelay, toujours premier au bon exemple, avait tenu à cœur de remplacer notre sym- pathique président, que des raisons, certes valables, retenaient dans sa famille. Le docteur Lamarque, organisateur de la caravane, pré- sidait à son installation et donnait à tous la meilleure note d'entrain et de gaieté. Avec lui se groupaient les autres membres de la Société et les invités, pour citer : MM. Breignet, Deserces, Gouin, Llaguet, D^' Benech, Propin, Spilère, Raoul Lataste, D"" Teulières, Puyhaubert, Brun, Arlo, Couteau, Sengès, Cruchet, Bernardeau, Canuyt, M"''' Du- hamel, Douzal, Kozmine, Marcis et Saulnier. Inutile de dire la gaieté toute gauloise et bien linnéenne qui ne cessa de régner depuis le moment du départ jusqu'à celui de notre LX descente en gare de Pau. Déjà il était dix heures, et, malgré le pro- gramnne très chargé du lendemain, une visite dans la ville fut cependant décidée; c'est dans le dédale des rues sombres, puis par le boulevard des Pyrénées que l'on se rendit au Palmarium où une séance de cinématographe retint quelques instants notre bienveillante attention. Minuit allait sonner, et la gent raisonnable organisa la retraite. Le lendemain, Fangélus nous trouva tous éveillés, dispos et déjà rassemblés pour le départ. A la gare, nous attendait une agréable surprise ou, pour mieux dire, un agréable compagnon, M. Neyraud, qui, de nuit, était venu grossir la caravane, porter k la cohorte avide de voir et d'apprendre, son concours de botaniste éclairé. A toute la vitesse du train sur cette ligne, c'est-à-dire assez len- tement, nous sommes transportés à travers les vallées de la Nez et d'Ossau, franchissant rampes et tunnels, traversant les stations de Buzy, Arudy, Izerle, Bielle et Pont de Béon, non sans admi- rer un vieux pont et le défilé pittoresque des petits pics couronnés d'église et de châteaux. La vallée se rétrécit, la montagne plus haute semble nous cerner : nous sommes à Larims. Les voitures sont là et aussitôt nous emportent. Je ne peux passer sous silence l'émotion que produisit sur les habitants de cette loca- lité la série de nos cinq véhicules garnis d'excursionnistes, de boîtes et d'appareils, non plus celle que fit sur nous la vue de quelques Ossaloises sous leurs atours particuliers et pittoresques. Après avoir franchi la route en serpentin et abandonné à gauche la direction d'Eaux-Bonnes, nous arrivons entre deux énormes murailles de granit taillées à pic et tout humides, sur la pente du gouffre, au défilé du Houral. C'est merveilleux, sauvage, diabolique! Le torrent bouillonne, mugit au fond de celte crevasse semblant encore réclamer de nou- velles victimes. Les cœurs sont élreintspar ce spectacle et, la curiosité l'emportant, c'est déjà là que commencent l'excursion, une descente sur les bords du torrent, et la récolte des scolopendres et des fou- gères, que se manifeste aussi pour quelques-uns le désir de fLxer sur le cliché l'impression contemplative de cette nature en furie. Quelques minutes et nous voilà franchissant le pont lancé sur cet abîme, puis peu à peu, dans la vallée plus large, par cette belle route toujours côtoyant le gave, nous apercevons enfin un clocher, des maisons : c'est Eaux-Chaudes. LXI Si dans la vallée nous avons été émus parle spectacle du gouflVe, ici nous le sommes par la réception toute cordiale que nous a réservée l'organisateur de l'excursion. L'établissement thermal tout entier est à notre disposition, et c'est dans pas moins de vingt-deux chambres que nous pouvons nous installer, j'allais dire nous délas- ser; profitons de la circonstance pour rappeler que ce sont nos deux collègues, MM. les D" Lamarque et Peytoureau, qui sont les direc- teurs de cette belle station. Après l'achat do cannes, de flûtes de Pan, d'espadrilles même, la vaillante caravane prend place dans les voitures et se laisse emporter sur la route de Gabas. Nous traversons le pont d'Enfer el, toujours longeant les rives du gave, nous suivons la route dominée par de hautes montagnes aux flancs boisés et de l'aspect le plus sauvage. Nous pou- vons reconnaître en passant des touffes de jusquiame, de véritables buissons de belladone, quelques pieds de digitale et admirer sur les pentes de la vallée les sèves les plus diverses avec les feuillages aux nuances les plus belles et les plus variées. Après un petit arrêt dans une vieille chapelle établie là, rappelle une inscription, depuis 1572, nous arrivons à Gabas, dans la cour d'honneur de l' Hôtel des Voyageurs où s'établit notre première station. C'est le moment du repos et du repas. Par groupes ou mieux un peu par âge les tables s'organisent; la jeunesse a tôt fait de mettre à découvert les victuailles et tous, à l'unisson, prenons le plus gaiement des forces de réserve pour la suite de l'excursion. M. Motelay, notre doyen, toujours aussi vert que le plus jeune arbrisseau de la bande, exprime en termes chaleureux le bonheur qu'il éprouve à se voir entouré de si gaie société. M. Puyhau- bert, au nom des jeunes et, dit-il, particulièrement au nom des invités, remercie le président et adresse pour tous des félicitations bien sincères à M. Lamarque. Celui-ci ne peut manquer de répondre à de si vibrantes paroles et exprime sa profonde satisfaction de voir avec quel empressement Linnéens et Naturalistes ont répondu à son appel. De multiples bravos soulignent ces phases oratoires. Le café a été versé, les forces sont plus vives et, c'est après la distribu- tion des cannes à bout ferré, que l'on s'achemine vers la route de Bious-Artigues. Le dernier des postes douaniers français vient d'être dépassé et la route rocailleuse longe toujours le gave. Nous traversons trois ponts de neige encore couverts des débris de l'avalanche, gravissons les rochers de schistes et de calcaires, récoltant de ci de là des digitales LXII et, après une heure et demie de marche, nous arrivons enfin sur le Plateau de Bious-Artigues. Le spectacle est alors merveilleux. Par un beau ciel découvei^, le pic du Midi d'Ossau nous apparaît dans toute son imposante majesté; isolé, la neige couvrant le reste delà montagne, il domine avec ses deux crêtes les épaisses forêts de sapins qui entourent sa base. C'est sur le plateau même que le cliché fidèle nous conservera le souvenir de ce beau moment d'émotion. L'heure s'avance et après une descente rapide à Gabas nous som- mes transportés en voiture jusqu'à l'entrée du Val de Bitel. Par un sentier caillouteux, sur plusieurs centaines de mètres, à travers les mousses et les cliênes séculaires, nous montons le col d'Isey et descendons ensuite dans la vallée. Après bien des péripéties, nous arrivons au bord du goutïre que M. Lamarque a découvert et dont la description a été donnée aux travaux de la Société. Le spectacle impressionnant surpasse tout ce que l'imagination peut concevoir. C'est sur un pont fait de troncs d'arbres et jeté sur les parois à pic de cette fissure monstrueuse que nous pouvons admirer la cas- cade de trente mètres tombant dans un trou de plus de soixante; l'émotion est poignante et le bruit assourdissant de la chute resserre tous les cœurs. On ne saurait s'arracher à ce charme pénétrant et suggestif, et cependant la nuit semble vouloir déjà nous surpren- dre. Dans les bois, par les sentiers (leuris, émaillés de fraises et de violettes, la descente s'opère hâtivement, sans encombre mais non sans effroi pour les salamandres timides qui garnissent le chemin. L'heure du dîner est sonnée depuis longtemps, l'appétit aiguisé par cette journée de marche à travers la montagne n'a encore perdu aucun de ses droits. La fatigue, d'ailleurs manifeste pour quelques- uns, semble complètement dissipée si l'on doit en juger par la soirée toute de famille à laquelle chacun a pris une large part dans la salle du casino. 11 est déjà onze heures, et, quelques minutes après, lumières et sons musicaux éteints, tout rentre dans le calme, à l'exception cepen- dant du gave qui roule et gronde toujours, berçant par la monoto- nie bruyante de ses chutes le sommeil des plus endurcis. C'est à 6 heures qu'un veilleur inexorable sonne le branle-le-bas et qu'un moment après sera donné le signal du départ pour la grotte. Dans l'attente, quelques membres du groupe ont pu prendre des bains aux sources du Rey et dans la piscine du Clôt. Une visite, trop hâtive à notre gré, de l'établissement, nous a permis cependant de LXTII voir son inslallalion réellement remarquable. C'est la source de l'Esquirelte, joyau de la station, qui déverse directemeut son eau bienfaisante dans les baignoires; en face, les bains du Rey; dans un hémicycle ceux du Clôt avec la piscine; et enfin dans la partie médiane, le pavillon des douches nouvellement édifié avec tout le confort moderne. La dégustation des diverses sources n'a pas été une des parties les moins intéressantes, les eaux de Baudot, de Larressec ont été largement mises à contribution. Nos préférences se portent naturellement vers la source de Minvielle où l'eau, lim- pide et fraîche, à peine sulfurée à l'émergence, est des plus agréa- bles, où enfin dans les réservoirs, nous pouvons à l'aise cueillir les sulfuraires gluantes et nacrées. A 8 heures, le rassemblement est sonné. Guides en tête portant capuchons et accessoires d'éclairage, nous nous mettons en route. Passant devant la promenade Minvielle où l'on peut constater que le thermomètre marque seulement un degré, nous suivons un sentier rocailleux et arrivons à un plateau d'où la vue peut s'étendre sur le pont d'Enfer, la route de Gabas, le fertile et coquet village de Goust où la vie est si calme, nous est il-dit, que, suivant la légende, les habi- tants y meurent tous centenaires. Les torrents, les ponts se succè- dent, et gaiement est gravi le chemin du Gourzy. Les sentiers sont parsemés de fleurs variées et remarquables; les mousses humides et chevelues tapissent les bosquets abrités; quelques morilles timides sortent d'entre les vieilles et vermoulues racines. L'ascension gra- duellement se poursuit, graduellement aussi augmente le charme pénétrant de cette belle nature. Mais voici un tournant, la végétation cesse, des rochers apparaissent, et tout au bout se montre une toi- ture : c'est l'hermitage de la grotte. Après une halte de quelques minutes et l'endossement de chauds capuchons, on se lance à la conquête des ténèbres. Que dire alors de l'impression saisissante qui étreint encore tous les cœurs? C'est sur une passerelle de bois, jetée par dessus le torrent et cela pendant près d'un demi-kilomètre, que nous nous profilons à la file indienne, éclairés seulement par la lueur blafarde des lampes que portent les guides. Une plate-forme arrête la caravane et permet de contempler la sauvage beauté de la cascade souterraine qu'illuminent des feux de bengale vert et rouge, placés sur les rochers. L'eau bouillonnante bondit dans la profondeur de la crevasse, les stalactites scintillent sur ses flancs et des myriades de clartés étincellent sur l'immensité LXIV des voûtes ; le spectacle est ravissant. Il faut s'en retourner; nos yeux ne peuvent qu'avec peine s'arraclier au mirage, nos oreilles difficilement perdent la sensation assourdissante de cette bruyante nalvre ; une lueur blanche paraît, l'air chaud vient fouetter nos visa- ges, nous sommes sortis de la caverne. Parla route bien ensoleillée le retour s'effectue, la descente est rapide et une demi-heure après notre départ de la grotte, nous nous trouvons rassemblés devant l'hôtel Henri IV. Bonheur, i-econnaissance se reflètent sur tous les visages et le repas, très animé, se poursuit ainsi gaiement jusqu'au moment où M. Lamarque, en termes émus par la chaude manifestation de notre joie, remercie de l'entrain porté à toute l'excursion. Votre secrétaire, d'une voix, non plus émue mais certes plus éteinte, présente les adieux qu'ont voulu adresser par l'intermédiaire de M. Gouin les Pyrénéistes du Lavedan, il ne peut que l'appeler la satisfaction de tous et, au nom de la Société Linnéenne, remercie les invités qui, charmants et nombreux, sont venus se joindre à ses membres. M. le D'' Benech, en fin diseur, nous fait goûter le charme d'une parole magistrale; c'est à son collègue et ami que s'adressent les éloges, c'est à la Société tout entière que se porte sa reconnais- sance. M"'' Duhamel vient enfin nous pénétrer du charme de sa voix, et, au nom des jeunes filles excursionnistes, redit toute l'admiration que leur ont procurée ces deux belles journées. Des bans et doubles bans clôturent ces chaleureux discours; dans les douces fumées du café et de quelques bons cigares, on laisse s'écouler les quelques minutes qui nous séparent du moment du départ. Bientôt les grelots de l'équipage emportant les paquets et les plantes tintent à nos oreilles et nous, cannes en main, toujours aler- tes, quittant l'avenue Henri IV, repassons devant l'Établissement des Eaux-Chaudes, mais cette fois pour le retour. C'est par la vieille rou.te qui prend à gauche et que du pont l'on aperçoit là-haut enserrée entre deux murailles rocheuses que nous allons nous rendre dans la vallée. Si, dans le bas nous avons eu à notre arrivée un spectacle magique et le bruit assourdissant d'un torrent en furie, ici, nous trouvons le plus grand calme et avons l'impression angoissante de ce que fut, sur cette pente fatale, la chute d'une diligence il y a quelque trente ans; avec respect l'on se signe devant la chapelle commémorative, avec soulagement nous traversons à la hâte cette gorge étroite que domine sur un côté la statue prolectrice d'une Vierge. Au pied du Pic du Midi Plateau de Bious-Artigues (1,550'"), 19 mai Jklw du W II. l.;Mii,nviu Cliché uu D'' H. Laiiibirque Au moment du retour Quai de la gare à Laruns, 20 mai Excursion aux Eaux- Chaudes, 19-20 mai 1907 LXV Ce défilé rocailleux est à peine fran-chi que déjà nous apercevons plus bas, à quelques centaines de mètres, des carrés de champs cul- tivés; au tournant, la ligne blanche et sinueuse de la route; un peu plus loin, des toitures; enfin, à l'horizon, des arbres, de la fumée et la gare de f^aruns. Le chemin est vite parcouru, hâtivement la ville est traversée et un quart d'heure à peine après notre sortie de la montagne nous sommes, avec armes et bagages, rassemblés sur le quai. La bonté de M. Lamarque nous réserve ici la dernière surprise et sur le cliché il veut bien fixer une fois de plus le souvenir de celte bonne équipée. Des serrements de main lui expriment notre profonde gratitude, des promesses de retour lui confirment notre grande satisfaction. C'est enfin le moment des adieux. Déjà le train est là, il siffie, il s'élance et nous remporte dans la vallée, encore tout émus, ravis de cette excursion magnifique, intéressante et on ne peut plus agréable. Chacun est maintenant rentré dans son home familial et c'est au moment de défaire les boîtes, de déballer les paquets, qu'il nous est permis tout à Taise de nous rendre un compte assez exact de ce qu'a été notre récolte. Aussi heureuse que variée dans les trois règnes de la nature, avec des roches pour nos géologues, des salamandres, des insectes, de belles variétés d'hélix et aussi quelques beaux, mais trop rares spécimens de truites saumonées, pour nos zoologues et biologues, j'allais dire nos fins gourmets, il faut reconnaître qu'elle a été surtout très fructueuse pour les botanistes. Nous prenons donc la gerbe et nous ne pouvons faire de moins que de la dénouer pour donner le nom de quelques intéressantes espèces rencontrées sur la montagne et dans la vallée. Ranonculus nemorosus D. C. Anémone nemorosa L. — hepatica. Hellehorus viridis. — fselidas L. Aquilegia vulgaris L. Meconopsis cambrica Viguier (non fleuri). Erucastrum obtusangulum Lois. Diplotaxis erucastrum G. G. Arabis alpina L. . Procès Verbaux 1907 5 LXVI Denlara digilala Lamk. Kernera saxaUlis Reicli. Draba verna h. Biscutella laevigata L. Hulchinsia alpina R. kv. Polygala depressa Wend. Stellaria holostea L. a genuina Rouy. Cerastium tetrandrum Curt., var. alsinoïdes (Pers.) Rouy et Fouc. Cerastium arvense L. Oxalis acetosella L, Genisla hispanica L. var. G. occidentalis Rouy. Amelanchie vulgaris Mœnch. Saxifraga hirsuta L. — granulata L. — tridactylites L. — aizoon I.. Chrysosplenium oppositifoliimi L. Samhucus racemosa L. Lonicera xylosteum L. Asperula odorata L. Valeriana montana L. (à peine en fleur). Crépis taraxacifolia Thuill. Erica decipiens S. Am. (non fleuri). Pinguicula grandiflora Lamk. Primula officinalis Jacq. — elatior Jacq. Pulmonaria tuberosa Schrank a ovalifolia Bast. Atropa belladona L. (non fleuri). Scrophularia canina L. Erinus alpinus L. Globularia nudicaulis L. Daphne laureola L. Mercurialis perennis L. Buxus sempervirens L. Salix incana Schrank. — aurita L. Populus tremula L. Asphodelus albus Willd. Cystopteris fragilis Bernh, LXVII Polypodium Dryopleris L. Luzula silvatica Gaiid. Poa bulbosa L. Sesleria cœndea Ard. Digitalis purpurea . Hyosciatnm niger. Séance du 23 octobre 1907. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. k CORRESPONDANCE 11 est donné lecture : 1° d'une lettre d'invitation de la Société des Sciences historiques et naturelles de Semur. 2° D'un rapport sur la seconde expédition arctique norwégienne. COMMUNICATION Faunules hémiptérologiques. Par M. Maurice Lambertie. Dans quelques excursions faites cette année au Haillan, Gajac et Cazaux-Lac, j'ai capturé plusieurs bonnes espèces de Coléoptères et d'Hémiptères, et parmi ces derniers, plusieurs espèces nouvelles pour le département. Ce sont : Cicadula cyanae Bon. (^ p Espèce nouvelle pour la Gironde, prise sur le Potamogeton dans la jalle de Gajac, où elle est très commune par endroit sous ses trois formes [larve, nymphe et adulle)^ mais toujours loin des bords de la jalle, ce qui nécessite l'emploi d'un bateau pour sa capture; elle abonde surtout en septembre (S'' quinzaine), dans la partie de la jalle comprise entre la poudrerie et le moulin en bordure sur la route de Saint-Médard-eu-Jalles, et est très difficile à capturer étant d'une agilité extraordinaire. Ommatidiotus dissimilis Pall. Dans un compte rendu fait à la Société Linnéenne, j'indiquais cette espèce comme ayant été prise sur la bruyère; en septembre dernier, k LXVIII je l'ai caplLU'éo en nombre au Ilaillan en filochant dans une prairie où les lierbes étaient à moitié desséchées. Agallia Antoniae Mel. çf p Capturée pour la première fois dans la Gironde, est assez com- mune par place, dans les bois de pins et chênes à Gajac et au Haillan et exclusivement sur les genêts à balais à hautes tiges. Helicoptera marginicoilis Spin. Prise à Cazaux-Lac, en juillet, sur Taulne. Ces diverses espèces ont été révisées par notre collègue le D'' Mé- lichar, de Wien. Dans une prochaine communication, je compléterai cette liste et y joindrai celle des Coléoptères intéressants pour la région. M. Barrère expose la remarque qu'il a faite, le 12 septembre der- nier, aux environs de Blaye, de pommiers en pleine floraison. M. LE Président fait observer que les marronniers étaient également à cette époque couverts de fleurs et croit pouvoir attribuer ce phé- nomène à une influence climatérique spéciale pour l'année. M. Barrère indique que la floraison tardive de ces pommiers a été observée par lui et au même lieu depuis déjà plusieurs années. Il se réserve d'étudier les conditions spéciales dans lesquelles ce fait a pu se produire. M. Lambertie présente un « Cyperus » recueilli à Gajac et qu'après examen M. Bardié détermine comme étant le « Cyperus vegetus ». A l'occasion de la reprise de ses séances, M. le Président exprime à la Société son désir de voir s'accroître le nombre des travaux de tous ses membres afin qu'elle garde, dans la ruche scientifique, le rang si digne qu'elle a toujours occupé. Séance du 6 novembre 1907. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. CORRESPONDANCE M. le Phéstûent fait part du décès de M. H. Arnaud, membre cor- respondant de la Société depuis de nombreuses années. Avocat dans LXIX ses débuts, il fit ensuite partie de la magistrature. Géologue des plus distingués et paléontologiste de grand mérite, il a publié des travaux de grande valeur. M. LE Pprésident fait l'éloge du regretté défunt et donnera une notice sur ses travaux. Il adresse, au nom de la Société, un souvenir ému et les senti- ments de la plus profonde sympathie à la famille de M. Arnaud. M. Deserces, dont M. Arnaud fut l'initiateur à la science géologi- que et qui passa auprès de lui de nombreuses années d'études, s'associe aux louanges formulées par M. le Président et les com- plète. ADMINISTRATION Sont élus membres du Conseil d'administration pour l'année 1908 : MM. Bardié, Barrère, Breignet, Degrange-Touzin, Deserces, Devaux, Gouin, Lamberïie, Lamarque, Llaguet, de Nabias, Sabrazès. Membres de la Commission des Finances. MM. Bial de Bellerade, Doinet, Daydie. Membres de la Commission des Publications. MM. Deserces, Doinet, Muratet. Membres de la Commission des Archives. MM. Bardié, Baudrimont, Boyer. BANQUET D'HIVER Le banquet d'hiver est fixé au jeudi 28 novembre prochain. MM. Bardié, Breignet, Barrère et Deserces sont nommés membres de la Commission d'organisation de ce banquet. COMMISSION DES EXCURSIONS MM. Lamarque, Bardié, Lambertie et Motelay sont désignés comme membres de celte Commission. Il est décidé qu'un programme complet d'excursions sera rapide- ment élaboré pour l'année 1908. LXX COMMUNICATIONS M. DoiNET présente un groupe de champignons à forme particu- lière; l'un d'eux, mycena rorida, ressemble à un isolateur de fil télé- graphique sur une console en S. Dans une récente excursion qu'il a faite au Vigean, il a fait une très abondante récolte de champignons variés et promet l'étude avec catalogue des espèces qu'il a rencontrées dans la région. Au sujet des deux cas récents d'empoisonnement qui se sont pro- duits dans la commune de Talence, au domaine de Mégret, M. Doi- net se propose de faire des recherches dont il soumettra les résul- tats à la Société et indique l'utilité très grande qu'il y aurait de dresser une planche de certains champignons comestibles et des champignons vénéneux leur ressemblant, tableau que l'on enverrait dans les communes intéressées. Notes hémiptérologiques. Par M . Maurice L a m b e r t i e . Typhlocyba sexpunctata Fall. Prise à Gajac en septembre dernier en filochant dans une prairie marécageuse. Je l'avais déjà capturée à la Planteyre. Cette espèce est toujours très rare. Thamnotettix fenestratus var. guttulatus Kb. Au Haillan, en septembre dernier, en filochant. Je l'avais aussi capturée à Cilon yvoir P. V. Soc. Linn., t. LIX.), Athysanus striatulus Fab. Au Haillan, en filochant en septembre. Déjà capturée à la Plan- teyre (P. V. Soc. Linn., t. LYII). Euidella basilinea Ger. Cette nouvelle espèce a été prise au Haillan en septembre en filo- chant. N'est citée que de Roumanie et du Tyrol (Catalogue du D'" Puton, 1899). Cixius venustulus Germ. Prise à Cazaux en juillet dernier sur le saule. LXXI Cixius cunicularius var. fuscus Fieb. Cette nouvelle variété a été prise à Cazaux en juillet sur le bou- leau. Agallia Antoniae Mél. Depuis mon rapport fait à la dernière réunion, j'ai reçu de notre collègue, le D'^ Mélichar, des renseignements sur cette nouvelle espèce. Elle a été décrite en 1906 sur des sujets venant d'Espagne. Dans un travail que je prépare, je ferai la description de cette espèce et de plusieurs autres signalées depuis le dernier catalogue du D-" Puton. Séance du 20 novembre 1907. Présidence de M. La m arque, vice-président. CORRESPONDANCE M. LE Président donne lecture : 1° d'une lettre de M. Arnaud fils faisant part du décès de son père, M. H. Arnaud, membre corres- pondant de la Société. Il est décidé que des lettres de condoléances seront adressées à ]\jme veuve Arnaud et à M. Arnaud fils. 2° D'une lettre de M. Dupuy, membre de la Société, relative à la publication de ses éludes sur l'époque de germination des plantes annuelles. Il n'attend plus que l'acceptation de son travail comme thèse inaugurale pour le soumettre à la Société. COMMUNICATIONS Note de M. Doinet. Réalisant le projet dont j'ai fait part à la Société Linnéenne, je me suis rendu, le 7 de ce mois, à la propriété Mégret, à Talence, pour y rechercher les espèces de champignons vénéneux qui ont dû occa- sionner les deux cas d'empoisonnement mentionnés quelques jours auparavant par la presse bordelaise. Lxxn J'ai appris que, contrairemeiiL aux renseignements fournis par les journaux, les champignons n'avaient pas été récoltés dans le bois de cette propriété, mais dans la prairie qui se trouve devant et qui la contourne à l'est, prairie où, d'après ce qui m'a été dit, des voi- sins viennent souvent ramasser des champignons k feuillets roses. j'ai exploré celte prairie et j'y ai trouvé les champignons comes- tibles : Marasmius oreades, Psalliola campestris, var. Alha, » pralensis, Laccaria laccata, var. Tortilis, Clitoc]ibe dealbnla, Ihissula alutacea, Bolelus granulatus , Omphalia câlina, puis les espèces non comestibles, douteuses, ou que leur petite taille ne fait pas rechercher : Mycena ciirinella, » luleoalha, » lineala, Hygrophorus psittacinus, » ovinus, Clilocybe parilis, Tricholoma melaleucum, Bolhitius litubans, Galera laleritia, Coprinus nycthemerus, Bovisla? et enfin les espèces vénéneuses : Volvaria média, » gloiocephala, var. Speciosa, qui, par leur forme arrondie, leur coloration blanche à l'état naissant, leurs feuillets rougeâlres à l'état adulte, offrent une certaine ressemblance avec Psalliola cam- peslris et peuvent être confondues avec les diverses espèces comes- tibles du genre Psalliola par les personnes connaissant imparfaite- ment les cliampignons. Je n'ai pas rencontré de Stropharia coronilla qui présente une certaine ressemblance extérieure avec la psalliote des prés, et n'ai aperçu aucune trace àWmanila. LXXIII Ce sont donc 1res probablement les espèces de volvaires mention- nées, dont les propriétés vénéneuses sont parfaitement établies, qui ont dû occasionner les empoisonnements signalés à Talence. Dans mon exploration, je n'ai trouvé que des volvaires à l'état adulte ou passé, ce qui ne m'a pas permis de terminer la planche commencée des champignons vénéneux pouvant être confondus avec les psalliotes. Les volvaires présentent, en effet, un volva caracté- ristique qui permet de distinguer ces dangereux cryptogames, et il est indispensable, pour prévenir toute confusion, de les représenter sous leurs trois principaux aspects : à l'état naissant, à l'état jeune et à l'état adulte. Lors de ma prochaine excursion, je rechercherai cette espèce sous les deux formes qui me sont nécessaires pour me permettre de com- pléter mes dessins. M. DoiNET présente ensuite un tricholome nudum qu'il a trouvé dans un jardin en décembre 1906. Ce champignon a le chapeau lisse, de couleur lilas; la base du pied est velue et de couleur blanche. Il présente ensuite une série de planches de champignons. Les espèces comestibles d'agarics et autres familles y sont représentées avec les espèces dangereuses similaires. M. LE Président se fait l'interprète des sentiments unanimes en félicitant l'auteur de ces planches d'un coloris remarquable et d'une grande valeur tout à la fois artistique et scientifique. Séance du 4 décembre 1907. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. ADMLMSTRÀTION Composition du bureau pour l'année 1908 Président : M. Degrange-Touzin. Vice-Président : M. le D'' Lamarque. Secrétaire général : M, Llaguet. LXXIV Archiviste : M. Breignet. Trésorier : M. Gouin. Secrétaire du Conseil : M. Barrère. Trésorier adjoint : M. Lambertie. COMMUNICATION M. Degrange-Touzin donne lecture de la notice biographique qu'il a faite sur M. H. Arnaud, membre correspondant décédé. Ce travail sera publié dans les Actes de la Société. M. Gruvel envoie un mémoire de M. le D'' Pellegrin sur les pois- sons récoltés par la Mission des Pêcheries de la côte occidentale d'Afrique. Ce travail sera inséré dans les Actes de la Société. M. DoiNET présente un champignon, le « Stropharia coronilla « à feuillets violacés et qui, vénéneux, peut être confondu avec le cham- pignon des prés. Dans les bois du Vigean, il a rencontré un psalliote de 28 centi- mètres de hauteur, surmonté d'un chapeau d'environ 30 centimètres de diamètre. M. Degrange-Touzin lit une note contenant la liste complémentaire des fossiles recueillis dans les faluns des environs d'OrIhez (Basses- Pyrénées). Ce travail figurera dans les Actes de la Société. Séance du 17 décembre 1907. Présidence de M. Degrànge-Touzin, président. COMMUNICATION M. le Président donne lecture de la note suivante de M. Daleau : Un Phoque en Gironde. Par M. 1^. Daleau. On m'a dit, ces jours-ci, que des marins avaient vu un phoque sur le fleuve, en face de Blave. LXXV M. D..., cl qui je suis heureux d'adresser ici mes remerciements, a eu l'obligeance de répondre k ma demande de renseignements comme suit : M. D..., commis principal des ponts et chaussées, et M. R..., marin à bord du hnWseuv Girondin, étant en tournée de ser- vice sur la Gironde, par un temps de brouillard, le 2 J novembre 1907, à 7 heures l/'2 du malin, à l'étalé de la pleine mer et par le travers de la pointe sud de l'ile du Pâté et de l'usine à pétrole Demarais, commune de Blaye, ont aperçu un animal nageant à la surface de l'eau, dont le corps émergeait presque entièrement. Sa tête et son dos étaient de couleur brune, son ventre blanc. Cet amphibie, long d'environ un mètre, poussait, h intervalles réguliers, des cris se rapprochant de ceux des goélands, mais plus aigus. M. D... plaça une cartouche de plomb n° 3 dans son fusil et tira sur ce mammifère qui, à ce moment, nageait k 15 ou 20 mètres du bateau; il plongea aussitôt, laissant voir ses pattes (nageoires anté- rieures) et disparut. Ces Messieurs attendirent un certain temps et, vu la brume, renoncèrent à toutes recherches. Depuis, M. D... a prié les marins et les habitants des îles du bas de la rivière de lui signaler ce phoque, qui, s'il a été tué, s'échouera peut-être sur les berges. Il serait intéressant de le recueillir, même dans un état avancé, pour en déterminer l'espèce et en préparer le squelette. On a déjà constaté la présence de phoques dans les eaux giron- dines. Il y a quelque dix ans, on donna la chasse à un de ces amphi- bies dans le chenal de Plassac, près Blaye; un autre a été aperçu, peut-être même capturé (je n'ose l'affirmer), en Dordogne, en amont des ponts de Cubzac, vers Caverne. La rencontre de ce phoque m'a rappelé la capture d'une tortue énorme faite, en février 1904, sur le fleuve, dans la région blayaise. Ce chôlonien gigantesque, qui aurait dû enrichir le Musée de Bordeaux, fut vendu, si je ne m'abuse, à un marchand d'Anvers I M. Deserces présente un travail posthume de M. H. Arnaud qui lui a été remis par M. Arnaud fils et qui constituait un projet de conférence intitulé Quest-ce que la géologie? M. LE Président donne lecture de ce mémoire d'un style noble, d'une observation magistrale et de hante envergure. L'impression de ce travail dans les Actes de la Société, k la suite de la notice biographique de M. Arnaud faite par M. Degrange-Tou- zin, est votée ci l'unanimité des membres présents. LXXVI M. L. DoiNET lit une noie sur un certain- nombre de champignons récoltés. Note sur le développement des tubercules de Tubermelanosporum. Par M. G. Boyer. De nombreuses fouilles et observations faites dans les truffières de M. le D"" Pradel, de Sorges (Dordogne), m'ont permis de constater que les tubercules ou appareils reproducteurs de la trulîe se forment après des pluies d'été, surtout vers la fin de juillet et en août. Une température élevée paraît donc nécessaire pour celte production. Le grossissement des tubercules une fois formés se poursuit jus- qu'aux premiers froids, époque oîi débute la maturation complète; il est surtout sensible après des périodes de pluie, ainsi que j"ai pu le constater par des mesures directes prises sur des tubercules recon- nus à la marque en septembre 1907. Des truffes retirées du sol puis remises en place ne grossissent plus; c'est ce qui résulte des pesées que j'ai faites. Elles peuvent continuer à vivre, mais perdent généralement de leur poids. L'explication de ces résultats m'a été fournie par une constatation intéressante que j'ai faite sur des truffes en voie d'accroissement, i'^n déterrant ces truffes avec soin et en les regardant à la loupe avec attention, j'ai constaté que le mycélium truffier que j'ai déjà décrit s'insère par de fines ramifications dans les dépressions du peridium. Toute trace de mycélium en contiguïté avec le tubercule disparaît au moment de la maturation. A la suite de sa communication, M. Boyer présente un spécimen de Tubermelanosporum d'un volume remarquable et annonce que ce développement considérable est le résultat d'une culture active au moyen d'un engrais spécial. EXTRAITS DES COMPTES RENDUS DES Séances de la Société Linnéenne dd Bordeaux 1908 Séance du 8 janvier 1908. Présidence de M. Degraîsge-Touzin, président. CORRESPONDANCE 1° Lettre de M. Carez annonçant l'envoi des volumes III et IV de la Géologie des Pyrénées. 2" Lettre de M. Bygden, bibliothécaire de l'Université Royale d'Upsal, annonçant, en renvoyant k la Société Linnéenne la lettre autographe de Linné qui lui avait été adressée en coaimunication, l'envoi d'un volume publié par l'Université à l'occasion du centenaire de la naissance de l'illustre savant. Sur la demande de M. Bygden, la Société décide que les quinze derniers volumes de la Société seront envoyés à l'Université Royale d'Upsal. PERSONNEL M. LE PRÉsmENT, présentant les membres du bureau de la Société pour l'année 1908, exprime en son nom et en celui de ses collègues ses remerciements pour la nouvelle marque de confiance et l'hon- neur qui leur ont été faits. Renouvelant l'assurance de son dévouement personnel, il réclame l'énergie et l'activité de tous les membre de la Société. M. Henri Schesch, de Copenhague, s'occupant d'entomologie, présenté par MM. Gouin et Peyrot, est élu membre correspondant de la Société. COMMUNICATIONS M. Lambertie fait don de quelques fascicules de la Société ento- mologique de France. M. MoïELAY dépose, en son nom, une note de M. Richter sur le Conopodium à grande gaine récolté à Saint-Jean-Pied-de-Port et en opposition avec la variété « denudatum ». Cette communication sera insérée dans les Actes de la Société. LXXX M. GouiN montre dans le Ballelin de la Sociélé Enlomologique de France, à rarticle « Observations diverses », une communication sur la capture de TArsilonclie albovenosa qu'a faite M. A. Gervais d'Aldin aux marais de Saint-Martin-Longueau (Oise) et qu'il annonce comme inconnue en France et trouvée jusque-là seulement en Belgique. M. GouiN fait remarquer que dans les procès-verbaux de la Société Linnéenne, à la date du 13 mai 1893, a paru une note de M. Bras- cassat, annonçant la capture de cette intéressante espèce à Caudé- ran. Il est décidé qu'une demande sera faite pour que dans le prochain Bulletin de la Sociélé Enlomologique de France la capture faite par IVi. Brascassat soit signalée. Stations de quelques plantes rares. Par M. le D' G. Lalanne. J'ai été heureux de lire, dans le dernier Bulletin de la Sociélé Lin- néenne, une énumération de quelques plantes rares pour le départe- ment de la Gironde. Cette publication m'a donné l'idée que je rendrais quelques servi- ces à ceux de mes collègues qui s'occupent de botanique en leur faisant connaître la station de quelques plantes que j'ai eu la bonne fortune de retrouver. D'abord, le Banunculus gramineris L. avait été trouvé dans le Médoc, par notre collègue M. Chicou-Bourbon, décédé depuis quel- ques années, puis perdu de vue. Notre regretté collègue, M. de Luetkens, également décédé, avait retrouvé la plante, mais ne nous avait pas fait connaître la localité qu'elle habite. J'ai eu la bonne fortune de la retrouver dans une prairie située à gauche du chemin de Lesparre à Saint-Christoly, immédiatement après le village des Granges. Elle y est très abondante, produisant un bel effet à l'épo- que de sa floraison, avec des grandes fleurs jaunes et des feuilles de graminée comme son nom l'indique. J'ai également signalé Epipactis rubra AIL, à Soulac, dans la partie de la forêt située entre la route de l'Amélie et la mer et à gauche du premier garde-feu qui se dirige vers l'Océan immédiate- ment après les derniers chalets de Soulac. Cette plante y reste rare et on n'y rencontre que quelques sujets épars ça et là. LXXXl J'ai trouvé, il y a quelques années, aux environs de l'ancien poste des douanes de Soulac, Ononis reclinala L. Il existe une station abondante de Pancratium viarilhnum L. sur la crête des dunes, au voisinage immédiat de la plage, entre l'Amélie et le Gurp. J'ai pendant longtemps observé, au voisinage des épis, entre Soulac et le Verdon, une superbe toufTe de Medicago marina L. Cette touffe a disparu par suite des érosions de la mer, mais j'en ai observé une station près de Monlalivet, à environ 800 mètres de cette localité, en se dirigeant vers Soulac. Séance du 22 janvier 1908. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. CORRESPONDANCE Circulaire de M. le Ministre de l'Instruction publique et des Cultes relative au Congrès des Sociétés savantes qui se tiendra à la Sor- bonne le mardi 11 avril 1908. COMMUNICATIONS Compte rendu des travaux de la Société Linnéanne pendant l'année 1907. Par M. Bastien Llaguet. Messieurs, Le rôle qui incombe cette année à votre rapporteur n'a pas été tout d'abord sans lui laisser quelque appréhension ; les travaux, en effet, ont été non moins intéressants mais, il faut justement le cons- tater, moins nombreux que l'année précédente. L'explication semble venir probablement de l'effort unanime qui avait été donné pour bien auréoler le récent cinquantenaire et aussi peut-être de l'attrac- tion locale qui, en absorbant nos meilleurs moments de liberté, a pu nous empêcher d'aller butiner et de rapporter une plus abondante moisson. Procès Verbaux 1908 6 LXXXII Avant de passer à l'exposé des travaux scientifiques qui honorent toujours nos travailleurs, je dois adresser un souvenir ému et un hommage reconnaissant èi M. Arnaud, membre correspondant, décédé cl Angoulème. Une note biographique par notre président et un tra- vail posthume du défunt sur la géologie paraîtront dans nos Actes et perpétueront dans nos cœurs la mémoire de ce regretté collègue. J'adresse les meilleurs souhaits de bienvenue à trois nouveaux membres titulaires : MM. Sarry, Rozier et D'' Pierre-Nadal. Je ne saurais oublier de féliciter notre bien sympathique M. Bardié, qui a été nommé président de la Société d'Archéologie, et à ce titre a pu diriger l'installation du précieux Musée à la Porte de Cailhau, M. Barrère, qui a brillamment conquis le titre de docteur en méde- cine et M. Queyron, décoré officier d'Académie; votre secrétaire général a reçu la même distinction. Si les actes sont peu riches en travaux, les procès-verbaux sont émaillés de nombreuses et intéressantes observations et comme tou- jours la Botanique semble l'emporter sur les autres branches des sciences dont s'occupe notre Société. Dans l'étude systématique et la biologie végétale, des éclaircisse- ments et des faits nouveaux ont été portés. M. l'abbé Deysson nous a donné une liste très documentée des localités de plantes rares, de formes ou de variétés nouvelles, peu répandues dans notre départe- ment et, dans un autre travail non moins important sur la flore du Sud-Ouest, il étudie particulièrement les Euphorbiaciées de la Gironde. Nous ne saurions trop louer notre collègue de la part contributive qu'il porte ainsi à l'édification de nos actes. M. Bardié, malgré ses multiples et absorbantes occupations, toujours à la recherche de faits nouveaux, nous donne une note sur la locali- sation du Primula officinalis et vulgaris à Léognan. M. Gouin pré- sente une Ophrys nuicifera à fleur bifidée et une linaire à deux éperons. M. le D'' Lamarque a recueilli et nous montre des œgagro- philes dont une étude a vivement intéressé l'une de nos séances. M. Doinet a soumis une variété hybride d'un lys et d'une orchidée^ des observations du plus grand intérêt sur des groupes de champi- gnons à formes et à coloris très variés et exposé ses récoltes sur le domaine de Mégret avec les Volvaria média, gloiocephala, dans un jardin avec le Tricholoma nuduin. M. Boyer a continué à nous donner ses patientes recherches sur le développement du mycélium des truffes et montré, résultats nombreux à l'appui, l'intérêt qu'il y LXXXIIt aurait à utiliser un engrais spécial pour la culture de ce cham- pignon. MM. Daydie,Brown et Lambertie représentent toujours très digne- ment l'entomologie. Ce dernier surtout, presque à chaque séance, nous révèle quelques découvertes et nous a donné des faunules hémiplérologiques ainsi qu'une nomenclature des hémiptères re- cueillis par M. Blanc en Tunisie. M. Daydie a produit une intéressante note sur le Smeraltus quercus, espèce nouvelle trouvée à Saint- Emilion, et a indiqué quelques variétés de lépidoptères peu connues dans la faune girondine. Dans l'ordre zoologique, M. Gruvel nous a donné pour nos Actes un mémoire de M. le D"" Pellegrin sur les poissons recueillis dans la dernière mission des pêches de la côte occidentale d'Afrique. M. Pérez présente un cas spécial de mimétisme et indique un pro- cédé pour conserver les couleurs claires de certains insectes. La géologie, dont les adeptes deviennent plus nombreux, prend aussi une place plus importante et se trouve inscrite pour deux intéressants travaux. M. Peyrot a donné un compte rendu détaillé de l'excursion à Léognan et M. Degrange-Touzin, dans une note très documentée, une liste complémentaire des fossiles recueillis dans les environs d'Orthez. Parmi les communications se rapportant à la biologie et à la phy- siologie, MM. les D^^ Sabrazès et Muratet, avec une science depuis longtemps de tous reconnue, nous donnent magistralement des notes du plus grand intérêt. Nous ne pouvons que remercier nos deux distingués collègues du concours dévoué qu'ils nous accordent et regrettons de ne pouvoir que donner ici l'énumération des titres de chacun de leurs travaux : Kyste hydalique du foie ouvert dans les voies biliaires. Faible vitalité des scolex. Défécation de membranes parasitaires. Enorme éosinophiiie sanguine. — Eosinophilie d'un ganglion du foie. — Réac- tions colorantes des granulations basophiles et du reste nucléaire pycnotique des hématies chez la souris grise à la naissance vis-à- vis du mélange pyronine-vert de méthyle de A. Pappenheim. — Absence d'aulo-agglutination des hématies dans les préparations du sang d'Anguilla vulgaris contenant des trypanosomes. — Vitalité du Trypanosoma Anguillse dans le sang du cœur après la mort de cet animal. — Action de la benzine sur le sang. M. Devaux nous donne une explication nouvelle et réellement LXXXIV complète siu- l'origine de rEcuine de la mei\ M. Motelay rappelle judicieusement que déjà, bien avant les découvertes frauduleuses de ces derniers temps, il nous a entretenus de l'emploi du talc de Venise dans les farines. Notre Président termine enfin par une note biogra- phique qui constitue une belle page littéraire et sentimentale sur M. Arnaud. Tels sont, Messieurs, rapidement exposés, les travaux qui ont été présentés en 1907 et qui, par leur valeur, montrent quelle activité règne encore parmi nos infatigables chercheurs. En terminant, qu'il me soit permis, joignant mes vœux à ceux déjà formulés par notre président au début de cette année, de voir toujours se grossir la phalange des travailleurs et s'augmenter la réputation scientifique de notre chère Société. Rapport de la Commission des Archives. Par M. Baudrimont. Messieurs, Sur la convocation de notre archiviste, M. Breignet,la Commission des Archives s'est réunie le jeudi 16 janvier, dans son local habituel sous la présidence de M. Bardié. M. le D"" Boyer, retenu par ses fonctions à la Faculté, s'était fait excuser. Le soin et l'honneur de vous présenter les conclusions de notre Commission m'ont, de ce fait, été dévolus. Notre Société, dont Timporlance scientifique serait démontrée par ce seul fait, a reçu de plusieurs sociétés étrangères des demandes d'échange avec nos publications. A ce sujet, la Commission des Archives a l'honneur de vous pro- poser : 1° D'accorder l'échange de nos Actes contre les publications d'his- toire naturelle de la Société de Berkeley de l'Université de Californie; 2° La Société de Milwankee a demandé d'échanger ses publications contre nos procès-verbaux. 11 nous a été impossible de rien conclure avant d'avoir en main quelques-uns de ses travaux. M. Breignet se chargera donc d'écrire pour demander un certain nombre d'exem- plaires, à la suite de quoi une décision vous sera .proposée ; 3° Nous avons été unanimes pour accepter l'échange de nos Actes contre les très belles publications de la Carnegie Institution de "Washington ; LXXXV 4° La Société d'Upsal a écrit à M. rArcliiviste, nous demandant de vouloir bien compléter sa collection des Actes de la Société Lin- néenne de Bordeaux; pour ce faire, il nous faudrait lui envoyer 45 volumes; il nous a semblé impossible de ratifier une pareille demande, cette société ne nous ayant envoyé que quelques rares brochures; cependant, en échange du travail qu'elle publie en ce moment sur la vie et les œuvres de Linné, travail dont nous avons déjà reçu un magnifique exemplaire, nous vous proposons de leur envoyer 15 volumes de nos Actes; 5° En raison du refus de la Société Entomologique de France de nous envoyer ses publications, notre Société s'y était abonnée. A ce sujet, M. l'Archiviste vous propose de faire une nouvelle demande d'échange, ce qui est approuvé par la Commission; 6° En dernier lieu, la Commission vous propose de cesser l'échange de nos procès-verbaux contre les travaux de la Société scientifique de Veneto-Trientino et Lstriana, dont les envois se sont bornés à deux fascicules en 190-4. Indépendamment de ces demandes d'échange, nous avons reçu à titre gracieux les ouvrages suivants : Barrère (D'' p.). — L'eau de mer en ingestion dans les dyspepsies; son influence sur la sécrétion gastrique et l'excrétion urinaire. Bordeaux, 1907. DuMÉE (Paul). — L'amateur de champignons. Paris, 1907. Galissard de Marignac. — Œuvres complètes (hors séries des Mé- moires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève), 1840-1887. 2 forts vol. in-4°. GiNESTE (D'' Ch.). — Méthodes et conceptions biologiques. Bordeaux, 1907. — Le système nerveux des vertébrés. Bordeaux, 1907. — L'anatomie comparée, ses procédés et ses résultats. Bordeaux, 1907. Lamarque (D'' h.). — Les eaux minérales de Castera-Verdvzan {Gers). Paris, 1907. Martin (Auguste). — Contribution à la flore biologique de l'Oberland bernois. Caen, 1907. M. Lambertik a offert plusieurs ouvrages, notamment cinq années des Bulletins de la Société Entomologique de France (1887 à 1891). LXXXVI Enfin je terminerai ce rapide exposé en vous proposant de voter des félicitations à notre Archiviste pour l'ordre et la méthode que nous avons constatés dans le classement de nos archives et des remerciements pour tout le dévouement qu'il apporte dans l'exercice de la mission qui lui a été confiée. Nous avons le regret d'assombrir ce rapport par quelques criti- ques : les unes ont trait à l'exiguité de notre local qui va bientôt devenir insuffisant pour contenir toutes nos richesses, les autres s'adressent à quelques-uns des membres de notre Société. M. l'Ar- chiviste se plaint des retards apportés dans la restitution des ouvra- ges donnés en communication, quelques-uns sont absents même depuis plusieurs années; il est inutile d'insister sur ce que de pareils retards peuvent occasionner de préjudices et pour ceux qui travail- lent et pour nos archives si les ouvrages prêtés venaient à s'égarer. A la suite de ce rapport, M. le Président adresse, au nom de la Société, des remerciements et des félicitations à M. Breignet pour la parfaite tenue des collections et archives confiées à ses soins. M. DoiNET lit une note sur plusieurs espèces intéressantes de champignons récoltées par lui le 14 janvier dernier, M. Breignet annonce la réception des deux volumes complémen- taires sur la géologie des Pyrénées françaises envoyés par M. Garez. Il fait connaître également qu'il a acquis pour le compte de la Société deux numéros de la série des Médaillons bordelais consacrés l'un k M. Vassillière et l'autre à M. le D"^ Viault, membres de la Société. M. Lambertie fait don à la Société du recueil de ses travaux. M. LE Présideint, au nom de tous, lui adresse des remerciements. I I LXXXVIl Séance du 5 février 1908. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. COMMUNICATIONS Rapport de la Commission des publications. Par M. Deserces. Messieurs^ Le compte-rendu des travaux de la Société Linnéenne pendant l'année 1907, présenté sous une forme très complète et en même temps très littéraire, par M. le Secrétaire général, a beaucoup sim- plifié le travail de la CoRimission des publications. Aussi me bornerai-je, dans ce rapport que vous avez bien voulu me charger de vous présenter, à traiter simplement la partie en quelque sorte matérielle du travail de la Commission dont j'ai l'hon- neur de faire partie. Au début de son intéressant rapport sur les travaux de notre Société pendant l'année 1906, notre sympathique secrétaire général constatait, avec un enthousiasme partagé de tous, que cette année avait été exceptionnellement féconde en travaux dans toutes les branches des sciences naturelles. Il semble, Messieurs, que cette surproduction, si je puis m'exprimer ainsi, ait eu quelque influence sur le nombre des travaux présentés pendant l'année 1907 et que le chêne linnéen qui avait, sans compter, prodigué sa sève en 1906, ait éprouvé l'année suivante le besoin de refaire ses forces, en prenant du repos, tels ces arbres qui pendant une saison se couvrent de fleurs et de fruits, n'ont l'année suivante qu'une production restreinte. Si cependant les travaux furent moins nombreux en 1907 que l'année précédente, ils ne le cèdent en rien à leurs devanciers par leur valeur scientifique d'un haut intérêt. Le volume de nos procès-verbaux contient vingt communications non compris les comptes rendus des travaux de l'année, ceux des Commissions des archives et des finances et ceux du banquet d'hiver et de la fête linnéenne. J'en excepte également les communications LXXXVIII faites verbalement aux séances et qui, vu leur importance secon- daire, n'ont pas été l'objet d'un manuscrit spécial. Je vous rappellerai pour mémoire que la partie botanique a été magistralement traitée par MM. l'abbé Deysson, Neyraut et Bardié; que M. Lambertie, chercheur infatigable, nous a donné des listes li'ès complètes d'hémiptères récoltés par lui ou d'autres de nos col- lègues et dans lesquelles figurent nombre d'espèces nouvelles pour notre région. Que MM. Degrange-Touzin et Peyrot nous ont présenté le compte rendu d'excursions géologiques fori intéressantes, et qu'enfin MM. les D'^ Sabrazès et Muratet et M. Devaux, nous ont fourni sur divers sujets des études biologiques et physiologiques très savantes et très étudiées. Je citerai, en terminant cette énumération, un ensemble de travaux sur les champignons, par M. Doinet, ces travaux accompagnés de planches dessinées et peintes de main de maître, plusieurs commu- nications intéressantes de M. Boyer, sur l'étude de la truffe méla- nospore. les rapports sur le banquet d'hiver et la fête linnéenne, présentés par MM. Baudrimont et Daydie, deux chroniqueurs de la bonne école et enfin plusieurs notes sur des sujets divers, exposées ou lues en séance, par MM. Lamarque, Pérez, Motelay, Daleau, Doinet, Llaguet, Breignet, Gouin et Lambertie. Les Actes de la Société ne comprennent que huit travaux, deux communications concernant la partie botanique, présentées par M. l'abbé Deysson, une étude biologique faite en collaboration par MM. Sabrazès, Muratet et Husnot, le remarquable compte rendu présenté par M. Llaguet, sur le banquet offert à notre vénéré prési- dent honoraire, M. Motelay, à l'occasion du cinquantenaire de son entrée dans la Société, ainsi que le discours très littéraire de M. Devaux, président, et la réponse de M. Motelay. Je citerai encore les travaux qui ont été lus en séance et qui feront l'objet du prochain fascicule, la notice biologique sur M. Arnaud, par M. Degrange-Touzin, et une œuvre posthume de M. Arnaud intitulée : « Qu'est-ce que la géologie », œuvres l'une et l'autre d'une haute valeur littéraire, un travail géologique de notre président, et enfin un mémoire remarquable de M. Pellegrin, collaborateur de notre collègue, M. le professeur Gruvel, sur les recherches faites parla mission des Pêcheries de la Côte de l'Afrique Occidentale. Ainsi que vous pouvez le constater, Messieurs, c'est surtout sur nos LXXXIX actes que la disette a sévi. Aussi devrons-nous, pour publier le volume de 1907, attendre que l'année qui s'ouvre ait apporté un contingent de travaux qui peimeltra de faire paraître un volume, digne de ce nom. Peut-être aurons-nous la satisfaction de publier en 1908, deux volumes d'actes si, comme tout semble l'indiquer au début de cette année, les communications deviennent plus nombreuses et plus importantes. Espérons, Messieurs, que les sages exhortations de M. le Président, à la reprise de nos séances après les vacances, porteront leurs fruits et que l'année qui s'ouvre verra également s'ouvrir, pour notre Société, une ère de plus grande fécondité. Je ne terminerai pas ce trop long exposé sans adresser, au nom de la Commission des Publications, à notre sympathique collègue M. Lambertie, des éloges mérités pour l'ingénieuse idée qu'il a eue en faisant joindre aux épreuves transmises aux auteurs une note destinée à stimuler l'activité des retardataires. Je lui en suis personnellement reconnaissant, car vous n'ignorez pas, Messieurs, que dans une société celui qui s'occupe du travail des publications est un peu : (I Ce pelé, ce galeux d'où nous vient tout le mal... » Je sais toutefois que, <■ nouveau bouc émissaire », je puis compter sur l'aimable courtoisie de tous pour me faire absoudre de toutes les fautes, erreurs ou omissions dont j'ai pu me rendre involontaire- ment coupable et je remercie bien sincèrement tous mes collègues de m'avoir permis, depuis plus de quatre ans que je remplis la mission qu'ils ont bien voulu me confier, d'apporter ma modeste part de labeur à la ruche Linnéenne. Epithélionia mélanique de la paupière consécutif à une morsure chez un chat. Par MM. J. Sabrazès, L. Muratet, H. Antoine. La pathologie du chat nous intéresse d'autant plus que, parmi les animaux domestiques, c'est certainement celui qui vit le plus près de l'homme, dans les mêmes conditions de milieu et d'alimentation. Or l'influence du milieu sur le développement des maladies, et en particulier du cancer, ressort nettement des recherches récentes de médecine expérimentale et comparée. Ces considérations nous ont xc amenés à faire une enquêle sur les tumeurs du chat. Les cas que nous avons pu réunir sont consignés dans la thèse de l'un de nous (1). Parmi eux se trouve un dont nous allons faire ressortir l'intérêt. M. Duluc, vétérinaire, nous apporte un chat âgé d'au moins treize ans, taillé, de robe grise, sédentaire, se nourrissant de pain, viande, lait, sardines à l'huile, etc. Jamais malade antérieurement il n'a pas été en contact, dans la maison ni dans le voisinage, avec des cancéreux. En juin 1906, mis en présence d'un gros rat, il fut mordu à la paupière supé- rieure de l'œil droit. Le lendemain l'œil devint et resta larmoyant. On s'aperçut, un mois et demi après, que la paupière supérieure droite pré- sentait sur sa face conjonctivale, un peu au-dessus du bord libre, une saillie fusiforme et rougeâtre. Progressivement cette tumeur grossit, noircit, affecta la forme et la grosseur d'un marron d'Inde, n'adhérant pas au globe oculaire qui était refoulé en bas. Nous sacrifions la bête le 20 juillet 1907. La tumeur, née entre le tarse et la conjonctive palpébrale, a refoulé cette dernière jusque bien au-dessous de la paupière. Elle sort de l'orbite entre la paupière et le globe qu'elle déformait par pression, sans le pénétrer. Sa face libre est régulièrement arrondie. Sur la coupe, d'un noir intense, une cloison conjonctive montre un état bilobulé du néoplasme. Histologiquement le diagnostic d'épithélioma s'impose : cellules polyé- driques, juxtaposées, sans prolongements épineux, de 7 [x à 20 y., h gros noyau vésiculeux, nucléole, rarement mitosique, à protoplasma parfois vacuolisé ou kératinisé. L'infdtration mélanique affecte tous les degrés, depuis l'état finement granuleux jusqu'à l'aspect en boules brunâtres ou en blocs quadrangulaires. Les cellules néoplasiques sont çà et là plus poly- morphes et dans leur aspect (plus petites et plus pauvres, voire même dépourvues de pigment) et dans leur groupement (plus dissociées). La tumeur, assez richement vascularisée, montre çà et là des lacs sanguins contenant des leucocytes polynucléés en assez grand nombre. Le pigment est bien de la mélanine (il ne donne pas la réaction du fer, il ne se dissout pas dans le liquide de Grynfeltt et Mestrezat). Voilà donc un épilhélioma mélanique qui a eu pour origine l'épi- thélium, pigmenté chez le chat, de la conjonctive palpébrale, ce qui démontre une fois de plus que les cellules épithéliales des néoplas- mes mélaniques n'ont pas un pigment d'emprunt, mais dérivent de (1) Henri Anloine, Contribution à l'élude du cancer chez le clial. Thèse de Bor- deau.x, 1907, XCI eellules noiMiialement pigmentées. Bien plus, riiétéroniorphisme de la cellule el sa désorien talion se leLrouvent au même degré dans la distribution du pigment et dans sa forme. Le début de cette tumeur, sur un point lésé par morsure, mérite d'être retenu. De même son évolution, éversant la conjonctive en bas, à mesure que la tumeur surplombait la paupière inférieure et tendait à se pédiculiser comme les tumeurs de la conjonctive palpébrale chez l'homme, qui, ne pou- vant refouler le tarse, prolifèrent à l'opposé. A noter aussi la nature épithéliale de cette tumeur alors que chez l'homme les tumeurs méla- niques de la paupière ne comptent jusqu'à présent que des sarcomes. Cette tumeur mélanique, semblablement aux mélanomes conjonc- tivaux de l'homme, à rencontre des mélanomes choroïdiens, ne s'est pas révélée très maligne. Les autres organes — foie, reins, surrénales, intestins, poumons, rate — sauf un peu de sclérose, n'ont pas montré de métastases. L'étude de la rate fait l'objet de la communication suivante : Infiltration massive de mastzellen, agglomérées en nodules, dans la rate d'un chat porteur d'un épithélioma mélanique de la paupière. Par MM. J. Sabrazès, L. Muratet, H. Antoine. Nous avons eu l'occasion d'examiner plusieurs rates de chats âgés sans jamaisreleverles particularités suivantes que nous a présentées la rate dans un cas d'épithéiioma mélanique delà paupière. L'organe, doublé de volume, un peu mamelonné, bigarré (saillies blanchâtres entrecoupées de stries gris-rougeâtre) montre sur les coupes, dans les cordons de Billroth, autour des sinus veineux et dans les cavités mêmes des sinus, de gros îlots ayant une grande diversité d'aspect : contours géographiques; volume d'une tète d'épingle à une lentille; confluents ou cohérents; séparés par des intervalles d'un demi à un millimètre. Parmi les ilols sous-capsulaires, plusieurs bombent sous la capsule. Ces ilôts ne sont nullement néoplasiques. Ils se montrent constitués par des agglomérations de mastzellen mononucléées avec leurs granulations métachromatiques. Ces amas de mastzellen sont la caractéristique de cette rate dont ils représentent la moitié du volume. Le système capsulaire et ses travées ne se différencient guère de la normale sauf l'abondance plus grande des mastzellen. XCII Sous la capsule, à côlé des maslzellen, on note des lymphocytes, quelques-uns de grande taille, des fibroblastes jeunes, des pLasma- zellen. Les corpuscules de Malpighi, très développés, beaucoup à cen- tre clair, ont une artériole centrale sclérosée. On y trouve de grandes formes lymphocytiques éparses au milieu du tissu lymphocytique. Pas de maslzellen; pas de globules rouges nucléés. Même aspect pour les cordons folliculaires, mais là on note quelques normoblas- tes. Tout autour sont accumulés de grands éléments mononucléés, les uns à l'état de noyau presque nu, bourgeonnant, d'autres à pro- toplasma exubérant, légèrement basophile, à noyau plus ou moins radié, d'autres du même type, mais présentant dans leur proto- plasma basophile de fines granulations métachromatiques à peine estompées : ce sont des promastzelien. Elles font transition vers les mastzellen véritables qui se groupent en rangs serrés pour former les foyers que nous avons décrits dont la masse produit sur les cou- pes un archipel violacé. Dans tout le tissu pulpaire on trouve du pigment hématique soit libre, soit dans des macrophages, ne don- nant que par places et très légèrement la réaction du fer. Il y a donc eu dans cette rate une évolution des splénocytes en mastzellen. De plus les éléments cellulaires dérivés des fibroblastes capsulaires, trabéculaires ainsi que du réticulum de la pulpe et çà et là, les plas- mazellen ont subi cette différenciation à un degré que nous n'avons jamais vu signalé et que nous n'avons jamais rencontré dans cet organe. Cette transformation élective en maslzellen des cellules de la rate est-elle en relation avec le mélanome palpébralqui depuis un an ne cessait de s'accroître, sans cependant s'être généralisé, c'est probable mais il faut attendre d'autres faits du même ordre pour se prononcer. La rate jouant un rôle épurateur, les déchets cellulaires et les produits solubles résultant de la prolifération néoplasique ont suscité dans son parenchyme une réaction élective au même titre que les réactions d'autre nature provoquées par diverses substances, les toxines par exemple. C'est ainsi que des toxi-infeclions chroni- ques (tuberculose, syphilis) amènent un enrichissement de l'organe en plasmazellen, l'infection eberthienne, un état lymphadénoïde et une réaction myéloïde partielle, certains parasites animaux une éosinophilie locale. XCIII Sur un affleurement de terrain nummulitiqu3 dans les environs d'Orthez. Par M. Degrange-Touzin. Notre émineiU et regretté collègue Tournouër a signalé, il y a longtemps, l'existence, dans les environs d'Orthez, de marnes num- mulitiqiies (1) semblables à celles qui existent, plus à l'Est, dans la commune de Bos d'Arros, sur la route de Pau à Laruns, entre Gan et Rébenac. Il faisait remarquer avec raison, dans la note qu'il a publiée à ce sujet dans nos Actes, que la présence de ces affleure- ments aux environs d'Orthez présente un grand intérêt, parce qu'il y a lieu de considérer ces marnes nummulitiques comme un prolon- gement des marnes de Bos d'Arros, reliant ces dernières aux ter- rains nummulitiques si bien développés depuis la côte de l'Océan, à Biarritz, jusqu'au delà de Peyrehorade et de Sorde, dans la vallée du gave de Pau. C'est à deux kilomètres à peu près d'Orthez, au voisinage de la route de Pau et avant l'église de Souars, que se rencontrent les affleurements signalés par Tournouër. L'un est situé à la maison- nette du passage à niveau du chemin de fer. Il a été mis au jour par le forage d'un puits et c'est dans les terres provenant de ce forage que Tournouër a recueilli les fossiles dont il donne la liste. L'autre gisement se trouve à gauche et tout près de la grande route de Pau, dans le lit même d'un petit ruisseau. Les fossiles que Tournouër a rencontrés dans ces deux gisements lui ont permis d'af- firmer qu'ils appartiennent incontestablement à l'étage nummuliti- que à Serpulea spirulaa Lk. et au niveau de Bos d'Arros. Dans les explorations que j'ai faites aux environs d'Orthez, et notamment à Sallespisse, pour étudier les riches faluns helvétiens de cette contrée, il m'a été donné de constater l'existence d'un autre affleurement du terrain nummulitique, assez éloigné de ceux que Tournouër a signalés et qui présente un faciès minéralogique diffé- rent. Il m'a semblé qu'il était intéressant de faire connaître ce gise- ment. Il est situé à peu près à deux kilomètres et demi d'Orthez, sur la gauche de la route conduisant à Sallespisse et à deux cents mètres (1) Actes delà Société Linnéenne de Bordeaux, t. XXX, p. 243, XCIV environ de la roule, l-à ce ne sont plus des marnes bleues comme celles que Tournouër a rencontrées à Souars sur la route de Pau, mais des calcaires blanchâtres assez durs, avec des veines plus ten- dres, dont la désagrégation permet de recueillir quelques fossiles. J'y ai trouvé les espèces suivantes : «* Sérpula spirulaea Lk . Numniuliles perforaia d'Orb. Numniulites liicasana Defr. Nummulites complanala? Lk. Assilina, une ou deux espèces. Puis un débris d'échinide indéterminable. L'existence de ces espèces permet de conclure que cet affleure- ment doit être rapporté à l'étage des marnes nummuli tiques à Sér- pula spirulaea de la Côte des Basques à Biarritz. Et, à ne considérer que la présence des deux fossiles les plus caractéristiques, Serpula spirulaea et Nummulites perforata qui existent en si grande abon- dance à Peyrehorade, dans les calcaires du coteau d'Aspremont, on est conduit h penser qu'il y a conlemporanéité entre ces calcaires et ceux de Peyrehorade. D'un autre côté, comme l'affleurement dont nous parlons se ren- conlre à une altitude de beaucoup supérieure à celle des affleure- ments étudiés pour Tournouër à Souars, il parait rationnel de tirer de ce fait cette conséquence que ce gisement appartient à des cou- ches plus récentes que celles des marnes bleues que Tournouër a examinées tout à fait dans le bas de la vallée, presque au niveau du gave de Pau. Toutefois il ne m'a pas été possible de constater ni sur quelles couches reposent ces calcaires nummulitiques ni par quelle forma- tion ils sont recouverts. 11 m'a paru qu'ils occupent la partie supé- rieure d'un petit plateau et qu'ils présentent une stratification hori- zontale. xcv Séance du 19 février 1908. Présidence de M. leD'' Lamarque, vice-président. CORRESPONDANCE Lettre de M. le Directeur de l'Institut de Carnegie de Washington relative aux échanges des publications. COMMUNICATIONS M. Bardié présente un fragment de meuble ravagé par les insectes. La surface est intacte mais la partie médiane est complètement détruite et présente un aspect spongieux. M. le Df Lamarque présente des feuilles de Broassomelia papyri- fera avec limbe découpé, avec des variations très marquées. M. De- vaux donne l'explication de ces modifications. Cette conmiunication donne lieu à un échange d'observations entre MM. Devaux, Lamarque et Breignet. Séance du 11 mars 1908. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. COMMUNICATIONS M. MuRATET présente une collection de reptiles qui lui a été adres- sée par M, le D'" Salm (médecin des troupes néerlandaises). Elle comprend une série très remarquable de Trigonocéphales, plusieurs variétés de caméléons, de myriapodes et de scorpions provenant de Sumatra. Cette collection sera envoyée en communication à M. Latasle, en le priant de faire la détermination des espèces. M. LE Président adresse des remerciements à M. le D' Muratet pour cette intéressante communication. XCVI M. MoTELAY fait la communicalion suivante : Dans une note adressée, il y a quelques jours par M. F. Daleau, il parle d'un coup de fusil tiré en Gironde sur un phoque et dont le corps n'a pu être retrouvé malgré nos instances. II n'est pas probable que ce phoque soit le Leplonix leopardinus, qui ne quitte guère les banquises, mais il faut y voir probablement le veau marin Phocn vilidina que l'on rencontre sur les côtes de la Manche. Le fait d'en avoir trouvé dans la Gironde est tout de même fort intéressant et assez rare. M. LAMBERTiii donne lecture d'une lettre de M. le D"" Howâth, de Budapesth, remerciant de l'avoir nommé membre de la Société. Remarques en passant et description d'une espèce d'Homoptère. Par M. Lambertie Dans les excursions que j'ai faites l'année dernière à Cazaux et au Haillan, j'ai capturé plusieurs bonnes espèces d'Hémiptères dont une nouvelle pour le département. Au bord de l'étang, j'ai trouvé la Salda Cooksii Curt, courant au soleil sur le sable mouillé. Le Pelogonus marginalis Latr. sautant dans les endroits vaseux et par bande. Sur les Pinus marilima, j'ai fait tomber dans mon parapluie VAradus cinnamoneus Pz. que M. Brovvn avait pris auparavant à Caudéran et en fauchant dans un marécage près la yare, le Delphax fumipennis Fieb. Espèce nouvelle pour la Gironde. Au Haillan j'ai pris la Diclyonola fuliginosa Costa que j'avais pris auparavant à Citon. Voici la description de la Delphax fumipennis Fieb (I). Elylres entièrement bran clair ; leur bord entier fort et brun. Nervures assez fortes, brunes, granulées de brun. Elytres en ovale allongé, presque aussi longues ou de peu plus longues que le dos. Pronotum brunâ- tre, plus clair en avant et au bord postérieur. Mesonotum brun' son bord postérieur souvent plus clair et transparent. Antennes jaunes ; l'art, basilaire un peu rembruni au sommet. Lobe du prosternum (1) Extrait F. X. Pieber, Les Cicadines d'Europe, l^» partie. XCVII brun, horde de jaunâtre, jaune du côté intérieur. Pattes jaunâtres ; dernier art. tarsal noir à Vextrémité. Hanches et joues brunâtres. (^ Abdomen noir' les derniers segments bordés de blanc. Pijgophore noir • bord de Véchancrure supérieure, qui est largement triangulaire, blanc, oblique, et formant sur le milieu du jjygophore un angle obtus avec le bord de l'échancrure inférieure qui est rétrécie en angle aigu à sa base. Pourtour du pygophore ovale. Styles noirs, roussâtres vers le haut ; vus de derrière redressés, lorolongés jusqu'à mi-hauteur de la cavité et jusqu'aux crochets à courte pointe du tube anal, qui est brun et peu proéminent ^ à large hase carrée, rétrécis en forme de cou, tron- qués au sommet et élargis en lobe triangulaire vers l'extérieur ; portant une dent obtuse sur le milieu de leur côté intérieur. 2 i j2-2 5/4™™. Il n'a été trouvé jusqu'ici qu'à Biarritz (Mink), France (Stâl). Grèce, Atlique (Mus. Wien). Notules Hémiptér ologiques. Par M. Maurice Lambertie (Hémiptères recueillis dans les Pyrénées-Orientales par M. V. Xambeu(. Notre savant collègue M. Vincent Xambeu m'a remis pour les étudier quelques Hémiptères qu'il a recueillis pendant ses excur- sions dans les Pyrénées-Orientales. Les documents sur les Hémiptères français étant assez rares, j'ai dû, pour ceux que je n'avais pas en collection, les faire reviser par notre excellent maître M. le D' Horwâth, de Budapest. Je crois utile de donner la liste de ceux-làavec les localitésoiiilsont été capturés: Zygina lunaris M. R., en novembre, sur chênes verts. Ria. Thamnotettix fenestratus H. S. var. guttulatus Kb. sur genêts épi- neux, en mars. La Coste. Athysanus limhatus Ferr. Balsère, en juillet, en fauchant chardons. Acocephalus histrionicus Fabr. sous les pierres, en décembre. Balin- con, en juin, sous les pierres. Selenocephalus obsoletus Germ. sur artémise. Bohère, en septembre. Idiocerus pœcilus H. S., sur les pins de Lentilly, en janvier. — lituratus Fall. Bohère sur artémise, en juillet. Macropsis lanio L. à La Coste, en juillet, sur Quercus. — — var. brunnea Fieb. sur les Quercus, en juillet. Procès ^Verbaux 1907-19Û8 7 XCVIII Agallia sinuala M. R. sur les Aster. Ria, en octobre. Ulopa trivia Germ. sur les lierres, en novembre, à Miraille. Ptyelus spumarius L. var. Uneatus F. sur les Quercus, en juillet. Balincon. Teliigomelra virescens Pz. var. bicolor km. sur les genêts, en juillet. Ria. — Ixta H. S., en novembre au col de las Bigues, dans un nid de Formica csespitum. — ijnpressopimctata Duf., en septembre, à La Coste. — obliqua Pz., en juin, sur genêts. Selaber, en juin. — — var. p/a/y/^enra Fieb., sur peuplier, en juillet. Las Ambronis. — griseola Fieb. sous pierre, en décembre. Parmi ceux-ci nous remarquons des espèces qui ont été prises dans la Gironde. Zygina lunaris M. R., à Caudéran. Thamnotettix fenestratus var. gultulcUus Kb., à Citon. Selenocephalus ohsoletus Germ., àCamarsac. Macropsis lanio L., à Camblanes. Agallia sinuata M. R., à Soulac. Ptyelus sjjumarius var. linealus F,, à Camblanes. Teliigomeira virescens var. bicolor Am., à Bouliac. — impressopunclata Diiî,, à Camblanes. — obliqua Pz., à Camblanes. — — var. plaiytsenia Fieb., à Camarsac. — griseola Fieb., à Camblanes. Séance du 25 mars 1908. Présidence de M. le D"" Lamarque, vice-président. COMMUNICATIONS M. Lambertie fait connaître le nom du scorpion présenté par M. le D"" Muratet à la dernière séance. Il s'agit du Palammeus longimanus Herbst, espèce commune dans toute la Malaisie. XCIX Rapport de la Commission des Finances. Par M. Bi.\L de Beller.^de. Messieurs, La Commission des Finances devait, aux termes des statuts de notre Société, vous présenter en janvier dernier le compte rendu financier de l'exercice 1907 et préparer le budget de 1908. Elle n'a pu le faire par suite de l'absence et de la maladie de plusieurs de ses membres. Nous venons aujourd'hui vous présenter nos excuses et vous faire part de la situation financière de notre Société. Nous avons constaté la bonne tenue des livres qui ont été présen- tés par M. le Trésorier, et nous vous mettons sous les yeux un tableau comparatif représentant l'ensemble des opérations de recettes et de dépenses de l'année 1907. ÉTAT DES RECETTES ET DÉPENSES DE L'ANNÉE 1907 RECETTES DÉPENSES 'S, xi l II III IV V VI ARTICLES SOMMES prévues SOMMES réalisées En plus ou en moins I II m IV V ARTICLES SOMMES prévues SOMMES dépen- sées Eti plus ou en moins En caisse au 31 décem- bre 1906 Revenus de la Société . Cotisations 1907 » arriérées . . Diplômes » arriérés Vente de publications. Subventions : Conseil général Conseil municipal. . . . Ministère 125 » 1.590 » 48 » 30 .. 30 » 100 ■> 500 » 50 .. 2.349 99 215 48 1.623 » 126 .. 10 » 10 » 372 50 100 >. 500 » 29 85 + 90 48 + 33 » + 78 » -20 -> + 10 » +342 50 — 20 15 Frais généraux Publications ; Actes et Procès-verb... Planches 522 99 1.900 » 500 » 50 » 700 » 450 » 100 X 100 » 500 » 3.435 17 364 » 285 » 59 50 6 20 277 90 284 05 100 » 25 » 3.935 17 5.336 82 —158 99 — 1CI5 » -440 50 — 43 80 —422 10 -165 95 — 75 >■ Envoi de publications . Report d'une somme allouée pour complé- ment du tome 61 Bibliothèque Réjnunération de l'em- ployé attaché à la bi- bliothèque Souscriptions et Fête Linnéenne Profits et pertes Fonds de réserve En caisse au 3 décembre 1907 Total 5.336 82 Total Le 31 décembre 1906, nous avions en caisse la somme de 2.349 fr. 99, tant en dépôt à la Société Bordelaise qu'entre les mains du trésorier. Pendant le cours de Tannée 1907, nous avons encaissé la somme de 2.141 fr. 50. Nous n'avions prévu que 1.698 francs de recette, d'oîi un excédent de 443 fr. 50. Cet excédent est dû à diverses causes et porte plus spécialement sur le chapitre IV. En effet, la vente des publications s'est élevée à 372 fr. 50, dépas- sant de 342 fr. 50 nos prévisions budgétaires. Ce fait exceptionnel est dû à la valeur des travaux publiés. D'un autre côté, si nous regardons le chiffre global des dépenses, nous voyons qu'il n'est que de 1.401 fr. 65. Cela tient à ce que, par suite de circonstances imprévues, les publications n'ont pu paraître en temps voulu, les auteurs ayant dû retirer leurs travaux pour y apporter des modifications et des ampli- fications importantes. Nous comptons sur leurs publications avant peu et c'est pour cette raison que votre commission a inscrit, au budget de 1908, chapitre II, une somme de 3.200 francs pour les publications et pour les planches. Nous vous prions de remarquer qu'au chapitre III (Bibliothèque), le crédit de 450 francs alloué en 1907 n'a pas été épuisé et qu'il reste IGo fr. 95 de disponible. Avec ce reliquat, il était impossible à M. le Bibliothécaire de faire ce qu'il vous demandait depuis longtemps. Nous voulons parler de l'agrandissement de la bibliothèque. Il est fâcheux pour nous tous de voir des ouvrages de valeur qui ne peuvent être mis en rayons, faute de place dans la bibliothèque. La Commission croit qu'il est nécessaire de faire cesser cet état de choses. Elle vous propose d'allouer pour l'agrandissement de la bibliothèque une somme de 600 francs qui, si vous y consentez, sera portée au budget de 1908. L'excédent des dépenses pourra servir k l'achat de livres qui seront appelés à rendre de grands services à ceux qui les utiliseront. Permettez-nous de ne vous citer qu'un seul ouvrage : VEssai de paléoconchologie comparée de M. Cosmann fort recherché par toutes les personnes s'occupanl de paléontologie. Il est en outre très possible que MM. Cosmann et Peyrot, qui désirent continuer les travaux des Grateloup, Desmoulins, Benoist, Degrange-ïouzin, nous accordent leur précieux concours et fassent paraître dans nos Actes un travail très important sur les faluns du Bordelais et du Sud-Ouest, mais faut-il. Messieurs, que les circonstances leur soient favorables et qu'ils puissent compter sur vous, La Commission désire, en terminant, rendre hommage à l'excellente CI gestion de notre trésorier et aussi vous prier, Messieurs, de lui en don- ner décharge. Projet de Budget pour 1908. RECETTES DÉPENSES III IV V VI ARTICLES Solde en caisse au 31 décembre 1907. . Revenus de la Société GOTISATTONS : 50 titul. à24fr. 1.200 4 corr. àl2ri-. 48 10 » àl5fr. 150 Cotisations arriérées. . Diplômes Vente de publications. Subventions : Conseil général. . 100 Conseil municipal 500, Ministère Profits et pertes. . Total 3.935 17 125 » 1.398 48 10 50 600 25 6.191 17 III IV ARTICLES Frais généraux. Publications : 500 -V. . 2.000 1 l.OOOJ Actes et P. Planches .... Envois des pu- blications. . . Complément de la publication du tome 62. . Bibliothèque . . Agrandissement et achat de vo- lumes . . . • Rémunération de l'em ployé attaché à la bi- bliothèque Souscriptions et Fête Linnéenne ...... Abonnement à diverses sociétés Fonds de réserve. . . . 50/ 3.200 150 i 600) 600? 1.200 100 Total. 191 17 1.000 6.191 17 Ce travail, très documenté, met en relief l'excellente gestion de M. Gouin, trésorier de la Société. Des félicitations sont adressées au rapporteur et au trésorier. Sur la demande de M. le Président, le budget de 1907 et le projet de budget pour 1908 sont approuvés. Notes sur des Hémiptères nouveaux ou peu connus pour le département de la Gironde. Par M. Maurice Lambertie. J'ai le plaisir de signaler à la Société Linnéenne la présence, dans nos environs, de plusieurs espèces ou variétés d'Hémiptères nou- veaux ou rares pour notre région qui avaient échappé jusqu'ici à nos recherches. cil Voici la liste de celles-ci (1). * Empoasca smamgdula Fall. var. riilescens Mélichar. Gnalhodus punctalus Thunb. Acocephalus fuscofasciatus Gœze. p * » 7'ivulans Germ. p * Deltocephalus repletus Fieb. Idiocerus aurulentus Kb. * Pediopsis scutellata var. rubi Vahl. Boh. Telligomelra obliqua Pz. Ommatidiotus dissimilis Spin. p Delphax discolor? Boh. * Amblyrhina Putoni? Lœw. Empoasca smaragdula Fall. var. rutescens Mél. Cet Homoptère a été capturé au Haillan, en septembre dernier, en filochant dans une prairie. Elle est nouvelle pour la Gironde. Gnathodus punctatus Thunb. Dans l'excursion que j'ai faite au Haillan en septembre dernier, j'ai capturé cette intéressante espèce en filochant dans une prairie. Elle a été prise à Camblanes et à Fargues (Actes Soc. Linn. Bord., t. LVI). Acocephalus fuscofasciatus Gœze, p A été prise au Haillan en filochant dans une prairie, en septembre dernier. Capturée aussi à Camarsac, Saint-Georges de Didonne, Bagnères-de-Luchon (H. du Buysson) (Actes Soc. Linn. Bord., t. LIX, 190i). A. rivularis Germ. P (2) (^ Jaune maculé de noir sur le vertex, le front, le prothorax et l'écusson ; l'abdomen est plus ou moins maculé sur les connexivums, les côtés des segments ventraux et le dos. Vertex convexe, angulairement arrondi en avant, de même lon- gueur que le prothorax, la moitié environ de la ligne transverSe entre les yeux; la partie antérieure noire, avec deux macules inco- (1) L'astérique (*) désigne les nouvelles espèces ou variétés. (2) Extrait V. Signoret, Essai sur les Jassides, 1878. cm lores ; à la base un point de chaque côté de la ligne médiane : celle- ci également noire et quelquefois confluente avec les deux macules basiliaires et formant une bande basiliaire tridentée. Ocelles un peu plus rapprochés des yeux que du sommet. Front plus long que large, antérieurement on voit la continuation de la bande du sommet du vertex avec ses deux points blancs; au milieu, près du clypeus, une macule médiane noire; celui-ci presque le double plus long que large, la base noirâtre, plus large que le sommet. Rostre plus long que le clypeus. Joues très sinueuses à l'extrémité, l'angle très ^arrondi, la fossette antennaire noire, ainsi que le bord externe du lora. Antennes avec le troisième article noir. Prothorax jaune, fine- ment strié et ponctué, avec une bande transverse plus ou moins anguleuse, noire. Ecusson jaune aA^ec trois macules basilaires quel- quefois confluentes, noires. Elytres courtes, larges dépassant peu l'abdomen, hyalines à l'extrémité, brunes avec les nervures jaunes, interrompue avant la portion hyaline de l'extrémité. Pattes jaunes, le sommet des tibias antérieurs, les postérieurs, les tarses noirs. Abdomen noirâtre sur le dos avec le bord postérieur des segments jaune. Ventre jaune avec des macules sur les bords latéraux de cha- que segment et une macule plus ou moins complète ou ocellée sur chaque segment du connexivum. Lames génitales noires près de quatre fois plus longues que larges, les sillons profonds, longs, le tubercule de la carène saillant. Hypopygium aussi long que large à la base. Style anal à peine visible. ^ p Plus longue que le mâle, le vertex plus angulairement arrondi, jaune, avec des macules irrégulières brunes sur le vertex, le front, le prothorax et l'écusson ; les élytres d'un jaune brun avec les ner- vures largement jaunes, les cellules rugueusement poncluées-striées; pas de fascie ni d'espace hyalin à l'extrémité. Dos noirâtre, ventre jaune, noirâtre sur les côtés et sur le connexivum. Dernier segment près de trois fois plus long que le précédent, échancré au milieu, arrondi de chaque côté, depuis les angles jusqu'à l'échancrure, ou presque droit. Valvules plus longues que larges, l'oviducte ne les dépassant pas. Jaune brun, un peu maculé de brun, le dos de l'abdomen noirâtre avec un point plus noir vers le bord de chaque segment. Pattes moins foncées que dans le (^. Cette nouvelle espèce a été prise à Gcijac, en août dernier, en fîlo- chant dans une prairie marécageuse. Il est cité de Gérardmer (D'' Puton), Hautes-Pyrénées (Pandellé). CIV Deltocephalus repletus Fieb. Cet Homoptère est nouveau pour la Gironde. A. été capturé au. Haillan, en septembre dernier. Il est cité de Remiremont (D' Puton). Idiocerus aurulentus Kb. Pris à Saint-Médard-d'Eyrans sur le peuplier, en août dernier. Est cité de Citon (Actes Soc. Linn. Bord., t. LVI, 1901). Pediopsis scutellata var. rubi Vahl Boh. Cette nouvelle variété a été prise au Haillan sur des Salix, en sep- tembre dernier. Tettigometra obliqua Pz. Cet Homoptère a été pris à Camarsac, en août, sur les Quercus. H est cité de Camblanes, de Toulouse (H, du Buysson) (Actes Soc. Linn. Bord., t. LIX, 1904). Ommatidiotus dissimilis Spin. )P L'année dernière, en septembre, j'ai pris en quantité cet intéres- sant Homoptère en filochant dans une prairie desséchée au Haillan, en compagnie du (f et de plusieurs autres espèces intéressantes. Le mâle diffère sensiblement de la femelle par les caractères sui- vants : (1) Vertex court, obtusément anguleux en avant des yeux ou bien arrondi. Elytres parées de stries colorées entre les secteurs. Une bande médiane rouge passant par dessus le vertex qui est court, pentagonal, obtus en avant, blanchâtre et le pronotum et le mesonotum. Bord postérieur du mesonotum sinué, les carènes laté- rales parfois d'un jaune livide. Elytres avec des stries d'un jaune orange. Sexes de coloration différente. (^ 3 1/2 mm. Tête, corps tout entier, hanches et cuisses noirs, un triangle sur les côtés des joues sous les antennes qui sont noires, et les extrémités des cuisses blanches. Tibias brunâtres; leur tiers api- cal et les tarses d'un blanc livide. Dernier article des tarses brun. Elytres blanchâtres, la marge et leur moitié extérieure noires à (1) Extrait D' F.-X. Fieber, 1875, Les cicadines d'Europe. cv partir du premier secteur, une raie orange entre le premier et le troisième secteur, une autre le long du milieu du clavus. Styles noirs, à base courte, recourbés en angle droit vers le haut en un crochet aigu et d'un blanc jaunâtre. Plaque ventrale semi-discoïdale, bombée; le dernier segment arqué, le suivant échancré en angle, les deux derniers avec un Irait médian jaune. ïube anal en forme de soulier allongé au bord-avec un renflement d'égale largeur k base blanchâtre. * p 4 à 5 mm. Entièrement d'un jaune argileux. Face d'un jaune brun, une raie d'un blanc jaunâtre passant par dessus le clypeus jusque sur le milieu du front, les carènes latérales qui sont crénelées vers l'extérieur et le bord latéral qui est aiguisé d'un blanc jaunâtre. Une raie orange dans la marge entre les secteurs qui sont blancs dans le clavus. Dos brun, les deux segments apicaux et les parties anales d'un jaune argileux. Deuxième article des antennes brun. Ventre jaune avec une raie brune sur le milieu des côtés. Tube anal court, cylindrique, obliquement tronqué avec lobe apical ovale. Gaîne comprimée, obliquement triangulaire vue de côté, largement brune en haut et en bas, grosse à la base. Dernier segment ventral proéminent. Dernier article des tarses brun à l'extrémité ainsi que l'ongle. Delphax discolor? Boh. Cette espèce a été prise au Haillan en filochant dans une luzer- nière en août dernier. Amblyrhina Putoni? Lœw. Cette nouvelle Psyllides a été prise au Haillan sur le genêt à balais en août dernier. Note sur Mantispa pagana Fab. Par M. Maurice Lambertie. Ce Névroptère a été capturé à Cazaux-Lac et aux Courpeires en juillet dernier sur les chênes. Cette espèce habite la plus grande partie de l'Europe, sa larve vivrait aux dépens des œufs d'araignées. Il est cité de la Gironde (E. R. Dubois, Feuille des jeunes natura- listes, 1894-1895), Fontainebleau (A. Finot). CVI La Commission des excursions propose pour Tannée courante les excursions suivantes : 1» Langoiran, 22 avril. 2° Saint-Médard-en-Jalles, 17 mai. 3° Rives du Ciron, 17 juin. 3° Lacanau-Océan, 20 juillet. Séance du l^-" avril 1908. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. PERSONNEL MM. DoLLFUS, ancien président de la Société géologique de France, et CossMANN, ingénieur principal de la Compagnie des chemins de fer du Nord, présentés par MM. Degrange-ïouzin, Molelay, Peyrot, Breignet et Llaguet, sont nommés membres honoraires de la Société. COMMUNICATIONS M. le D"" Lalanne donne lecture d'un mémoire intitulé L'abri sons roche des carrières dit « Abri Audi », station moustérienne et aiiri- gnaciemie près la grotte des Eijsies. Il lit également un mémoire sur La découverte d'un squelette humain de l'âge du renne à Laugerie- Haute. Ces deux mémoires seront publiés dans les Actes de la Société. Notre collègue présente ensuite des instruments en silex taillé provenant de ses fouilles, et des photographies très intéressantes dont quelques-unes accompagnent le texte de ses mémoires. M. Degrange-Touzin donne communication d'une note sur les Nummulites du Sud-Ouest de la France. Ce travail sera inséré dans les Actes. M. Lambertie offre à la Société une série de brochures sur des études entoraologiques. CVII Séance du 15 avril 1908. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. PERSONNEL M. Bardié annonce le décès de M. G. Parrique, plus connu sous le nom de Frère Gasilien. Ce collègue regretté laisse de nombreux documents sur les musées d'Auvergne et a publié divers mémoiresdansles revues de botanique et les Actes de la Société Linnéenne, parmi lesquels figure le travail intitulé Contribution à la Flore des Lichens du Plateau central. CORRESPONDANCE Lettre de MM. Dollfus et Cossmann remerciant la Société de les avoir admis à titre de membres honoraires. M. Cossmann annonce qu'en collaboration avec M. Peyrot, il serait désireux de commencer la publication d'un travail d'ensemble sur la Faune paléoconchologique néogénique de l'Aquitaine, travail à peu près semblable à celui qu'il a déjà publié sur la Faune des ter- rains éocènes du bassin de Paris. Le texte serait accompagné d'un assez grand nombre de planches. La Société vote le principe de la publication de ce travail dans les Actes. M. Dollfus envoie un travail intitulé Etude critique sur quelques Fossiles du Bordelais non figurés ou mal connus. Une Commission, composée de MM. Degrange-Touzin, Peyrot, RoziER, est nommée pour faire un rapport sur ce travail. COMMUNICATIONS M. RoziER, reprenant le vœu émis par M. Bial de Bellerade, demande à la Société de vouloir bien voler l'acquisition de l'ouvrage de M. Cossman, intitulé Essais de Paléoconchologie comparée. Ce vœu est renvoyé à la Commission des Archives. M. A. Bardié présente plusieurs pieds de Primula variabilis Goupil (P. brevistyla D. C.) qu'il a plantés dans des pots placés sur le CVIII rebord de sa fenêtre. Ces primevères lui avaient été apportées par son frère, de Léognan, domaine du Thil. Les prairies fraîches de cet endroit possèdent une flore abondante et variée. Elles sont couvertes au printemps de Primula officinalis Jacq. et de Primula acaulis Jacq. (P. grandiftora Lam.). C'est le voisinage de ces deux primevères qui a produit les hybrides qu'il présente à la Société. Depuis les deux années qu'elles ont été plantées, elles ont formé de nouveaux pieds qui ont donné des fleurs analogues aux pieds primitifs. L'année dernière, l'un des pieds a porté des graines qui sont venues à maturité. La plante est élégante et susceptible de for- mer, comme du reste la primevère à grandes fleurs, de jolies bor- dures dans les parterres. « Sur ma fenêtre, dit notre collègue, cette modeste printanière est du. plus gracieux effet. En même temps qu'elle réjouit ma vue par l'éclat de sa corolle d'or, elle m'a procuré un charmant sujet d'observations ». Remarques sur quelques Arachnides. Par M. Lambertie. Comme suite à ma communication du 2o mars dernier, je crois devoir signaler à la Société Linnéenne les captures de diverses Arachnides nouvelles pour le déparlement de la Gironde. Elles ont été révisées par notre éminent maître, M. Eugène Simon. Argiope Bruennichi Sel., commune dans tout le Sud-Ouest. Je l'ai prise au Haillan, dans une prairie desséchée, en septembre der- nier. Araneus (Epeira) dromadarius Walck, comme la précédente. » )) diadimatus Clerck, trouvée au Haillan, en septem- bre dernier, dans une prairie desséchée. Dans le Sud-Ouest, elle n'est connue que du Gers (Lucante, Cat. rais, des Arachnides du S.-O. Fr., 1879). ^Elurillus insignilus Olivier, nouvelle pour le Sud-Ouest. Elle a été prise à l'Alouette. Philseus chrysops Poda. Elle a été prise déjà à Lesparre (Lucante, loc. cit., p. 11); je l'ai capturée ci l'Alouette. Gnapliosa lucifuga Wlk. n'est connue que du Tarn et Tarn-et- Garonne {loc. cit., p. 58). I CIX M. le D' Lalanne donne lecture d'une note sur un dessin de « Glouton » gravé sur la paroi d'une grotte de l'époque magdalé- nienne, à Laugèrie-Haute. Cette note et le dessin qui l'accompagne figureront dans les Actes de la Société. Séance du 6 mai 1908. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. M. LE Président exprime ses souhaits de bienvenue à notre collègue M. le D'' Pierre Nadal qui assiste à la séance. Rappelant les obsèques de M. de Nabias, il donne lecture du dis- cours qu'il a prononcé en celte circonstance. Discours de M. Degrange-Touzin. Mes cbers Collègues, Messieurs, Je viens, au nom de la Société Linnéenne de Bordeaux, adresser le dernier adieu à l'un de ses membres les pluséminents. C'est avec un sentiment de profonde douleur que j'apporte, devant cette tombe si prématurément ouverte, le sincère témoignage de nos regrets et de notre sympathie. Couché dans l'éternel repos, par un mal aussi mystérieux qu'implacable, de Nabias u'est plus! Mais son image et son souvenir demeurent bien vivants; et c'est pour moi un pieux devoir de rappeler, à cette heure suprême, les qualités et les mérites de ce travailleur infatigable, de ce chercheur obstiné, de ce collègue affable et sympathique que fut de Nabias ! Sans doute il ne m'appartient pas de retracer sa vie scientifique et de dire à nouveau comment par sa vive intelligence, par son labeur incessant, il sut commander le succès et conquérir une situation morale qui l'avait placé si haut dans l'estime du monde savant. Des voix plus autorisées que la mienne, des confrères qui l'ont suivi pas à pas dans le cours de sa carrière hélas ! trop courte, ont fait l'histo- ex rique de celte vie si bien remplie. Ils l'ont montré le scalpel à la main, penché sur le microscope, cliercliant à pénétrer les secrets les plus intimes de la nature. Ils ont dit le zèle qu'il apportait dans son pro- fessorat et le dévouement inlassable qu'il avait pour ses élèves, attentifs à ses enseignements. Ils ont rappelé les distinctions si bien méritées dont il avait été l'objet :1a croix de la Légion d'honneur, les palmes d'officier de l'Instruction publique, les fonctions si délicates du décanat que lui avaient imposées ses confrères, pleins de con- fiance dans son tact, dans sa souplesse d'esprit, dans sa juste fer- meté. Au nom de la Société Linnéenne de Bordeaux, j'ai simplement à rappeler le rôle linnéen du cher et regretté collègue que nous avons perdu. De Nabias était membre titulaire de notre Société depuis le 26 avril 1893. Nommé presque immédiatement membre du Conseil, il fut appelé en peu d'années à tous les degrés de la hiérarchie administrative de notre Société. Il remplit successivement les fonc- tions de secrétaire général, en 1895-1896 ; de vice-président, en 1897; de président, en 1898-1899. Il publia dans les « Actes » de la Société, en 1894, ses Recherches histo logiques et or g analogiques sur les centres nerveux des Gastéropodes, mémoire remarquable qui valut à son auteur le titre de docteur ès-sciences naturelles. Depuis cette époque, il publia soit dans les Comptes-rendus des procès-verbaux de nos séances, soit dans nos « Actes », de nombreuses notes sur des ques- tions de physiologie animale et de biologie. Toutes ces notes, tous ces mémoires sont pleins d'observations intéressantes et attestent un labeur intense, un désir immense de faire la lumière sur les questions douteuses, un intérêt passionné pour la recherche des causes pre- mières. De Nabias avait l'amour de cette branche des sciences naturelles qui cherche à pénétrer les secrets les plus intimes de la vie. 11 pen- sait avec raison que les effets s'éclairent par les causes et que l'art de guérir ferait d'immenses progrès, s'il était permis de connaître la raison et l'origine des maladies. Il s'était donné tout entier a l'étude de ces questions ; on peut presque dire qu'il s'est dévoué jusqu'à la mort à la recherche des problèmes si mystérieux qui faisaient l'objet de ses études favorites. Quand il venait à nos séances, il nous apportait comme un écho de ses travaux et c'était un vrai plaisir d'entendre les explications si claires, si précises qu'il nous donnait sur les observations qu'il avait CXI faites et sur les travaux qu'il avait entrepris. Doué d'une mémoire prodigieuse, ayant à son service une vaste érudition, il prenait part Èi toutes les discussions qui pouvaient se produire dans nos séances et, sur tous les sujets, il apportait des renseignements précieux, des indications utiles, des solutions rationnelles. Un de nos collègues, décédé depuis longtemps, et non l'un des moindres, Henry Brochon, qui se connaissait en hommes, me disait un jour, en sortant de l'une de nos séances : de Nabias me frappe d'élonnement, il sait tout ! Et cette parole était profondément vraie. Tous ceux qui Font approché ont apprécié comme nous à sa juste valeur, sa grande intelligence, la finesse de sa pensée, la vaste science qu'un labeur intensif lui avait fait acquérir. Je n'insisterai pas davantage sur le rôle de notre regretté collègue dans notre Société. Je dirai seulement qu'il avait pour elle une sin- cère et profonde affection, qu'il était heureux de contribuer à sa pros- périté par la valeur de ses travaux et qu'il s'était imposé à notre affection non seulement par le lustre que sa grande science faisait rejaillir sur notre chère Société, mais aussi par les qualités éminen- tes de sa personnalité morale. C'est que de Nabias avait une nature d'élite. Avec lui les relations étaient faciles, empreintes de la plus grande bienveillance. On se sentait attiré vers lui par son aménité, par sa simplicité, par toutes les qualités d'un cœur généreux, d'une âme sympathique et bonne. Hélas ! pourquoi faut-il que tout cela ne soit plus aujourd'hui que des souvenirs ? Pourquoi la mort inexorable a-t-elle fauché avant l'heure cette existence entourée de tant d'affections? Pourquoi nous a-t-elle ravi ce collègue à la physionomie souriante et fine, qui ne connut ni la haine ni les mauvais sentiments? Un souvenir seul demeure dans nos âmes émues; mais ce souvenir ne périra pas, parce que celui qui en est l'objet fut un cœur généreux, une âme droite, une grande intelligence, un homme de travail, de devoir et de dévouement ! Sur le rapport de la commission des publications, l'impression de l'ouvrage de M, Dollfus avec les quatre planches qui l'accompa- gnent est décidée par l'assemblée. Les planches du travail de M. Lalanne seront soumises pour l'étude à cette même commission. Au sujet des travaux de M. Pellegrin et de l'insertion des planches dans le texte, M. Breignet déclare qu'il a déjà écrit et n'a pas encore CXII reçu de réponse. Nouvelle lettre sera adressée à l'auteur afin qu'il donne des renseignements sur les clichés qu'il veut faire insérer. COMMUNICATIONS Lépidoptères nouveaux pour la faune des Pyrénées. Par M. P. RoNDOu, membre correspondant de la Société lÂnnéenne. Lijcaena Donzelii B. — En juillet 1906, MM. P. Chrétien, Fabresse et R. Oberthtlr, chassant ensemble au-dessus de Vernet, dans la forêt de Randaï, les pelouses sylvatiques de Mariailles et jusqu'à l'entrée de la haute vallée de Lipaudère, eurent l'agréable surprise de trouver, sur les parties humides des chemins, quelques exem- plaires cf de la Lycaena Donzelii, espèce des Alpes, que jamais encore on n'avait observée dans les Pyrénées (Ch. Oberthiir, Eludes de lépi- doptérologie comparée, fasc. II, pp. 37-39). Acronycla cwspùHb. — Un individu, à la lampe, à Gèdre, juillet 1907. Agrotis Primulae Esp. — Juillet. Pas rare, à la lampe, à Gèdre. Les individus capturés sont d'un ton plus chaud et plus roux que le type ordinaire et appartiennent à VAb. congener Hb. Agrotis candelisequa Hb. — Capturé h la lampe, à Gèdre, le 6 juillet 1907. Agrotis cinerea Hb., «6. p fusca B. — Le 17 juin 1907, nous avons capturé, près de Gèdre, sous une motte de gazon, sur la pente d'une montagne exposée au soleil, un superbe exemplaire de cette rare variété. Dianthœcia luleago S. V., var. argiltacea Hb. — Un individu, à la lampe, à Gèdre, en juillet 1905. Plastenis retiisa L. — Juillet. Dans les peupliers qui bordent les Gaves, à Oloron (Gérardin). Cymatophora duplaris L. — Juillet. Capturé à Oloron (Gérardin). Scopelosomd satellilia L. ah. brunnea Lamps. — Dans cette variété, la tache blanche est remplacée par une tache brune. Presque tous les individus de la haute vallée du Gave de Pau appartiennent à cette aberration. Ephyra linearia Hb. var. Strabonaria L. — Cette variété forme CXllI transition entre punctaria L. et linearia Hb. A la lampe, à Gèdre, en 1906. Tephroclystia salyrala Hb., var. subatraia Stgr. — Cette variété de Satyrala, d'une teinte uniformément grisâtre, se prend quelquefois avec le type, à Gèdre. Boarmia luridata Bkh. — Juin. Rare. Contre le tronc des aulnes, Oloron (Gérardin). Cheimatohia horeata L. — Octobre. Un individu, à la lampe, à Gèdre, en 1906. Zygaena Carniolica Sep. — Août. Le 7 août 1906, à Forée de la vallée du Campbieil, à 1.700 mètres environ d'altitude, nous avons capturé cette espèce, butinant, dans un ravin, les fleurs de Scabiosa arvensis. M. Peyrot, à la suite d'une entrevue qu'il a eue avec M. Cossman, demande que l'ouvrage qu'ils feront paraître soit tiré dans le format in-4°, afin de conserver aux planches tout leur caractère. La question est renvoyée à la Commission des publications. Observations sur le sang de la Torpille (1). (Torpédo marmorata Risso) Par les D'" J. Sabrazès et L. Muratet Nous avons fait connaître en 1900 une curieuse particularité mor- phologique des hématies de la Torpille que nous avons décrite sous le nom de « granulations mobiles ». Divers poissons à un degré moindre présentent aussi cette particularité, tels la Lamproie (Giglio- Tos), l'Hippocampe, etc. Les études de Pappenheim, Foa, Cesaris Demel, etc., sur la coloration vitale des hématies ont jeté une vive lumière sur l'aspect granulo-filamenteux de certains globules rouges et sur la signification de cette modalité d'hématies juvéniles qui abondent dans le sang embryonnaire. Ces inclusions globulaires sont de plusieurs sortes. Cesaris Demel distingue un réseau filamen- teux, des granulations métachromatiques et un gros corpuscule dont le type s'observe dans le sang du chat à la naissance. (1) Travail de la Slalion biologique d'Arcachon. Procès Verbaux 1907-1908 CXIV Le sang de la Torpille adulte est un objet d'étude de premier ordre à cet égard. Nous venons de vérifier l'exactitude de nos constata- tions sur deux torpilles femelles, adultes, normales. Nous renvoyons le lecteur à notre travail publié dans le Bidlelin de La Station biologi- que d'Arcachon, 1900. Nous avons, de plus, examiné ce sang à l'aide des divers procédés de coloration dite vitale. Celui de Cesaris Demel est certainement le plus parfait. Il consiste à étaler sur une lame très chaude une couche de solution alcoolique de brillant krésyl-blau à l'aide d'une baguette en verre. La solution sèche immédiatement et laisse un dépôt homogène de matière colorante. On y dépose une gouttelette de sang supportée par une lamelle. Les granulations mobiles répondent à la substance granuleuse métachromatique de cet auteur. Mais, à l'encontre de ce qu'on observe généralement dans la série animale, ce n'est pas le réseau filamenteux qui prédomine dans ces globules : il est même réduit à des bâtonnets droits ou onduleux, surmontés parfois d'une granula- tion rappelant la forme d'un goupillon ou du bacille du tétanos. Ces filaments, d'épaisseur variable, tantôt grêles, tantôt ayant l'épais- seur d'une bactéridie, ont un volume qui est en rapport avec la grosseur des granulations qui leur sont associées. Or, le volume des grains varie de [/. 33 à 3 [j. 48. La teinte de ces filaments n'est pas ou n'est que très faiblement métachromatique. Autre remarque au sujet de ces hématies de la Torpille : dans les autres espèces anima- les à l'âge adulte, la proportion d'hématies granulo-filamenteuses, à l'état physiologique, est très faible, par rapport aux autres hématies. Chez la Torpille, toutes les hématies sont plus ou moins granuleuses et la plupart à un haut degré (une quarantaine de granulations et plus). Ces granulations et ces bâtonnets, reconnaissables à l'état frais sans coloration, sont animés de mouvements browniens au sein même du protoplasma. Ils n'ont rien à voir, dans ce cas, avec la capsule d'enveloppe du globule. On sait qu'on a voulu expliquer par des plissements ou par des contractions de la membrane servant de points de fixation aux colorants les réseaux filamenteux révélés par la coloration vitale. Ces granulations et ces bâtonnets ne se retrouvent plus sur les préparations fixées et colorées, â l'encontre des granulations baso- philes proprement dites. Elles ne sont plus représentées que par un état criblé, lacunaire, sur lequel nous avons déjà insisté en 1900. C'est autour du noyau de l'hématie que se trouvent ces corpuscules cxv mobiles : lui-même n'en présente pas dans sa substance. Ces héma- ties bourrées de granulations ne sont nullement altérées, elles ne présentent aucune crénelure; on ne saurait, dans les conditions d'examen oîi nous nous sommes placés, penser à un artifice de pré- paration. Il paraît y avoir des termes de passage entre les filaments et les granulations métachromatiques. Ces deux catégories d'encla- ves ne sont pas aussi distinctes que le dit Cesaris Demel. En somme, la Torpille adulte se comporte, au point de vue des globules rouges, comme un embryon ou comme un animal à la nais- sance. Toutes ses hématies, ou presque, sont granulo-filamenteuses avec une énorme prédominance des granulations. Le sang, envisagé à d'autres points de vue, témoigne d'une incessante rénovation de ses éléments. Ainsi, à côté des hématies riches en hémoglobine, orthochromati- 1 j . 1 j- ^. . j lo -7. 66 20 a 88 ques, ovales, dont le diamètre varie de — — ^ — — à — - — - nous trou- 24 a 56 29 [j. 58 vous des Clématites polychromatiques de même taille, quelques microcytes ortho ou polychromatiques ( '" ) et, faits dignes de \9 [j. 86/ remarque, 1° des figures de karyokinèse, rares à la vérité mais non douteuses; 2° de véritables hématogonies lymphocytoïdes, de forme ronde, avec tous les intermédiaires jusqu'à l'hématie adulte poly- chromatique. Les caractères des formes originelles lymphocytoïdes des globules rouges sont les suivants, après Jenner-Giemsa combi- nés : a) noyau beaucoup plus volumineux, très alvéolaire, à chroma- tine lâche d'un bleu pâle, dont les mailles sont gorgées d'une abon- dante substance acidophile; le noyau de l'hématie adulte est beau- coup plus petit, à chromaline plus contractée, plus basophile; b) le protoplasma est basophile, mais avec une teinte rose violacé d'hémo- globine s'accusant sur la marge. Dans cette note préliminaire, nous n'insisterons pas davantage sur la description des hématies de la Torpille. Nous laissons de côté toute discussion au sujet de la substance granulo filamenteuse, tout en écartant l'hypothèse, soutenue par plusieurs auteurs, d'accidents de surface de la membrane au contact des colorants. Voici quelques autres observations que nous avons pu faire sur le sang de ce poisson. Les thrombocytes ne se différencient pas de ceux des espèces voi- sines. Ils sont très altérables et autour d'eux se font de petits réseaux fibrineux. L CXVI Les globules blancs appartiennent aux catégories suivantes : a) Lymphocytes de dimensions variables, mais bien au-dessous de celles des globules rouges, à noyau compact rouge violacé; le pro- loplasmapeut contenir quelques granulations azurophiles mises en évidence par les colorations combinées éosine-orange-alcool méthy- lique-Jenner-Giemsa. Le protoplasma est plus ou moins basophile, forme une bordure plus ou moins large rappelant parfois le type mononucléé. • Ces lymphocytes sont doués de mouvements amiboïdes à la tem- pérature ambiante (27 avril 1908). b) Acidophiles. Deux catégories de cellules contiennent des granu- lations acidophiles; les unes, parmi ces cellules, relativement petites, ont des granulations cristalloïdes, ovalaires, ou en fer de lance, plus ou moins fines, plus ou moins lancéolées, d'un rouge éclatant après action de l'éosine-bleu de méthylène; les autres*, plus volumineuses, ont des grains éosinophiles plus ténus, plus ternes et plus denses. Le noyau de ces deux éléments est rond, ovale ou un peu contourné en forme de cœur, d'as de pique, exceptionnellement en bissac ou en fer à cheval. Ces cellules acidophiles sont animées de mouvements amiboïdes qui persistent au moins une heure, entre lame et lamelle, sur les préparations colorées, à l'état frais, par le brillant-krésyl- blau. On ne trouve pas de mastzellen ni d'éléments polynucléés neutro- philes par le triacide. Nous n'avons pu, jusqu'à présent, fixer les rapports numériques de ces divers éléments. 11 est très difficile également de faire l'héma- timétrie des globules blancs des poissons; un bon nombre de throm- bocytes sont inévitablement comptés en même temps que les leuco- cytes. Pour ce qui est des globules rouges, leur nombre par millimètre cube de sang était de 136 400 pour l'une des torpilles et de 112.727 pour l'autre. La quantité d'hémoglobine en grammes pour 100 était de 3 gr. 19, correspondant à 21 et 22 de l'échelle de Fleischl. Le nombre des globules blancs et des thrombocytes, comptés à la fois, variait de 21.700 à 17.360. On voit que le nombre relativement minime des globules rouges est compensé par leurs dimensions énormes et par leur valeur glo- bulaire considérable (cinq fois plus forte au moins que pour un glo- bule humain normal). Le sang puisé au cœur et recueilli dans des pipettes Pasteur com- ex VII mence à se coaguler assez vile et de la façon suivante : la colonne sanguine se rétracte un peu latéralement et un sérum peu coloré ^'exsude sur les bords. Celte colonne de sang prend un aspect strié, scalariforme, avec disques sombres alternant avec des parties plus claires, mais au lieu de continuer à se rétracter, comme le sang de l'homme normal dans ces conditions, la colonne s'effondre au bout de deux heures environ; une sédimentation globulaire en résulte, dans laquelle on ne trouve pas de filaments de fibrine par l'examen direct (le caillot s'est dissous). Le sérum qui surmonte le dépôt glo- bulaire est très abondant par rapport au volume du dépôt hémali- que ; ce sérum est d'aspect aqueux, à peine un peu nuancé de jaune. Les globules ainsi spontanément sédimentés se conservent pen- dant assez longtemps. C'est ainsi qu'au bout de trois jours ils four- nissent encore de bonnes préparations. L'hémolyse ne commence que tardivement, une huitaine de jours après la récolte. Le sang des mammifères, et en particulier de l'homme, a donné lieu à un nombre considérable de travaux. Par contre, on s'est très peu occupé du sang des vertébrés inférieurs. Il y a intérêt à appli- quer à des recherches de ce genre les techniques modernes de l'hématologie. Depuis quelques années, nous avons fait de nom- breuses observations sur le sang dans la série animale, particulière- ment chez les poissons, et nous avons acquis la conviction qu'à cha- que espèce correspond un état du sang particulier, qui pourrait être utilisé dans les travaux de classification. En comparant les données de l'examen du sang entre espèces même assez éloignées dans la série, on établira des rapprochements inattendus; mais l'hématolo- gie comparée n'en est encore qu'à la période analytique et nous nous bornons, pour la Torpille, à apporter simplement des documents, ainsi que nous l'avons déjà fait, en 1902, pour l'Hippocampe. Trypanosome de la Torpille. (Torpédo marmoralâ Rissoj. Par MM. les D^'' J. Sabrazès et L. Muratet. En examinant le sang du cœur d'une Torpille de 35 centimètres de long environ, nous avons découvert un trypanosome qui présente les caractères suivants : Le corps mesure de 31 u. à 47 \j., le flagelle 10 u. environ; l'épais- ex VIII seur varie de 1 p. 74 à 3 i». 48. La membrane ondulante est relative- ment basse, s'atténue considérablement aux extrémités et est très peu festonnée. Les ondulations du parasite sont serpentines avec parfois une boucle presque fermée à la racine du flagelle. Le cyto- plasme se colore en bleu violacé par les solutions de Jenner-Giemsa appliquées l'une après l'autre, les granulations protoplasmiques ne ressortent pas nettement; le chromoplasme est entrecoupé de stries claires et de petites vacuoles piquées parfois d'un petit grain coloré en rouge. Le noyau est situé du côté du flagelle à peu près à l'union du tiers moyen et de l'autre tiers. Il est ovale et mesure 3 [j. 48 sur 2 p- 67. Il a une tonalité rougcâtre. Le blépharoplaste est très mar- qué, rond, coloré en rouge. Il mesure [j. 87; l'extrémité qui con- tient le blépharoplaste va s'effîlant et se termine par une petite pointe fine. Le protoplasma s'éclaircit considérablement à ce niveau. Ji > 1. Coloration entre lame et lamelle, sur des préparations sèches et sans fixation préa- lable, par une solution de bleu de méthylène à 1 "/o. 2 et 3. Fixation par les vapeurs d'acide osmique d'une préparation par frottis non desséché, dessiccation, coloration par éosine-orange-Jenner-Giemsa. Du côté du flagelle, l'amincissement est graduel. Les vacuoles du protoplasma sont un peu plus nombreuses aux extrémités qu'au centre. Les formes figurées en 1 et 2 peuvent être considérées comme normales; le flagelle, très court en 2, a probablement été amputé au cours des manipulations. Nous avons rencontré, de plus, des formes représentées en 3 dans lesquelles le ratatinement du noyau, situé dans une logette en bourrelet, l'état chagriné du pro- GXIX toplasma, la perte de la membrane ondulante, du blépharoplaste et du flagelle indiquent certainement un état de dégénérescence et de vieillissement. Les parasites étaient assez rares (en moyenne deux ou trois par préparation). Nous avons rencontré ce trypanosome dans le sang du cœur intra vitam chez une torpille sur deux examinées (torpilles femelles). Elles provenaient des réservoirs de la Station biologique d'Arcachon et avaient été pêchées récemment dans le Bassin (1). Ce trypanosome n'avait pas été décrit jusqu'à présent; c'est, pen- sons-nous, une nouvelle espèce; nous lui donnons le nom de Tnjpa- nosoma torpedinis n. sp. J. Sabrazès et L. Muratet 1908. Nous pen- sons, en effet, qu'il faut donner à ces parasites, jusqu'à plus ample informé, le nom de leur hôte. C'est ainsi que nous avons toujours désigné dans nos divers travaux (2) le Trypanosome de V Anguille que nous avons découvert et décrit et qui est un objet d'étude de premier ordre, à en juger d'après les nombreuses publications aux- quelles il a donné lieu, depuis lors. Nous réservons l'étude détaillée de cette nouvelle espèce pour un travail ultérieur, M. le D"^ Lalanne présente un spécimen de Bœmanthus mulliflorus en fleurs et accompagne sa présentation de la note suivante : Le 27 mars 1907, j'ai reçu de M. l'explorateur Chevalier quelques plantes et bulbes de la Côte d'Ivoire. Parmi ces derniers, se trou- (1) Nous remercions notre collègue et ami le D^ Sellier, directeur adjoint des Laboratoires, qui a bien voulûmes faire mettre à notre disposition. (2) Sabrazès et Muratet, Trypanosome de l'anguille {Anquilla vulgaris). Société Linnéenne de Bordeaux, 18 décembre 1901, mars 1902, 2 juillet 1902 (avec planche en noir). Trypanosome de l'anguille. Gaz. hebd. des Se. méd. de Bordeaux, 3 août 1902. Trypanosome de l'anguille. Bulletin de la Société scientifique d'Arcachon, 1902 (avec planche en couleurs). Trypanosome de l'anguille. Processus de division. Comptes rendus des séances de la Société de Biologie, séance du 16 janvier 1904, t. LVI, p. 66. Vitalité du trypanosome de l'anguille dans des sérosités humaines et animales. Osmonocivité de l'eau. Comptes rendus des séances de la Société de Biologie de Paris, 30 janvier 1904, Gaz. hebd. des Se. méd. de Bordeaux, n° 4, 1904. Absence d'auto-agglutinalion des hématies dans les préparations du sang d'Anguilla vulgaris contenant les trypanosomes. — Vitalité du Tr;jpanosoma anguillse dans le sang du cœur après la mort de cet animal. Communications à la Société Linnéenne de Bordeaux, séance du 15 mai 1907. Gaz. hebd. des Se. méd. de Bordeaux, n° 20, 19 mai 1907. cxx valent quatre bulbes de Crinum nalans Baker, magnifique plante donnant des fleurs d'un blanc pur, odorantes, venant affleurer à la surface de l'eau. Bien que j'aie suivi toutes les indications de M. Che- valier pour réaliser les conditions biologiques de son milieu d'ori- gine, les bulbes n'ont pas tardé à périr, à mon grand regret. En même temps je recevais un bulbe de Hœmanthus multiflorus Mast. et Nod. que j'ai mis en culture le 28 mars 1907 et que j'ai eu la satis- faction de voir fleurir. V Hœmanthus multiflorus appartient à la famille des Amaryllidées. Ce n'est pas une plante absolument nouvelle, car son introduction en Europe date de 1783 et on la voit figurer dans les vieux catalogues des horticulteurs belges et anglais d'oi^i elle semble avoir disparu depuis quelque temps. Elle est originaire de la Côte Occidentale d'Afrique, par conséquent des régions intertropicales oii elle habite les endroits sablonneux, principalement du littoral. Le bulbe atteint une dimension relativement assez forte, et le jeune bulbe naît sur l'ancien qui disparaît progressivement en donnant d'autres jeunes bulbes. Les feuilles, au nombre de trois ou quatre, sont ovales, lan- céolées ou oblonges, ondulées, rétrécies à, la basé en un pétiole engai- nant. L'inflorescence forme une sorte d'ombelle sphérique portant jusqu'à soixante fleurs entièrement d'un beau rouge pourpre. Tout en effet est rouge, le périanthe, le style, les étamines. Chaque fleur est portée par un pédicelle grêle muni de bractées membraneuses. L'ovaire est petit et renferme deux ou trois ovules seulement. Le filet des étamines est très développé et atteint presque les dimen- sions des segments du périanthe. Le style est encore plus robuste que les étamines. C'est de toute façon une fort belle plante qui mériterait d'être plus souvent cultivée. Voici quelques indications spéciales à sa culture données par Van Houtte, en dehors des soins nécessaires à la culture des plantes bulbeuses. « Cette Amaryllidée exige la serre chaude pendant tout le temps de sa végétation, c'est-à-dire depuis environ le mois de septembre jusque vers mars ou avril suivant. Plantée dans une terre riche en humus, elle restera pendant toute notre belle saison placée sur une tablette de la serre froide, dans un endroit oii elle puisse jouir de la plus grande somme possible d'air et de lumière. Là, elle ne végétera pas; on aura donc soin de n'humecter que légèrement la terre de son pot. Aussitôt qu'elle donnera signe de vie, on se hâtera de la CXXI rentrer en serre chaude, soit sur une tablette, soit dans la couche même, à la seule condition de lui donner une place où Fair et la lumière lui arrivent en abondance. Tous les deux ou trois ans, au moment de son repos, on en séparera les jeunes cayeux, ou on en coupera net le vieux bulbe s'il est bien diminué. » En la conduisant de cette manière, on jouira plus souvent de la floraison de cette belle plante, qu'on voit trop rarement dans les collections ». M. Gouin fait une présentation de Lépidoptère trouvé par M. l'abbé Reignac, VOrthocaris Cardamines var. Reignaci. M. Lambertie remet pour la Bibliothèque : La Géographie zoologique, du D^ Trouessart. La Terre et l'Homme, de M. Alfred Maury. Au nom du Concilimn Bihliographicum avec lequel il est en cor- respondance, notre collègue demande l'envoi de nos Actes à cette Société. Celte requête sera étudiée par la commission des archives. Séance du 20 mai 1908. Présidence de M. le D"" Lamarque, vice-président. M. LE Président demande l'insertion dans les Actes d'une notice biographique sur notre regretté collègue M. de Nabias. Ce travail est confié à M. Llaguet qui, non sans émotion, veut bien remplir ce devoir de reconnaissance envers son ancien et vénéré maître, son parrain à la Société. CORRESPONDANCE Une demande est faite par M. Dollfus pour qu'il lui soit permis d'ajouter à sa publication une cinquième planche. Satisfaction est donnée à cette demande. CXXII COMMUNICATIONS M. MuRATET fait une communication, en son nom et au nom de M. Sabrazès, qui a pour titre : Elude du sang de V Axolotl. Les examens nombreux et curieux faits sur un animal adulte ont encore permis à nos collègues d'observer des figures karyokinéti- ques et de faire de nouvelles remarques sur les globules constitutifs du sang. Une note de cette intéressante étude sera insérée aux procès-ver- baux. M. le D"" Pierre Nadal présente, en son nom et au nom deM. Peyrot, une hache en bronze trouvée dans un gisement à Saucats, à l'en- droit dénommé le Pelona. Notre collègue, qui fouille depuis long- temps et avec ardeur cette région, n'avait jamais eu jusqu'à ce jour l'espoir de trouver des documents de cette nature, et cette décou- verte, stimulant sa patiente activité, lui permettra de nous soumet- tre d'intéressantes communications. Nouvelle station du Ijiosoma Pyreneeum Bris. Par M. Maurice Lambertie. Dans une note parue dans les procès-verbaux du 18 mai 1892, notre collègue, M. G. Eijquem, parle de la capture du Liosoma Pyre- nxum Bris, à Bègles sur Lalhrxa clandesiina au bord de la Garonne près de la propriété de Tartifume; il le cite aussi de Floirac par M. Augereau. M. /. Pérez dit l'avoir rencontré dans les tleurs de la même plante au bord du Rébédech (P.-V. Soc. Linn. de Bordeaux, V. LUI, p. XLIV). Celle année, j'ai capturé ce Curculionide (une vingtaine) à Camar- sac dans les écailles de la même plante et dans une prairie maréca- geuse. Près du Lalhrœa se trouvait en abondance la Ficaria ranun- culoïdes qui avait ses racines enchevêtrées avec celles de celle plante; fait très surprenant c'est que, dans la même prairie, il y avait d'autres Lalhrœa sans Ficaria autour et pas un seul Liosoma Pyrenœum Bris. Ce Curculionide vivrait-il dans les liges de la Ficaire? Sur le coteau dominant la prairie en question, j'ai pu capturer dans l'écorce d'un vieux chêne coupé à 20 centimètres du sol, une douzaine de Colydium filiformis F. CXXIII M. le D"" LAMARQUEfait la présentation d'une collection de scorpions trouvés à Bordeaux dans des caves au quartier des Cliartrons. Notre collègue donne ensuite le programme de l'excursion qui doit avoir lieu, le dimanche 7 juin, dans la vallée du Ciron. Tous les détails du projet soumis sont adoptés, et des mesures sont prises pour qu'au plus tôt l'excursion soil annoncée. Séance du 3 juin 1908. Présidence de M. Lamarque, vice-président. L'ordre du jour porte le choix d'une localité pour la prochaine fête linnéenne. A l'unanimité et après lecture d'une lettre par laquelle notre président appuie une proposition faite, le choix se porte sur Cestas où les divers ordres des sciences naturelles étudiées à la Société trouveront des éléments de travaux. COMMUNICATION M. le D'" Lalanne présente un spécimen de Utrkularia monlana Pois, en fleurs, en l'accompagnant des observations suivantes : Parmi les nombreux catalogues d'orchidées que je reçois, il en est quelques-uns, particulièrement ceux qui émanent des horticulteurs anglais, qui offrent au nombre des orchidées, des Utricularia. Ne connaissant pas dans la famille des orchidées de genre Utricularia et poussé par la curiosité, je me suis procuré cette plante. Elle fleurit chez moi pour la seconde fois et j'ai pensé qu'elle intéresserait mes collègues qui s'occupent de botanique et qui connaissent bien nos charmantes utriculaires indigènes, U. intermedia, U. minor, U. neglecta, U. vulgaris, qui sont des plantes aquatiques, générale- ment rangées au nombre des plantes carnivores, curieuses aussi par leur mode de végétation. VU. monlana Pois, présente bien tous les caractères de la famille des Lentibulariées, mais ce qui en fait surtout une plante curieuse, c'est son habitat qui est épiphyte, et chez nous elle doit être cultivée en serre chaude. Originaire des Indes Occidentales, elle en a été importée pour la première fois en 1871. CXXIV Une de ses variétés à fleurs roses désignée par Reiclienbach sous le nom de U. Endresii a été importée de Costa-Rica en 1874. Quatre ou cinq espèces, d' Ulricularia ont été introduites comme plantes de serres, mais elles semblent avoir à peu près disparu des cultures, car je ne les vois jamais signalées. Bien que [' U. montana ait la réputation d'une plante de culture difficile, nous avons eu la satisfaction de la voir fleurir et fructifier dans les meilleures conditions. Non seulement le spécimen que je vous présente est de belle tenue, mais nous avons d'abondants semis qui nous promettent une riche collection d'élèves. Monstruosité chez une fleur de Cypripedium Mahlerae. Par le D'' G. Lalanne. J'ai l'honneur de présenter à la Société Linnéenne une fleur de Cypripedium Mahlerse, très bel hybride de Cyprip. Rothschildia- num X Lawrenceanum qui présente une curieuse anomalie. Il y a, en effet, deux labelles, ce qui est tout-à-fait exceptionnel. Fouilles préhistoriques à l'abri sous roche de Laussel, commune de Marquay (Dordogne). (Note préliminaire). ParleD'"G. Lalanne. Sans vouloir entrer pour aujourd'hui dans de grands développe- ments, j'ai l'honneur de faire connaître à la Société Linnéenne que j'ai entrepris des fouilles très importantes qui me promettent déjà de brillants résultats. Je me suis imposé la tâche d'explorer l'abri sous roche de Laussel, dépôt quaternaire considérable, situé sur le terri- toire de la commune de Marquay, dans le Sarladais. Cet abri s'étend sur une longueur de 126 mètres et sur une épaisseur souvent énorme. C'est un gisement des plus riches qui fera plus tard l'objet d'une élude complète. Malgré toutes les découvertes qui ont été faites dans cette région, il y a encore beaucoup à faire pour arriver à reconstituer l'histoire complète de notre ancêtre primitif. Malheureusement les fouilles sont rarement conduites avec une méthode rigoureusement scientifique et les nombreux chercheurs qui ont exploré la région se cxxv sont bornés le plus souvent à de simples sondages, négligeant ainsi d'étudier la stratigraphie complète d'un gisement. Telle n'a pas été ma manière de procéder. Après m'ètre assuré la propriété de l'abri sous roche de Laussel, pour le laps de temps nécessaire à son explo- ration, j'ai pratiqué une tranchée sur toute la hauteur du gisement et de cette façon j'ai retrouvé la succession des assises qui chacune représente une civilisation particulière. C'est ainsi que, tout-à-fait à la base, je trouve les vestiges de l'industrie acheuléenne : au-dessus, une assise moustérienne séparée de la précédente par une couche stérile, enfin au-dessus, il y a deux dépôts aurignaciens,leplus ancien, typique, marquant la transaction du moustérien à l'aurignacien, le supérieur plus récent, avec une industrie nouvelle, et au-dessus, séparée de l'assise sous-jacente par une couche stérile de l'^âO d'épais- seur, nous trouvons l'industrie sohUréenne. Mes fouilles ont eu la faveur de visites nombreuses d'archéologues les plus distingués de la région et de la France. Pendant les vacances de Pâques, notamment, ces visites ont été fréquentes, et j'aurais été très heureux de recevoir personnellement les éminents confrères qui s'étaient rendus à Laussel et je n'aurais pas manqué de tirer le plus grand bénéfice de leurs indications et de leurs conseils. Malheureu- sement les circonstances m'avaient éloigné de la région. Ces Messieurs ont eu l'extrême amabilité de rédiger un procès-verbal très flatteur et très encourageant qu'ils ont bien voulu me communiquer et que je trouve dans un des derniers numéros de la Revue préhistorique que dirige avec tant d'autorité le docteur Paul Raymond et que je demande à la Société la permission de lui communiquer. « Invités par le docteur Lalanne à visiter la fouille si démonstrative qu'il fait en ce moment même à Laussel, les commissaires se rendi- rent alors à ce dernier gisement. Ici nous serons brefs, désirant réserver les droits de M. le D'' Lalanne qui n'avait pu se rendre au rendez-vous. Qu'il nous suffise de dire que sous la couche solutréenne déjà connue de cet intéressant gisement, M. le D"" Lalanne a découvert le niveau aurignacien le plus riche et le plus typique qui soit. Voici, d'ailleurs, le procès-verbal arrêté sur les lieux et dont copie a été transmise à M. le D^ Lalanne. » Les soussignés, s'étant rendus aujourd'hui, 15 avril 1908, au domaine de Laussel pour étudier le gisement actuellement exploré par le docteur Lalanne, ont constaté le grand intérêt que présentent les fouilles si démonstratives qu'il y exécute. cxxri » Les couclies relevées ont été les suivantes, en partant de la base et en remontant du ruisseau vens le rocher : couche acheuléenne, couche moustérienne, couche aurignacienne, avec deux niveaux typiques, inférieur et supérieur ; couche solutréenne (solutréen supé- rieur). Les soussignés adressent leurs félicitations à M. le D^ Lalanne pour les soins apportés à ces fouilles et pour les sacrifices qu'il fait si largement dans l'intérêt de la science. Ils le remercient de l'esprit libéral avec lequel il a soumis ses tranchées à leur contrôle. Des remerciements sont adressés à M. Peyrille, chef de chantier ». Le gros intérêt que présentent les fouilles dont j'ai l'honneur de vous entretenir réside surtout en ce fait qu'elles nous permettent de trancher d'une façon définitive une question des plus controver- sées de la préhistoire. La classification généralement adoptée aujourd'hui dans la science préhistorique est celle de M. Mortillet, qui, il faut le reconnaître, a rendu h la science d'immenses services. Lorsque M. Mortillet créa cette classification (Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, séance du 5 mars 1869), il intercala entre le solutréen représenté dans la Dordogne par l'industrie de Laugerie-Haute et le Magdalénien un étage aurignacien, ayant le faciès d'Aurignac (Haute-Garonne). Mais plus tard, pour des raisons que nous ignorons, M. de Mortillet supprima l'étage aurignacien de sa classification. D'autres archéologues cependant avaient reconnu cet étage auri- gnacien. M. Lartet avait remarqué trois types de stations de l'âge du renne : l'un de ces types, qu'il considérait comme le plus ancien, avait le faciès d'Aurignac et était représenté à Gorge d'Enfer, il y avait aussi le faciès de Laugerie-Haute et le plus récent le faciès de la Madeleine. M. Piette,se basant surtout sur des caractères tirés de Fart, recon- nut les mêmes étages, et établit pour la région pyrénéenne la classification suivante : Etage Eburnéen, le plus ancien, représenté surtout à Brassempouy, avec sculptures humaines en ronde bosse; une assise intermédiaire analogue aux gisements d'Aurignac, puis un étage Gourdanien, représenté à Lorthet, Gourdan et Le Mas d'Azil, avec harpons rares, une assise à harpons fréquents [Lorlhelien) et enfin une assise à harpons plats et à galets peints {azylien). M. Gartailhac a nettement établi dans la Haute-Garonne l'antério- rité des gisements d'Aurignac sur les gisements solutréens. CXXVII MM. Peyrony et Capitan,dans la Dordogne, sont arrivés aux mêmes résultats, ainsi que MM. Bardou et Bouyssonie, pour la Corrèze, M. Daleau, pour la Gironde. M. Tabbé Breuil, qui a coordonné tous ces documents dans des mémoires du plus haut intérêt et que devront lire tous ceux que cette question intéresse, a montré que les dépôts quaternaires de la Caverne des Coltés (Vienne), du gisement des Roches (Indre) sont également antérieurs au solutréen. Mais M. l'abbé Breuil a démontré que cet étage aurignacien a une importance géographique considé- rable, et dépasse de beaucoup les limites d'une région. Il est arrivé à établir, en effet, que ce niveau du typed'Aurignac se rencontre aussi en Belgique à Pont-à-Lesse (inf.) et probablement dans d'autres pays encore. Malgré tous ces documents, l'existence du niveau Aurignacien a été contestée par des archéologues éminenls, particulièrement par M. A. de Mortillet et M. le professeur Girod, doyen de la Faculté des sciences de Clermont-Ferrand, qui a consacré de nombreux travaux aux gisements quaternaires de la vallée de la Vézère. C'est précisément avec l'espoir de trancher définitivement cette question que j'ai entrepris les fouilles que je vous signale. Comme vous avez pu le voir par les quelques documents stratigraphiques que je vous ai donnés, il n'y a aucun doute sur l'existence d'un étage aurignacien et sur sa position entre le moustérien et le solutréen. Tels sont les premiers résultats de mes recherches, qui, vous le voyez, présentent un haut intérêt et justifient les sacrifices que je me suis imposés. Inutile de vous dire que les matériaux rassemblés seront considé- rables et demanderont un long examen. Mais il est un premier point acquis désormais à la science, c'est l'antériorité des assises aurignaciennes sur les assises solutréennes, et l'aurignacien a sa place ii:e»médiatement après le moustérien, et non entre le solutréen et le magdalénien, comme le voudraient MM. Girod et de Mortillet, CÏXVIII Séance du 18 juin 1908. Présidence : M. le D' Lamarque, vice-président. COMMUNICATIONS M. BoYER présente un champignon, Paxillus atrolomentosus, récolté dans les environs. Il soumet à l'assemblée des planches de champi- gnons publiées par la Société mycologique de France, propose l'achat de l'atlas complet du prix actuel de 25 francs et demande l'abonnement au bulletin de cette Société. L'ensemble des propositions est renvoyé à la commission des archives. L'élude du programme d'excursion pour Lacanau est renvoyée à la prochaine séance. Séance du 1" juillet 1908. Président : M. Motelay, président honoraire. La correspondance comprend une lettre d'invitation de l'Associa- tion pour l'Avancement des Sciences, une lettre de l'Académie des Sciences et Lettres de Montpellier relative au prix Lichtenstein sur la zoologie des animaux, exception faite de l'homme. Au sujet du procès-verbal de la dernière séance, M. Breignet annonce avoir soumis les propositions de M. Boyer à la commission des archives. Celle-ci a accepté l'acquisition de l'Atlas mycologique de Roland et proposé de faire l'échange des publications avec cette Société. Celte commission a donné d'autre part un avis favorable pour l'achat du Catalogue des Coquilles vivantes de France, d'Europe et exotiques par Poelel et CQ\màe,& Essais de Paléoconchologie compa- rée de Cossmann. CXXlX COMMUNICATIONS M. DoiNET donne la liste des espèces mycologiques qu'il a trouvées avec M. Boyer dans plusieurs excursions faites, le mois dernier, aux environs de Bordeaux, particulièrement au Vigean. Le 7 juin : Collybia fusipes. Psalhyra (?) Russula depallens. Canlharellus cibarius. Slropliaria semiglobata . id. var. mamillata. Le 11 juin : Boleliis sereus. Schizophillum commune. Stereum ferrugineum. Paniis sliplicits. Le 14 juin : Boletus obsonium. armeniacus. Paxillus atrotomentosus. Le 21 juin : Amanita vaginata, var. cinerea. id. var. orange. Le 24 juin : Amanita rubescens. Russula lactea. peclinata. vires cens. heterophylla. cyanoxantha. lateritia. Boletus granulatus. Cortinarius leucopus. Marasmius terginus. Coprinus nyctemerus. M. Brown donne lecture de la note suivante : Je viens signaler un fait de botanique qui, si je m'en rapporte à une note insérée dans le compte rendu de la 60® fête linnéenne (vol. 32 de nos Actes, p. 92 des procès-verbaux), ne serait pas absolument dépourvu d'intérêt. C'est la présence du gui sur un pied d'aubépine. La localité indiquée dans le compte rendu ci-dessus mentionné est le Carpiat, sur la route de Budos; celle que j'indique aujourd'hui est Procès Verbaux 1907-1908 9 cxxx le coteau de Cenon, où j'ai fait mes observations dans le courant de l'hiver et du printemps derniers. C'est également sur un pied 4'aubépinefort vieux, un vrai arbre ou arbuste, que végète, en quan- tité considérable, la plante parasite, et ceux de nos collègues qui voudraient constater le fait de leurs propres yeux n'ont pas besoin de faire le voyage de Budos. Rentrant dans ma spécialité de Lépidoptériste, je commence par corriger une erreur qui s'est glissée dans mon Catalogue des Pyrales de 1892, oiî j'ai signalé Metasia carnealis comme capturé par moi aux environs de Libourne; c'est une erreur de détermination que M. l'abbé J. de Joannis vient de me rendre le service de corriger; c'est Metasia corsicalis qu'il faut lire. Puis, j'ai le plaisir de signaler l'éclosion que j'ai eue, le 30 mai der- nier, d'un échantillon de Earias uernana obtenu d'une chenille trou- vée le 1"'' août 1907, sur le tronc d'un peuplier blanc, sur la route d'Arcachon, aux environs de la station de Gazinet. Cette espèce n'était connue de nos environs que par un échantillon unique, signalé par M. Breignet (vol. XLVI de nos Actes, p. xxv des Procès-Verbaux) ; j'ignore si la plante nourricière était connue; je ne la trouve men- tionnée nulle part. Enfin je ne dérogerai pas aux vieilles habitudes de la Société en signalant dès aujourd'hui la prise la plus intéressante que j'aie faite dans la journée dé dimanche 28 écoulé, jour de la fête linnéenne; c'est celle d'un Névroptère rare et curieux qui n'était connu de nos environs que par trois échantillons : l'un capturé par M. Brascassat, à Mérignac, en juillet {vol. XLVIII de nos Actes, p. xiii des Procès- Verbaux), le second par M. Lambertie, à Cazaux-Lac, sur les chênes, le troisième par moi-même, aux environs de Gazinet, en septembre, c'est Mantispa pagana dont j'ai capturé un échantillon sur une feuille d'aulne, le long du ruisseau. M. RoziER soumet quelques observations relatives à l'impression des dernières planches de nos Actes et à la nature du papier utilisé pour le tirage. Après quelques explications fournies par divers membres, il est décidé que la question sera soumise à la commission des publications. L'excursion de Lacanau-Océan, qui avait été projetée pour le 19 juillet, est renvoyée au i\ octobre. CXXXI Séance du 15 juillet 1908. Présidence de M. Degrange-Touzin, présidenl. COMMUNICATlOiNS Note sur les Sacraria et les Sarothamuaria. Par M. Brown. A la séance du 19 mai 1886, j'établissais sous le nom spécifique de Sarothavinaria une espèce du genre S theii^a qui me paraissait distincte delà Sacraria de Linné ; je n'en possédais alors que deux échantillons, un mâle et une femelle il est vrai. J'ai maintenu cette espèce, avec des réserves prudentes, dans mon travail de 1892, aucun fait nouveau n'étant venu, depuis la remise de ma note de 1886, infirmer ou con- firmer ma supposition première. Cependant, feu Staudinger, l'émi- nent Lépidoptériste de Dresde, à qui j'avais soumis mes échantillons, m'avait répondu que ce n'était qu'une « variété de couleur » de S. sacraria et qu'il en possédait des sujets tout à fait semblables provenant d'Espagne. Variété de couleur était une formule bien insuffisante à amener une solution définitive, puisqu'elle ne rendait compte d'aucune des autres différences que j'avais signalées; quant aux premiers états (larve, plante nourricière), il n'en était pas ques- tion ! Depuis lors ont paru : en 1901, le dernier Catalogue du doc- teur Staudinger, oîi ma Sarolhamnaria n'est pas mentionnée, même en synonymie; en 1902,1e Catalogue pyrénéen de notre collègue M. Rondou, paru dans les Actes de la Société, oîi elle est dûment rétablie, mais considérée comme simple variété de Sacraria sans qu'aucune preuve soit apportée à l'appui de cette manière de voir ! Le but de la présente note est de faire savoir que j'ai, dans le cours de ces dernières années, capturé dans nos environs, deux sujets de plus de S. sacraria, et deux également de S. saroihainnaria,ce qui porte à une douzaine le nombre de mes échantillons de Sacraria dont un provenant des Pyrénées, et à quatre celui de mes échantillons de Sarothamnaria. Je tiens à dire que, chez tous ces échantillons, les différences que j'ai signalées dans ma note de 1886 et que M. Rondou a mentionnées également dans son Catalogue, sont on ne peut mieux caractérisées et que, dans ces conditions, je ne puis que tenir, jusqu'à cixxii preuve du contraire, pour la dislinction spécifique de ces deux formes. Je serai sincèrement reconnaissant au collègue mieux situé que moi pour observer ces deux types (M. Rondou indique Sacraria comme « assez commune » dans toute la chaîne pyrénéenne et dit de l'autre : « plusieurs échantillons à Gèdre ») qui voudrait bien me dire sur quels faits ou tout au moins sur quels arguments il se base pour réunir ces deux insectes et n'en faire qu'une seule espèce, malgré leur dissemblance ! M. DoiNET soumet un Lentinus squamosus, champignon coriace, rencontré dans une de ses récentes herborisations. M. Lambertie offre à la Société des tirages à part de ses travaux Notules hémiptérologiques, Faunules hémiptérologiques, et donne le compte rendu de l'excursion à Saint-Médard-en-Jalles. Compte rendu de l'excursion, à Saint-Médard-en-Jalles, du 17 mai 1908. Dans une de nos séances, vous aviez décidé de faire une excursion à Sainl-Médard-en-Jalles. Cette excursion a eu lieu le 17 mai der- nier. A cette date, MM. le D^ Boyer, Breignet, Brown, Motelay et votre rapporteur se trouvaient réunis pour prendre le tram de huit heures. MM. Brown et le rapporteur se sont arrêtés dans les prairies qui sont situées au bord de la jalle de Gajac. Elles se recommandent par de nombreuses espèces de plantes et par le ruisseau qui les baigne. M. Brown n'a récolté que des vulgarités dont il ne juge pas à pro- pos de faire la communication. Le rapporteur a fait de bonnes captures d'insectes variés, princi- palement en coléoptères et hémiptères. Pour les derniers, il se trouve deux Sp. nova dont je donnerai la description dans une pro- chaine séance. Hémiptères. Odontolarsus grammicus L. Eurygaster maurus L. Graphosoma linealum L. GeoLomus piinctulatiis Costa. ■^ Dyroderes marginatus F. cxxxin JE lia rostrata Boh. Eysarcoris seneus Fieb. » inconspicuus H. -S. Carpocoris fuscispinus Boh. Palomena prasinaFdiU. Piezodorus incarnatus Germ. var. alliaceus Ger. Eurxjdema festivum L. sur la moutarde. » oleraceum L. type sur le chou. » » var. confluens Royer sp. n., sur moutarde. » » var. Laborderii Royer sp. n. » » » var, annula tum Fall. » » » var. passage entre consimile Horv. et Magda- lense Royer, sur moutarde. Arma custos F., sur l'aulne, en train de tuer une larve. Syromastes marginatus L. Enoplops scapha F. Ceraleptus gracilicornis H. -S. Micrelylra fossularum Rossi, sur l'aulne. Alydus calcaratus L. Chrosoma Schillingii Schml. Lygseus equestris L. Ischnodemus sabideti¥aX\.^ ÇiVivWulne. Geocoris erythrocephalus Lep. Macroplax fasciata Fieb. Coranus yEgyptius Fal. Prostemma gutlula Fab. Nabis férus L. » ericetoruni Schtz. Pyrrhocoris apterus L. Aphanus quadratus F. Scolopostelhus affinis Schill. Monanthia cardui L., sur les chardons. Miris calcaratus Fall. » Isevigatus L. * Leptopterna ferrugalus Fall. » dolabrata L. Miridius quadrivirgatus Costa. Phytocoris Tilise Fall. » Ulmi L. Fall. CXXXIV Calocoris sexpunctatus Fall. » » var. nankineus Duf » » var. ^3j/ceus Cyrill. » marginellus F. Lygus pratensis ¥-a\\. Cijphodema instahile Luc. Orlhops Kahnii L. Ca?njo/oft?'oc/u5^3u>zc/((/a/« Fall., sur chênes. » lutescens Schill., sur l'aulne. Capsus laniarius L. Haïtiens apterus L. C. Cyllocoris flavonolaius Boh. Globiceps sphegiformis Rossi. Heterotoma merioptera Scop. Alebra albuslriella var. discicollis H. -S., sur l'aulne. Chlorila flavescens Fab., sur genêts à balais. Tijphlocyba sexpunctatus Fall., sur l'aulne. Cicadula Cyanse Boh., sur potaraogeton. Thamnotettix feneslrattis H. -S., sur l'aulne. Jassus mixlus Fab., sur peuplier. Acocephalus striatus Fab., sur chêne. Tettigonia viridis L. Penthimia air a F., sur aulne. Idiocerus scurra Germ., sur peuplier. » aurulentus Kb,, » » confusus Fior., » Bijthoscopus Alni Schk., sur aulne. » flavicolis L. H. -S., sur aulne. Agallia venosa Fall., » Aphrophora Salicis de G., sur saule. » Alni Fall., sur aulne. Ptyelus spumarius L., sur le chêne. Cixius cunicularius L., sur l'aulne, ^eh'sia (/u/u//a Germ., sur peuplier. Stiroma Pteridis Gêné, sur pleris aquilina. Psylla Fœrsleri Flor., sur l'aulne. MM. Sabrazès et Mqratet soumettent deux notes intitulées « Pré- sence d'un Cercoraonas dans un Epithélioma ulcéré de la face » et cxxxv « Parasite trouvé dans les matières fécales des Equidés de notre région ». Ces deux intéressantes notes, exposées magistralement par notre collègue M. Muratet, seront insérées aux Procès-Verbaux des séances. M. Llaguet présente un œuf de poule sans jaune, d'une forme toute particulière, et soumet un morceau de racine de Rumex crispus, de coloration noirâtre, renfermant, d'après l'analyse, 1,2 p. 0/0 de fer à l'état de protoalbuminale. M. Breignet présente des objets : fruits, cerises, oranges, oiseaux, poissons, desséchés après de simples et courts attouchements. Des observations sont échangées au sujet de cette intéressante présentation sur laquelle il est proposé de revenir ultérieurement. Séance du 5 août 1908. Présidence de M. Degrange-Touzin, président. CORRESPONDANCE Lettre d'invitation pour le IV Congrès préhistorique qui aura lieu à Chambéry, du 24 au 30 août. M. Bardié se propose pour représenter notre Société à ce Congrès. Lettre de la Société française pour l'avancement des sciences, qui se réunira à Cîermont-Ferrand. Lettre de M. Marcoux faisant ses ofîres de services pour la prépa- ration des similigravures. COMMUNICATIONS M. Bahdié soumet des spécimens de Liliacées, Amaryllidées et Iridées. Parmi ces espèces très intéressantes, récoltées à Gornac et dans les environs de Verdelais, citons : N^arcissiis biflonis, Scilla liliohyacinthus, Endymion nutans, Ornithogalus divergens, ^ Aphy liantes Monspeliensis. CXXXVI Cette note sera insérée dans les Procès-Verbaux. M. Lamarque fait une communication sur le découpage du limbe des feuilles de Broussonelia papyrifera et du Symphoricarpus race- mosus. M. DoiNET soumet la récolte de champignons qu'il a faite en com- pagnie de notre collègue, M. Boyer. Elle renferme Psalliota, et diverses espèces vénéneuses et comestibles de Lactarius, Russula, Boletus. Note sur une mise au point de quelques espèces méridionales de papillons encore méconnues. Par M. R. Brown. Ijjcama Corelas, un des jolis petits papillons bleus qui, au nombre d'une douzaine et demie d'espèces environ, forment l'un des grou- pes les plus gracieux de notre faune Lépidoptérique, n'était pres- que universellement considéré, jusqu'à ces dernières années, que comme une forme (race ou variété) de son congénère Argiades (figuré par Hiibner sous le nom d'Amyn/as). C'est comme tel qu'il est men- tionné dans le dernier catalogue de feu Staudinger, paru en mai 1901, comme on le sait; c'est aussi comme tel qu'il est énuméré par Boisduval dans son « gênera et Index methodicus », paru en 1840 et par contrecoup, forcément, dans le catalogue Trimoulet, notre regretté collègue ayant pris pour guide le travail de Boisduval qu'il a suivi pas à pas; en efTet, on peut lire, à la page 14 de ce catalogue, au n° 29, à la suite de Lyc. Amynlas : var. Co?'e/as; juin, juillet; dans les côtes est de la Gironde (Bouliac, etc.). Or, je dois à la vérité de dire que, malgré l'autorité de Boisduval et de Staudinger, je n'ai jamais accepté celte manière de voir. Dès l'année 1862, quand j'ai pris ce Polyommate pour la première fois, à Floirac, oh il n'était pas rare, je l'ai mis à la suite d'Argiades (que l'on appelait alors Amyntas) comme espèce distincte ; il me paraissait en différer aussi nettement que Béelica de Telicanus, Argus de Aegon, Arion de Alcon, etc., bien que voisin évidemment. Inutile d'ajouter que je prêchais dans le désert auprès de mes collègues bordelais d'alors, pour qui les grands catalogues en vogue étaient, comme on le pense bien, parole d'Evangile ! Les choses en étaient là, lorsque parut, dans la « Revue russe d'en- CXXXVII tomologie « de l'année 1904, un article d'un Lépidoptériste russe, M. A. Jachontov, dont je ne connais malheureusement cfue le titre, qui est « Sur la validité spécifique de Lycœna Coretas », avec figures et texte russe; ce fut pour moi une agréable surprise; j'avais donc enfin trouvé un collègue qui partageait ma manière de voir ! Aussi, m'empressai-je d'adresser à la Société entomologique de France, une note qui est insérée dans le bulletin n° i de l'année 1905, dans la- quelle je me ralliais sans réserve à l'opinion de M. Jachontov, qui étaitaussi la mienne depuis tant d'années. Je n'ose pas trop espérer que mes collègues bordelais se rallient aisément à ce point de vue ; il est vrai que leur nombre a, dans ces derniers temps, si désastreusement diminué qu'il se, réduit aujour- d'hui presqu'exclusivement à notre zélé trésorier, M. Gouin, à qui j'ai déjà fait part de mes idées à ce sujet et qui, je le dis avec une vive satisfaction, les a accueillies favorablement. Quant à l'objection qui consiste à dire que, pour séparer valable- ment deux espèces voisines, il faudrait connaître leurs premiers états, on peut répondre hardiment qu'elle n'est pas sérieuse. Les chenilles des Lijcsena sont généralement peu connues, les amateurs se bor- nant à prendre les papillons au vol, au filet; les chenilles en général, on l'a déjà dit maintes fois, varient au moins autant que les papil- lons; ce n'est donc que déplacer la difficulté sans la résoudre. Les chenilles des Gonopteryx Rhamni et Cleopatra sont connues depuis longtemps; cela n'a pas empêché Boisduval de tenir les papillons pour variétés l'un de l'autre, tandis que Duponchel les considérait comme distincts; les chenilles des Lycsena Adonis et Corydon sont presque impossibles à distinguer, se trouvent, si je ne me trompe, sur la même plante; les femelles ne sont guère plus faciles à recon- naître et cependant les deux espèces sont incontestablement bien distinctes et, enfin, ne serait-on pas en droit de retourner la propo- sition et de soutenir qu'il faudrait, au contraire, prouver par les premiers états, que deux formes voisines sont, malgré les différences constantes qu'elles offrent dans les deux sexes, de la même espèce? Cela revient un peu à ce que j'ai dit, dans une note précédente, au sujet des Stherra sacraria et Sarothamnaria. Une autre espèce méconnue, sur laquelle je voudrais appeler l'at- tention, est Platypteryx (ou Deprana) uncinula, que le grand catalo- gue allemand persiste à rapporter, comme simple variété, à binaria (haynula), malgré l'intéressant article que Millière a publié, à son CXXXVIII sujet, dans son tome III, pages 212 à 21S et les figures de la chenille, de la chrysalide et du papillon qu'a données le même auteur dans sa planche 124, figures 1 à 5. Je ne puis mieux faire que de renvoyer à cet ouvrage ceux qu'intéresseraient les détails que donne Millière;je me bornerai à dire ici que j'ai trouvé, dans le courant de mars 1907, c'est-à-dire à une époque où la chenille de hamula est en cocon de- puis longtemps, plusieurs chenilles encore très petites de uncinula, sur le chêne-liège, à Gazinet et à Toctoucau et qu'une dizaine de papillons me sont éclos, fin mai et courant de juin. La chenille se trouve de nouveau sur le même arbre, dans les premiers jours de juillet et le papillon, plus petit qu'en mai et juin, éclôt de nouveau fin juillet. L'espèce est donc bivottine; elle n'avait pas encore été signalée de nos environs, à ma connaissance. Enfin, je tiens à rectifier, sans plus tarder, une erreur de détermi- nation qui s'est glissée dans mon travail de 1892. Page 8, au lieu de n° 660 Nola cicatricalis, il faut lire n. 662 Nola confusalis ; c'est à cette dernière espèce que se rapportent la douzaine d'échantillons pris fin mars et avril, aussi bien que le sujet capturé le 3 mai, à La Sauve. Ayant conçu des doutes sur l'exactitude de ma détermination, j'ai soumis mes échantillons à M. l'abbé J. de Joannis, qui les a dé- nommés Confusalis. Nola cicatricalis doit donc être rayé, jusqu'à nouvel ordre, de la liste de nos espèces bordelaises. Des époques d'évolution et de l'habitat des espèces du genre « Donacia Fab. » dans le département de la Gironde. Par M. Maurice Lambertie.' Pendant l'année 1907, je me suis occupé, presque exclusivement, dans mes excursions entomologiques, de la recherche de ces superbes phytophages, et ce que je vais en dire surprendra bien des entomolo- gistes, quant aux dates de captures, puisqu'il est généralement admis que la chasse de ces intéressantes bestioles finit dès qu'arrive juillet. 1. Donacia crassipes F. — Sur Nuphar luteum, de mai à fin octobre, abondante surtout en mai et en septembre. Je ne l'ai rencontrée que sur celte plante. Assez commune en juillet, à Cazaux-Lac (Canal), quelques exem- plaires à rile-Saint-Georges. CXXXIX Commune à Gajac. Espèce très variable comme nuance : Violette, bleuâtre, verdâlre, rougeâtre, noirâtre, quelques exemplaires foncés et mats. 2. D. dentata Hoppe. — Exclusivement sur Sagillaria sagitlœfolia. Son apparition a lieu généralement vers le 15 juin. Est abondante en juillet, août et septembre, et persiste jusqu'à fin octobre. Lorsque le vent souffle, il est bon de la rechercher sur les Pota- mogetum ou les Nuphars voisins des Sagittaires. J'en ai pris à Gajac de remarquables variétés : quelques-unes bleues, d'autres violettes, beaucoup de dorées avec bandes d'un vert changeant et qui, vues sous un certain jour, paraissent complète- ment vertes, enfin trois exemplaires d'un vert très pur et très net. Dans l'après-midi, on les trouve quelquefois par bandes, sur des feuilles isolées, la plupart du temps accouplées. Cette espèce s'envole très rapidement. 3. D. aquatiqua L., dentipes F. — Paraît vers les premiers jours de mai et persiste jusqu'en novembre. Très commune en août et septembre; vit exclusivement sur Pota- mogetum. Est lourde; à l'approche du chasseur, préfère au vol, la fuite sous l'eau au revers de la feuille. A Gajac et Facture, j'ai pris des exemplaires à très beaux refiels. 4. D. Sparganii Ahr. — Un seul exemplaire, en juillet dernier (le 26) sur Sparganium ramosum L. près la poudrerie de Saint- Médard-en-Jalles. Doit certainement se retrouver dans ces parages. 5. D. limbata Panz. lemnse F. — Très commune partout sur Typha, Iris, Sparganium, d'avril à fin octobre (surtout en juin). Bandes d'une coloration assez variable : bleues, rouges, violettes; colorées, quelquefois entièrement, d'un groseille clair (trois exem- plaires à Gajac, le 7 juin). Les sujets qu'on rencontre en août et septembre sont générale- ment très foncés, à corselet de coloration différente de celle des élytres. 6. D. bicolora Zschach. Sagittariae F. — Paraît aux premiers jours de mai; se trouve assez abondamment depuis la deuxième quinzaine de mai jusqu'au 13 juin, sur Typha et Sparganium; du 15 juin aux premiers jours de juillet, on ne la rencontre guère que dans les fleurs de Nuphar où elle se gave de pollen. Sa coloration est moins dorée, plutôt verte, ou à tète et corselet bleuâtres ou entièrement d'un bleu noir. CXL 7. D. thalassina Germ. — H y a une vingtaine d'années, j'en avais capturé une centaine au moins dans un marais alimenté par le canal de Cazaux à la Hume, et derrière les ateliers du chemin de fer de Cazaux-Lac. Je la prenais un peu partout, sur les plantes aquatiques. Plus tard ce marais se dessécha à moitié et, de ce fait, devint impraticable pour une embarcation. Allant tous les ans à Cazaux, vers la même époque, j'ai, depuis bien longtemps, recherché cette espèce très demandée et dont je m'étais démuni, pensant la retrouver à volonté, mais toujours sans succès. Or, cette année (le 8 juillet exactement), j'ai fini par la surprendre dans le canal même, en face du susdit marais, sur Scirpus lacustris L. et dans les épillets, en compagnie du D. impressa Payk. Elle est moins abondante qu'autrefois; cependant, j'ai réussi à en capturer une trentaine, de nuances variées très intéressantes (Paraît localisée). 8. D. impressa Payk. — Mai, juin et juillet. Très abondante aux premiers jours de juillet, à Cazaux (canal), sur Scirjms lacustris L. dans les épillets, où sa couleur bronzée se confond facilement avec les fleurs de cette plante. Par places, on en trouve jusqu'à 13 ou 20 dans le même épillet. Quelques exemplaires à Gajac, en mai et juin, sur la même plante. Peu variable de couleur. 9. D. appendiculata Ahr. — Assez commune de mai k septembre (plus abondante en juillet), k Saint-Médard-en-Jalles, Gajac, Eysines, Le Taillan, Blanquefort, Bruges, La Bastide. Vit sur Sparganium ramosum L., rarement sur Typha et Iris. J'en ai capturé, en juillet, à Saint-Médard et à Gajac, de superbes exemplaires de la variété entièrement violette et violet bleu. 10. D. clavipes F. — En juillet, à Cazaux-Lac. Vit sur Phragmiles communis Trin. La capture en est facile le matin. On la trouve accro- chée à la tige de la plante et à l'aisselle des feuilles. L'après-midi court sur les feuilles. Peu variable de coloration. 11. D. semicuprea Panz. — 7 ou 8 exemplaires dans le Leygat, petit affluent de la Leyre, entre Lamolhe et Facture, en mai 1897, sur Sparganium et Joncs. Je ne l'ai plus rencontrée depuis. CXLI 12. D. vulgaris Zschach. — De mai à juillet, sur Typha, Iris, Sparganiiim (Gajac, Gilon, Ile-Saint-Georges, Facture, Boulaul). On trouve toutes les nuances connues. Les exemplaires de Gajac, extrêmement petits, sont à bandes bien nettes. i3. D. simplex F. linearis Hoppe. — Très commune partout sur Typha, Iris, Sparganium, d'avril à septembre (plus commune en mai). Les exemplaires, bleus, violets dorés, rouges et verts se rencon- trent assez souvent avec le type et par places (Citon, Gajac, Ile- Saint-Georges). 14. D. cinerea Herbst. — Un seul exemplaire, en juillet, aux allées de Boutant, sur Polamogelum. Pourrait bien se trouver plus loin, du côté de Lagrange, par exemple. Je me propose de la recher- cher l'an prochain. 15. D. tomentosa Ahr. — Juin et juillet, sur Sparganium et Typha, sur la première surtout. Une vingtaine d'exemplaires en juin 1888, à l'Ile-Saint-Georges. Malgré des recherches spéciales, je n'ai pu la rencontrer ailleurs (Paraît donc localisée). Le 14 juin dernier, je suis revenu dans cette localité où les marais ont fait place k d'immenses vignobles. Malgré ce bouleversement local, j'ai pu capturer dans un petit fossé, pas trop éloigné de l'endroit primitif, deux exemplaires de cette rare espèce (^ et 2 , sur Sparganium. Plateumaris Thoms. 16. D. sericea F. — Dans tous les marais, fossés, ruisseaux et cours d'eau quelconques où croit VIris pseudoacoris L., sur les feuil- les et surtout dans le calice des fleurs. Très commune à Bordeaux et ses environs. On y rencontre toutes les variétés de colorations : bleue, verte, dorée, violette, groseille; quelquefois la tête et le cor- selet sont d'une couleur différente de celle des élytres. La taille est également assez variable. Paraît en avril; mai est son mois favori; disparaît en juin. On en rencontre cependant quelques exemplaires de ci, de là, sur les fruits de l'Iris. 17. D. consimilis Schr, — En mai et juin, sur Cyperus longus L (Gajac, rile-Saint-Georges, Facture). Assez commune. ex LU 18. D. abdominalis Oliv. — En mal et juin, sur Cypenis longus L. (Gajac, Saint-Médard-d'Eyrans, Facture, l'Ile-Sainl-Georges). J'ai capturé à Gajac et Facture de fort belles variétés. Ayant promis à la Société l.innéenne de faire ce rapport, j'ai tenu à ne pas manquer à ma promesse, mais je puis annoncer d'ores et déjà qu'après un examen plus minutieux de mes chasses, je pourrai sinon compléter la liste des espèces, du moins allonger le nombre des variétés et fournir des indications absolument précises sur ce genre de chasse. P. -S. — Les captures de Cazaux et de Gajac ont été faites au moyen d'une petite embarcation. Séance du 21 octobre 1908. Présidence de M. le D^ Lamarque, vice-président. CORRESPONDANCE Lettré de M. Choffat annonçant l'envoi d'un mémoire sur la techni- que de l'Anabida, publié par le service géologique du Portugal, et nous informant de son départ de Bordeaux. Lettre de M. Lataste offrant généreusement à la Société des spéci- mens de cornes de ÏAniilocapra Americana. Lettre du Bibliothécaire de la Société naturelle d'Upsala exprimant toute sa gratitude pour l'envoi qui lui a été fait de nombreux volu- mes de nos Actes. Lettre de faire part du décès de M. Nery-Delgado, membre de la Commission du service géologique du Portugal. Lettre d'invitation au XLVIF Congrès des Sociétés savantes qu s'ouviira à Rennes le mardi 13 avril 1909. COMMUNICATIONS M. Lambertie soumet un travail intitulé : Notes sur les insectes nuisibles et utiles de l'ordre des Hémiptères du Sud-Ouest de la France. CXLIII Ce manuscrit important est destiné aux Actes de la Société. M. Brown signale la rencontre qu'il a faite du Galega officinalis^ h Beychac, le long du ruisseau la Laurence. Dispersion de deux espèces d'Homoptères du département de la Gironde et description de Cicadula cyanse Boli., Agaliia Antoniae Méii et de Cicadetta diniinuta Horv. Par M. Maurice Lambertie. Cicadula cyanas Boh. Comme suite h ma communication du 23 octobre i 907 ,] ai repris cette espèce au même endroit, le o septembre dernier, sous ses trois formes et parmi une centaine environ que j'ai capturées dans la même journée, trois ou quatre étaient d'un blanc bleuté. Le treize juillet dernier, j'en ai pris quelques exemplaires à Cazaiix-Lac, dans le canal, sur le Polamogelon. Cette espèce paraît donc dans la première quinzaine de juillet pour disparaître vers la fin octobre. Voici la description de cette espèce (1) : Elytres, pronotum et écusson brun noir; des tirets jaunâtres, longitudinaux et transversaux, se rencontrent parfois isolément sur le pronotum et sur le vertex. Cellules apicales brunâtres. Front superficiellement bombé; passage au vertex sous un angle presque droit. Front d'un brun foncé à sa moitié supérieure ; d'un brun jau- nâtre dilué et avec des lignes latérales, transversales, à sa moitié inférieure. Espace compris entre le front et l'œil brun noir jusqu'au scrobe. Joues livides, diluées de brunâtre au bord. Brides brunâtres à la base, ou bien brunes extérieurement vers le milieu. Clypeus paré d'une bande médiane noire, plus large vers le bas. Corps noir, à pruinosité d'un blanc bleuâtre. Lobe du prosternum noir, à bord jaunâtre. Hanches antérieures jaunâtres, avec une tache brune; hanches intermédiaires brunes; hanches postérieures noires, bor- dées de jaune. Tibias d'un jaune brunâtre ; bruns en dessous. Tarses bruns ; le dernier article des intermédiaires et des postérieu- res d'un jaune brunâtre à la moitié basale. Tibias postérieurs noirs (1) Extrait de Cicadines d'Europe, D>" Fieber. CXLIV en dessus et en dessous à pruinosité d'un blanc bleuâtre. Epines de toutes les pattes roussàtres. (j* Abdomen tout noir, à bords étroitement jaunâtres. Pyrophore conique, pointu, légèrement bombé vers le bas, et noir de même que le tube anal qui est moitié aussi long, et situé dans la base d'une profonde échancrure. Lames réunies, inversement cordiformes, à moitié aussi longues que le pyrophore, noires, avec une tache jaune inversement cordiforme sur la moitié basale. Styles cultri- formes, à courte tige, à extrémité arrondie et à angle supérieur aigu, d'un brun jaunâtre, moitié aussi longs que les .lames. Valve courte, triangulaire, noire. 2 Dernier segment ventral presque trapézoïdal, à angles émous- sés, milieu de son bord postérieur faiblement échancré, noirâtre, avec deux taches latérales et le bord jaunâtres. Coléostron ovalaire- ment lancéolé; son bord inférieur et la tarière, qui est quelque peu saillante, très légèrement arqués; finement granulé de noir â l'extré- mité et séticulé de jaune ; avec une tache latérale noire, et un triangle noir à la base. Dos noir, ses segments parés au bord d'un triangle jaune qui est plus large en arrière. Segments ventraux soit tout noirs, soit jaunes au bord postérieur; les postérieures avec des traits noirs en forme de [^ du côté intérieur; ou bien entièrement jaunes. Cj< 2 L. 5 d/2 mm. Agallia Antoniae Mél. (1). Corps allongé, brun jaunâtre avec des dessins noirs; vertex étroit ressemblant, vu d'en haut, à une saillie de largeur uniforme, para- bolique, arrondie au front. Il présente deux gros points noirs aussi distants l'un de l'autre que chacun d'eux l'est de l'orbite interne. Le long de cette orbite interne s'étend une large ligne noire jusqu'au bas des tempes; du milieu de cette ligne part un trait court plus étroit qui va en travers du front jusqu'à l'ocelle. Ces deux lignes for- ment un vif angle droit. Le front est bombé, large, rétréci vers le clypeus, les sutures frontales, au-dessous des fossettes antennaires, (1) Traduit de Bericbt liber die mit subvention der kaiser... Al de Slvopkaria coronilla lxxiv » de LenLinus squammosus cxxxii » de récolte mycologique cxxxvi » d'iconographies de champignons supé- rieurs CXXni, CLI, GUI Psalliota silvicola de grande taille lxxiv Liste de champignons récoltés en juin 1908. .... lxxix Recherche d'un champignon ayant occasionné des accidents mortels {Volvaria gloiocepliala) .... lxxi Coloration des spores de Lepiota procera, var. excoriata cliii Compte rendu mycologique de l'excursion à Cestas. clxxiii Présentation d'0/5/i'"?/s 7nuscifera{c3.s tératologique) xuv Stations de quelques plantes rares. lxxx Présentation à'Hmmanlkus multiflorus en fleurs. . cxix » à'Utricularia monlana en fleurs . . . cxxiii » d'une fleur de Cypripedium mahlerae à deux labelles cxxiv (1) La table des matières des Actes fait suite à ceux-ci. CLXXXIV Pages Lamarque (Dr) . . . PrésentaLion de masses globulaires provenant de Cymodocea Caulini xliv — ... — de feuilles de Broussonelia papyri- fera à limbe présentant des décou- pures variées xcv, cxxxvi Lambertie Présentation de Cyperus vegelus lxviii Llaguet Présentation de racine de Rumex oispus riche en protoalbuminate de fer cxxxv Neyraud Promenade botanique faite à Léognan, le 9 mai 1907 xxxix — Découverte dans la Gironde A''Asperula rjallioides. Slations de VIsoëles liystrix xl Comple rendu botanique de l'excursion à Geslas. . . clxviii GÉOLOGIE, MINÉRALOGIE GossMANN et Peyrot. Faune paléoconchologique de l'Aquitaine cvii Degrange-Touzin. . Fossiles des environs d'Orthez (voir Actes) cxxiv — AfQeurement de terrain niimmulitique dans les envi- rons d'Orthez xciii — Fête Linnéenne de Cestas clxxviii — Nummulites du S.-O. de la France (voir Actes). . . cvi DoLLFus Etude sur quelques fossiles du Bordelais (voir Actes) Peyrot Excursion géologique faite à Léognan, le 9 mai 1907 xlv ZOOLOGIE Daleau Un phoque en Gironde lxxiv DoiNET Arachnide pai'asile d'une mouche cl Lamarque (D^') . . . Présentation de scorpions cxxiii Lambertie l'alamnaeus longimanus xcvi — Remarques sur quelques Arachnides cvm MoTELAY. ...'... Phoca vitulina xcvi Muratet (Di") . . . . Présentation de reptiles, scorpions et myriapodes provenant de Sumatra xcv Pellegrin (D'') . . . Poissons de la côte d'Afrique (voir Actes) cxxiv BIOLOGIE, PHYSIOLOGIE Llaguet OEuf de poule sans jaune. . cxxxv MuRATEï et Sabrazès (C^). Kyste hydatique du foie ouvert dans les voies biliaires. Faible vitalité des scolex. Défécation des membranes parasitaires. Enorme éosinophilie sanguine. Eosinophilie d'un ganglion du foie. . . xxxui — Réactions colorantes des granulations basophiies et du reste nucléaire pycnolique des hématies chez la souris grise, à la naissance, vis-à-vis du mélange pyronine vert de mélhyle, de A. Pappenheim. . . xli — Absence d'auto-agglutination des hématies dans les prépai'ations du sang à'Anguilla vulgaris conte- nant des Irypanosomes xliii CLXXXV Pages — Vilalilé du T rypanosoma Anguillse dans le sang du cœur après la mort de ce poisson xliu — Note sur la toxicité expérimentale des benzines, et sur les modifications qu'elles impriment à l'état du sang chez le cobaye, le lapin et le chien .... lii — Observation sur le sang de la Torpille cxiu — Trypanosome de la Torpille cxvii — Etude du sang de VAxololl cxxii — Circomonas dans un épithélioma ulcéré de la face, cxxxiv — Parasite des matières fécales des Equidés de notre région cxxxv Sabrazès, Muratet et H. Antoine (D^s). Epithélioma mélanique de la pau- pière consécutif à une morsure, chez un chat . . . lxxxix — Infiltration massive de mastzellen, agglomérées en nodules, dans la rate d'un chat porteur d'un épi- thélioma mélanique de la paupière xci ENTOMOLOGIE Bardié. . Présentation d'un fragment de meuble ravagé par des insectes xcv Brown Complément entomologique au compte rendu delà 88" Fête Linnéenne li — Rectification : Metasia corsicalis (non cornealis) . . cxxx — Eclosion à'Earias vernana cxxx — Capture de Mànlispa paganu cxxx "- Note sur les Sacraria et les SaroUiamnaria .... cxxxi -^ Note sur Lyceena corelas, FlaLypIerix uncinula. . cxxxvi — Rectification : Nola confnsalis (non cicalricalis) . . cxxxviii — Rencontre du Gallega officinalis cxliii Daydie Lépidoptères nouveaux ou peu communs de la faune girondine i,vi GouiN Première capture en France d'^rsi^o?!c/ieaZèoDe«o5a lxxx — Présentation à'Orthocaris Cardumines, var. Rei- gnaci cxxi Lambertie Hémiptères nuisibles et utiles (voir Actes) cxlii _ — Hémiptères nouveaux ou peu connus xcvi, ci — Notules hémiptérologiques lxx, xgvii — Hémiptères recueillis en Tunisie par M. Blanc . . . xxxv — Nouvelle station de Liosoma l'yrenœum cxxii — Faunules hémiptérologiques lxvii — Note sur Mànlispa pagana cv — Compte rendu entomologique de l'excursion à Cestas clxxiv — Dispersion de deux espèces d'Homoptères du dépar- lement de la Gironde; description de Cicadula cyanse, Agallla Anlonise et de Cicadetla diminuta cxliii — Nouvelles stations de Phyllomorpha laciniala . . . cxlvii — Compte rendu de l'excursion du 17 mai 1908 cxxxii Pérez Mimétisme chez un Penlatomide xxxvii — Procédé de conservation des couleurs claires de certains insectes xxxviii CLXXXVI Pages — Sur quelques variétés des Bourdons de Corse. . . . clvii RoNDOu Lépidoptères nouveaux pour la faune des Pyrénées, cxii DIVERS Personnel de la Société Admissions xxxix, xlv, l, lxxix, Démissions Décès L, Lxviii, cvii, Distinctions honorifiques. . . xxx, cl, Constitution du Bureau et des Commissions en 1908 lxix, — — — en 1909 oui, Date des séances de 1909 Discours nécrologique sur.de Nabias Compte rendu des travaux de la Société durant l'année 1906 — — 1907 Rapport de la Commission des finances 1906 — — — 1907 — — publications 1907 — — archives 1906 — — — 1907 Dons à la Société, xvii, xviu, xliv, lxxix, cvi, cxxi, cxxxit, cxxxvi, cxlii, Bardié Affectation du palais archiépiscopal Baudrimont Banquet annuel d'hiver (1906) Breionet Présentation d'objets desséchés Daydie Compte rendu de la 88^ Fête Linnéenne (1906) . . . Devaux Sur l'origine de l'écume de la mer DoiNEï Désignation des couleurs dans les sciences naturelles Lalanne (D'' Llaguet NaDAL (Dr). Degrange-Touzin Gisements préhistoriques. L'Abri Audi, Langerie- Haute (voir Actes) : présentation de photographies et d'instruments en silex taillé Dessin préhistorique de Glouton (voir Actes) .... Fouilles à l'abri préhistorique sous roche de Laussel Excursion de la Société aux Eaux-Chaudes (1907). . Excursion faite dans la vallée du Ciron (1908). . . . Excursion et Fête Linnéenne à Cestas (1908) .... Présentation de hache en bronze . Notice sur H. Arnaud (voir Actes). m cvi CLVI GLU cxux LXXIII cxux CIX CIX XIX LXXXI XXVII XCIX LXXXVII XXIII LXXXIV CL, CLI XVII XXV CXXXV XXXI XLVII CLIII CVI CIX CXXIV LIX CLIX CLXV CXXII CXXIV 31,081. — Bordeaux, Y. Cadoret, impr., 17, rue Poquelin-Molière. ^^li.$8 SUrTHSONIAN INSTrTUTION LIBRARIES 3 9088 01314 9794