.% .l«!';t< >■::: :'• -y •^ ACTES LA SOCIETE LINNEENNE DE BORDEAUX FONDÉE l_E 9 JUILLET Kî I S Et reconnue comme éta.blissenaent d'utilité publique par Ordonnance Royale du i S Juin 182S. Athénée Rue des Trois-Conils, 53. VOLUME XLIIL Cinquième série : TOME III. A BURE1IÇ..0F ETHNÔLOG^', BORDEAUX J. DURAND, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ LiNNÉENNK SO, rvie Ooxica.illa.o, SO. 1889. ACTES DE LA SOCIÉTÉ LINNÊENNE DE BORDEAUX. ACTES LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX FONDÉE LE © JUILLET ISIS Et reconnue oon^nne éta.blissen:ient d'utilité putîlique par Ordonnance Royale du is Juin 4828. Hôtel de la Bibliothèque de la Ville Rue Jean-Jacques-Bel, 2. VOLUME XLIIL Cinquième série : TOME III. 1889. BUREAU Gf ETWNOLO^:;/, 4204 1894 LIBRARY. BORDEAUX J. DURAND, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ LiNNÉENNE SO, r\x& Conciilla.c SO 1889. Xo3 ;iSt PERSONNEL DE LA SOCIETE Au 1®^ janvier 1889. ^0) Fondateur Directeur : J.-F. LATERRADE (mort le 31 octobre 1858), DIRECTEUR PENDANT QUARANTE ANS ET CINQ MOIS, MAINTENU A PERPÉTUITÉ EN TÈTE DE LA LISTE DES MEMBRES, PAR DECISION DU 30 NOVEMBRE 1859. DES MOULINS (Charles) (mort le 24 décembre 1875), président pendant TRENTE-SIX ANS, MAINTENU A PERPÉTUITÉ EN TETE DE LA LISTE DES MEMBRES, PAR DÉCISION DU 6 FÉVRIER 1878. CONSEIL D'ADMINISTRATION pour Vannée 1889. MM. Degrange-Touzin, Président. Fallût, Vice-Président. Durègne, Secrétaire général. Durieu de Maisonneuve, Trésorier. Motelay, Archiviste. Benoist, Secrétaire-adjoint. MM. Balguerie, Brown. Dubreuilli. Garnault. Loynes (de). Souvertoie. COMMISSION DES PUBLICATIONS. MM. Garnault. Loynes (de). Petit. COMMISSION DES FINANCES MM. Crémière. Daurel. I^aulin. COMMISSION DES ARCHIVES MM. Balguerie. Brown, Catoanne. (1) Fondée le 9 juillet 1818, la Société Linnéenne de Bordeaux a été reconnue comme établissement d'utilité publique, par ordonnance royale du 15 juin 1828. Elle a été autorisée à modifier ses statuts, par décret du Président de la Répu- blique du 25 janvier 1884. Tome XLIII 1 — 6 — MSMBRSS HONORAIRES : MM. Balansa, Port Saint-Etienne, 3, à Toulouse, actuellement k Assomption (Paraguay). Cosson (Ernest), ^, membre de l'Institut, ruo de la Boëtie, 7, à Paris. Crosse, conchyHologiste, rue Tronchet, 25, à Paris. Fischer (Dr Paul), >!^, ancien Président de la Société Géologique de France, boulevard Saint-Marcel, 68, à Paris. Hébert (EJj, 0. ^, membre de l'Institut, rue Garancière, 10, à Paris. Lambert (le R. P.), missionnaire, à Nouméa. Le Jolis (Df), k Cherbourg. Linder, 0. >ï*, inspecteur général des mines, rue du Luxembourg, 38, à Paris Milne Ed-wards (Alphonse), >^, membre de l'Institut, k Paris. Montrouzier (le R. P.), missionnaire, à Nouméa. TsTansouty (Général de), k Bagnères-de-Bigorre. Nylander [D^], passage des Thermopyles, 61, à Paris. Pasteur, membre de l'Institut, rue d'Ulm, 45, k Paris. Van Beneden, a Louvain (Belgique). MEMBRES TITULAIRES MM. Amblard (le D'), U bis, rue Paulin, k Agen. Antlioune, k Castelnau-de-Médoc (Gironde). Ardiambaud (Gaston), 141, rue Notre-Dame. A-rtigue (Félix), 27, rue Dauzats. Artigue (Henri), 18, rue d'Albret. Autran-Merman (M™«), 53, cours du Jardin-Public. Balguerie (Alfred), 8i, cours du Jardin-Public. Ballion (le D^, k Villandraut (Gironde). Barets, 23, rue du Hâ. Baronnet, 98, rue Ducau. Belly, 12, rue Voltaire. Benoist (Emile), 6, rue de la Franchise. Berton, 18, rue Emile-Fourcand. Bial de Bellerade, 1, place Henri-lV. Billiot, 12, rue Saint-Genès. Blay, avoué, k Blaye. Bonnaves (l'abbé), curé de Camiac, canton de Branne (Gironde! Boreau-Lajanadie, 50, rue d'Aviau. Brown (Robert), place de la Dauphine, k Caudé; an. Busquet (Gaston), 1, rue de Lormont. Cabanne (Paul), au Muséum. Cagnieul, 17, rue Prosper. 7 — MM. Chasteigner (le comte A. de), 5, rue Duplessis. Cliomienne (Léon), 47, cours de l'Intendance. Clavaud (Armand), 6, rue Rochambeau. Comme (Jean), 15, rue Belleville. Crémière, 36, rue Vital-Caries. Daurel (J.), 25, allées de Tourny. Decrais (Albert), à Mérignac. Degrange-Touzin (Armand), 24 bis, rue du Temple. Dulbreuilh. (William), U, quai des Char Irons. Dulignon-Desgranges, 66, cours d'Albret. Dupuy de la Grand'Rive (E.). 36, Grande-rue, à Libourne. Durand, 20, rue Condillac. Durand-Degrange, 7, boulevard de la Gare, à Libourne. Durègne, 7, rue de Sèze. Durieu de Maisonneuve (Elly), 39, rue David-Johnston. Fallot, 6, cité Marsica. Fougère (l'abbé), 12, rue Mazarin. Froidefond, 2, cours d'Aisace-et-Lorraine. Garnault (Paul), 219, rue Naujac. Gérand, 25, allées de Tourny. Groujon (l'abbé), curé de Tauriac, près Bourg (Gironde). Grangeneuve (Maurice), 17, rue Vital-Caries. Granger (Albert), inspecteur des Postes (service ambulant], Paris. Guestier (Daniel), 33, pavé des Chartrons, Guillaud (D' A.), 40, rue Henri-IV. Journu (Auguste), 55, cours de Tourny. Labtoé (Louis), rue du Temple, 1. Lalanne (Gaston), 3, rue Lalande. Lataste (Evard), à Cadillac-sur-Garonne (Gironde). LaAvton (Edouard), 94, quai des Chartrons. Le Belin de Dionne, 41, cours du XXX-Juillet. Lépine (Ch./, 56, rue du Pas-Saint-Georges. Lespinasse (M™" V«), 25, rue de la Croi.K- Blanche. Lètu (l'abbé), 45, rue Saint-Nicolas. Leymon (E.-M.), rue de la Belotte, à Libourne. Xioynes (de), 18, rue d'Aviau. Lustrac (de), 46, rue de Navarre. Marzelle, 8, place Pey-Derland. Macquin, à Sàint-Georges-de-Montagne, par Saint-Emilion (Gironde). Mènard (l'abbé\ a Saint-André-de-Cubzac (Gironde). Mensignac (Edouard de), 67, rue de la Rousselle. Millardet, 152, rue Berlrand-de-Goth. Moreau (Ferdinand), à Podensac (Gironde). Motelay (Léonce), 8, cours de Gourgues. Pérez(Jean), 21, rue Saubat. Ferret, 6, quai Louis-XVlII. Fetit, 23, rue Caussan. Pougnet (Eug.), ing' en chef, mines de la Gortada de San Antonio (Colombie). Freller (,L.), 5, cours de Gourgues. Raulin (Louis), 15, rue du Colysée. Reyt (Pierre), 1 , rue Leyteire. Ritter (Henri), l'I, rue Latapie, k Pau. Rodier, M, rue David-Johnston. Rodrigues-Henriques, 170, cours Victor-Hugo. Souverbie (D'" Saint-Martin), 5, cité Bardineau. Toulouse (Adolphe-Bertrand), 31, rue Ferbos. Vignes (Jules), à Cadillac-sur-Garonne (Gironde). Vital (Louis), 14, rue Rodrigues-Péreire. Volontat (Rosario de), 160, irue du Palais-Gallien. MEMBRKS CORRESPONDANTS : (Les Membres dont les noms sont marqués d'une astérique sont cotisants et reçoivent les publications). MM. * Arnaud, rue Froide, k Angoulême. Aymard (Auguste), 4| I , président directeur du Musée, au Puy. * Bardin (l'abbé), 21, rue Brault, k Angers. Baudon (D"^), à Mouy-de-l'Oise (Oise). Bellangé (I)t Louis), a la Martinique. Bellardi, membre de l'Académie royale des sciences, a Turin. Berclion (D'), à Pauillac (Gironde). * Blasius, prof. Technische Hoehschule, à Brunswick. Bouclier (H. du), au château du Boudigau, près Dax, Bcutillier (J^.), k Roucherolles, par Darnetal (Seine-Inférieure) . * Brunaud (Paul), 3, rue Saint-Vivien, k Saintes. Bucaille (E.), rue Saint-Vivien, 132, k Rouen. Capeyron (L.), k Port-Louis (Maurice). Carbonnier, ■^, || A., à Paris. Cazalis (Frédéric), cité Industrielle, à Montpellier. Cliarbonneau, rue Mouneyra, 253, k Bordeaux. Clos (Dom.), directeur du Jardin des plantes, allées des Zéphirs, 2, à Toulouse. CoUin (Jonas), Rosendals Vej, 5, k Copenhague. Contejean (Charles), professeur de géologie à la Faculté des sciences de Poitiers. Cotteau (Gustave), >^, k Auxerre. * Crosnier (J.), rue d'Iliier, k Orléans. * IDaleau (François), k Bourg-sur-Gironde. * Debeaux (Odon), pharmacien principal à l'hôpital militaire de Toulouse. Denis (Fernand), ingénieur civil, k Chauny (Aisne;. — 9 — MM. Douhet, à Saint-Émilion (Gironde). Drory, ingénieur à l'usine ^ gaz de Vienne (Autriche). Dupuy de la Grand'fîive, boulevard Arago, 10, à Paris. Folin (Marquis de), ^, à Biarritz. * Foucaud, au Jardin botanique de Rochefort (Charente-Inférieure). Fromentel (D' de), à Gray (HauteSaône). * Frossard (le Pasteur), 13, avenue Dufau, k Pau. * Frossard (Charles), à Bagnères-de-Bigorre. * Gobert (E.), Q A., k Mont-de-Marsan. Grosselet, professeur à la Faculté des sciences, rue d'Antin, 18, k Lille. Hansen 'Karl), 6, Svanholmsvej, à Copenhague. Hidalgo, Huertat, n" 7, dupi. 2^ derecha, a Madrid. Jacquot, 0. ■^, inspecteur général des mines, directeur de la carte géologique de France, k Paris. Jardin (Edelestan), à Brest. Jouan, V , capitaine de vaisseau, rue Bondor, 18, k Cherbourg. * Lagatu, rue du Théâtre, 9.5, a Grenelle- Paris. Lalanne (l'abbé), k Saint-Savin (Gironde). * Lamic, 2, rue Sainte-Germaine, k Toulouse. Lartet, professeur de géologie k la Faculté des sciences, rue du Pont-Tourny, k Toulouse. * Lataste (Fcrnand), 7, avenue des Gobelins, k Paris. Lemarié, conservateur du Musée, k Royan (Charente-Inférieure). L'Isle du Dreneuf (de), k Nantes. Lortet, directeur du Muséum, k Lyon. * Lucante, k Courrensan (Gers). Lyman (T.), Muséum of comparative Zoology, à Cambridge (E.-U.). Marchand (D^) père, k Sainte-Foy-la-Grande (Gironde). * Martin, au Blanc (Indre). Mayer-Eymar (Ch.), professeur de paléontologie, Gesner-Allee, 15, k Zurich (Suisse). *■ Mazé, commissaire-général de la marine, k la Basse-Terre (Guadeloupe). * Mège (l'abbé), curé de Villeneuve, près Blaye. Millier, k Copenhague. Nordlinger, professeur, Stuttgard. * Oudri, commandant au 3« bataillon des tirailleurs algériens, au Tonkin. * Ousialet, 55, rue Buffon, a Paris Férier (L.), pharmacien, k Pauillac (Gironde) Freud'homme de Borre, conservateur du Musée royal, rue Dublin, 19, à Ixelles, près Bruxelles. * Regelsperger (G.), 83, rue delà Boëtie, à Paris. Revel (l'abbé), a Rodez. * R^'eliard (Jules), 31, rue Magenta, k Poitiers. * Rocheibrune (de), 55, rue Buffon, à Paris. San Luca (de), à Naples. - 10 — MM. Sauvé (DO, à la Rochelle. Scliarff (Robert), Bœkenheimer Anlage, 44, à Francfort s/Mein. Serres (Hector), >}t, à Da3{. * Simon (Eug.), 16, Villa Saïd, k Paris. Van Heurk, directeur du Jardin botanique, rue de la Santé, 8, à Anvers. * Vasseur, prof, à la Faculté des sciences, à Marseille. Vendryès, rue Madame, M, à Paris. * "Westerlunde, professeur, à l'Université de Lund (Suède;. MOUVEMENT DU PERSONNEL. EN 1888. Ont été admis . MM. Fetit, séance du 18 avril. Busquet, — du 2 mai. Billiot, — du 2 mai. Vasseur, — du 18 juillet. Frossard, — du 21 novembre. Démissionnaires ; MM. Frauciel. Eyquem. Membres décédés en 1888 : MM. Conil, correspondant. G-odardj, titulaire. Leclerc, correspondant. Lespiault, correspondant. Marie, correspondant. Négrié, titulaire. Noguey, titulaire. Pire, correspondant. NOUVELLES RECHERCHES SUR LE PÉTIOLE DES PHANÉROGAMES Louis PETIT. Dans un travail récent sur le pétiole (1), je suis arrivé aux conclusions suivantes : 1° Malgré leur diversité, les trajets des faisceaux libéro- ligneux, observés dans le pétiole des Dicotylédones, peuvent se grouper en un petit nombre de types, dont quelques-uns carac- térisent une famille (Cupulifères, Salicinées, Ju^landées, Rosa- cées, Géraniacées, Malvacées, Labiées, Crucifères) et même un g-enre {Pelargonium, Cercîs, Bauhinia, Liquidambar , Platamis). 2" A la caracLéristique (coupe transversale et terminale du pétiole), les faisceaux libéro-ligneux sont, dans un très g-rand nombre de familles, distincts dans les plantes herbacées, fusion- nés en arc ou en anneau dans les plantes frutescentes ou arbo- rescentes. Les nouvelles recherches que je publie aujourd'hui ont d'abord pour but de confirmer ces résultats par l'étude de nouvelles plantes, de voir s'ils sont applicables aux Monocotylédones et aux Gymnospermes; de poursuivre le trajet des faisceaux au delà du pétiole, dans le rachis des feuilles composées, enfin (1) Le Pétiole des Dicotylédones au point de vue de VAnatomie comparée et de la Taxinomie. Thèse de la Faculté des Sciences de Paris, 1887, et Mémoires de la Société des 'Sciences physiques et naturelles de Bordeaux, 1887. Un résumé de ce mémoire a paru dans les Annales des Sciences naturelles, 7e série, tome VI, 1887. — 12 — d'étudier la disposition du système libéro-lig-neux aux divers âg"es du pétiole. Ce mémoire se divise naturellement en quatre parties : I. Pétiole adulte des Dicotylédones (Apétales, Dialypétales, Gamopétales). IL Organog'énie du Pétiole. III. Trajet des faisceaux libéro-ligneux dans les feuilles com- posées. IV. Pétiole des Monocotylédones et des Gymnospermes. Depuis la publication de mon premier mémoire sur le pétiole, M. A. Dumont a publié des Recherches sur l'Anatomie comparée des Malvacées, Bo?ndacées, Liliacées, Sterculiacées (1). Cet auteur ne s'est pas aperçu de l'existence, dans le pétiole des Malvacées, de cinq faisceaux typiques que j'avais sig-nalés antérieurement (2). J'ai montré en effet que dans les Malvacées comme dans les Géraniacées, il existe à la base du pétiole cinq faisceaux (abstrac- tion faite des faisceaux accessoires), que les deux supérieurs se soudent plus loin, de sorte qu'il n'y en a plus que quatre. A la caractéristique, ces quatre faisceaux sont encore distincts dans les Géraniacées, ils sont soudés en anneau dans les Malvacées. Ainsi, fait à noter, dans les Malvacées, les deux faisceaux supérieurs se soudent avant les autres, parfois même ils sont unis dès la base, qui ne présente alors que quatre faisceaux. Mais dans ce cas encore, on peut souvent constater sur une coupe basale, que le faisceau médian est bilobé et qu'il résulte de la fusion des deux autres (Malva sylvestris). Cette particularité du trajet des faisceaux pétiolaires des Malva- cées, qui établit une affinité de plus entre les Malvacées et les Géraniacées, a échappé à M. Dumont, qui se borne à dire que « les faisceaux pétiolaires indépendants, au nombre de quatre à douze, contractent des adhésions près du limbe ». Dans une note toute récente (3), M. A. Prunet a résumé ses (1) Ann. Se. nat., !"■ série, tome VI, 1887 (paru en (2) Comptes-rendus de V Académie des Sciences, séances des 1 1 et 26 octobre 1886. (3) Comptes-rendus de VAcadémie des Sciences, 23 avril 1889. — 13 — recherches histolog-iques sur les faisceaux pétiolaires. Bien que dans mes études sur le pétiole, je me sois surtout placé au point de vue anatomique, j'ai cependant signalé la disparition habi- tuelle du slérenchyme à la base de cet org-ane (I); il en résulte pour la feuille un accroissement de mobilité, qui n'est pas sans influence sur les mouvements gazeux dans l'intérieur de la plante. Postérieurement aux communications que j'avais adressées à l'Académie, le D'' C. Acqua a publié un travail sur le Passage of fibro-vascukir buiidless from the hranch to the leaf (2). Je n'ai pu me le procurer, mais je donne ici l'analyse qu'en a publiée le Journal of the royal microscopical socieiy (3) : « D'' C. Acqua agreeing generally with the observations of Petit distinguishes 13 types of arrangement and distribution in the passage of the fibro-vascular bundless from the branch to the leaf, dépendent on the number of the distinct cords of the bundless which enter the leaf, the degree to which thèse cords unité or anastomose and other points. Without attaching too much importance to the structure of the leaf-stalk, this may yet, in many cases be use- fully observed for systematic puîjjoses ». Ces résultats, concordant avec les miens, montrent combien j'avais raison, en dépit de certaines dénégations, d'appeler l'attention des botanistes, sur l'importance taxinomique du pétiole. Les premiers botanistes classificateurs ont été trop exclusifs : les caractères de leurs familles sont tous empruntés à la fleur et au fruit, c'est-à-dire à l'organe de la reproduction, et l'on ne peut manquer d'être frappé de la différence qui existe à cet égard entre la classification végétale et la classification animale. Le zoologiste emprunte les caractères de ses classes, ordres, familles, à tous les organes ; son choix varie suivant les groupes : il s'adresse aux dents pour les Mammifères, aux pattes et au bec pour les Oiseaux, aux pattes et aux yeux pour les Crustacés; chez les Mollusques, il examine la coquille, la radula, le sys- (1) Le Pétiole des Dicotylédones, p. 168. (2) Malpighia, 1887, p. 267-282. (3) Octobre 1887, n'^ 5, p. 775. Tome XLIII — 14 — tème nerveux; chez les Trématodes, le tube digestif; les spicules eux-mêmes, jouent un grand rôle dans la classification des Holo- thuries, des Radiolaires et des Éponges. Au point de vue taxinomique, le botaniste est moins favorisé que le zoolog-iste; car les plantes sont beaucoup moins différen- ciées que les animaux. D'ordinaire, on ne trouve point chez elles d'organes spéciaux pour la digestion, la sensibilité, le mou- vement. Les organes de la reproduction au contraire sont bien déve- loppés, nettement différenciés, et présentent une grande variété ; leur étude anatomique et organogénique fournit dans la majorité des cas des caractères de famille, et fait connaître les relations des différents groupes. Mais il n'en est pas toujours ainsi. Certaines familles ont des caractères peu tranchés, d'autres ont des affinités indécises, et sont incessamment changées de place. On peut espérer que l'étude anatomique de ces familles donnera d'utiles indications sur leurs caractères et leurs parentés. Mais on conçoit que les traits distinctifs seront fournis par des organes différents; pour une famille, on les trouvera dans le pétiole, pour une autre dans la tige, pour une troisième dans la racine. Les recherches de M. Van Tieghem sur ce dernier organe montrent quel parti la classification peut tirer de l'anatomie (1). Un très grand nombre de plantes étudiées dans ce mémoire sont exotiques, La plupart proviennent soit de l'herbier, soit du jardin botanique du Muséum d'Histoire naturelle de Paris. D'autres m'ont été fournies par les serres de la Ville de Bor- deaux. Enfin, quelques-unes se trouvaient dans l'herbier de la Faculté des Sciences de Bordeaux, que M. Millardet a bien voulu mettre à ma disposition. OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES. Je crois devoir répéter ici, pour les lecteurs qui ne pourraient consulter mon premier mémoire sur le pétiole, les définitions de (1) Structure de la racine et disposition des radicelles dans les Centrolé- pidées, Eriocaulées, Joncées, Mayacées, Xyridées. Journal de Botanique , 1887, p. 305. — 15 — quelques termes peu nombreux, mais fort utiles pour la rapidité du lang'age. Dans mes descriptions, je suppose le pétiole horizontal; son plan de symétrie vertical (1) : on y disting-ue alors une face supé- rieure plus ou moins aplatie, une face inférieure arrondie ou anguleuse. L'extrémité du pétiole adhérente à la tige est Yextré- mité initiale ou caulinaire, ou la base ; l'extrémité attenant au limbe est l'extrémité terminale ou foliaire, ou le sommet. J'appelle coupe initiale ou simplement initiale, la coupe trans- versale faite à la base du pétiole. Lorsque cet organe possède une gaine, je désigne sous le nom de pseudo-initiale la coupe trans- versale faite immédiatement au delà de cette gaine. La carac- téristique est la coupe transversale du sommet du pétiole. A moins d'indications contraires, mes descriptions se rapportent toujours à cette coupe. Pour fixer les idées, j'indique les dimensions du pétiole que je décris : L désigne sa longueur; / la longueur de la caractéris- tique, c'est-à-dire sa plus grande dimension dans le sens hori- zontal; e son épaisseur, c'est-à-dire sa plus grande dimension dans le sens vertical. J'ai donné quelquefois, à une dizaine de p- près, la largeur et l'épaisseur de la caractéristique. Sans doute une pareille exac- titude est illusoire, si l'on considère ces deux dimensions isolé- ment, car elles présentent, dans la même espèce, d'un pétiole à l'autre, des variations bien supérieures. Il n'en est pas de même si on les rapproche l'une de l'autre, car leur rapport montre immédiatement s'il y a aplatissement dans un sens ou dans l'autre. Lorsqu'il s'agit du parcours des faisceaux, les chiffres entre parenthèses désignent la distance des différentes coupes, comptée en millimètres, à partir de la base du pétiole. (1) J'admets ici que le pétiole n'est pas tordu, ce qui est le cas ordinaire. - 16 — 1. - PÉTIOLE ADULTE DES DICOTYLÉDONES. APÉTALES. Urticaeées. Thelygonum Cynocrambe. L = lO'"™. — Je n'ai pu étudier ce pétiole que sur un échan- tillon sec et mal préparé: aussi ne parlerai-je pas de sa structure histolog'ique; je me bornerai à dire qu'à la caractéristique son système libéro-lig-neux est formé de faisceaux distincts, comme dans les plantes herbacées de la même famille {Urtica, Pa- rietaria...). Polygonacées. Mûhlentaeckia complexa. (PI. I, fig. 1). L = 5™™; 1 = O"'"" 560; e = 0™™ 395.— Le parenchyme cortical renferme de grosses mâcles. Le système libéro-lig-neux se com- pose de deux faisceaux latéro-supérieurs et d'un petit anneau central fendu des deux côtés. Le M. varians présente la même disposition du s^^stème libéro- ligneux. Antigonon leptopus. (Pi. I, fig. 2,1. L = 20™"»; 1 — l""» 190: e = 0"^"» 925. — On trouve du collen- cliyme à la périphérie, de grosses mâcles dans le parenchyme; le sclérenchyme fait défaut. Le système libéro-ligneux est dis- posé en anneau, présentant deux fentes latérales. Dans la portion inférieure de cet anneau, les faisceaux sont reliés entre eux par du liber. Le système libéro-ligneux débute par cinq faisceaux disposés en demi-cercle, qui émettent des fascicules, dirigés vers le - 17 — centre; ces derniers, en se fusionnant, constituent le gros fais- ceau supérieur de la caractéristique. Les trois Polyg'onées que nous venons d'étudier sont frutes- centes, les faisceaux libéro-lig'neux se montrent à la caractéris- tique soudés en anneau, c'est l'inverse chez les Polyg-onées herbacées {Polygonum, Riiinex, Rheiim) (1). Cupuliféres. Castanopsis Sinensis. (PI. I, fig. 3). L_ lomra . / _ imm 290 ; ^ = 1 ""^ 290. — Le parenchyme renferme des mâcles. Il existe un péricycle scléreux. Le système libéro- lig-neux présente une disposition identique à celle que j'ai déjà décrite chez les Qiiercus et le Castanea vukjaris. Ainsi, nous voyons à la base du pétiole un certain nombre de faisceaux isolés, qui bientôt se soudent en formant un C; les extrémités de ce C se réfléchissent en dedans, les parties recourbées s'accolent, se détachent de l'anneau, et forment dans son intérieur un faisceau intra-médullaire, dont le bois est supérieur. Ce genre seul avait été omis dans l'étude que j'avais faite pré- cédemment sur les Cupulifères. Il achève de nous montrer combien le trajet des faisceaux libéro-lig-neux est caractéris- tique dans cette famille. Ju§^landées. Platycarya strobilacea. L = 20'"""'. — Le parenchyme contient des mâcles. On trouve des fibres scléreuses autour du système libéro-ligneux. Celui-ci est formé à la caractéristique d'un anneau, surmonté de quelques faisceaux qui se sont détachés de cet anneau; c'est la disposition, avec un peu moins de régularité dans les faisceaux supérieurs, que nous avons rencontrée dans le Juglans reçjia (pi. II, fig. 10). Comme les Cupulifères, les Juglandées, dont j'ai étudié tous (1) Le Pétiole des Dicotylédones, etc., p. 17. — 18 - les g'enres, sauf le g-enre Engelhardtia, présentent dans la dispo- sition de leur système libéro-lig-neux, des caractères fort curieux et qu'on ne retrouve pas dans d'autres familles. Balanopsées. Balanops Vieillardi. (PI. I, fig. 4). Sur une coupe faite à la base du pétiole, on trouve trois fais- ceaux arciformes, qui plus loin, en se recourbant, forment trois anneaux. Plus loin encore, ces anneaux s'ouvrent, et l'on voit, sur l'unique échantillon que j'ai pu observer, l'anneau de droite se souder au médian ; l'anneau de gauche reste distinct. Mais ce n'est là probablement qu'une asymétrie accidentelle. Quoi qu'il en soit, ce trajet des faisceaux est typiquement le même que celui que j'ai signalé dans les Salix {loc. cit., p. 30); à cet égard, les Balanopsées se rapprochent des Salicinées. De plus, comme dans cette famille, le pétiole est dépourvu de sclé- renchyme et contient des mâcles. La famille des Balanopsées ne comprend que le genre Balanops, qui ne renferme lui-même que six ou sept espèces, toutes néo-calédoniennes. MM. Bentham et Hooker ont créé pour elles un ordre spécial compris entre les Euphorbiacées et les Urti- cacées. M. Bâillon les met à côté des Quercinées, dans sa famille des Castanéacées (Cupulifères) (1). M. 0. Drude (2) la range avec les Bétulacées, Corylacées, Fagacées, dans la classe des Cupuli- fères. Tandis que les Salicinées, Juglandées, Myricacées, Casua- rinées, forment la classe précédente des Juliflores. M. Van Tieghem (3) les place immédiatement après les Salici- nées. La structure du pétiole des Balanopsées nous a justement conduit à un pareil rapprochement. (1) Histoire des Plantes, t. VL (2) Oscar Drude, Die systematische und geographische Ano7^dnung der Phanerogamen, dans Schenh, Handbuch der Botanik. 3' vol. 2^ partie, p. 344, 1887. (3) Traité de Botanique, 1884, p. 1402. — 19 - Aristolocliiacées. Asarum Canadense. (PI. 1, fig. 5). La caractéristique est cordiforme. Le système libéro-lig-neux se compose de trois faisceaux, disposés en triangle et fort écartés les uns des autres. Le sclérenchyme fait défaut. Aristolochia Sipho. (PL I, fig. 6) . La caractéristique est réniforme. on y trouve du sclérencliyme. Le système libéroligneux est formé à la base du pétiole de trois faisceaux, qui plus loin se rapprochent et se ramifient, de façon qu'à la caractéristique on trouve d'ordinaire sept faisceaux accolés et disposés en V très ouvert. L'A. tomentosa présente la même disposition du système libéro-ligneux. Il en est de même de VA . Clematitis. Chez ce der- nier, cependant, les faisceaux sont plus espacés que dans les deux précédents. Je ferai remarquer que le système libéro-lig-neux des Aristo- lochia débute, comme celui de V Asarum, par trois faisceaux : ils restent éloig-nés les uns des autres dans cette dernière espèce, qui est herbacée; ils s'accolent, au contraire, dans les Aristolochia Sipho et tomejitosa qui sont frutescents. DIALYPÉTALES. I\yniphéacées. Nuphar luteum. Ce pétiole présente à sa périphérie du collenchyme. Le paren- chyme est traversé par de nombreux canaux aérifères, dans lesquels font saillie des poils internes. Ces poils ont une cer- taine élection pour le violet de méthylaniline. Le système - 20 — libéro-ligneux se compose, sur l'échantillon que je décris, de quatorze faisceaux ég-alement répartis à la périphérie, et de quatre faisceaux intérieurs, disposés en losang-e. Les vaisseaux sont relativement peu nombreux (1) et se colorent mal par le violet de méthylaniline. En regard des vaisseaux, se trouve un canal aérifère particulier. Euryale ferox. (PI. I, fig. 7). Comme dans le pétiole précédent, on trouve ici un hypoderme coUenchymateux. Les canaux aérifères qui parcourent le paren- chyme n'ont pas la même régularité que dans le 'Nuphar, ils sont de diamètres très différents; on trouve sur leurs parois des amas de granulations cristallines. Les poils internes sont relati- vement rares dans le pétiole, ils sont beaucoup plus abondants dans le limbe. Le Nuphar liiteum et VEuri/ale ferox sont dépour- vus de cristaux intra-cellulaires. Renonculacées. Thalictrum majus. (PI. m, fig. 9). L = 300"^™: / = 3"°™; e = 1™™ 5. — La figure que je donne de ce pétiole me permet de ne pas insister sur sa description. Il est remarquable par son péricycle scléreux et le grand nombre de ses faisceaux libéro-ligneux ; on n'y trouve pas de cristaux. (1) On peut observer le même fait dans le pétiole d'un grand nombre de plantes aquatiques : Alisrna, Sagittaria, Hydrocotyle, Pontederia cordata, Potamogeton, Euryale ferox, Lymnanthemum nymphoides, Trapa natans (pi. IV, fig. 9). Cette réduction du système vasculaire a déjà été signalée dans les tiges aquatiques, par M. Costantin {Recherches sur la structure de la lige des plantes aquatiques. Ann. Se. nat., 6'^ série, t. 19, li — 21 — Actsea racemosa. (Pi. III, fig. 10). L = 170™™; / — 5"'™ 2; e = 4™™ 2. — Ici encore nous trouvons un péricycle; le nombre des faisceaux libéro-ligneux est plus g-rand que dans je pétiole précédent, il dépasse soixante-dix dans la préparation que j'ai fig-urée. Les cristaux font défaut dans cette plante comme dans toutes les Renonculacées (sauf Pasonia). Je rappelle que dans la grande majorité des Renonculacées, le bois des faisceaux se montre, sur une coupe transversale, con- cave du côté du liber qui a une forme lenticulaire. Le fait est facile à constater sur les figures 9 et 10 (pi. III) au moins sur les gros vaisseaux. Il n'en est pas de même dans les autres familles où le bois est, au contraire, convexe du côté du liber, qui prend alors la forme d'un croissant. Rosacées. J'ai déjà indiqué le trajet caractéristique du système libéro- ligneux du pétiole dans cette famille {loc. cit., page 49, pi. I, fig. 7, 19). Je rappelle qu'il débute par trois faisceaux qui plus loin se soudent entre eux. Chaque faisceau latéral émet, soit avant, soit après sa réunion au faisceau médian, un faisceau latéral qui, à son tour, peut donner naissance à un autre fais- ceau. A la caractéristique, on trouve donc en général cinq faisceaux, dont le médian est plus ou moins développé, suivant qu'on a affaire à une plante herbacée ou à une plante ligneuse. Comparez à cet égard la caractéristique du Spirsea Ulmaria (pi. III, fig. 12) à celle du Sorbiis latifolia (pi. III, fig. 5). Spirœa opuUfoUa. (Pl.I, fig. 8). Il n'est pas besoin de recourir à deux genres différents, pour constater les différences que je viens de signaler dans l'importance du faisceau médian. Il est facile de voir que dans le Spirœa opii- lifolia (pi. I, fig. 8), plante frutescente, ce faisceau médian est ~ 22 — relativement plus développé que dans le S. Ubnaria (pi. III, fi^. 12). Ce fait est encore mieux accusé dans le S. Lindleyana, où le système libéro-lig-neux a la forme d'un anneau complet (pi. I, fig. 9). Neurada procumbens. J'avais négligé, dans mon précédent travail, l'étude de la tribu des Neuradées, qui ne comprend que deux genres : Neurada et Grielmn. Dans le A^. procumbens (L = 5™™), on ne retrouve pas la marche typique des faisceaux des Rosacées que j'ai rappelée plus haut. Le système libéro-ligneux débute par trois faisceaux qui se soudent en anneau. Ce pétiole renferme des mâcles. Grielum flabelliforme. Ici encore, nous retrouvons un anneau à la caractéristique. D'après l'étude de ces deux espèces, il semble que les Neuradées se séparent des autres Rosacées, par le trajet des faisceaux libéro-ligneux. Du reste, quelques auteurs ont fait de cette tribu une famille distincte. Moquilea Guyanensis . (PI. I, fig. 10). L =4'"". — Cette plante appartient à la tribu des Chrysoba- lanées. Le système libéro-ligneux a une disposition dififérente de celle que nous avons rencontrée dans les autres tribus. Elle est semblable à celle des Quercinées que j'ai décrite plus haut chez le Castanopsis Sinensis. Comme dans ce genre, on trouve en effet, à la caractéristique du Moquilea Guyanensis, un anneau libéro-ligneux avec un gros faisceau intra-médullaire à bois supérieur. Le même trajet se rencontre dans le Couepia riviUaris (L = 5™""), la disposition du système libéro-ligneux à la caracté- ristique représente, pour ainsi dire, un stade intermédiaire du Moquilea Guyanensis; en effet, ce système est disposé suivant un !::_: dont les extrémités sont recourbées en dedans. Enfin, chez le Licania pallida et le Chrysobalanus Icaco, le - 23 - système libéro-lig'iieux dessine à la caractéristique un anneau. Dans ce cas, les extrémités du c:_:s se rejoignent et s'unissent bout à bout, sans s'infléchir en dedans. Il existe donc, relativement aux parcours des faisceaux, de grandes différences entre les Chrysobalanées et les autres tribus de Rosacées, elles peuvent être invoquées par les auteurs qui, à l'exemple de M. Drude (1), font des Chrysobalanées une famille distincte. Lég^umineuses. S-wartzia Sp. ' (PI. I, fig. 11). A la base du pétiole, le système libéro-ligneux forme un anneau, dont la partie supérieure émet quelques faisceaux qui forment à la caractéristique un petit anneau {a) placé au-dessus du premier. On trouve des cristaux isolés au contact du péricycle scléreux, et de grosses cellules pierreuses à la base. La tribu des Swartziées renferme un autre genre {Aldina), qu'il serait intéressant d'étudier. Bauhinia rufescens. L = 24°^'"; l = O"^"^ 825; e =r 0'"'^ ggô. — J'ai déjà fait connaître la disposition si curieuse du système libéro-ligneux du Bauhinia racemosa {loc. cit., p 66). Il m'a paru intéressant de voir si l'on retrouvait la même disposition dans le B. rufescens, dont le pétiole est beaucoup plus petit (24"""* au lieu de 64™™). Dans cette espèce, le système libéro-ligneux dessine à l'ini- tiale un cercle ouvert à sa partie supérieure. Plus loin, les deux extrémités de l'arc s'incurvent en dedans, les deux parties incur- vées se détachent de l'arc et s'unissent pour former un cercle interne dont le bois est externe, le liber interne; quant à l'arc, il se ferme et forme un cercle concentrique au petit cercle, mais dont les éléments sont placés en sens inverse, c'est-à-dire que le (1) Die systematische und geographische Anordnung der Phanerogamen, dans Schenk, Handbuch der Botanik, 3^ vol., 2"= partie. — 24 — bois est interne, et le liber externe. Puis le cercle extérieur donne naissance h deux petits faisceaux supérieurs qui bientôt ne tardent pas à se fusionner de nouveau avec ce cercle extérieur. Finalement, les deux cercles, l'extérieur et l'intérieur, se fen- dent en deux, de façon que l'initiale présente quatre faisceaux, deux latéraux à liber externe, deux médians accolés par leur liber. En somme, si l'on se reporte à la description du B. race- mosa, on voit que le B. riifescens n'en diffère que par quelques détails peu importants. La tribu des Bauhiniées renferme deux autres g-enres : le genre Bandeirea, dont je n'ai pu me procurer d'échantillons, et le g-enre Cercis. J'ai déjà étudié en détail le C. Siliquastrum, et je me bornerai à figurer sa caractéristique (pi. IV, fig. 5). Géraiiiacées, Géranium anemonsefolium. (PL I, fig. 12). J'ai décrit précédemment le trajet des faisceaux chez les G. rotundifolium, Robertianum, sangidneum. Nous avons vu qu'on y trouve à la base cinq faisceaux, dont les deux supérieurs se soudent, de façon que la caractéristique en présente quatre seulement, disposés aux quatre angles d'un losange. Chez le G. anemondefolium, on retrouve bien les cinq faisceaux précé- dents, mais ils ne sont pas seuls, ils sont entourés d'un cycle de quatorze faisceaux plus petits. Sur l'unique feuille que j'ai examinée, les deux faisceaux principaux supérieurs, bien que plus rapprochés que sur des coupes antérieures, demeurent encore distincts à la caractéristique. Mais il est possible, pro- bable même, que sur des feuilles plus développées, ces deux faisceaux sont complètement soudés. Biebersteinia Smodi. (PI. I, fig. 13). L = 10™™. — J'ai étudié ce pétiole sur un échantillon sec, et je n'ai pu en observer convenablement la partie initiale. Mais j'ai très bien constaté, sur une coupe faite à 10™™ de la base, - 25 — l'existence de cinq faisceaux principaux, dont les deux médians supérieurs finissent par se souder en un faisceau unique (pi. I, fig-. 13, m). Dans leur classification de la famille des Géraniacées d'après la fleur, Bentham et Hooker placent dans la tribu des Géraniées cinqg'enres : Biehersteinia^ Géranium^ Mo7isonia, Erodiuin etSar- cocaido?i ; je n'ai pu examiner ce dernier g-enre, mais j'ai étudié les quatre autres : la disposition des faisceaux y est identique. Dans la deuxième tribu, les mêmes auteurs réunissent le Pelar- gonium et le Tropœolum. Au point de vue qui nous occupe, le Pelargonium se rapproche davantag-e des g-enres précédents, dont il ne diffère que par la présence d'un faisceau central (pl. m, fig. 8) (1). La troisième tribu est celle des Limnantliées, comprenant les g"enres Limnanthes et Flœrkea, je ne les ai pas examinés. La quatrième tribu, Vivianiées, ne renferme que le g-enre Viviania. Le Viviania petiolata (L = 5™"") ne renferme pas de cristaux; son système libéro-lig'neux se présente à la caractéris- tique sous forme d'un arc de cercle flanqué de deux petits fais- ceaux. Les caractères habituels des Géraniées font ici défaut. Il en est de même dans la cinquième tribu, Wendtiées, compo- sée des trois g-enres Wendtia, Rhyncotheca et Ledocarpon. En efifet, je n'ai point trouvé de cristaux dans le Weiidtia ReynoldtM et le Rhyncotheca hitegrifolia ; le système libéro-lig-neux est formé d'un seul g-ros faisceau. Dans la sixième tribu, Oxalidées, j'ai déjà étudié deux espèces à'Oxalis (2), les faisceaux pétiolaires sont disposés suivant le type des Géraniées. Il en est de même dans V Hypseochaj'is pimpinellifolia, cependant, sur l'unique échantillon que j'ai eu à ma disposition, les deux faisceaux médians supérieurs sont très rapprochés, mais non soudés. Cette oxalidée est herbacée, aussi ofifre-t-elle à la caractéristique des faisceaux pétiolaires distincts; ils sont, au contraire, soudés en anneau, et cela dès la base, chez VAverrhoa Carambola, plante arborescente. (1) On remarquera que dans la figure 8 (pl. III) le faisceau central est bicol- latéral. Cela tient à ce que les deux fascicules, qui forment ce faisceau comme je l'ai expliqué ailleurs, sont eux-mêmes bicoUatéraux. (2) Loc. cit., page 77. - 26 — La septième tribu, Balsaminées, ne renferme que deux genres, Impatiens, Hydrocera. Je n'ai encore pu examiner que 17. glan- duUcjero., nialvacées. On retrouve dans le pétiole des Malvacées, sur une section intermédiaire, quatre faisceaux principaux, disposés comme à la caractéristique des Géranium; mais chez les Malvacées ces faisceaux ne restent pas distincts, il se fusionnent et forment un anneau à la caractéristique, comme le représente la fig-ure 4 (pi. III). Z y^ophyllées. Tribulus terrestris. (PI. I, flg. 14, 15). L =^ 8"'". — Le parenchyme renferme de grosses mâcles. Le liber est revêtu extérieurement de fibres épaisses non lig-nifiées. Le système libéro-ligneux débute par cinq faisceaux M, G, D, g, d (pl. I, fig-. 14), qui représentent les cinq faisceaux principaux des Erodium; puis les faisceaux d, g donnent respectivement nais- sance aux faisceaux c?,, g^ (pl. I, fig-. 14) qui se déplacent et devien- nent supéro-latéraux; quant aux faisceaux G, D ils se soudent pour former à la caractéristique le faisceau médian I(pl. I, fig". 15). En somme la caractéristique du Tribulus terrestris diffère surtout de celles de certains Erodium ^arce que les faisceaux di et gi 'se portent en dehors du cycle formé par les autres faisceaux. Guaiacum officinale. (Pl. I, fig. 18). L = 13™™. — Le parenchyme renferme des mâcles et des cellules pierreuses à peu près cubiques. Il existe des fibres scléreuses autour du liber. Le système libéro-lig-neux forme à la caractéristique un anneau complet surmonté de deux petits faisceaux. A l'initiale l'anneau est déjà formé, mais il est lég-ère- ment ouvert à la partie supérieure. — 27 Zygophyllum arboreum. L = 3"^"^; / = 0™"" 725; e = O'"™ 925. — Le parenchyme ren- ferme des mâcles et des cristaux isolés, ceux-ci très abondants au contact du péricycle scléreux. Le système libéro-lig-neux se compose, comme dans le Gaalacuin officinale, d'un g-ros anneau surmonté de deux petits faisceaux. On retrouve la même disposition dans le Z. Fabago. La famille des Zyg-ophyllées se rattache, comme on sait, à celle des Géraniacées; cette parenté, on vient de le voir, a son retentissement dans la structure du pétiole. Le trajet des fais- ceaux pétiolaires dans le TribiUus terrestris est semblable à celui des Géraniacées herbacées; tandis qu'au contraire ces faisceaux sont soudés en arc ou en anneau dès la base chez les Zygophyllées arborescentes comme dans VAverrhoa Carambola, Butacées. Dictamnus Fraxinella. (PI. I, fig. 19). BUREAU OF ETHNÛLÛGY, 1894 LÎBRARY. L = 50™™. — Le parenchyme renferme des mâcles, on trouve un peu de sclérenchyme, le collenchyme est nul. Le système libéro-lig-neux débute par trois faisceaux : le méùian est demi-circulaire, les deux latéraux annulaires. Ils se soudent bientôt pour former un anneau et émettent en même temps vers le centre quelques fascicules, qui se soudent eux aussi en un faisceau unique, concentrique à liber central. Choisya ternata. (PL I, fig. 20-23). L = 36™™. — On trouve des mâcles dans le parenchyme, dont les cellules présentent par places de grands méats. Il existe des poches sécrétrices à la périphérie. Le liber est entouré de quel- ques fibres scléreuses. Le système libéro-ligneux débute par trois faisceaux arci- formes (pi. I, fig\ 20) ; à 3™™ les arcs se sont fermés, il existe alors trois anneaux (pi. I, fig. 21); vers 7™™, les anneaux latéraux — 28 — s'ouvrent et se soudent à l'anneau médian qui présente alors deux fentes latérales (pi. I, ûg. 22), de façon qu'à la caractéris- tique on trouve un g-rand anneau unique (pi. I, fig-. 23). C'est, on le voit, la même disposition que dans les Salix, ici même elle est beaucoup plus nette à cause de la plus g-rande longueur du pétiole. Malgré cela on ne peut confondre le pétiole d'un Choisya avec celui d'un Salix à cause de la présence de sclérenchyme dans le premier. Du reste cette disposition doit être rare dans les Rutacées; je ne l'ai rencontrée que dans les Choisya; chez le Phellodendron Japonicimi, par exemple, on trouve un anneau dès la base. Anacardiacées. Rhus Toxicodendron. L = 140™™. — Nombreuses mâcles dans le parenchyme cortical. Le liber en renferme aussi beaucoup, mais plus petites. Elles sont rares dans le parenchyme médullaire. De g-ros canaux sécréteurs oléo-résineux parcourent les faisceaux libériens. Le système libéro-ligneux débute par une vingtaine de faisceaux isolés qui, à la caractéristique, sont étroitement accolés ou soudés et dis- posés en anneau fermé, bordé de fibres scléreuses. Sapindacées. Cardiospermum Halicacabum. (Pl.I, fig. 24). L = 45™™. — Mâcles. Sclérenchyme nul. Le système libéro- lig-neux comprend quatre faisceaux principaux bien isolés, deax latéraux et deux médians (l'un supérieur et l'autre inférieur) qui dessinent un quadrilatère, il existe de plus deux fascicules situés dans les lobes supérieurs. Nous voyons que, dans cette espèce herbacée, les faisceaux sont nettement séparés à la carac- téristique, tandis que dans les espèces frutescentes ou arbores- centes dont je vais parler ils forment des arcs ou des anneaux. Ainsi nous trouvons dans le Staphylea trifoliata (pi. I, fig. 26) et le Staphylea pinnata (pi. I, fig. 28) un arc surmonté de trois — 29 — faisceaux. Nous trouvons des anneaux complets dans le Xantho- ceras sorbifolia et le KœtreiUeria pmùculata. Parfois cet anneau renferme des faisceaux intra-médullaires : Acer Pseudo-Platanus (pi. I, fig". 29), Negiindo fraxinifoUum (pi. I, fig-. 30), jEsculiis Hippocastanum (pi. I, fig-. 31). Toutes ces plantes renferment des mâcles, la plupart présen- tent aussi du sclérenchyme. Méliacées. Les diverses espèces que j'ai étudiées contiennent des mâcles et du sclérenchyme; le système libéro-lig-neux est disposé en anneau à la caractéristique {Swietenia Mahogoni, Vavœa ami- corum, Naregamia alata, Munronia llmorensis). Simarubacées. On trouve ég-alement des mâcles et du sclérenchyme dans les plantes de cette famille. Cependant je n'ai pas trouvé de fibres scléreuses (du moins sur l'échantillon que j'ai examiné) chez le Qiiassia amara. Le système libéro-lig-neux forme à la caractéristique un anneau {Picramiiki antidesma, Simaruba excelsa). On trouve dans l'inté- rieur de cet anneau, chez le Quassia amara, un faisceau allongé transversalement, à bois supérieur; dans VAilantiis glandulosa (pi. II, fig\ 13) il existe un second anneau aplati de bas en haut, à liber externe; cet anneau interne renferme à son tour, dans certains échantillons, une rang-ée transversale de faisceaux à bois supérieur. GAMOPÉTALES. Gentianées. Menyanthes trifoliata. L = 90 -|- 70. — Poils nuls; cristaux nuls. Le collenchyme fait défaut; le parenchyme est très lâche, il est parcouru par de nombreux canaux aérifères. Le système libéro-lig-neux comprend Tome XLIIJ 3 — 30 — huit à dix faisceaux isolés rang-és en triangle à la caractéristique, disposés en V à l'initiale. On ne trouve pas de fibres scléreuses. Liimnanthemum nymphoides. (Pi. I, fig. 32), Cristaux nuls. Les canaux aérifères sont ici beaucoup plus larg-es que dans l'espèce précédente. On y trouve des poils inter- nes qui ont une forte élection pour le violet de méthylaniline. Les faisceaux libéro-lig-neux sont au nombre de cinq. Le scléren- chyme fait défaut. Styracées. styrax officinale. L = 12™"". — On trouve à la périphérie une couche de collen- chyme. Le parenchyme et le liber renferment des mâcles. Le système libéro-lig-neux dessine à l'initiale un arc de cercle qui en se recourbant davantag-e forme à la caractéristique un anneau fermé, entouré, principalement à la partie inférieure, de fibres scléreuses. Borraginées. Patagonula Americana. (PI. I, fig. 33), L = S"""'. — Le parenchyme contient de nombreux cristaux isolés. Le système libéro-lig-neux se compose à la caractéristique d'un anneau, presque fermé dans certains échantillons, avec quatre faisceaux latéraux. Dans la plupart des Borraginées herbacées, le système libéro- lig-neux, ainsi que je l'ai décrit et fig-uré dans mon précédent mémoire, se compose de faisceaux isolés, le médian n'y acquiert pas d'ordinaire une gTande importance {Symphytum officinale, S. Caucasicwn, Cynoglosswn officinale, Ancimsa sempervirens). Si parfois il forme un arc de cercle {Heliotropium Europseiim), il ne forme pas un anneau comme dans les plantes arborescentes {Cordia sebestena, Patagonula Americana). — 31 Composées. Augusta grandiflora. (PI. I, fig.34). L = 3°°°! 5. — Cristaux nuls. Le parenchyme renferme des cellules pierreuses à peu près cubiques. Le système libéro- lig-neux se compose de cinq faisceaux accolés et disposés en arc de cercle au centre du pétiole. Ces faisceaux présentent sur leur deux faces des fibres scléreuses. Moquinia polymorpha. (PL I, fig3ol. L = 9'""\ — Cristaux nuls. Les faisceaux libéro-lig-neux très larges, au nombre de cinq, se touchent latéralement et forment un V. Proustia viscosa. (PL I, fig 36j . L = 4'""». — Cristaux nuls. A l'initiale, on trouve cinq faisceaux ne laissant entre eux que de très petits intervalles. A la caracté- ristique une partie de ces faisceaux se soudent intimement et dessinent un arc de cercle. Péricycle scléreux. Jusqu'à présent je n'avais étudié que des Composées herbacées Au contraire les trois plantes dont il vient d'être question, sont arborescentes. Elles sont dépourvues de cristaux comme les espèces herbacées, mais leur système libéro- ligneux, au lieu d'être formé de faisceaux isolés (1), présente une grande coales- cence, comme on devait le prévoir d'après la règle que j'ai fait connaître. On trouvera dans le résumé général qui termine ce travail, un exposé rapide des résultats contenus dans cette première partie, en même temps qu'une vue d'ensemble sur le Pétiole des Dico- tylédones. (1) Voyez par exemple le Baldia coccinea (pi. IV, fig. 12). 32 II. - ORGANOGÉNIE DU PÉTIOLE. Jusqu'à présent mes recherches ont exclusivement porté sur des pétioles adultes, et nous avons vu que, dans certaines familles (Cupulifères, Salicinées, Jug-landées, etc.), la disposition du système libéro-lig-neux pétiolaire est assez compliquée et varie dans une portion plus ou moins grande du pétiole, quelquefois jusqu'à son extrémité terminale (caractéristique). Il m'a paru intéressant d'examiner cette disposition chez les jeunes pétioles et de comparer notamment l'arrang-ement du système libéro- lig-neux de la coupe terminale aux divers âg*es de cet organe. C'est ce que nous allons étudier maintenant. Alnus glutinosa. (PI. I, fig 37-39). Long-ueur du pétiole adulte = 25'""'. — Les figures 37, 38 et 39 (pi, I) représentent les coupes terminales de pétioles de 1°^"^, de 19™°» Qi ^Q 25™™ de longueur. Les deux premières reproduisent des coupes faites dans le pétiole adulte à 7™™ et à 20™™ de la base (1). Corylus AveUana. (PI. I, fig. 40-41). Longueur du pétiole adulte = 20™™. — La figure 40 (pi, I) représente la coupe terminale d'un pétiole de 2™™; le même arrangement du système libéro-ligneux se retrouve à 12™™ dans le pétiole adulte (2), La figure 41 (pi, I) reproduit la coupe ter- minale d'un pétiole de 2™™5, on y constate la même disposition qu'à la caractéristique du pétiole adulte (3) (comparez figure 2, pi. III). (]) Voyez le Pétiole des Dicotylédones, etc. (pL. II, fig. 46-48). {2) Idem (pi. Il, fig. 54). (3) Idem (pi. II, fig. 56). — 33 — Castanea vulgaris. Long-ueur du pétiole adulte = lÔ'^'". — La coupe terminale du pétiole de l"'"" offre déjà la même disposition du système libéro- ligneux que la caractéristique. Le sclérenchyme n'y existe pas encore, mais on en trouve quelques fibres dans des pétioles de 3'"™. Dans ces jeunes pétioles le liber est beaucoup plus déve- loppé que le bois. Les mâcles y sont beaucoup plus rares que dans le pétiole adulte. Juglans regia. (Pi. I, ûg, 42-43). Longueur du pétiole adulte = 80°^™. — Les figures 42, 43 (pi. I) représentent des coupes terminales de pétioles de 1™™ et de 2™"*. Dans cette dernière, le système libéro-ligneux présente la disposi- tion qu'il offre à la caractéristique (1) mais on n'y trouve pas encore de sclérenchyme. Géranium Robertianum. Longueur du pétiole adulte = 70™™. — On retrouve dans un pétiole de 5™™ le même trajet des faisceaux que chez l'adulte. Les cristaux font défaut. Résimié. — J'ai montré précédemment l'intérêt que présente pour la taxinomie la caractéristique, c'est-à-dire la coupe termi- nale et transversale du pétiole adulte. Nous venons de voir, par les exemples précédents, que l'on trouve déjà dans des coupes terminales de pétioles, qui n'ont pas atteint leur entier développement, la disposition définitive du système libéro-ligneux. Sans doute il pourra se produire dans les tissus des modifica- tions ultérieures, le bois, par exemple, s'épaissira davantage, les fibres scléreuses augmenteront de nombre, mais la disposition générale du système libéro-ligneux restera la même, et c'est là (1) Voyez le schéma de la caractéristique (pi. II, fig-. 10). — 34 — l'essentiel pour la distinction des familles ou des g-enres suivant les cas. En outre, je ferai remarquer que les coupes terminales h divers âg-es du pétiole reproduisent des coupes intermédiaires de ce ■pétiole à l'état adulte; en second lieu, qu'elles rappellent, quant k la disposition du système libéro-lig-neux, les caractéristiques de pétioles d'autres espèces ou d'autres g-enres. Ainsi, la coupe terminale d'un pétiole de 1™"" à'Alnus glutinosa se retrouve à la base du pétiole adulte de la même espèce et à la caractéris- tique du Betula papyracea. De même la coupe terminale d'un pétiole de 2"^™ de Coryhis Avellana se montre à 12'"°' dans le pétiole adulte qui a 24"^™ de larg-eur. On la voit ég-alement à ia caractéristique du Fagus sylvatica. Ces relations ne seront peut- être pas sans utilité pour débrouiller les rapports de parenté des espèces et des genres. — 35 — m. - TRAJET DES FAISCEAUX LIBÉRO-LIGNEDX DANS LES FEUILLES COMPOSÉES. Ce chapitre comprendra deux parties : l'une consacrée aux feuilles dont la caractéristique a des faisceaux isolés, l'autre aux feuilles dont la caractéristique a des faisceaux soudés en anneau. Chacune de ces parties se divise à son tour en deux autres suivant que la caractéristique est pourvue ou non de faisceaux intra-médullaires. A. — FEUILLES A FAISCEAUX ISOLÉS A LA CARACTERISTIQUE. a. — Caractéristique dépourvue de faisceaux intra-médullaires . Clematis Vitalba. (PL I, fig. 44-49). Nous ne nous occuperons que de la formation des faisceaux pétiolulaires de droite, les faisceaux de g-auche naissant exacte- ment de la même façon. La caractéristique présente six faisceaux D, Di, G, Gi, I et M. (fig-. 44) Nous voyons d'abord le faisceau médian supérieur I se fendre en deux 1', II" et le faisceau D, donner naissance au faisceau d (fig. 45); puis les faisceaux D et D, émettent les fascicules m et d^ (fig*. 46); le fascicule i sort du faisceau D,, en même temps les faisceaux I' et I" se fusionnent respectivement avec les faisceaux G, et D, (fig-. 47;. Enfin le faisceau M envoie des anastomoses aux faisceaux G et D; les faisceaux D, et Di forment les fascicules g et g, (fig. 48); les faisceaux Gi et Di émettent deux fascicules qui, en se fusionnant, forment le faisceau I, (figf. 48 et 49). On voit donc, en définitive, qu'après la formation des fascicules du pétiolule, la disposition des faisceaux pétiolaires reste la même et qu'il s'est produit des — 36 — anastomoses entre tous ces faisceaux. On remarquera également que l'arrang-ement des faisceaux pétiolulaires est le même que celui des faisceaux pétiolaires. Pseonia albiflora. (Pi. I, fig. 50-52). La caractéristique présente sept faisceaux (fig-. 50) : le faisceau D donne naissance à un fascicule qui ne tarde pas à se diviser en deux g, r/(fig". 51); les faisceaux D, 1),, D, et g se portent dans le pétiolule, le faisceau d reste dans le rachis (fig-. 52). Plus loin le faisceau g émet un fascicule symétrique de D.; et le faisceau d donne naissance au faisceau di (fig. 52). De la sorte le rachis et le pétiolule présentent chacun cinq faisceaux disposés de la même manière. Paeonia Moutan. (PI. I, fig. 53-55). Au point de vue qui nous occupe, cette plante peut servir de transition entre celles qui ont à la caractéristique des faisceaux isolés et celles qui ont des faisceaux soudés en anneau continu. La figure 53 représente la caractéristique; dans la figure suivante (fig. 54) on voit que les faisceaux D et rf se sont réunis et forment un faisceau unique anguleux. Le sommet de l'angle se détache {p, fig. 55) et se rend dans le pétiolule. Les faisceaux D et d reprennent leurs anciennes positions. Le système libéro-ligneux du rachis a la même disposition en arrière qu'en avant des pétiolules. Glycyrrhiza glabra. (PI. I, fig. 56-58). La figure 56 représente la caractéristique. La figure suivante (fig. 57) montre que les faisceaux droits D, et D, s'écartent du cycle fasciculaire ; il en est de même des faisceaux gauches qui sont déjà soudés en arc de cercle. Dans la figure suivante (fig\ 58) le pétiolule gauche est prêt à se détacher, le droit l'est déjà. — 37 — Tribulus terrestris. (PI. I, fig. 15-n). J'ai décrit plus haut la marche des faisceaux dans le pétiole (1). Examinons maintenant ce qui se passe au delà de la caracté- ristique. Nous voyons d'abord le faisceau I donner naissance au faisceau a dont se rapproche le faisceau d,\ en second lieu, le faisceau d émet le fascicule b; ces trois faisceaux a, b et d„ se portent dans le pétiolule (fig-. 16); enfin le faisceau I donne naissance au faisceau d\ qui plus loin s'élève et prend la place occupée antérieurement par dr, de sorte que le système libéro- lig-neux du rachis se compose encore de six faisceaux disposés comme à la caractéristique. Sambucus nigra. (PI. I, fig. 59-62). La caractéristique possède sept faisceaux (fig*. 59). Nous voyons d'abord les faisceaux D et D,, donner naissance aux fascicules m et d qui se dirig-ent vers le pétiolule (fig-. 60) ; le faisceau D, s'y porte ég-alement (fig\ 61); enfin le faisceau D. donne naissance aux fascicules g et g^ s^^métriques des fascicules pétiolulaires d et D,, il émet aussi le faisceau D, qui remplace dans le rachis le fais- ceau D. passé dans le pétiolule (fig*. 62). Le rachis présente donc au-dessus du pétiolule sept faisceaux disposés comme à la carac- téristique. Les faisceaux du pétiolule offrent ég'alement la même disposition, mais il n'y en a que cinq au lieu de sept. ^. — Caractéristique pourvue de faisceaux intra-méduUaires. Siler trilobus. (PI. I, fig. 63-65). La caractéristique de ce pétiole est représentée ffig". 63). Plus loin, nous voyons de chaque côté un certain nombre de faisceaux (1) Voyez ci-dessus, page 26. — 38 — s'anastomoser (fig*. 64), puis émettre des fascicules {f, fig*. 65), qui se portent dans le pétiolule. Les faisceaux F émettent plus loin les faisceaux intra-médullaires du pétiolule, puis les faisceaux périphériques du bord du pétiolule attenant encore au pétiole. A mesure qu'on s'approche de l'extrémité terminale du rachis on voit le nombre des faisceaux diminuer, il est d'une cin- quantaine à la caractéristique; il n'est plus que de treize à l'extrémité du rachis, mais il existe encore à ce niveau des fais- ceaux intra-médullaires. Angelica Sp. (PI. I, fig. 66etpl. Il, fig. 1). La caractéristique (pi. I, fig\ 66) présente une grande lacune; un peu plus loin, nous voyons cette lacune se rétrécir, jusqu'à s'oblitérer presque complètement; tous les faisceaux s'anastomo- sent d'une façon absolument irrég-ulière, puis ils envoient à droite et à gauche des faisceaux pétiolulaires. Enfin, les faisceaux du rachis reprennent leur disposition circulaire autour de la lacune centrale qui se reforme; il existe aussi des lacunes dans le pétiolule (pi. II, fig. 1). B. — FEUILLES A FAISCEAUX SOUDÉS A LA CARACTÉRISTIQUE. a. — Caractéristique dépourvue de faisceaux intra-médullaires. Kosa canina. (Pi. II, fig. 2-4). Le système libéro-ligneux se compose à la caractéristique d'un grand arc de cercle M, et de deux petits faisceaux G et D (fig. 2). Nous voyons d'abord le faisceau D se souder au faisceau M (fig. 3); puis le faisceau M détache deux fais- ceaux, l'un P, allant dans le pétiolule, l'autre D', qui occupe dans le rachis la place de D. A gauche, on constate les mêmes faits. Les choses se passent de la même manière pour les 2^ et 3^ paires de folioles; et l'on trouve, jusqu'à l'extrémité du rachis, un arc de cercle flanqué de deux petits faisceaux. — 39 Phellodendron Japonicum. A la caractéristique, le système libéro-lig-neux forme un anneau; à la partie supérieure et de chaque côté, cet anneau forme deux boucles qui s'étrang-lent et se séparent en deux annelets, qui se rendent dans les pétiolules. Acacia Julibrissin. (Pi. II, fig. 5-7). La caractéristique est représentée (fig". 5). Une portion p de l'anneau va se souder au faisceau D (fig*. 6); puis cette masse se divise en deux, l'une a va constituer l'anneau libéro-lig-neux du pétiolule, l'autre D' reprend la place du faisceau D (fig-. 7). Cytisus Liaburnum. (PI. II, fig. 8-9). La figure 8 (pi. II) représente la caractéristique. Le système libéro-lig-neux se compose d'un anneau interrompu, surmonté d'une rang-ée de fascicules /. Ces fascicules se soudent aux fais- ceaux G et D, et forment deux masses e i, e' i' ; en même temps, le grand arc de cercle se divise en trois tronçons, M Gi D, (fig*. 9). Plus loin, nous voyons les masses e' i' , e i, se diviser en deux; les portions externes e, e' se soudent respectivement à D, et G„ pour former les anneaux des pétiolules, tandis que les parties internes i et V se soudent à M pour former un nouvel anneau. Juglans regia. (Pi. U, fig. 10-11). A la caractéristique (fig-. 10), on trouve un anneau libéro- lig-neux ininterrompu, surmonté d'une rang-ée de faisceaux; un peu plus loin, l'anneau forme une boucle h qui se détache, et à laquelle s'unit le faisceau supérieur voisin / pour former un annelet qui se rend dans le pétiolule (fig*. 11). 40 — p. — Caractéristique pourvue de faisceaux intra-méduUaires. Negundo fraxinifolium. (PL I, fig. 30). La caractéristique présente un anneau libéro-lig-neux avec des faisceaux intra-médullaires, disposés en arc de cercle. L'anneau extérieur, aussi bien que les faisceaux internes, prennent part à la formation du système libéro-ligneux du pétiolule, dont la coupe terminale reproduit celle du pétiole. Ailantus glandulosa. (Pi. II, fig. 12-15). Le système libéro-lig-neux se compose à la caractéristique d'un anneau externe, enveloppant un anneau interne discontinu (fig". 13). On voit d'abord l'anneau externe s'ouvrir, puis un faisceau /se détacher de l'anneau interne (fig-. 14); une partie de ce faisceau, ainsi qu'une portion des bords de la fente de l'anneau extérieur vont dans le pétiolule (p, fig. 15); puis l'anneau exté- rieur se referme, forme une boucle interne b^ qui comprend une partie du faisceau f (fig-. 15). Cette boucle se détache et va com- pléter l'anneau interne. On retrouve, dans toute lalong-ueur du rachis, la même dispo- sition du système libéro-ligneux : un cercle extérieur avec fais- ceaux intra-médullaires disposés en ellipse, mais le nombre de ces derniers faisceaux se réduit de plus en plus, on n'en trouve que quatre, immédiatement en avant de la dernière paire de folioles. Il n'y en a plus qu'un au delà. Je dois encore ajouter que dans certains échantillons on trouve, à l'intérieur de l'ellipse interne, une rangée de faisceaux libéro- ligneux. Résumé. — On peut tirer de l'étude qui précède une indication générale sur l'origine du système libéro-ligneux du pétiolule. Celui-ci reproduit très souvent la disposition que l'on rencontre à la caractéristique, avec le même nombre de faisceaux {Clematis — 41 — Vilalba, Rosa cani7ia), ou avec un nombre moindre {Sambucus nigi^a). Parfois, cependant, la disposition n'est pas la même : ainsi, la caractéristique du Glycyrrhiza glahra présente des faisceaux distincts, tandis que le pétiolule a un faisceau unique en forme deC. Nous remarquerons encore que, lorsqu'il y a des faisceaux intra-méduUaires, ils prennent généralement part à la formation du système libéro -ligneux du pétiolule, aussi bien dans les plantes à faisceaux séparés {Angelica, Daiicus), que dans ceux à faisceaux soudés en anneau {Ailantiis). Il en est de même des fais- ceaux qui surmontent un anneau {Juglans). 42 — IV. - PETIOLE DES MONOCOTYLÉDONES ET DES GYMNOSPERMES. I. —MONOCOTYLEDONES. I\aïadacées« Potamogeton lucens. (PL II, fig. 16). L = 5™™. — Poils nuls. Cristaux nuls. Pas de collenchyme. Le tissu conjonctif est fort lâche et traversé par de nombreux et larges canaux aérifères interrompus par des diaphragmes. Le système libéro-ligneiix se compose d'un faisceau central et de six latéraux plus petits. Des fibres scléreuses entourent ces fais- ceaux. Le Potamageton natans (L = 120"^"^) présente les mêmes carac- tères que le précédent. La caractéristique a la forme d'un crois- sant. Aroïdées . Sauromatum guttatum. (Pi. II, fig. 17i. Le parenchyme à parois minces et méatiques, renferme des cristaux, principalement des raphides. Il ne contient pas de canaux sécréteurs. Le système libéro-ligneux se compose d'un grand nombre de faisceaux qui sont généralement accompagnés, du côté ligneux, d'un canal aérifère. Les faisceaux périphériques sont accolés à des cordons de collenchyme. Philodendron locerum. Dans cette Aroïdée le collenchyme périphérique est continu, on y trouve des canaux sécréteurs. Le parenchyme présente de larges canaux aérifères dans lesquels font saillie de grandes cellules à raphides. On y trouve des mâcles au contact de la — 43 — couche collenchymateuse. Les faisceaux libéro-lig-neux sont nom- breux. Le sclérenchyme fait défaut. Toutes les Aroïdées que j'ai étudiées renferment des raphides. On trouve en outre des mâcles dans V Anthuriun viride, le Tor- nelia fragrans, le Philodendron locenim, le Syngonium iripar- titum. D'autres fois il existe des cristaux isolés, par exemple, dans V Amorpliopliallus Rivieri. Chez les Colocasia, les canaux aérifères attenant aux faisceaux libéro-lig-neux sont tapissés de nombreux cristaux qui quelquefois atteignent de grandes dimensions. Les Aroïdées renferment des cellules laticifères simples {Syngo- nium tripartitum, Richardia /Ethiopica) ou en réseau (Colocasia) ; ou bien des canaux oléifères; certaines renferment des laticifères et des canaux oléifères (Philodeîîdron locerum) ; d'autres renfer- ment des cellules oléifères isolées. Le Tornelia fragrans renferme dans son parenchyme des fibres à, parois épaisses plus ou moins ramifiées et qu'on a appelées poils internes. Mais le point sur lequel j'appellerai principalement l'attention est celui-ci : les faisceaux libéro-lig-neux du pétiole ne sont jamais soudés entre eux, pas plus dans les Aroïdées herbacées {Aricm^ Sauromatum, Colocasia, Amorphophallus) que dans les Aroïdées frutescentes {Philodendron, Syngonium, Tornelia). Palmiers. Le pétiole des Palmiers nous montre des faisceaux libéro- ligneux isolés Chamxdorea elatior (pi. II, fig-. 18), Phœnix dacty- lifera; si dans le Rhapis flabelliformis (pi. II, fig*. 19) les fais- ceaux centraux se rapprochent un peu plus les uns des autres, ils sont cependant loin d'être soudés. Alismacées. Alisina Plantage. (PI. II, fig. 20). Poils nuls. Cristaux nuls. Il n'y a pas de collenchyme, mais il existe un peu de sclérenchyme. On trouve ég-alement des canaux sécréteurs. — 44 — \^Q Sagittaria sagittsefolia (pi. II, fig-. 21) présente les mêmes caractères. Les faisceaux libéro-lig-neux y sont disposés à peu près de la même manière. Mais le sclérenchyme est absent et l'on trouve dans le parenchyme de petits cristaux prismatiques. Liliacées. Fankia ovata. (PL II, fig. 22j. L = 140""™. — Poils nuls. Il existe quelques cellules de collen- chyme à la partie médiane et inférieure. Le parenchyme présente quelques raphides. Les faisceaux libéro-lig-neux, au nombre de neuf, sont accompag-nés sur leurs deux faces de fibres scléreuses. Smilax aspera. (PL n. fig. 23). On y trouve ég-alement des raphides. Les faisceaux libéro- lig-neux au nombre d'une quinzaine environ sont entourés de sclérenchyme et disposés en demi-cercle. Aspidistra. (PL II, fig. 24;. Cristaux isolés, raphides peu abondantes. Collenchyme nul. Les faisceaux libéro-lig-neux sont entourés de fibres scléreuses qui s'étendent même entre les faisceaux inférieurs; elles forment aussi une bande au-dessous des cellules chlorophylliennes supé- rieures. Pontédériacées. Fontederia cordata. (PL II, fig. 25 et 36-38). Poils nuls. Collenchyme nul. Le parenchyme très lâche est traversé par de nombreux canaux aérifères avec diaphrag-mes de distance en distance (fig-. 36). Ces diaphragmes présentent des cellules à raphides très développées {b, fig*. 37), de g-rosses cellu- — 45 — les dépourvues de raphides {a, fig. 37) et de forts spicules (c) poin- tus à leurs deux extrémités. Le système libéro-lig-neux se compose d'une quarantaine de faisceaux isolés les uns des autres et dis- persés sans ordre dans le tissu conjonctif (fig. 25). Dîoscoréacées. Tamus communis. L =: 70°^"^. — Le système libéro-ligneux se compose de sept faisceaux. Dans la plupart d'entre eux le liber présente une dis- position particulière et absolument caractéristique. Il est partag-é en deux moitiés qui sont placées de chaque côté du faisceau ligneux. Dans les faisceaux bicollatéraux le liber est bien aussi placé des deux côtés du bois, mais l'un des faisceaux libériens est interne, l'autre externe ; dans le Tamus ils sont tous deux latéraux. Le système libéro-ligneux débute par cinq faisceaux, mais vers 4"^™ les deux supérieurs donnent naissance à deux autres fais- ceaux qui se rapprochent du plan médian du pétiole. On trouve du sclérenchyme dans la portion moyenne du pétiole mais il n'en existe pas à la caractéristique. Le parenchyme contient des raphides. Le Dioscorea Batatas possède également sept faisceaux libéro- ligneux disposés comme dans les Tamus et présentant la même structure (pi. II, fig. 26 et 34). Dans le Rajania mucronata et le Testudinaria Elephantipes, il n'y a que six faisceaux, enfin dans le Trichopus Sp. qui appar- tient à une autre tribu que les plantes précédentes (pi. II, fig. 27), il n'y a que trois faisceaux libéro-ligneux entourés chacun d'un épais péricycle scléreux. Je n'ai pas trouvé de raphides dans le pétiole de ces trois dernières plantes. Si le nombre des faisceaux libéro-ligneux varie, en revanche leur structure reste la même dans les cinq genres étudiés : dans la plupart, le liber forme deux faisceaux appliqués sur les côtés loiéraux du bois. Comme la famille des Dioscoréacées ne comprend que huit genres, il est probable que cette particularité s'étend aux trois autres genres {Stenomeris, Oncus, Petermaimia) que je n'ai pu Tome XLIII 4 — 46 — étudier. J'ajouterai que je ne l'ai rencontrée dans aucune autre famille de Phanérogames, et qu'elle constitue un excellent carac- tère de la famille des Dioscoréacées. Le genre T^ichopus, qui avait été placé par certains auteurs dans les AristolocMacées, doit donc incontestablement être rangé parmi les Dioscoréacées. Scîtaminé es. Les Scitaminées, d'après Bentham et Hooker peuvent se diviser en quatre tribus : Zingibérées, Marantées, Cannées, Musées. Strelitzia augusta (Musées). (PI. II, fig. 28). La caractéristique a une forme ovale, le tissu conjonctif est creusé de nombreuses lacunes disposées à peu près symétrique- ment et interrompues par des diaphragmes. Les faisceaux libéro- ligneux sont situés entre ces lacunes. Les cellules du parenchyme renferment de petits cristaux prismatiques. Thalia dealbata (Marantées). (PI. II, fig. 29-30). La caractéristique est elliptique. Au-dessous de l'épiderme à petites cellules se trouvent deux ou trois rangées de cellules éga- lement petites, polyédriques, dépourvues de méats; puis une cou- che de grandes cellules prismatiques inclinées à 45° environ sur l'axe du pétiole (c, fig. 29 et 35) ; en dedans de ces cellules, dont la disposition est fort curieuse, on rencontre huit ou dix assises de cellules de parenchyme dépourvues de méats, puis les fais- ceaux libéro-ligneux séparés par de grandes lacunes, lesquelles sont cloisonnées de distance en distance par des diaphragmes. Ceux-ci sont de deux sortes : les uns sont constitués par une simple assise de cellules étoilées; les autres sont composés de trois assises de cellules superposées : les assises inférieure et supérieure renferment des cellules étoilées, semblables aux précédentes, l'assise médiane ne renferme que de petites cellules arrondies à méats étroits. Dans l'intérieur des lacunes on trouve — 47 — encore des faisceaux de fibres scléreuses, disposés parallèlement à l'axe du pétiole et traversant les diaplirag-mes. Les g-randes cellules inclinées à 45° ne se rencontrent qu'à la partie terminale du pétiole, cette portion est du reste reconnais- sable extérieurement à sa couleur jaune, tandis que le reste du pétiole est vert. Maranta Sp. On y trouve également à la partie terminale du pétiole de grandes cellules prismatiques inclinées à 45°. Toutefois elles ne forment pas à la caractéristique un anneau continu comme dans le Thalia dealbata; elles occupent deux croissants l'un inférieur, l'autre supérieur; mais on voit, sur des coupes antérieures à la caractéristique, ces deux croissants se rejoindre; il existe alors à la périphérie du pétiole une couche continue de ces cellules obliques. Le Maranta, pas plus que le Thalia dealbata, ne renferme de raphides, mais on y trouve des cristaux prismatiques allon- gés. Dans le T. dealbata on en trouve également mais de beaucoup plus petits. Il serait curieux de voir si la couche de longues cellules obli- ques que j'ai signalées dans les Marantées existe aussi dans les Zingibérées. Hydrocliaridées. Hydrocharis Morsus-ranœ. (PI. II, fig. 30). Ce pétiole est traversé par de grands canaux aérifères inter- rompus par des diaphragmes. Les cellules diaphragmatiques sont aplaties, leur contour est arrondi-sinueux, elles laissent entre elles des méats triangulaires. Les diaphragmes présentent en outre quelques cellules renflées, dépourvues de cristaux comme celles que j'ai signalées dans le Thalia dealbata et que j'ai figu- rées (pi. Il, fig. 37, a). Résumé. — Contrairement à ce qui a lieu chez les Dicotylédo- nes, où les faisceaux libéro-ligneux pétiolaires sont soudés dans les plantes frutescentes et arborescentes, nous venons de voir que — 48 — dans les Monocotylédones ils sont toujours isolés aussi bien dans les herbes (Funkia, Colocasia, Hydrocharis, Alisiiia, etc.) que dans les arbres (Palmiers), Je rappellerai les curieuses cellules obliques de l'extrémité terminale du pétiole des Marantées, et la disposition singulière du liber sur les côtés latéraux du bois dans les Dioscoréacées. Je sig-nalerai aussi les curieux diaphragmes du Thalia deal- bata et du Pontederia cordata. II. — GYMNOSPERMES. Salisburia adiantifolia (Pi. II, fig. 31). , La forme générale de la caractéristique est un demi-cercle légèrement aplati à la partie inférieure. Le parenchyme ren- ferme des mâcles. Les canaux sécréteurs, dans la préparation que je décris, sont au nombre de deux, situés dans la partie latérale et supérieure. Le système libéro-ligneux débute par deux faisceaux symétri- ques qui ne tardent pas à se diviser en deux autres, d'inégale grandeur, le plus petit en bas. Cycas Sp. (PL II, fig. 32). La caractéristique est presque circulaire, légèrement aplatie à la partie supérieure, avec deux échancrures supéro-latérales. A la périphérie, on trouve une couche épaisse de fibres scléreuses entremêlées de cellules du parenchyme. En dedans de cette première couche, se trouve le parenchyme à cellules trois ou quatre fois plus longues que larges, à section transversale cir- culaire. Les faisceaux isolés les uns des autres, au nombre de vingt-six, ont une disposition tout à fait particulière. Leur sec- tion transversale est circulaire, ou légèrement elliptique. Ces faisceaux sont entourés de cellules contenant de grosses mâcles d'oxalate de chaux. On trouve, en dehors de la boucle dessinée par les faisceaux, une quinzaine de canaux sécréteurs, il n'y en a qu'un dans l'intérieur de la boucle. — 49 — Ceratozamia Mexicana (?). (Pi. II, fig. 33). Par sa structure générale, ce pétiole rappelle celui du Cycas. On y constate cependant quelques différences : ainsi, la couche de fibres hypodermiques est beaucoup plus dense que dans le Cycas. Dans cette dernière espèce, les màcles se trouvent exclu- sivement dans les cellules qui entourent les faisceaux libéro- ligneux; dans le Cerntozomia Mexicana, on les rencontre dans les diverses cellules du tissu conjonctif, soit seules, soit enveloppées de cristaux pulvérulents. Les faisceaux libéro-lig-neux sont isolés, ils dessinent une ancre. Leur section est à peu près circulaire. Les canaux sécréteurs sont en grand nombre. Résumé. — Cette étude rapide nous montre d'abord un fait important, c'est que chez les Gymnospermes (Cycadées et Conifè- res) comme chez les Monocotylédones, les faisceaux libéro-ligneux pétiolaires des plantes arborescentes ne sont pas soudés de manière à former un arc ou un anneau continu. Le faisceau impair manque d'ordinaire, comme il est facile de le constater chez le Salisburia et le Cycas. Nous voyons, en outre, que ces plantes renferment des mâcles, des canaux sécréteurs. Enfin, il est probable que la disposition des faisceaux peut servir à dis- tinguer certains genres chez les Cycadées. - 50 — EÉSUMÉ GÉNÉRAL. Il est inutile que je revienne de nouveau sur les résultats de mes recherches relatives au parcours des faisceaux libéro-lig-neux dans le rachis des feuilles composées. Je m'occuperai exclusive- ment du pétiole, en commençant par celui des Dicotylédones. Je rappellerai tout d'abord quelques particularités que j'ai eu l'occasion de signaler chemin faisant. Nous avons rencontré des cellules pierreuses dans le Guaiacum officinale, V Augiista gran- diflora et le Swartzia Sp. Le pétiole du Pi^oustia viscosa est revêtu de poils en forme de T. L'étude du trajet des faisceaux libéro-ligneux, dans le pétiole des Dicotylédones, nous a fourni des caractères intéressants au point de vue taxinomique. Ainsi, nous avons vu que, dans le Castmiopsis (C. Sinensis), le parcours de ces faisceaux est le même que dans le Quercus et le Castanea. J'avais étudié anté- rieurement les autres genres de Cupulifères, et il est établi maintenant que les plantes de cette famille sont reconnaissa- bles à la structure de leur pétiole. Il en est de même des Jug-landées, dont le seul g-enre Engelhardtia m'a fait défaut. Le Platycarya strohilacea rappelle par la disposition de ses faisceaux pétiolaires le Juglans regia. On classe habituellement parmi les Rosacées les Neuradées et les Chrysobalanées. Cependant, je n'ai point retrouvé dans leur pétiole le parcours caractéristique de cette famille. Peut-être faudrait-il réellement les en séparer comme le font certains auteurs. Le Bauhmia rufescens nous a présenté un système libéro- lig-neux disposé d'une façon très curieuse, et différant peu de celui que j'avais étudié dans le Bauhinia racemosa. Le Gej'ajiium anemonsefoliwn possède, comme les autres Géranium, cinq faisceaux typiques, dont les deux supérieurs se rapprochent l'un de l'autre, mais on y trouve en outre treize faisceaux disposés en cercle et extérieurs au premier. Les Biebersteinia présentent également le trajet typique des Géranium. On le retrouve encore dans les Hypseocharis de la tribu des Oxalidées, et dans une plante herbacée plus éloignée des Géraniacées, le Tribulus terrestris, de la famille des Zygo- — 51 — phyllées, qui ont aussi, à d'autres égards, des affinités avec les Géraniacées. Je rappelle qu'on retrouve dans les Malvacées la même dispo- sition des faisceaux pétiolaires que chez les Géraniacées. Seule- ment, tandis que chez celles-ci les quatre faisceaux principaux demeurent distincts à la caractéristique, chez les Malvacées ils finissent par se souder, et forment à la caractéristique un anneau complet. Enfin, l'étude du trajet des faisceaux pétiolaires dans le Balanops Vieillardi nous a fait rapprocher, à ce point de vue, les Balanopsées des Salicinées. Passons maintenant en revue les divers exemples qui viennent à l'appui de la règ-le que j'avais énoncée dans mon premier mémoire : en général les faisceaux libéro-ligneux du pétiole sont, k la caractérisque, distincts dans les plantes herbacées, soudés en arc ou en anneau dans les plantes frutescentes et arborescentes. Parmi les Urticacées, le TheLygonwn Cynocrambe a des fais- ceaux distiicts, ils forment au contraire un arc ou un anneau dans les Urticacées arborescentes. Le Bœhmeria utilis, plante vivace de taille élevée, présente une disposition intermédiaire : les faisceaux pétiolaires ne sont pas soudés mais :1s sont très développés et ne laissent entre eux que de faibles int3rvalles (pi. III, ôg. 7). Les Polygonées herbacées {Polygonum, Rumex, Rheum) ont des faisceaux pétiolaires isolés; au contraire, ils sont soudés en anneau dans ies Mûhlenbeckia, Anligoiion frutescents. Le pétiole de VAsariim Canadense possède aussi des faisceaux espacés; ceux-ci sont au contraire accolés et même soudés dans les Aristolochia ^ipho et tomentosa, plantes frutescentes. Dans le SpirœaopuUfolia (frutescent) le faisceau médian infé- rieur est beaucoup plus développé que dans le Spiraea Ulmaria (herbacé). Dans U Spirsea Lindkyana (frutescent), le système libéro-ligneux forne un anneau complet. Chez les Oxalidéts, M Bijpseocharis pimpinellifolia (herbacé) a des faisceaux distimts, VAverrhoa Carambola (arborescent), des faisceaux soudés enanueau dès la base du pétiole. Les Zygophyllées nous montrent chez le Tribidus terrestris (herbacé) des faisceiux distincts, chez le Guaiacum officinale (arborescent) des falKîeaux soudés en anneau dès l'initiale. — 52 On trouve de même des faisceaux distincts chez le Cardios- permum halicacabum (herbacé) et un anneau libéro-lig-neux dans les autres Sapindacées arborescentes. Le Patagonula A?ne)icana (arbrisseau) de même que le Cordia sehestena (arbre), étudié précédemment, possède un anneau libéro-lig-neux, tandis que dans les autres Borrag-inées herbacées {Cynoglûssum, Si/mphytum) le faisceau médian n'est guère plus développé que les autres ou forme à peine un arc de cercle. Les Composées que j'ai étudiées dans mon précédent mémoire sont toutes herbacées {Polymnia, Achillœa, Pyrelhriim, Helian- thus, Dahlia ); aussi présentent-elles des faisceaux distincts, bien séparés les uns des autres. Voyez la fig-ure 12 (pi. III). UAugusta grandifiora et le Moquinia polymorpfia sont des arbustes et leurs faisceaux sont accolés (pi. I, fig-. 34-35); ils sont soudés chez le Proustia viscosa qui est un arbre (pi. Ij fig". 36). Les tableaux suivants permettent d'apprécier d'un coup d'œil le degré de généralité de la règle en question. J'y ai réparti, un peu artificiellement, les familles que j'ai étudiée^ en trois groupes, suivant qu'elles renferment presque exclusivement des herbes ou des arbres (familles herbacées et arborescentes) ou qu'elles contiennent les deux (familles mixtes). \ Familles herbacées. Faisceaux pétiolaires isolés à la caractéristique. EXCEPTIONS (1) : Chénopodiacées. Polygonées. Amarantacées. Renonculacées. Géraniacées. Crucifères (2). Papavéracées. Fumariacées. Cucurbitacées. Bégoniacées. Ombellifères (3). Borraginées. Composées. Mûhlenbeckia complexa (/), Antigonàn leptopus if). Pseonia Moutan (/"). Patagonula (/"), Cordia (f). Augusta (/"j, Moquinia (/"), Prjustia (a). (1) f— frutescent, a = arborescent. (2) Voy. Oochlea.ria Armoracia (pi. IV, fig. 4). (3) Voy. Œnanthe fistulosa (pi. IV, fig, 3). — 53 — Familles frutescentes et arborescentes. Faisceaux pétiolaires soudés à la caractéristique Phytolaccacées. Cupulifères. Salicinées. Balanopsées, Juglandées. Magnoliacées. Tiliacées. Rutacées. Méliacées. Simarubacées. Anacardiacées. Sapindacées. Exe. Cardiospermum (herbe). Liquidambarées. Myrtacées. Cornées (l). Sty racées. Oléinées, Bignoniacées. Caprifoliacées (2), Urticacées. Aristolochiacées. Rosacées. Légumineuses. Zygophyllées. Saxifragacées, Verbénacées. Famillesmixtes. PUHTES HKRBiCÉeS. Faisceaux pétiolaires distincts à la caractéristique. Uriica, Thelygonum. Asarum Canadense. Agrimonia, Sangiiisorha. Vicia, Ornithopus, Phaseo- lus (3). Tribulus. Saxifraga. PLANTES FRUTESCEmS OU iRBORESCENTBS . Faisceaux pétiolaires soudés à la caractéristique. Ficus, Ubnus. Aristolochia Sipho. Cydonia, Sorbus. Cesalpinia, Sophora, Mi- mosa (4). Guaiacum, Ribes (5), Escallonia. Callicarpa, Yitex. Dans les Malvacées, Solanées(6), Scrophularinées, Acanthacées, Labiées, Hydrophyllées Asclépiadées (7), les plantes herbacées (1) Voy. Cornus sanguinea (pi. IV, fig. 10). (2) Voy. Viburnum Tinus (pi. IV, fig. 2). Le Sambucus nigra fait exception : ses faisceaux pétiolaires sont isolés, écartés les uns des autres; c'est le seul cas que j'ai rencontré parmi les six cents plantes que j'ai étudiées. (3) Voy. Phaseolus muUiflorus (pi. 111, fig. 6). (4; Voy, Mimosa pudica (pi. IV, fig. 1). (5) Voy. Ribes rubrum (pi. IV, fig. II). (6) Voy. Solanum Dulcamara (pi. IV, fig. 6). (7) On remarquera que ces plantes, sauf les Malvacées, appartieunent aux Gamopétales. - 54 — possèdent aussi à la caractéristique des faisceaux soudés en arc ou en anneau. Mais' on peut observer que dans ces familles le système libéro-lig-neux pétiolaire présente un plus g-rand déve- loppement chez les arbres que chez les herbes. Ainsi chez le Linaria cymhalaria le système libéro-ligneux dessine un petit arc de cercle, il forme un anneau presque fermé chez le Paulownia imperialis. Ceci m'amène à dire, qu'au point de vue qui nous occupe, la différence entre les plantes herbacées et les plantes frutescentes ou arborescentes est plus ou moins grande suivant les familles. Dans quelques familles, les plantes herbacées ont déjà des fais- ceaux pétiolaires soudés en arc, et le pétiole des arbres ne se distingue de celui des herbes que par le plus grand développe- ment de cet arc qui peut même former un cercle. Dans d'autres cas. au contraire, par exemple chez les Compo- sées, les herbes ont bien des faisceaux pétiolaires isolés, mais ces faisceaux ne se soudent que faiblement dans les plantes frutes- centes. Dans le cas précédent le pétiole des plantes herbacées se rapproche, par la disposition de ses faisceaux, de celui des plantes frutescentes; dans le second cas l'inverse se produit, le pétiole des plantes frutescentes rappelle celui des plantes herbacées (1). Mais dans la grande majorité des cas, ainsi que le montrent les tableaux ci-dessus, les faisceaux pétiolaires sont, à la caractéris- tique, distincts dans les plantes herbacées, soudés en arc ou en anneau dans les plantes frutescentes et arborescentes. Cette règle n'e.^t pas applicable aux Monocotylédones et aux Gymnospermes. Soit que nous considérions des familles mixtes comme les Aroidées, ou des familles purement arborescentes comme les Palmiers, les Conifères, les Cycadées, nous ne trouvons jamais dans les arbres comme dans les herbes que des faisceaux isolés dans toute la longueur du pétiole. L'examen du pétiole dans ces deux groupes nous a fourni quelques résultats curieux. Je me bornerai à rappeler ici la disposition caractéristique du liber, chez les Dioscoréacées, sur (1) Ce fait nous explique pourquoi, suivant les familles, les herbes de taille élevée ont des faisceaux soudés {Cannabis sativa) ou des faisceaux distincts {Helianihus tuberosus). — So- les deux côtés latéraux du bois et non sur les faces antérieure et postérieure, comme dans les faisceaux bicollatéraux des Solanées, Cucurbitacées, Apocynées, etc. Je mentionnerai aussi l'hypo- derme à cellules obliques des Marantées; l'arrang-ement particu- lier des faisceaux libéro-lig-neux chez les Cycadées : chez le Ceratozamia Mexicana notamment ils dessinent une ancre à la caractéristique. Enfin l'étude org-anog-énique du pétiole nous a montré comment se modifie avec l'âge la disposition de ses faisceaux libéro- ligneux. — 56 — CONCLUSION. Mes recherches sur le Pétiole exposées dans le présent mémoire ou dans le précédent ont porté sur plus de six cents espèces appartenant à trois cent cinquante genres et soixante et une familles. Il en résulte que : 1" Le pétiole permet de reconnaître certaines familles (Diosco- réacées, Cupulifères, Salicinées (1), Balanopsées, Jug-landées (2), Géraniacées, Malvacées, Crucifères (3), Labiées (4), etc.), certaines tribus (Marantées) et même certains genres {Pelargonium, Liqiddambar (5), Plata?ms (6), Cercis, Bauhinia). 2'^ En g-énéral, les faisceaux libéro-ligneux pétiolaires sont, à la caractéristique, distincts dans les plantes herbacées, soudés en arc ou en anneau dans les plantes arborescentes, frutescentes et même sous-frutescentes. (1) Populus fastigiata (pi. III fig. 3). (2) Pterocarya fraxinifolia (pi. IV fig. 8). (3) Cochlearia Armoracia (pi. IV fig. 4). (4) Phlomys chrysophylla (pi. IV fig. 7). (5) Liquilamhar imberbe (pi. III fig. II). (6) Plalanus occidentalis (pi. III fig. I). ^ 57 - EXPLICATION DES PLANCHES. Planche L Schémas représentant, sauf indications contraires, des caractéristiques. Les chiffres entre parenthèses indiquent la distance des coupes transversales, à partir de la hase du pétiole. 1 Miïhlenbeckia complexa. 2 Antigonon leptopus. 3 Castanopsis Sinensis, 4 Balanops Vieillardi. 5 Asarum Canadense. 6 Aristolocliia Sipho. 7 Euryale ferox. c, canal aérifère. 8 Spirsea opulifolia. 9 Spirfea Lindleyana. 10 Moquilea Guyanensis. 1 1 Swartzia. 12 Géranium anemonsefolium. 13 Biebersteinia Emodi. 14 Tribulus terrestris. Base dupétiole. 15 Idem. Caractéristique. 16 Idem. Rachis. 17 Idem. Rachis. 18 Guaiacum officinale. 19 Dictamnus Fraxinella. 20 Choisya ternata. Initiale. 21 Idem. (3i"°>). 22 Idem. (7"'^). 23 Idem. Caractéristique. 24 Cardiospermum Halicacabiim. 25 Staphylea trifoliata. Initiale. 26 Idem. Caractéristique. 27 Staphylea pinnata. Initiale. 28 Idem. Caractéristique. 29 Acer Pseudo-Platanus. 30 Negundo fraxinifolium. 31 ^sculus Hippocastanum. 32 Limnanthemum nymphoides. 33 Patagonula Americana. 34 Augusta grandiflora. 35 Moquinia polymorpha. 36 Proustia viscosa. 37 AInus glutinosa. Coi\pe terminale d'un pétiole de 1"™. 38 AInus glutinosa. Coupe terminale d'un pétiole de 19™™. 39 AInus glutinosa. Coupe terminale d'un pétiole de 25™™. 40 Corylus Avellana. Coupe terminale d'un pétiole de 2™™. 41 Corylus Avellana. Coupe terminale d'un pétiole de 2m™5. 42 Juglans regia. Coupe terminale d'un pétiole de 1™™. 43 Juglans regia. Coupe terminale d'un pétiole de 2™™. 44 Clematis Vitalba. Caractéristique. 45 Idem. Rachis. 46 Idem. Idem. 47 Idem. Idem. 48 Idem. Idem. 49 Idem. Idem. 50 Paeonia albiflora. Caractéristique. 51 Idem. Coupe du rachis. 52 Idem. Idem. 53 Pseonia Moutan. Caractéristique. — 58 — 54 Pseonia Moutan. Coupe du rachis. 55 Idem. Coupe du rachis. 56 Glycyrrhizaglabra. Caractéristique. 57 Idem. Coupe du rachis. 58 Idem. Jdem. 59 Sambucus nigra. Caractéristique. 60 Idem. Coupe du rachis. 61 Sambucus nigra. Coupe du rachis. 62 Idem. Idem. 63 Siler trilobus. Caractéristique. 64 Idem. Coupe du rachis. 65 Idem. Idem. 66 Angelica. Caractéristique. Pl. II. Même observation que pour la Planche I. 1 Angelica. Coupe du rachis. 2 Rosa canina. Caractéristique. 3 Idem. Coupe du rachis. 4 Idem, Idem. 5 Acacia Julibrissin. Caractéristique. 6 Idem. Coupe du rachis. 7 Idem. Idem. 8 Cytisus Lâburnum. Caractéristique, 9 Idem. Coupe du rachis. 10 Juglans regia. Caractéristique. 1 1 Idem. Coupe du rachis. 12 Ailantus glandulosa. Initiale. 13 Idem. Caractéristique. 14 Idem. Coupe du rachis. 15 Idem. Idem. 16 Potamogeton lucens. 17 Sauromatum guttatum. 18 Chamsedorea elatior. 19 Rhapis flabelliformis. 20 Alisma Plantago. 21 Sagittaria sagittaefolia. 22 Funkia ovata. 23 Smilax aspera. 24 Aspidistra. 25 Pontederia cordata. 26 Dioscorea Batatas. 27 Trichopus. 28 Strelitzia augusta. 29 Thalia dealbata. 30 Hydrocharis Morsus ranse. 31 Salisburia adiantifolia. 32 Cycas. 33 Ceratozamia Mexicana. 34 Dioscorea Batatas. Faisceau pétiolaire. La partie supé- rieure de la figure est dirigée vers le centre du pétiole, l, l, les deux faisceaux du liber placés à droite et à gauche du faisceau ligneux. 35 Thalia dealbata. Section longitu- dinale de l'extrémité terminale du pétiole. 36 Pontederia cordata. Diaphragme représenté à plat, 37 Pontederia cordata. Coupe d'un diaphragme. a, Cellule à raphides. b, Cellule dépourvue de raphides. c, Spicule. 38 Pontederia cordata. Coupe d'un diaphragme à deux assises de cellules. 59 — Pl. III. Caractéristiques. G := Grossissement. 1 Platanus occidentalis. G = 16. 2 Corylus Avellana. G = 21. 3 Populus fastigiata. G = 32. 4 Hibiscus Rosa-Sinensis. G = 18. 5 Sorbus latifolia. G = 17. 6 Phaseolus multiflorus G = 14. 7 Bœhmeria utilis. G = 18. 8 Pelargonium hedersefolium. G = 15 9 Thalictrum majus. G = 19. 10 Actsea racemosa. G = 11. 1 1 Liquidambar imberbe. G = 20. 12 Spirsea Ulmaria. G = 12. Pl. IV. Caractéristiques. 1 Mimosa pudica. G = 23. 2 Viburnum Tinus. G = 23. 3 Œnanthe fistulosa. G = 20. 4 Cochlearia Armoracia. G = 10. 5 Cercis Siliquastrum. G = 17. 6 Solanum Dulcamara. G = 15. 7 Phlomys clirysophylla. G = 22. 8 Pterocarya fraxinifolia. G= 11. 9 Trapa natans. G = 24. 10 Cornus sanguinea. G = 27. 11 Ribes rubrum. G = 23. 12 Dahlia coccinea. G =: 12. — 60 INDEX ALPHABETIQUE DES FAMILLES ETUDIEES DANS CE MEMOIRE. Dicotylédones. Pag-es. Anacardiacées 28 Aristolochiacées 19 Balanopsées 18 Borraginées 30 Chrysobalanées 22 Composées 31 Cupulifères 17 Gentianées 29 Géraniacées 24 Juglandées 17 Légumineuses 23 Malvacées 26 Méliacées 29 Nymphéacées 19 Oxalidées 25 Polygonacées 16 Renonculacées 20 Rosacées 21 Rutacées 27 Sapindacées 28 Simarubacées 29 Styracées 30 Urticacées 16 Zygophyllées 26 MONOCOTYLÉDONES. 43 42 45 Hydrocharidées 47 Liliacées . , 41 Alismacées . . . Aroïdées Dioscoréacées. Naïadacées. . . . Palmiers Pontédériacées. Scitaminées.. . . 42 43 44 46 Conifères. Gymnospermes. 48 I Cycadées, 48 Arff'.s- (le la Soc. Lin. de Bordcaii.r J. 2. 3. T.XLÏÏI. PLI. Zith Ar^î vy/imtri.: h- /es de la Soc. Lui. de Boirlcdu.T -Ic/f.s- (le ](i Soc. Lin. de Borchu T.XLliï. PI. ni. 9 10. /2 Artrs rir la Soc. Liii.ch' BordcaïKic. T.XLin. PI. IV. V -J// \ li. 12 '.P '>0' DOCUWENTS POUR LÉTHOLOGIE DES fflAMMIFÈRES. Freno-ièr© Série. NOTES PRISES AU JOUR LE JOUR SUR DIFFÉRENTES ESPÈCES DE l'ordre des RONGEURS OBSERVÉES EN CAPTIVITÉ. PAR Fernand LATASTE. {Suite ^'■'). (1) Pour la partie précédente de ce mémoire, voir, tome XL, p. 293-466 et pi. IX-XI, et, tome XLI, p. 201-536 et pi. X-Xl. Tome XLIII 5 — 62 — SUPPLÉMENT AU CHAPITRE Hus musculus Linné. 2 septembre 1888. — Avec dix Souris albines, que je viens d'acheter au Marché aux Oiseaux, je forme cinq couples. $ I et J* A sont très adultes. La $ est vraisemblablement pleine ; elle a les mamelles saillantes et la vulve fermée. $ II est très adulte, peut-être pleine; sa vulve est fermée, cj^ B est à peine adulte. Ç III est vraisemblablement pleine; elle a la vulve fermée. (^ C est adulte. $ IV et c? D sont à peine adultes, et celle-là a la vulve fermée. Ç V et c? E sont aussi à peine adultes, et la Ç a également la vulve fermée. Cette après midi, je prends ,^ E, et je cherche, en pressant sa queue entre le pouce et l'index et en tirant dessus, à la dépouiller; mais l'opé- ration est beaucoup moins facile que je ne supposais. L'état physiologique du sujet est-il pour quelque chose dans la facilité ou la difficulté de ce dépouille- ment? J'arrache des poils et des lamelles d'épiderme; mais le derme tient bon. J'intercale un linge entre mes doigts et la queue : le résultat est le même. Tout d'un coup, la queue se casse, et le moignon en place reste recouvert, et dépassé d'un demi-centimètre, par la gaîne cutanée. Alors, à un demi -centimètre environ de sa base et à deux centimètres de son extrémité, je pratique une incision circulaire autour du moignon, et, au delà de l'incision, j'en détache la peau, par fragments. La partie mise à nu n'a pas l'aspect propre et régulier qu'elle présente quand elle s'est dépouillée spontanément, en abandonnant son fourreau dermique à l'ennemi; en outre, elle a, au point lésé, un assez gros diamètre : aussi mettra- t-elle vraisemblablement, pour se sécher et se nécroser, plus de temps que d'habitude. L'opération a eu lieu vers trois heures et demie ou quatre heures. Laissée seule, la bête se tient d'abord immobile dans un coin, l'air malade. Vers cinq heures, elle commence à flairer sa queue; elle lèche, sur le plancher de la cage, le sang qui a coulé de sa plaie ; puis elle se met à circuler, s'arrêtant de temps à autre pour jeter un regard sur son mal. Enfin, elle s'accule dans un coin, prend sa queue à deux mains, et se met à la ronger, en commençant par l'extrémité libre. Au début, elle n'y touche que discrètement, et non sans interruptions fréquentes; puis elle y va carrément, les yeux à demi-fermés. Certainement, le moignon n'est pas encore absolument insensible; car, une fois, l'animal pousse un petit cri et s'arrête net. Sans doute, sa conduite est déterminée par des démangeaisons qu'il ressent au point lésé : c'est ainsi que les gens qui ont des vésicatoires, des engelures, des plaies en suppuration, éprouvent le besoin d'y — 63 — porter la main et de se g'ratter. Du reste, notre Rongeur va moins vite en besogne qu'on ne croirait à le voir : depuis dix minutes qu'il s'est mis à l'œuvre, il n'a pas sensiblement raccourci son moignon. Après un assez long repos, il fait sa toilette. De temps à autre, il porte son museau vers sa plaie; mais aussitôt il se détourne : il semble qu'il tâte la partie malade et cherche à se rendre compte de son état de sensibilité. Puis il reste immobile, le poil hérissé. Quand je sors, après sept heures, le moignon n'est pas encore rongé; il paraît même aussi long qu'après l'opération. Le soir, quand je rentre, vers dix. heures, tout est au même point : le moignon n'est pas mangé. A.lors, je réunis ce (j* à sa $ . C'est une expérience à refaire. La queue a sans doute été dépouillée trop près de sa base, le moignon est trop gros pour se dessécher et se nécroser rapidement; peut-être aussi faut-il tenir compte de la façon irrègulière dont a été pratiqué le dépouillement? $ IV c^ D. A dix heures vingt-cinq, je prends ^^ D. Je passe sa queue à travers le grillage d'une cage, et, la maintenant tendue avec la main gauche, je lui fais, vers la limite de son premier tiers à partir de la base, une incision circulaire intéressant toute l'épaisseur du derme; puis, engageant la queue, au niveau de la section, entre les branches d'une pince et tirant dessus, je finis par amener, en un seul morceau, toute la partie de gaîne caudale située au delà de la section : ce fragment de gaîne mesure quarante-huit millimètres de long. L'axe de la peau a été ainsi très proprement dépouillé, comme dans les accidents naturels. Pendant l'opération, la bête criait et se débattait; mais, aussitôt après, elle est fort vive et ne paraît nullement malade. A peine libre, elle s'arrête et se met à lécher la partie de sa queue mise à nu ; la prenant entre ses deux mains écartées pour lécher au milieu, et déplaçant progressi- vement ses mains, elle la suit d'une extrémité à l'autre, à plusieurs reprises, revenant en arrière quand elle est au bout, et recommençant ensuite. Il me paraît hors de doute que, dans ces opérations préparées, la queue se dépouille plus difficilement que dans les accidents naturels. Dans les expé- riences, l'animal se tient sur ses gardes : il résiste, sans doute; tandis que, dans les cas naturels, ne songeant qu'à la fuite, il est surpris par l'accident. Mais comment expliquer cette différence de résistance organique dans les deux cas? Il faudrait étudier la structure intime du tissu sous-dermique : y a-t-il des fibres musculaires reliant le derme de la queue à l'aponévrose et aux muscles profonds? A onze heures, (^ D commence à ronger sa queue. Il tient ses dents à quelques millimètres de l'extrémité. En ce point, les tendons se montrent soulevés, irrégulièrement déchirés et dissociés; tout au bout, j'aperçois déjà une petite troncature. Le sujet continue à s'attaquer aux tendons, vers l'extrémité de la queue qu'il tient entre ses deux mains. — 64 - A onze heures vingt, le bout de la queue est irrégulièrement déchiqueté, en pinceau. Il serait intéressant d'étudier la disposition des nerfs dans la queue. Ceux- ci, certainement, après l'écorchage, périssent successivement de l'extrémité libre de la queue vers sa base; et, vu la rapidité du processus, il me paraît vraisemblable qu'ils sont mis à découvert par l'opération, c'est-à-dire qu'ils circulent immédiatement au-dessous du derme. $ V (^ E. A minuit, j'aperçois (^ E dans sa cage : il semble gai et bien portant. Son moignon est effiloché au bout; mais il reste encore intacte une assez grande longueur de la partie dépouillée. (5* D. A minuit quarante-cinq, je remets (^ D avec sa $ . La partie lésée de sa queue, à ce moment, n'a plus qu'une longueur à peu près égale à celle de la partie saine, c'est-à-dire à la moitié environ de sa longueur primitive ; elle se termine par des tendons dissociés, auxquels un petit fragment osseux reste encore suspendu. 3 septembre. — $ I c? A. Il semble que $ I va mettre bas ; sa vulve s'ouvre. $ II (5^ B. $ II a la vulve un peu ouverte. Le clitoris est percé au sommet : je vois une goutte d'urine qui perle à l'orifice. $ III c^ C. Vulve normale. $ IV c? D. I^a $ a la vulve normale. Le (^ présente encore en place un morceau de queue lésé, long d'un centimètre environ, avec un prolongement tendineux long de deux centimètres au moins. Ç* V (^ E. La $ a la vulve normale. Le (^ présente encore en place un mor- ceau de queue lésé, à peu près aussi long qu'hier soir. $ III (^ C. Vers onze heures vingt du matin, je prends (j* C. Je pose sur sa queue, plus près de l'extrémité libre que de la base, une ligature serrée; puis j'isole l'animal, avec un peu de nourritui'e, dans une cage vide. Il a poussé quelques cris quand j'ai serré sa ligature; puis il s'est mis à circuler, comme si de rien n'était. Une fois, il se retourne et lèche sa queue, au niveau et en deçà de la ligature. La teinte plus foncée qu'a pris la queue au delà de la liga- ture me fait supposer que celle-ci est serrée à point. Ce soir, vers huit heures et demie, tout est en l'état. Le bout de queue a pris une couleur foncée et se montre un peu enflé ; mais il n'est aucunement rongé. Je réunis ce (^ à sa $ . La vulve de celle-ci a les bords décollés, mais n'est pas largement ouverte. $ II (^ B. Ce soir, vers neuf heures, je prends (^ B, et je lui applique, vers le milieu du tarse droit, une ligature serrée. Je l'isole de sa $ . $ IV c? D. A la même heure, j'examine (j* D : il présente encore un moi- gnon dénudé, long d'environ un centimètre et demi, plus un tendon desséché qui semble avoir la longueur de toute la partie supprimée de la queue. $ V (j* E. La queue de (j* E se montre au même point, ce soir, que ce matin. Ç III (^ C. Vers minuit, j'aperçois (^ C : il n'a plus sa ligature. La circu- — 65 — lation est rétablie dans toute la queue, et un sillon circulaire, imprimé dans la peau au niveau de la ligature, est la seule trace de l'opération. Ce sujet a sans doute réussi, avec ses dents, à ronger le fil en épargnant sa peau; peut-être aussi sa $ l'a-t-elle aidé dans cette tâche? 4 septembre. — $ I c? A. Quand j'examine $ I, ce matin, une goutte de liquide se montre dans le petit orifice vulvaire (non au sommet du clitoris). $ 11. Sa vulve présente toujours un petit orifice, dans lequel, pendant mon examen, arrive une goutte de liquide. $ III c? C. Vulve normale. La queue de (j* C a repris sa teinte normale ; mais elle est encore un peu enflée en arrière du sillon qui marque la place de la ligature. $ IV (j* D. Comme hier, Ç V (^ E. $ , vulve normale ; cf , comme hier. (^ B. Ce matin, vers dix heures, le pied de (^ B, au delà de la ligature, est noir et enflé. L'animal ne l'appuie plus que rarement, dans la marche ; d'ailleurs, ce membre n'a pas encore reçu un coup de dent. Ç III (^ C. Vers midi, dans la cage de ce couple j'ai entendu vagir des petits : ce soir, j'en compte cinq dans le nid. La Ç a la vulve déjà passable- ment rétrécie, et le (^ semble lui faire la cour. Je transporte le couple dans une cage où je puisse mieux l'observer. Un instant après, je remets le (^ dans sa cage, avec les petits, et je le remplace auprès de sa $ par (^ A, le plus beau de tous mes (^. La $ semble inquiète de ses petits; mais elle ne paraît pas en rut. A minuit, je rends cj* A à $ I, et $ III à ses petits et à (5* C. (^ B. Je rends aussi ^f B à $ IL Celle-ci a la vulve nettement ouverte. Le pied de (5* B est toujours ligaturé et enflé, mais nullement rongé. 5 septembre. — $ I (j* A. Ç, comme hier; sa vulve peut être considérée comme à l'état de repos génital, bien que les bords n'en soient pas collés ensemble. $ II (j* B, La vulve de $ II, comme hier : elle est ouverte, c'est-à-dire que ses bords sont décollés ; mais elle ne m'en paraît pas moins à l'état de repos. Quant à (j* B, son pied ligaturé est de plus en plus enflé : il a pris une couleur rouge-noir; il est difforme ; mais il n'a aucunement été rongé. Du reste, je crois que la ligature n'a pas absolument interrompu toute circulation ; car l'animal, en marchant, appuie un peu sur le bout des doigts ; cependant, à la face dorsale, la peau est érodée en plusieurs points, et laisse transsuder de la sérosité. Je supprime la ligature. $ III c? C. Cette nuit, de mon lit, j'ai entendu des cris dans ma petite ménagerie : ce matin, dans la vulve de $ III, j'aperçois un bouchon vaginal, cf C ne présente presque plus trace de sa ligature caudale. $ IV J* D. $ IV, comme hier. Quant à ,^ D, le moignon dépouillé de sa queue se dessèche de plus en plus, la partie non dépouillée demeurant saine; entre les deux, il y a une ligne de séparation nette. — 66 — $ V (5* E. La $ a la vulve nettement ouverte, arrondie, à bords tuméfiés et enflés : ce serait à croire qu'elle vient de laisser tomber un bouchon; à moins qu'elle ne s'accouple ce soir. Quant à cf E, son moignon dépouillé se dessèche de plus en plus, et semble vouloir s'éliminer spontanément; en tout cas, l'ani- mal n'y porte plus les dents. Le tronçon dépouillé a pris une forme conique; l'autre tronçon conserve l'aspect de la santé. $ III (j* C. A minuit, $ III a éliminé son bouchon; son vagin est encore ouvert. Ç V (j* E. Vers sept heures, ce soir, j'avais séparé la $ du i^ ; à minuit, je les rapproche. $ V paraît en rut. Je la mets un instant en présence de (^ C. Celui-ci se montre très ardent : il traîne ses testicules sur le plancher ; mais elle se défend encore. Alors, je rends (5* C à $ III et à ses petits adoptifs, et Ç V à (^ E, Je pense que ces deux s'accoupleront cette nuit. 6 septembre. — Ç I (j* A. Quand je veux examiner Ç I, la petite pression qu'elle a à supporter, dans ma main, fait apparaître, dans sa vulve, l'amnios vascularisé d'un fœtus ['!) (1). $ II (j* B. La vulve de $ II est nettement ouverte; elle n'a pas l'apparence du repos. Le pied de (j* B est à peu près dans le même état qu'hier. Il n'est aucunement rongé. 2 m c^ C. La vulve de $ III n'est pas encore soudée. Ses petits sont toujours au nombre de cinq. $ IV (^ D. $ IV, vulve normale. Quanta (^ D, le tronçon lésé et desséché de sa queue a nettement diminué de longueur, et se termine irrégulièrement : il a été rongé à son extrémité. Ç V J* E. Dans la vulve de $ V, j'aperçois un bouchon très net : cette nuit, il y a eu beaucoup de cris dans la cage de ce couple, J* E a toujours en place un petit bout de queue lésée ; celui-ci, cependant, a diminué de longueur, et il est irrégulièrement taillé à son extrémité : il a été légèrement rongé. 7 septembre. — $ I cj* A. $ I, comme hier, sauf que sa vulve, aujourd'hui, est tout à fait largement ouverte. $ Il c5* B. La vulve de $ II est nettement ouverte et présente l'apparence du rut. cf B, sans doute, n'est pas en état de satisfaire une Ç ; aussi je trans- porte Ç II auprès de (^ G. Le pied de (5* B sem.ble se dessécher, sans reprendre sa souplesse : l'animal s'en sert comme il ferait d'un pied de bois. Ç III (5* C. $ III a la vulve encore ouverte. Ses petits sont pleins de vie. Parmi eux, il me paraît y avoir deux $ et trois J*. Je supprime un des derniers : je le donne à mon Emyde d'Algérie (2), qui l'avale aussitôt. J'ai retiré de la cage (^ C, pour le réunir provisoirement à $ II. (1) Cette Q devait périr, ultérieurement (23 décembre), d'uae inversion de l'utérus, et elle pré- sentait déjà des symptômes de cette lésion : c'était la face interne de l'utérus retourné que j'apercevais dans son vagin, et que je prenais pour une enveloppe fœtale. (2) Clemmys leprosa Schweigger. — 67 — $ IV (j^ D. Ç IV, comme hier. La partie lésée de la queue de cj* D n'a plus que deux à trois millimètres de long. Entre elle et la partie saine, il se produit un léger bourrelet. Ç V (5* E. La, vulve de $ V est vide de bouchon et présente un petit orifice arrondi. La partie lésée et desséchée de la queue de (^ E est réduite à presque rien : elle a encore été légèrement rongée à son extrémité. $ II 1^ C. Ce soir, à onze heures, cf G fait vivement la cour à $ Il ; celle-ci, d'ailleurs, ne montre pas encore de bouchon vaginal. Ç I J A. A la même heure, $ I est en train d'accoucher. A neuf heures, aucun petit n'était encore né; maintenant, il y en a trois. Je laisse le ^ dans la cage, et, pour observer la parturition, je place la mère sur ma table, dans une petite boîte découverte, avec un très petit matelas d'étoupe. Pendant plus d'une heure et demie, je garde cette $ sous mes yeux ; mais il ne vient pas d'autre petit. Cependant, à travers l'orifice vaginal et pour peu que je presse sur ses bords, je vois apparaître l'amnios d'un fœtus (1). Cette $ est douce au possible : non seulement elle accepte volontiers mes caresses, mais elle me les vole, comme ferait un Chien ou un Chat, se glissant et frottant sa tète et son corps entre mes doigts. Elle s'asseoit sur ma main et y fait sa toilette. Elle en oublie ses petits. Je la réinstalle dans sa cage, avec son (j*. 8 septembre, — $ I c? A. $ I n'a décidément que trois petits. Elle ne paraît pas s'être encore accouplée : elle n'a pas de bouchon vaginal, $ II (J* C. $ II a toujours la vulve ouverte, mais elle ne présente pas de bouchon. Je la laisse encore avec (^ C. Ç III. lia vulve de Ç III s'est refermée. Ç IV (j^ D. Comme hier. Ç V (j* E. La vulve de $ V est encore un peu ouverte. Quant à J* E, le tronçon dépouillé déborde à peine, maintenant, le tronçon à peau intacte. cf B. Le pied de (j* B a toujours l'air d'un corps étranger : il est mû d'une seule pièce, en bloc. La jambe et la partie du pied située au-dessus du lieu de la ligature sont, aussi, considérablement enflées : l'inflammation s'est propagée à distance. 9 septembre. — $ I (j* A. Ce matin, $ I a la vulve ouverte, humide, mais sans bouchon. Je crois bien, cependant, qu'elle s'est accouplée cette nuit; car j'ai entendu des cris qui semblaient bien venir de sa cage; et, hier soir, son (^ paraissait la courtiser. $ II J* C. La vulve de $ II est encore ouverte; mais ses bords sont beau- coup moins épaissis que précédemment. Ç III a la vulve absolument fermée. Ses quatre petits sont bien portants. Je remets (^ C avec la mère et les petits. (IJ Yoir la noto préccdente. — 68 — Ç IV (^ D. Ç IV a la vulve ouverte, mais non largement, et à bords un peu épaissis, i^* D, comme hieir. $ V J* E. La vulve de $ V a les bords rapprochés, quoique non soudés et un peu épaissis. (^ E, comme hier. Sa blessure était irrégulière; or, partout où il est resté de la peau, même lésée, la partie correspondante de l'axe de la queue semble devoir être conservée. (^ B. Je remets $ 11 dans la cage de J* B. Celui-ci meut toujours son pied tout d'une pièce, comme il ferait un pied de bois. Il n'en a rongé aucune partie. 10 septembre. — $ I (f* A. La vagin de $ 1 est toujours profondément et largement ouvert. Maintenant que cette $ est en pleine lactation, ce matin, je supprime ses trois petits (Je les donne à manger à mon Emyde). Si $ I a été fécondée, je verrai si sa gestation restera tri- ou deviendra bi-décadaire ; et, si elle ne s'est pas accouplée, elle entrera plus tôt en rut. Les trois petits étaient très vigoureux, et, par conséquent, bien nourris ; il y a trois jours moins quelques heures qu'ils étaient nés. $ II c^ B. Le vagin de $ II est toujours ouvert. Le pied de cj* B est au même point qu'hier. $ III (^ C. Les petits de Ç III ont disparu, sans laisser de trace! (^ C, de retour après une absence qui en a fait un étranger, les a évidemment massacrés. $ III les aura allaités cinq jours : quelle sera la durée de sa gestation, dans ces circonstances? $ IV (5* D. Comme hier. $ V (5* E. La Ç , comme hier. Quant au (^, la partie nécrosée de sa queue n'a guère plus qu'un demi-millimètre de long ; la limite de la partie saine est d'ailleurs irrégulière. Nouveaux sujets. J'ai acheté hier, au Marché aux Oiseaux, $ VI. Elle est à peu près adulte. Sa robe est brun noirâtre (1). Sa vulve, hier fermée, est aujour- d'hui un peu ouverte. Je retire c? E à $ V, pour le laisser désormais avec $ VI. Hier, aussi, j'ai acheté $ VII. Elle est un peu jeune. Sa robe est gris brun, avec un trait longitudinal oblique blanc sur le museau et la tête. Sa vulve, hier, était fermée ; ce matin, elle est un peu ouverte. 11 septembre.— Ç I (^ A. Vulve toujours ouverte, largement et profondé- ment. $ II c? B. La vulve de $ II semble se refermer. Le pied de ç^ B est tou- jours au même point. Ç III J* C. Vulve absolument fermée. Un des petits de cette $ n'avait pas été entièrement mangé : je trouve son cadavre, pourri et puant. $ IV (5* D. Ç IV a été isolée pendant la nuit : j'avais donné sa place, auprès de (^ D, à $ VIL Je retire celle-ci, et je réunis de nouveau $ IV et c? D. La (1) A moins d'indication contraire, mes sujets étaient albinos. — 69 — vulve de $ IV parait fermée. La queue de (j* D est dans le même état qu'hier. $ V. La vulve de cette Ç semble fermée. $ VI c^ E. Hier soir, c? E faisait ardemment la cour à $ VI; cependant, à plusieurs reprises, j'ai examiné la vulve de celle-ci, sans y voir de bouchon ; et, ce matin, son vagin est encore vide, et même il semble en train de se refermer. Cette $ est; maigre et a l'air malade. $ VII. Cette $ a passé la nuit avec (^ D ; je l'isole de nouveau. Quand je l'examine, je crois voir, à l'entrée de sa vulve, une poche amniotique : cette $ était donc pleine, et elle va mettre bas? 12 septembre. — Ç I (^ A. Vulve toujours ouverte. 2 II c5* B. La vulve de $ II semble fermée, quoique ses bords ne soient pas soudés. Cette $ me paraît pleine : je crois sentir ses foetus sous le doigt. Le pied de (j* B est toujours inerte, sec et rigide. Quand j'ai défait la ligature, il était d'un volume énorme; il s'est desséché depuis, et, aujourd'hui, il ne paraît pas plus gros que son symétrique; il est seulement un peu épaissi sur le dos; mais, au-dessus de lui, la jambe est encore fortement enflée. $ III (^ C. Vulve absolument fermée. Cette $ semble pleine : sa grossesse, étant déjà apparente, ne sera vraisemblablement pas tri-décadaire. $ IV (f D. $ IV, vulve fermée. Quant à la queue de (^ D, sa partie nécrosée se montre brusquement rétrécie, tandis que sa partie préservée est assez nette- ment renflée : la première, sans doute, va se détacher en bloc, 2 V. Vulve non fermée. 2 VI (5* E. $ VI, vulve encore ouverte. (^ E, comme hier. Cette nuit, les deux ne se faisaient plus la cour. 2 VII. Hier, en examinant 2 ^^h j'^^ ^^it une erreur d'interprétation : une goutte d'urine dans le vagin, à travers laquelle on aperçoit par transparence les vaisseaux de la paroi, produit l'apparence qui m'a trompé. Aujourd'hui, la vulve est beaucoup moins ouverte qu'hier. Le canal de l'urèthre est enflammé à son orifice. II est percé entre deux papilles, au bout, mais sur le bord postérieur du clitoris. 2 III c? Q- tîette après-midi, je réunis (^ C à $ VII; et, le neuvième jour après la parturition et le coït, en lui faisant sauter la tête d'un coup de ciseaux, je sacrifie $ III. L'ayant ouverte, je découvre ses utérus, et, dans l'intérieur de ceux-ci, par transparence, j'aperçois les ovules (1). Dans l'ovaire, d'un côté, je compte quatre corps jaunes, chacun d'un demi- millimètre de diamètre environ : on les voit sur l'organe en place et à l'œil nu, mieux par transparence et à la loupe, mieux encore après l'action successive de (1) Ainsi que j'ai pu m'en convaincre en examinant des préparations qu'a 1)ien voulu me montrer M. le Professeur Mathias Duval, les ovules, à ce stade, n'ont encore que des dimensions microsco- — 70 — l'alcool et de la glycérine. Dans rutérus correspondant à cet ovaire, il y a aussi quatre ovules, situés respectivement à huit, quinze, vingt-quatre et trente-six millimètres du point de bifurcation des deux utérus; ils sont bien visibles par transparence ; ils font saillie sur le bord mésentérique de l'utérus ; leur grand diamètre est d'un millimètre environ. Sur l'autre ovaire, j'ai beaucoup de peine à compter les corps jaunes, tant ils sont nombreux. Je dégage cet organe, avec les aiguilles, des trompes et de la graisse qui le couvrent en partie, je l'humecte d'une petite goutte de glycérine additionnée d'acide acétique, je le comprime un peu sous une lamelle, et je par- viens à compter huit corps jaunes. Dans l'utérus correspondant, il y a huit ovules en cinq groupes à peu près équidistants, les ovules de chaque extrémité isolés, les intermédiaires rapprochés par deux. Ils occupent une longueur totale de deux centimètres, chaque groupe étant éloigné d'un demi-centimètre environ de chacun de ses voisins, et les derniers se trouvant à peu près à cette même distance de l'extrémité correspondante de l'organe. Je cherche vainement à isoler, d'un de ces utérus, ce que je prenais tout à l'heure pour des ovules. Ce sont des taches pigmentaires, situées dans l'épais- seur de la paroi glandulaire de l'utérus. Correspondraient-elles à des ovules fixés puis résorbés? (1) Cette Ç avait la vulve fermée et soudée. Je conserve dans l'alcool son vagin et l'un de ses utérus, celui à huit ovules (2) ; ses deux ovaires et son autre utérus ont été détruits dans mon examen. 13 septembre. — $ I (^ A. Vulve presque fermée. $ II cf B. Quoique non soudée et à plis saillants, la vulve de $ II paraît fermée. Le pied de cj^ B n'est évidemment pas mort; car il est le siège d'une piques, et les reaflements ovoïdes que je prenais pour des ovules ne peuvent être que des formations exclusivement utérines : mais, d'après la série de mes observations notées dans ce chapitre, je crois pouvoir affirmer que ces formations utérines sont directement liées, chacune, à un produit en gestation. (1) Voir la note précédente. (2) Après que j'en ai fait un examen purement macroscopique, tous ou à peu près tous les organes génitaux des nombreuses Souris femelles qae j'ai sacrifiées, à des époques déterminées et échelon- nées à partir du coït, ont été remis : la série des vagins, à M. le Dr Henry Morau, pour son étude des variations périodiques de l'épithélium vaginal des Rongeurs (voir t. XLI, p. 383, note 1); la série des produits de conception et utérus gravides, à M. le Professeur Mathias Duval, qui me les avait demandés pour ses recherches embryogéniques; enfin, la série des ovaires et des trompes, à M. le Professeur Ch. vanBambeke, de l'Université de Gand (Belgique), qui, avec l'aide de M. le D"' Van- DER Stricht, son préparateur, a bien voulu accepter ma proposition d'entreprendre l'étude de l'ovulation de la Souris. En recueillant ces matériaux et en les distribuant de la sorte, si faibles que puissent être jugés les résuit its de mes propres recherches, j'ai l'assurance d'avoir utilement servi la science, et la satisfaction de n'avoir perdu ni mon temps ni ma peine. Et, à ce propos, pour que leurs travaux et mes propres recherches s'éclairent pleinement de lumières réciproques et puis- sent complètement converger vers le but commun, l'étude de la fonction génitale conçue dans toute — 71 — suppuration fort nette, bien que je n'en puisse déterminer les points précis ; mais il reste sans mouvements propres, et insensible, $ lY ^ D. La vulve de Ç IV n'est pas fermée. $ V. Celle de $ V semble fermée. $ VI (^ E. Celle de $ VI, quoique à bords renflés, paraît fermée, Ç VII (^ C, Celle de $ VII est encore ouverte. Cette $ a toujours une plaie à l'orifice de l'urèthre. $ V. Au neuvième jour après le coït et dans les conditions de la gestation bi-décadaire, je sacrifie $ V. Ses utérus sont dilatés dans toute leur longueur et remplis d'un contenu translucide : il n'est pas possible d'y compter les embryons; et ces organes ont trois millimètres et demi d'épaisseur (1). Or, dans le cas de gestation tri-décadaire, les utérus de Ç III, sacrifiée aussi huit jours après le coït, ne sont pas plus gros qu'à l'état de vacuité : ils n'ont pas un millimètre et demi d'épaisseur; et les ovules font hernie du côté du mesométrium. Espérant ainsi faire apparaître les embryons, j'injecte de l'alcool dans le vagin de $ V; mais l'alcool ne paraît pas pénétrer dans les utérus. Je détache, en un tenant, le vagin avec le clitoris et la vulve, les utérus, les trompes et les ovaires, et je plonge le tout dans l'alcool. 14 septembre. — $ I cf A. Vulve fermée, mais non soudée. Cette $ avait fait plus de trois petits ; car je trouve les débris d'un quatrième, en partie mangé. $ II c? B. Vagin profondément ouvert, $ IV r? D. Vulve tout à fait fermée. Ç VI (5* E. Hier soir, J* et $ se faisaient vivement la cour; ce matin, la $ présente un bouchon vaginal. $ VII (^ C. La vulve de $ VII paraît en train de se refermer. Son urèthre sa généralité, je prie respectueusement MM. H Morau, M.vthias Duval, van Bambeke et Vander Stricht, dans leurs publications, de désigner, chaque fois, individuellement et à l'aide des mêmes chiffres romains qui lui ont été attribués dans ce mémoire, le sujet qui leur aura fourni chacune de leurs observations. (1) Ces utérus avaient l'aspect que présentent ces organes après le coït, quand ils sont distendus par le sperme; mais Ç V, depuis le 10 isolée du o, n'avait pu s'accoupler postérieurement à la nuit du 9 au 10; et son accouplement antérieur n'était guère vraisemblable : d'une part, en effet, de la nuit du 5 au 6 à celle du 9 au 10, la période du rhythme génital aurait été bien abrégée; et, d'autre part, du 10 au 13, l'utérus, après la chute du bouchon vaginal, aurait dtL rester trois jours pleins distendu par le sperme. Du reste, le contenu intra-utérin, dans ce cas, n'était que du mucus, ou du liquide albumineux, chargé de leucocytes mais sans trace de spermatozoïdes, ainsi qu'il est établi par des préparations de cet organe que M. le Professeur Mathias Duval a bien voulu me montrer. Aynnt appris, d'autre part, par les préparations de M. le D' H. Morau, que le vagin du sujet qui présentait ce phénomène utérin était à ce moment muni de l'épithélium caractéristique du rut, j'ai pensé que le sujet pouvait bien n'avoir pas été fécondé par le coït observé à l'époque génitale précédente, et que peut-être le phénomène en question était aussi lié normalement au rut. On verra que j'ai vérifié cette hypothèse : au moment du rut et avant le coït, les cavités utérines sont dis- tendues par un hquide albumineux et alcalin, chargé de leucocytes, et d';i illeurs éminemment favorables à la mise en activité des spermatozoïdes. - 72 — est toujours très enflammé. Indépendamment de la plaie qu'il présente à sa terminaison, il fait une forte saillie dans la vulve. C'est la surface de cette saillie, enflammée et parcourue par des vaisseaux gorgés de sang, qui, vue à travers une goutte d'urine qui la grossissait et la rapprochait, m'en avait imposé pour une enveloppe fœtale ! Ç VI (^ E. Ce soir, examinant $ VI, j'aperçois son bouchon vaginal affleu- rant l'orifice vulvaire et près de tomber. Par une légère pression des doigts sur les bords du vagin, je l'amène. Je le recueille et le mets dans l'alcool. 15 septembre. — $ I J* A. Vulve fermée et soudée. Ç II c? B. Vagin profondément ouvert. $ IV J* D. La vulve de $ IV paraît fermée, non soudée. $ VI (^ E. Vagin largement et profondément ouvert. $ VII (^ C. ^ VII présente, ce matin, un bouchon vaginal très apparent, qui semble près de tomber. J'isole cette $ . A deux heures de l'après-midi, le bouchon étant encore en place, je la sacrifie, par décollation. Au premier aspect, les utérus de cette $ se montrent semblables à ceux de $ V, sacrifiée au neuvième jour de la gestation bi-décadaire (1) ; ils sont éga- lement translucides et distendus, et ils ont le même volume. Après avoir détaché l'ensemble des organes génitaux, je les mets dans l'alcool, et ce n'est qu'ultérieurement que j'examine au microscope le contenu des utérus : il a l'apparence d'un mucus épais, et il est bourré de spermatozoïdes et de leucocytes. Dans toute la longueur d'un utérus, soit deux centimètres environ, ce contenu se montre identique à lui-même, et il présente partout la même abondance de spermatozoïdes. Sous l'action de l'alcool, qui l'a coagulé, il s'est moulé dans la cavité utérine et a pris l'aspect d'un bouchon. Dans ce coagulum et contre les parois de l'utérus, je cherche soigneusement des ovules ; mais sans succès. Je place l'ovaire et la trompe du même coté sur une lame de verre, et je dissocie la trompe avec les aiguilles : je ne réussis pas davantage à voir les ovules. Alors, après l'avoir un peu éclairci dans une goutte de glycérine, j'examine l'ovaire : je suppose que les ovules sont encore dans les vésicules de Graaf(2); mais je ne découvre rien de net. 16 septembre. — $ I (^ A. Vulve absolument soudée. $ II (5* B. La vulve de $ II semble en voie de fermeture et de soudure. Le pied de cT B semble revenir à la vie, et l'enflure, au-dessus de la partie mor- tifiée, paraît avoir diminué. Ç IV J* D. La vulve de $ IV paraît fermée et soudée. Le moignon préservé de la queue de J* D est nettement renflé à son extrémité. (1) Voir la note précédente. (2) Les vulves étaient vraisemblement déjà dans les trompes. On conçoit qu'après la coagulation par l'alcool des liquides albumineux qui devaient, à ce moment, remplir ou lubrifier ces derniers orga- nes, il ne fût pas aisé d'en isoler les ovules intacts, ni même reeonnaissables. — 73 — $ VI (^ E. Le vagin de $ VI est largement et profondément ouvert. Le moignon préservé de la queue de (^ E est nettement renflé à son extrémité. Vers deux heures de raprès-midi, à son quatrième jour de gestation bi- décadaire, je sacrifie $ VI, par décollation. Touché avec les pinces, l'utérus se contracte avec énergie : il se raccourcit considérablement, et sa surface se marque de stries longitudinales très accusées : on voit que sa paroi est en grande partie composée de fibres mus- culaires, lisses et longitudinales. De semblables contractions, quand sa com- munication avec l'extérieur est obstruée par un bouchon vaginal et qu'il est distendu parle sperme, ont, évidemment, pour résultat de chasser celui-ci dans les trompes. Les trompes me semblent se contracter aussi, comme l'utérus, mais faiblement : quelque temps après l'excitation, alors que l'utérus se montre encore fortement rétracté et strié, la surface des trompes est parfaite- ment lisse. Je détache ensemble le vagin (avec la vulve, l'urèthreetla vessie), les utérus, les trompes et les ovaires, et je transporte le tout sur une lame de verre. Les utérus s'y tiennent contractés et striés; si je les tends, ils reviennent aussitôt sur eux-mêmes ; la plus grande longueur que je puisse leur donner est de huit millimètres, et leur diamètre est alors de deux millimètres environ. Dans' ces conditions, et se trouvant en outre très injectés de sang", ils ne sont aucunement transparents. J'isole l'un d'eux, et, sur la lame de verre, je le divise dans le sens de sa longueur, à l'aide d'un scalpel appliqué sur sa ligne médiane; puis j'en étale les deux moitiés : je n'y puis découvrir d'ovules. Quant aux zoos- permes, s'il en restait encore dans l'utérus, l'épaisseur de la préparation ne me permettrait pas de les distinguer. Je divise en fragments la trompe du même côté, et, à mesure que je les détache, j'examine ceux-ci : toujours pas d'ovules. L'ovaire est trop épais et trop opaque pour que je puisse me rendre compte, directement, de l'état des vésicules de Graaf ; je suppose qu'elles ne sont pas rompues et retiennent encore les ovules (I) : ce sera à voir sur des coupes. Nouveaux sujets. Au Marché aux Oiseaux, je viens d'acheter quatre nou- veaux sujets, un J* et trois $ . Ils sont à peine adultes. En route, je les tenais dans le creux de la main, enfermés dans un petit sac : un charretier s'étant mis à faire claquer son fouet, je les sentais tressaillir à chaque coup. J'installe ensemble le nouveau (^, soit c? F, et l'une des nouvelles Ç , soit Ç VIII. Celle-ci a la vulve très nettement ouverte. Une autre $ , soit $ IX, est réunie k (^ C. Sa vulve est fermée et soudée. Je donne la troisième $, soit $ X, à ç^ E, et je mets le couple dans une cage d'encoignure. Il faut grimper, pour aller au nid ; or, malgré sa vigueur, (f E (1) Les ovules avaient certainement, et depuis longtemps, quitté les vésicules de Graaf; il nio paraît vraisemblable qu'ils étaient déjà pan'enus dan? l'utérus. — 74 — me paraît moins adroit, à cet exercice, que les sujets à queue intacte. La vulve de $ X est absolument fermée et soudée. 17 septembre, — Ç I c? A. Vulve absolument soudée. $ II (^ B. La vulve de $ II semble fermée et soudée. $ IV (j* D. Vulve fermée, ou à peu près, et en partie soudée. Ç VIII (^ F. Vulve étroitement mais profondément ouverte. $ IX "(^ C. Vulve ouverte. Dans la cage de ce couple on criait beaucoup, cette nuit; cependant, la $ n'a pas de bouchon, du moins apparent. $ X c? E. Vulve étroitement, mais profondément ouverte : un bouchon vien- drait-il d'en tomber? Dans cette cage, aussi, on a beaucoup crié cette nuit. 18 septembre. — $ I c? A. Vulve absolument soudée. $ II c^ R. Vulve fermée et soudée. Quant k ,^ B, son enflure, au-dessus du pied, a disparu ; la peau gangrenée est presque partout tombée et a été rem- placée par une peau nouvelle; mais le pied a toujours les articulations anky- losées. $ IV (5* D. Vulve fermée, non tout à fait soudée. $ VIII (^ F. La vulve de $ VIII est très rétrécie, mais non pas encore fer- mée. Quant à (j^ F, je l'ai tué, hier soir, en voulant lui essayer un mors que je venais de construire (1) : en fermant le mors, je lui ai comprimé le crâne, au niveau de l'occiput. $ IX (5* C. La vulve est rétrécie et semble fermée. Ç X (5* E. Vulve tout à fait rétrécie : à peine une petite ouverture médiane. 2 VIII. Vers trois heures ^de l'après-midi, ayant confectionné un nouveau mors et voulant essayer, en vue de mes futures expériences sur la gestation extrsi-utévine, la- résistance péritonéale de la Souris, j'attache $ VIII sur la planchette à dissection, je lui rase une partie du ventre, et, après avoir lavé à l'alcool la partie rasée, j'y fais une boutonnière intéressant toute l'épaisseur de la paroi abdominale. Par deux fois, l'intestin s'échappe au dehors ; je le rentre, aisément la première fois, mais difficilement et lentement ensuite, l'animal se débattant et le chassant à mesure. Je me sers d'instruments passés à la flamme d'une lampe à alcool. La hernie finalement réduite, je fais un point de suture au milieu de la boutonnière, je recouvre la plaie d'une couche de coUodion riciné et iodé, et je détache la bête. Celle-ci paraît d'abord assez vive; mais, bientôt, elle se retire dans un coin, et reste là, le poil hérissé. Cependant, comme j'avance la main pour la déplacer, elle rentre d'elle-même dans son nid. Il est trois heures cinquante : l'animal est resté près d'une heure sur la planchette. Vers dix heures, ce soir, l'opérée vient, sous mes yeux, faire un tour dans sa cage. Même, elle essaie de manger, mais sans insistance. A plusieurs reprises, (1) Sur le modèle du mors àRaî, décrit et figuré par Ranviek {Traité technique d'histologie. 1875, p. 32 et fig. 30). — 75 — elle allonge ses membres postérieurs et s'étire. Se sauvera-t-elle? Elle n'a pas soif; car elle monte sur le vase d'eau, sans essayer de boire. 19 septembre. — $ 1 J* A. vulve étroitement, mais profondément ouverte. $ II (j* B. Un petit trou profond au milieu de la vulve. $ IV (^ D. Vulve fermée, non tout à fait soudée. Ç VIII paraît bien portante : je la vois se promener, manger un peu, faire sa toilette. La plaie est en bon état, et l'opérée a respecté son pansement au coUodion. Sa vulve parait absolument fermée. $ IX c? C. Un tout petit trou au milieu de la vulve. J* C est beaucoup plus gros et beaucoup plus fort que sa $ ; il n'en vit pas moins en paix avec elle. ? X c? E. Vulve fermée. 20 septembre. — $ I (j* A. Vulve rétrécie, mais profondément ouverte. $ II (5* B. La vulve paraît fermée et soudée. ? IV c? D. Vulve ouverte. $ VIII est bien portante ; elle a mangé, du chènevis et du millet, à peu près autant que si elle n'avait pas été opérée. $ IX c^ C. Vulve à pourtour très renflé, fermée. Ç X (5* E. Vulve à pourtour très renflé, à orifice rétréci. 21 septembre. — $I(5*A. Çlale vagin largement ouvert et plein de sang liquide : qu'est-ce? les menstrues? Cette $ , qui est d'ailleurs très grande, avait, vers la fin de sa grossesse, le ventre d'un volume exagéré et peu en rapport avec le faible nombre des petits comptés dans sa pointée ! Il est vrai qu'elle ayait fait disparaître au moins un, et peut-être plusieurs de ceux qu'elle avait mis bas. Et, à ce propos, celui dont j'ai trouvé des débris, le 14, n'était certainement pas né le 7 ; car il n'était aucunement en putréfaction. Cette $ aura eu une parturition espacée et très irrégulière (1). Ç II (j* B. La vulve de Ç II paraît encore fermée et soudée. Toute la vieille peau du pied de (^ B, jadis fort tuméfiée et depuis desséchée, se détache peu à peu, d'arrière en avant. $ IV (5* D. Ce matin, à dix heures, $ IV présente un bouchon vaginal. J'isole provisoirement cette $ dans la cage à bouchons. $ VIII mange bien et fait fréquemment sa toilette; mais, depuis hier soir, elle éprouve, presque constamment, des secousses brusques, équidistantes, semblables à celles du hoquet. Ce matin, ces secousses s'accompagnent d'un petit bruit, comme dans l'éternuement. Elles ont évidemment pour cause des contractions spasmodiques du diaphragme, et elles sont un symptôme de péri- tonite. En outre, au niveau de sa blessure, autour de laquelle le poil est main- tenant aussi propre qu'ailleurs, cette Ç présente une grosse tumeur. (l) Voir p. G6, note 1. — 76 — $ IX c? C. $ IX a le vagin largement et profondément ouvert : on dirait qu'elle vient de laisser tomber un bouchon. Ç X (J* E. Ce matin, vers dix heures, $ X présente un beau bouchon vaginal en place. J'isole cette Ç dans une nouvelle cage à bouchons. $ I (5* A. Vers cinq heures de l'après-midi, la vulve de $ I est profon- dément ouverte, mais propre et d'apparence normale. $ IV. Vers minuit seulement, je recueille, dans la cage ad hoc, le bouchon vaginal de $ IV. Je remets cette Ç avec son (^ . $ X. A la même heure, $ X a encore le sien en place. 22 septembre. — $ I J* A. A deux heures de l'après-midi, dans le vagin largement et profondément ouvert de $ I, il y a un caillot de sang. $ II (^ B. La vulve paraît toujours fermée et soudée. ? IV c? D. Un très petit orifice au milieu de la vulve. Ç VIII est toujours vivante. $ IX (5* C. Vagin étroitement mais profondément ouvert. $ X. Ce matin, à huit heures, $ X avait toujours son bouchon vaginal en place ; mais, en comprimant les bords de la vulve et en le saisissant avec des pinces, j'ai réussi à l'extraire; je l'ai mis dans l'alcool. J'ai rerais la Ç avec son (5*. Cette après-midi, la vulve est à peu près absolument refermée. 23 septembre. — $ I (j* A. Vulve au repos, presque entièrement fermée; avec quelques traces de sang autour. Malgré ces phénomènes vaginaux, cette $ n'a cessé de présenter l'aspect de la santé la plus vigoureuse. $ II (5* B. Vulve non complètement fermée. $ IV (5* D. Vagin rétréci, mais encore profondément ouvert. $ VIII est définitivement sauvée : indépendamment du reste, elle a mangé, cette après-midi, la moitié d'une noix. Sa vulve est toujours au repos. $ IX (5* C. Vulve encore étroitement mais profondément ouverte. Ç X j^ E. Au premier aspect, la vulve de $ X semble absolument fermée; mais, en tirant sur ses parois, par la queue de la bête, en rend évidente la présence d'un petit trou médian. 24 septembre. — $ I J^ A. Vagin étroitement mais profondément ouvert. $ II cf B, Vulve fermée et soudée. $ IV (5* D. Vulve à peu près absolument fermée. $ VIII (^ E. Hier soir, j'ai réuni (j* E à $ VIII. Celle-ci est bien por- tante. Sa vulve, est fermée et soudée. La queue de (^ E, depuis plusieurs jours, présente une légère inflammation ulcérée, à la limite de son extrémité renflée. $ IX (^ C. Hier soir, $ IX et c? C, après avoir été réunis chacun à d'autres sujets, ont été remis ensemble, dans une cage d'encoignure. $ IX n'a pas encore la vulve tout à fait fermée. La queue de c? C est toujours marquée d'un léger sillon annulaire, trace de la ligature. $ X. Dès hier soir, voulant utiliser sa cage et son J^, j'ai isolé Ç X. Ce — 77 — matin, sa vulve est complètement fermée et soudée, sauf au milieu où elle présente un petit trou. Nouveaux sujets. Avec Ç XI et J* G, deux nouveaux sujets très adultes, très gros, achetés hier au Marché aux Oiseaux, je forme un couple. Je sup- posais la Ç pleine; mais, à présent, elle me semble plutôt hydropique. Sa vulve est au repos, non absolument fermée, mais à bords minces. Ç XII a été aussi achetée hier. Comme elle avait un gros ventre, sans plus ample examen, je l'ai crue pleine; mais, rentré chez moi, je me suis aperçu qu'elle avait une tumeur abdominale. Aujourd'hui, dans l'après-midi, voulant me rendre compte de son mal et le guérir s'il y a lieu, je la musèle et l'étalé sur la planchette. La tumeur est à droite, résistante. J'incise en long, au-dessus d'elle, la peau, puis la couche aponévrique et musculaire, et j'entre dans un kyste, duquel s'échappe aussitôt l'arrière-train d'un fœtus macéré, qui paraît être arrivé à terme. Alors je sacrifie la bête sur place, en la noyant, et je dissèque le kyste. Il est plus gros que la tête de l'animal. En avant, la poche adhère à la paroi abdominale, dont les couches, à ce niveau, ne sont plus distinctes. Elle adhère aussi à un lobe du foie et à plusieurs anses de l'intestin grêle. Du côté gauche de l'animal, je trouve, à leurs places, l'utérus, réduit, et l'ovaire; mais, du côté droit, je ne découvre ni ovaire ni utérus ; je pense qu'ils avaient été résorbés en partie, et que pour le reste ils se trouvent englobés et méconnaissables dans les parois du kyste : pour suivre les limites du kyste, du côté que ces organes devaient occuper, j'ai dû rompre des adhérences. En arrière, le kyste se pro- longe dans la jambe droite, presque jusqu'au jarret. Vraisemblablement, l'utérus gravide de cette $ aura été crevé, et cet acci- dent aura déterminé une grossesse extra-utérine secondaire. Du reste, ultérieu- rement, en continuant la dissection du côté du vagin, je me procurerai de nouvelles données sur ce point. Dans le kyste, il y a les restes reconnaissables de trois fœtus, avec leurs enveloppes et placentas, et du pus. Deux des fœtus sont entiers, leurs placentas à l'état de masses purulentes ; le troisième n'est plus représenté que par une membrane qui, mise flotter dans l'eau, reproduit la forme du corps, de la tête, des pattes avec leurs doigts, etc. : c'est-à-dire qu'il ne reste plus, de ce fœtus, que le derme; il n'y a plus trace de placenta correspondant. Quand la bête a été étalée sur la planchette, il est sorti du pus par son vagin, ce qui semble établir que le kyste, directement ou par un trajet fistuleus, com- munique avec le vagin. Ç X. Cette après-midi, je sacrifie aussi Ç X, an cinquième jour de la gesta- tion normale. Ses ovaires laissent voir de^ vésicules de Graaf avec une cicatrice médiane très nette : les ovules en sont-ils sortis ou en allaient-ils sortir? A l'œil nu, je n'en distingue aucun dans les utérus. Ces organes sont beaucoup moins gros qu'au quatrième jour ($ VI). Ils sont aussi beaucoup moins con- Tome XLIII 6 — 78 — ractlles : leurs cont;raction.s ne sont ni aussi énergiques, ni aussi persistantes; aussi puis-je aisément les fixer en état d'extension. Ils mesurent, alors, chacun, environ un millimètre de diamètre et deux centimètres de longueur. 25 septembre. — $ I cf A. La vulve de $ I paraît fermée et soudée. Ç II (5* B. Vulve fermée et soudée. $ IV (5* D- Vulve non entièrement fermée. $ VIII (^ E. Vulve fermée, à bords renflés. $ IX (J* C. La vulve de 2 IX paraît absolument fermée. $ XI (^ G. Vulve dilatée mais fermée. Ces deux sujets sont malades : leur ventre a une enflure anormale et leur poil n'est pas très propre; en outre, la $ marche sur le cul. Suite de l'autopsie de $ XII. Je continue la dissection de $ XII. Je détache successivement les adhérences du kyste, et je constate : 1" Que l'intestin grêle était rompu au niveau de son débouché dans le cœcum; celui-ci est libre et semble la prolongation directe du rectum et du côlon. Dans le cœcum et dans le côlon il y a des matières, sous forme de bouillie grisâtre; mais le rectum est absolument vide. L'intestin grêle, au lieu de déboucher dans le côlon, s'ouvre dans le kyste. Il contient des matières grisâtres à son extré- mité inférieure ; mais, dans sa partie supérieure, il est vide, ainsi que l'estomac : la bête ne mangeait plus. 2° Qu'il n'y a pas de vessie. Elle a sans doute été englobée dans les parois du kyste. L'urèthre est très net; mais j'ai négligé de le suivre jusqu'à son origine, avant d'ouvrir le vagin. Je ne trouve pas les orifices des uretères. 3° Qu'il n'y a plus, du côté droit, ni ovaire, ni trompe, ni utérus reconnais- sablés. 4° Que le kyste communique largement avec le vagin : a) par un très gros orifice qui n'est -autre que celui du col utérin très dilaté; on voit, nettement, l'utérus gauche s'ouvrir dans la paroi du kyste; b) par un second orifice, plus petit, qui paraît fistuleux. En somme, ce kyste est en partie formé par l'utérus lui-même, crevé, sans doute, quand la grossesse touchait à son terme. Après l'accident, l'utérus et son contenu se sont enkystés, par un processus inflammatoire qui a provoqué des adhérences et des fistules, et déterminé la disparition de la vessie, ainsi que de la trompe et de l'ovaire droits. Il ne s'agit donc, ici, que d'un cas dé grossesse exlra-utérine secondaire. $ IV c^ D. Après midi, je sacrifie $ IV, au sixième jour après le coït. Ses ovaires présentent de grosses saillies rouges (corps jaunes); mais je ne dis- tingue pas les ovules dans les utérus : j'y vois seulement des taches grises au milieu d'espaces transparents, le tout peu net et mal délimité. Je sectionne un des utérus entre deux taches : un corps, gros comme un grain de mil, fait saillie par la section; mais, quand je veux le chasser par pression, il se crève. C'était bien, sans doute, un ovule : dans ses débris, transportés sur le champ du — 79 - microscope, je trouve des globules vitellins et une grande membrane plissée ; mais tout cela est bien confus (1). L'utérus est médiocrement contractile. Il est un peu plus gros qu'au cinquième jour ($ X), moins qu'au quatrième (Ç VI). 26 septembre. — • $ I c? A. Vulve un peu ouverte, avec du liquide dedans. 2 II (5* B. Vulve fermée et soudée. Le pied de c? B semble prendre un peu plus de souplesse : il pose plus naturellement dans la marche; mais il n'a pas encore de mouvements propres. $ VIII (} E. Ce matin, Ç VIII a un bouchon dans le vagin. $ IX cf C. Vulve à bords très renflés, humides et non soudés. Ç XI (5* G. Vulve ouverte, mais à parois sèches et nullement hyperémiées. Je crois ces deux sujets très vieux. $ VIII (^ E. Ce soir, vers neuf heures et demie, le bouchon de $ VIII parait près de tomber : par une légère pression, je le fais sortir, et je le recueille. Une fois dehors, il est encore retenu au bord du vagin, par une adhérence que je romps aisément. Cette fois, comme les fois précédentes, je remarque qu'une certaine quantité de liquide s'échappe du vagin, en même temps que le bouchon; déjà, avant que le bouchon ne soit tombé, mais quand, à peu près libre d'adhérences, il est près de le faire, on voit suinter ce liquide. A la prochaine occasion, j'examinerai celui-ci au microscope. 27 septembre. — $ I c^ A. Cette Ç est manifestement pleine et, près de mettre bas. J'essaie, avec une pipette, de prendre une gouttelette du liquide que j'aperçois, comme hier, dans son vagin; mais, quand je veux retirer la pipette, ce qui y était entré dedans s'en échappe : je vois alors que j'ai affaire non pas à du liquide, mais à une membrane organisée, transparente. Avec les pinces, j'en déchire une parcelle; je place celle-ci entre une lame et une lamelle de verre, et je l'examine au microscope; mais, dans ce tissu vivant, je ne distingue autre chose que quelques leucocytes. Je fixe la préparation par l'alcool et je la colore avec du picrocarminate, auquel je substitue ensuite de la glycérine picrocar- minée. Ç II c? B. Ç II a la vulve un peu ouverte. Je la crois pleine. ? VIII (^ E, La vulve de $ VIII est presque refermée ; mais, en tiraillant ses bords, je m'assure qu'elle n'est pas encore soudée; du reste, elle a tout à fait l'aspect du repos. Ç IX (^ C. Ç IX a la vulve très renflée, le vagin largement et profondément ouvert : on dirait qu'elle vient juste de laisser tomber un bouchon. Cette hypo- thèse me paraît d'autant plus vraisemblable, qu'hier soir on s'agitait et l'on criait beaucoup dans sa cage. $ XI (j* G. Vulve ouverte, à parois sèches mais nullement hyperémiées. 28 septembre. — Ç l (j^ A. $ I a un ventre énorme. Son vagin est presque (1) Voir p. 09, note 1. — 80 — entièrement fermé; mais il ne l'est pas tout à fait, et, dedans, j'aperçois la même chose qu'hier, $ II $ B. $ II a un ventre énorme. Le pied de i^ B commence à eifoctuer des mouvements propres. Ç VIII cf E. Vulve fermée et soudée. La partie sèche, à l'extrémité du moignon de queue de (j* E, est réduite à l'apparence d'une simple croûte; le moignon est en massue. $ IX (j^ C, $ IX présente, ce matin, un magnifique bouchon vaginal. $ XI (5* G. $ XI a toujours le ventre énorme. Sa vulve est au repos, mais non soudée : en tirant sur ses parois, je rends manifeste l'existence d'un orifice étroit mais profond en son milieu. $ I J* A. Après midi, j'examine de nouveau $ I, et je constate qu'il y a dans son vagin : 1° un liquide hyalin, qui n'est certainement pas de l'urine : pendant mon examen, une goutte d'urine se présente au sommet du clitoris, de telle sorte que je vois, à la fois et côte à côte, les deux liquides, l'urine, jaunâtre, et le liquide intra-vaginal, incolore; et 2° une substance hyaline, très mobile, mais filante et tenace, vraisemblablement du mucus. Je fais une préparation microscopique de chacune de ces deux substances. Dans le liquide, je vois quelques leucocytes et quelques rares débris épithéliaux ; dans le mucus, indépendamment de ces deux sortes de cellules, il y a, en abondance, d'autres éléments figurés, non colorés par le picrocarminate, qui laissent échapper de nombreux petits globules réfringents et semblent, par ce procédé, en train de se dissoudre (1). Dans les préparations d'hier, que je jette, on ne voit pas ces derniers éléments ; mais il y a des traînées de petites taches irré- gulières réfringentes. $ IX (5^ C. Ce soir, vers six heures, le bouchon de $ IX est près de tomber, et, comme d'habitude en pareil cas, un liquide opalescent suinte tout autour. Je recueille de ce liquide avec une pipette, et je l'examine tel quel au micros- cope : il renferme, outre de nombreux éléments épithéliaux, des sperma- tozoïdes en masse. Ceux-ci sont morts. Je fais trois préparations de ce liquide, recueilli : 1° et 3° avec une pipette, 2° en mettant la lamelle de verre au contact de la vulve et du bouchon (2), Ce liquide vient évidemment de l'utérus : l'alcool au tiers le coagule. Un instant après, ayant isolé la $ dans la cage ad hoc, je recueille son bouchon. (1) On devine qu'il s'agit ici de cellules caliciformes encore vivantes et de globules de mucus sécrétés par ces cellules. Les deux liquides étaient, l'un et l'autre, du mucus, plus ou moins épais ou dilué. (2) Dans ces préparations, il y a, en abondance, empâtés dans une gelée muqueuse ou albumi- neuse, des spermatozoïdes et des leucocytes, qui viennent de l'utérus, et des cellules pavimenteuses, qui viennent du vagin. — 81 — 29 septembre. — Ç I J* A. Ce matin, à dix heures, Ç I a trois petits; elle n'est peut-être pas encore entièrement délivrée : sa vulve, dont la large ouverture est masquée parle clitoris rabattu, est pleine de mucus sanguinolent. (5^ A se tient dans le nid, avec la mère et les petits. Ainsi, dans ce cas, la gestation a été bi-décadaire : la parturition précédente avait eu lieu le 7, il y a vingt-deux jours; la fécondation correspondante m'avait échappé. La lactation, cependant, s'était nettement établie et avait duré trois jours : nous devons donc admettre que, jusqu'au quatrième jour, l'état de lactation n'exerce encore aucune influence sur la durée de la ges- tation (1). Ç II (j* B. $ II est manifestement pleine. Sa vulve est fermée, (^ B, main- tenant, se sert du pied malade presque aussi bien que de l'autre; le poil repousse sur la peau renouvelée. $ VIII (^ E. Vulve fermée et soudée. 2 IX (5* C. Vulve encore ouverte. $ XI c^ G. Vulve encore ouverte. Dans l'après-midi, ayant muselé J* G et l'ayant fixé sur la planchette à vi- visection, je lui ouvre l'abdomen, et je découvre ses vésicules séminales. En pinçant et piquant ces organes, j'essaie vainement de les faire éjaculer; sans plus de succès, je laisse tomber sur eux une goutte d'alcool au tiers : je pro- voque leur contraction énergicpe, mais leur contenu ne fait pas irruption à l'extrémité du pénis. Le phénomène de l'éjaculation est évidemment dû, exclu- sivement, aux muscles striés de l'urèthre, qui, se contractant brusc[uement et à plusieurs reprises, chassent, sous forme de jets, les liquides précédem- ment et plus lentement accumulés dans ce canal. Aussitôt après cette expérience, je sacrifie le sujet. Après avoir coupé le rectum et écarté la masse intestinale, j'excise les vésicules séminales; je reçois sur une lame de verre et je recouvre d'une lamelle une goutte du liquide qui s'en échappe. Bientôt, tout est coagulé; et, pour retirer la lamelle, je dois la casser en plusieurs morceaux. Je lave la préparation, je fais tomber sur elle une goûte de picrocarminate, et je la recouvre d'une nouvelle lamelle (2). (1) Si, comme je le croyais alors, la gestation était nécessairement bi- ou tri-décadaire, ma con- clusion aurait été absolument exacte ; mais je me suis convaincu, depuis, qu'en faisant varier, un peu avant ou pendant le stade d'arrêt (cette expression sera ultérieurement expliquée), la durée ou l'intensité des causes susceptibles de la retarder, on peut donner, à la gestation, toutes les durées intermédiaires à la plus courte et à la plus longue. Les gestations, au point de vue de leur durée, doivent donc être classées non pas en bi- et tri-décadaires, mais en normales et relardées. Celle de O I avait été retardée de deux jours, (2) Cette préparation a été utilisée dans ce mémoire, t. XLI, p. 344 (Produit des vésicules). C'est la plus lentement faite des deux décrites dans le passage en question. , — 82 — Au niveau de la section, la sécrétion s'est coagulée dans les vésicules ; mais, plus haut, elle est encore liquide. J'en prends une nouvelle goutte et je la comprime entre une lame et une lamelle;- je retire aussitôt celle-ci, non sans la casser ; puis je lave la préparation à grande eau, pour en chasser tout ce qui n'est pas encore coagulé, je la colore au picrocarminate, et je la re- couvre (1). Ces préparations rappellent de près l'aspect des coupes de bouchons vaginaux. Sur l'animal, la sécrétion des vésicules s'est moulée, dans le pénis, en un cylindre solide, qui déborde légèrement de l'urèthre, par un bout, et des vésicules sectionnées, par l'autre. Ce cylindre est plus pu moins creux : la substance solidifiable et adhésive se porte vers les parois solides, se raréfiant au centre de sa masse. Ainsi, l'identité de la substance du bouchon et de la sécrétion des vési- cules séminales est établie : 1° par la continuité du cylindre solidifié, depuis les vésicules séminales jusqu'à l'extrémité du pénis; et 2° par l'identité de structure du bouchon et de cette sécrétion solidifiée. Nous voyons aussi cjue la sécrétion des vésicules se coagule spontanément et sans l'intervention de la sécrétion d'aucune autre glande : elle s'est, en effet, coagulée dans les vésicules elles-mêmes et sur des lames de verre. Seulement, dans l'intérieur des vésicules, sa coagulation est plus tardive qu'au dehors, et même qu'à l'entrée de ses glandes, au contact de Fair. En somme, la coagulation de cette substance, dès qu'elle est sortie de ses réservoirs naturels, est parfaitement comparable à celle de la fibrine du sang, quand il est répandu en dehors de ses vaisseaux : il s'agit là d'un phénomène physico-chimique très compliqué. J'ai fait aussi une préparation avec le contenu des canaux déférents : j'ai vidé par compression, à l'aide d'une aiguille, des fragments de ceux-ci, et j'ai traité par l'alcool au tiers et le picrocarminate le liquide ainsi exprimé (2). Je n'avais plus assez de jour pour voir si les spermatozoïdes étaient en état d'activité. 30 septembre. — Ç I c? A. Cette nuit, de mon lit, j'ai entendu des cris dans la cage de ce couple : ce matin, la Ç présente un bouchon vaginal. Celui-ci est près de tomber; car, pendant mon examen, un liquide abondant afflue dans le vagin. J'isole provisoirement $ I dans la cage à bouchons. Pendant l'absence de leur mère, (^ A se tient avec les petits et les réchauffé. (1) Cette préparation a également été utilisée dans ce mémoire, t. XLI, p. 344 {Produit des vési- cules). C'est la plus rapidement faite des deux décrites dans le passage en question. Sur l'une et l'autre, l'éridine a pris, depuis lors, une coloration intense et homogène (Voir t. XLI, p. 345, note 1). (2) Cette préparation contient, empêtrés dans l'albumine finement granuleuse précipitée par l'alcool, des spermatozoïdes, ainsi que de nombreuses cellules séminales, dont les noyaux, d'ordi- naire parfaitement sphériques et fortement colorés ont un diamètre étonnamment variable. ~ 83 — $ II cf B. Ç II a la le ventre très gros ; mais elle me semble plutôt hydro- pique qu'en gestation. Sa vulve est ouverte au milieu. Ç YIIl (^ E. Vulve fermée et souciée. $ IX (^ G. Un tout petit trou au milieu de la vulve. $ XI a la vulve ouverte, mais non renflée. Je transporte cette $ dans la cage de (^ D, et celui-ci paraît aussitôt lui faire la cour. $ I. En rentrant chez moi, après déjeuner, je trouve, sous la cage ad hoc, le bouchon de $ I. Je rends cette Ç à son çf et h ses petits. l^r octobre. — $ I c? A. $ I a la vulve encore largement et profondément ouverte. Quand j'ai découvert le nid, c'est le (^ que j'ai trouvé au milieu des petits; la 2 occupait, dans l'étoupe, une chambre à part, qui d'ailleurs communiquait par un couloir avec celle des petits. $ Il (5* B. Ç II a la vulve ouverte et des mucosités plein le vagin : elle ne va sans doute pas tarder à mettre bas. (^ B, maintenant, presque aussi bien que de l'autre, se sert du pied malade; au premier coup d'œil, celui-ci n'est plus reconnaissable qu'à quelques croûtes, qui recouvrent encore sa partie antéro-supérieure, au niveau des orteils. $ VIII (^ E. Vulve fermée et soudée. Au bout du moignon de queue de (5* E, il ne reste plus que quelques croûtes, près de tomber. $ IX (5* C. Vulve encore ouverte au centre. $ XI cf D. Vulve fermée. La c[ueue de (j* D est débarrassée du bout nécrosé; à l'extrémité du moignon, il y aune gouttelette de sang desséché. Nouveau couple. J'ai acheté, hier, le nouveau couple $ XII bis ^ H. Le (j* est très beau et en fort bon état, quoique à gros ventre ; la $ est un peu jeune. Elle a, ce matin, la vulve étroitement mais profondément ouverte, à bords un peu rouges. $ IX c5^ C. Dans le but de transporter, dans sa cavité abdominale, des ovules de $ IX, qu'il a fécondée le 27 septembre, je fixe (^ G sur la plan- chette à vivisection. A peine s'y trouve-t-il étalé, qu'il a des convulsions; je le' détache aussitôt; mais il est mort. Son crâne, cependant, n'a pas été comprimé. J'avais d'abord relâché le mors, c|ui me semblait trop serré; puis, comme la bête s'était dégagée, je l'avais serré de nouveau; mais je m'étais assuré qu'il ne pressait pas sur la tête; d'ailleurs, les yeux du sujet n'ont pas fait saillie hors des orbites, comme ils eussent fait dans ce cas. (j* G se débattait violemment, et il est mort au moment où je fixais sa deuxième patte postérieure : soit que j'aie trop tendu les liens, soit par suite de ses efforts désordonnés, je pense qu'il a eu la colonne vertébrale désarticulée. Je renvoie à demain la transplantation des ovules de $ IX; et, pour utiliser ce c?, je le dissèque. Les glandes préputiales ou de Tyson sont énormes. Elles s'étalent, comme des coussinets, sur le bas-ventre, en avant du pénis, entre la peau et l'aponé- vrose superficielle. - 84 - J'examine le contenu des canaux déférents, de l'épididyme et du testicule. Les deux premiers organes sont bourrés de spermatozoïdes ; ils en contiennent certainement assez pour suffire à plusieurs coïts, sans que leur provision soit renouvelée par les testicules. Mais tous ces éléments sont immobiles! Sans réussir à les mettre en activité, je les examine, successivement, sans addition d'aucun liquide, puis dans de l'urine extraite de la vessie, puis dans le suc de la prostate principale. Peut-être mon examen est-il trop tardif, quand l'animal est déjà refroidi? Je fais une préparation du suc du testicule (1), et une du suc de la glande préputiale (2) : j'agite sur la lame de verre, dans une goutte d'alcool au tiers, des sections de ces glandes, et je colore au picrocarminate, que je remplace ensuite par la glycérine picro carminée. Ouvrant l'ui^èthre, je le trouve rempli par de la matière à bouchon vaginal concrétée, se prolongeaiit, d'une part, jusque dans l'intérieur des vésicules séminales, et, d'autre part, jusc[u'à l'extrémité du pénis. Entre le col de la vessie et le bulbe, c'est-à-dire dans l'urèthre membraneux, cette matière a pris la forme d'un cylindre de grosseur moyenne ; dans le gland, elle se pré- sente mince comme un fil ; mais, au niveau du bulbe, elle est renflée en une grosse masse. C'est évidemment là, dans un cul-de-sac entouré d'un muscle puissant, que s'accumulent d'abord, chassées par la contraction progressive .des muscles lisses de leur parois, les sécrétions des diverses glandes géni- tales ; et c'est de là qu'elles sont ensuite violemment éjaculées, au moment du spasme vénérien. Dans le cas de (j* C (comme dans celui de (^ G, précédem- ment sacrifié), les muscles lisses, seuls, se sont contractés, soit sous l'influence de contacts irritants, soit, comme dans le cas des pendus ou des guillotinés, par suite d'une lésion du bulbe médullaire ; mais, faute du concours des muscles striés, il y a eu émission, mais non pas éjaculation. L'éjaculation est une opération très complexe, c{ui paraît exclusivement liée à cette excitation, spéciale et très intense, du système nerveux central, que l'on désigne sous le nom de spasme vénérien. Ayant sectionné l'urèthre membraneux et agité les surfaces de section dans une goutte d'alcool au tiers, j'observe, dans ce liquide, quelques sperma- tozoïdes : l'émission n'a donc pas été limitée à la sécrétion des vésicules. Il n'est d'ailleurs pas établi, par cette observation, que les canaux déférents se soient contractés comme les vésicules séminales : leur contenu a pu être passivement entraîné par la sécrétion de celles-ci. (1) Naturellement, je retrouve, dans cette préparation, les éléments observés dans les canaux déférents (p. 83, note 2) : spermatozoïdes et cellules séminales. (2) Cette préparation contient de petites celluies globuleuses ou polygonales groupées en petits tas, à noyaux relativement gros et arrondis, à protoplasma granuleux, — 85 - La matière à bouchon a la propriété d'adliérer aux corps solides ; mais elle paraît se rétracter au contact des liquides. Il suit de là : 1° que le contenu des canaux déférents, débouchant en retard dans l'urèthre, au milieu de la masse qui s'écoule des vésicules, peut encore se créer un passage et se ménager un canal à travers cette masse; 2° que les sécrétions des prostates et des autres glandes annexes doivent avoir pour etfet d'isoler cette masse des parois de rurèthre, et de l'empêcher d'y adhérer. Effectivement, le cylindre solide moulé dans l'urèthre de (5* C s'y trouvait libre ; dans la dilatation du bulbe, seulement, dont les parois sans doute n'avaient pas été suffisamment lubrifiées (il est à remarquer que les glandes de Méry n'avaient pas été mises à nu et n'avaient reçu aucune excitation), il présentait quelque adhérence. Bouchon vaginal. Je prends deux bouchons vaginaux entiers, ainsi que les résidus de deux autres dont j'ai fait des coupes transversales et longi- tudinales, de l'espèce Mus musculus, et je fais les observations suivantes : 1) Dans l'eau bouillante, le bouchon ne se dissout pas; il se ramollit un peu, sans gonfler sensiblement, et il devient moins cassant : je puis, alors, sans éclats et sans bavures, le traverser avec une aiguille ou le couper avec des ciseaux. Les cavités internes du bouchon semblent s'être entièrement vidées. Ces cavités ne sont pas d'ailleurs produites par une dissolution partielle de la substance propre du bouchon ; car elles se sont clairement manifestées dès le début du traitement, et elles ne se sont pas ultérieurement agrandies : ce sont les cavités naturelles du bouchon, celles qui contiennent du sperme. 2) Dans une dissolution bouillante de carbonate de soude, le bouchon se comporte comme dans l'eau bouillante. Sous l'influence de ce traitement, il s'est détaché du bouchon une couche superficielle, d'apparence mucjueuse, évidemment formée par son enveloppe altérée. 3) Dans l'eau de Javel bouillante, il se dissout très lentement; les fragments déjà traités à chaud par l'eau et par le carbonate de soude, et ceux qui n'ont pas subi ce traitement, se comportent de même. Je place et laisse un bouchon dans l'eau de Javel, pour voir s'il s'y dissoudra à froid. Puisquil n'est pas soluble dans le carbonate de soude, le boucJion vaginal n'est donc pas formé de mucus. Leydig {Traité d'histologie, trad. Lahillonne, 1866, p. 559) dit avec raison : « Les vésicules appelées à tort séminales ne servent de réservoir au sperme chez aucun Vertébré ; elles sont toujours des appareils glandulaires »; mais il a sans doute tort d'ajouter : « Le produit des vésicules séminales, lequel se présente fréquemment sous la forme de grumeaux constitués par une subs- tance claire et albumiuoïde, est absolument conforme au produit des glandes prostaticpes ». 2 octobre. — Ç I (j* A. $ I allaite ses petits. La vulve est-encore ouverte. Ç II (f B. Ç II a le veptre très gros, la vulve peu ouverte. 2 VIII (^ E. Vulve toujours fermée et soudée. Ç IX. Vulve fermée. Ç XI (^ D. Vulve fermée, non soudée. Cette Ç a toujours mauvais poil et mauvaise mine. Je crois qu'elle a passé la nuit hors du nid, soit qu'elle soit trop lourde et trop faible pour y grimper (le couple occupe une cage d'encoi- gnure), soit que son (^ l'en ait chassée. — (^ D a le bout de la queue dilaté, et terminé par une surface cicatricielle renflée en hémisphère, avec une gout- telette de sang coagulé au pôle. $ XII bis (^ H. Vulve un peu ouverte au milieu. Bouchon vaginal. Le bouchon 'de Souris, placé hier soir dans l'eau de Javel, y est, ce matin, complètement dissous; seulement, au fond du tube, il y a un dépôt poussiéreux, blanchâtre. Examiné au microscope, celui-ci se montre en grande partie composé de cellules épithéliales, pâles et chiffonnées, qui semblent réduites à leurs membranes d'enveloppe, et de bâtonnets, rigides ou recourbés, c[ui sont peut-être des restes de spermatozoïdes. 3 octobre. — ÇIcJ'A. Çla toujours la vulve bien ouverte. Ses petits ont beaucoup grossi. $ II (j* B. Ç II a mis bas. Hier soir, dans sa cage j'ai cru entendre vagir des petits : ce matin, elle en a deux, deux seulement. Son ventre était bien gros, pour une portée aussi réduite! Elle a la vulve encore ouverte. (^ B couche avec sa $ et ses petits. $ VIII (} E. Vulve toujours fermée et soudée. $ IX. Vulve un peu, à peine ouverte au milieu, humide, à bords renflés. Ç XI f^ D. Vulve fermée, non soudée. $ XII bis ^ H. Vulve à bords renflés, un peu ouverte, humide. 4 octobre. — $ I J* A. Vulve fermée. J'enlève (j* A à sa $ et à ses petits. 5 II c^ B. Hier matin, à l'heure du pansement, .Ç II ne faisait que com- mencer sa parturition; car, hier soir, elle avait sept petits, dont un mort que j'ai jeté, et sa vulve était encore ouverte. Ce matin, je trouve morts et je jette encore trois de ses petits. Sa vulve est fermée et soudée; mais elle a une singulière apparence : les poils qui l'environnent sont collés avec elle. Serait- ce l'efl'et d'un bouchon vaginal? ou d'une vaginite? — Le poil repousse sur le pied de (5* B; un des orteils a perdu sa dernière phalange. $ VIII (^ E. Vulve toujours fermée et soudée. Ç IX a la vulve fermée, mais à bords excessivement renflés. Je lui donne c?A. Ç XI cf D. Vulve fermée et soudée. $ XII bis (^ H. Vulve encore tuméfiée, mais, il semble, en voie de ferme- ture. Cette $ , à mon insu, aurait-elle eu, puis éliminé un bouchon vaginal? $ II (^ B. Ce soir, à sept heures, du vagin de $ II je retire un placenta. Un autre petit de cette Ç est mort. 5 octobre. — $ I a la vulve fermée et soudée, sauf un tout petit trou — 87 — médian. Ses petits ont beaucoup grossi. Ils sont déjà velus et blancs sur le dos; la queue, les oreilles, les doigts et les parties inférieures sont nus; la nudité de la queue et des oreilles contraste avec le velu du dos. $ II c? B. Cette nuit, vers une heure, $ II avait un bouchon. Celui-ci était un peu enfoncé dans le vagin : chez les jeunes $ primipares, sans doute parce que la capacité de leur vagin est moins grande, le bouchon, d'ordinaire, vient affleurer la vulve; tandis que, chez les multipares, il est plus ou moins profon- dément enfoncé. Ce matin, $ II a le vagin vide. Cette $ est très maigre et semble épuisée par sa gestation précédente : aussi, je n'oserais garantir qu'elle ait été fécondée cette fois. Elle n'a plus vivant qu'un petit, que je trouve, à l'heure du pansement, attaché à la mamelle. D'ailleurs, aucun des six qui sont morts n'a été mangé par la mère : j'ai jeté tous leurs cadavres successive- ment, — Le pied de ^ B ne présente plus de croûtes, et, sauf que trois orteils sont privés de la dernière phalange, il a tout à fait repris son apparence et son jeu normaux. $ YIII (^ E. Vulve toujours fermée et soudée. Ç IX (5" A. Dès cette nuit, à une heure, $ IX présentait un bouchon vaginal. Celui-ci étant encore en place, ce matin, j'isole la $ dans laçage à bouchons. Ainsi, le 27 septembre, malgré le coït et le bouchon vaginal, cette $ n'avait pas été fécondée. A remarquer aussi que, d'après l'état de sa vulve,j'ai pu prévoir qu'elle allait être en rut, et lui donner un (^ en temps opportun. $ XI (j* D. La vulve de $ XI présente les caractères du repos génital; mais son vagin est plein d'un liquide épais et blanc, qui rappelle l'écoulement de ma $ Pachyuromys atteinte de vaginite. $ XI doit avoir une maladie abdominale, peut-être une grossesse extra-utérine? Ç XII bis c? H. Ce matin, $ XII bis présente un bouchon, un peu enfoncé dans le vagin, et en partie recouvert par les bords ramenés de la vulve. 6 octobre. — Ç I. Sa vulve est au même point qu'hier. Ç II (j^ B. $ II a la vulve encore largement ouverte. Son dernier petit est vivant; peut-être celui-ci se sauvera-t-il? $ VIII (^ E. Vulve toujours fermée et soudée. $ IX (^ A. Hier, dans l'après-midi, j'avais remis dans sa cage $ IX, encore munie de son bouchon; à sept heures du soir, j'ai trouvé son vagin vide; mais j'ai recueilli le bouchon, encore humide, à côté d'elle. Ce matin, la vulve de cette $ est encore ouverte au milieu. $ XI (j^ D. Ce matin, je trouve $ XI morte, dans le nid. (^ D est couché à côté d'elle. Le cadavre, d'ailleurs, ne porte aucune trace de morsure. N'ayant pas actuellement le temps d'en faire l'autopsie, je le mets dans l'alcool. Ç XII bis cf H. Hier, dans la soirée, $ XII bis avait été placée dans la cage à bouchons; à deux heures du matin, le bouchon n'était pas encore tombé; mais j'ai pu l'extraire. Ce matin, cette $ a la vulve ouverte, peu large- ment d'ailleurs. — 88 — 7 octobre. — $ I a la vulve fermée et soudée. A la loupe, la queue des jeunes se montre finement annelée et velue, les oreilles tout à fait nues. $ II c? B. Vulve fermée et soudée. Le petit paraît bien portant. $ YIII (^ E. Vulve toujours fermée et soudée. Ç IX (j* A. A'ulve ouverte au milieu. $ XII bis (^ H. Vulve encore un peu ouverte au milieu. 8 octobre. — $ I a la vulve fermée et soudée. Parmi ses petits, il y a deux Ç et un ^ . Ç II (5* B. $ II a des mucosités dans le vagin : celles-ci d'ailleurs trop peu abondantes pour que j'en puisse faire une préparation. La vulve était d'abord à peine ouverte; mais elle l'est largement depuis que j'ai essayé, avec une pipette, de recueillir du mucus vaginal. Ç VIII (j* E. $ VIII a toujours la vulve fermée et soudée. Entre ses bords, il me semble constater, sur une épaisseur appréciable, la présence d'un enduit qui les réunit; celui-ci serait, évidemment, d'origine épithéliale. $ IX (5* A. La vulve de $ IX paraît complètement fermée. Ç XII bis (;f H. Ç XII bis me semblait avoir la vulve absolument fermée ; mais, en tiraillant ses bords à l'aide de pressions sur le ventre, je m'aperçois qu'il n'eii est rien. J'ai dû souvent commettre pareille erreur. En somme, la Yulve n''est absolument ou complètement fermée que lorsqu'elle est soudée; et la variété des expressions vulve fermée, vulve fermée avec un trou médian, vulve ouverte, n'est peut-être relative, bien souvent, qu'à une différence dans le mode d'examen. 9 octobre. — $ I a toujours la vulve fermée et soudée. Ses petits ont encore les yeux fermés; mais ils sont déjà très blancs, et très vifs. $ II (5^ B. $ II a la vulve encore ouverte. Elle est toujours maigre. Son petit est toujours vivant. $ VIII (j* E. $ VIII a la vulve absolument fermée. Elle est manifestement pleine, $ IX (5* A. La vulve de $ IX paraît toujours complètement fermée. $ XII bis .-^ H. La vulve de $ XII bis paraît tout à fait fermée. 10 octobre. — $ 1. Vulve toujours fermée et soudée. Ç II cj* B. Vulve presque fermée. Le petit blanchit sur le dos. $ VIII c^ E. Ç VIII a la vulve absolument fermée. Elle est pleine. A l'endroit où elle a eu jadis l'abdomen ouvert, elle présente une tumeur. $ IX (^ A. La vulve de $ IX a le même aspect qu'hier. $ XII bis (^ H. Vulve fermée. 11 octobre. — Ç 1. Ce matin, $ I a la vulve fermée. Ses petits ont encore les yeux fermés. $ II ff B. Vulve en entonnoir, à peu près fermée au fond, mais encore élargie à l'entrée. Cette Ç a été particulièrement éprouvée par sa récente grossesse : la saillie des os de l'épine et du bassin trahit son état de maigreur. — 89 ~ Ç VIII (^ E. Vulve toujours absolument fermée. $ IX (5* A. La vulve de Ç IX a toujours le même aspect. $ XII bis (^ H. Vulve toujours fermée. Autopsie de $ XI. Le cadavre de $ XI a été conservé, le ventre ouvert, dans l'alcool. Je fais aujourd'hui son autopsie, dans l'eau. Les deux coussinets graisseux (formés chacun par un repli du mesométrium et peut-être homo- logues du ligament rond de la Femme) qui recouvrent normalement les organes du bas-ventre paraissent ici considérablement hypertrophiés, et ils ont con- tracté des adhérences avec plusieurs anses de l'intestin. Les deux utérus ont une configuration normale; mais celui de gauche est fixé au rectum par du tissu conjonctif ; du reste, l'adhérence n'est pas intime, et il n'y a de per- foration d'aucun côté. Il y a un énorme abcès de l'estomac. Cet organe est gros comme une noisette; il a contracté des adhérences anormales tout autour de lui, et il est plein de pus. Il y a aussi du pus dans diverses parties de l'intestin. 12 octobre. — $ I a toujours la vulve fermée. Ce matin, deux de ses petits y voient déjà, le troisième n'a pas encore ouvert les yeux. $ II (j^ B. La vulve de ? II, $ VIII c? E. Celle de ? VIII, Ç IX J* A. Et celle de $ IX ont le même aspect qu'hier. $ XII his (j* H. Au milieu de la vulve de $ XII bis, il me semble voir un petit orifice, (5^ D. Le moignon de queue de ^ D est à peine renflé au bout. Sur la surface de section, la peau s'est avancée ; ou bien il s'est formé une peau nouvelle parfai- tement normale, et présentant, sauf tout au centre, l'aspect habituel, écailleux et velu. $ I (5^ D. Ce soir, vers neuf heures, les trois petits de $ I ont les yeux ouverts ; ils sont d'ailleurs superbes. Pour avoir moins de cages à panser, et pour que Ç I ait un ,^ auprès d'elle quand elle entrera de nouveau en rut, je transporte toute la petite famille dans la cage de (} D, une cage d'encoignure; je la mets dans le nid, pendant que le (^ est dehors. La $ sort bientôt. Le (5* s'empresse auprès d'elle, lui lèche la vulve et lui baise la bouche. Quant à elle, elle flaire partout, l'air fort afîairée, et semblant explorer son nouveau domicile. Mon attention ayant été détournée un instant, j'entends du bruit et des cris dans la cage, et je vois deux petits s'échapper du nid, effarés : l'un d'eux grimpe au grillage et s'y tient cramponné, l'autre se tapit dans un coin. Pendant ce temps, la mère poursuit ses investigations, indifférente à ce qui se passe autour d'elle. Je la contrains de rentrer au nid, dans lequel le (^ est en train de massacrer le troisième petit; or, en présence de la mère et sans qu'elle cherche à porter secours à sa progéniture, le (^ achève sa sanglante besogne. Supposant que peut-être elle se résigne parce qu'elle a conscience de n'être pas chez elle, je transporte (^, $ et petits dans la cage de la mère, et j'ai soin — 90 — d'installer ceux-ci les premiers et de les mettre dans le nid; mais, là encore, les deux adultes s'étant introduits dans le nid, le (^ s'acharne après les petits. Ceux-ci ont nettement conscience du danger : ils se sauvent affolés, et se tapissent dans les coins. Le (^ va les y relancer; mais, alors, j'interviens, en lui soufflant fortement dessus, quand, après les avoir flairés, il fait mine de les mordre. Quant à la Ç , elle reste toujours indifférente. Comme je vais vraisemblablement avoir à m'absenter pendant quelques jours, je fais le sacrifice de la portée, pour donner à la mère un (j*, en prévi- sion de son prochain rut; j'abandonne donc les petits à leur malheureux sort; mais, en pareil cas, à l'avenir, c'est le cf que je transporterai dans le domicile de la mère : tant pis pour lui, s'il reçoit des horions ! Voilà bien une demi-heure que les deux petits survivants font les morts, chacun dans un coin. Pendant ce temps, la mère est plusieurs fois sortie; elle a mangé et bu ; mais elle ne s'est pas plus occupée d'eux que du cadavre de l'autre. Quant au c^, il ne sort plus du nid. Voici que la $ va flairer un des petits ; mais celui-ci pousse des cris et se met sur la défensive ! Elle le laisse là et rentre au nid. Peut-être, quand le lait la gênera, reviendra-t-elle à eux? 13 octobre. — $ 1 c^ D. Les trois petits ont été massacrés. Ç et (^ font excellent ménage : je les trouve dans le nid, couchés ensemble. La Ç a le ventre très gros : sa gestation, sans doute, sera bi-décadaire. $ II (^ B. Vulve fermée au fond. $ VIII 1^ E. $ VIII a le ventre de plus en plus gros. Sa vulve est fermée et sèche, $ IX c? A. La vulve de Ç IX a toujours le même aspect. ? XII bis ^ H. Vulve fermée. 14 octobre. — $ I (^ D. Une petite ouverture au milieu de la vulve. $ II (^ B. La vulve de $ II paraît tout à fait fermée. $ VIII ^ E. Vulve fermée, ventre énorme. $ IX jj* A. Vulve absolument fermée et soudée. Ç XII bis (^ H. Une petite ouverture au milieu de la vulve. 15 octobre. — $ I c? D. Vulve fermée et soudée, en entonnoir. $ II (^ B. Vulve fermée, en entonnoir. $ VIII c? E. $ VIII a mis bas, ce matin sans doute. Elle a quatre petits, en parfait état. Sa vulve est propre et vide. $ IX (^ A. Vulve, comme hier, absolument fermée et soudée. Ç XII bis t^ H. La vulve de $ XII bis parait fermée. 16 octobre. — $ I c? D, Un petit trou rond au milieu de la vulve, ^ II c? B. Bien qu'ayant une forme d'entonnoir, la vulve de $ II paraît absolument fermée et soudée. Ç VIII t3' E. Hier soir, le vagin de $ VIII était à peine ouvert et ridé ; ce matm, il est largement et profondément ouvert : aurait-il reçu, puis éliminé un bouchon? Les quatre petits vont bien. — 91 — $ IX (^ A. La vulve de $ IX, quoique toujours fermée et soudée, paraît ua peu humide. Son ventre grossit. $ XII bis (j* H. Un petit trou rond au milieu de la vulve. Ç VIII (^ E. Ce soir, la vulve de $ VIII est encore un peu ouverte et semble revenue au même point qu'hier soir. 23 octobre. — J'ai quitté Paris le 16, et je rentre aujourd'hui ; ce soir, j'exa- mine mes bêtes. Ç I (^ D. Un trou arrondi, profond, au milieu de la vulve. Lors de mon dernier examen, le 16, J* D avait encore une petite croûte au bout de son moi- gnon de queue ; aujourd'hui, la guérison est complète : la peau, écailleuse et poilue, recouvre entièrement le moignon, qui se montre seulement, encore, légèrement renflé à l'extrémité. $ Il f? B. C'est, paraît-il, le 18 octobre matin, pendant mon absence, que le petit de $ II a ouvert les yeux. Je constate qu'il est c^. Ç II a la vulve ouverte. Le pied, jadis ligaturé, de c? B, est revêtu d'une peau normale; mais il a tou- jours trois orteils sans ongle. Ç VIII (} E. La vulve de $ VIII semble fermée (Peut-être a-t-elle un orifice médian? Je suis mal éclairé). Les quatre petits sont bien portants, blancs, très vifs quoique encore aveugles. Je les enlève. (^ E a encore quelques croûtes au bout de la queue. Ç IX (^ A. $ IX a un ventre énorme. Dans sa vulve entr'ouverte, il y a des mucosités. Ç XII bis c5^ H. $ XII bis a le ventre très gros. Elle a la vulve entr'ouverte et des mucosités dans le vagin. ? VIII (^ E. Il était environ sept heures, ce soir, quand j'ai enlevé les petits de la cage du couple ; à neuf heures, je. les trouve froids et comme engourdis; alors, je les remets dans leur nid, mais je ne laisse que le (^ avec eux. Je transporte la mère dans une autre cage. 24 octobre. — Ç I (3^ D. Un trou rond, profond, d'apparence humide, au milieu de la vulve. $ 11 (^ B. $ II a la vulve ouverte, plissée, humide. Elle paraît pleine et même avancée dans sa gestation : celle-ci, sans doute, sera bi-décadaire. Le petit a l'air malade : serait-ce le lait qui lui manque? Hier, il a glissé de mes mains et il est tombé par terre : peut-être a-t-il été blessé? $ VIII a la vulve fermée et soudée. ? IX c? A. Je trouve trois petits dans le nid de $ IX, qui, peut-être, n'a pas encore terminé sa parturition. Aussitôt après le pansement, la Ç , comme le (^, se met en train de manger des grains d'alpiste : les placentas qu'elle a dû dévorer n'ont donc pas suffi à son appétit? $ XII bis (j' H. $ XII bis est en train de mettre bas. Il est onze heures du matin. A dix heures et demie, elle avait un petit, et elle avait déjà fait la toilette de son petit et de sa vulve. Son ventre est encore bien gros. Je change de cage toute la petite famille. — 92 — (^ E. Bien que n'ayant pas tété depuis hier, les petits laissés avec (^ E sont bien vivants; un des quatre, cependant, est maigre, efflanqué, et paraît déjà destiné à périr. Je change de cage la petite famille, père et petits. $ XII bis J* H. A sept heures du soir, $ XII bis a six petits, et elle est en train de s'accoupler avec son (} ; elle n'a pas encore de bouchon. $ IX (5* A. A onze heures du soir, il y a toujours trois petits dans la cage de $ IX. $ XII bis (} H. A la même heure, il y en a six dans celle de $ XII bis. D'ailleurs, ni l'une ni l'autre de ces deux $ ne présente encore de bouchon vaginal. 25 octobre. — $ I (j* D. Vulve fermée, sauf un petit trou médian. La $ est manifestement pleine : sa gestation sera-t-elle bi- ou tri-décadaire? Ç II c? B. Vulve fermée, sauf un tout petit Irou médian. Ç VIII. Vulve fermée et soudée, $ IX c? A. Dans le vagin de $ IX, j'aperçois un gros bouchon. II est près de tomber; car il est humide, et du liquide suinte autour de lui. Je le recueille. Il est gluant de sperme. Il se prolonge, vers le bout utérin, en un filet très long, unique : l'utérus de la Souris est donc bicorne, et non complètement double comme celui des Gerbillines et des Gerboises. Ce bouchon indique aussi, par sa forme, que le vagin de la Souris se termine, non par un cul-de-sac supéro- médian, comme celui des Gerbillines et celui des Gerboises, mais par deux culs-de-sac symétriques, sur les côtés du col utérin. Les petits sont toujours au nombre de trois. L'un d'eux est oublié loin des autres, sous l'étoupe, et déjà refroidi : je le réunis aux autres. Ç XII bis J* H. $ XII bis a la vulve profondément ouverte et vide : un bouchon, sans doute, l'a occupé, à mon insu, et vient d'être éliminé. Les six petits sont bien vivants.- (^ E. Avec (^ E, il n'y a plus que trois petits : le malingre a disparu, sans doute mangé par le (^. Malgré leur jeûne qui dure depuis trente-six heures (à moins qu'ils ne se soient nourris de leur frère, chose peu vraisemblable, étant donné leur âge), les trois survivants sont vigoureux. Je les saupoudre d'un peu de poudre Dautreville humectée : ils en rencontreront sous leurs dents, en faisant leur toilette, et peut-être en mangeront-ils? 26 octobre. — $ I (j* D. Vulve avec un petit trou médian. $ II J* B. Vulve ouverte et humide. Ç VIII. Vulve toujours fermée et soudée. $ IX (^ A. $ IX a le vagin largement et profondément ouvert. Elle n'a plus que deux petits. $ XII bis ^ H. Vulve encore ouverte. Les sis petits sont tous très vifs. (^ E. Les trois petits laissés avec ^ E sont toujours vifs. Ils sont tenus bien au chaud, par le (^, dans le lit bien arrangé pour eux. Je mets dans le nid un — 93 — peu de nourriture, poudre Dautreville et grains d'alpiste. Le petit disparu n'avait pas été mangé; car je retrouve son cadavre intact. $ II (f* B. Dans la journée, $ Il et ^5* B maltraitaiejit leur petit : je le leur ai enlevé. Ce soir, à minuit, chez $ II, le travail de la parturition est com- mencé : il y a du sang dans sa vulve, et le nid en est taché à plusieurs endroits. 27 octobre. — $ I (j* D. Un trou étroit mais profond au milieu de la vulve. Ç II c? B. Ç II a mis bas cette nuit : elle a trois beaux petits, bien vivants. De la nuit du 4 au 5 à celle du 26 au 27, il s'est écoulé 22 jours : la gestation, dans ce cas, a donc été bi-décadaire. La vulve de $ II est ouverte et à parois renflées et plissées. $ VIII. Vulve toujours fermée et soudée. $ IX (3* C. $ IX a la vulve encore ouverte. Elle a encore deux petits. $ XII bis (5* H. $ XII bis a encore une petite ouverture médiane dans la vulve. Elle conserve ses six petits, et ceux-ci sont fort beaux, bien plus beaux que ceux de Ç IX. (5* E. Dans la cage de J* E, les petits privés de mère sont encore assez vifs; mais ils ont maigri. Petit du 4 octobre. Le petit de $ II, que j'ai isolé se porte bien. 28 octobre. — $ I <5* D. La vulve de 9 I est tout à fait fermée et soudée, et sa muqueuse est comme recouverte d'un vernis brillant. Ç II cf B. $ II a la vulve ouverte, et le vagin rempli d'un liquide sanglant. Ses trois petits sont bien portants. Ils sont venus au monde relativement fort gros; ils sont sensiblement plus gros que ceux de Ç IX, qui cependant sont leurs aînés de deux jours. Ç VIII. Vulve toujours fermée et soudée. $ IX J* C. Vulve fermée et soudée. $ XII bis (^, H. Vulve fermée et soudée. Toujours six petits, beaux et vifs. Dans cette cage comme dans les autres, le père se tient, 'dans le nid, avec la mère et les petits. (j* E. Les petits vivent toujours, sous la protection de leur père; mais ils ont beaucoup maigri. 29 octobre. — Aujourd'hui, ce n'est qu'à quatre heures de l'après-midi, que je panse et passe en revue ma petite ménagerie. $ I (^ D. Ç I a le ventre très gros. Au milieu de sa vulve, il y a une ouver- ture presque imperceptible. Dans le nid de ce couple, je mets un petit étranger, né le 24, de ^ XII bis, et par conséquent âgé de cinq jours. $ II i;-^ B. $ II présente, au milieu de la vulve, un trou rond, large et pro- fond : s'est-elle accouplée à mon insu? Les trois petits de ce couple sont très beaux. J'augmente la petite famille de trois nouveaux nourrissons, petits de $ XII bis, âgés de cinq jours. $ VIII a toujours la vulve fermée et soudée. Je lui rends r^ E, et je Tome XLIII 7 - 94 — donne au couple un cinquième nourrisson, petit de $ XII bis, âgé de cinq jours. $ IX (5^ C, Vulve fermée et soudée. Ç XII bis (^ H, Vulve fermée et soudée. Les petits sont superbes. Je les supprime tous. (5* E. Les trois petits de 2 VIII ont les yeux ouverts. Après les avoir séparés de leur père, i^ E, que j'ai réuni à $ VIII, je leur adjoins le sixième petit de Ç XII bis, âgé de cinq jours, ainsi que le petit né, le 3, de Ç II, qui se trouve $ et que j'appellerai désormais $ XIII. Ce dernier, quand je l'introduis dans le nid étranger et avant d'en avoir vu les propriétaires (ceux-ci sont au fond du nid, recouverts et dissimulés par l'étoupe, tandis qu'il est déposé à la surface), donne des signes et pousse des cris de frayeur. 30 octobre. — $ I (j* D. Vulve fermée, soudée, ei vernie; du reste, l'appa- rence que je caractérise par cette dernière épithète est assez habituelle à la vulve soudée : je l'ai constatée souvent, bien que je ne l'aie pas encore notée. Le petit que j'ai mis hier dans la cage de ce couple a disparu sans laisser de trace. $ II c? B. Les trois petits étrangers ont été adoptés par le couple, et les six nourrissons se portent fort bien. $ VIII ^ E. Vulve toujours fermée et soudée. Le petit étranger a été adopté par le couple. Je le retire, de crainte que Ç VIII n'ait encore du lait et ne l'allaite, ce qui compliquerait et dérangerait mes observations. Ç IX (5^ C. Vulve avec un petit trou médian. $ XII bis ^ H. Un trou arrondi, et profond mais peu large, au milieu de la vulve. Je retire le J* et l'installe seul dans une autre cage. (^ XIII et autres jeunes. $ XIII se tient hors du nid : quand je l'y fais entrer de force, elle crie et se hâte de sortir. Les trois petits de Ç VIII et celui de $ XII bis sont refroidis et presque inanimés : (^ E n'est plus là pour les réchauffer! Je leur adjoins un autre petit de $ XII bis, celui que je viens de retirer au couple Ç Vlll ^ E, et je les installe bien chaudement dans du coton, en mettant $ XIII au milieu d'eux : si celle-ci veut rester avec eux, elle leur remplacera le père. 31 octobre. — Ç I (j' D. Vulve fermée, soudée et comme vernie. $ II (5* B. Vagin étroitement mais profondément ouvert. Hier, j'ai retiré du nid un des trois petits de $ II (1). Les cinq autres nourrissons se portent bien. Je leur adjoins deux frères des adoptés, ce qui porte à sept le nombre actuel des nourrissons de $ II. $ VIII J* E. Vulve fermée et soudée. (1) Ce petit et beaucoup d'autres, que, dans un but expérimental, j'ai enlevés à leurs nourrices, ont alimenté une Tortue paludine d'Algérie (Clemmys leprosa Schweigger), qui s'en montrait très avide, et qui, h ma grande surprise, n'a cessé de manger pendant tout l'hiver. — 95 — Ç IX (^ C. Vulve comme hier. 2 XIl his. Vulve fermée et soudée. $ XIII et autres jeunes. $ XIII se porte très bien. Des cinq autres jeunes, les trois petits de $ VIII sont bien malades : ils sont très maigres; ils ont les mouvements lents et tremblants ; ils ne font plus leur toilette et ont le poil mouillé; leur œil, seul, est encore plein de vie. J'en sacrifie un : il a l'estomac et la moitié de l'intestin grêle absolument vides; dans le restant de l'intestin, il y a des matières moulées. Les deux petits de $ XJI bis, nés le 24, ne parais- sent pas encore avoir beaucoup souffert. Je les retire, pour les donner au couple ? II (5* B. 1" novembre. — $ I ^f D. Un trou rond, médiocrement large mais profond, au milieu de la vulve. $ Il c? B. Vulve fermée, soudée et comme vernie. Les sept petits paraissent bien portants. $ VIII (5* E. Vulve fermée et soudée. Ç IX (5* C. Vulve fermée et soudée. Hier soir, néanmoins, le (^ faisait vive- ment la cour à la Ç : celle-ci était-elle dans une de ses époques génitales? $ XII bis. Vulve un peu renflée et plissée sur les bords, avec un petit trou médian. $ XIII et autres jeunes. Les deux derniers petits de $ VIII. sont morts. L'un d'eux avait l'estomac absolument vide; l'œsophage et l'estomac de l'autre contenaient deux ou trois petits amas de matière, sans doute de poudre Dautrkville, 2 novembre. — Ç I ^ D. Vulve fermée, soudée et vernie. $ II (^ B. Un petit trou au milieu de la vulve. $ VIII (^ E. Vulve ouverte et un peu ridée sur les bords; des mucosités au fond du vagin. ? IX (j* C. Vulve avec un petit trou médian. $ XII bis (^ H. Vagin largement et profondément ouvert. En prévision du rut, je rends le c? à la $ , et je mets le couple dans la cage abouchons. 3 novembre. — $ I c? D. Vulve en fente, fermée, mais laissant suinter de la mucosité. $ II (5* B. Vulve avec un petit trou médian. $ VIII ^ E. Vulve un peu ridée et renflée sur les bords, mais fermée. $ IX i;;^ C. Vulve fermée et soudée. Ç XII bis ,^ H. Vulve fermée et soudée. Hier, le couple, ne coïtant pas, a été retiré de la cage à bouchons et mis dans la cage de la ^ . Plusieurs fois, dans la journée et dans la soirée, j'ai examiné la vulve de la $ , sans y voir trace de coït. 4 novembre. — $ I (^ D. Vulve absolument fermée et soudée. $ II cj* B. Vulve fermée et soudée. $ VIII (^ E. Vulve en fente, fermée, mais laissant suinter l'humidité. — 96 — $ IX (^ G. Vulve fermée et soudée, ^ XII bis c? H. Vulve avec un tout petit trou médian. Sperme humain. Cette nuit, entre une lame et une lamelle de verre, j'ai déposé une goutte de sperme très épais, recueillie dans l'urèthre après l'éjacu- lation. Examinée aussitôt et telle quelle, cette préparation montrait relative- ment peu de spermatozoïdes, et une partie de ceux-ci étaient immobiles; mais elle présentait une quantité considérable de globules arrondis, munis d'un point brillant (1), et remplissant de grandes vésicules oblongues; sur les bords, la matière paraissait se coaguler, et prenait un aspect fibreux. Aujourd'hui, après douze heures environ, la préparation, desséchée en partie, sur ses bords, laisse voir encore les globules et les vésicules. Je la place dans l'eau. Quand le mucus est ramolli, j'enlève la lamelle et je la dépose sur une nouvelle lame, au-dessus d'une goutte de picrocarminate (préparation A). Puis je lave à l'eau le sperme qui reste sur la lame : la plus grande partie en est entraînée. Il ne reste que quelques fragments de substance coagulée, accumulée sur les bords : je les colore, et je les recouvre d'une nouvelle lamelle (préparation B) (2). 5 novembre. — $ I (j^ D. Vulve largement et profondément ouverte, et humide. $ II cf B. Vulve fermée et soudée. $ VIII (5^ E, Vulve fermée. Ventre de la $ très gros. $ IX (^ C. Vulve fermée et soudée. $ XII bis (^ H. Vulve fermée. Sperme humain. Hier soir, j'ai fait trois nouvelles préparations de la partie épaisse du sperme qui se trouve dans l'urèthre après l'éjaculation : 1° Une petite goutte a été étalée avec les aiguilles, fixée par l'alcool, lavée, puis colorée ; 2° une très grosse goutte ayant été recueillie et agitée dans de l'eau distillée, une partie en est détachée, étalée avec les aiguilles, puis colorée (3) ; (1) Ces globules de mucns, qu'avait fort bien vus J.-A. P'ouchet ( Théorie positive de l'ovulation, 1847 : pi. XVIII, fig 3, par exemple), ne sont ni des leucocytes, comme on Va dit (Ch. Robin, Leçons sur les humeurs, 1867, p. 441), ni même des éléments anatomiques. Us me paraissent, au point de vue purement morphologique, comparables aux globules du lait. (2) Ces préparations rappellent de près celles des produits de sécrétion des vésicules séminales de la Souris et du Cochon d'Inde, que j'ai décrites t. XLI, p. 344 (Produit des véicules) et t. XLI, p. 489 (note 1). Ici, seulement, par suite d'une coagulation plus lente, l'éridine affecte davantage la forme homogène; mais elle se montre également sous la forme fibreuse, et aussi sous les formes intermédiaires : d'ordinaire, des plaques homogènes remplissent des aréoles arrondies laissées dans des masses fibreuses. Quelle que soit d'ailleurs la forme qu'elle aflecte, fibreuse ou homogène, et quoique douée d'une certaine élasticité, l'éridine est cassante : sur la préparation, des masses conti- nues de cette substance, ayant été comprimées entre la lame et la lamelle, se sont en quelque sorte clivées en divers sens, et se montrent divisées en petits blocs anguleux. (3) Dans ces deux préparations, dont l'aspect est nettement fibrillaire, c'est évidemment le mucus qui domine; quelques blocs arrondis ou irréguliers me paraissent composés d'éridine; mais, en général, il ne m'est pas possible de distinguer les deux substances. — 97 — 3" le restant de cette grosse goutte est traité par une solution concentrée et bouillante de carbonate de soude : il se dissout et disparaît. 6 novembre. — Ç I (j* D. Vulve encore largement et profondément ouverte, et humide. $ II c5* B. Vulve toujours fermée et soudée. $ VIII c? E. Vulve fermée. $ IX (5* C. Vulve fermée et soudée. $ XII bis (^ H. Vulve un peu ouverte et humide. 7 novembre. -- $ l (^ D. Vulve encore plus largement et profondément ouverte, et toujours humide, $ II (5* B. Vulve toujours fermée et soudée. Ce matin, à dix heures, deux des nourrissons ont les yeux ouverts. $ VIII 1^ E. Vulve toujours fermée. Le ventre de la $ est énorme. $ IX (5^ C. Vulve fermée. Ce matin, au quatorzième jour de leur âge, les deux petits ont les yeux ouverts. 2 XII bis (^ H. Vulve ouverte, mais peu largement, légèrement épaissie et ridée sur ses bords. Sperme humain. Hier soir, j'ai recueilli sur une lame de verre, et j'y ai laissé sécher une grosse goutte de sperme épais recueilli dans l'urèthre après l'éjaculation. Ce matin, dans un vase plein d'eau et contenant des cristaux de carbonate de sonde, j'ai disposé horizontalement cette lame, le sperme tourné en haut; puis j'ai fait bouillir le tout. Alors, il s'est produit dans le liquide un dépôt d'aspect crayeux. Après le refroidissement, je constate que la lame de verre est entièrement recouverte de ce dépôt, tandis que je n'en vois que des traces sur les parois du vase : je conclus de cette observation que le précipité est dû à la réaction du liquide sur le sperme. Examiné au microscope, ce pré- cipité se montre formé d'innombrables petits cristaux. Ceux-ci rendent impos- sible toute étude des particules insolubles qui ont pu rester dans la prépa- ration. 8 novembre. — $ I c? D. Vulve ouverte et humide, comme hier. Déci- dément, cette $ n'était pas pleine. Peut-être s'est-elle accouplée hier soir? J'ai entendu du bruit dans sa cage. $ II (J* B. Vulve toujours fermée et soudée. Ce matin, quatre des nourris- sons ont les yeux ouverts, trois les ont encore fermés. Ç VIII (^ E. Ce matin, la vulve de $ VIII est fermée et soudée, mais légè- rement ridée, et une ligne de sang coagulé, sans doute provenant des menstrues, dessine son ouverture en fente transversale. Cette $ a toujours un ventre énorme. $ IX (^ C. Vulve toujours fermée. $ XII bis (^ H. Vulve fermée, sauf peut-être un tout petit trou médian. 9 novembre. — Ç I (5* D. La vulve est toujours ouverte; et, cependant, les bords en sont lisses et comme vernis. — 98 — $ Il (^ B. Vulve toujours fermée et soudée. Les sept nourrissons ont les yeux ouverts. Ç VIII (5* E. La nuit dernière, vers minuit, j'ai vu ce couple en train de coïter. Alors, j'ai trouvé sept nouveau-nés dans le nid; la gestation a donc été, cette fois, de vingt-quatre jours. La vulve de la mère n'avait pas encore de bouchon; ce matin, elle n'en a pas, non plus. Je pense qu'elle en a reçu un, après avoir été examinée, mais qu'elle l'a déjà éliminé. $ IX (j^ C. La vulve de cette $ est ouverte et pleine de mucus épais et sanglant. A l'aide d'une pipette et d'une paire de pinces, je recueille de ce mucus, et je l'étalé sur une lame de verre; puis je le traite par l'alcool au tiers, qui dissout les globules du sang et fixe les autres éléments anatomiques, et je le colore. Je constate alors que ce mucus résulte de la chute et de la fonte de l'épithélium cylindrique caliciforme du vagin : la préparation est très démonstrative; car elle montre de ces cellules à tous les degrés d'altération. La préparation présente en outre des débris de fibrine coagulée. En somme, il s'agit bien, ici, de menstrues, caractérisées, comme chez la Femme, par un écoulement sanguin, d'origine profonde, accompagné d'une desquammation vaginale. Ç XII bis (} H. Vulve fermée et soudée. Sperme humain. Cette nuit, j'ai recueilli, dans un condom, tout le sperme d'une éjaculation. Quoiqu'on en ait dit (1), le sperme humain, en majeure partie, est, au moment de l'éjaculation, et reste ensuite fluide; mais il contient des parties épaisses et visqueuses, comme celle qui s'arrête habituellement dans l'urèthre. Le sperme recueilli a été ensuite abandonné à lui-même, dans un tube de verre. Environ douze heures après, je le trouve presque tout entier fluide (les grumeaux de mucus, sans doute, ont été dissous par suite d'une production d'ammoniaque) ; mais, au fond du tube, il y a un léger dépôt. Avec une pipette, je puise, au fond du tube, une goutte de liquide chargé de dépôt ; je la transporte sur une lame de verre ; je la traite par l'alcool qui la coagule; je la lave à l'eau distillée, et je la colore : j'obtiens ainsi une préparation qui montre, empêtrés dans la substance finement granuleuse coagulée par l'alcool, des spermatozoïdes en abondance, quelques débris cellulaires d'origines diverses, et des sympexions (2), Ensuite, je traite tout le restant du sperme, (1) « Peu de temps après avoir été éjaoulé, il (le sperme humain) se coagule on une masse épaisse, gélatineuse; après un temps plus long, il reprend de nouveau une consistance fluide ». Frey, Traité d'histologie et d'histochimie, traduit par Spillmann et annoté par Ranvier, 1871, p. 668. (2) Ceux-ci se présentent en petites ma,sses irrégulières et irrégulièrement groupées, les unes grossièrement arrondies et à couches plus ou moins concentriques, d'autres plus ou moins feuilletées ou fibreuses. La préparation contient sans doute aussi de.3 restes de mucus, qui se con- fondent avej les petites masses d'éridine ou sympexions - 99 - à la température d'ébullition, par une solution filtrée de carbonate de soude, et je laisse déposer. 10 novembre. — $ I (j* D. Vulve tout à fait fermée et soudée. Ç II cf B. Vulve fermée et soudée. Ç VIII (^ E. Vulve fermée et soudée. Toujours sept petits. $ IX (^ G. Vulve fermée et soudée. $ XII bis ^ H. Vulve fermée et soudée. Sperme humain. Du dépôt formé dans le sperme traité par le carbonate de soude bouillant, je fais deux préparations (1). 11 novembre. — $ I (j* D. Vulve, comme hier, tout à fait fermée et soudée. Ç II (^ B. Vulve fermée et soudée. $ VIII (^ E. Vulve nullement soudée. $ IX 1^ C. La vulve, dont les bords semblent un peu épaissis, paraît néanmoins fermée et soudée. $ XII his (^ H. Vulve toujours fermée et soudée. 12 novembre. — $ I cf D- Vulve fermée, soudée et comme vernie. $ II 1^ B. Vulve absolument fermée et soudée. Ç VIII (^ E. Vulve absolument fermée et soudée. Quoique les sept petits se développent bien, j'en supprime deux. Ç IX (^ G. Vulve fermée et soudée. Ventre énorme. $ XII bis (^ H. Vulve un peu, à peine entr'ouverte, et humide. La $ a le ventre gros : elle est manifestement pleine. Sperm.e huraiain. Avant hier, après avoir recueilli la totalité d'une éjacu- lation, j'ai étalé et laissé sécher, sur une lame de verre, une goutte du sperme épais resté dans l'urèthre. J'ai coloré celle-ci le lendemain (2). (1) Dans ces préparations, sous les nombreux petits cristaux qui les saupoudrent et les masquent en partie, on peut néanmoins reconnaître de petits amas d'une substance qui présente l'aspect et les formes de l'éridine, comme elle en a T'usolubilité dans les alcalis. Je ferai incidemment remarquer que, dans la réaction du 7 novembre, l'abondance extraordinaire du dépôt cristallin tenait, au moins en partie, aux sels en dissolution dans l'eau que j'avais employée; car, depuis lors, ayant usé d'eau distillée, la même réaction n'a plus donné qu'un précipité encore trop abondant au point de vue de l'étude microscopique, mais à peine appréciable à l'œil nu. (2) Dans cette préparation, l'éridine, intimement mélangée au mucus, se montre sous toutes ses formes, soit étalée en plaquettes homogènes, continues ou aréolées, soit divisée en fibres, parallèles entre elles ou anastomosées les unes avec les autres. Cette préparation, en somme, rappelle d'assez près celle que j'ai obtenue en traitant de la même façon la sécrétion des vésicules séminales du Coelion d'Inde (16 mars) , de même que celle-ci rappelle les préparations analogues de la môme sécrétion de la Souris (29 septembre) : de la première à la troisième, la gradation est manifeste. Cette observation, corroborée d'ailleurs par des considérations d'une autre nature, me semble suffi- samment indiquer que le sperme attardé dans l'urèthre de l'Homme, après l'éjaculation, provient, à peu près exclusivement, des vésicules séminales. Il ne contient, d'aUlours, à peu près constam- ment, qu'un nombre très restreint de spermatozoïdes La préparation dont il est ici question contient des cristaux assez nom'jrcux, que je rapporte. •— 100 — De la partie la plus fluide de l'éjaculation, le lendemain, j'ai recueilli deux gouttes avec une pipette : une de ces gouttes a été directement séchée sur la lampe à alcool, l'autre a été séchée de même après avoir été coagulée par l'alcool, et toutes les deux ont été placées ensuite dans de la glycérine picro- carminée (1). Puis j'ai fait bouillir le restant de l'éjaculation dans une solution concentrée de carbonate de soude, faite avec de l'eau distillée, et filtrée. Les matières organiques sont légèrement carbonisées, car le liquide brunit un peu; alors, je laisse refroidir et déposer la solution. Avec le dépôt, je fais deux préparations : 1° une goutte est simplement lavée, colorée et placée dans la glycérine picro- carminée (2); 2° une autre goutte est colorée, lavée, puis placée dans de la gly.cérine additionnée d'acide acétique (3); sous l'influence de l'acide acétique, les nombreux cristaux de la préparation semblent se dissoudre avec déga- gement gazeux. Hier, une nouvelle goutte de sperme épais, recueillie dans l'urèthre après l'éjaculation, a été mise sécher sur une lame : je la traite aujourd'hui par l'eau de Javel. Dans ce réactif, il se fait un dégagement gazeux, et les contours des globules muqueux ainsi que des plaques de substance homogène se dessi- nent avec la plus grande netteté. Au lavage à l'eau distillée, globules et plaques se gonflent et se dissolvent; mais je ne leur donne pas le temps d'achever leur dissolution, et je les fixe en substituant à l'eau de la glycé- rine (4). On a prétendu à tort que le sperme humain étail éjaculé fluide, et qu'il deve- nait épais aussitôt après l'émission, pour se fluidifier ensuite de nouveau (5). Comme j'ai pu m'en convaincre, l'éjaculation du 10 novembre ayant été directement reçue dans un vase en verre, le sperme frais contient des par- ties épaisses, comme celle qui s'attarde dans l'urèthre, et sa partie fluide avec doute, à Foxalate de chaux : leur aspect est celui d'un ovoïde allongé avec une ceinture médiane en relief. (1) Ces deux préparations contiennent, presque exclusivement, des spermatozoïdes, emyjStrés dans une masse finement granuleuse, qui résulte évidemment de la coagulation de liquide spermatlque Elles présentent aussi de gros cristaux, dont la forme diffère très sensiblement de l'une à l'autre. (2) Dans cette préparation, les petites masses d'éridine sont complètement recouvertes et masquées par d'innombrables spermatozoïdes et par d'aussi innombrables petits cristaux ; d'après elle, on peut affirmer que le sperme de l'Homme contient une matière insoluble dans le carbonate de soude bouillant, mais il n'est pas possible d'étudier cette matière. (3) Cette préparation contient beaucoup moins de cristaux que la précédente ; mais son étude n'en est pas moins rendue impossiljle par l'abondance des spermatozoïdes. Ceux-ci ont subi une altération particulière : leur tête est très gonflée et très pâle, tandis que leur segment collaire est doué d'une réfringence particulière. (4) Cette préparation est très démonstrative relativement aux pto&itJes mt^S'itewic, dont l'existence a été niée (Voir, p. 96, note 1). La substance aréolée s'y montre aussi très nette et très élégante. (5) Voir p. 98, note 1. - 101 ~ à ce moment le reste ensuite. Plus tard, sans doute parce que le liquide devient de plus en plus alcalin, les grumeaux de mucus épais se dissolvent peu à peu, et la partie fluide devient relativement plus considérable. Simulta- nément, au fond du vase, s'isole un dépôt, composé d'éléments anatomiques, de cristaux et de matière insoluble (sympexions). lime paraît hors de doute que la partie épaisse du sperme éjaculé provient exclusivement des vésicules séminales, et qu'elle est émise en dernier lieu. 13 novembre. — $ I (j* D. La vulve de cette $ est ouverte et humide. Avec la pipette et en m'aidant des pinces, je retire de son vagin une goutte de mucus épais et sanglant; je l'étalé sur une lame de verre, je la fixe .par l'alcool fort, et je la colore (1). $ Il (^ B. Vulve fermée, à peau très fine. Les petits sont toujours ^au nombre de sept; mais ils me semblent avoir maigri. Ils tètent encore, et je ne les vois jamais hors du nid. $ VIII (^ E. La vulve présente un petit orifice. Je supprime un nouveau petit, réduisant ainsi le nombre des nourrissons à quatre. $ IX 1^ C. Vulve ouverte et pleine de mucus transparent. Ventre très gros. $ XII bis (^ H. Cette $ a le ventre très gros, et le vagin rempli de mucus transparent. Vers midi, et bien qu'elle n'ait pas encore mis bas, je vois le (j* essayer de la couvrir ; il fait des tentatives réitérées et persistantes ; mais elle fuit et résiste en criant. Ce soir, j'essaie en vain d'extraire de son vagin une quantité de mucus suffisante pour une préparation. Il y en aurait assez; mais, comme il est épais et. tenace, il s'échappe de la pipette avant que je puisse le saisir avec les pinces. Pendant mes tentatives, la $ se tient immobile : il est évident que l'introduction, le frottement et l'aspiration de la pipette ne lui sont pas douloureux. 14 novembre. — Ç I (^ D. Vulve encore ouverte et pleine de mucus san- glant. Je recueille une parcelle de ce mucus; je la lave à l'eau distillée, dans laquelle elle gonfle sans se dissoudre, et je la colore (2). $ II (^ B. Vulve à peau fine, avec un tout petit trou médian, par lequel on aperçoit du mucus dans le vagin. Je retire les petits. ? VIII ^ E. Vulve fermée. (1) Avoo des amas et des traînées de globules sanguins et quelques caillots da fibrine, cette pre'- paration présente surtrout, empêtrées dans la masse du mucus et à divers degrés de dégénération muqueuse, des cellules provenant de l'épithélium vaginal, les unes cylindriques et caliciformes, les autres plus ou moins globuleuses; elle ne contient pas de cellules pavimanteuses. (•2) Cette préparation présente les mêmes éléments que celle de la veille : seulement, les cellules épithéiiales et ceux des globules sanguins qui n'ont pas été complètement dissous s'y montrent plus ou moins altérés. — 102 — $ IX c? C. Vulve un peu entr'ouverte et humide. Je retire les petits. Ç XII bis (^ H. La vulve semble refermée; mais ses parois sont un peu épaissies, $ XIII. Dans la cage de Ç XIII, que je retire et que j'installe à part, je trans- porte les sept petits ou nourrissons de $ II. Ils sont nés partie le 24, partie le 26 octobre. Dès qu'ils sont introduits dans le nid étranger, ils se mettent à crier et à sauter de tous côtés, comme fous de terreur! Cependant, aucun ennemi ne survenant, ils finissent par se calmer. Je leur réunis alors les deux petits de $ IX, nés le 24 octobre : à leur arrivée, nouveaux cris et nouvelles terreurs, autant d'un côté que de l'autre ! Sperme et mucus humains. Hier, j'ai recueilli et mis sécher, sur trois lames de verre, du sperme épais de l'urèthre. Je conserve deux de ces prépara- tions, l'une dans la glycérine ordinaire (1), l'autre dans la glycérine acétique (2). Je traite l'autre par l'eau de Javel, qui la dissout (3) : tout comme le mucus spermatique, le mucus nasal et pharyngien de l'Homme est soluble dans l'eau de Javel, tandis que, dans l'acide chlorhydrique à 1/100, il se concrète, deve- nant plus opaque et plus épais : j'en fais l'expérience. Bouchon vaginal. Un bouchon vaginal entier de Souris, depuis quinze heures dans l'acide chlorhydrique à 1/100, s'est un peu gonflé, mais ne s'est pas dissous ; porté, dans ce réactif, à la température de l'ébullition, il ne se dissout pas davantage. Ainsi, sous ce rapport identique au mucus, la substance du bouchon est insoluble dans l'acide chlorhydrique et soluble dans l'eau de Javel; mais, à l'inverse du mucus, elle est insoluble dans le carbonate de soude bouillant. $ XII bis (5* H. A minuit, je vois ce couple coïter, et, dans le nid, je trouve sept nouveau-nés, bien vivants, La Ç ne présente pas encore de bouchon vaginal; mais elle continue à subir les assauts du (5*. 15 novembre. — $ 1 J* D. Vulve largement ouverte, laissant voir du mucus sanglant dans le vagin, mais à bords minces et comme vernis. '^ I] ^ B. Vulve fermée et soudée. $ VIII c? E. Vulve fermée. Ç IX (5* C. Les bords de la vulve sont rapprochés, mais épaissis; le ventre est énorme : cette Ç ne peut tarder à mettre bas. (1) Dans cette préparation, il y a de grandes plaques homogènes, souvent cassées en plusieurs fragments, d'autres fois traversées et divisées en compartiments par d'élégantes cloisons fibrillaires ; et tout le reste de la substance se montre composé d'innombrables globules muqueux, dont les dimensions sont très diverses, ainsi que la forme : celle-ci dérive de la sphère, mais se modifie suivant les pressions supportées. (2) Cette préparation est très semblable à la précédente ; mais les figures qu'elle contient sont plus pâles et moins nettes. (3) Le mucus n'est pas seulemeat dissous par l'eau de Javel ; comme toutes les substances protéiquos, il est détruit par elle. — 103 — Ç XII bis (^ H. Vagin à parois épaisses, mais vide : évidemment, il a reçu et éliminé le bouchon vaginal. Ç XIII s'est sauvée de sa cage. Je la trouve à côté, mourante : c'est évidem- ment le froid qui l'a mise en cet état. Au premier coup d'oeil, je l'ai crue morte; mais, en l'examinant de plus près, j'ai vu de faibles mouvements dans ses mâchoires. Ceux-ci ont augmenté de fréquence et d'intensité, quand j'ai réchauffé la bête dans ma main. Je la transporte dans le nid et au milieu des neuf jeunes. Vers midi, je l'aperçois, chancelante, et faisant de vains efforts pour regagner le nid, dont elle est sortie, sans doute pour aller aux vivres (1). Je l'y replace. Mucus. Du mucus nasal et pharyngien de l'Homme, laissé, depuis hier soir jusqu'à aujourd'hui midi, dans une solution à demi saturée de carbonate de soude, ne s'y est pas sensiblement dissous; dans une solution au quart saturée, il se comporte de même. A froid, le mucus est donc à peine soluble dans ce sel ; mais, dès que je chauffe, tout se dissout aussitôt. Albumine et membrane coquillère. Ni le blanc ni la membrane coquillère de l'œuf de Poule ne sont solubles, ni à froid, ni à chaud, dans une solution au quart saturée de carbonate de soude. A la température de Tébul- lition, l'albumine comme la membrane coquillère se carbonisent légèrement, roussissant un peu le liquide ; mais elles restent insolubles. Dans l'acide chlorhydrique à 1/100, soit froid soit bouillant, ces deux subs- tances sont également insolubles : l'albumine semble s'y contracter et y diminuer de volume; mais, si elle s'y dissout, ce n'est que bien peu et bien lentement. Dans l'eau de Javel, à froid, l'albumine et la membrane coquillère se dissol- vent instantanément. Le calcaire de la coque de l'œuf semble rester intact, du moins pour l'instant. L'albumine coagulée par la chaleur, l'albumine et la membrane coquillère déjà traitées par les deux précédents réactifs, se dissol- vent également dans l'eau de Javel. Toutes ces dissolutions dans ce réactif s'accompagnent d'un dégagement gazeux très abondant. Ayant mis du blanc d'œuf dans de l'eau non distillée, ses parties insolubles se sont revêtues de pellicules blanchâtres, dans lesquelles je constate, au microscope, la présence de nombreux cristaux, de forme rayonnante. 16 novembre. — Ç I (j* D. La vulve est encore largement ouverte, et il y a toujours du mucus sanglant à l'orifice. Ç II (^ B. Vulve fermée, soudée, à peau fine et comme vernie. $ VIII cf E. Vulve hypertrophiée. $ IX J* C. Vers onze heures et demie, ce matin, $ IX commence juste à (1) Elle était dans une cage d'encoignure (t. XL, p. 315, note 1) ; il fallait grimper pour atteindre le nid. — 104 — mettre bas : un premier petit se présente par le siège; je l'accouche. Il est noir et congestionné, mais vivant. $ XII bis (^ H. Vulve largement et profondément ouverte, vide, à bords peu épais. Les sept petits sont bien portants. J'en supprime un. $ XIII est tout à fait remise; ses neuf petits compagnons se portent bien aussi. $ IX c? C. A une heure, cette après-midi, il y avait cinq nouveau-nés; à deux heures et demie, il y en' a six, tous bien vivants. Ainsi, dans ce cas, la gestation a duré vingt-trois jours : elle a donc été bi-décadaire (1). Dans l'intervalle entre la naissance du premier et celle des autres petits, j'ai recueilli et préparé une goutte du liquide sanguinolent qui remplissait le vagin : c'est du sang à peu près pur. Coque de l'œuf et membrane coquillère. Depuis trente heures, des morceaux de coque d'œuf avec leurs membranes coquillères ont été mis, d'une part, dans de l'eau de Javel, et, d'autre part, dans de l'acide chlorhydrique à 1/100 : dans le premier réactif, la partie calcaire paraît intacte, tandis que les parties organiques sont dissoutes; dans le second, c'est l'inverse : le calcaire est presque entièrement dissous, tandis que la membrane coquillère a été respectée. Bouchon vaginal. Je mets, dans de l'eau de Javel, un bouchon vaginal de Souris conservé à sec. Le dégagement gazeux, indice de la dissolution, commence aussitôt : les bulles de gaz entraînent et maintiennent à la surface le bouchon, qui d'abord était allé au fond. Or, même avant la fin de la réaction, je ne trouve, dans le liquide, qu'un très petit nombre de cellules de l'enveloppe : soit que, parfois, le bouchon n'en retienne qu'une couche très mince, soit que, dans le cas actuel, elles aient été déjà, en majeure partie, détruites par le réactif. 17 novembre. — $ I (j^ D. Vagin largement ouvert et contenant du mucus sanglant. $ II cT B. Vulve un peu ouverte, à peau un peu épaissie; du mucus dans le vagin. 2 VIII cf E. Vulve fermée, sauf un tout petit orifice médian, et à bords un peu épaissis. J'enlève les petits. $ IX (5^ C. Vers dix heures, ce matin, j'aperçois un bouchon dans le vagin de $ IX. La vulve est en partie refermée au-dessus de lui; mais il la déborde par un petit prolongement en lame. En l'absence du couple, je réunis, à ses six petits, un petit beaucoup plus âgé, au dixième jour, de $ VIII. A leur retour, 1 1 En réalité, la gestation, dans ce cas, avait été retardée de trois jours (Voir, p 81, note 1). — 105 — (5* et ^ vont inspecter et flairer le nid; ils ont sans doute quelque peine à se rendre compte du changement; mais il ne survient aucun accident. Ç XII bis (5* H. Vulve largement et profondéruent ouverte, mais à bords peu épais. Je supprime deux des petits de ce couple, et, je les remplace par deux petits, beaucoup plus âgés, de Ç VIII. Après cette substitution, le couple se montre très agité ; mais c'est tout. Albumine. Hier, j'ai fait diverses préparations de blanc d'œuf. Comme son enveloppe, il est disposé par feuillets superposés. Il est soluble, au moins en partie, non seulement dans l'eau, mais aussi dans la glycérine, soit pure, soit additionnée d'acide acétique. Sperme humain. Le 14, j'ai recueilli, directement dans un vase en verre, tout le produit d'une éjaculation. J'ai constaté, alors, très nettement, que les premières gouttes éjaculées sont très fluides, tandis que la dernière, celle qui s'attarde dans l'urèthre, est très épaisse. J'ai traité ce produit par l'alcool : une partie s'est aussitôt concrétée, perdant sa transparence et s'accumulant au fond du vase ; la goutte épaisse est devenue blanche et cassante. J'ai ajouté, au tout, de l'eau de Javel : le lendemain matin, la dissolution n'avait pas encore eu lieu. Alors j'ai décanté le liquide, et sur la partie concrète, restée au fond du vase, j'ai versé de l'eau de Javel : cette fois, en quelques instants, tout a été dissous; mais, en même temps, il s'est formé un précipité finement poussiéreux, blanchâtre. J'ai de nouveau décanté le liquide, j'ai versé sur le résidu de l'eau distillée et quelques gouttes de la solution de carbonate de soude, et j'ai laissé reposer jusqu'au lendemain. Hier, j'ai décanté de nouveau, et j'ai versé, sur le résidu, du picrocarminate. Aujourd'hui, après avoir remplacé le picrocarminate par de l'eau distillée, j'ai placé une goutte du résidu dans de la glycérine picrocarminée, une autre dans de la glycérine acétique (1). Cuticule du gésier des Oiseaux granivores. Je sacrifie un Pigeonneau, et j'arrache des lambeaux de la couche superficielle interne de son gésier. 1° Dans la solution saturée au quart et bouillante de carbonate de soude, ces lambeaux ne se dissolvent pas ; abandonnés dans ce réactif, plusieurs heures après ils sont encore entiers. 2° Dans l'acide chlorhydrique à I/IOO, ils ne se dissolvent pas davantage; ils s'y raccornissent plutôt. Ils y conservent la couleur verte qu'ils avaient à l'état frais, tandis que, dans le carbonate de soude, dans l'eau de Javel et dans l'alcool, ils perdent cette couleur, 3° Dans l'eau de Juvel, ils se dissolvent avec dégagement gazeux. Quoique (1) Ce résidu est exclusivement composé d'innombrables petites granulations très réfringentes, groupées en amas irrégulier. L'acide acétique ne les a pas détruites; le picrocarminate les a légère- ment colorées. — 106 — la réaction commence de suite et paraisse active, elle dure plusieurs heures pour dissoudre un lambeau. Ainsi, en face de ces trois réactifs, la sécrétion de la muqueuse stomacale des Pigeons se comporte exactement comme la substance du bouchon vaginal des Rongeurs. 18 novembre. — $ I ^^ D, La vulve n'a plus qu'un petit trou médian, et sa paroi prend l'aspect mince et verni. $ II (5* B. Ce matin, vers neuf heures et demie, $ II présente un bouchon vaginal. Celui-ci est prés de tomber ; car, en tendant la paroi abdominale et tirant sur la vulve, je fais suinter du liquide tout autour de lui. J'isole cette $ dans la cage à bouchons. $ VIII (5* E. Vulve tout à fait fermée, encore un peu ridée sur les bords. $ IX (^ C. De la vulve, s'écoule un liquide épais et trouble. J'en fais d'abord une préparation permanente (1) : je constate que l'alcool au tiers le coagule. Puis j'en recueille une nouvelle goutte, toujours avec la pipette, et je l'examine frais. Je supprime encore un petit. $ XII bis (^ H. Vulve encorte ouverte, mais à bords déjà amincis. Je sup- prime encore un petit. $ XIII et ses neuf compagnons sont installés dans une grande cage (2). Réaction de l'eau de Javel sur les substances protéiques. Dans la dissolu- tion de l'albumine dans l'eau de Javel, le gaz qui se dégage est incolore et incombustible, et la réaction s'accompagne d'une production de chaleur : je m'en rends compte, en opérant, dans un gros tube muni d'un ajutage, sur une quantité suffisante de blanc d'œuf. La chaleur est très sensible à la main; et, d'autre part, dirigé sur la flamme d'une lampe à alcool, le jet de gaz ne s'en- flamme pas. $ II (5* B. Vers deux heures et demie de l'après-midi, je recueille avec une pipette du liquide qui s'écoule du vagin, à côté du bouchon, et je l'examine tel quel : il contient des cellules épithéliales et des spermatozoïdes, ceux-ei tout à fait immobiles. Avec une nouvelle gouttelette du même liquide, traitée par l'alcool au tiers, et aussi en agitant, sur la lame de verre, dans l'alcool au tiers, le bouchon vaginal que je viens de recueillir, je fais une préparation permanente (3). (1) Ce produit est composé presque exolusivement de leucocytes plus ou moins altérés, et pré- sente à peine quelques débris de spermatozoïdes; il contient aussi de grandes cellules plus ou moins arrondies ou pavimenteuses, nucléées et non kératinisées. Celles-ci sont d'origine évidemment vagi- nale; mais tout le reste, les leucocytes, les spermatozoïdes et le liquide albumineux, coagulable par l'alcool comme le sperme et comme la sécrétion de l'utérus aux époques de rut, descendait certaine- ment de l'utérus. (2) Une cage ordinaire (voir t. XL, p. 303, note 1). (3) De grandes cellules pavimenteuses d'origine vaginale et des leucocytes formeut, avec quelques spermatozoïdes peu nombreux, pâles et plus ou moins fragmentés, à peu près tout le contenu de cette préparation. — 107 — 19 novembre. — $ I (j* D. Vulve fermée et en train de se souder, le mucus qui la colle apparent dans la fente ; ses bords, minces et comme vernis. $ II (5^ B. Vulve fermée sauf un trou médian, mais à bords encore épaissis. $ VIII (^ E. Vulve fermée et soudée. $ IX J* C. Vulve ouverte, laissant voir le vagin humide. Je supprime à $ IX encore un de ses petits à elle, et je lui retire l'étranger adopté : elle n'a plus, ainsi, à élever que quatre petits, qui sont tous d'elle. $ XII his (^ H. Vulve fermée, sauf un tout petit trou médian. Je supprime encore, à cette Ç, un de ses petits; mais, en revanche, je lui donne un nou- veau nourrison, frère des deux qu'elle a déjà reçus : c'est celui que je viens de retirer à $ IX. $ XII bis a ainsi à nourrir trois petits étrangers et deux petits à elle. Membranes coquillères. La membrane coquillère d'un œuf de Crocodile et une coque d'œuf de Raie, en présence de l'acide chlorhydrique à l/IOO, du carbonate de soude bouillant et de l'eau de Javel, se comportent exactement comme la membrane coquillère de l'oeui: de Poule : elles sont insolubles dans les deux premiers réactifs, et se dissolvent, entièrement et rapidement, avec dégagement gazeux et précipité floconneux, dans l'eau de Javel. Ce précipité floconneux se produit également dans la réaction de l'eau de Javel sur l'albumine. Il a, alors, une odeur empyreumatique ; et sous le microscope, il se décompose en gouttelettes très réfringentes. Celles-ci, sont parfois emboîtées les unes dans les autres. Elles se dissolvent, en tout ou partiellement, dans la glycérine, en dégageant du gaz. Dans le liquide qui les produit, elles se rassemblent parfois, sans se fusionner, et forment des membranes ou des petites masses onctueuses, grasses, semblables à du beurre ou à du fromage frais. 20 novembre. — $ I (5* D. Vulve ouverte et pleine de mucus sanglant. $ II (5* B. Vagin largement et profondément ouvert, à parois humides ; vulve à bords un peu amincis. Ç VIII ^ E. Vulve fermée et à bords minces. $ IX (^ C. Vulve à bords minces, avec un trou médian, du mucus appa- raissant au fond. Les quatre petits laissés à la mère se développent bien. Ç XII his (^ H. Vulve à bords assez minces, avec un trou médian. Chitine. La chitine (élytres d'Atteucus sacer, ailes, tête et autres parties du corps de Libellule) est insoluble dans la solution, au quart saturée et bouil- lante, de carbonate de soude; elle est insoluble, soit à froid et même après vingt-quatre heures de macération, soit à la température de l'ébullition, dans l'acide chlorhydrique à 1/100; mais, dans l'eau de Javel, elle se dissout. Cornes, piquants, plumes, écailles. Des fragments de corne de Bubale, de piquant de Porc-Epic, de plume d'Oiseau (cure-dent), d'écaillé de de Tortue restent insolubles, à chaud comme à froid, dans la solution au quart saturée de carbonate de soude et dans l'acide chlorhydrique à 1/100; dans — 108 — Teau de Javel, ils se dissolvent, avec dégagement de gaz et précipité nuageux ou poussiéreux ; les cellules sont détruites par le réactif. Substances protéiques. Ainsi, le bouchon vaginal, la corne, les piquants, les plumes, les écailles, l'épaisse cuticule stomacale des Oiseaux granivores, la chitine, toutes ces substances se comportent de la même façon en présence 'de ces trois réactifs. Comme elles, l'albumine et le mucus sont solubles dans l'eau de Javel et insolubles dans l'acide chlorhydrique; mais le mucus est soluble dans le carbonate de soude, et l'albumine est soluble dans l'eau pure. 21 novembre. — $ 1 ^ B. Vagin encore ouvert et plein de mucus sanglant. $ II cf B. Vagin encore ouvert, à parois humides; vulve à bords minces. $ VIII (5* E. Vulve fermée et à bords minces. $ IX (^ C. Vulve fermée et soudée. Ç XII bis (^ H. Vulve fermée et soudée, abords minces. Hier, j'ai supprimé un des petits de cette $ ; elle n'a donc plus que quatre nourrissons : un petit à elle et trois étrangers. Substances protéiques. Hier soir, j'ai mis dans l'eau de Javel un mor- ceau de muscle doublé d'une forte aponévrose (fragment de gésier de Pigeon); il s'y est fondu aussitôt. Alors, j'ai mis dans le même réactif, entière et vivante, une jeune Souris âgée de six jours. Loin d'être foudroyée, comme je le supposais, elle s'est débattue assez longtemps dans ce liquide, sans en paraître attaquée. Après sa mort, tous ses poils, longs d'un millimètre environ, ont été rasés : je les ai vus flotter quelques instants dans le liquide et se fondre. Puis, la réaction s'est arrêtée pendant trois heures. C'est évidemment l'épiderme qui résiste (I) et qui protège ce qu'il recouvre. Ce matin, la bête présente une ouverture au flanc, et l'eau de Javel paraît maintenant agir, sur les tissus de l'intérieur, avec énergie : en certains points, les organes sous-jacents ayant été détruits, la peau s'est aff'aissée et ratatinée. Sans doute, l'eau de Javel ayant fini par pénétrer par endosmose à travers la peau, celle-ci aura été tendue jusqu'à crever sous l'eff'ort des gaz dégagés par l'action du réactif, et sa rupture aura laissé la voie largement ouverte à celui-ci. 22 novembre. — $ I c^ D. Le vagin étant toujours ouvert et plein de mucus sanglant, tout à coup, pendant mon examen, il en sort un corps rouge et ensanglanté, bifide, qui n'est autre que l'utérus dévaginé! Quand je le touche avec les pinces, celui-ci se rétracte, et la hernie qu'il fait se réduit un peu. (1) Sans doute à caase do la matière grasse dant il est imprégné. Grâce à cette résistance de l'épiderme vivant, on peut utiliser l'eau de Javel comme substance épilatoire : j'en ai fait l'expé- rience sur moi-même; pour faciliter l'emploi du réactif, je l'avais mêlé à de la poudre de riz, de façon â produire une pâte. — 109 — Cependant, la femelle ainsi atteinte d'inversion utérine reste très vive et ne semble pas souffrir. Quand je la remets en cage, elle traîne après elle, avec son utérus, un amas de graines et de saletés qui se collent à lui. Dans le nid, il y a deux petits, dont un est mort et l'autre froid : je les supprime tous les deux. $ II (5^ B. Vulve à bords amincis, avec trou médian; du mucus dans le vagin. $ yill ^ E. Vulve absolument fermée et soudée. $ IX (j* C. Vulve absolument fermée et soudée. $ XII bis (f H. Vulve fermée et soudée. Ce matin, au quatorzième jour, les petits adoptifs ont les yeux ouverts. Ç I (j* D. A minuit, Ç I a toujours l'utérus dévaginé. La partie de l'organe sortie à l'extérieur est rouge et tuméfiée. La malade a le poil bourru ; elle est froide au toucher : évidemment, elle ne passera pas la nuit. Réactions chimiques. Dans l'eau de Javel, un fragment de tissu grais- seux (tissu sous-cutané de Castor) est entièrement détruit; mais la graisse se rassemble à la surface, en une masse blanche, épaisse, et pleine de petites bulles gazeuses. L'huile à manger, dans le même réactif, est décolorée et décomposée en deux parties qui se superposent : la supérieure simplement huileuse; l'inférieure épaisse, presque, solide, d'un blanc opaque, formant un bouchon entre la partie supérieure et le réactif. Du reste, cette réaction ne s'accompagne ni de dégagement gazeux, ni de production de chaleur. Le Souriceau qui macère depuis avant hier dans l'eau de Javel n'est pas encore entièrement détruit. De tous ses tissus, c'est le tissu osseux qui paraît le plus résistant : exclusivement, sans doute, dans sa partie minérale. Après la réaction de l'eau de Javel sur le blanc d'œuf, le résidu est double. Il comprend une partie plus lourde, qui s'accumule au fond du vase : c'est la seule dont j'aie tenu compte jusqu'à présent; et une partie plus légère, d'appa- rence graisseuse, qui surnage sous forme de grumeaux, ou de membranes épaisses, irrégulières et pleines de bulles d'air. 23 novembre. — Ç I (j* D. $ I est toujours fort malade : elle a toujours une partie de l'utérus saillante à l'extérieur, enflammée, d'un rouge noir. La forme bifide de cette partie de l'organe démontre que son orifice dans le vagin est unique, non double. $ II (5* B. Vulve à bords minces, avec un petit orifice médian. $ VIII (} E. Vulve absolument fermée et soudée. $ IX (5* C. Vulve fermée et soudée, à bords minces. $ XII bis (^ H. Vulve fermée et soudée, à bords minces. 24 novembre. — Ç I J* D. Hier soir, à huit heures, j'ai trouvé la ? morte, dans le nid. La partie herniée de son utérus était enflammée et hypertrophiée ; son vagin s'était en partie étalé à l'extérieur, agrandissant la vulve, et for- mant ime aire glabre autour de son orifice. Tome XLIIl 8 — 110 — A l'autopsie, je trouve deux fœtus à terme, un dans chaque branche uté- rine. Celui de droite est rouge, injecté de sang, et rapproché de la partie lésée; celui de gauche, plus éloigné et normalement coloré. A droite, il me semble C|ue la congestion sanguine affecte l'utérus et les annexes fœtales beaucoup plus que le fœtus lui-même. Je pense que le travail de la parturition avait commencé de ce côté, mais non de l'autre, c[uand l'accident est survenu. Le fœtus près de sortir se présente par le siège; l'autre par la tête. L'invagination utérine est plus considérable à droite qu'à gauche. A droite et à gauche, la lésion commence à deux millimètres environ au-dessus de l'orifice utérin, n'atteignant, dans le vestibule commun aux deux utérus, que la cloison qui les sépare; mais, à droite, elle remonte beaucoup plus haut. Il me paraît évident que l'utérus droit s'est invaginé le premier, et qu'il a entraîné l'autre dans son mouvement. Tous les organes internes autres que l'utérus, même le mésométrium, qui d'ailleurs est très extensible, me parais- sent intacts. Incidemment, je constate que le col utérin, percé d'un seul orifice, est limité, de chaque côté, par un cul-de-sac vaginal profond. $ II (5* B. Vulve grand ouverte, laissant voir du mucus dans le vagin, et à bords minces. $ VIII (^ E. Vulve toujours absolument fermée et soudée. Ç IX (j* C. Vulve absolument fermée et à bords tout à fait minces. $ XII bis (^ H. Vulve fermée, soudée et à bords tout à fait minces. Je sépare la Ç de ses petits et nourrissons, que je laisse avec le i^. Réactions chimiques. Dans l'eau de Javel, l'huile végétale s'est entière- ment décomposée en deux parties : l'une, liquide, plus légère, transparente; l'autre, presque solide, opaque et blanche, avec des bulles de gaz intercalées dans sa masse. Le tissu graisseux a été totalement détruit, en mettant en liberté un résidu qui nage à la surface du liquide, et qui ressemble au produit opaque résultant de la décomposition de l'huile végétale. Enfin, depuis hier, le Souriceau a totalement disparu : au fond du tube, comme il arrive chaque fois qu'un corps protéique est traité par l'eau de Javel, s'est accumulé un précipité solide, tandis qu'un produit graisseux, blanc opaque et rempli de bulles gazeuses, s'est rassemblé à la surface. 25 novembre. — Ç II (j^ B. Vulve ouverte, à bords un peu épais et plissés. $ VIII ^ E. Vulve fermée et collée. $ IX (j* C. Vulve fermée et soudée, sauf un tout petit trou médian plein de mucus. Ç XII bis. Vulve fermée et soudée. Ç XIII (^ D. Je sépare, de ses neuf jeunes compagnes, $ XIII, âgée aujourd'hui de cinquante trois jours, et je l'introduis dans la cage de (^ D. — 111 — Celui-ci lui fait aussitôt la cour, et fort vivement; mais elle ne comprend pas, et elle a grand peur. Sa vulve a l'aspect du repos génital. ^ H. Les quatre petits laissés avec (^ H, leur père naturel ou adoptif, et nés, trois le 8, un le 14 de ce mois, sont bien portants ; mais je ne vois pas encore s.ortir, dans la cage, même ceux qui ont les yeux ouverts : je mets de la poudre Dautreville dans leur nid. 26 novembre. — Ç II i^ B. Vulve au repos, avec un tout petit trou médian. Ç VIII ^ E. Vulve encore fermée et collée. . $ IX (^ C. Vulve fermée, sauf un tout petit trou médian. Je supprime un des petits et j'enlève les trois autres. $ XII bis. Vulve toujours fermée et soudée. Ç XIII (5* D. Vulve fermée et soudée. (^ et $ font bon ménage. (j^ H et jeunes. Des cjiuatre petits laissés avec (^ H, les trois aînés com- mencent à sortir. J'augmente la petite famille de trois des quatre petits, nés le 16 novembre, de Ç IX. $ II (5^ B. Cette après-midi, au dixième jour de la gestation bi-décadaire, je sacrifie $ II. Les renflements utérins qui correspondent aux produits de conception sont gros comme de petits pois, et il y en a quatre de chaciue côté. L'utérus est très contractile. Je mets dans l'alcool le vagin, les deux ovaires et une partie de la branche droite de l'utérus, munie de trois renflements : j'ai détruit le quatrième, en essayant, d'ailleurs sans succès, d'y voir l'embryon. Quant à la branche gauche, elle est utilisée dans l'expérience suivante. Portées des 24 et 26 octobre. (^ K, l'un des neuf jeunes, nés le 24 et le 26 octobre et par conséquent âgés d'un mois, que j'ai laissé grandir dans la même cage, est le sujet de cette expérience. Je l'attache sur la planchette à vivisection, et je lui ouvre l'abdomen : après avoir incisé la peau, je fais, de chaque côté de l'ouverture, un point de suture intéressant à la fois toutes les couches de la paroi abdominale y com- pris la peau, et, fixant les fils de façon à tendre et à soulever le plan muscu- laire mis à nu, j'incise celui-ci. Alors, ayant sacrifié $ II, je détache la branche droite de son utérus, en l'excisant, de chaque côté, au delà et au ras de son renflement extrême, et en prenant en outre la précaution de l'inciser à moitié entre ses deux renflements médians, et je l'introduis ainsi préparée dans la cavité péritonéale de J* K; bien entendu, j'ai évité, autant que possible, de léser les renflements utérins. Cela fait, je noue ensemble les deux fils de suture de façon à rapprocher et maintenir en contact les deux lèvres de l'inci- sion; et, après avoir, avec les pinces, convenablement arrangé et achevé de rapprocher partout celles-ci, j'étends sur la plaie une couche de collodion riciné et iodé. Quand je détache la bête, elle paraît bien vivante. Je l'installe seule dans une cage. 27 novembre. — $ VIII c? E. Vulve toujours fermée et collée. J'isole (^ E, et je le remplace, auprès de ^ VIII, par (^ B. — 112 — Ç IX c^ C. Vulve fermée et soudée. 2 XII bis. Vulve toujours fermée et soudée. $ XIII (^ D. Vulve au repos, fermée, en fente, humide. (^ H et jeunes. Les sept petits confiés à c? H sont toujours bien vivants, les trois aînés tout à fait tirés d'affaire. (^ K. L'opéré vit encore; il a même beau poil, et je le vois manger; mais il est agité d'un tremblement général, qui, sans doute, est le symptôme d'une fièvre intense. (^ E. Je sacrifie (^ E, en lui faisant sauter la tête d'un coup de ciseaux. Son moignon de queue est encore légèrement renflé en massue. A l'extré- mité, un fragment de vertèbre se montre encore à nu; mais il se laisse aisément détacher, et je constate que la peau s'est reformée au-dessous de lui. Les vésicules séminales, blanches comme à l'ordinaire, sont volumineuses et pleines. J'en détache une. En la comprimant successivement du sommet à la base entre les mors plats et lisses d'une paire de pinces, j'amène à l'ouverture une grosse goutte de son contenu épais, et je porte des parcelles de cette goutte, séparément, dans de l'eau distillée, dans du mucus humain (pharyn- gien), dans du blanc d'œuf, et dans de la glycérine. Puis je détache l'autre vésicule, et j'en exprime de même son contenu; mais j'abandonne celui-ci à l'air, en une seule masse, sur une lame de verre. Cette sécrétion adhère énergiquement à tous les corps solides. J'essuie avec soin, chaque fois, les pinces et les aiguilles qui l'ont touchée. Les parties minces de la masse laissée à l'air et la parcelle placée dans la glycérine sont les premières solidifiées; la coagulation de cette dernière est presque instatanée : elle est complète, quand l'intérieur de la masse laissée à l'air est encore plus ou moins fluide. Il est évident que la dessication apporte son coefficient dans le phénomène. Les liquides interposés empêchent la substance coagulable d'adhérer aux corps solides. La substance reçue dans l'eau se divise et s'émiette avec la plus grande facilité : l'eau met obstacle à la coalescence des particules qui se coagu- lent (1). En outre, traitée ensuite par le picrocarminate, la substance ainsi coagulée dans l'eau se colore avec une rapidité et une intensité considérables : ce résultat tient-il à une modification de son état chimique? ou simplement à son état physique de désagrégation? Il est à remarquer que les masses un peu épaisses d'éridine ne se colorent d'abord qu'à la surface (2). (1) Voir, t. XLI, p. 497 et 498, Coagulation dans l'eau, État de désagrégation, Éridine et mucus, Explication. (2) Examinée au microscope, la sécrétion des vésicules séminales se montre, dans ce cas comme dans celui du Cochon d'Inde (t. XLI, p. 488, note 1), formée de petits amas mûriformes ; mais ces amas sont ici plus petits, et rassemblés en groupes plus considérables et mieux liés, ou même, parfois, réunis en masses d'aspect grossièrement fibreux. — 113 — Dans le mucus et dans l'albumine, la substance se prend en masse (1); elle y conserve une certaine élasticité. Du reste, cette élasticité paraît propre à la substance coagulable tant qu'elle n'est pas desséchée : les parties épaisses de la petite masse laissée à l'air la conservent encore, alors que ses parties minces l'ont depuis longtemps perdue; et, d'autre part, les parties coagulées dans l'albumine la perdent dès que je les porte dans la glycérine. La masse solidifiée à l'air est insoluble, même à la température de l'ébulli- tion, dans la solution saturée au quart de carbonate de soude. Elle est égale- ment insoluble dans l'acide chlorhydrique à l/lOO; mais elle gonfle dans cet acide ; et, en gonflant, elle manifeste des lacunes. Vraisemblablement, la subs- tance coagulable se trouve unie, dans la sécrétion des vésicules, à une autre substance, laquelle est soluble dans le carbonate de soude (2), sans doute à du mucus. Comme on pouvait le supposer a priori, la matière est soluble dans l'eau de Javel : elle s'y dissout lentement, sans y laisser de résidu appréciable, mais avec dégagement gazeux. La partie coagulée dans le mucus humain, après avoir été débarrassée du mucus par le carbonate de soude bouillant, fait une jolie préparation : elle se colore avec intensité, mais un peu irrégulièrement; elle a la structure aréolée, et se montre, aux endroits suffisamment minces, décomposée en un réseau de fibrilles et de lamelles fibreuses anastomosées. Pour diminuer son épaisseur, je l'ai comprimée quand elle était encore élastique, et j'ai introduit la glycérine pendant qu'elle était comprimée. Réactions chimiques. Quant on a traité du blanc d'œuf par l'eau de Javel, la partie lourde du résidu, dans la flamme de la lampe à alcool, char- bonne sans flamber; elle laisse des cendres abondantes. Dans la solution de carbonate de soude saturée au Cjuart, et aussi dans l'alcool et l'essence de thérébenthine, à froid, elle se divise et disparaît, en troublant le liquide ; si l'on chauffe alors, le liquide s'éclaircit, et il s'en sépare un dépôt floconneux qui tombe au fond. Dans l'acide chlorhydrique à 1/100, le même produit se ramasse en un tas insoluble au fond du liquide, qu'il ne trouble pas. Il est également insoluble dans l'huile. La partie légère et grasse du résidu s'est prise, en séchant, en une masse dure, jaunâtre. Dans la flamme de la lampe à alcool, elle fond, bout, se gonfle, et flambe en charbonnant. Elle répand d'abord une odeur empyreuma- tique, la même qui se dégage dans la réaction de l'eau de Javel sur l'albu- mine; mais elle sent ensuite la corne brûlée. Elle laisse en abondance des (i) La sécrétion des vésicules séminales du Cochon d'Inde, reçue dans le mucus ou l'albumine, ne s'y comporte pas comme celle de la Souris : elle s'y désagrège (t. XLI, p. 504), Sécrétion reçue dans du mucus). Cette ditférence tient, vraisemblablement, à ce que la sécrétion renferme plus de mucus et moins d'éridine chez le Cochon d'Inde que chez la Souris. (2) Voir la note précédente. — 114 — cendres charbonneuses. Elle se dissout à chaud dans le carbonate de soude, en y formant un nuage qui disparaît bientôt. Elle se dissout rapidement, même à froid, dans l'alcool. Elle est insoluble dans l'acide chlorhydrique à 1/100 : quand ce réactif est porté à l'ébullition, elle fond et se ramasse à sa surface, sans le troubler. 28 novembre.-- $ VIII (^ B. Vulve toujours fermée et collée. Je retire le (^, et je laisse la $ seule. Ç IX J* C. Vulve toujours fermée et soudée. $ XII bis. Vulve fermée et soudée, à bords un peu renflés. Ç XIII (^ D. Vulve fermée et soudée. Je retire (^ D, et je le remplace par (5* B. ^ H et jeunes. Des petits laissés avec ^ H, les trois aînés se développent fort bien; les quatre autres sont bien vivants, mais ils maigrissent. (^ K, Hier, à plusieurs reprises, j'ai vu l'opéré sortir et manger. Indépen- damment du tremblement que je crois être un symptôme de fièvre, il a un hoquet, perceptible à la vue et à l'ouïe, que'je regarde comme un symptôme de péritonite. Cependant, il ne néglige pas sa toilette, et son allure reste vive. Elle est un peu inquiète aussi. Il sort souvent et se met à manger ; mais il abandonne aussitôt son repas. ^ D. Je sacrifie çj* D, par décollation. La plaie de la queue était absolument guérie; le moignon était resté un peu en massue. J'excise une de ses vésicules séminales, et j'applique la surface de section, successivement, sur deux lames de verre, de façon à y laisser adhérer une goutte de sécrétion; je dépose sur chacune de celles-ci une goutte de glycérine picro- carminée, je recouvre d'une lamelle, et je comprime. Je pensais que la glycérine empêcherait l'adhérence de la matière coagulable au verre ; mais il n'en est rien : les liquides, en pareil cas, n'agissent sans doute que passivement, en empêchant la substance adhésive et le corps solide de se toucher, et la glycé- rine, dans le cas actuel, chassée par la compression, n'a pu remplir ce rôle. Ensuite, je reçois dans un verre de montre, contenant du blanc d'oeuf, tout ce qui reste de sécrétion dans les deux vésicules, et j'essaie de la faire coaguler en fibrilles, comme on fait avec la fibrine de sang, en la battant avec une baguette de bois ; mais je ne réussis qu'à empâter la baguette avec une partie de la substance coagulable, et à désagréger le restant dans l'albumine. $ IX (^ C. Alors, je sacrifie (^ C, et je recommence l'expérience, en rem- plaçant la baguette par un pinceau préalablement lavé à l'eau de Javel et à l'eau distillée ; mais j'empâte le pinceau, sans produire le phénomène espéré. Je mets tremper le pinceau dans de l'eau distillée, afin de dissoudre l'albu- mine ; après plusieurs heures de macération, il est encore empâté ; il l'est encore après que je l'ai fait bouillir dans la solution au quart saturée de carbonate de soude. Éridine. Dans la solution au quart saturée de carbonate de soude, je fais bouillir l'une des deux préparations fournies par (^ D ; mais, quand la masse — 115 — se dissout, la lame et la lamelle se détachent, et la partie insoluble est entraînée et se perd dans le vase : la matière était fort peu abondante et étalée en une couche fort mince, dans cette préparation. Ayant réussi à ouvi'ir l'autre préparation sans casser la lamelle, je conserve telle quelle, sous une nouvelle lamelle, la matière adhérente à la lame. Sans doute à cause de la rapidité de sa coagulation, elle se montre à l'état grenu quoique cohérent; en outre, elle contient quelques gouttelettes éparses d'une substance grasse. Quant à la lamelle, je la dépose, avec quelques gouttes de la solution saturée au quart de carbonate de soude, sur une nouvelle lame, et je chauife le tout sur la lampe à alcool. Tout-à-coup, la lamelle est projetée; néanmoins elle a conservé adhérente une petite quantité de substance insoluble, et elle me fournit une deuxième préparation, que je scelle dans la glycérine picrocarminée. La substance insoluble s'y montre élégamment disposée en lames délicates, très chiffonnées, et en fines fibrilles (1). Ainsi, la substance sécrétée par les vésicules séminales contient, d'une part, de la graisse, et, d'autre part, deux substances dont l'aspect est le même, mais dont l'une est dii mucus soluble dans le carbonate de soude, tandis que l'autre, la substance propre du bouchon, est insoluble dans ce réactif, et jouit en outre, comme la fibrine, de la propriété de se coaguler spontanément, avec tendance à la disposition fibrillaire. Fibrine. De même que la substance propre du bouchon vaginal, la fibrine est insoluble, à chaud comme à froid, dans la solution saturée au quart de carbonate de soude et dans l'acide chlorhydrique ; crue ou cuite, elle est soluble dans l'eau de Javel : je fais ces vérifications sur du sang de Souris. Celui-ci, dans les deux premiers réactifs, noircit par la cuisson. 29 novembre. — $ VIII. Vulve fermée. Le ventre grossit sensiblement. 2 IX. — Vulve toujours fermée et soudée. $ XII bis. Vulve ouverte et à bords épaissis. En cas qu'elle ne se trouve pas pleine, je la réunis à (5^ H, dans la cage à bouchons. $ XIII ,^ B. Vulve avec un trou médian et à bords épaissis : le rut ne tardera pas, sans doute. (;^ H et jeunes. Les trois aînés sont fort beaux. Les quatre autres sont étiques; ils n'ont pas encore ouvert les yeux. J'ai retiré (f H pour le réunir à Ç XII bis. Éridine. Dans l'urèthre de chacun des deux (^ sacrifiés hier, ^^ D et (^ C, je recueille un corps solide et moulé, dont la substance a évidemment été fournie par la sécrétion des vésicules séminales. Chez les deux sujets, ce corps remplissait tout l'urèthre membraneux, ainsi que le cul-de-sac formé par l'urèthre au niveau du bulbe, et il s'avançait assez loin dans l'urèthre caverneux. (1) Il me paraît vraisemljlaljle que, dans ce cas, l'éridine était entrée en fusion et s'était étalée en une mince couche homogène, q li s'est ultérieureuent chifTonnée, divisée et étirée en fibrilles, par suite de l'accident subi par la préparation. — 116 - $ XII bis J' H. A une heure de la nuit, $ XII bis a la vulve vide, et il n'y a pas de bouchon sous la cage. Je remets la $ chez elle. $ XIV, Quant à (j* H, je l'installe avec Ç XIV, née le 24 ou le 26 octobre, que je retire de la cage commune. Cette $ a la vulve ouverte et épaissie, et je la suppose en rut. Portées des 24 et 26 octobre. Dans la cage commune, restent seulement sept jeunes. 30 novembre. — Ç VllI. Vulve fermée. Ventre énorme. $ IX. Vulve entr'ouverte ; du mucus dans le vagin. Ç XII bis. Vulve ouverte, à bords épaissis. Ç XIII (5* B. Vulve refermée. $ XIV 1^ H. Vulve ouverte et à bords épaissis, mais pas de bouchon. Jeunes. Un des quatre plus jeunes est mort, et ses trois frères ne valent guère mieux. Ce qui manque le plus à ces petits êtres, c'est l'eau : je mouille, avec les doigts, les parois de leur boîte, et ils se mettent tous à boire. Réactions de l'acide chlorhydrique ordinaire sur diverses substances pro- téiques. En présence de cet acide : 1° Le blanc d'œuf , à froid , est d'abord coagulé, puis dissous. La solution est alors incolore; mais, quand je la chauffe jusqu'à l'ébuUition, elle devient brun acajou par transparence, et bleu violet par réflexion. 2° Des fragments de membranes coquillières d'œuf de Poule et d'œuf de Cro- codile ne se dissolvent ni à froid, ni à la température de l'ébuUition; mais, à cette température, le réactif et les membranes prennent une très légère teinte brun jaune, peut-être à cause de l'albumine qu'elles retiennent dans leurs tissus. Un œuf de Raie se comporte de même, en donnant plus nettement au réactif la couleur regardée comme caractéristique de la réaction de l'albumine (1). Ces trois membranes, surtout celle de Raie, se sont considérablement ramollies. 3" La chitine (une élytre de Atteucus sacerj ne s'est même pas ramollie à la température de l'ébuUition. 4° Des fragments de piquant de Porc-Épic et de plume d'Oiseau (un cure- dent) sont restés insolubles à froid et à chaud; mais ils se sont beaucoup ramollis et déformés , et le liquide , à la température de l'ébuUition , a pris , quoique avec peu d'intensité, la couleur regardée comme caractéristique de la réaction de l'albumine. 5° Le mucus humain, à froid, se contracte énergiquement, sans doute en per- dant son eau, et il se réduit à presque rien ; à chaud, il se dissout entièrement. 6° Un bouchon vaginal de Souris, à froid, se gonfle sans se dissoudre; à chaud, il gonfle encore, mais ne se dissout pas davantage. De sa surface se (1) « L'acide chlorhydrique concentré dissout l'albumine en développant cette couleur bleue- violette si caractéristique ». Cahours, Traité de Chimie générale élémentaire, 2° édit , t. III, 1860, p. 607. — 117 — détachent de fines lamelles : je fais de celles-ci une préparation , colorée à réosine, et je constate qu'elles ne sont que des débris de l'enveloppe épider- mique du bouchon. En outre, certaines parties du bouchon prennent une co- loration foncée; mais c'est là un point que j'étudierai mieux demain, au jour. 7° Un morceau de cuticule superficielle du gésier de Pigeon, à froid, ne se dissout pas : il devient d'abord transparent, puis il prend une teinte foncée, qui rappelle celle de la réaction de l'albumine; à chaud, il semble diminuer de volume, soit par dissolution partielle, soit par ratatinement ; il conserve sa couleur. 1er décembre. — $ VIII. Vulve fermée et soudée. ^ IX. Vulve absolument fermée et soudée. Ç XII bis. Vulve largement et profondément ouverte. $ XIII (} B. Vulve presque fermée, en fente transversale étroite. $ XIV (^ H. Vulve encore ouverte et à bords renflés, mais vide. (^ K. L'opéré va fort bien; son ventre semble grossir. Jeunes. Les trois plus jeunes sont morts, émaciés ; un seul d'entre eux avait ouvert les yeux. Les trois de la portée du 8 novembre se portent bien. Réactions de l'acide chloi'hydrique ordinaire sur diverses substances pro- téiques. Le bouchon vaginal de la Souris qui a bouilli dans l'acide chlorhy- drique ordinaire a pris une teinte générale bleu violet; mais, au bout profond et au centre, il présente des taches intenses de cette couleur, comme des taches d'encre. La matière ainsi colorée s'isole aisément : j'en fais une prépa- ration, et je constate qu'elle est formée par des amas de spermatozoïdes. Or, ceux-ci sont incolores. La couleur des tâches, regardée comme caractéristique de la réaction de l'albumine, est celle d'une substance qui les accompagne, évidemment celle du liquide spermatique. D'ailleurs, par leur situation, ces taches correspondaient bien exactement aux grandes lacunes du bouchon. La teinte générale du bouchon indique aussi la présence d'une légère quantité d'albumine, ou de mucus, éparse dans sa masse. J'ai dit ou de mucus. Je prends une certaine quantité de mucus humain , et, l'ayant réduit par ébullition à la moitié environ de son volume primitif, je verse sur lui de l'acide chlorhydrique ordinaire; puis je chauffe le tout jusqu'à l'ébuUition. Le liquide, alors, avec intensité, prend la coloration dite carac- téristique de l'albumine : bleu violet à la lumière réfléchie, brun acajou par transparence. Du bouchon de Souris bouilli dans l'acide chlorhydrique, j'ai fait des prépa- rations colorées à l'éosine : a) de l'enveloppe, b) du contenu des lacunes, c) de la substance propre débarrassée du mucus (I). (1) Dans cette dernière ppéparation, la structure aréolée et fibrillaire de l'éridine est on ne peut plus nette. — 118 — J'ai fait aussi trois préparations, colorées à l'éosine, de la cuticule du gésier de Pigeon bouillie dans le même réactif (1). 2 décembre. ■ — Ç VIII. Vulve fermée. Ventre de plus en plus énorme. 2 IX. — Vulve absolument fermée et soudée. Le ventre paraît grossir. Ç XII bis. Vulve encore largement et profondément ouverte. $ XIII (^ B. Vulve absolument fermée et soudée. $ XIV (^ H. Vulve encore grand ouverte mais vide. 3 décembre. — $ VIII. Ce matin, à dix heures, Ç VIII est occupée à mettre bas : elle a déjà deux petits. $ IX. Vulve absolument fermée et soudée, et à bords minces. Le ventre grossit. $ XII bis. Vulve encore ouverte, à bords minces. Je donne à cette $ un jeune (^, né le 24 ou le 26 octobre, soit c^ M. $ XIII (^ B. Vulve fermée sauf un trou médian, et à bords minces. $ XIV (^ H. Vulve fermée sauf un trou médian, et à bords minces. Je retire (5* K. L'opéré est en bonne santé; mais il s'étire souvent les membres, comme au début de la péritonite; en outre, ce matin, il fait entendre comme un bruit de hoquet. Portées des 24 et 26 octobre. Dans la cage commune, dont je viens de retirer (^ M, il n'y a plus que six jeunes. Ç VIII. Aune heure de l'après-midi, Ç VIII a cinq petits, et elle a la vulve presque entièrement refermée, mais à parois épaisses. Je supprime un des petits, et je réunis (5^ H à la famille. Réaction de l'eau de Javel sur les substances protéiques. Après avoir rejeté les graisses qui surnagent, j'examine le résidu lourd, qui s'est accumulé au fond du liquide, après la disparition totale du Souriceau dans l'eau de Javel : je n'y trouve plus trace d'éléments anatomiques. Sperme humain. Hier soir, du sperme humain, recueilli dans le vagin aussitôt après le coït, a été traité par l'acide chlorhydryque ordinaire ; en présence de ce réactif, il s'est comporté comme du mucus : à froid, il s'est (1) Sur ua fragment étalé à plat, la cuticule se montre divisée, par des cloisons épaisses, d'appa- rence fibreuse, anastomosées les unes avec les autres, en compartiments allongés, décomposés à leur tour, chacun, par des cloisons transversales plus fines, en une série d'alvéoles assez irréguliers ; dans ces alvéoles, la substance a l'aspect d'un peloton de fibrilles. Du reste, toute la substance n'est pas à l'état fibreux ou fibrillaire; on la voit aussi sous la forme de granulations, libres ou confluen- tes, de sphères plus ou moins grosses renfermant elles-mêmes des granulations et des sphères plus petites, et d'ampoules donnant naissance à des fibres ou à des paquets de fibrilles. Ces ampoules paraissent appendues aux cloisons, et elles semblent fournir la charpente fibreuse de celle.s-ci. Entre les sphères et les ampoules, comme entre les ampoules et les pelotons de fibrilles qui remplissent les alvéoles, on observe toutes les formes de transition. — 119 — contracté et épaissi; à chaud, il s'est ontièremont dissous, et le liquide a pris la même teinte foncée qu'avec le blanc d'oeuf. Aujourd'hui, au fond du liquide, il n'y a pas de dépôt sensible; j'y trouve, cependant, des cellules d'épithélium vaginal, et j'y crois reconnaître aussi des débris de spermato- zoïdes et des sympexions. Le sperme a été trop dilué. Pour isoler des sym- pexions en quantité suffisante, il faudrait pouvoir opérer sur le contenu entier des vésicules séminales d'un Homme. Réactions de l'acide azotique ordinaire sur diverses substances pro- téiques. En présencs de cet acide : l" Le blanc d'œuf, à froid, est coagulé et coloré en jaune intense; à chaud, il est entièrement dissous. 2° Le mucus humain (pharyngien), à froid, se contracte et s'épaissit, en prenant, quoique avec moins d'intensité, la même teinte jaune que l'albumine; à chaud, il se dissout. 3° Les membranes coquillières d'œuf de Poule et d'œuf de Crocodile, à froid, l'estent insolubles et se colorent en jaune comme l'albumine; elles se dissolvent entièrement à chaud. 4° La coque fibreuse d'œuf de Raie, à froid, n'est pas dissoute, et sa couleur est éclaircie ; à chaud, elle se dissout entièrement. 5» La chitine (tête et corselet de Atteucus sacer), à froid, est insoluble; à chaud, elle se dissout entièrement. Tandis que, dans les réations précédentes, les vapeurs dégagées par l'acide chauffé étaient blanches, dans celle-ci elles sont rutilantes; en outre, le liquide prend une teinte rouge orangé foncé (1). 6° Un bouchon vaginal de Souris, à froid, reste insoluble et jaunit un peu; à chaud, il se dissout entièrement. La réaction, dans le cas actuel, est plus lente que dans les cas précédents : ce qui tient, sans doute, à ce que la subs- tance azotée est plus dense et moins divisée, dans le cas du bouchon. Les vapeurs dégagées par l'acide sont blanches. 7° Un fragment de la cuticule superficielle du gésier de Pigeon, à froid, gonfle sans se dissoudre ni se ramollir sensiblement ; à chaud, il se dissout entièrement, en dégageant des vapeurs rutilantes d'acide hypoazotique (2). 8° Un morceau de piquant de Porc-Épic et un fragment de plume d'Oiseau (un cure-dent) sont insolubles à froid, et se dissolvent entièrement à chaud ; il se dégage des vapeurs blanches. 4 décembre. — $ VIII (^ H. Cette nuit, vers une heure, $ VIII avait le vagin presque entièrement fermé; mais j'y ai trouvé dedans des spermato- (l) Voir la note ci-dessous. (•2) Soupçonnant ces vapeurs d'être dues à l'action de l'alcool dans lequel avait baigné et qui avait imprégné cet organe, je verse un peu d'alcool au tiers dans l'acide azotique chaud : aussitôt, violente effervescence, avec dégagement de vapeurs rutilantes. — 120 - zoïdes; ceux-ci, d'ailleurs, étaient fort peu nombreux. Il est évident que cette $ s'était accouplée et venait d'éliminer son bouchon. Ce matin, elle a la vulve fermée et soudée. Les quatre petits vont bien. $ IX. Vulve absolument fermée et soudée et à bords minces. Je réunis à cette Ç un jeune ^ que je retire de la cage commune, soit cf 0, né le 24 ou le 26 octobre. $ XII bis ^ M. Vulve ouverte, à bords assez épais. Ç XIII (j* B. Vulve fermée et soudée. Ç XIV. Vulve complètement fermée. Je réunis à cette $ un jeune J*, soit (^ N, né le 24 ou le 26 octobre, que je retire de la cage commune. Portées des 24 et 26 octobre. Dans celle-ci, il ne reste donc plus que quatre sujets, deux ^ et deux $ . 5 décembre. $ VIII (^ H. Vulve fermée et à bords minces. Hier soir, vers minuit, cette $ avait le vagin ouvert, et, dedans, il y avait un liquide dont j'ai fait une préparation (1). Je retire J* H, et je le remplace par (^ N. Ç IX (5* 0. Un petit orifice au milieu de la vulve. Ç XII bis (5* M. Vulve ouverte, humide, à bords minces. Ç XIII ^ B. Vulve fermée et soudée. $ XIV 1^ N. Vulve encore ouverte et à bords épais. Je remplace de nou- veau ^ N par (5* H. ^ K. L'opéré se porte bien. Il se tient très propre ; mais il reste presque constamment au repos, dans le nid ; et il mange peu. Il semble arrêté dans sa croissance : quand il a été opéré, il était le plus gros de sa portée; il en est maintenant le plus petit; ses frères paraissent à peu près adultes. Quand il mange, il ne prend pas la même position que les autres : il se tient beaucoup plus accroupi, et ses pieds postérieurs sont ramenés beaucoup plus en avant. Dans certaines positions, ses flancs présentent des saillies anormales. Enfin, il s'étire fréquemment, ce qui me laisse croire qu'il se fait un travail inaccou- tumé dans son péritoine : dans deux cas, j'ai déjà observé ce symptôme, qui m'a paru caractériser le début de la péritonite. ? VIII (j* N. Ce soir, vers neuf heures, ce (^ se montre fort gai, gambadant et exécutant sur place des sauts de mouton. Il a aussi des velléités erotiques; mais il se fait fustiger par la $ . Ce matin, celle-ci l'a accepté sans difficulté : à peine depuis quelques instants dans la cage, il s'était installé dans le nid, au milieu des petits, pendant que la Ç prenait ses ébats au dehors. 6 décembre. — Ç VIII (^ N. Les petits sont tous morts de mort violente : (1) Dans cette préparation, je vois : une substance granuleuse, produite vraisemblablement par la coagulation d'un liquide albumineux, de provenance utérine; d'innombrables leucocytes, qui sans doute nageaient dans ce liquide; d'assez abondantes cellules pavimenteuses, d'origine vaginale ; enfin quelques rares débris de spermatozoïdes. — 121 — je trouve leurs cadavres, en partie mangés. C'est donc cela, que le J* était si gai hier soir : il fêtait sa victoire! La vulve delà $ est absolument fermée et soudée. $ IX (j* 0. Vulve fermée, à bords plissés, mais peu épais, et laissant voir, par un petit orifice, du mucus plein le 'vagin. Ç XII bis (^ M. Vulve grand ouverte, mais à parois humides, pâles et fort peu épaisses. Cette $ n'a pas l'air pleine. $ XIII (^ B. Vulve entrouverte, en fente, à bords minces. $ XIV (^ H. Vulve ouverte, à bords irrégulièrement épaissis. (5* K. L'opéré a une tumeur manifeste dans le flanc gauche. Du reste, il paraît très bien portant. Portée du 8 novembre. Parmi les trois petits nés à cette date de $ VIII, il y a un (^ et deux $ . Bien qu'ils soient âgés d'un mois, il n'est pas encore absolument facile de distinguer leurs sexes. 7 décembre. — Ç VIII (^ N. Vulve à bords minces et pâles, fermée mais non soudée ; du mucus dans le vagin. Cette $ est maigre et chétive : elle a été fatiguée par ses gestations successives. $ IX (5* 0. Vulve fermée et soudée. Ventre énorme. $ XII bis c? M. Vulve grand ouverte, à bords minces. Cette $ n'était décidément pas pleine. Je remplace auprès d'elle ^ M par (^ B. $ XIII 1^ B. Ç XIII a un bouchon, très net, dans le vagin. Je la place dans la cage à bouchons. Ç XIV (5* H. Vulve ouverte, à bords pâles et peu épais. (5* K. La gestation du ^ opéré devient nettement apparente à l'extérieur. La santé reste d'ailleui^s excellente. Ce soir, vers dix heures, ce sujet se montre d'une gaieté qui m'inquièto : je crains qu'il ne résorbe les foetus; il court et gambade comme faisait ^ N, le soir où il massacrait les petits de sa $ . Ç XIII. A neuf heures, le bouchon de ^ XIII était encore en place. En pressant sur lui avec une pipette, j'ai fait sourdre et j'ai ramené une grosse goutte d'un liquide plein de spermatozoïdes et d'éléments cellulaires. Les spermatozoïdes sont immobiles : ils ont donc toujours cessé de vivre le len- demain du coït! (I). A minuit seulement, et à grand peine, je réussis à extraire le bouchon. La bête se laisse faire avec une douceur et une patience extraordinaires : quand je lui donne du répit, elle reste et se couche dans ma main! Une grosse goutte de liquide s'étant présentée à l'orifice vulvaire, je l'examine : elle ne contient (1) De nombreux spermatozoïdes et d'abondantes leucocytes, empâtés dans une substance granu- leuse, le tout provenant sans aucun doute de l'utérus, et des cellules pavimenteuses, d'orig-ine va- ginale : tel est le contenu de cette préparation. — 122 — presque plus d'éléments anatomiques; de spermatozoïdes, il n'y a plus que des têtes! Ces éléments s'altèrent donc bien vite dans le vagin! Je recueille le bouchon et je le mets dans l'alcool. Quand il était déjà entièrement libre dans sa partie profonde, il restait encore attaché au bord de la vulve. Je mets ensemble $ XllI et cj* M. 8 décembre. — V VIII (^ N. Vulve fermée et soudée. $ IX cf 0. Vulve fermée et soudée. Ventre énorme. $ XII bis (5* B. Vulve fermée et soudée. $ XIII 1^ M. Vulve déjà rétrécie et à bords minces. Ç XIV (} H. Vulve à bords minces, avec un tout petit trou médian. ^ K. Toujours bien portant. Il a des grosseurs, peu considérables mais incontestables, dans les flancs. Il continue de s'étirer le tronc et les membres postérieurs. 9 décembre. — ^ VIII (^ N. Vulve fermée, soudée et peu apparente. $ IX (5* 0. Vulve toujours fermée. Ventre de plus en plus énorme. Ç XII his (^ B. Vulve fermée, soudée, à peine apparente. $ XIII ^ M. Vulve à bords minces, avec un trou médian. $ XIV (^ H. Vulve complètement fermée et soudée. $ XV ç^ P. Avec ces deux sujets, nés le 24 ou le 26 octobre, que je retire de la cage commune, je forme un nouveau couple. La vulve de la Ç est soudée, mais à bords très renflés. Ç XVI (^ Q, Ces deux sujets, nés aussi le 24 ou le 25 octobre, restent seuls dans la cage commune, et forment égalemeni un couple. La $ a la vulve complètement fermée et soudée, et à peine apparente. (^ K. L'opéré va toujours bien, et ses grosseurs prennent de la netteté! 10 décembre. — Ç VIII (^ N. Vulve fermée et peu apparente. Ç IX (;f 0. Vulve toujours fermée. $ XII his (^ B. Vulve ouverte et à bords plissés, quoic^ue assez peu renflés. Cette $ a-t-elle eu ou va-t-elle avoir un bouchon? Ç XIII ^ M. Vulve encore ouverte, à bords minces. $ XIV ^ H. Vulve complètement fermée et soudée. $ XV (5* P. Vulve fermée et soudée, en fente transversale. $ XVI (^ Q. Vulve fermée et à peine apparente. cf K. L'opéré est toujours bien portant et vif. A trois heures de l'après-midi, je le sacrifie, en le noyant. Je l'ouvre et le mets en alcool, renvoyant son autopsie à demain. 11 décembre. — $ VIII (j* N. Vulve toujours fermée et peu appa- rente. $ IX [f 0. Vulve toujours fermée. Je n'ai jamais vu ventre aussi gros que celui de cette $ : je crains que ses utérus ne soient rompus ou ne se rom- pent ! Et voilà que, à l'instant, elle me glisse des mains et tombe de leur hauteur sur le parquet ! — 123 — $ XII bis (^ B. Ce matin, cette $ a un bouclion vaginal en place. Je lui e nlève le très adulte ^ B, et je le remplace par ^f P. Ç XllI (^ M. Vulve fermée et soudée. $ XIV (j* H. Vulve complètement fermée et soudée. $ XV (^ P. Vulve encore fermée, mais humide et à bords épaissis. Je substitue, auprès de cette Ç , (j* B à (5* P. $ XVI (^ Q. Vulve toujours fermée et à peine apparente. Autopsie de (? K. Dans le bas-ventre, du côté gauche, il y a une tumeur cylindrique rénifornie, d'environ dix millimètres de long sur quatre de large. Elle est adhérente, par plusieurs points, à des anses de l'intestin, au mésentère et à la paroi abdominale. Du côté droit, les organes génito-urinaires sont absolument respectés ; mais une anse de l'intestin est fixée, à la fois et immédiatement, à la tumeur et à la paroi abdominale. Je coupe ces adhérences : les organes génito-urinaires du côté gauche se trouvent alors complètement dégagés, et ils se montrent aussi en parfait état. La tumeur reste encore adhérente à trois anses intestinales. Je la fends en long, d'un trait de scalpel : elle ne contient rien qui ressemble à un fœtus. Elle est dure, résistante, et elle présente des cavités irrégulières, qui correspondent sans doute aux ovules. Cette tumeur représente, greffé et peu modifié, le fragment d'utérus gravide introduit dans l'abdomen de ce sujet; je suis persuadé qu'il vivait encore, tout à l'heure, quand celui-ci a été sacrifié. En tout cas, les ovules ne se sont pas développés. Je referai l'expérience avec des ovules plus jeunes. $ IX c? 0. Ce soir, à neuf heures, $ IX n'avait pas encore mis bas; à une heure et demie du matin, elle a dix petits, tous bien vivants. $ XII bis (^ P. Ce soir, vers dix heures, j'ai fait sortir du vagin et j'ai recueilli le bouchon de $ XII bis. 12 décembre. — Ç VIII i^ N. Vulve toujours fermée et peu apparente. $ IX (^ 0. Un des petits a été totalement mangé, d'autres sont blessés, d'autres ont été dispersés et sont refroidis : sur dix, il y en a deux de morts. Je retire les morts et les plus maltraités, et j'en laisse seulement six, en ayant soin de les rassembler en un seul tas. En outre, je retire (^ 0, que j'installe provisoirement seul. $ XII bis (5* P. Vulve ouverte, à bords minces. $ XIII (^ M. Vulve fermée et soudée, très réduite, mais humide. $ XIV (^ H. Vulve ouverte, humide, à bords très minces. $ XV (^ B. Vulve fermée, humide, mais élargie et à bords épaissis. Ç XVI c? Q- Vulve fermée et à peine apparente; au centre, comme de très petites pellicules. Fibrine et acide azotique. Dans l'acide azotique ordinaire, du sang coagulé de Souris, à froid, noircit mais ne se dissout pas; à chaud, il se dissout entièrement, et le liquide prend la couleur dite caractéristique de l'albumine. — 124 — Du reste, l'acide azotique à chaud, comme l'eau de Javel à froid, dissout ou détruit tous les tissus animaux et toutes les substances protéiques : je lui fais dissoudre une Souris adulte entière. Le cerveau est la partie qui résiste le plus longtemps à son action, vraisemblablement à cause de la quantité de corps gras qui entre dans sa composition. A un moment donné, sans doute quand les tissus osseux sont atteints par le réactif, il se produit une effervescence considérable. Parfois, mais de façon intermittente et accidentelle, il y a déga- gement d'acide hypoazotique. Ç XIII (^ M. Vers trois heures de l'après-midi, je sacrifie Ç XIII, au sep- tième jour après le coït (1), et j'introduis son utérus droit tout entier dans la cavité péritonéale de (^ M. Celui-ci est laissé seul, après l'opération. $ IX. Vers cinq heures, je ne trouve plus, dans le nid et rassemblés sous la mère, que cinq petits; je ne sais ce qu'est devenu le sixième, qui d'ailleurs paraissait mourant ce matin. 13 décembre. — ? VIII (^ N. Vulve toujours fermée et peu apparente. $ IX. Vulve ouverte; des caillots de sang ou des lambeaux d'arrière-faix dans le vagin. Hier, à deux reprises, j'ai réuni Ç IX à (j* H dans la cage à bouchons; mais, comme elle ne paraissait nullement en rut, et que même sa vulve était refermée et soudée, je l'ai laissée la nuit avec ses petits. Les cinq qui restent de ceux-ci sont bien vivants; plusieurs portent cependant des traces de morsures. $ XII bis (^ P. Vulve à bords minces, avec un trou médian. $ XIV c? H. Vulve fermée et soudée. $ XV fj* B. Vulve très élargie et à bords très épais, ouverte. Cette $ s'accouplera sans doute aujourd'hui. Ç XVI (5* Q. Vulve encore fermée et peu apparente, avec de petites pelli- cules au centre. 14 décembre. — $ VIII ^j* N. Vulve toujours fermée et peu apparente. $ IX. Hier, de cinq heures du soir à une heure du matin, j'ai réuni cette Ç à (^ H, dans la cage à bouchons; mais je n'ai vu de bouchon ni dans le vapin de la Ç, ni sous la cage. Aujourd'hui, la vulve de cette $ ne présente qu'un petit orifice médian, laissant voir du mucus dans le vagin, et elle a les bords minces. Les cinq petits restants s'élèvent bien. $ XII bis (^ P. Vulve à bords minces, avec un trou médian. $ XIV (^ H. Vulve fermée et soudée. ? XV (^ B. La nuit dernière, vers une heure, Ç XV avait un bouchon dans le vagin. Il est à remarquer que, chez les Ç qui n'ont pas encore reproduit, le bouchon est toujours très net, arrivant jusqu'à la vulve, qu'il (1) Cette O n'avait vraisemblablement pas été fécondée : elle ne présentait pas les renflements utérins caractéristiques du septième jour de la gestation. — 125 — remplit et dilate. Ce matin, le l)ouchon est encore en place. Je substitue, auprès de cette ? , c? Q à c? B. Ç XVI (^ Q. Vulve fermée, soudée, et peu apparente. Je remplace, auprès de cette ^ , c? Q par c? B. 5 XV cf Q. Cette après-midi, j'avais mis Ç XV, seule, dans la cage à bouchons. Vers dix heures du soir, elle avait encore le bouchon en place ; mais j'ai pu l'extraire et le recueillir, en pesant sur les bords de la vulve. Cette fois, à la chute du bouchon, aucun liquide ne s'est écoulé : l'utérus, sans doute, s'était déjà vidé. Je frotte le bouchon frais sur une lame de verre, et je fais une préparation des particules qu'il y laisse adhérer. Cette préparation contient surtout des cellules pavimenteuses cornées, détachées de l'enveloppe du bouchon; on y voit aussi, empâtés dans une substance très finement gra- nuleuse et colorée en rose par le picrocarminate , c'est-à-dire dans un coagulum alhumineux, c[uelques amas de spermatozoïdes pour la plupart réduits à leur segment céphalique : ces éléments sont bien rapidement détruits, dans le processus d'élimination du bouchon! Je transporte Ç XV, non plus dans sa cage avec (^ Q, mais auprès de (^ M. (^ M. Le nouvel opéré n'a présenté aucun symptôme de péritonite, et il n'a pas cessé de manger. Je le trouve si bien portant, que je lui donne une com- pagne, $ XV, dont je viens de recueillir le bouchon. Il l'accueille bien, et il lui flaire la vulve, comme s'il avait des velléités erotiques. 15 décembre. — Ç VIII ç^ N. Vulve toujours fermée et peu apparente. Ç IX. Vulve grand ouverte, mais à bords minces. $ XII bis (^ P. Vulve encore à bords minces, avec un trou médian. Ç X.IV (^ H. Vulve toujours fermée et soudée. $ XV cf M. Vulve fermée et soudée, sauf un tout petit trou médian. L'opéré est bien portant. (5^ et $ sont tout à fait bons amis. $ XVI cf B. Vulve fermée, soudée et peu apparente. 16 décembre. — $ VIII <^ N. Vulve toujours fermée et peu apparente. Ç IX. Vulve tout à fait fermée et soudée, et à bords minces. Ç XII bis (^ P. Vulve à bords minces, avec un trou médian. $ XIV <$ H. Vulve fermée, soudée, à peine apparente. Ç XV c? M. Vulve à bords très minces, avec un petit trou médian. L'opéré, très vif. $ XVI ^ B. Vulve toujours fermée, soudée, et peu apparente. $ XVII (^ 0. Dans la cage de (^ 0, je mets Ç XVII, un nouveau sujet, à peu près adulte, que j'ai acheté au Marché aux Oiseaux. Sa vulve est fermée et soudée, mais à bords épaissis. $ XVI II (j* Q. Dans la cage de cf Q, je mets $ XVIII, un autre sujet acheté aussi au Marché aux Oiseaux. Ç XVIII a la robe noire, ou plutôt brun foncé. Elle paraît adulte. Sa vulve paraît fermée et soudée, avec un trait de sang dans la fente. Tome XLIII 9 — 126 — 17 décembre, — Ç ^'^H c? N. Vulve toujours fermée et peu apparente. 2 IX. Vulve tout à fait fermée et soudée, et à bords minces. Ç XII bis (^ P. Vulve tout à fait fermée et soudée. $ XIV (^ H. Vulve fermée, soudée, à peine apparente. Ç XV (^ M. Vulve fermée et soudée. Je vois quelquefois l'opéré s'étirer; mais il ne le fait que rarement et faiblement. Ç XVI (^ B. Vulve fermée et soudée, mais, à présent, parfaitement appa- rente. Ç XVII (^ 0. Vulve parfaitement fermée et soudée. Ç XVIII (^ Q, Vulve fermée et soudée. $ XII bis (^ P. Dans la journée, je sacrifie Ç XII bis. Elle est au huitième jour de la gestation normale. Elle a huit renflements utérins : trois à droite, cinq à gauche. Ils sont plus gros que des grains de millet. Je transporte l'utérus gauche dans la cavité abdominale de c? P; j'ai pris soin, au préalable, de le diviser en trois morceaux : un médian, avec trois, et deux latéraux, chacun avec un seul des cinq renflements. Après l'opération, cf P ne paraît pas trop malade. Je l'installe seul dans une cage. Quelques instants après, je le vois se promener et manger. 18 décembre. — 2 VIII J^ N. Vulve toujours fermée et peu apparente. Cette Ç est pleine, $ IX. Vulve tout à fait fermée et à bords minces; une pellicule à l'entrée. $ XIV (^ H. Vulve toujours fermée, soudée, et à peine apparente. Je crois cette $ pleine. Ç XV (^ M. Vulve fermée, soudée, et peu apparente. $ XVI (^ B. Ce matin, $ XVI a im gros bouchon dans le vagin. Je la transporte dans la cage de J* P. Malgré son opération d'hier, celui-ci me paraît assez bien portant pour recevoir une compagne; et, en effet, il se met aussitôt à lui faire la cour et à lui lécher la vulve. $ XVII (j* 0. Vulve fermée et soudée, sauf un petit trou médian. Je trans- porte cette $ dans la cage de (^ B. -$ XVIII (^ Q. Vulve fermée et soudée, un peu humide. Portée du 8 novembre. Dans la cage de (} 0, resté seul, je transporte une jeune Ç de la portée du 8 novembre, soit $ XIX. Cette Ç a la vulve entr'ouverte et épaissie. Des petits nés, de $ VIII, le 8 novembre, reste un couple, soit $ XX ^ R. Quand je veux examiner la $, elle me mord : je la corrige. Sa vulve est ouverte, à bords minces. $ VIII c? N et $ XV cj* M. Cette après-midi, je transporte $ VIII dans la cage de (j* M, à la place de Ç XV. Je sacrifie celle-ci, au sixième jour depuis le coït, et je transporte son utérus droit dans la cavité abdominale de (^ N. Je ne sais, d'ailleurs, si la $ avait été fécondée : je n'aperçois aucun renflement dans ses utérus. En outre, cette fois, je n'ai pas réussi, après — 127 — l'opération, à rapprocher convenablement les lèvres de la plaie : l'intestin et peut-être le fragment d'utérus faisant lég'èrement hernie entre les points de suture, j'ai tout enduit de coUodion. Je ne conserve que l'utérus gauche et les ovaires de la $ sacrifiée. Je fais une préparation de son épithélium vaginal (1), Ç XVI (^ p. Ce sou-, à dix heures et demie, $ XVI, qui vient de passer six heures dans la cage ad hoc, a encore son bouchon en place; je renonce à recueillir celui-ci, et je la remets dans sa cage, avec son cf. 19 décembre. — $ VIII (^ M. Vulve fermée. Ventre de plus en plus gros. $ IX. Vulve tout à fait fermée et à bords minces. Je supprime les cinq petits de cette Ç , et je mets (j* H avec elle. $ XIV (j* H. Vulve fermée. Cette $ est pleine. Je lui retire (^ H, et je le remplace auprès d'elle par ^ 0. Celui-ci vient de faire ses preuves. V XVI (5* P. Vulve entr'ouverte, plissée, humide. Le bouchon est tombé cette nuit : j'en retrouve des débris reconnaissables dans le coton du nid. $ XVII (} B. Vulve à bords épaissis, avec une ouverture médiane. 2 XVIIl (j^ Q. Vulve fermée, plissée, humide. Ç XIX (^ 0. Un bouchon dans la vulve. Je sépare le couple : je donne c? à $ XIV, et ? XIX à d* N, l'opéré d'hier. $ XX ^ R. Pendant le pansement, Ç XX se sauve sous les meubles. 20 décembre. — $ VIII ç^ M. Vulve toujours fermée. $ IX (5* H. Vulve tout à fait fermée et soudée, avec une petite pellicule au centre. $ XIV (^ 0. Vulve à bords minces, avec un tout petit trou médian. Gros- sesse de plus en plus manifeste. $ XVI (^ P. Il reste encore un trou au milieu de la vulve; mais celle-ci a les bords amincis. $ XVII (^ B. Vulve un peu ouverte, à parois très épaisses, à surface humide. $ XVIII c? Q. Vulve à bords faiblement épais, en fente fermée, d'appa- rence humide. $ XIX (^ N. Vulve soudée, en fente tranversale, à bords encore un peu épais. L'opéré a un point en suppuration, au centre de sa plaie. ? XX cf R. Hier, j'ai rattrapé cette $ : j'avais mis son nid auprès du meuble (1) Cette préparation a été faite par le procédé de la demi-dessication : le vag-ia, ouvert et appliqué par sa face interne sur une lame de verre, puis enlevé quand il commençait à y adhérer, y a laissé une partie de son épithélium ; elle a été ensuite colorée au picrocarminate. Elle aion<-re que les cellules stratifiées composant l'épithéhum vagmal de ce sujet étaient à «■e moment très irrégulière- ment disposées et très variables de forme et de taille : petite? ou géantes, étroitement cyUndriques, largement polygonales ou globuhuses ; et que la plupart d'^rtitre elles se trouvaient atteintes, d'ailleurs à des degrés très divers, de dégénération muqueuse; Elle ne contient pas de cellales régu- lièrement caliciformos. — 128 — sous lequel elle s'était réfugiée, et elle y est entrée, quand elle a voulu se seposer. 21 décembre. — $ VIII (^ M. $ VIII a commencé à mettre bas : je trouve sous elle un petit à moitié dévoré; elle ne fait d'ailleurs que commencer, car elle a encore le ventre fort gros. Je la réunis à (5* B, et je mets à sa place, auprès de J* M, Ç XVII, actuellement munie d'un bouchon vaginal. $ IX cf H. Vulve fermée, soudée, à bords minces. $ XIV ,^ 0. Vulve à bords minces, avec un tout petit trou médian. $ XVI c? P- Vulve fermée, soudée, minuscule. Le (^ opéré, fort bien portant. Ç XVII (} B. Un beau bouchon dans la vulve. Je substitue à cette $ , auprès de (j* B, $ VIII, qui est en train de mettre bas. $ XVni (^ Q. Vulve fermée, à bords un peu plissés. Cette $ paraît pleine : elle l'était donc quand je l'ai achetée. 5? XIX ^ N. Vulve fermée, soudée, et très petite. L'opéré, très bien portant. Ç XX (^ R. Vulve fermée, soudée, minuscule. $ VIII c^ B. Ce soir, à six heures, $ VIII n'était pas encore délivrée : le petit de ce matin était donc venu avant terme! Peut-être était-il fixé trop bas, dans l'utérus, et faisait-il hernie dans le vagin? A minuit, $ VIII n'a pas encore mis bas. $ XVII (5* M. Ce soir, vers sept heures, dans le vagin de $ XVII, j'ai recueilli le bouchon. Je porte celui-ci, aussitôt sorti, sur une lame de verre, et je fais une préparation de ce qu'il y laisse : ce sont des cellules pavimen- teuses de l'enveloppe du bouchon, et quelques rares débris, difficilement reconnaissables, de spermatozoïdes. Ainsi, un peu avant la chute du bouchon, dans le liquide qui s'écoule par le vagin, les spermatozoïdes sont morts il est vrai, mais encore assez nombreux et assez fréquemment entiers, tandis qu'un peu plus tard, au moment où le bouchon perd ses dernières adhérences, on n'en trouve plus que quelques fragments : est-ce qu'ils se dissolveraient dans le vagin? Il faudra voir si le liquide dans lequel ils baignent est acide ou alcalin . Dans la nuit, (j* M, l'opéré, dont les testicules font une saillie considérable en arrière, monte sans cesse sur la femelle et fait sur elle les mouvements du coït; mais celle-ci, dont le rut est bien passé, se défend en criant et le désar- çonne. Afin qu'il puisse bientôt donner effectivement carrière à ses ardeurs géné- siques, je livre à ce (j* la jeune $ XX, et je transporte, à sa place, $ XVII auprès de (^ R. 22 décembre. — Ç VIII (^ B. $ VIII n'est pas encore délivrée. Sa vulve est un peu épaissie, entr'ouverte, et il y a du sang coagulé dans la fente. $ IX (;^ H. Vulve absolument fermée et soudée, à orifice non apparent. Ç XIV c^ 0. Vulve fermée et soudée, à bords un peu épaissis. Ventre énorme. — 129 — $ XVI ^ p. Vulve fermée, soudée, minuscule. 2 XVII (5* R. Vulve à bords minces, avec un petit trou médian. Ç XVIII (^ Q. Vulve humide mais fermée, à parois plissées mais peu épaisses. Ç XIX (^ N. Vulve à peine apparente, absolument fermée et soudée. $ XX (5* M. Vulve à bords minces mais ouverte au milieu. Je suis mordu par cette Ç ; elle me mord ainsi presque chaque fois que je la prends pour l'examiner : cette fois, je lui pince fortement la peau de la tète, jusqu'à ce qu'elle lâche prise. 23 décembre. — $ VIII ^ B. Cette nuit, à deux heures, $ VIU n'était pas encore délivrée; ce matin, à dix heures, je trouve sous elle cinq petits, fort beaux et bien portants. Sa vulve est élargie, épaissie, entièrement nettoyée; mais son vagin est sanglant. $ IX (^ H. La vulve est fermée et soudée; mais ses bords me semblent un peu épaissis. Je permute (^ H avec (j* Q. Ç XIV (^ 0. Vulve fermée et soudée, à bords épaissis. $ XVI cf P. Vulve toujours soudée, fermée, minuscule. $ XVII (5* R. Vulve fermée et soudée. Ç XVIII c? Q. Ce matin, à dix heures, $ XVIII a deux petits bien portants. Je supprime les petits, et je permute (^ Q avec c^ H. Ç XIX (^ N. Vulve à peine apparente, absolument fermée et soudée. $ XX ^ M. Vulve fermée, petite et peu apparente. 24 décembre, — $ VIII c? B. Les cinq petits se portent bien. Dans la vulve, dilatée, de la mère il n'y a pas de bouchon, mais un lic^uide épais, c^ui, examiné au microscope, se montre composé de cellules épithéliales agglutinées par du mucus et contient des débris de spermatozoïdes. $ IX (^ Q. Vulve fermée et soudée, sauf un tout petit trou médian. '^ XIV ff 0. Vulve fermée et soudée, mais à contours épaissis. Ventre de plus en plus considérable, 2 XVI (j* P. Vulve toujours fermée, soudée et minuscule. 2 XVII rf R. Vulve fermée et soudée. Ç XVIII c? H. Dans le vagin de Ç XVIII, il y a un liquide assez abon- dant, d'aspect séreux. Celui-ci, examiné au microscope, apparaît formé de cellules pavimenteuses, d'origine vaginale, et de masses granuleuses, qui se montrent elles-mêmes constituées par des éléments cellulaires arrondis ou polyédriques (leucocytes ou cellules épithéliales de l'utérus?) en voie de décomposition moléculaire; je n'y puis découvrir aucun débris nettement reconnaissable de spermatozoïde. Je pense c[ue $ XVIII avait mis bas dans la journée du 22, et qu'elle a été fécondée, la nuit suivante, par (^ Q. $ XIX (} N. Vulve toujours à peine apparente, absolument fermée et soudée. $ XX (j* M. Vulve fermée, petite, peu apparente. Nouveaux sujets. Dans l'après-midi, je retire r? H à ? XVIII, pour le — 130 — réunir à un nouveau sujet, soit $ XXI, achetée hier au Marché aux Oiseaux. Elle est adulte. Sa vulve est fermée et soudée. Je retire aussi cf B à $ Vlll, pour le réunir à un autre sujet, acheté avec le précédent, soit Ç XXII. Celle-ci est également adulte. Sa vulve est à bords un peu amincis, ouverte au milieu. Ç XVIII. Ensuite, j'opère $ XVIII. J'inaugure, sur ce sujet, une série d'expériences destinées à démontrer que les ovules, même fécondés, qui ne passent pas par l'utérus, ne sont pas susceptibles de poursuivre leur dévelop- pement et de fournir des embryons. Si $ XVIII a été fécondée, ce qui est très vraisemblable, elle n'a pu l'être que dans la nuit du 22 au 23. Je l'étalé sur la planchette et je lui ouvre l'abdomen. En écartant l'intestin, je découvre les deux utérus. Ils sont très hypertrophiés et très contractiles. D'un coup de ciseaux, je les tranche, l'un et l'autre, auprès de leur confluent ; puis je remets tout en place et je recouds la bête. Celle-ci, quand je dépose le coUodion sur la plaie, réagit beaucoup moins que n'ont fait les autres sujets précédemment opérés; détachée, elle a peine à se remettre sur ses pattes; et elle perd du sang par la vulve. Elle ne se sauvera pas, sans doute; en tout cas, cette abondante hémorrhagie nuira au fonctionnement de l'utérus et au développement des ovules. Dans mes futures opérations de cette série, je remplacerai désormais la section des utérus par leur ligature. Il était quatre heures quand j'ai détaché la bête. $ J.YU r? R. A son tour, J* R occupe la planchette. Il reçoit, dans la cavité abdominale, l'utérus gauche de $ XVII. A cet effet, je sacrifie celle-ci, au cinquième jour de la gestation normale (1) : elle ne présente pas encore de renflements utérins, de sorte que je n'ai pas la certitude qu'elle ait été fécondée. Cette nouvelle opération est terminée à cinq heures et demie. Je porte (^ R dans la même cage que § XVIII. $ XIV (^ 0. Vers minuit, dans le nid de ce couple, il y a trois petits. Il y a une heure environ, la parturition n'était pas commencée, mais la vulve était ouverte et pleine de liquide. Le ventre de la mère est bien gros encore. Vers minuit et demi, j'assiste à la venue au monde du cinquième petit. Le ventre de la mère se contracte énergiquement, par des mouvements de vague. Le petit se présente par le siège; il a le placenta collé sur la tète et les (1) Par le procédé de l'alcool au tiers, j'ai fait des préparations de l'épithélium vaginal de ce sujet. Cet épithélium, à ce stade, ne renferme plus aucune cellule pavimentense, mais il n'est pas encore formé d'une couclie superficielle continue de cellules cylindriques caliciformes ; avec un certain nombre de celles-ci, il contient surtout des cellules du réseau de Vlulpighi, de l'orme très irrégulière- ment polyédrique, à gros noyaux arrondis, à protoplasma relativement peu volumineux et souvent entremêlé de globules muqueux. Il est encore en voie de transformation : le réseau de Malpighi de l'épithélium du rut achève de disparaître par dégénération muqueuse, et l'épithélium calioiforme du repos génitiil commence à se montrer. — 131 — épaules; il a une teinte asphyxique, et ne bouge pas, d'abord; mais la mère se hâte de le débarrasser, en les mangeant, du placenta et du cordon, et elle le lèche fiévreusement partout; peu à peu, la couleur du nouveau-né passe au rose vif, et il commence à s'agiter. Le sixième petit naît aussi sous mes yeux; mais le corps de la mère, interposé, m'empêche de constater quelle est sa présenta- tion. Quand la mère se déplace et découvre le petit, il a la bouche tournée de mon côté, et je le vois faire quelques mouvements d'inspiration. Je laisse en paix la petite famille. 25 décembre. — Ç VIII. Vulve encore ouverte, à bords amincis. ^ IX (5* Q- Vulve fermée et soudée. $ XIV (^ 0. Ce matin, les petits sont au nombre de sept. La mère a la vulve fermée et soudée, mais à bords épais. $ XVI c? P. Vulve toujours fermée, soudée et minuscule. Ç XVIII (5* R. La $ est bien malade : elle ne fait plus sa toilette. Le (^ est très vif et très vigoureux. Ç XIX (^ N. Vulve fermée et soudée, à bords un peu épais. $ XX (^ M. Vulve un peu élargie et épaissie, à fente apparente. Le (^ est très vif : petit et maigre, mais à testicules gros et saillants. Il marche le corps ramassé et haut sur jambes, comme font les jeunes. Ç XXI (^ H. Vulve fermée et soudée, mais un peu épaisse. Ç XXII (^ B. Vulve fermée, soudée et abords minces. $ XVllI cf R. A une heure et demie de l'après-midi, je trouve la $ morte : elle est contractée, chaude encore mais déjà raide. Je l'ouvre. L'opération avait été bien faite : les deux utérus, bien tranchés; le rectum et tout l'intestin, ainsi que la vessie, intacts. Le sujet n'est pas mort d'hémorrhagie ; car les caillots dans l'abdomen ne sont pas considérables, et les divers tissus ne sont pas exsangues. Bien qu'il n'ait pas mangé depuis l'opération, son estomac est encore distendu par les aliments : sa digestion avait été arrêtée. J'ouvre la cage thoracique : les organes qu'elle renferme baignent dans le sang; mais celui-ci, sans doute, vient d'être répandu à l'instant. Les poumons ne sont pas conges- tionnés. I^e cerveau ne me paraît présenter aucune altération : il n'est ni exsangue ni congestionné. Quant aux utérus, ils sont fortement congestionnés, et leur lumière est obstruée par des caillots granuleux de sang. En somme, c'est une expérience à refaire, en remplaçant les sections par des ligatures. Quand à cj* R, il se porte fort bien : comme tous ceux qui ont précédemment subi la même opération que lui, quelques instants après celle-ci, il s'est mis à manger. 26 décembre. — Ç VIII. Vulve amincie, fermée mais non soudée; du liquide dans le vagin. y IX (^ Q. Vulve fermée et soudée. if? XIV (5* 0. Dans la vulve de $ XIV, je recueille un bouchon vaginal. Ce dernier n'a guère que la moitié ou le tiers d'un bouchon ordinaire de Souris; — 132 — c'est~que (^ est encore bien Jeune : né le 24 ou le 26 octobre, il n'est âgé que de deux mois. $ XVI (^ P. Vulve toujours fermée, soudée et minuscule. Ç XIX (^ N. Vulve fermée et soudée, à bords un peu épais. Ç XX (^ M. Vulve un peu élargie et épaissie, à fente apparente. Décidé- ment, il ne se développe rien dans le ventre du cj*. $ XXI c;^ H. Vulve entr'ouverte, épaisse et plissée, un peu humide. Si elle ne s'est pas accouplée, à mon insu, hier soir, et si elle n'est pas pleine, cette $ entrera vraisemblablement en rut aujourd'hui. $ XXII (^ B. Vulve fermée, soudée et à bords minces. 27 décembre. — $ VIII. Vulve fermée et soudée. $ IX J* Q. Vulve fermée, soudée, à bords minces et comme vernis. $ XIV (^ 0. Vulve fermée et réduite. Il y a non pas sept, comme je l'avais cru, mais neuf petits. Ç XVI (^ P. Vulve toujours fermée, soudée et minuscule. Le ventre s'est légèrement arrondi. $ XIX (^ N. Vulve fermée, soudée et peu apparente. Ç XX (^ M. Vulve à bords épais, mais fermée, en fente. $ XXI (^ H. Vulve épaisse et entr'ouverte, mais humide, $ KXII (^ B. Vulve toujours fermée, soudée et à bords minces. 28 décembre. — $ VIII. Vulve fermée et soudée. Les petits sont superbes. 5 IX (5* Q. Vulve soudée, à fente très apparente. Ç XIV (^ 0. Vulve fermée et soudée. Ç XVI (^ P. Vulve toujours fermée, soudée et minuscule. Ç XIX c? N. Vulve fermée, soudée et peu apparente. Ç XX (^ M. Vulve à bords épais, mais fermée, en fente. Ç XXI (} H. Vulve encore entr'ouverte, à bords à demi épais. Un bouchon a-t-il été posé, puis éliminé, à mon insu? $ XXII (} B. Vulve fermée, soudée et à boiids minces. Ç XVI (^ P. Vers deux heures et demie de l'après-midi, au douzième jour de la gestation normale, je sacrifie $ XVI. Elle a huit embryons, quatre dans chaque utérus. Les renflements utérins ont le volume de gros pois. $ XIX (^ N. Vers trois heures, au onzième jour après le coït, je sacrifie $ XIX. Elle ne se trouve pas pleine. En disséquant son vagin, je vois très nettement ses glandes préputiales et ses glandes anales, chacune en une paire : le volume d'une de ses glandes, à peu près le même dans l'une et l'autre paire, est intermédiaire à ceux d'un grain de millet et d'un grain de chènevis : les glandes préputiales du (^ sont infiniment plus considérables ! Je donne la place de la défunte, auprès de (^ N, à $ XXII. $ XX (^ M. Je sacrifie aussi (^ M, et je le remplace, auprès de Ç XX, par cj* B, Celui-ci fait aussitôt, et vivement, la cour à sa nouvelle compagne. Je dissèque (^ M dans la cuvette, dans de l'alcool au tiers. Ses organes génitaux — 133 — sont en parfait état et fortement dévelop[)és; ses vésicules séminales paraissent bien pleines, ses canaux déférents aussi, et ses testicules sont fort gros. L'in- testin et le péritoine ne présentent rien d'anormal, sauf ti'ois plaques ovales, d'un tissu translucide, mais avec des points d'un blanc opaque dans leur épais- seur : ces plaques, situées au sommet d'anses intestinales, sont évidemment la dernière trace d'adhérences de l'intestin à la paroi abdominale. Un peu à gauche, et au niveau de la cicatrice laissée par l'incision, suspendue à la paroi abdominale par un pédicule, je trouve une petite tumeur : c'est l'utérus étranger, enkysté. Je détache la tumeur et je la mets dans l'alcool. 5' IX c? Q. Ce soir, à neuf heures et demie, $ IX a la vulve fermée, mais épaisse et congestionnée. $ XX c5* B. A la même heure, Ç XX a la vulve épaisse et congestionnée, mais encore fermée. 2 XXII (^ N. Dès qu'il s'est trouvé en présence de sa nouvelle compagne, (^ N, chez lequel l'opération de la laparotomie n'a pas éteint l'ardeur sexuelle, s'est mis à lui faire la cour. Vers cinq heures, $ XXII avait la vulve encore fermée, mais rouge et épaissie; et le (^ ne cessait de la poursuivre. A neuf heures et quart, la vulve est ouverte, ses parois sont épaisses et rouges, mais elle est encore vide de bouchon. 29 décembre. — $ VIII. Vulve fermée et soudée. $ IX c? Q. Ce matin, $ IX a un bouchon dans le vagin. Ç XIV ^ 0. Vulve fermée et soudée. Dans cette cage, il n'y a plus que huit petits vivants : je trouve le neuvième en partie et fraîchement dévoré. $ XX (^ B. Ce matin, pas de bouchon; mais le vagin est fortement dilaté et humide : le bouchon aurait-il été reçu, puis éliminé? $ XXI r^ H. Vulve grand ouverte, à bords amincis : le rut est sans doute passé. $ XXII (^ N. Ce matin, $ XXII a un bouchon, bien apparent, dans le vagin. $ IX (^ Q. Cette après-midi (l'opération est terminée vers quatre heures et demie) , je fais à cette Ç , dont le bouchon est encore en place , la ligature des deux utérus, dans le voisinage des trompes. Je les lie avec des fils de soie. Pendant l'opération, qui dure un certain temps, l'intestin reste hors de la cavité abdominale; en outre, je touche l'utérus en plusieurs points avec les pinces pour faire glisser les fils de la ligature. J'ai dû, d'ailleurs, renoncer à poser celle-ci bien exactement aux limites des utérus et des trompes : du côté droit, elle est sur- la trompe, vers son extrémité utérine. Après l'opération, quand la bête est détachée, elle a quelque peine à se tenir sur ses jambes : je doute qu'elle survive. Je la vois cependant, dans sa cage, sortir du nid, à plusieurs reprises, et se promener, mais peu gaillardement, et je ne la vois pas manger. Une autre fois, en pareil cas, j'opérerai par deux ouvertures faites vers le haut des flancs, aux niveaux des ovaires. L'opérée est installée seule. Tome XLllI 9' — 134 — $ XXII (^ N. Mais je veux lier, aussi à leurs extrémités inférieures, les utérus d'un sujet récemment fécondé. Si, alors, il y a gestation, tandis qu'il ne se développe aucun fœtus quand les utérus sont liés à leur origine, j'aurai démontré que, dans ce dernier cas, le non-développement des ovules ne tient aucunement à l'influence du traumatisme. Ce soir, donc, après avoir recueilli le bouchon dans sop vagin, j'étale sur la planchette $ XXII, et je lui lie les deux utérus, près de leur confluent. L'opération est terminée vers sept heures. Je mets ensuite l'opérée seule dans une cage. Vers minuit, je la vuis sortir, boire, manger et s'étirer longuement et forte-, ment : elle est sauvée. $ XX c? B. Vers neuf heures, ce soir, j'ai vu le couple en train de faire des tentatives de coït. A dix heures, la $ n'avait pas encore de bouchon; mais sa vulve était ouverte, à bords épais et plissés. A une heure de la nuit, le couple s'étant rais au repos, j'examine de nouveau la $ : son vagin contient un bouchon. 30 décembre. — Ç VIII. Vulve fermée, à bords très minces. 4: IX. Hier soir, vers dix heures, j'ai vu $ IX manger: quoique peu ingambe, elle semble vouloir survivre. Sa vulve est absolument fermée. Je mets avec elle , dans la cage qu'elle occupe, (^ R. $ XIV (^ 0. Vulve à bords minces, fermée et soudée, sauf un tout petit trou médian. Le nombre des petits est réduit à sept. $ XX (^ B. Ce matin, $ XX a, dans le vagin, un bouchon énorme. Ce n'est pas celui d'hier; car il est beaucoup plus gros. Je retire de la cage cette $ , munie de son bouchon, et je la remplace par ^ XXIV, un nouveau sujet que je viens d'acheter au Marché aux Oiseaux. Ç XXIV est à peine adulte, blanche, avec quelques taches rousses. Sa vulve est fermée et peu apparente. Son ventre est un peu enflé, comme si elle était pleine. $ XXI (^ H. Vulve fermée, à fente apparente. $ XXII. Ce matin, $ XXII paraît en fort bon état. Je transporte (} P dans sa cage. Autres nouveaux sujets. Dans la cage de (^ N, je mets Ç XXIII, que je viens d'acheter, comme $ XXIV, au Marché aux Oiseaux. Elle est presque adulte , grise, à ligne blanche sur la tête. Sa vulve est fermée et peu apparente. Dans la cage de (j* Q, je mets Ç XXV, achetée avec la précédente. Elle ne me paraît pas adulte. Elle est noire, avec des taches blanches sur la tête et sous le ventre. Sa vulve est fermée et peu apparente. Une quatrième $, achetée avec les précédentes , soit $ XXVI, reste provi- soirement seule. Elle n'est pas adulte. Elle est noire, avec des taches blanches sur la tête et sous le ventre. Les Souris qu'on me livre au Marché aux Oiseaux, sont de plus en plus jeunes — 135 —. et de plus en plus chères; c'était pour gagner du temps que j'achetais mes sujets; mais, dans ces conditions, il ne me sera guère plus long et il me sera plus économique de les élever. Ç XXII (^ P. Ce soir, (5* P, dont les testicules sont très saillants, paraît dévoré de désirs erotiques. 11 tourmente de ses tentatives $ XXIl , peu disposée à répondre à ses offres galantes, mais hors d'état de se défendre. Je le transporte dans la cage de $ XXVI : son ardeur change d'objet, mais ne se calme pas ; sa nouvelle compagne, qui n'a pas encore l'âge nubile, erj est tout effarée. Je le mets alors avec $ XX. Auprès de celle-ci, il se montre également enflammé; mais elle est capable de se faire respecter. Dans la cage ad hoc où je l'avais provisoirement placée, elle vient de laisser tomber son bouchon vaginal. 31 décembre. — Ç VIII. Vulve fermée et peu apparente. Petits superbes. Ç IX (j* R. $ IX vit toujours; mais elle ne paraît guère vigoureuse. Elle semble devenue aveugle : ses paupières restent constamment fermées , même quand je la prends à la main. Elle a le ventre gonflé : elle doit avoir un abcès. Sa vulve est inapparente. 2 XIV cf 0- Vulve à bords minces, fermée et soudée, sauf un tout petit trou médian. Toujours sept petits; ceux-ci sont bien en retard , comme taille, sur ceux de $ VIll. Ç XXI (^ H. Vulve fermée, à fente apparente. Cette ^ semble décidément pleine. $ XXII, Cette $ se porte tout à fait bien. Je remets (^ P avec elle. Ç XXIII (^ N. Vulve fermée et peu apparente. Cette Ç, trop jeune, est maltraitée par son çf : elle a passé la nuit dans la mangeoire, n'ayant pas été tolérée par lui dans le nid. $ XXIV (^ B. Vulve fermée et peu apparente. Malgré son jeune âge, cette Ç paraît assez bien supportée par son c^. $ XXV (5* Q, Vulve fermée et peu apparente. Malgré son âge également jeune, cette $ , aussi, paraît bien supportée par son (^. 2 XX. Au troisième jour à partir du coït, je viens de lier, tout à son extré- mité supérieure, l'utérus droit de $ XX. L'opération était terminée à trois heures de l'après-midi. Comme j'ai fait dans le cas précédent, j'ai laissé le fil, un fil de soie, dans l'abdomen; mais, cette fois, j'ai ouvert la cavité abdominale par le haut du flanc. Malheureusement j'avais fait l'incision trop bas, et pour trouver l'utérus et les trompes, j'ai dû laisser s'échapper au dehors une partie de la masse intestinale. Aussi, me suis-je contenté de lier l'utérus d'un seul côté. Le sujet paraît bien éprouvé par l'opération : je ne sais s'il survivra; d'autant plus qu'il a eu aussi les deux pattes de devant démises ou cassées; car il est devenu furieux et il s'est agité violemment, quand il s'est vu fixé sur la planchette; il s'est même fait lui-même, avec les dents, à une patte, une blessure assez profonde; sans compter que, me trouvant seul et n'ayant que — 136 — mes deux mains pour maintenir la bête et fixer les fils à ses pattes et à la planchette , j'ai dû mettre moins de délicatesse, dans cette opération préalable, que je n'aurais désiré (1). (^ P, aussi, a eu une main cassée ou démise dans les mêmes conditions, et cette main ne lui sert encore ni à la marche ni à la préhension. Quoi qu'il en soit, quand je saurai bien ouvrir l'abdomen exacte- ment au niveau de l'ovaire, les opérations sur l'utérus en place seront, je crois, aussi bénignes que l'introduction de fragments d'utérus dans le ventre d'un (^, Peut-être, cependant, faudra-t-il remplacer les ligatures par des sections? J'éviterai ainsi l'irritation ultérieure causée par le fil (2). Ç IX j^ R. Cette nuit, $ IX a très mauvais poil et semble bien malade : je doute qu'elle survive. Il faudra désormais, dans ces expériences, remplacer la ligature par la section. $ XX. Du côté droit, c'est-à-dire du côté de l'utérus opéré, $ XX a l'œil fermé : dès sept heures, c'est-à-dire quatre heures après l'opération, j'ai fait cette remarque. ^ IX, ayant eu les deux utérus liés, tient les deux yeux fermés ! $ XXII (5* P. Ç XXII est fortement secouée par le hoquet péritonéal : néanmoins, son poil n'est pas très mauvais, et elle a l'air assez vif. Quant à (^ P, il est tout à fait bien portant; mais il ne paraît pas du tout en gestation. Il caresse souvent sa compagne et lui fait sa toilette. $ XXIII (^ N. Ce soir, (^ N est tout à fait gai : il s'amuse à sauter sur place, comme j'ai souvent vu faire les jeunes Ç, au début de la gestation. Il est d'ailleurs gros et gras. l^r janvier 1889. — $ VIII. Vulve toujours fermée et peu apparente. $ IX ^ R. Ce matin, vers dix heures, je trouve morte $ IX. Il y a deux jours qu'elle a été opérée. Quand je l'ouvre, dans la journée, elle est déjà décomposée. Elle a tout l'intestin excessivement hypertrophié et gorgé de liquide. Les utérus, dans toute leur longueur, sont également noirs et aqueux. Les ligatures étaient d'ailleurs bien placées. Je constate, sur ce cadavre, qu'il me sera très facile de tomber sur les trompes, en ouvrant l'abdomen par le dos, au ras de la masse vertébrale (masse osseuse et musculeuse), et juste au creux du flanc. (^ R va très bien. $ XX vit encore; elle a même, quand elle sort de sa torpeur, les mouve- ments assez vifs ; mais il ne me semble pas qu'elle ait mangé depuis l'opération. Ç Xl^I (P? H, Vulve fermée et comme vernie. (1) J'avais définitivement renoncé, dans ces vivisections, à museler mes Souris, me contentant de les attacher par les quatre pattes. (2) Si j'avais eu du catg-ut sous la main, j'aurais sans doute essayé son emploi; mais, à priori, je me méfiais de cette suhstance : la quantité de la matière à résorber et l'action toxique des antisep- tiques dont elle est imprégnée sont certainement négligeables pour un sujet aussi volumineux que 'Homme; mais, pour une Souris, il n'en est peut-être pas de même. — 137 — $ XXII cT p. $ XXII est bien poriaute et fort vive, (j^ P se conduit tout à fait gentiment avec elle : il lui nettoie les poils du dos et de la tête; et elle se prête bien à ces soins, lui parant la tête et le museau, comme fait un Homme à son barbier. $ XX. Ce soir, les épluchures de grains que je vois dans sa cage me donnent l'assurance que $ XX est sortie et a mangé. 2 janvier. — $ VIII. Vulve ouverte, mais à bords peu épais. $ XIV (^ 0. Vulve fermée, soudée, à peine apparente. Ç XX. Dèe que j'ouvre sa boîte, $ XX se sauve vivement et se cache dans le coton du nid. Elle va relativement bien. L'œil du côté de l'opération n'est pas fermé; il est seulement moins ouvert que l'autre. $ XXI cf H, Vulve rétrécie et fermée. $ XXII (^ P. Ç XXII a toujours le hoquet péritonéal; son état ne s'est cependant pas aggravé. Quant à (5^ P, il est si bien portant et si vif, que je ne puis me décider à le sacrifier, pour examiner l'intérieur de sa cavité abdo- minale et voir le résultat de mon expérience. ,f R. Santé générale excellente; la main gauche, toujours inerte. Je réunis à ce (f la jeune $ XXVI. Ç XXII (^ P. Vers une heure et demie de la nuit, j'examine de nouveau ce couple : la $ a toujours un fort hoquet péritonéal; et, sans doute par suite de Tirritation causée par le fil de la ligature, sa plaie me semble en suppuration. Le J* continue à prendre soin d'elle et à lui faire sa toilette. 3 janvier. — $ VIII. Vulve fermée et réduite. Ç XIV (^ 0. Vulve fermée et réduite. Encore un des petits est mort, sans doute d'inanition : son cadavre est intact. A côté de ceux de $ VIII, ces petits paraissent bien chétifs. $ XX. Quoique tout estropiée, cette Ç a l'air vif : elle se remettra, sans douté. $ XXI ^ H. Vulve rétrécie et fermée. $ XXII (5* P. Une suppuration abondante mouille et salit le ventre de la $ ; et le dos de son compagnon, sur lequel elle est fréquemment couchée, est tout taché de pus. Elle a cependant l'œil vif et l'air assez bien portant. C'est égal, j'aurais dû- faire la ligature avec du catgut. 2 XXVI ^ R. Les deux font très bon ménage. Ç XX. Vers deux heures de l'après-midi, je vois $ XX manger. Elle a le hoquet péritonéal. En outre, autour de sa plaie, il s'est développé un abcès énorme, causé saris doute, à la fois, par le fil laissé en place, et par les déchi- rures produites, lors de l'opération, par les points de suture, dans la couche musculaire de la paroi abdominale. 4 janvier, — Ç VIII. Vulve fermée et réduite. Ç XIV (^ 0. Vulve fermée et réduite. A l'heure du pansement, c'est toujours le rf que je troiive au milieu des petits, la $ étant à se promener dehors. — 138 — $ XX. Au niveau de la plaie, cette Ç a une tumeiu' énorme; et elle a toujours le hoquet péritonéal. Ses allures n'en restent pas moins assez vives. $ XXI (^ H. Vulve toujours rétrécie et fermée. Ç XXII c? P. La plaie de cette $ est le siège d'une suppuration excessive- ment abondante ; le bas-ventre en est tout mouillé, et il agglutine et ramasse toutes les saletés qu'il rencontre. Le compagnon de cette $ a le poil tout taché de pus. Il n'en continue pas moins à prendre d'elle le plus grand soin; aussi, ne puis-je me décider à le sacrifier. D'ailleurs, le volume normal de son ventre et la vivacité de ses allures me donnent la certitude qu'il n'est pas en état de gestation : si les. produits de conception, transportés chez lui, s'y étaient normalement développés, ils seraient à terme depuis le 1^'' janvier. Quant à l'expérience tentée sur la $ , ses résultats seront vraisemblablement négatifs ; car la suppuration fera très certainement obstacle, autant que la lactation, au développement des ovules, et, si celui-ci subit un retard trop considérable, ils périront sans doute et seront résorbés. $ XXIV (^ R. $ XXIV a la vulve encore fermée, mais fortement hypertro- phiée : je crois qu'elle entrera en rut aujourd'hui. 5 janvier. — $ VIII. Vulve toujours fermée et réduite. Ce matin, à dix heures, les petits sont en train d'ouvrir les yeux : plusieurs ont encore un œil fermé, l'autre déjà ouvert. Ç XIV (^ 0. Vulve toujours fermée et réduite. $ XX. A l'heure du pansement, je trouve $ XX agonisante ; un instant après, elle est morte. Quand j'ouvre sa cavité abdominale, il s'en écoule un liquide abondant, mélange de sang, de pus et de sérosité. Comme l'intestin, les utérus, et tous les viscères paraissent en parfait état et nullement enflammés, et comme, d'autre part, l'énorme tumeur que le sujet portait sur le flanc était, au moment de la mort, considérablement réduite, je suppose que celle-ci s'était épanchée dans l'abdomen, et que c'est peut-être cet épanchement qui a déter- miné la mort du sujet. Cependant, l'intestin fait, entre la peau et la couche sous-jacente (aponévrotique , musculaire et péritonéale) de la paroi abdo- minale, une hernie, dont le volume devait être essentiellement variable, et qui peut-être, à elle seule, composait la tumeur. Quoi qu'il en soit, une autre fois, je prendrai bien soin de comprendre, dans les points de suture, toutes les couches de la paroi abdominale. La ligature était d'ailleurs bien placée. Vers son niveau, la trompe et l'utérus adhèrent à la partie sous-cutanée de la paroi, au bord et à la surface externe de la lèvre formée par l'incision. La trompe de ce côté paraît un peu hypertrophiée, mais nulle- ment enflammée. $ XXI (^ H. Vulve toujours rétrécie et fermée. $ XXII (^ P. Ç XXII est de plus en plus amaigrie et aff'aiblie, et elle a toujours le bas-ventre inondé de pus : évidemment, elle ne survivra pas. (^ P — 139 — s'étire encore quelquefois; mais son ventre no présente aucune grosseur carac- téristique. $ XXIII (^ N. Ç XXIII a la vulve dilatée et épaissie, comme s'il venait d'en tomber un bouchon. Si des foetus s'étaient normalement développés dans le ventre de (^ N, ils seraient à terme depuis hier; mais celui-ci ne présente aucune apparence de gestation. $ XXIV ç^ B, Ce matin, Ç XXIV a un beau bouchon dans le vagin. $ XXVI ^ R. Vulve ouverte et fort épaisse. 6 janvier. — $ XXII (^ P. Hier, à minuit, $ XXII était mourante; ce matin, à neuf heures, je la trouve morte. Elle est morte d'épuisement, tout à fait émaciée. Son utérus est très réduit. Il n'est pas très enflammé, au niveau de la ligature. Il contient des taches opaques régulièrement espacées (I), tout comme l'utérus d'une $ sacrifiée au neuvième jour de la gestation tri-décadaire ($ III) : ainsi qu'on pouvait le prévoir, la suppuration avait donc, tout comme la lactation, suspendu le développement des ovules. Cette expérience est à refaire, en remplaçant le fil de soie par du catgut, et aussi en prenant plus de précautions pour la suture de la plaie; car l'inflammation était surtout localisée dans les couches sous-cutanées de la paroi abdominale; autour de la plaie, celles-ci étaient en pourriture. L'estomac était vide : l'animal ne mangeait plus. $ XXVI J* R. Ce soir, je laisse seul ^^ R, et je transporte $ XXVI dans la cage de (^ P. Celui-ci lui fait aussitôt la cour; mais elle crie et se défend, 7 janvier. — $ VIII. Vulve fermée et réduite. Les petits, fort beaux, com- mencent à se promener dans le nid. $ XIV (5^ 0. Vulve fermée et rétrécie. Encore un petit de mort; les autres sont vifs, mais bien chétifs. $ XXI (^ H. Vulve toujours rétrécie et fermée. 8 janvier. — $ VIII, Vulve toujours fermée et réduite. Les petits sont tout à fait en état de se passer de la mère. $ XIV (5* 0, Vulve toujours réduite. Ce matin, à onze heures, les petits commencent juste à ouvrir les yeux : un seul des cinq a un œil, un seul œil, (1) Cet utérus était au stade d'arrêt de la gestation retardée. Ce stade, dont la durée peat être très variable (on verra que j'ai pu le prolonger, dans un cas, jusqu'à trente-deux jours) mais après lequel le développement du fœtus marche toujours d'une allure uniforme, est caractérisé par de petites formations utérines qui, à l'examen macroscopique, se présentent sous la forme de taches sphériques d'un brun jaune entourées chacune d'une zone ovalaire claire, en relief du côté duméso- métrium. De l'ensemble de mes observations, il résulte que ces formations sont très certainement en rapport avec des ovules déjà fixés dans l'utérus et destinés à fournir des embryons; mais j'ignore la nature de ce rapport. Je compte sur M. le Professeur Mathias Duval pour nous renseigner à cet égard. L'utérus de XXII, que j'ai actuellement sous les yeux, contient cinq de ces formations à droite, et trois à gauche. Les fils de la ligature sont revêtus de fausses membranes, qui s'étendent de là sur le mésométrium et sur les organes voisins. -_ 140 — ouvert. Ainsi, ces petits, chétifs, ayant été trop nombreux pour une seule nourrice, ouvrent les yeux un seul jour en retard, tandis que les petits, superbes, de $ VllI les ont ouvert un seul jour en avance : la variation totale, en pareil cas, n'est donc que de deux jours. Nous comparerons les durées des gestations des deux mères. Ç XXI (^ H. Vulve toujours rétrécie et fermée. 10 janvier. — Ç VIII. Vulve toujours fermée et réduite. Les petits sont par- faitement en état de vivre seuls. Le ventre de la mère grossit de nouveau. $ XIV (^ 0. La mère a toujours la vulve réduite; son ventre s'arrondit. Les petits, toujours au nombre de cinq, commencent à courir. Ç XXI (5* H. Vulve toujours rétrécie et fermée. Le doute n'est plus possible, cette $ est pleine. $ XXV (5> Q. Ce matin, à neuf heures et demie, je trouve $ XXV mourante. Elle n'a aucune blessure ; mais elle semble paralysée de ses quatre membres ; ceux de derrière sont contractés. Apportée sur la table, elle marche, pourtant, mais péniblement et lentement. 11 janvier. — $ VIII. Vulve toujours fermée et réduite. J'enlève les petits, et je réunis la mère k (^ R. Celui-ci serait à terme aujourd'hui; mais il ne présente aucune apparence de gestation. $ XIV c? 0. Je laisse les cinq petits, nés le 25 décembre , dans la cage du couple, qui est très grande; j'y porte aussi les cinq petits de $ VIII, nés le 23 décembre; et j'installe le couple ailleurs. 2 XXI (^ H. La vulve commence à se dilater; elle est un peu en enton- noir. Le ventre est très gros, et laisse voir les saillies des fœtus. $ XXV (^ Q. Cette $ paraît, aujourd'hui, fort bien portante. Le (j*, sans doute, l'avait chassée du nid; et, contrainte de passer la nuit dehors, elle s't'tait refroidie. 13 janvier. — ? XIV cj" 0. $ XIV est manifestement pleine. Cependant, sa vulve est épaissie, rouge, humide, fermée mais non entièrement soudée : son hypertrophie annonce sans doute une échéance génitale , la fin soit de la pre- mière période prolongée, soit de la deuxième des deux premières périodes normales de la gestation tri-décadaire? Il y ajuste vingt jours que cette $ a mis bas, et dix-neuf qu'elle a été fécondée. Ç XXIV (5* B. Je ne sais si $ XXIV aura été fécondée; en tous cas, sa vulve s'épaissit de nouveau. Portées des 23 et 25 décembre. Tous ces petits se développent bien. Malgré leur faible différence d'âge, ceux de $ VIII sont le double plus gros que ceux de ? XIV. 14 janvier. — $ XIV S' 0- Cette nuit, $ XIV est munie d'un bouchon, dont l'extrémité déborda de sa vulve épaissie mais refermée; je m'assure, par l'examen microscopique du fragment qui déborde, qu'il s'agit bien là d'un bouchon. Cette $ n'avait donc pas été fécondée. — 141-145 — $ XXIII (^ N. Cette nuit, vers une heure, $ XXIII a ua bouchon très apparent dans le vagin. $ XXIV c? B. Ce matin, $ XXIV a la vulve épaissie, élargie, fermée mais non soudée, sans bouchon. Cette nuit, vers une heure, j'examine de nouveau cette $ ; sur son périnée, je trouve une petite masse de matière dont la consistance est celle du beurre ou de la graisse : cette matière provient-elle du ^5*? ou de la $ ? et, dans ce dernier cas, du vagin? ou du rectum? J'en fais une préparation (1). 15 janvier. — Ç XXI (^ H. Ce matin, à dix heures et demie, Ç XXI a huit petits; cette nuit, à une heure et demie, ceux-ci n'étaient pas encore nés. Ç XXIII (^ N. Ce matin, le vagin de ? XXIII est ouvert et vide. Ç XXIV (f B. Ce matin, $ XXIV a un bouchon dans le vagin. $ XXV (5* Q. Ce matin, $ XXV présente un bouchon très apparent dans le vagin. $ XXVI c? P- Cette Ç a la vulve épaissie, mais sans bouchon. 16 janvier. — Ç VIII (j* R. Ç VIII a la vulve ouverte et pleine de muco- sités, le ventre énorme. Ç XXI cf H. Il est midi, quand je fais la revue de ma ménagerie. Ç XXI a le vagin ouvert : elle a dû s'accoupler cette nuit. Elle n'a plus que sept petits. $ XXV ,^ Q. A midi, le bouchon est encore en place, près de tomber : je le recueille. 17 janvier. — $ VIII ^5^ R. Encore du mucus dans le vagin. 19 janvier. — Ç VIII (^ R. Dans le nid de ce couple, je trouve des petits : quatre seulement. $ VIII avait le ventre bien gros, pour une portée aussi peu nombreuse! Elle a dû mettre bas dans la journée d'hier, et faire disparaître une partie de ses nouveau-nés. Sa vulve contient un bouchon profond, mais très visible dès que, en comprimant les régions voisines, on écarte les lèvres de la vulve. 20 janvier. — $ VIII ^ R. Ce couple n'a plus que trois petits. Ç XXI (^ E. Je sépare ^ H de $ XXI, qui reste avec ses petits. Nouveaux sujets. J'achète aujourd'hui quatre $. Je les installe provi- soirement toutes quatre avec (^ H. 22 janvier. — Ç XXIII (j* N. Ce matin, j'ai mis du coton dans la cage (une cage d'encoignure) occupée par ce couple; dans l'après-midi, je vois la Ç , aidée parle (^, fort occupée à transporter ces matériaux dans le nid. $ XXIV (^ B. Ces jours-ci, $ XXIV s'employait activement, avec le coton (1) Cette prépai-ation contient exclusivement, noyces dans un mucus abondant, de nonibi-eusas et petite.^ cellules : la plupart cylindriques et à protoplasnia granuleus et clair ; d'autres, plus petites et évidemment plus jeunes, presque réduites à leurs noyaux; quelques-unos globuleuses et à deux noyaux. La matière, vraisemblablement, i^roveuait du rejtum de la femelle. Tome XLIII 10 — 146 — de son nid, à boucher les trous du grillage de sa cage (une cage d'encoignure). Je mets du varech dans le nid et du coton dans la cage. 24 janvier. — ? XXVI ^ P. Cette $ paraît pleine. $ XIV (5* et ? XXIII (} N. Cette nuit, vers onze heures, je réunis ? XIV et (^ N; puis je sacrifie $ XXIII, au onzième jour de la gestation normale; et, dans l'abdomen de c? 0, je transporte, en un seul tenant, les trois plus rapprochés de l'ovaire des renflements de son utérus droit. L'opération marche fort bien , et, quelques instants après, je vois (j* se promener et manger. Après avoir incisé la peau, j'ai écarté et couché les poils tout autour de l'incision, et je les ai collées avec du coUodion; quand, en vue de l'unique point de suture et avant d'ouvrir la paroi abdominale sous-cutanée, j'ai fixé les fils à cette paroi, j'ai eu soin, également, de coUodionner ensemble, de chaque côté, les fils, la peau et la paroi sous -cutanée : j'ai réussi, de la sorte, à éviter les déchirures de cette paroi. Pendant l'opération , l'intestin n'a pas fait hernie à l'extérieur. L'utérus gauche de $ XXIII ne présentait aucune apparence de gestation ; mais son utérus droit présentait cinq renflements, gros comme d'assez gros pois, et contenant chacun un embryon. Celui-ci était enroulé en spirale et mesurait, non déroulé, trois à quatre millimètres de diamètre; il avait des fentes bran- chiales apparentes, et quatre moignons représentaient ses membres. Dans le fragment conservé d'utérus gravide, l'embryon du renflement utéto le plus rapproché de la section s'est échappé à l'extérieur, dans sa poche àtaniotique; il est retenu par le cordon ombilical et le placenta. J'ai mis les ovaires et ce qui restait des utérus gravides de cette $ dans le liquide de Kleinenberg au tiers, et son vagin dans l'alcool au tiers (1). Sous l'influence des traumatismes, l'utérus gravide exécutait des mouvements assez énergiques. 4 ^ c? H. Vers minuit, une des quatre nouvelles 2) soit Ç XXVII, de robe noire, a un bouchon dans la vagin. Je recueille le bouchon et j'isole la $. 25 janvier. — ?' XXVI (} P. Cette ? est efi'ectivement pleine, et même avancée dans sa gestation. (^ 0. Ce sujet se porte admirablement bien : on ne dirait pas qu'il a eu hier le ventre ouvert. Ç XXVII. Vers trois heures de l'après-midi, au deuxième jour de la gesta- tion normale si elle a été fécondée, j'opère $ XXVII. Je l'ouvre par le dos, du côté droit : je tombe assez exactement sur l'ovaire. Je passe une aiguille emmanchée sous la trompe , vers son extrémité utéiùne ; puis , par le même chemin, j'introduis une branche d'une paire de ciseaux fins, et je sectionne; (1) J'ai obtenu ainsi, de ce sujet, des préparations démontrant que l'épithélium vaginal de la Souris, à ce stade, est composé de cellules du type cylindrique caliclforme, à sécrétion muqueuse. - 147 — ensuite, je recouds la paroi abdominale et je collodionne la plaie. L'intestin n'a pas fait hernie au dehors; j'ai seulement fait subir quelques tiraillements à l'ovaire, à la trompe et à l'extrémité tubaire de l'utérus. .Je ne touche pas au côté gauche (1). Après l'opération, je transporte Ç XXVII dans la cage de (^ 0. Celui-ci n'a plus si bonne mine qu'hier et ce matin, il hérisse son poil et se tient ramassé; il ne semble pas avoir mangé d'aujourd'hui. Ç ^.XV cf Q. Vers cinq heures de l'après-midi, au douzième jour de la gestation normale, je sacrifie '^ XXV. Elle a deux fœtus dans l'utérus droit, trois dans le gauche. Les renflements utérins ont le volume de gros pois; ils sont un peu plus gros que ceux de $ XXIIJ, sacrifiée, hier, au onzième jour. Je mets le vagin de ce sujet dans l'alcool au tiers (2); j'utilise, pour l'opération ci-dessous indiquée, les deux renflements de son utérus droit, et je place le restant de ses utérus et ses ovaires dans le liquide de Kleinenberg au tiers. Portées des 23 et 25 décembre. Je retire, pour l'opérer, un ç^ de la portée du 23 décembre, soit (^ S. Les petits des deux portées sont encore très distincts; ceux de la première ont presque la taille d'adultes. (^ S. Dans l'abdomen de ce J* je transporte, en un tenant, deux renflements utérins de la $ XXV dont il vient d'être question. Aussitôt le ventre ouvert, l'intestin fait, par la plaie, une hernie que j'ai beaucoup de peine et que je mets beaucoup de temps à réduire : d'autant plus que la masse utérine, relativement volumineuse, se loge difficilement avec l'intestin dans la cavité abdominale. Tandis que d'ordinaire, pour recoudre la plaie, je me contentais d'un seul point de suture, j'en fais trois cette fois, et néanmoins l'intestin comprimé fait bailler la plaie et apparaît entre eux. Je collodionne le tout. Aussitôt après l'opération, le sujet paraît encore vif et vigoureux; mais, quelques heures plus tard, il a moins bonne mine. $ XXVIl (^ 0. Sans paraître très vigoureux, (^ semble vouloir se sauver. Quant à $ XXVII, elle est tout à fait vive et éveillée, et l'on ne supposerait jamais qu'elle vient de subir une grave opération. Je transporte (^ S avec eux. Celui-ci paraît également vif et bien portant; mais sa plaie suppure déjà en abondance : cela tient évidemment à l'insufiîsance des points de suture, et peut-être aussi à ce que, cette fois, j'ai touché l'intestin avec les doigts et avec la serviette. (1) En agissant simultanément sur l'une et l'autre trompe, non seulement je compliquais inutile- ment l'opération, mais encore je rendais l'expérience moins concluante; dans cslle-ci, en effet, le témoignage du côté intact n'est pas inutile. (2) Les préparations d'épithélium vaginal de ce sujet renferment surtout des cellules du type cylindrique caliciforme ; mais elles contiennent aussi, en petite quantité, des cellules, globuleuses ou ovalaires, du réseau de Malpighi, et, en abondance, des noyaux libres ou paraissant tels : je pense que quelques-uns de ceux-ci proviennent, comme résidu, de cellules décomposées, mais que le plus grand nombre représente les jeunes cellules des couches profondes du réseau de Malpiglii. — 148 — 3 $ c? H. Cette nuit, je réuni? à ^ Q une des trois $ qui restaient avec (^ H, soit $ XXVIII. Elle est de robe albine, et paraît pleine. Ç XXVI ^ P. Cette Ç n'était pas pleine, comme la grosseur de son ventre me le faisait supposer; car, cette nuit, vers minuit et demi, je la vois coïter. Je l'examine alors, et, tout au fond de son vagin ouvert, j'aperçois un large bouchon qui, par une queue cylindrique et grêle, se prolonge jusqu'à la vulve. Ç XXVI est trop chétive pour que je la soumette à des opérations de laparo- tomie : au lieu de l'utiliser dans mes expériences sur la gestation extra- utérine, je la réserverai pour mes observations sur le processus de la gestation normale. 26 janvier. — $ XXIV (^ B. Depuis plusieurs jours, le couple a vidé la boîte dans laquelle était le nid, et il a établi celui-ci sur le plancher de la cage, La $ n'a pas le ventre bien enflé; je la crois pleine, cependant. $ XXVI (j* P. Ce matin, vers dix heures, dans le vagin de $ XXVI, il y a toujours un bouchon. Dans la journée d'hier, cette $ avait mis bas; car, dans le nid qu'elle occupait et qu'occupe, depuis hier soir, J* S (j'ai déplacé le couple pour donner sa cage à J S), je trouve, en grande partie dévorés, les restes de deux petits. Dans ces conditions, Ç XXVI va pouvoir servir à mes expériences sur la gestation extra-utérine. $ XIV J* N. Cette nuit, au treizième jour de la gestation normale, je sacrifie $ XIV. Elle a deux fœtus dans l'utérus droit, trois dans le gauche ; les renflements utérins ont le volume de petites groseilles à maquereau. J'uti- lise comme on va voir les deux renflements du côté droit, et je mets dans le liquide de Kleinenberg au tiers les ovaires, les trompes, le restant des utérus et le vagin. $ XXVIII (^ Q. Dans l'abdomen de ,^ Q, je transporte, en un tenant, les deux renflements de l'utérus droit de $ XIV. Les intestins du sujet, à diverses reprises, s'échappent au dehors, et j'ai beaucoup de peine et je mets beaucoup de temps à les faire complètement rentrer, avec le fragment d'organe étranger, qui se trouve bien volumineux pour la place disponible; je ne suis pas certain de ne les avoir pas blessés. La difficulté était d'autant plus grande que le sujet, très vigoureux, se débattait violemment, en poussant des cris. Un des renflements utérins a laissé échapper du liquide; il n'a cependant pas beaucoup diminué de volume. Après l'opération, le sujet, installé seul dans une cage, semble d'abord assez vigoureux ; mais il ne tarde pas à se mettre au repos, les flancs creusés, le poil hérissé, les yeux fermés. ? XXVI ^ P. J'isole $ XXVI, et je la remplace, dans la cage de ^ P, par $ XXVIII, qui est pleine. ~ ? c? H. Je donne à (^ N, qui se met aussitôt à lui faire la cour, l'une des deux $ restant avec (^ H, soit Ç XXIX; sa robe est gris foncé presque noir. L'autre $ , soit $ XXX, forme un couple avec (^ H; elle est albine. 27 janvier.— Ç VIII (^ R. Cette nuit, je laisse $ VIII avec ses trois petits, — 149 — et je donne c5* R à $ XXXI, un sujet à peine adulte, de robe blanche, que j'ai acheté aujourd'hui au Marché aux Oiseaux. ^ XXIV c? B. J'isole aussi Ç XXIV, et je la remplace, auprès de c? B, par 2 XXXII, un jeune sujet, également de robe blanche et acheté aujourd'hui au Marché aux Oiseaux. $ XXIV avait la manie, chaque fois que je la regardais, de boucher les trous du grillage qui fermait sa cage, entre elle et moi, avec de petits tampons de coton qu'elle portait et arrangeait avec son museau; ceux-ci étaient ensuite enlevés, sans doute pour regarnir le nid. Ç XXVII (5^ c? s. Hier, J* S avait des allures très vives; seulement, il suppurait beaucoup, et il marchait le ventre soulevé et les pattes dressées; ce matin, il était encore très actif; à trois heures de l'après-midi, il était bien vivant : ce soir, en rentrant, je le trouve mort, étendu sur le flanc, en dehors du nid. Tout son ventre, depuis la gorge jusqu'au pénis, est souillé de pus, et, au niveau de la plaie, il y a une grosse tumeur indurée. J'ouvre la bête : au niveau de la plaie, une anse de l'intestin se trouve étroitement adhérente à la paroi abdominale et fortement enflammée : c'est sans doute à cette lésion qu'il faut attribuer la mort. Juste au niveau de l'adhérence intestinale, les lèvres de la plaie ne sont qu'incomplètement rapprochées et soudées, et lais- sent entre elles des boutonnières. Le fragment utérin, avec ses deux renflements écrasés et ramollis, est adhérent à la vessie et à la paroi musculaire, vers l'entrée du bassin. D'ailleurs, l'estomac est plein de nourriture, et il y a quel- ques fèces dans le rectum, au-dessous de l'adhérence intestinale. La vessie est pleine. Je ne vois pas une goutte de pus ni de licpide dans la cavité abdo- minale. Tous les vaisseaux de l'abdomen, surtout aux environs du corps étran- ger, sont fortement injectés de sang. $ XXVI. Au troisième jour de la gestation normale, j'opère $ XXVI : je l'ouvre par le creux du flanc, à droite ; je fais saillir à l'extérieur l'ovaire, la trompe et l'extrémité tubaire de l'utérus, et je fais porter la section sur cette dernière. A plusieurs reprises, l'intestin a fait une légère hernie, que j'ai facilement réduite. Après l'opération, le sujet paraît bien portant. Je le réunis àc?Q. 28 janvier. — $ XXVI J* Q. $ XXVI se porte admirablement bien : l'on ne dirait jamais qu'elle a subi, hier, une grosse opération. Ç XXXII (^ B. Ce matin, $ XXXII a un gros bouchon dans le vagin. $ XXIV. Vers une heure et demie de l'après-midi, au quinzième jour de la gestation normale, je sacrifie $ XXIV. Elle a trois fœtus à droite et un à gauche. Les renflements utérins ont une forme oblongue, rendue pyramidale parla saillie des placentas, du côté du mésométrium; leur volume, d'ailleurs assez diff"érent d'un renflement à l'autre, est celui d'une groseille à maquereau ordinaire. Je mets, ensemble, dans le liquide de Kleinenberg au tiers, les ovaires, trompes, utérus et vagin de ce sujet- — ]50 - 29 janvier. — $ VIIl. Ce matin, vers dix heures, les petits n'ont pas encore les yeux ouverts. Ç XXVI (5^ Q. c? Q a toujours sa plaie saignante et suppurante. Il semble aveugle : ses paupiè)'es sont chassieuses et collées l'une à l'autre. 2 XXVII (j^ 0. (j* est tout à fait hors de danger; mais son ventre ne grossit pas. 30 janvier. — Ç XXI. Ce matin, vers neuf heures et demie, les petits sont en train d'ouvrir les yeux : sur cinq, trois les ont déjà ouverts, deux les ont encore fermés. $ XXVI (5* Q, A la même heure, je trouve mort (^ Q. La nuit dernière, après minuit, il vivait encore. Il avait les yeux fermés et collés par la chassie. Il allait et venait sans cesse, à la course, de son nid à la nourriture, et inver- sement : il semblait toqué. Je fais son autopsie. Au niveau de la plaie, une anse intestinale est adhérente et amincie. Au-dessus de ce point, l'estomac et l'intestin sont distendus par les aliments; au-dessous, ils sont vides. Il y a, dans la partie vide, une invagination, d'ailleurs peu ancienne et peu enflaramée, La vessie est remplie et distendue par un liquide très coloré. Par une néo- membrane relativement très volumineuse, l'organe étranger est adhérent à la rate, au foie et à l'estomac; il est retiré sur lui-même; son contenu est informe et à l'état de masse pâteuse : évidemment, les vésicules embryonnaires ont été rompues et ont perdu leur liquide. Ç XXXI (5* R. Je transporte cT R auprès de $ XXVI, et je le remplace, auprès de $ XXXI. par ^ R. $ XXXII (^ B. Cette après-midi, entre quatre et cinq heures, j'opère Ç XXXII. L'opération marche à souhait. J'ouvre l'abdomen à droite, bien exac- tement sur l'ovaire; celui-ci, la trompe et l'extrémité tubaire de l'utérus font seuls hernie à l'extérieur; je fais la section tubo-utérine, je donne un point de suture à la paroi abdominale, et je collodionne la plaie. Le sujet paraît fort peu éprouvé par l'opération. Je le mets seul dans sa cage, et je transporte ^^ B auprès de ? XXXI. Embryons de Ç XXIV. Les embryons de ce sujet, au quinzième jour de la gestation normale, sont parfaitement formés, la queue, les membres et même les doigts bien nets. Les membres postérieurs sont palmés jusqu'au bout des doigts, comme les pieds du Triton palmé. Les yeux sont sans paupières, les oreilles largement ouvertes. L'embryon, non déroulé, mesure environ un cen- timètre de long. Il est rattaché au placenta par deux et trois cordons diver- gents. Le placenta est situé du côté du mésométrium. L'embryon, dans l'utérus, est placé en long, la tête vers le vagin, le ventre sur le placenta, le dos contre la paroi utérine opposée au mésométrium. 31 janvier. $ VIII. Ce matin, à dix heures, aucun des trois petits n'a encore les yeux ouverts. Ç XXI. Les sept petits sont très vifs et très remuants, les yeux bien ouverts. — 151 — $ XXVIII (^ p. Hier soir, quand je suis rentré, vers une heure de la nuit, $ XXVIII avait sept petits. Ce matin, je les retrouve tous, vivants. J'en sup- prime un, quf mon Émyde avale fort bien, malgré la saison. La mère ne pré- sente pas encore de bouchon vaginal; mais sa vulve a l'épiderme épaissi. Ç XXXI (^ B. Ce matin, Ç X^XI présente un très gros bouchon dans le vagin. Ç XXXII. Ce matin, $ XXXII parait fort vive ; mais elle a enlevé sou pan- sement, et sa plaie est humide : j'éponge celle-ci avec du papier buvard^ et je la recouvre de nouveau de coUodion. Ip"" février. — Ç 'VIII. Ce matin, vers dix heures et demie, les trois petits ont les yeux grand ouverts. $ XXVIII (^ P. Vagin dilaté, mais vide : le bouchon est tombé, sans doute. Il n'y a plus que cinq petits. Le nid est à découvert, dans un angle de la cage. Hier, j'avais transporté le nid et les petits dans la boîte disposée à cet usage; mais les parents ont remis les choses comme ci- devant; dans la boîte, complètement vide , ils vont uriner. Ç XXXI (} B. Ce matin, cette $ a le vagin vide. $ XXXII. Deux fois, hier, j'ai dû remettre du coUodion sur la plaie de ce sujet, et je dois en remettre encore à l'instant : il est enlevé à mesure ; d'ailleurs, la plaie a bonne apparence. 2 février. — $ XXVII (j* 0. (j* est d'une maigreur excessive; en outre, il n'a pas encore nettoyé son poil depuis l'opération. II a pourtant, aujourd'hui, l'œil bien ouvert, et je le crois tout à fait hors de danger. Pendant toute sa maladie, je l'ai vu boire beaucoup et souvent : il a dû avoir une fièvre intense. $ XXVIII (^ P. Toujours cinq petits : j'en supprime un. Portées des 23 et 25 décembre. Hier, quand j'ai voulu les panser, tous les petits se sont sauvés dehors : ils avaient fait un trou au plancher de leur cage. J'ai attendu l'heure du repos : alors, je les ai tous retrouvés dans le nid. Je les ai installés dans la cage du balcon (1). Ils y ont passé la nuit, et, ce matin, ils paraissent fort bien portants. 3 février. — ^ VIII. Cette $ ne paraît pas pleine. Je lui enlève ses petits. Ç XXI. Cette femelle est pleine de nouveau : depuis plusieurs jours déjà, sa grossesse est manifeste. Je lui enlève ses petits. $ XXXI (^ B. Je donne cf B à $ VIII ; et, cette nuit, vers onze heures, au cinquième jour de la gestation normale, j'opère $ XXXI : je lui sectionne l'extrémité utérine de la trompe droite. J'ai mis quelques instants à trouver l'ovaire, que je cherchais un peu trop bas; il est situé juste dans le creux du flanc. Quand la peau est incisée et écartée, une tache jaune indique sa place, à travers la paroi suffisamment transparente. Le sujet ne semble pas trop éprouvé (1) La cage figurée et (lé.;rite t. XLI, p. 419, i-iolée de l'aquarium. — 152 — par l'opération. Je le mets dans la cage de c^ , à la place de Ç XXVII , que j'isole. $ XXVI J^ R. Je donne cf R à ? XXI, et je laisse seule ? XXVI. Portées des 15 et 18 janvier. Je réunis dans une même cage ces deux portées, que je viens d'enlever à leurs mères. Tous ces sujets, malgré leur petite différence d'âge, ont sensiblement la même taille et la même vivacité. 6 février. — ^ XXVI. Je réunis à cette $ un jeune (}, soit (^ U, de la portée du 23 ou de celle du 25 décembre. Ç XXXI (5* 0. $ XXXI était, hier soir, tout à fait gaie : elle se livrait aux ébats habituels aux jeunes Ç pleines, sautant drôlement surplace, sans motif, et poussant devant elle, par de brusques mouvements des mains et du museau, les grains et les épluchures qui garnissent le fond de la cage. Quant à (j* 0, il est toujours en convalescence : il a bon poil, à présent; mais il est toujours maigre et chétif. Il sort bien plus souvent, pour boire ou manger, que ne font les autres Souris; mais il rentre de suite : jamais il ne reste à jouer dehors. Quoique sèche, sa plaie est toujours apparente. $ XXXII. Je donne à cette $ un jeune (5*, de la portée du 23 ou de celle du 25 décembre, soit i^ T. $ XXVII. Ce soir, vers six heures, au quatorzième jour de la gestation, je sacrifie $ XXVII. Elle a été opérée le lendemain du coït; or, à mon grand étonnement, ses deux utérus sont gravides, et il y a cinq fœtus du côté opéré, quatre seulement de l'autre! Les ovules n'étaient certainement pas encore descendus dans les utérus, au moment de l'opération : n'aurais-je point fait la section de la trompe? ou bien les deux bouts de l'organe se seraient-ils rapprochés et soudés, de façon à rétablir la communication de l'un à l'autre, avant l'époque du passage des ovules? Du reste, la lésion a guéri bieiî vite et bien complètement : il n'en reste plus d'autre trace qu'un grêle filet d'adhé- rence, qui sans doute allait bientôt disparaître à son tour, entre les points lésés de la paroi abdominale et de la trompe; et, suivant le cas habituel aux $ en gestation, le mésométrium, ainsi que la partie du péritoine et du tissu sous-cutané qui avoisinent l'utérus, la vulve et le vagin, sont excessive- ment gras. En outre, les renflements utérins présentent les dimensions et la forme normales au quatorzième jour : l'opération n'a déterminé aucun retard de la gestation (1). $ XXVIII c? P. Ce soir, j'enlève d^ P à ? XXVIII , et je le réunis à ? XXX, laquelle est manifestement pleine. ? XXX (5* H. Auprès de c^ H , je remplace Ç XXX, que je viens de (1) La guépiaon s'était trouvée complète avant que les ovules n'eussent atteint le stade d'arrêt, Btade pendant lequel, exulusivement, leur développement peut rester stationnaire, et sur lequel portent, exclusivement, les retards observés dans la durée de la gestation. — 153 — donuer à (j* P, pai- la jeune $ XXXIIl, de la portée du 23 ou de celle du 25 décembre. Cette $ est en rut, ou elle vient de s'accoupler : sa vulve est épaissie et dilatée. Portées des 23 et 25 décembre. Le nombre des petits laissés ensemble, de ces trois portées, se trouve ainsi réduit à six. 2 XXXIIl (j* H. Cette nuit, à une heure, j'examine $ XXXIIl : elle a un bouchon dans le vagin. 7 février. — $ VIII (5^ R. $ VIII n'était certainement pas pleine, et ce soir, sans doute, elle entrera en rut : sa vulve a les bords épaissis. Ç XXXIIl c? H. Ce matin, le vagin de $ XXXIIl est encore occupé par le bouchon; mais celui-ci est près de tomber : du liquide suinte autour de lui. 8 février. — $ VIII ^ B. Ce matin, vers dix heures, Ç VIII a un large bouchon vaginal en place. Je permute ,-f B avec (^ R. $ XXI (^ R. J'ai permuté (^ R avec c? B. Embryons et utérus, au quatorzième jour, de $ XXVII. Un embryon, non déroulé, a dix millimètres de long. Il a, dans l'utérus, la tête dirigée vers l'orifice vaginal. L'œil est net, bien marqué par un cercle de pigment (la mère n'était pas albinos), sans paupières. Les cinq doigts et orteils sont distincts, empâtés dans la palmure. Le placenta, auquel le fœtus adhère par plusieurs brides , a la forme d'une calotte épaisse, de sept millimètres de diamètre. L'amnios s'insère sur les bords et tout autour du placenta. Je ne trouve pas d'interruption de continuité entre la trompe et l'utérus droit. Cependant, je suis à peu près certain d'avoir fait porter la section soit sur l'extrémité utérine de la trompe , soit sur l'extrémité tubaire de l'utérus. Du reste, à son extrémité tubaire , l'utérus , plein et dilaté jusque-là , me parait présenter un aspect cica- triciel; en outre, en détachant la trompe d'un coup de ciseaux, je viens de pi'o- duire sur l'utérus , non pas une ouverture unique et axiale, mais deux petites ouvertures distinctes et excentriques. Quoi qu'il en soit, au point de vue du but qui me l'a fait entreprendre, cette expérience est nulle et non avenue, et je la referai. $ XXXIIl ç^ H. Je retire ç^ H, pour le donner à la jeune ? XXXIV, de la portée du 23 ou de celle du 25 décembre. Ce nouveau couple porte à douze le nombre des cages à surveiller et à panser chaque jour. Portées des 23 et 25 décembre. Les petits de ces deux portées réunis en- semble sont ainsi réduits au nombre de cinq. Parmi ceux-ci, il y a deux 9 et trois (^ ; les dix petits réunis d'abord comprenaient donc quatre $ et six (j*. $ XXVI (f U. Cette nuit, je vois J* U en train de faire la toilette de sa compagne. Il lui lisse les poils du dos et de la tête, les moustaches, et il paraît fort appliqué et fort actif à sa besogne; de son côté, elle se prête consciencieu- sement à ses soins, tournant la tête à propos, et clignant ou fermant les yeux, comme un patient chez son coiffeur : c'est un tableau tout à fait gracieux. Hier soir, j'observais la même scène dans la cage du couple $ XXIX (^ N. 9 février. — $ XXVI (^ U. Ce matin, vers onze heures, je sacrifie Ç XXVI; Tome XLIII 10* — 154 — comme d'habitude, je lui fais sauter la tête d'un coup de ciseaux. Elle a trois renflements utérins du côté gauche, aucun du côté droit : pas trace de gestation extra-utérine. Les renflements utérins ont la grosseur de grains de chènevis, à peu près comme au huitième jour de la gestation normale. La gestation de Ç XXVI était, en réalité, à son seizième jour : elle avait donc subi, sous l'influence du traumatisme au troisième jour, un retard de huit jours environ. Chez ce sujet, l'ovaire, la trompe et l'extrémité tubaire de l'utérus, du côté lésé, sont encore adhérents à la paroi abdominale (1). Je remplace, auprès de (5^ U, la $ sacrifiée par $ XXXIV. $ XXXIV (^ H. Hier, la vulve de ^ XXXIV était encore épaissie; aujour- d'hui, elle est tout à fait rétrécie et elle a tout à fait perdu l'aspect du rut. Cette $ s'était-elle accouplée, dans la cage commune, avec un de ses compagnons? Il serait curieux de constater la reproduction de (5* et $ aussi jeunes. Vers midi, j'enlève $ XXXIV, et je la remplace, auprès de (^ H, par $ XXXV. Celle-ci va sans doute être en rut ce soir; car sa vulve est épaisse et dilatée. Portées des 23 et 25 décembre. 9 XXXV est retirée de la cage commune, qui ne contient plus, ensuite, qu'une $ et deux (^. 10 février. $ XXXI (^ 0. Ce matin, vers neuf heures et demie, je trouve mort (^ 0. Il vient à peine de mourir : l'œil a tout son éclat, et il n'a pas encore perdu sa couleur rouge; le corps n'est pas encore en état de rigidité cadavé- rique. Ce sujet dépérissait de plus en plus, et sa fin ne pouvait tarder. Soit qu'il ne l'ait jamais nettoj^ée, soit qu'elle n'ait cessé de suppurer un peu jusqu'au dernier moment, soit même pour ces deux raisons, la plaie est encore apparente : autour d'elle, le poil est collé par touffes et taché de pus et de sang. En l'examinant de plus près, je constate qu'elle n'est pas encore cicatri- sée; pareille lenteur dans la guérison est bien extraordinaire pour une Souris! J'ouvre l'abdomen. Au niveau de la plaie, la paroi abdominale a quelques adhérences avec l'intestin, et de plus nombreuses avec la vessie et les testicu- les : ceux-ci sont tout à fait remontés et collés contre la plaie, et leur volume est très réduit ; les épididymes et les canaux déférents , au contraire , sont hypertrophiés. Le fragment d'organe étranger n'a pas été résorbé; il semble tel qu'il a été introduit; mais son contenu, ramolli, s'échappe par une de ses extrémités. Il adhère surtout à la vésicule séminale gauche. Je le détache avec celle-ci, et je mets le tout dans le liquide de Kleinenberg au tiers. Le gros intestin et la partie inférieure de l'intestin grêle sont seulement (1) Cette expérience démontre : 1» que, le surlendemain du coït, les ovules ne sont pas encore parvenus dans l'utérus; 20 que les ovules, même fécondés (je démontrerai que la fécondation peut avoir lieu presque aussitôt après le coït, tandis qu'elle n'est plus possible quelques heures après^, qui n'ont pas passé par l'uténis, ne produisent pas de gestation extra-utérine. La même expérience établit en outre qu'un traumatisme, au troisième jour après le coït, peut, comme la lactation le fait normalement, prolonger la durée de la gestation. — 155 — réduits de volume et vides; la partie supérieure de l'intestin grêle est de cou- leur jaune; elle est diffluente, et elle semble également vide d'aliments. Les reins sont durs, rugueux, pointillés de jaune et de rouge. C'est évidemment l'urémie qui a tué ce sujet, et qui Fa empêché de réagir sur sa plaie pour la guérir, et sur l'organe étranger pour le résorber. Il est mort empoisonné. Mais quelle est la nature de cette néphrite? (1). 11 février. — $ XXI (j* B. Ç XXI a un ventre énorme. $ XXVIII. Les quatre petits sont superbes. Ç XXX c? P. $ XXX étant près de mettre bas, je permute son (^ avec (^ H : ce dernier me paraît plus sûr pour la fécondation. Ç XXXV (^ H. Cette $ , quand je l'ai réunie à (^ H, avait la vulve épaisse et dilatée : je supposais qu'elle allait entrer en rut. Le rut, au contraire, était-il passé? Depuis, la vulve s'est rétrécie et amincie, sans que j'y aie observé de bouchon. Celui-ci, il est vrai, a pu survenir et disparaître entre deux examens de la vulve. Je permute J* H avec (j* P. $ XXXIII. Vers une heure de l'après-midi, je pratique sur cette $ , au sixième jour après le coït, la section de l'extrémité utérine de la trompe droite. J'opère, comme précédemment, par le haut du flanc. La trompe me paraît plus épaisse que d'habitude, ce que je regarde comme un indice de gestation com- mencée. Après l'opération, le sujet paraît fort vif et bien portant. 12 février. — $ XXIX c? N. Ce matin, cà neuf heures et demie, $ XXIX a sept petits ; sa vulve est propre, à bords épaissis. (^ N lui flaire les organes génitaux et cherche à s'accoupler. Voici qu'il s'accouple déjà. $ XXXIl c? T. Ce matin, à dix heures, je sacrifie Ç XXXII. Elle a été opérée, du côté droit, au quatrième, et elle est actuellement au dix-septième jour de la gestation. L'utérus gauche, et lui seul, présente des renflements. Ceux-ci, au nombre de trois, sont plus gros que des grains de millet, mais plus petits que des gi-ains de chènevis ; c'est exactement le volume qu'ils pré- sentent au septième jour de la gestation normale (2). La gestation, cette fois, (1) Les roins de ce sujet, ainsi que le fragment d'utérus retiré de sa cavité abdominale, ont été remis à M. le D' J. Albaran, qui a bien voulu en faire l'examen histologique, et qui a consigné le résultat de son examen dans les lignes suivantes : 1» Reins. <( Ces organes, légèrement augmentés de volume, présentent une surface irrégulière, un peu bosselée. Au microscope, on voit qu'ils sont atteints d'une dégénérescence (colloïde?! occupant exclusivement les systèmes de tubes contournés de la substance corticale. La dégénérescence est si étendue, qu'on a de la peine à trouver quelques tubuli conlorti conservés. Les cellules se chargent de gouttelettes réfringentes, et, envahies en entier, finissent par être détruites : elles ne sont pas colorées par l'acide osmique, ce qui éloigne l'idée d'une dégénérescence grais.seuse. » 2» Utérus. « Sur les coupes, on distingue encore les parois musculeuses de l'utérus fort bien con- servées, continues en dehors avec un tissu embryonnaire de nouvelle formation, qui forme les adhérences. La muqueuse utérine n'est plus visible, et, dans l'intérieur de l'organe, on distingue confusément une masse en dégénérescence granuleuse. » (2) C'est aussi le volume qu'ils présentent aussitôt après le stade d'arrùt. — 156 — a donc été retardée de dix jours environ (1). Au 'niveau de la lésion trau- raatique, l'utérus et la trompe sont adhérents à la paroi abdominale. $ XX.XIII. Je transporte c? T dans la cage de ? XXXIII. Portées des 23 et 25 décembre. Je retire et j'installe à part la dernière Ç, soit XXXVI, qui restait dans laçage commune; celle-ci ne contient plus que trois (}. 13 février. — Ç XXVIII. Ce matin, à dix heures, les petits n'ont pas encore ouvert les yeux. $ XXIX (^ N. Parmi les sept petits de cette $ , il y a trois albinos et quatre bruns : j'en juge par le cercle brun qui marque l'œil des derniers, tandis que l'œil des albinos a la même coloration que la peau. Je supprime un des bruns. Je n'ai pu, cette fois, surprendre le bouchon dans le vagin de la $ ; mais, d'après l'excitation génésique que le (^ manifestait, et d'après les disposi- tions habituelles aux Ç qui viennent de mettre bas, je suis persuadé que l'accouplement a eu lieu, hier soir. Dans le cas actuel, d'ailleurs, la constatation du bouchon vaginal devait être difficile pour deux raisons : 1° parce que cette Ç , étant de très grande taille, doit avoir un vagin proportionnellement large et profond ; 2° parce que, de suite après la parturition, le vagin vient d'être et doit rester quelque temps distendu. $ XXXI. Ce soir, je retire c? N à $ XXIX, et je le donne à $ XXXI. Celle-ci a la vulve épaisse et élargie. Le (^ veut la couvrir; mais elle se défend. Alors j'enlève (^ N. ? XXXVI. Je le donne à $ XXXVI. 14 février. — $ VIII (^ R. Ce matin, je sacrifie ç^ R, opéré le 24 décembre, il y a plus d'un mois et demi. Tous ses viscères sont en parfait état, sans trace d'adhérences anormales ni entre eux ni avec la paroi abdominale! A droite et près de la ligne médiane, sous la masse intestinale, entre le rein et le rectum, je trouve le fragment d'utérus introduit jadis dans l'abdomen. 11 est contracté, raccourci et élargi, mais ne semble pas avoir beaucoup diminué de volume : il a la grosseur d'un grain de chènevis. Il est enkysté dans une membrane de for- mation nouvelle, mais absolument libre dans la cavité abdominale. Je le mets dans le liquide de Kleinenberg au tiers. Ainsi, toutes les adhérences qui ont pu s'établir et qui se sont certainement établies, entre les viscères, la paroi abdo- minale et l'organe étranger, ont absolument disparu ! (IJ Cette expérience appuie celle dont Ç XXVI a été le sujet (9 février). Elle démontre : 1» que» au quatrième jour après le coït, les ovules ne sont pas encore descendus et fixés dans l'utérus; 2" que les ovules, quoique fécondés, qui n'ont pas passé par l'utérus ne produisent pas de gestation extra- utérine; et 3° qu'un traumatisme, au quatrième jour, peut, de même que la lactation, prolonger la durée de la grossesse. Remarquons que le retard provoqué par un même traumatisme est d'autant plus considérable, que l'époque de l'opération a été plus rapprochée de l'époque d'arrivée des ovules dans l'utérus. — 157 — J'extrais la langue de (^ R, et je la frictionne avec le contena encore fluide de ses vésicules séminales. Je veux voir si ce liquide, en imprégnant l'épithé- lium de la langue, ne lui communiquera pas l'aspect corné. La friction faite, je place et je laisse quelque temps la langue dans l'abdomen et sous la masse intestinale du sujet; puis je la porte dans l'alcool. $ XXVIII. Ce matin, à dix heures, deux des quatre petits ont les yeux ouverts, un les a encore fermés, le quatrième a l'un ouvert, l'autre fermé. ^ XXX (} H. Ce matin, vers dix heures, $ XXX a cinq petits; cette nuit, à deux heures, elle n'était pas encore délivrée. Elle a la vulve propre et épaisse. $ XXI c? B. Ce soir, vers huit heures, dans le nid de ce couple, il y a quatre petits. La $ avait le ventre bien gros, pour si peu ! Peut-être n'a-t-elle pas fini sa parturition? 15 février, — $ XXI (^ B. Ce matin, à neuf heures, les petits sont toujours au nombre de quatre, et la mère a un bouchon dans le vagin. Je supprime un des petits, et je retire ç^ B. $ XXVIII. La grossesse de cette $ est déjà apparente. Ses quatre petits sont bien vifs et bien éveillés. Bien qu'ils n'aient ouvert les yeux qu'hier, je les sépare de leur mère, et je donne à celle-ci (j* U. Ç XXIX. Déjà, à côté des trois albinos, les trois petits pigmentés ont l'air de petits nègres. $ XXX (^ H. Toujours cinq petits, bien vifs. $ XXXIV (^ U. Je retire J* U, et je le remplace par ,$ B. Portées des 15 et 18 janvier. Ce matin, à ces deux portées, je réunis les quatre petits, nés le 30 janvier, de $ XXVIII. Ceux-ci n'ont les yeux ouverts que depuis hier, et ils sont d'une quinzaine de jours plus jeunes que leurs camarades. Cette réunion n'est pas sans amener un grand trouble dans la petite communauté. Avec les nouveau-venus, pour leur donner confiance et les protéger contre les anciens, j'ai apporté des fragments de leur nid; mon strata- gème dépasse le but: évidemment effrayés par l'odeur d'étrangers et d'adultes qui s'exhale de ces débris, les anciens se sauvent et courent se cacher dans tous les coins. C'est surtout pour les jeunes animaux, encore sans défense, que l'étranger, c'est l'ennemi! 16 février. — $ XXX cj* H. Ce matin, vers neuf heures, je retire c? H. $ XXXI. J'avais l'intention de sacrifier $ XX^CI ce matin; mais, comme elle ne paraît pas pleine et que sa vulve épaissie semble annoncer un rut pro- chain, je renonce à mon projet, et je lui donne (^ H. $ VIII. Ce soir, vers neuf heures et demie, au dixième jour de la gestation normale, je sacrifie Ç VIII. Elle a cinq renflements utérins à droite, trois à gauche, gros comme de petits pois. Quatre de ces renflements sont utilisés dans mes essais de gestation artificielle; le vagin, le reste des utérus, les trompes et les ovaires sont placés dans le liquide de Kleinenberg au tiers. — 158 — $ VIII a été le premier sujet sur lequel j'aie pratiqué la laparotomie : elle n'en a pas moins été très féconde ; cependant, elle a encore une anse intesti- nale adhérente à la paroi abdominale. Ce fait, d'une adhérence anormale aussi longtemps persistante, paraît en désaccord avec mes autres observations; mais il s'explique, je crois, par la nature de l'adhérence. Quand celle-ci n'intéresse que le feuillet superficiel ou péritonéal d'un organe, elle disparaît vite ; mais elle doit être plus durable, quand elle est établie dans la profondeur des tissus; or, dans le cas actuel, l'intestin adhérait à toutes les couches de la paroi abdominale, depuis le péritoine jusqu'à la peau, au-dessous de laquelle il faisait une hernie , très apparente du vivant de l'animal. Quant aux autres adhérences qui ont dû se produire en assez grand nombre à la suite de l'opé- ration, on n'en voit plus trace. Portées des 23 et 25 décembre. Ce soir, pour les faire servir à mes expé- riences de gestation artificielle , je retire de la cage du balcon les trois (^ qui restaient seuls à l'occuper. Un premier est sacrifié en pure perte : je voulais porter un fragment d'utérus gravide dans le scrotum, à la place d'un testicule ; mais, ne réussissant pas à amener celui-ci par l'ouverture pratiquée au scrotum , pour me rendre compte de la situation des parties , et pour mettre fin à ses souffrances, je tue la bête. Je constate alors qu'elle a les testicules profondément remontés dans la cavité abdominale, et que, dans ces condi- tions, il est difficile, parmi des tissus plissés et ratatinés, de tomber dans la cavité séreuse du scrotum et d'y saisir le crémaster. Dans l'abdomen de chacun des deux autres (}, je transporte deux renfle- ments utérins , isolés l'un de l'autre, de $ VIII. J'ouvre la cavité abdominale d'un sujet, soit (^ V, par le haut du flanc droit, celle de l'autre, soit (^ X, par le ventre. En aucun cas, l'intestin ne fait hernie au dehors ; mais, dans le dernier, j'ai beaucoup de peine à introduire les renflements; ils sont bien des fois expulsés. A l'avenir, je n'ouvrirai plus l'abdomen que par le dos. Après l'opération, les deux sujets sont très vifs et très vigoureux, et ils se mettent aussitôt à manger. Je les installe tous deux dans une même cage. Portées des 15, 18 et 30 janvier. Les quatre dernier-venus font mainte- nant bon ménage avec leurs aînés. Je transporte toute la communauté dans la cage du balcon, qui vient d'être vidée; mais, pour cette première nuit, je rentre celle-ci dans mon cabinet. 18 février. — $ XXVIII (^ U. Cette $ a déjà le ventre fort gros. $ XXXI ^ H. Décidément, Ç XXXI n'avait pas été fécondée; en tout cas, je crois être sûr qu'elle ne s'est pas accouplée depuis l'opération : sa vulve était en voie de rétrécissement, son rut était passé, quand je l'ai livrée à (j^ H, il y a deux jours. $ XXXIV (5* B. Cette $ est manifestement pleine. $ XXXVI (^ N. Cette ? paraît pleine. c? V J* X. La santé, générale et locale, des deux opérés est excellente : à — 359 - leur vivacité, on ne devinerait jamais qu'avant-hier ils ont eu le ventre ouvert. Nouveaux sujets. Au Marché aux Oiseaux, j'ai acheté, hier, trois nouvelles $ , une albine et deux brunes. Je les laisse provisoirement ensemble, dans une grande cage. Elles y sont constamment en querelle. 19 février. — $ XXXI (^ H. Vers cinq heures de raprès-midi, je sacrifie 2 XXXI. Elle a été opérée au cinquième, et elle est sacrifiée au vingt-unième jour après le coït; mais elle n'était pas en gestation. Au point lésé par l'opé- ration, l'extrémité tubaire de l'utérus, la trompe et l'ovaire adhèrent en masse à la paroi abdominale. A part cette adhérence, tous les viscères sont en par- fait état. Auprès de (^ H, je remplace la morte par la $ albine achetée avant- hier, soit ? XXXVII. 20 février. — $ XXIX. L3s petits sont bien velus. Parmi les six, trois sont parfaitement albinos, et trois ont la robe, gris uniforme, de la Souris sauvage. Ç XXXIII (^ T. Depuis plusieurs jours déjà, cette $ est manifestement en état de grossesse. 9 XXXV (^ P. Je crois cette Ç pleine : sa grossesse, dans ce cas, com- mence juste à devenir apparente. (5^ V (5* X. La santé des deux opérés continue de se montrer on ne peut meilleure. Il me semble voir des grosseurs dans leurs ventres, surtout dans celui de (^ V. 21 février. — Ç XXXIII ç? T. J'isole ? XXXIIl, pour la sacrifier tout à l'heure. $ XXXIV J* B. La i^ a un ventre énorme. $ XXXV (^ P. La grossesse de cette $ est, dès aujourd'hui, tout à fait évidente. Ç XXXVI (^ N. Cette $ aie ventre très gros : sa grossesse est indubitable. Je lui enlève le (^. Nouveau -venues. Des deux Ç brunes, récemment achetées, je livre l'une, soit ? XXXVIII, à c? T, et l'autre, soit $ XXXIX, à J N. cJ V c? X. Santé toujours excellente, les plaies complètement cicatrisées et le poil propre. (^ V présente une grosseur arrondie au voisinage de la plaie, une autre dans le flanc opposé. Ç XXXI II. Vers onze heures, ce matin, je sacrifie $ XXXIIL Elle a été opérée au sixième, et elle est sacrifiée au seizième jour depuis la fécondation. Elle a deux fœtus à droite, c'est-à-dire du côté opéré, un à gauche. Les renfle- ments utérins ont le volume d'assez belles groseilles à maquereau, et ils sont franchement ovoïdes, peu déformés par l'éminence placentaire; leur état de développement, en somme, est l'état normal au seizième jour : la gestation n'a pas été retardée par l'opération (1). Au point lésé par le traumatisme, (1) Cette expérience complète celles dont $ XXVI et $ XXXII ont été les sujets. Elle prouve que la section tubo-utérine, pourvu qu'elle soit fatte après que les ovules sont descendus (peut-être — 160 — l'utérus et la trompe sont encore largement adhérents à la paroi abdo- minale. 22 février. — ? XXXVIl ,^ H. Cette ^ a la vulve épaisse et ouverte : elle sera sans doute en rut ce soir. 23 février. — Ç XXXVIl (^ H. Ce matin, à dix heures, cette $ a un bou- chon très net dans le vagin : cette nuit, à une heure, elle ne l'avait pas encore. Fœtus de $ XXXIll. Dans l'utérus de cette $ , sur les trois fœtus, deux avaient la tète tournée vers le vagin, un l'avait dirigée vers l'ovaire. Du côté opéré, entre les deux fœtus, il y a une tumeur, du volume d'un grain de chènevis, que je considère comme un produit de gestation avorté. Les embryons sont beaucoup plus avancés que ceux du quinzième jour ( ^ XXIV) : le museau est bien formé, et il présente les éminences destinées à supporter les vibrisses; la peau est toute couverte de petites papilles (papilles pileuses?); le pavillon de l'oreille se montre nettement; il n'y a plus de fontanelle occipitale ; l'œil est encore à découvert, mais il est entouré du bourrelet palpébral en saillie. Un embryon non déroulé mesure douze millimètres de long. Ç XXXVIl (5* H. A une heure de l'après-midi, en opérant toujours par le haut du flanc, je pratique, sur cette $ , la section de l'extrémité tubaire de l'utérus. Le bouchon vaginal est encore en place, et l'utérus est distendu par le sperme et le liquide utérin : par la section, le liquide s'écoule en abon- dance. J'examine celui-ci vivant, au microscope, avant d'en faire une prépara- tion permanente. Il contient de nombreux spermatozoïdes, la plupart immo- biles, quelques-uns ayant encore un reste de vie, qu'ils manifestent par des mouvements oscillatoires lents et très faibles. Ainsi, douze heures après le coït, la fécondation est déjà faite, puisque la liqueur spermatique ne serait plus en état de la faire. Après l'opération, le sujet est remis dans sa cage, avec son ,^ : il est fort bien portant. J'ai fait porter la section sur l'utérus, faut-il ajouter et fixés) dans l'utérus, n'empêche pas la gestation, même du cOté lésé : si, donc, dans mes expériences précédentes, il n'y a pas eu gestation de ce côté, on ne saurait expliquer ce résultat par l'effet du traumatisme; il faut nécessairement admettre que, dans ces conditions, les ovules du côté droit ne se sont pas développés en embryons, uniquement parce qu'ils ont été, dès le début, privés de tout rapport avec l'utérus. Dans le cas actuel, au moment de l'opération, les ovules étaient déjà non seulement descendus, mais même enkystés dans l'utéras; le traumatisme, en effet, n'ayant pas retardé la gestation, a dû survenir après le stade d'arrêt, c'est-à-dire après l'enkys- tement des ovules. Ceux-ci se sont ainsi trouvés dans l'alternative ou de poursuivre leur dévelop- pement régulier, ou de périr : trois d'entre eux ont pris le premier parti, mais un au moins semble avoir pris l'autre parti (23 février). En ce qui concerne l'époque du passage des ovules dans l'utérus, deux premères expériences positives nous ont montré que ce passage n'avait pas encore eu lien au troisième et au quatrième jour après le coït; et nous voyons, dans celle-ci, que ce passage était accompli au sixième jour : une expérience ultérieure nous éclairera à l'égard du cinquième jour. 11 importe d'ailleurs de remarquer que l'époque de ce passage peut présenter quelques variations d'un sujet à l'autre. — 161 — alin do ne pas conserver de doutes sur mon opération, connue il m'est arrivé dans le cas de '^ XX^'1I : l'utérus étant très facile à distinguer jusqu'à sa limite, à travers l'incision de la paroi abdominale, tandis que la trompe, fine et entortillée, pourrait être à la rigueur confondue avec les petites niasses bosselées de tissu graisseux environnant. Quand l'utérus a été touché par les instruments, il s'est aussitôt contracté et rétréci aux points touchés, en chassant son contenu vers les parties voisines. Une telle contractilité, après le coït et avant la chute du bouchon, est évidemment de nature à faciliter la féconda- tion, en agitant le sperme dans le liquide utérin, et en repoussant le mélange fécondateur vers les orifices tubaires, les seuls qui soient libres à ce moment. $ XXXV 1^ P. Ensuite, je transporte (j^ P au Laboratoire d'Histologie du Collège de France, et je l'y sacrifie (1). Il y a soixante huit jours que ce sujet a reçu dans l'abdomen deux fragments d'utérus gravide contenant, respec- tivement, deux et trois produits au huitième jour de la gestation. Ces frag- ments d'organe étranger ne sont pas encore résorbés. L'un, le phis petit, est complètement libre dans la cavité abdominale; l'autre, le plus gros, est fixé au mésentère, dans une anse intestinale dont le sommet, au niveau du trauma- tisme, est lui-même adhérent à la paroi abdominale. D'ailleurs, tous les orga- nes sexuels sont parfaitement bien développés. L'ancienne plaie n'était plus apparente extérieurement. En remplacement du ^T sacrifié, je donne .J* T à ? XXXV. Ç X.XXVII r^ H. Ce soir, 5 XXXVII est en excellente santé. Je lui retire c?H. $ XXXVIII c? T. Ce soir, ? XXXVIII ayant la vulve épaisse et dilatée et me paraissant proche du rut, pour plus de chance de fécondation je rem- place, auprès d'elle, le jeune (^ T par l'extra-adulte (^ H, 24 février. — Ç XXI. Les petits n'ont pas encore les yeux ouverts. $ XXVIII (j* U. Le ventre de cette $ a des dimensions elïrayantes. $ XXIX. Ce matin, à dix heures, les six petits ont encore, tous, les yeux fermés. Ç XXXIV (^ B. Ce matin, je trouve six petits dans le nid; cette nuit, à (1) M. le ï)' W. VrtNal, répétiteur à ce laboratoire de 1 École des Hautes-Études, a bien voulu se charger d'étudier histologiquement, chez les Souris soumises a, mon expérimentation, le processus de la greffe et de la résorption des fragments d'utérus gravides introduits dans leurs cavités abdo- minales, ainsi que le processus de la formation et de la disparition spontanée des adhérences périto- néales, conséjutives au traumatisme intra-abdominal et à la péritonite. J'ai recueilli, au cours de mes expériences, et je lui ai remis les pièces susceptibles d'être utilisées dans cette étude. Le désir, déjà formulé (p. 70, note 2), de voir des efforts distincts converger vers un but commun, m'engage à prier au.ssi M. Vigm.\l de vouloir I ien désigner, chaque fois et individuellement, par les mêmes lettres de l'alphabet qui leur ont été attribuées dans ce mémoire, les sujets qui lui fourniront des oliservations ou de.s descriptions. TomeXLIIl il — 162 - une heure, la mère n'était pas encore déliviée. Elle ne présente pas de bou- chon vaginal. $ XXXVII. Cette $ paraît un peu affaiblie. Ç XXXVIII c? H. Ce matin, dans la vulve complètement soudée de Ç XXXVIII, je cherche et je trouve des fiagments reconnaissables de bouchon vaginal : la masse du bouchon est encore, sans doute, cachée dans la profon- deur du vagin. Cette nuit, à une heure, il n'y avait pas encore eu d'accouple- ment, et actuellement, sous mes yeux, le i^ fait encore des tentatives de coït. Ç XXXIX c? N- Cette $ a la vulve, élargie et épaissie : elle sera sans doute en rut aujourd'hui. (5^ V (5* X. Les deux sont vifs et gais : ils résorbent, sans doute. $ XXVIII (5* U. Ce soir, vers sept heures, je constate que $ XXVIII a mis bas huit petits, tous bien vifs, d'un rose ardent. Sa vulve est propre, et paraît encore vide de bouchon. Ç XXIX. Ce soir, à la même heure, un des six petits, un seul encore, a ouvert un œil, un seul œil. Ç XXXIV (^ B. Ce soir, vers huit heures et demie, $ XXXIV a un bou- chon profondément enfoncé dans le vagin. Je lui retire (f B, et je lui supprime un petit, réduisant ainsi le nombre de ses nourrissons à cinq. Ç XXXVI. Cette $ paraissant approcher du terme de sa grossesse, ce soir, vers neuf heures, je lui donne J^ B. $ XXXIX (^ N. Ce soir, à la même heure, $ XXXIX ne présente pas encore de bouchon, (j* V (5* X. Je transporte (^ V dans la cage de $ XXXVII. 25 février. — ^ XXVIII ^^ U. Les petits sont réduits à six. Au fond de la vulve, épaisse et dilatée mais en partie soudée, de $ XXVIII, j'aperçois l'extrémité d'un bouchon. $ XXIX. Ce matin, les six petits ont ouvert les yeux. $ XXXVIII c? H. Je remplace, auprès de $ XXXVIII, <^ H par (^ X. $ XXXIX (^ N. Ce matin, Ç XXXIX a la vulve très épaisse, très élargie, et soudée vers le fond ; mais je n'y vois pas de bouchon : je pense cependant qu'elle aura été fécondée. 26 février. — $ XXVIII (^ U. Dans l'après-midi, je supprime un des petits : leur nombre est ainsi réduit à cinq. Ç XXIX. J'enlève cette $ à ses petits, et je la transporte dans la cage de $ XXXVI (^ B. Cette après-midi, à cinq heures, cette Ç a sept petits; ce matin, à dix heures, elle n'était pas encore délivrée. Sa vulve est propre, et sa parturition païaît bien terminée. 27 février. — 9 XXL Ce matin, à dix heures et demie, les petits de ^ XXI ont encore les yeux fermés. Ç XXX. A la même heure, les petits de $ XXX sont en train d'ouvrir les — 163 — veux : un des cinq a les deux yeux, un autre n'a encore qu'un œil ouvert. Ç XXXVI (j* B. A la même heure, $ XX.XV1 présente un énorme bouchon, large, saillant jusque dans la vulve. Ses petits sont toujours au nombre de sept. 9 XXXVIII (^ X. Cette après-midi, en procédant toujours de la même façon, au cinquième jour à partir du coït, je sectionne, exactement à sa limite utérine, la trompe droite de $ XXXVIII. Pendant l'opération, comme je cherchais la trompe (l'ovaire se présentait par sa face interne), une anse d'intestin a fait saillie au-dehors; mais la hernie était peu considérable et a été facilement réduite. Je remets l'opérée dans sa cage, avec son compagnon. Portées des 11 et 13 février. Aux six petits de Ç XXIX, trois bruns et trois albinos, nés le 11 février, je réunis les cinq petits albinos de $ XXX, nés le 13 février. $ XXX. Vers midi, au quatorzième jour de la gestation tri-décadaire, je sacrifie $ XXX. Ses utérus sont fort réduits. Ils présentent néanmoins des renflements : cinq à droite, deux à gauche, gros un peu plus que des grains de millet, un peu moins que des grains de chènevis. Cette $ avait déjà le ventre gros; mais cela tenait à ce qu'il était gras. 28 février. — $ XXI. Les trois petits circulent vivement dans le nid, les yeux grand ouverts; ils ont dû les ouvrir hier, dans la journée. Je sépare les petits de leur mère. $ XXXV (5* T. $ XXXV n'a pas encore mis bas, ce matin. $ XXXVI (j* B. Je réduis à cinq, par la suppression de deux, les petits de $ XXXVI, et je retire (^ B. Portées des 15, 18 et 30 janvier. De la cage commune, je retire une ^, soit $ XL, née le 15 ou le 18 janvier, et je la réunis à c^ B. Elle a la vulve un peu épaissie et ne tardera pas à entrer en rut. Portées des II et 13 février. Aux onze petits de ces deux portées, je réunis les trois petits, nés le 14 février, de Ç XXI. 1" mars. — ? XXVIII (^ U. Je retire d* U à ? XXVIII, pour le donner à $ XXI. $ XXXV c^ T. Ce matin, à dix heures, $ XXXV a cinq petits : cette nuit, à une heure, elle n'était pas encore délivrée. La vulve de la mère est propre et collée : je la décolle aisément; mais je la trouve vide de bouchon. $ XXXVl. Hier, j'avais mis de côté, sans les protéger contre le fi-oid extérieur, les deux petits retirés à cette Ç : c'était une rései've pour porter à cinq le nombre des nourrissons de Ç XXXV, dans le cas où sa portée aurait été moins nombreuse. Ce matin, ces petits vivent encore : ils sont comme engourdis, la bouche ouverte; mais, dès qu'on les touche, ils font des mouve- ments : ils reviendraient fort bien à la vie , s'ils étaient réchauffés et nourris. Je les donne à la Tortue, qui les mange. Ç XL (j* B. $ XL ne présente pas de bouchon; sa vulve est plus épaissie et plus dilatée que précédemment. — 164 — Ç XXXV (^ T. Ce soir, vers onze heures, cette $ u'a pas de bouchon, mais elle a du liquide dans le vagin. 2 mars. — $ XXXV ^^ T. $ XXXV n'a pas de bouchon, mais elle a du liquide dans le vagin. Ç XXXVII. $ XXXVII a partiellement enlevé le collodion de sa plaie, et celle-ci se trouve à nu; elle est humide , mais suppure à peine : je n'y touche pas. Ç XL (^ B. Ce matin, à neuf heures, $ XL a le vagin distendu par un énorme bouchon; hier soir, à onze heures, elle avait encore le vagin vide. Portées des 15, 18 et 30 janvier. Un ,^, de la dernière portée, est trouvé noyé dans le vase d'eau. 3 mars. — $ XXVIII. Ce matin, au h .Uième jour de la gestation (tri-déca- daire par allaitement de cinq nourrissons), je sacrifie $ XXVIII (Ses petits serviront à nourrir la Tortue : celle-ci a mangé jusqu'à présent, malgré l'hiver, tous les Souriceaux que je lui ai donnés, et elle vient déjà d'en avaler un aujourd'hui). Dans ses utérus, il y a des produits de gestation, fort petits (1) et en saillie du côté du mésométrium, plus nombreux dans l'utérus droit que dans le gauche : je les compterai après demain, après l'action des réactifs. Je mets les utérus et les ovaires dans le liquide de Kleinenberg au tiers, le vagin dans le liquide de Millier. $ XXXVIII (^ X. Ce matin, Ç XXXVIII a un énorme bouchon dans le vagin : cette $ n'avait donc pas été fécondée le 23 février; et, d'autre part, (^ X, malgré son jeune âge et malgré l'opération qu'il a subie il y a quinze jours, est apte au coït. $ XL c? B. Je retire (j* B. Portées des 15, 18 et 30 janvier. Je fais le recensement des sujets de ces portées réunis dans la cage du balcon. J'ai rentré la cage à cet effet; et j'ai été bien inspiré; car un sujet s'en échappe : il s'enfuit sous les meubles. Parmi les sujets restant dans la cage, qui sont au nombre de onze, il y a six (^ et cinq $ . Je retire une des plus âgées Ç , soit Ç XLI, pour la réunir à rf B. Cette Ç a la vulve épaisse, quoique fermée : elle vient d'être ou va entrer en rut. Dans la nuit, près du meuble sous lequel s'est réfugiée la fugitive et que je ne puis déplacer, je place la boîte -nid et une brique creuse, retirées à cet effet de la cage du balcon : la bête ne tarde pas à venir dans la brique, et à se faire prendre. C'est une $ , et elle a un bouchon dans le vagin : un bouchon bien petit, il est vrai. Ainsi donc, déjà, quand elles sont âgées au plus de quarante-sept jours, des Souris des deux sexes sont aptes au, coït effectif, avec bouchon vaginal! Un coït aussi précoce demeure sans doute infécond? 5 mars. — $ XXXV (^ T. Je retire (^ T. Ce couple habitait la grande cage (1) Ce sujet était au stade d'arrêt de a gestation. — 165 — à séparation horizontale. Ces jours derniers, vers et après l'époque de la nais- sance des petits, c^ T s'était fort activement emplo3'é, pendant plusieurs jours, à transporter brin à brin, dans l'étage supérieur, de la paille, qu'il puisait dans la boito-nid placée à l'étage inférieur, et à se construire avec elle un nouveau nid; mais il n'avait pas achevé et n'avait pas habité ce dernier; il a constamment couché avec la $ et les petits. $ XIJ (^ \^. La vulve de cette $ se rétrécit peu à peu : le int était passé quand je l'ai livrée à rj* R. Portées des 1.5, 18 et 30 janviei-. De la cage du balcon, je retire une des $ les plus âgées, soit Ç XLII ; et je la réunis à ^T T- Les (^ ont un développement beaucoup plus rapide, ou, pour mieux dire, ils devii'unent, dans le même temps, beaucoup plus gros que les Ç. Le fait est patent, dans la cage du Ijalcon. En faisant abstraction des sujets, encore bien reconnaissables, de la dernière portée, on ne dirait jamais q;;e, parmi les antres, ces gros (j* et ces petites Ç sont du même âge? Si c'est la première fois que je l'inscris, plusieurs fois déjà j'ai fait cette remarque. Utérus, au huitième jour, de ^ XXVllL II j a sept produits de gestation dans l'utérus droit, un seul dans l'utérus gauche de ce sujet. Chacun de ces produits, bien plus petit qu'un grain de millet, est composé d'une tache jaune, au conti'e d'un ovoïde clair; il est contenu dans l'épaisseur de la paroi utérine et fait, presque tout entier, saillie du côté du mésométrium. En arrière de chacun de ces produits, en allant de l'ovaire vers le vagin, il y a, à une petite distance, une tache pigmentaire sans relief mais bien plus fortement colorée que lui. Que sont ces formations utérines? L'utérus droit, chez la Souris, est beaucoup plus long que le gauche (1) : sur ce sujet, la différence est au moins du simple au double. Ç XXXIV. ^'ers midi, au dixième jour de la gestation (tri-décadaire par allaitement de cinq petits), je sacrifie Ç XXXIV. 11 y a dans chacun de ses utérus trois ijrodnits de gestation. Bien plus petits que des grains de millet, ceux-ci font leliei" du coté du mésométrium, et tranchent par leur opacité et leur couleiu- jaune sur la translucidité et la pâleur de l'utérus. En somme, dans le cas de $ XXXIV, comme dans celui de $ XXVIII, les utérus sont au .sLade d'arrêt, de la gestation. Ç XXXVI. Je supprime, au huitième jour, les petits de cette '^ , et je les remplace pai' les petits, au dixième jour, de Ç XXXIV. Je fais cette substitu- tion en deux fois, en opéi'aut d'abord, vers une heure de Taprès-midi, sur deux petits, et puis, deux heures après, sur les trois autres. (1) Le rein et l'ovaire, qui .sout CDutigu.s, .sont beaucoup pius ant(5neureiueiit situés du côté droit que du côté {j^auche. Cette différence de niveau m'a paru constante; elle est sensi le dès la naissn uce — 166 — $ XL. Vers deux heures de l'après-midi, je fais subir à Ç XL, au cinquième jour après le coït, la section tubo-utérine droite. I/opération est rapidement faite, et la section pratiquée exactement entre la trompe et l'utérus. Le sujet n'en paraît pas fort éprouvé. 6 mars. — Ç XL. Cette opérée se porte fort bien; n^ais elle a enlevé son pansement au coUodion; sa plaie, ainsi mise à nu, est un peu humide, mais d'ailleurs fort petite. $ XLII (5* T. Ç XLII venait sans doute d'être en rut; sa vulve est encore un peu épaisse. 7 mars. — !j^ XXXV. Ce matin, vers dix heures et demie, au septième jour de la gestation retardée (gestation de nourrice allaitant cinq nourrissons), je sacrifie Ç XXXV. Elle a cinq produits de gestation dans l'utérus droit, deux dans le gauche : l'utérus droit a bien deux fois et demie la longueur du gauche. Les produits de gestation, taches pigmentaires jaunes en relief du côté du mésométrium, sont exactement semblables, de taille et d'aspect, à ceux de $ XXVIII (huitième jour) et de ':^ XXXIV (dixième jour) : Ç XXXV était, de même, au stade d'arrêt de la gestation. Je sacrifie aussi les petits de cette $ . Je recueille, pour M. le Prof, van Bambeke et pour M. le D' Henry Morau, des utérus et des vagins en voie de développement, jour par jour depuis la naissance. D'après le plus ou le moins d'écartement du phanère génital à l'anus, je préjuge les sexes de ces jeunes sujets; et, dans les cinq cas^ mon diagnostic a priori se trouve confirmé par l'autopsie. A l'intérieur, les sexes sont déjà bien caractérisés : les utérus et les ovaires sont parfaitement distincts chez la Ç ; le (^ a les testicules à leurs places définitives dans l'abdomen, et ses vésicules séminales ont déjà la forma normale; mais, à l'extérieur : chez la Ç , même sur le cadavre et à la loupe, je ne puis distinguer la moindre trace de vulve, et, chez le J*, le scrotum n'est pas plus apparent; quant au phanère génital, il a le même dévelop- pement et la même apparence dans l'un et l'autre sexe. Ç XXXIX (^ N. Cette Ç me semble pleine. Je lui retire son (^. Portées des 15, 18 et 30 janvier. Cette après-midi, je retire, de la cage du balcon, une Ç des plus âgées, soit $ XLIII, et je la réunis à (^ N. Elle a la vulve très épaisse et dilatée : elle ne va pas tarder à entrer en rut. $ XL. Ç XL a un abcès ! Depuis que j'ai remplacé les ligatures par des sections et que j'opère par le haut du flanc, c'est la première fois que pareil accident se produit. J'ai eu tort, hier, quand le pansement a été enlevé par la bête, de ne pas appliquer une nouvelle couche de coUodion sur la plaie. Ce soir, j'essaie de crever cet abcès : je pique la tumeur avec le scalpel; mais je n'amène pas de pus. C'est, sans doute, non pas un abcès, mais une hernie intestinale. Ç XLIII ^ N. Ce soir, à plusieurs reprises, j'ai vu cf N monter sur sa Ç . A minuit, j'examine celle-ci; elle a du liquide dans le vagin; mais est-ce du — 167 ^ liquide spermatique? Je n'en fais pas l'examen microscopique. Peut-ôtre un bouchon avait-il été mis en place puis éliminé? 8 mars. — $ XXI ç^ U. Ce matin, vers neuf heures et demie, il y a six petits dans le nid; j'en supprime un : restent cinq. La mère a la vulve propre, mais vide. A priori, d'après le rapprochement de l'anus et du phanère génital et malgré le développement de celui-ci, le petit supprimé me paraissait ^ : en l'ouvrant, je constate que je me trompais : dès la naissance, d'ailleurs, l'utérus et les ovaires sont parfaitement reconnaissables. $ XXIX (^ H. Ce matin, vers dix heures, cette Ç n'a pas encore mis bas. $ XXXVII (^ V. Le ventre de cette $ ne grossit pas : je crois qu'elle n'avait pas été fécondée. Ç >.XXIX. Le ventre de celle-ci grossit rapidement. Ç XL. Malgré sa hernie, cette $ a l'air vif et bien portant. $ XLIII (^ N. Ce matin, cette $ a toujours la vulve épaisse et ouverte, mais vide de bouchon : je pense que celui-ci a été mis en place puis éliminé. $ XX 1 (^ U. Ce soir, j'entends le couple coïter; la $ n'a pourtant pas encore de bouchon vaginal. $ XXIX (5* H. Ce soir, vers six heures, cette 2 amis bas; elle a huit petits, parmi lesquels je compte cjuatre bruns et quatre albinos : la distinc- tion, dès cet âge, est d'ailleurs très facile, les yeux étant incolores chez les albinos, et d'un brun intense chez les autres. Pendant que j'examine leurs petits, les parents s'accouplent, sous mes yeux. 9 mars. — S XXI (^ U. La Ç s'est accouplée hier soir ou cette nuit : elle est munie, ce matin, d'un bouchon vaginal. Ç XXIX (^ H. Cette Ç s'est certainement accouplée hier soir; mais, ce matin, son bouchon est (.ombé : je vois seulement du liquide dans son vagin. $ XLII (^ T. Ce matin, vers neuf heures et demie, $ XLII présente un bouchon vaginal. A ç^' T, auprès de cette $ , je substitue (f Z, né le 15 ou le 18 janvier, et retiré à cet effet de la cage du balcon. $ XLIII (^ N. Vulve encore ouverte, moins épaisse. $ XXIX (3* H. Ce soir, vers six heures, je supprime trois petits et réduis de la sorte à cinq le nombre des nourrissons. Je voudrais, de préférence, con- server les $ ; mais, a priori, je ne puis distinguer avec certitude, dans la portée, aucun (^ . Je prends au hasard trois des quatre bruns; les deux pre- miers sacrifiés se trouvant $ , je remets le troisième au nid, et je prends à sa place celui de tous qui me semble le mieux caractérisé comme (^, un albinos : il est encore ^ ! Je conserve, dans divers réactifs, les organes génitaux des sujets sacrifiés. Parmi les cinq petits laissés à leur mère, il y a donc trois albinos et deux bruns. Ceux-ci ont déjà la peau bien pigmentée. Quant aux albinos, ils ne paraissent l'être qu'incomplètement: ils ont aussi, sur le dos, des places plus foncées que le reste. — 168 — $ XXXVl. Ce soir, à sept heures, les nourrissons de cette Ç n'ont pas encore ouvert les yeux. $ XXXIX. Ce soir, je donne à cette ^ un jeune ^, soit (j* Y, né le 15 ou le 18 janvier, que je retire de la cage du balcon. Elle lui fait très mauvais accueil, et le mord à plusieurs reprises; il ne se défend pas. $ XL. Ce soir, je réunis à cette Ç le jeune (^ Z, que je retire à $ XLII. Elle ne lui fait pas mauvais accueil et ils sont bientôt couchés ensemble dans le nid. Portées des 15, 18 et 30 janvier. Les (^ Y et Z, que j'en ai retirés aujour- d'hui, étaient les deux plus beaux sujets de la cage du balcon. 10 mars. — Ç XXIX ^^ H. Je retire (} H, pour le donner à Ç XL. $ XXXVL Ce matin, vers dix heures, les cinq nourrissons de cette $ ont tous les yeux ouverts. A'ers onze heures, au treizième jour de la gestation tri-décadaire, je sacrifie la mère. Elle a deux produits de gestation dans l'utérus droit, cinq dans le gauche; ces produits exactement au même point que ceux des $ qui, allaitant le même nombre de nourrissons, ont été sacri- fiées, respectivement, aux septième ($ XXXV), huitième (Ç XXVJII) et dixième jours ($ XXXIV) : elle était encore au stade d'arrêt de la gestation retardée. Malgré son nombre, cette fois moindre, de produits, l'utérus droit n'en est pas moins, comme d'habitude, plus long que le gauche. Je place les utérus et les ovaires du sujet dans la liqueur de Flemming au tiers. Je mets son vagin dans l'alcool au tiers, pour en préparer l'épithélium, que je suppose aussi au stade d'arrêt, c'est-à-dire caliciforme. $ XXXVII J* V. Ce matin, cette $ a le clitoris rabattu et collé sur la vulve par l'intermédiaire d'un bouchon vaginal : en promenant le doigt sur ces organes, on a la sensation d'un corps dur et rugueux, comme quand on touche l'extrémité d'un bouchon; et, en décollant la vulve, j'y vois dedans du sang et des fragments de bouchon. Je pense que cette $ n'avait pas été fécondée par le coït du 22 février (1); que l'opération, pratiquée cette fois sur l'utérus et non sur la trompe, a retardé jusqu'à hier, c'est-à-dire jusqu'au quinzième jour, l'époque génitale suivante ; et que l'hypertrophie utérine liée au rut a déterminé quelque déchirure à la cicatrice, dans cet organe; mais attendons l'autopsie. $ XL (^ Z. Cette $ a la vulve épaisse et dilatée : évidemment, elle n'avait pas été fécondée, et elle va entrer en rut. Je remplace auprès d'elle (^ Z par (^ H; et je rends cT Z à $ XLII. Quant à sa tumeur, ce n'est, évidemment, qu'une hernie intestinale. (5* T. Je forme un nouveau couple avec ce (^ et une jeune Ç , née le 15 ou le 18 janvier, soit $ XLIV, que je retire à cet effet de la cage du balcon. Portées des 11, 13 et 14 février. A ces trois portées, je réunis les cinq (1) Il se pourrait que l'opération, lorsqu'elle est pratiquée juste au moment de l'arrivée, mais avant l'enkystement des ovules dans l'utérus, déterminât leur écoulement et supprimât la gestation. - 169 — petits, nés, le 24 février, de $ ^CXXIV, et nourris d'abord par leur mère, puis par $ XXXVI. Us sont fort alertes. Pour les protéger contre les anciens, je commence par chasser ceux-ci de leur boîte-nid, et j'y transporte les nouveau-venus avec le coton et l'étoupe de leur propre nid : ainsi, dans le nid, ceux-ci pourront se croire encore chez eux, tandis que les vrais propriétaires du domicile se regarderont un peu comme des intrus. En faisant cette instal- lation, j'ai trouvé le cadavre d'un des anciens : le nombre des habitants de cette cage se trouvait donc réduit à treize, et il est actuellement porté à dix-huit. 1 1 mars. — Ç XL ^ H. Hier soir, le couple semblait coïter. Ce matin, la Ç ne présente pas de bouchon; mais celui-ci a bien pu être mis en place et disparaître : le vagin a des parois très épaisses et il est largement dilaté. ? XLIV c? T. Cette $ sera bientôt en rut. Portées des 11, 13, 14 et 24 février. Je fais le recensement des ,^ et des Ç . Parmi les anciens sujets, il y a huit c? et seulement cinq Ç . Quant aux plus jeunes, j'ai beaucoup de peine à distinguer leurs sexes; ils me semblent tous (^ ; j'en sacrifie un : il est (j* en effet ; mais j'en sacrifie un autre : il est $ . Je mets dans le liquide de Kleinenberg au tiers les organes génitaux de ce dernier, et je laisse dans la cage, avec les cinq $ , les trois autres jeunes. Je donne, au Laboratoire d'Histologie du Collège de France, les huit ($ nés du 11 au 14 février. 12 mars. -— $ XXXIX <^ Y. Ce matin, vers onze heures et demie, au dix- septième jour de la gestation normale, je sacrifie $ XXXIX. Elle a cpatre foetus dans l'utérus droit, deux dans le gauche. Les renflements utérins ont le volume de belles groseilles à maquereau, et leur forme ovoïde est peu altérée par la saillie placentaire. Le dernier renflement de l'utérus droit semble, vu de l'extérieur, empiéter un peu dans l'utérus gauche. Je détache ensemble tous les organes génitaux, et je les mets dans le liquide de Kleinenberg azotique au tiers. Après l'action dit réactif, j'examinerai l'orientation et l'état des embryons. $ XL c? H. La vulve, ce matin, est encore dilatée et épaisse, mais toujours vide de bouchon. $ XLIV (^ T. Ce matin, pas de bouchon; mais, comme si le bouchon venait de tomber, il y a du liquide dans la vulve : je pense que le coït a eu lieu cette nuit. $ XL (^ H. Ce soir, à plusieurs reprises, j'ai vu c^ H s'escrimer sur sa $ ; cependant, quand j'e"xamine la vulve de celle-ci, vers minuit, elle est épaisse, dilatée, largement ouverte, mais vide de bouchon! 13 mars. — $ XXI (^ U. Ce matin, vers dix heures, au sixième jour de la gestation retardée (par l'allaitement de cinq nourrissons), je sacrifie $ XXI. Je crois apercevoir des produits de gestation dans ses utérus ; mais je n'en suis pas bien sûr. J'examinerai de nouveau ces organes après l'action des TomeXLIII 11* — 170 — réactifs. jEn tout cas, la gestation n'était pas encore parvenue au stade d'arrêt. Ce sujet était très gras. Je sacrifie aussi les cinq petits, parmi lesquels je trouve deux $ . Même à cet âge, l'utérus droit est plus long que le gauche, et le rein droit est situé plus en avant que son congénère. $ XXXYII f^ V. $ XXXVII a encore la vulve ouverte, abords épais. $ XXXVIIl (^ X. Je sacrifie (j* X. 11 y a vingt-cinq jours qu'il a reçu, dans la cavité abdominale, deux fragments d'utérus contenant chacun un produit de gestation au dixième jour. Le sujet est très gras. L'intestin est absolument libre de toute adhérence anormale, le mésentère en parfait état, les organes génitaux bien développés. Les canaux déférents sont remplis de spermato- zoïdes vivants, dont les mouvements ondulatoires sont d'ailleurs assez lents (1), Dans la paroi abdominale et au niveau de la cicatrice de l'incision, intime- ment adhérents à la peau par sa surface externe et aux couches sous-cutanées par son pourtour, sont engagés au moins l'un et vraisemblablement l'un et l'autre des deux fragments d'utérus; je ne vois, ailleurs, aucune autre trace de corps étranger. Au même point adhèrent, suspendant les testicules, les replis péritonéaux qui flottent d'ordinaire au-dessus de ces organes. Je détache et je mets dans l'alcool au tiers le corps étranger, avec le fragment de peau et les testicules auxquels il adhère. Ç XL (^ H. Ce matin, la vulve de $ XL était fermée et collée au-dessus d'un bouchon. Vers deux heures de l'après-midi, je permute (^ H avec (} Y. $ XLI ij^ B. $ XLI a la vulve épaisse et dilatée, mais vide de bouchon : elle ne tardera pas à entrer en rut. ^ XLIV (} T. Cette $ a encore du liquide dans le vagin. Portées des 15, 18 et 30 janvier. Vers deux heures de l'après-midi, je retire de la cage du balcon une Ç née le 30 janvier, soit ? XLV, laquelle justement a la vulve épaisse et garnie d'un bouchon, et je la réunis àc? H. De la même cage, je retire le jeune (j* AA, né le 15 ou le 18 janvier, et je le mets avec ? XXXVIIL Il est curieux de constater le brusque changement d'allures des $ , au moment de la puberté : tandis que les jeunes des deux sexes sont toujours sau- vages et farouches, tout à coup, quand survient le premier rut, les $ deviennent douces et familières. Il ne reste plus, dans la cage du balcon, qu'une seule $, soit $ XLVI. Comme ^ XLV, elle est de la portée du 30 janvier; et, sur les bords de sa vulve, de même épaisseur et dilatée de même, j'aperçois des bavures qui me (1) J'ai négligé, cette fois, de noter dans quel liquide j'ai examiné le contenu des canaux déférents , - 171 — paraissent être des débris de bouchon vaginal. Jo la retire aussi, et je la réunis Je ne laisse ainsi, dans cette cage, que trois sujets, trois ^ . Portées des 11, 13, 14 et 24 février. Je transporte les huit sujets restants de ces portées dans la cage du balcon, et je mets dans la cage qu'ils abandon- nent, à l'intérieur de l'appartement, les trois ^ qui occupaient la première. 14 mars. — $ XXXVIl (^ V. Cette Ç a encore la vulve ouverte, à bords épais. $ XLI cf B. Vulve encore ouverte, épaisse et vide. Ç XLIV ^ T. Vulve encore épaisse; du liquide dans le vagin. $ XLV (^ H. Vulve épaisse, ouverte et vide. $ XLVl (^ U. Ce matin, vers dix heures, $ XLVI a un gros bouchon dans le vagin. Embryons, au dix-septième jour, de $ XXXIX. Sur les six fœtus con- tenus dans les utérus de ce sujet et âgés de seize jours, quatre ont la tète du côté du vagin, deux l'ont du côté de l'ovaire; ceux-ci sont respectivement situés, en allant de l'ovaire vers le vagin, au dernier rang dans l'utérus gauche, et au deuxième rang dans l'utérus droit. Les placentas sont appliqués sur le dos, sur la nuque ou sur le flanc des fœtus. Non déroulé, l'embryon mesure quinze millimètres dans son plus grand diamètre. Il est du reste assez semblable à l'embryon âgé d'un jour de moins ( $ XXXIII). Les ongles sont déjà distincts. Au pied, les doigts sont bien séparés et écartés ; à la main, ils sont rapprochés, mais simplement juxtaposés, sans palmure. Les deux paupières sont formées, laissant encore entre elles un petit intervalle. Le cordon ombilical est unique. 15 mars. — $ XLI (j* B. Vulve encore épaisse, ouverte, humide et vide. $ XLIV J* t. Vulve épaisse, dilatée, humide. 16 mars. — $ XXXVllI c? AA. Auprès de cette $, je remplace J* AA par (^ T. $ XLI (^ B. Vulve un peu moins épaisse, encore humide. Ç XLIV f^ T. Ce matin, vers dix heures, $ XLIV présente un gros bou- chon vaginal. Ce soir, vers huit heures et demie, je pratique, sur cette $ , la section tubo- utérine, bien exactement entre la trompe et l'utérus. Le bouchon était tombé juste au moment de l'opération. Celle-ci a bien marché, et le sujet n'en paraît pas beaucoup éprouvé. Je le remets dans sa cage, en remplaçant son (^ par ^ AA. 17 mars. — $ XXXVII (^ V. Cette Ç semble pleine : ses flancs paraissent s'arrondir. Ç XXXVIII (3* T. Cette $ semble pleine, mais beaucoup moins avancée que ne l'indiquerait la date de son accouplement (2 mars) : elle n'a sans doute qu'un ou deux fœtus. $ XL jj Y. Ce soir, je remplace (^ Y par J* U. - 172 — Ç XLV (^ H. Déjà, cette $ présente une petite grosseur sur chaque côté du flanc, semblant indiquer qu'elle est pleine (1). Ç XL VI 1^ U. Vers dix heures et demie, ce soir, je pratique sur Ç XLVI, au cinquième jour après le coït, la section tulao-utérine du côté droit. Puis je réintègre le sujet dans sa cage, en remplaçant, auprès de lui, (j* U par ç^ Y. 18 mars. — $ XLI ^ B. Vulve encore ouverte et un peu épaisse. Ç XLIII (^ N. Cette ^ me paraît pleine : il me semble que son ventre s'arrondit. $ XXIX. Cette Ç , vraisemblablement fécondée le jour de sa délivrance et n'ayant cessé depuis lors d'allaiter cinq petits, doit être au onzième jour, c'est- à-dire encore dans le stade d'arrêt de la gestation retardée : je me propose de prolonger, par des traumatismes et en détournant l'activité physiologique du sujet vei's la réparation de plaies que je produirai, la durée de ce stade d'arrêt et, par suite, la darée totale de la gestation. A cet effet, vers trois heures de l'après-midi, j'applique un fil de fer rougi sur la face externe d'une cuisse de ce sujet. La brûlure est assez superficielle pour qu'il conserve l'usage de son membre; cependant, il éprouve quelque gêne de ce côté. Puis je remets le sujet dans sa cage. Je lui laisse quatre de ses petits; je sacrifie le cinquième, une $ , pour en recueillir les organes génitaux. 19 mars. — $ XXIX. Je sacrifie encore un des petits de $ XXIX, une Ç, dont je recueille aussi les organes génitaux. La mère est passablement boi- teuse. $ XXXVII (} V. Cette $ est certainement pleine. ? XXXVIII c? T. Ce matin, vers onze heures, je sacrifie ? XXXVIII. Elle est au dix-huitième jour de la gestation normale, gestation d'ailleurs unilaté- rale, puisque, avant le coït fécondateur, le sujet avait subi la section tubo- Utérine ; l'utérus gauche, en effet, est seul gravide, et il ne contient qu'un seul fœtus. Celui-ci exécute des mouvements très amples et très vifs, et il s'agite longtemps. Il est orienté la tête vers le vagin. Vu de l'extérieur, il semble empiéter dans l'utérus opposé. Le renflement utérin qui le comprend a le volume d'une cerise, mais sa forme est ovale. Au niveau de l'ancien traumatisme, à droite, il y a encore de nombreuses adhérences. Au-dessous de celui-ci, l'utérus droit est hypertrophié, exactement comme son congénère; cette hypertrophie, du côté lésé, s'arrête brusquement au niveau de l'ancienne section. D'ailleurs, les deux parties séparées par l'opération se sont rapprochées et soudées bout à bout; je ne sais si les lumières des deux bouts sont aussi en continuité : mais ce résultat, sans doute, n'aurait pas tardé à se produire. $ XLII (5* Z. La grossesse de cette Ç commence à devenir apparente. (1) Au sixième jour après le coit, le,3 utérus n'ont guèi-e augmenté de volume; mais la gestation s accompagne, d'ordinaire, d'une accumulation de graisse dans le péritoine. — 173 — $ XXIX. La plaie que j'ai faite hier n'ayant pas sensiblement suppuré, je fais, ce soir, une nouvelle brûlure sur l'ancienne. Le sujet semble insensible à la brûlure : bien que je ne le tienne que par la queue et par l'extrémité de la patte opérée, il ne bouge pas pendant l'opération; seulement, quand je le lâche et qu'il veut marcher, alors sans doute il éprouve quelque douleur, car il pousse un petit cri. $ XLIII (^ N. Ce soir, à dix heures, je sacrifie ,^ N. Il y a quatre-vingt- onze jours qu'il a reçu, dans l'abdomen, un des utérus d'une Ç sacrifiée le sixième jour après le coït. Dans la cavité abdominale de ce sujet, je ne vois aucune adhérence anormale, et je ne trouve plus aucune trace de l'organe étranger. Je remplace, auprès de la $ , le (j* sacrifié par (} T. Sperme humain. Avant-hier, dans la nuit, j'avais recueilli dans l'urèthre, après l'éjaculation, et j'avais mis sécher sur une lame de verre une grosse goutte de sperme épais. Hier, sur ce sperme desséché, j'ai répandu de l'ammo- niaque ; j'ai recouvert la préparation d'une lamelle, et je l'ai placée dans la chambre humide. Ce matin, j'essuie l'excès d'ammoniaque, et je fais passer, entre la lame et la lamelle, d'abord un courant d'eau distillée, puis un courant de picrocarminate : malgré la présence de nombreux cristaux dans la prépara- tion, l'éridine, ainsi isolée, et vivement colorée, s'y montre on ne peut plus nette et reconnaissable, sous la forme de lames, de fibres et de paquets de fibres, plus ou moins fragmentés. Je conserve la préparation dans la glycérine picro carminée. La nuit dernière, j'ai recueilli et j'ai abandonné à lui-même, dans un tube, tout le sperme d'une éjaculation. Ce matin, il présente des mucosités plus ou moins membraniformes et opaques, au fond d'une masse plus fluide et plus claire. Je verse sur lui de l'ammoniaque : il se dissout dans ce réactif, en lui communiquant une certaine viscosité; il lui donne en outre une teinte opaline, évidemment due aux éléments et aux parties insolubles qu'il contient. Je laisse déposer. Ce soir, vers sept heures, le liquide est devenu très clair, et il y a un dépôt, peu abondant, au fond du tube. J'examine ce dépôt: les cristaux qu'il contient, disposés en macles, sont beaucoup plus gros et par suite beaucoup moins nombreux que dans la préparation précédente; aussi, ne gêneraient-ils guère l'observation; mais celle-ci est rendue à peu près impossible par d'innombrables spermatozoïdes, accumulés justement sur les petites masses de la matière insoluble. Espérant qu'ils pourront s'en détacher dans un liquide moins visqueux, j'ajoute de l'eau distillée dans le tube à réaction, et j'agite; ultérieurement, j'examinerai de nouveau le résidu. 20 mars. — $ XLI ç^ B. Vulve toujours ouverte et assez épaisse, Ç XXIX. Vers une heure de l'après-midi, je sacrifie un nouveau petit de $ XXIX, encore une Ç , dont je mets les organes génitaux dans le liquide de Kleinenberg au tiers. Ce petit était gris. Il n'en reste plus que deux, que je crois également $ , et qui sont albinos. La plaie que j'ai faite à la mère ne — 174 - paraît pas considérable : quoique avec quelque difficulté, dans la marche, le sujet se sert du membre blessé. 21 mars. — $ XXIX. Ce matin, je sacrifie un nouveau petit, encore une $ , dont je recueille les organes génitaux. $ XLVI (^ Y. Au niveau de l'incision, $ XLVI présente un peu d'enflure; mais la plaie est complètement cachée dans les poils bien propres et bien peignés, et la santé générale du sujet paraît excellente. Éridine du sperme humain. Le résidu est semblable à ce qu'il était avant-hier. J'en fais deux préparations, colorées au picrocarminate, et conser- vées, l'une, dans de la glycérine picrocarminée , l'autre, après lavage à l'eau, dans de la glycérine acétique. Dans la glycérine, les cristaux pâlissent beau- coup; dans la glycérine acétique, ils se dissolvent; mais les spermatozoïdes restent, et ils sont le véritable obstacle à l'étude de ces préparations. Il est avantageux de rechercher l'éridine exclusivement dans la partie épaisse du sperme qui s'attarde dans l'urèthre : elle y est relativement abondante, et les spermatozoïdes y sont rares. En abandonnant de ce sperme dans la chambre humide, les cristaux, sans doute, s'y déposeront lentement; ils seront donc plus gros, et par suite moins nombreux et moins gênants, que dans le sperme desséché; sans doute, aussi, les sympexions s'y formeront plus lentement et s'y ramasseront en plus grosses masses. 22 mars. — $ XXIX. Ce matin, à huit heures et demie, je sacrifie le der- nier petit de Ç XXIX : c'était encore une $ ! II était en train d'ouvrir le premier œil. Je réunis à la mère un jeune J*, né le 15 ou le 18 janvier, soit d^AB. Ç XLV ^ H. Ce matin, vers dix heures et demie, au onzième jour de la gestation normale, je sacrifie ^ XLV. Elle a six embryons dans l'utérus gauche, deux dans le droit. J'utilise, pour mes expériences de gestation artifi- cielle, trois des renflements de l'utérus gauche, et je mets dans divers réactifs le restant des organes génitaux de ce sujet. Portées des 15, 18 et 30 janvier. — Des trois (j* qui restent ensemble de ces portées, je viens d'en retirer un, soit (^ AB, pour le donner à $ XXIX. Vers dix heures et demie du matin, j'opère les deux autres : j'ouvre le plus gros, soit (5* AC, né le 12 ou le 18 janvier, par le haut du flanc; l'autre, soit (^ AD, né le 30 janvier, par le ventre; et je dépose dans leurs abdomens des renflements utérins, au onzième jour de la gestation, fournis par $ XLV : un renflement dans l'abdomen du premier ; deux, en un tenant, dans celui du second. Pendant l'opération, l'intestin d'aucun des deux sujets ne fait hernie au dehors, et, après, l'un et l'autre des opérés paraissent bien portants. $ XXIX J* AB. Vers deux heures de l'après-midi, pour la troisième et dernière fois, je brûle Ç XXIX, toujours sur la même plaie. Elle n'est retenue que par la queue et les pattes, et elle ne se débat ni ne crie : elle semble insen- sible à l'opération. - 175 — (3* AC (^ AD. A la même heure, les deux opérés de ce matin paraissent en excellente santé. Éridine du sperme humain. Dans une nouvelle préparation du sperme épais de i'urèthre, traité par l'ammoniaque après six heures de repos dans la chambre humide, l'éridine est masquée par de nombreuses cellules pavimen- teuses, qui proviennent soit do l'extrémité de I'urèthre ou du gland, soit plus vraisemblablement du vagin. C'est encore une préparation à refaire. 23 mars. — (^ AC c? AD. Ces deux opérés sont toujours en parfaite santé. 24 mars. — ? XLIII c? T. Je retire d" T. Ç XLVI c^ Y. $ XLVI paraît pleine. Elle conserve une petite grosseur au niveau de l'incision. Portées des 11, 13, 14 et 24 février. — De la cage du balcon, je retire deux $ , nées du 11 au 14 février. Je réunis l'une, soit Ç >'LV11, à (j* T, et l'autre, soit 2 XLVIll, à c? H. 25 mars, — Ç XXIX (j* AB. La plaie produite par brûlure a gardé des dimensions restreintes, et elle guérit rapidement; au-dessous d'elle, la patte ne paraît plus enflammée. $ XLl (^ B. La vulve de ^ XLl est restée longtemps épaisse : était-ce un cas de vaginite? Aujourd'hui, bien que les bords en soient humides et non collés, elle a pris l'apparence du repos génital. Ç XLVI (5* Y. Cette $ est certainement pleine. $ XLVII (5* T. La vulve de $ XLVII est assez épaisse, ouverte et rouge, et le (^ cherche à coïter : sans doute, le rut surviendra ce soir. ? XLVIII c? H. Vulve au repos. (} AC (^ AD. La santé de ces deux opérés reste excellente. 26 mars. — 2 XXXVII (^ V. Ce matin, vers dix heures et demie, je sacrifie $ XXXVII. Elle est au dix-huitième jour de la gesta.tion normale : gestation d'ailleurs unilatérale, puisque, avant le coït fécondateur, elle a subi la section tubo-utérine du côté droit. En effet, elle n'a aucun fœtus dans l'utérus droit, tandis qu'elle en a cinq dans le gauche. Ceux-ci remuent. Ils ne paraissent présenter, soit dans leur taille, soit dans leur forme, aucun retard de développement. Cependant, la Ç a deux abcès dans le foie, l'un à droite, l'autre à gauche, chacun d'eux gros comme un pois; en outre, elle présente de nombreuses adhérences péritonéales anormales, surtout aux alentours de l'ancien traumatisme, mais aussi en d'autres points. La section tubo-utérine, pratiquée sur ce sujet, avait porté sur l'utérus, quand le bouchon vaginal était encore en place, et le liquide qui remplit en pareil cas et distend l'utérus s'était en partie épanché dans la cavité abdominale ; or ce liquide ne contient pas seulement des spermatozoïdes; il est bourré de leucocytes très actifs, proliférant beaucoup, et atteignant des dimensions géantes : il a sans doute produit une inflammation intense des tissus qu'il a touchés, et déterminé les désordres dont nous retrouvons la trace. - 176 — $ XLII (5* Z. Auprès de $ XLIl, qui se trouve dans un état avancé de grossesse, je remplace cf Z par (^ V. Ç XLIII, Ce matin, à onze heures, au vingtième jour de la gestation normale, je sacrifie $ XLIII. Elle a trois fœtus dans l'utérus droit, un dans le gauche. Ils font des mouvements violents. L'utérus n'a plus de forme propre : il se moule sur eux, comme un voile léger. Du reste, leur taille ne paraît pas beaucoup supérieure à celle des fœtus de deux jours plus jeunes (Ç XXXVII). Je les examinerai de plus près cj[uand ils auront subi l'action des réactifs. ^ XLVI c-f Y. La vulve de cette Ç grossit rapidement. La tumeur qu'elle porte au niveau de l'incision, sans doute une hernie intestinale, ne diminue pas de volume. $ XLVII (^ T. Ce matin, vers dix heures, $ XLVII présente un superbe bouchon vaginal en place. Je retire ç^ T. Portées des 1 1, 13, 14 et 24 février. De la cage du balcon, je retire deux $ , nées du 11 au 14 février. Elles ont la vulve un peu épaissie : elles viennent d'être ou vont entrer en rut. Je les réunis, l'une, soil $ XLIX, à c^ T, et l'autre, soit $ L, à c5* Z ; les J* leur font aussitôt la cour. Il ne reste plus dans la cage du balcon qu'une $ née du 11 au 14 février, et les trois jeunes sujets nés le 24 février, parmi lesquels une seule $ . $ L (5* Z. Ce soir, vers neuf heures , j'examine $ L : elle a les bords de la vulve collés au-dessus d'un bouchon: je m'assure, en les écartant et en les touchant avec les pinces, qu'il y a là un corps dur et rugueux Éridine du sperme humain. Dans le sperme éjaculé, on distingue nettement deux parties: l'une est un liquide louche, blanchâtre, très fluide, contenant en dissolution de l'albumine ou du mucus coagulables par l'alcool et fourmillant de spermatozoïdes : c'est le sperme proprement dit; l'autre partie est représentée par des masses de mucus épais; elle contient une cer- taine proportion d'éridine et à peine quelques spermatozoïdes : c'est elle que l'on trouve en partie arrêtée dans l'urèthre, après le coït; il est évident qu'elle est éjaculée en dernier lieu, et très vraisemblable qu'elle provient des vésicules séminales : elle est l'équivalent du bouchon vaginal. Avant -hier, j'avais recueilli sur une lame de verre et j'avais mis dans la chambre humide une goutte de ce sperme épais de l'urèthre : hier, je l'ai trouvé gonflé et dilué. Alors, j'ai versé sur lui quelques gouttes de picrocarminate; puis, après quelques heures, je l'ai recouvert d'une lamelle, et j'ai substitué au picrocarminate de la glycérine picrocarminée. Cette préparation se montre remplie de gros cristaux jaunes, arrondis et prolongés en une ou plusieurs pointes, à la formation desquels le picrocarminate n'est certainement pas resté étranger. En somme, le procédé qui donne les préparations les plus belles et les plus démonstratives, au point de vue de l'éridine du sperme humain, consiste à traiter par l'ammoniaque, puis à colorer au picrocarminate, — 177 — du sperme recueilli dans Turètlire et préalablement desséché sur une lame de verre. 27 mars. — Ç XLII c? V. Ce matin, à onze heures et demie, V XLII n'a pas encore mis bas. $ XLVl (^ Y. A la même heure, je sacrifie $ XLVI. Elle a subi la section tubo-utérine au cinquième jour, et elle est sacrifiée au quinzième jour de la gestation. Elle a cinq foetus dans l'utérus gauche, et deux, du côté opéré, dans l'utérus droit. Sauf celui qui avoisine l'extrémité sectionnée, lequel est plus petit et n'a pas la même consistance que les autres, les renflements utérins ont le volume et la forme normaux au quinzième jour de la gestation : ils sont semblables à ceux de Ç ^XIV. Quant à la tumeur que cette bête présentait de son vivant, au niveau de l'incision cutanée, elle me semble constituée par une poche sanguine, peut-être par un prolongement de l'utérus que distendait un produit de gestation altéré et un épanchement de sang. De ce côté, je ne découvre ni la trompe, ni l'ovaire : je pense que ces organes avaient fait hernie et qu'ils sont engagés, comme l'extrémité de l'utérus, entre peau et chair, dans la tumeur. Quoi qu'il en soit, l'absence de retard dans le développement d'un embryon du côté opéré et de tous ceux de l'autre côté démontre, non seulement que les ovules étaient déjà dans l'utérus à l'époque de l'opération, c'est-à-dire au cinquième jour après le coït, mais aussi qu'ils y avaient, à ce moment, déjà dépassé le stade d'arrêt et s'y trouvaient enkystés (1). 2 XLVII. A peu près à la même heure, je sacrifie aussi $ XLVII. Son bouchon est encore en place, mais près de tomber : il est évacué au moment de la mort. Naturellement, les utérus ne sont plus distendus par les liquides du rut et du coït, et leurs parois sont revenues sur elles-mêmes. D'ordinaire, je sacrifie mes sujets en leur faisant brusquement sauter la tête d'un coup, de ciseaux, alors qu'ils sont à peu près libres dans ma main gauche et sans qu'ils puissent prévoir le sort qui les attend. Cette fois, mon coup est mal dirigé, et je n'emporte que le bout du museau, avec un grand morceau de peau de la tête et une oreille : un instant, la bête se débat horriblement; elle pousse contre mes doigts son museau tronqué, sanglant et privé d'incisives, comme pour me mordre. Je me hâte de l'achever, d'un second coup de ciseaux. (1) Cette expérience vient à l'appui do celles dont $ XXVI, XXXII et XXXIII ont fourni les sujets. Malgré l'opération .et à quelque moment qu'elle ait eu lieu, des ovules peuvent ee développer du côté non opéré ; et, malgré l'opération, pourvu qu'elle ait été pratiquée après leur arrivée (peut- être faudrait-il dire après .leur fixation) dans l'utérus, des ovules peuvent également se développer du côté opéré ; si, donc, et tel est le cas en effet, il ne survient jamais de gestation extra-utérine quand l'opération a coupé la route de l'utérus aux ovules fécondés, c'est que ceux-ci ne peuvent subir, en dehors de l'utérus, certaine phase de leur développement. Ces expériences nous apprennent aussi que, sauf exception ou variation, les ovules arrivent dans l'utérus du quatrième au cinquième jour après le coït, et qu'ils s'y enkystent presque aussitôt. Tome XLIII 12 — 178 — $ XLVIII (5* H. Vulve épaisse et plissée : rut prochain. Ç XLIX (^ T. Vulve moins épaisse, très largement ouverte, avec du liquide au fond : je suppose que cette $ a eu et vient d'éliminer un bouchon; en tout cas, hier soir, vers neuf heures, elle ne Tavait pas encore. $ L (^ Z. Aujourd'hui, à une heure de l'après-midi, $ L a encore la vulve .collée par le bouchon et au-dessus de lui. Cette ^ me mord chaque fois que je la prends. D'ordinaire, les jeunes sujets agissent ainsi ; mais, à la puberté et surtout quand elles ont vu le (}, le carac- tère des $ change brusquement et devient tout à fait doux. Portées des 11, 13, 14 et 24 février. Je retire la dernière ^ qui reste des trois premières portées, soit Ç LI, et je la livre à J* Y. Cette cage ne contient plus que les trois sujets de la portée du 24 février. 28 mars. — Ç XXIX (^ AB. Ç XXIX ne donne pas encore signe de grossesse. Sa vulve est un peu dilatée et un peu épaisse, mais d'aspect muqueux. Ç XLII (^ V. Ce matin, à onze heures, il y a cinq petits dans le nid de ce couple, et la mère a la vulve propre ; la nuit dernière, à une heure et demie, la parturition n'était pas commencée. Je sacrifie la mère. Ses utérus sont conges- tionnés, élargis, et affaissés comme des sacs vides; mais, dans le liquide de Kleinenberg au tiers, ils se fixent à l'état tonique : ils sont alors cylindriques, mais fort épais. On reconnaît les places qu'occupaient les fœtus, et l'on cons- tate qu'il y avait deux de ceux-ci dans l'utérus gauche, trois dans le droit. Les cinq petits sont tous $ . Je recueille leurs organes génitaux, que je traite partie par le liquide de Flemming au tiers, partie par le liquide de Klei- nenberg au tiers. Je sacrifie aussi (j^ V. Il y a quarante jours qu'il a refu dans l'abdomen, par la paroi dorsale, deux renflements, séparés, d'utérus au dixième jour de la gestation. Je trouve tous ses viscères en parfait état, sans aucune trace d'adhérence anormale; je ne vois pas trace, non plus, de l'organe étranger. Le lieu de l'incision est seulement indiqué par une tache pigmentaire, d'ailleurs peu apparente, de la paroi abdominale. 5 XLIV (^ AA. Je crois cette $ pleine; mais elle ne porte vraisemblable- ment qu'un foetus ou deux : au quinzième jour, elle ne présente encore que des symptômes douteux de grossesse. $ XLVllI ^ PI. Quand je l'examine, vers midi, cette $ présente un gros bouchon vaginal en place. $ LI (j* Y. La vulve de cette Ç s'épaissit. (^ AC (^ AD. Je sacrifie (^ AD. Il y a six jours qu'il a reçu dans l'abdomen, en un tenant, deux renflements d'utérus au onzième jour de la gestation. La plaie abdominale est encore fort apparente à l'extérieur. A l'intérieur, tous les viscères sont en bon état; la paroi abdominale est cicatrisée et sans aucune adhérence avec les viscères; ceux-ci ne présentent pas davantage d'adhérences — 179 — anormales entre eux. Quant au fragment d'organe étranger, fortement coloré en rouge brun, rétracté mais encore gonflé par son contenu, il est fixé au mésentère dans une anse intestinale. Je détache l'anse avec le fragment, et je mets le tout dans le liquide de Kleinenberg au tiers. Embryons, au dix-huitième jour, de $ XXXVII. Dans l'utérus gravide, le fœtus le plus voisin de l'orifice vaginal lui présente l'arrière-train ; le suivant est tourné en sens inverse; les deux suivants sont orientés comme le premier; le cinquième l'est comme le deuxième. La queue de ces fœtus est repliée en dessous, suivant la ligne médiane; sans doute à cause de son moindre dévelop- pement, elle ne s'échappe pas encore à gauche, par le flanc. Longueur de l'em- bryon non déroulé, dix-sept millimètres. Les deux paupières se sont rejointes; mais entre elles il existe encore un sillon très net. La peau est très papilleuse; les papilles des vibrisses, très saillantes. Du reste, sauf leur taille moindre, ces embryons sont tout à fait semblables à celui, du même âge, de $ XXXVIIL Embryons, au vingtième jour, de Ç XLIII. Trois des fœtus sont orientés la tête vers le vagin; un seul, le plus rapproché do l'ovaire droit, l'est en sens inverse. Tous ont le placenta logé dans la concavité du ventre. L'embryon, non déroulé, a dix-neuf millimètres de long. La queue est ramenée en dessous et s'échappe par le flanc, du côté gauche. Les paupières sont soudées, et leur ligne de jontion n'est nullement apparente. Les ongles sont parfaitement nets ; la peau est craquelée; le nez, les lèvres se dessinent bien. L'aspect, en somme, est le même qu'à la naissance. Action du liquide de Kleinenberg. Je veux examiner le cadavre de ^ N, que j'ai sacrifié le 18 mais, et que je conserve depuis dans le liquide de Klei- nenberg au tiers; mais je constate qu'il tombe en lambeaux. Ce réactif est excellent, pourvu que son action ne soit pas prolongée, et qu'on le remplace à temps par l'alcool. Il paraît dissoudre le tissu conjonctif : alors que les os de (j* N ne sont pas encore entièrement décalcifiés, sa peau est gonflée et sans consistance. 29 mars. — Ç XL (^ U.. Je sacrifie $ XL. Elle est au dix-neuxième jour de la gestation normale : gestation d'ailleurs unilatérale, puisque la Ç a subi la section tubo-utérine avant le coït fécondateur; et, en effet, du côté opéré, c'est-à-dire à droite, l'utérus ne contient aucun fœtus. Il y en a deux à gauche. Ceux-ci sont gros et fort remuants : je les examinerai après l'action des réac- tifs. Au niveau de l'ancien traumatisme, l'utérus droit adhère à la paroi abdominale. Ç XLIX ^^ T. Vulve épaisse : sans doute, le rut n'est pas éloigné. $ LI (^ Y. Vulve très épaisse et ouverte : je ne serais pas étonné qu'un bouchon ait été mis en place et éliminé. Embryons, au quinzième jour, de $ XLVI. L'embryon a dix millimètres et demi de long. L'œil est nu, saillant, et entouré du bourrelet palpébral. L'oreille est représentée par un orifice presque aussi grand que l'œil, surmonté — 180 — d'un rudiment de pavillon en forme de valvule triangulaire. Les pieds, surtout les postérieurs, sont lai'gement palmés, les cinq doigts écartés et semblables à des côtes sur une palette indivise. Le cerveau moyen fait une grosse hernie au sommet de la tète. Les côtés du museau, là où seront les vibrisses, sont très proéminents et déjà, quoique encore légèrement, sillonnés. 30 mars. — $ XLIX (^ T. Ce matin, $ XLIX présente en place un gros bouchon vaginal. Ç LI c^ Y. Ç LI est aussi munie d'un gros bouchon vaginal, affleurant la vulve, (T AC. Je réunis à ce (^ la jeune $ LU, née le 24 février. Portée du 24 février. Cette $ retirée, il ne reste plus ensemble, de cette portée, que deux (^, soit i^ AE et (j* AF. Sperme humain. Les gros cristaux jaunâtres, qui se forment dans la chambre humide au contact du sperme humain et du picrocarminate d'am- moniaque, ne sont pas solubles dans l'eau; mais ils se dissolvent immédiate- ment dans l'ammoniaque : je viens d'en faire l'expérience. 31 mars. — $ XLIV ^ AA. Je sacrifie $ XLIV. Elle a subi la section tubo-utérine au deuxième, et elle est au dix-septième jour après le coït. Elle n'a aucun foetus du côté droit; dans l'utérus gauche, elle en a deux bien développés, et trois autres arrêtés dans leur développement et altérés : un de ceux-cL est entre les deux fœtus normaux, les deux autres sont entre l'ovaire et un fœtus normal. L'extrémité de l'utérus sectionné est libre, incomplètement cicatrisée et sanguinolente. L'ovaire et la trompe adhérent à la paroi abdomi- nale, au niveau de la plaie cicatrisée. Je ne constate aucune autre adhérence anormale ; mais, sur tout l'intestin, il y a de nombreuses plaques fibreuses, traces d'adhérences récentes. Je mets les intestins, ainsi que les organes gé- nitaux, dans le liquide de Kleinenberg au tiers. Après l'action des réactifs, j'examinerai les fœtus, et je verrai si la gestation a été retardée. o L[ c? Y. Je retire ^ Y. Ç LII (^ AC. $ LU a la vulve rouge, épaisse, plissée, sèche : elle vient de s'accoupler cette nuit, ou elle s'accouplera ce soir. Nouveaux sujets. J'achète, au Marché aux Oiseaux, onze Ç , les unes jeunes, les autres bien adultes et ayant déjà porté; la plupart albines, quel- ques unes de couleur. Je les installe toutes ensemble dans la cage du balcon. Ce soir, j'en retire trois pour les donner à des (^ : $ LUI est une grosse $ albine, bien adulte : je la réunis à (j* Y; $ LIV aussi : je la réunis à r? U; $ LV est une ^ adulte, grise à tache blanche sur le front : je la réunis à (^ AA. 1er avril. — $ XLI (^ B. Vulve fermée et soudée, avec l'apparence du repos génital. $ LIV (j* U. Cette 2 est énorme; mais elle est malade : elle avait hier, — 181 — et elle a encore aujourd'hui l'anus ensanglanté; elle paraît bien vive, cepen- dant. Sa vulve est au repos. Embryons, an dix-neuvième jour, de $ XL. Les renflements utérins ont une forme ovoïde, non sensiblement altérée par la saillie placentaire. Les deux fœtus sont orientés la tête vers l'ovaire. Lonprueur de l'embryon non déployé, dix-neuf millimètres. Les deux paupières se sont rejointes, mais on voit encore leur ligne d'union. La tête, le museau sont bien formés. Les vibrisses sont alignées sur quatre rangées longitudinales de chaque côté, et leur pointe fait saillie à l'extérieur. La peau est finement craquelée. Les mains, les pieds sont parfaitement formés. La queue, ramenée en dessous, déborde sur le flanc droit. 2 avril. — Ç LU cf AC. Vulve tout à fait hypertrophiée, mais humectée de mucus : je pense que le rut aura lieu ce soir. $ LUI (^ Y. La vulve de cette $ s'épaissit. $ LV (^ AA. La vulve s'épaissit; elle est humecté? de mucus. Embryons, au dix-septième jour, de $ XLIV. Des deux foetus normaux, l'inférieur est orienté la tête en bas, le supérieur la tête en haut. Le grand diamètre de l'embryon, non déroulé, est de douze millimètres. Les doigts sont séparés; mais les ongles sont encore indistincts. Les replis palpébraux sont bien formés, mais encore largement écartés l'un de l'autre. L'oreille est ouverte, surmontée d'un pavillon rudimentaire et en forme de valvule triangu- laire. La peau est couverte de petites papilles blanchâtres, dont trois plus grosses, de chaque côté du visage : une au-dessus et en avant, une autre au- dessous et en arrière de l'œil, la troisième en arrière de l'angle de la bouche. Les cinq ou six sillons longitudinaux de l'épaississement cutané qui doit sup- porter les vibrisses sont tout à fait nets. Le mésencéphale est encore en saillie. L'allantoïde forme une sorte de vessie externe, à l'origine et en arrière du cordon ombilical. En somme, ces fœtus, au dix-septième jour, ont le même degré de développement que ceux, au seizième jour, de $ XXXIII : la gesta- tion de $ XLIV a donc été retardée d'un jour. 3 avril. — ? XLVIII c? H. Je retire ^f H. Ç LL Au sixième jour de la gestation normale, je sacrifie $ LI. Ses utérus sont tordus et repliés sur eux-mêmes, sans doute parce qu'ils se sont allongés sous l'influence de la gestation ; mais ils ne présentent pas de renflements. Je les examinerai de nouveau après l'action des réactifs. Dans un de ses replis, l'utérus droit embrasse l'ovaire cori^espondant. Les ovaires, tirés sans doute par les utérus, se sont écartés des reins, et les ligaments graisseux qui les rattachent à ces organes se sont allongés : normalement, cet allonge- ment se produit et s'exagère de plus en plus pendant la gestation. Les glandes préputiales ou de Tyson sont beaucoup moins développées chez la $ que chez le (^ : chez la Ç, elles forment une paire de petites masses ovoïdes, situées au-dessous (ou en avant) et vers l'extrémité du vagin, sous la peau. — 182 — $ LU c? AC. La vulve de la $ est toujours épaisse. îClle est vide ; mais sa sur- face est rugueuse, comme si elle retenait quelques débris de matière à bouchon. $ LIV (^ U. Cette $ est en bien mauvais état, l'anus rongé par un ulcère. Son vagin, peut-être sous l'influence d'une époque génitale, est épaissi, ouvert; mais il paraît plein d'un mucus purulent; au fond, je crois apercevoir l'orifice utérin (?). Je doute c[ue ce sujet soit en état de se reproduire. Dernier -venues. De la cage du balcon, je retire une $, soit Ç LVI que je réunis à (^ H. Elle est adulte, et de robe grise. 4 avril. — Ç XLVIII. Ce matin, vers onze heures, au neuvième jour de la gestation normale, je sacrifie $ XLVIII. Elle a cinq renflements utérins à droite, trois à gauche, gros à peu près comme des grains de chènevis et trans- versalement oblongs. Elle a beaucoup de graisse autour des organes génitaux, et ses ovaires sont passablement écartés des reins. $ XLIX (^ T. Vers midi , au septième jour de la gestation iiormale, je sacrifie Ç XLIX. Elle a deux renflements utérins à droite, quatre à gauche, ceux-ci à peine plus gros que des grains de millet, mais ayant cependant dépassé le stade d'arrêt. Les utérus sont repliés et recoquevillés. $ L ,-^ Z. Je retire ^ Z. Ç LUI (^ Y. Vulve faiblement épaissie; vagin à parois muqueuses, avec du liquide au fond. $ LIV (^ U. Cette $ a toujours l'anus ulcéré, et sa vulve est tirée de travers. Ç LVI (^ H. Cette $ a la vulve assez épaisse, mais muqueuse. Dernier-venues. De la cage du balcon, je retire deux $ , soit $ LVII et Ç LVIII. Il reste dans la cage cinq Ç , toutes albines. $ LVII est albine, tout juste adulte. Fille a la vulve épaissie, élargie, sèche, c'est-à-dire présentant tous les caractères du rut. Je la livre à cf T. Celui-ci cherche aussitôt à lui monter dessus. Ç LVIII est noire, avec des taches blanches sous la poitrine, sous la queue et aux extrémités. Elle est à peine adulte. Elle a la vulve un peu épaissie : elle ne tardera sans doute pas à entrer en rut. Je la réunis k ^ Z. Dans l'après-midi, on a beaucoup crié dans la cage de ce couple. A six heures et demie, à neuf heures, j'ai examiné la $ : son vagin ne présentait pas de bouchon; mais il était plem de mucosités. $ LVII (5* T. Toute l'après-midi, le i^ a poursuivi la $. A six heures et demie, à neuf heures, j'ai examiné celle-ci : elle ne présentait pas encore de bouchon; mais elle avait des mucosités dans le vagin. Ce soir, à minuit et demi, je l'examine de nouveau : j'aperçois un bouchon vaginal en place. Aussitôt, je la sacrifie. Comme je m'y attendais, je trouve ses utérus distendus. Je leur fais des incisions avec des ciseaux, et je recueille plusieurs gouttes de leur contenu. Celui-ci est épais et un peu louche. Sa réaction est nettement alcaline : il est sans effet sur le papier bleu de tournesol, tandis qu'il ramène au bleu le même papier rougi par un acide. Examiné directement, il se montre — 183 — composé de spermatozoïdes et de leucocytes nageant dans un liquide épais, d'apparence muqueuse. La plupart des spermatozoïdes sont immobiles; mais quelques-uns progressent avec vitesse à l'aide de mouvements anguillins peu rapides mais d'une grande amplitude. Dans une goutte de ce liquide, que j'avais placée de suite dans la chambre humide, sur une lame de vei'i'e , et que je n'examine qu'au bout d'une bonne demi-heure, les spermatozoïdes immobiles sont toujours en très grande majorité, et les autres n'ont plus que de petits mouvements convulsifs qui ne les font pas progresser. J'ai fait trois préparations du liquide intra-utérin : dans l'une, la même goutte que j'avais examinée vivante a été directement colorée au picrocarminate; dans l'autre, le liquide a été traité d'abord par l'alcool au tiers, puis par le picrocarminate; la troisième, après avoir subi l'action de l'ammoniaque, qui l'a débarrassée du coagulum albumineux ou muqueux, a été lavée à l'eau distillée, puis colorée au picrocarminate. 5 avril. — $ XXIX (^ AB. Le ventre de cette Ç ne grossit pas. Sa vulve, que j'ai examinée chaque jour, a toujours conservé l'aspect du repos. Ç LU (} AC. La vulve a diminué d'épaisseur; du fond du vagin, en pressant avec les doigts sur les régions voisines, on fait venir des mucosités. $ LUI (^ Y. Vulve fermée et soudée. Ç LV (^ AA. Vulve peu épaisse et entièrement soudée. $ LVI (5* H. Ce matin, à onze heures, $ LVI a dans sa vulve un très gros bouchon; il est humide, par conséquent près de tomber. Ç LVIII (^ Z. Cette nuit, à une heure, $ LVIII ne présentait pas de bouchon. Ce matin, sa vulve est encore plus hypertrophiée qu'hier. Elle est sèche ; mais une légère pression latérale fait sourdre des mucosités du fond du vagin. Ces mucosités viennent-elles de l'utérus? Dernier -venues. De la cage du balcon, je retire une nouvelle $, soit $ LIX. Elle ne me paraît pas tout à fait adulte; mais sa vulve présente l'aspect du rut. Je la porte dans la cage de (^ T, qui lui fait aussitôt la cour. Utérus, au sixième jour, de 2 î-'i- Dans les utérus de $ LI, je ne dis- tingue pas avec certitude de produits de gestation. Ç LVI (5" H. A trois heures et demie de l'après-midi, par une légère pression des doigts autour de la vulve, j'amène au dehors le bouchon; il est à peine humide , et aucun liquide ne s'échappe avec lui du vagin. Déposé sur du papier de tournesol préalablement rougi par un acide, le bouchon a une légère réaction alcaline; un morceau du même papier, introduit dans le vagin, y bleuit plus énergiquement. Je mets ce bouchon frais dans une dissolution saturée d'ammo- niaque (1). Puis, je sacrifie la $. Naturellement, ses utérus sont vidés et non distendus. |H L'éridine, dans l'alcool, prend en quelques jours une couleur rouge orangé intense, qu'elle conserve ensuite indéfiniment; même le traitement par l'ammoniaque ou par le carbonate de soude — 184 — Ç LIX ^ T. Ce soir, vers neuf heures, le (^ lui faisant vivement la cour et celle-ci présentant tous les caractères vaginaux du rut mais n'ayant pas encore de bouchon vaginal, je sacrifie $ LIX. Comme son vagin est humide, j'applique une lame de verre contre sa vulve, et j'examine la minuscule goutte- lette de liquide qui s'attache au verre : je n'y découvre pas de spermatozoïdes. J'ouvre le sujet: ses utérus sont réellement, quoique moins fortement qu'après le coït, distendus par un contenu liquide! Celui-ci, essayé aux papiers de tournesol violet et rougi par un acide (1), a une réaction nettement alcaline; le mucus vaginal, au contraire, est franchement et l'humidité péritonéale me semble légèrement acides. D'ailleurs, examiné au microscope, le contenu intra-utérin se montre composé de très nombreux leucocytes nageant dans un liquide albumineux. Ainsi, le cas actuel n'est que l'exacte reproduction de celui qu'a déjà présenté $ V (2). Nous devons donc regarder comme un phénomène normal, au moment du rut et avant toute intervention du ^, l'accumulation, dans l'utérus, d'un liquide albumineux, abondant et chargé de leucocytes. Il suit de là que le contenu intra-utérin, après le coït, n'est pas du sperme pur, mais une dilution du sperme dans une abondante sécrétion utérine. Il eût été, d'ailleurs, bien difficile d'admettre que l'appareil génital du (^, sans le concours des vésicules séniinales dont le rôle spécial nous est connu, pût émettre, instantanément, un volume de sécrétion comparable à la capacité des deux utérus distendus! Mucus et bouchon vaginal. Dans l'ammoniaque, je fais dissoudre du mucus humain (nasal) ; puis je filtre le tout. Le liquide filtré est absolument limpide. Je verse sur lui de l'alcool ordinaire : aussitôt, le mucus dissous se sépare, en formant dans le liquide un réseau qui se rétracte rapidement et se rassemble en petites masses épaisses, filamenteuses et grumeleuses, blanc- gris-jaunâtres, c'est-à-dire en reprenant le même aspect qu'il avait au sortir du corps humain : les bulles de gaz qui se dégagent de la solution et qu'il retient parfont la ressemblance. D'autre part, je prends un tube contenant de l'ammoniaque dans lequel macèrent deux bouchons vaginaux de Souris, l'un depuis neuf jours ( ^ XLVII, 27 mars), l'autre depuis ce matin (^ LVI); je décante ce liquide, et je verse sur lui de l'alcool absolu : au premier coup d'oeil, il ne se trouble pas ; mais. bouillant ne la lui fait pas perdre; mais, lorsqu'elle a été traitée, encore fraîolie, par l'ammoniaque, l'alcool ne la colore plus. Le bouchon du 5 avril ( 5 LVI) et celui du 37 mars ( $ XLVII), mis et laissés l'un et l'autre dans l'ammoniaque jusqu'au 6 avril et transportés alors dans l'alcool, sont encore, au bout d'un mois, du blanc le plus pur. A. l'air, l'éridine, du moins à l'état de bouchon vaginal, ne se colore pas. (1) Ce dernier papier était préparé d'avance : j'avais fais rougir, avec du vinaigre dilué, du papier violet de tournesol, puis je l'avais lavé à grande eau et laissé sécher. (2) Voir p. 71, note L — 185 - quand j'examine à la loupe les nombreuses bulles de gaz qui montent à la surface du liquide, je m'assure que chacune entraîne avec elle un réseau de très minces fibrilles ou lamelles. Je n'ai pris, d'ailleurs, que la partie supérieure du liquide de macération, quand la solution de mucus s'est peut-être concen- trée au fond du tube. Ç LVIII (^ Z. Ce soir, à onze heures, le mâle lui faisant vivement la cour, j'examine cette $ : elle a la vulve toujours épaisse, sans bouchon, mais humectée de liquide. Celui-ci est alcalin, comme les liquides intra-utérins et comme le sperme : la $ s'est-elle accouplée et a-t-elle éliminé son bou- chon? Je constate que l'urine du même sujet est nettement acide. 6 avril. — $ LIV ^ U. Cette $ semble pleine. Elle a toujours sa plaie à l'anus. Le liquide de cette plaie est alcalin. Pendant mon examen, le vagin se remplit de sang. Ce sang me paraît neutre. $ LV (^ AA. Vulve au repos. Ç LVIII (5* Z. Ce matin, vers neuf heures, $ LVIII présente un bouchon vaginal. En dehors du bouchon, elle a un peu d'humidité acide dans le vagin. $ L, Ce matin, vers onze heures, au douzième jour de la gestation normale, je sacrifie $ L. Chacun de ses utérus présente quatre renfle- ments, gros comme d'assez gros pois. Ils ont les mêmes dimensions et paraissent au même point du développement que les renflements utérins de $ XXV et de Ç XVI, également sacrifiées au douzième jour. J'en emploie deux à mes expériences de gestation artificielle, et je mets dans divers réactifs les ovaires et trompes, le restant des utérus et le vagin de ce sujet. $ LVIII ^ Z. k deux heures et demie, je sacrifie Ç LVIII. Elle a le bou- chon vaginal en place ; et, naturellement, ses utérus sont dilatés et gorgés de liquide. Je les découvre et les étale sur le sujet, et je les fixe, ainsi étalés, par un bain de liquide de Kleinenberg au tiers : ils seront dessinés. Ces utérus m'ont présenté des contractions énergiques, se propageant de leurs extrémités vaginales à leurs extrémités tubaires. A droite, la large expansion flottante du mésométrium, qui occupe dans la cavité abdominale, chez la $ , la place du testicule et des canaux déférents, chez le ^, est remplacée, chez ce sujet, par un corps massif, tubuleux ou lobule, qui a quelque ressemblance avec Vépididyme. (^ AE (^ AF. J'opère ces deux sujets, ^f AE par le haut du flanc droit, (^ AF par le ventre. J'introduis dans l'abdomen de chacun un renflement utérin, au douzième jour de la gestation normale, fourni par Ç L. Ces deux sujets se débattent beaucoup, sur la planchette à dissection ; aussi, après l'opération, leurs pieds, du moins les antérieurs, se montrent-ils grave- ment lésés : ils sont inertes, et les animaux marchent sur les poignets. Mucus et bouchon. Depuis hier, le mucus humain, que j'ai fait dissoudre dans l'ammoniaque et que j'ai ensuite précipité de sa solution filtrée, s'est, — 186 — en majeure partie, rassemblé en une seule niasse qui présente exactement le même aspect qu'il avait au sortir des cavités nasales. Cette ressemblance persiste sous le microscope — après comme avant ces manipulations, le mucus se présente sous les mêmes apparences, strié, lamelleux et fibrillaire — et elle est accessoirement complétée par la présence des corps étrangers que, dans l'un et l'autre cas, le mucus présente dans sa masse : celui que j'ai précipité par l'alcool a ramassé, en se coagulant, toutes les saletés du tube qui le contenait. Au fond du tube dans lequel deux bouchons de Souris sont en présence de l'ammoniaque, il y a un dépôt poussiéreux : j'en fais une préparation, et je constate qu'il contient quelques spermatozoïdes, mais qu'il est essentiellement fermé par les cellules de l'enveloppe du bouchon, lesquelles sont identiques à celles de l'enveloppe vaginale. Puis je filtre le liquide de macération ; mais il ne passe que très lentement. Je traite par l'alcool le premier filtré : je n'obtiens qu'un faible précipité de mucus, à peine plus sensible qu'hier. Alors, je fais agir l'alcool sur le restant de la solution, simplement décanté : cette fois, j'obtiens un précipité, encore peu abondant, mais très net; le liquide devient louche, et, en l'examinant à la loupe, j'y distingae parfaitement des fibrilles, des lamelles, et de petits paquets de mucus. Je laisse déposer jusqu'à demain. 7 avril. — $ XXIX (^ AB. La grossesse de cette $ devient manifeste. Voilà juste trente jours qu'elle a fait sa précédente parturition. Je suis certain, ayant chaque jour examiné sa vulve, que, depuis lors, elle ne s'est pas accou- plée et n'est pas entrée en rut. Ç XLl (^ B. Vulve encore au repos. En cas que la stérilité de ce couple dépende du J* , peut-être trop vieux (il a acquis une taille énorme), je lui enlève i^ XLL $ LU (f AC. Vulve soudée, au repos. Je retire cette Ç . Ç LIV (^ U. La Ç a toujours sa plaie. (^ T. Je réunis, à ce (^, Ç XLl. (^ AE (j* AF. Les deux opérés ont très bonne mine ; seulement, ils ne se servent pas encore des ongles et des doigts du membre antérieur lésé. Mucus et bouch.011 vaginaL Le dépôt, précipité du liquide de macéra- tion des bouchons vaginaux dans l'ammoniaque, s'est accumulé au fond du tube. Il est composé de petites fibres et de petits paquets, très nets quand on les regarde à la loupe. Dès qu'on agite le tube, ce dépôt forme des nuages floconneux dans le liquide. Examiné au microscope, il se montre composé, d'une part, de cellules de l'enveloppe du bouchon, et, d'autre part, d'une sub- stance fibrillaire et granuleuse, disposée par petits amas, et dont l'apparence est celle d'un mucus très divisé. En somme, le bouchon vaginal de la Souris contient du mucus; mais il n'en contient qu'une proportion très minime. - 187 — Je mets dans l'ammoniaque un fragment de matière à bouchon de Cochon d'Inde, coagulé dans l'urèthre du c?,et conservé dans l'alcool depuis le 18 mars. Ce fragment est aussi dur c^u'un bouchon de Souris. J'ai noté (t. XL[, p. 490) que la sécrétion des vésicules, après la mort du sujet, était restée à l'état de gelée fluide dans ces glandes, tandis qu'elle s'était complè- tement durcie dans Turèthre ; et j'ai pensé que les vésicules avaient, après la mort, sécrété du mucus, tandis que l'urèthre en avait résorbé. Si cette expli- cation est exacte, je trouverai peu de mucus dans le fragment en question. 8 avril. — J^ Z. A (^ Z, je réunis $ LU. Dernier -venues. De la cage du balcon, je retire les quatre sujets restants : Avec (^ H, j'installe la jeune $ LX; A (^ AC, je réunis la jeune $ LXI; A (j^ B, je donne Ç LXII, dont la vulve est épaisse et présente les caractères du rut; Je laisse provisoirement seule S* LXIII. 9 avril. — Ç LX (^ H. Hier, $ LX était activement courtisée par son (^ ; aujourd'hui, sa vulve présente les caractères du rut. Ç LXII J* B. Ce matin, la vulve de $ LXII est moins épaisse, et il s'en échappe du liquide : celui-ci vient en partie de la matrice et en partie du vagin ; car, à l'entrée du vagin, il est acide, tandis qu'au fond, il est alcalin; mais le liquide d'origine utérine provient-il d'un coït ou de la sécrétion déterminée par le rut? La solution du problème, dans le cas actuel, m'étant indifférente, je néglige l'examen microscopique. Ç LIV (^ U. Ce m:itin, à onze heures et demie, supposant que la suppura- tion anale de ce sujet provient de quelque fistule en rapport avec des produits de gestation extra-utérine secondaire, je sacrifie Ç LIV; mais je trouve tous ses viscères en parfait état, ses replis péritonéaux pleins de graisse, et ses utérus en gestation régulière. Il y a cinq renflements dans l'utérus gauche, trois dans le droit. Ces renflements sont identiques, par le volume et l'aspect, à ceux du dixième jour de la gestation normale; mais je ne puis dire, faute de renseignements, s'il s'agit ici de la gestation normale ou d'un cas de gestation retardée. Ç LXIII. Je remplace, auprès de c? U, $ LIV par Ç LXIII. 10 avril. — Ç LX (^ H. Ce matin, $ LX présente un bouchon vaginal. J'isole cette y . Ç LXIII c? U. La vulve de $ LXIII s'épaissit. 11 avril. — y LX. Le bouchon est tombé. Je remets cette Ç avec <^ H, $ LXI (^ AC. $ LXI est pleine, et dans un état de grossesse avancée. $ LXII (f B. La vulve de $ LXII présente encore l'épaisseur du rut. En outre, elle est humectée, et, sur ses bords, il y a de petits dépôts de matière concrétée ; vaginite, sans doute? — 188 — $ LXIII c? U. La vulve de $ LXIII a la dilatation et l'épaisseur caracté- ristiques du rut. 12 avril. — $ LXII rf B. Ç LXII présente un énorme bouchon vaginal affleurant la vulve. $ LXIII ^ U. La vulve de Ç LXIII présente encore les caractères du rut. $ LXII J* B. Ce soir, vers dix heures et demie, $ LXII présente encore le bouchon vaginal en place; mais elle est près de l'éliminer; car du liquide suinte autour de lui. Je la sacrifie. Très rapidement, je détache ses utérus (avec vagin, trompes et ovaires), je les transporte sur une lame de verre, et je les entame d'un coup de ciseaux. J'examine aussitôt le liquide qui s'échappe de l'incision : tous les spermatozoïdes qu'il contient sont absolument immobiles ; ils me semblent même, pour la plupart, altérés. En outre, à l'inverse des leucocytes, ils me paraissent moins nombreux dans le cas actuel que lorsque mon examen a eu lieu plus tôt après le coït. Ces éléments seraient-ils mangés par les leucocytes? Ce qu'il y a de certain, c'est qu'ils ne vivent pas longtemps dans l'utérus. Or, comme on les trouve habituellement ou constamment immobiles dans l'appareil mâle, il faut admettre que le liquide utérin, élaboré sous l'influence du rut, excite d'abord leur activité, pour les tuer bientôt après. Le liquide utérin bleuit énergiquement le papier rougi, tandis que celui qui suinte du vagin rougit légèremsnt le papier bleu de tournesol. Aussitôt après mon examen, la préparation avait été placée dans la chambre humide. Je l'examine de nouveau. Il me semble voir des leucocytes contenant des fragments de spermatozoïdes dans leur protoplasma; mais les éléments sont trop nombreux pour une étude convenable. J'enlève la lamelle; j'ajoute à la préparation une goutte de picrocarminate, et je la recouvre de nouveau ; je m'assure alors que les spermatozoïdes sont très altérés : les uns n'ont plus de tète, d'autres sont privés de la queue; ils sont, pour la plupart, beaucoup moins réfringents que de leur vivant. Je replace de nouveau la préparation dans la chambre humide. Quand la bête a été sacrifiée, ses utérus étaient peu gonflés : il s'étaient déjà vidés en partie. ^ LXI cf AC. Après avoir sacrifié Ç LXII, je réunis Ç LXI à (j* T, et je sacrifie jj* AC. Il y a vingt-un jours que ce sujet a reçu dans l'abdomen, par le creux du flanc, un renflement utérin au onzième jour de la gestation normale. Dans sa cavité abdominale, je n'observe aucune adhérence anormale, et je ne trouve plus trace de l'organe étranger; le lieu de l'incision abdominale n'est plus indiqué que par une légère tache cicatricielle brunâtre. Une fois de plus, j'examine le contenu des canaux déférents : les spermato- zoïdes, en écheveaux épais, y sont, comme à l'ordinaire, absolument immobiles. Vainement je les humecte, d'abord avec de l'urine prise dans la vessie du — 189 — sujet, puis avec une goutte d'eau tenant en dissolution du carbonate de soude : ils demeurent inertes. Je pense qu'ils n'entrent en activité qu'au contact du liquide utérin, lequel, ensuite, les tue, après les avoir excités, et les digère en partie. D'ailleurs, j'en ferai l'expérience, en sacrifiant, à la fois, un ^, et une Ç en rut mais avant le coït. $ XLI c? T. Justement, $ XLl a la vulve rouge, un peu épaisse, et elle est courtisée par le (^ auquel je viens de la livrer : la supposant en rut, je la sacrifie; mais je me suis trop pressé. Ses utérus ne sont pas encore distendus. Alors que toutes ses sœurs ou contemporaines, depuis plus ou moins long- temps, ont toutes été sacrifiées après fécondation ou coït, $ XLI était encore vierge : pas plus qu'elles, cependant, elle n'avait été privée de (5*, et sa vulve, avait plusieurs fois présenté les caractères du rut. Albumine coagulée. Une fois coagulée par la chaleur, l'albumine n'est plus soluble dans l'ammoniaque : un morceau de blanc d'œuf ainsi durci, laissé depuis quarante-huit heures dans ce réactif, ne paraît pas diminué de volume; et le liquide dans lequel il baigne, additionné d'alcool, ne se trouble pas et ne donne aucun précipité sensible. Enveloppe vaginale. Des fragments d'enveloppe vaginale de Pachy- uromys, jaunis dans l'alcool, ne reprennent leur blancheur primitive ni dans l'ammoniaque (qui saponifie les corps gras), ni dans l'éther (qui les dissout). Si leur blancheur, à l'état frais, est produite, ainsi que je le suppose, par de la graisse extrêmement divisée, il en doit être ainsi : car cette graisse, peu abondante, a dû être en majeure partie dissoute par l'alcool, et il n'en reste plus sur laquelle puissent agir l'ammoniaque ou l'éther. Dans l'ammoniaque, cependant, la teinte jaune s'éclaircit un peu. Dans l'éther, elle tourne un peu au rosé; et, à la surface de l'enveloppe, surtout dans les sillons, il se forme comme une poussière blanche : celle-ci paraît due à l'isolement, par dessic- cation et complet dégi'aissage, de très fines particules, qui ne sont autres que les éléments embryonnaires des fleurs blanches. Ëridine. Dans l'alcool, avec le temps, la substance du bouchon devient rouge, d'un rouge un peu orangé, très vif. Cette couleur persiste dans l'éther : elle n'est donc pas due à la présence accidentelle d'un corps gras; c'est bien la substance du bouchon, l'éridine, qui la présente. D'autre part, les bouchons conservés à l'air ne la présentent pas : elle est donc due à une action de l'alcool sur l'éridine. Quand un bouchon a pris cette teinte rouge, son enveloppe, d'un blanc jaunâtre, est absolument distincte, à sa surface. Mucus du bouchon vaginal. La matière à bouchon que j'ai recueillie, le 18 mars, coagulée dans l'urèthre du Cochon d'Inde, contenait fort peu de mucus. Depuis cinq jours, j'en ai mis un fragment dans l'ammoniaque ; or, aujourd'hui, dans le liquide de macération, traité par l'alcool, il se manifeste à peine un peu plus de mucus que dani5 le liquide do macération d'un bouchon — 190 — de Souris ; le précipité, sous forme de fibres et de petits paquets, est si faible qu'il ne trouble pas le liquide. Cependant, dans ce qui restait en place des vésicules séminales du même sujet, à la même date, le mucus s'est trouvé assez abondant pour empêcher le durcissement de leur sécrétion totale. Nous devons donc admettre que, après l'émission de la matière dans le canal de l'urèthre , c'est-à-dire après la mort de l'animal, du mucus a été soit sécrété par les vésicules, soit résorbé par l'urèthre, soit simultanément sécrété par les vésicules et résorbé par l'urèthre; c'est cette dernière opinion C[ui me paraît la plus vraisemblable. 13 avril.— $ LXIIl (^ U. Cette $ a encore la vulve épaisse, mais toujours sans bouchon. Elle aie ventre gros, comme si elle était pleine; mais elle est encore dé bien petite taille, pour reproduire. J* AE (5* AF. (} AF devient très vigoureux, mais en même temps très méchant pour son frère et compagnon cT AE. Le premier a pleinement recouvré l'usage de ses mains ; mais Tautre les a toujours inertes, et il continue à mar- cher sur les poignets. La plaie de (j* A F est à peu près entièrement cicatrisée. Comme il arrive chaque fois, sans doute sous l'influence du pansement au eollo- dion, le poil est tombé tout autour. Je sacrifie fj* AE. Il y a sept jours qu'il a reçu, dans une ouverture pratiquée par le creux du flanc, un renflement d'utérus au douzième jour de la gestation. Grièvement blessé par ses liens, sur la planchette à dissection, il a perdu les dernières phalanges des doigts, à l'une et à l'autre main. Sa plaie, extérieure- ment, a gardé le même aspect qu'elle avait au deuxième jour après l'opération. Cependant, il a toujours eu l'oeil vif et bon poil (sauf autour de la plaie), et il mangeait bien. Je l'ouvre. Dans l'abdomen, je ne trouve rien d'anormal, si ce n'est une petite bride rattachant une anse intestinale au rectum, et une plaque d'adhérence sur une autre anse de l'intestin : l'incision de la paroi abdominale n'a pas laissé de cicatrice apparente. Alors, je dissèque le sujet par le dos, et je contate que le fragment d'utérus gravide est resté entre peau et chair. Celui-ci est partout adhérent, à la peau comme à l'aponévrose abdominale, à l'aide d'un tissu très dense et très vascularisél II ne semble pas avoir beaucoup diminué de volume (1). 14 avril. — $ XXIX ^f AB. Décidément, $ XXIX n'est pas pleine. D'ailleurs, sa vulve ne cesse de présenter les caractères du repos génital. ? LU (5* Z. $ LU paraît pleine. (1) Les reias de ce sujet et le fragment d'utérus greffe', après avoir été traités par le liquide de Kleineaberg au tiers et l'alcool, ont été communiqués à M. le Df J. Albaran, qui a bien voulu en faire l'examen histologique. Il a trouvé les reins parfaitement normaux. Relativement au fragment d'utérus, voici comment s'exprime M. le D'' Albaran : « Mêmes caractères que précédemment (voir, p. 155, note 1, 2°), avec cette différence toutefois que la masse intra-utérine est moins dégénérée : on peat distinguer confusément des ébauches de tissas épithélial et cartilagineux. >) — 191 — Ç LUI (^ Y. ^ LUI me paraît pleine. Sa vulve conserve l'aspect du repos génital. $ LV (^ AA. ? LV paraît pleine. $ LXIII (5* U. Hier soir, $ LXIIl n'était pas en rut; car son ç^ la laissait bien tranquille. Ce matin, elle a la vulve encore épaisse et le ventre gros. 15 avril. — $ LXIII (j* U. $ LXIII a la vulve plus épaisse que jamais, et, quand je la remets dans la cage, son ^ la suit, le nez au derrière. Va-t-elle entrer en rut, cette fois? Elle a toujours le ventre gontlé, comme si elle était pleine. 16 avril, — $ LXIII (j* U. Ce matin, Ç LXlll présente un bouchon vaginal. Eridine. A l'air, et abstraction faite de l'enveloppe, les bouchons de Souris, de Gerbilles, de Mérions restent incolores ou jaunissent très légèrement : ils prennent l'aspect de la gélatine ; mais, dans l'alcool, ils acquièrent une cou- leur rouge-orangé très vive. Si on les met alors dans l'éther, leur coloration demeure intacte; si on les traite par l'ammoniaque, elle s'éclaircit d'abord un peu: elle devient moins rouge et plus jaune; mais, après cette petite modi- fication, elle est encore intense, et ensuite elle ne s'altère plus; si on la fait bouillir dans le carbonate de soude, elle leste la même. Nous avons vu que, lorsque l'ammoniaque est intervenu en premier lieu ($ XLVII et LVI), l'éri- dine n'est plus colorée ensuite par l'alcooL 17 avril. — $ XXIX (^ AB. Examinée chaque jour, la vulve de Ç XXIX ne cesse de présenter l'aspect du repos génital. $ LXI (^ T. $ LXI n'a pas encore mis bas. Son ventre est énorme. $ LXIII ^ U. Hier soir, à dix heures et demie, le bouchon était près de tomber, et le liquide affluait à la vulve. J'ai fait une préparation de ce liquide (1). Ce matin, le bouchon a disparu. Albumine. Pas plus que celle qui a été coagulée par la chaleur, l'albumine coagulée par l'alcool n'est ensuite soluble dans l'ammoniaque : ni à froid, ni à chaud : sans qu'elle s'y soit dissoute, j'ai laissé trois jours dans l'ammoniaque de petites parcelles de blanc d'œuf coagulé par l'alcool ; puis, sans plus de résultat, j'ai porté le tout à la température d'ébullition. 18 avril. — $ XXIX (^ AB. Ce matin, à dix heures et demie, $ XXIX a toujours la vulve au repos. Je la sacrifie. Je la trouve fort grasse, et pleine! Elle a quatre produits en gestation dans son utérus droit, trois dans le gauche. Ses renflements utérins ont à peine dépassé le stade d'arrêt; ils ont exactement la taille et l'aspect du dixième jour de la gestation normale : ils sont, en efïet, (1) Celle préparution présente des cellules pavimenteuses vaginales, avec et sans noj'aux, des spermatoz jïde.3, entiers et frag-inentas, et des lej.eo(;j'te3 : le tout empâté dans un coagulum albu- niineux ou muqueux. — 192 — identiques à ceux de Ç LIV, et plus volumineux que ceux de $ XLVIII, deux sujets dont j'ai actuellement les utérus sous les yeux. Ainsi, ce sujet, au quarante-deuxième jour après la fécondation, en était encore au dixième jour de la gestation normale ! c'est-à-dire que, en ajoutant les effets de traumatismes, pratiqués en temps opportun, à ceux de la lactation, j'ai pu déterminer un retard de trente-deux jours dans sa gestation ! Si je l'avais laissée vivre, Ç XXIX allait porter, au lieu de vingt, cinquante-deux jours! Je suis d'ailleurs absolument certain que la fécondation, dans ce cas, remontait bien à l'époque de la dernière parturition ; car, si, pour réduire le nombre des cages à panser, je n'avais pas isolé cette Ç , j'ai pris du moins la précaution d'examiner chaque jour l'état de sa vulve, et je n'ai jam-ais vu celle- ci présenter l'épaisseur caractéristique du rut; or, il arrive bien que la vulve s'épaississe parfois sans que la $ entre en rut; mais l'inverse n'a jamais lieu : jamais je n'ai vu une $ accepter le c^, sans que, préalablement, sa vulve n'eût subi un épaississement notable. $ LU (j* Z. Cette J ^ déjà le ventre très gros. $ LUI (^ Y. Celle-ci également. Ç LV (^ AA. Celle-ci l'a passablement gros. $ LX (5* H. $ LX est manifestement pleine. $ LXI c? T. Ce matin, à dix heures et demie, Ç LXI n'a pas encore mis bas. (^ AF. Vers midi, je sacrifie (^ AF. Il y a douze jours qu'il a eu le ventre ouvert et qu'il a reçu dans la cavité abdominale un renflement utérin au douzième jour de la gestation normale. A l'extérieur, la plaie est tout à fait cicatrisée. Le poil est tombé autour d'elle ; mais c'est là un effet constant du mode de pansement que j'ai adopté. La santé générale du sujet a toujours été excellente. J'ouvre le cadavre. Les replis péritonéaux graisseux, qui d'ordinaire flottent librement au-dessus de l'un et de l'autre testicule, sont, ici, adhérents, d'une part, à la cicatrice de l'incision abdominale, et, d'antre part, à un paquet d'anses intestinales au milieu desquelles, lui-même adhérant à chacune d'elles, se trouve le fragment d'utérus étranger. Aucune autre adhérence anormale des viscères, ni entre eux ni à la paroi abdominale. 5 LXI (^ T. Ce soir, vers cinq heures et demie, $ LXI a six petits. Dans la soirée, je la vois s'accoupler; à minuit, cependant, elle n'a pas encore de bouchon vaginal. Je sacrifie deux de ses petits, une $ et un c?, dont je me propose de faire dessiner les organes génitaux : il ne lui reste donc que quatre nourrissons. 19 avril. — ? LXI (} T. Il n'y a pas de bouchon apparent; mais le vagin, à une certaine profondeur, est fermé et collé, vi'aisemblablement au-dessus d'un bouchon. Dès hier soir, j'ai remarqué cette apparence. 20 avril. — Globules du lait et caséine. Quoi qu'en aient dit beaucoup — 193 — d'auteurs (1), les globules du lait sont essentiellement composés, non pas de beurre, mais bien de caséine. A priori, ils sont bien trop abondants, même dans le lait écrémé, pour pou- voir représenter le beurre. En outre, même après plusieurs jours, ils persistent dans l'éther. Si l'on fait agir l'éther dans le champ du microscope, on les voit pâlir, il est vrai; mais cela tient uniquement à ce que leur réfringence, dans ce cas, est moins diffé- rente de celle de leur nouveau milieu, que de celle du sérum ou de l'eau; car il suffit, dans la préparation, de remplacer l'éther par l'eau, pour les voir reprendre leur réfringence première. Après cette substitution de liquide, ils se dissolvent en partie dans l'eau. Cette dissolution dans l'eau est rendue évidente, non seulement par une diminution de leur volume, mais aussi par des modifications de leur forme : solidifiés sans doute par le refroidissement dû à la volatilisation de l'éther, et n'étant pas attaqués avec la même rapidité sur tous les points de leur surface, ils se présentent alors sous la forme de sphères irrégulières et comme rongées par endroits. La solubilité dans l'eau de la caséine explique que cette substance ne soit pas localisée exclusivement dans les globules : le sérum doit en être saturé. En tous cas, il n'existe pas deux caséines, une soluble et une insoluble : la caséine des globules ne reste insoluble qu'autant qu'elle est en excès. L'éther dans lequel on a agité et laissé macérer du lait et qui a dû en absor- ber tout le beurre, versé dans l'eau distillée, ne la trouble pas : chargé des principes gras, il se rassemble à la surface du liquide; puis, peu à peu, il s'évapore, et les corps gras deviennent libres. Ceux-ci sont d'ailleurs en bien petite quantité dans le lait, écrémé mais pourtant bien chargé de globules, qui sert à mon expérience : quand l'éther est évaporé , ils crassissent les parois des vases auxquelles ils se sont attachés. Si, au contraire, c'est le lait, préalable- ment agité et mact'ré dans l'éther, que l'on verse dans l'eau distillée, le liquide devient aussitôt et il reste ensuite opalescent; et, examiné au microscope, il présente des globules. On obtient, avec ce lait dégraissé, exactement le même résultat que si l'on avait versé , dans une même quantité d'eau , une proportion équivalente de lait naturel. C'est-à-dire que le phénomène caractéristique de la structure du lait (qu'on veuille bien me passer l'expression) , à savoir le répar- tissement à peu près uniforme dans ce liquide d'une matière non dissoute mais à l'état globuleux, n'est pas produit avec ses principes gras isolés, tandis qu'il l'est avec le lait privé de ses principes gras. Ce n'est donc pas le beurre qui forme la matière globuleuse du lait. Or, il n'y a dans le lait qu'une autre (1) Ch. Robim, Leçons sur les Humeters, 1867, p. 390; A. Milne-Edwards, Leçons sur la Phy- siol. et l'Anat. com2)., IX, 1S70, p. 143; etc. Tome XLIII 13 — 194 — substance dont l'abondance soit comparable à celle des globules : c'est la caséine. La dilution de lait dégraissé, comme celle de lait naturel, conserve son aspect opalescent (ou blanc opaque, si elle est concentrée), quand on la fait bouillir : ce qui démontre que la caséine n'est pas beaucoup plus soluble à chaud qu'à froid, et qu'elle conserve l'état globuleux à la température de l'ébullition. Traitées par une faible dose d'acide chlorhydrique ou d'acide azotique, ces deux dilutions se comportent de même : dans l'une comme dans l'autre, il se produit un précipité, qui se présente d'abord sous la forme d'un nuage, et qui, peu à peu, augmente de quantité et se rassemble au fond sous la forme de grumeaux ; c'est du fromage qui se dépose. Or ce fromage, examiné au micros- cope, se montre composé d'innombrables globules emprisonnés dans une substance granuleuse : en se précipitant, la caséine dissoute a entraîné et agglutiné la caséine globuleuse. Desséchée sur une lame de verre, une goutte de lait, dès qu'elle est humectée, redevient liquide et reprend, macroscopiquement et microscopique- ment, son aspect primitif. Si, une fois desséchée, elle est lavée à l'acide chlo- rhydrique à 1/100, elle se prend sur place en une masse homogène : la caséine de dissolution agglutine les globules, dont les contours, quoique modifiés par compression réciproque, restent plus ou moins apparents dans la masse. Celle-ci, lavée à l'eau distillée et traitée ensuite par le picrocarminate, se colore vivement. Or, il n'est pas possible d'y distinguer la matière des glo- bules, de la caséine qui était en dissolution dans le lait et qui doit se trouver autour d'eux. Les globules sont donc également composés de caséine. On peut aussi laver à l'éther la plaque de caséine homogène produite par ce procédé ; son aspect et son affinité pour la matière colorante restent les mêmes. Les globules c[ui la composent en majeure partie, et dont la trace est encore visible dans sa structure, n'étaient donc pas des corps gras. Mais, si le lait desséché sur la lame de verre a été d'abord agité dans l'éther et n'est qu'en second lieu traité par l'acide chlorhydrique à 1/100, il se désa- grège; ses globules se séparent, et se dissolvent en partie. C'est que l'acide chlorhydrique agit de deux façons sur la caséine : d'une part, il la précipite ; mais, d'autre part, il la dissout. Or, dans le lait traité par l'éther, il n'y a plus de sérum, partant, plus de caséine en dissolution qui puisse agglutiner les globules; et l'acide ne peut plus agir c[ue comme véhicule et comme dissol- vant. 21 avril. — Globules du lait et caséine. Hier, j'ai traité par de faibles doses d'acide chlorhydrique la dilution dans l'eau distillée a) de lait naturel simplement écrémé, b) de lait dégraissé par l'éther; et dans un tube témoin c) j'ai laissée intacte de la dilution de lait naturel. Or, aujourd'hui, tandis que 6 tube c, sauf une légère pellicule blanche développée à sa surface, présente — 195 — la même apparence qu'hier, les tubes a et & ne contiennent plus qu'un liquide limpide, au fond duquel se sont précipités des grumeaux blancs. C'était donc la caséine, et non le beurre, qui rendait ces dilutions opalescentes : c'est-à- dire que le lait est une émulsion non pas de beurre, mais de caséine. D'ailleurs, examinés au microscope, les grumeaux se montrent formés par les globules de lait (globules de caséine) empâtés dans une substance granuleuse (caséine précipitée de la dissolution) : ceux du lait traité et ceux du lait non traité par l'éther sont identiques. Quant à la pellicule développée à la surface du tube témoin, elle est due à la végétation d'un micro-organisme, composé de pâles bâtonnets articulés et ramifiés, et emprisonnant de nombreux globules de lait. J'ajouterai qu'il suffit d'examiner au microscope des parcelles de fromage mou (genre Brie), agitées dans une goutte d'eau, pour reconnaître qu'elles sont à peu près exclusivement composées de globules de lait, quelques-uns intacts, la plupart déformés et fusionnés par groupes. Sur des lames de verre, du lait, préalablement dégraissé par l'éther, est traité a) pai l'acide chlorhydrique ordinaire, b) par l'acide azotique ordinaire, cj par l'ammoniaque, d) par le carbonate de soude au quart de saturation : il est immédiatement dissous par les deux acides, tandis qu'il est émulsionné par les deux alcalis. L'acide chlorhydrique à 1/100 e) semble agir sur lui comme les alcalis; mais, dans ce cas, je crois, le phénomène est plus complexe; il comporte trois réactions distinctes : 1°) émulsion des globules de caséine dans l'eau qui dilue l'acide; c'est la réaction prépondérante au début; 2°) dissolution dans la même eau d'une petite quantité de caséine ; 3°) précipitation par l'acide de la caséine dissoute, et 4°) dissolution par l'acide de la caséine globuleuse ou précipitée : ces trois dernières réactions sont faibles et négligeables, tant à cause des petites proportions soit de l'acide soit de la caséine en dissolution, que parce qu'elles se compensent plus ou moins l'une l'autre. L'émulsion du lait dégraissé dans le carbonate de soude persiste quand on le chauffe; elle se couvre alors d'une écume épaisse, elle ?«onte à la façon du lait naturel. Cette propriété de monter, sur le feu, le lait la tient donc, non pas de sa crème, mais de sa caséine. Du fromage de gruyère se dissout à chaud dans les acides chlorhydrique et azotique ordinaires. Dans ce dernier acide, il prend, avant de se dissoudre, une teinte brun-rouge orangé, et le liquide devient jaune. Dans le carbonate de soude au quart de saturation, à chaud, le gruyère s'émulsionne en rendant le liquide blanc opaque, et des gouttelettes de graisse viennent nager à la surface du liquide. Traité de la même façon, du beurre s'émulsionne aussi, et des gouttelettes de graisse viennent également surnager à la surface; mais cette émulsion est beaucoup plus claire que la précédente. Ainsi, en présence des alcalis, comme les corps gras et mieux qu'eux, la caséine s'émulsionne! Dans les deux émulsions, d'ailleurs, l'examen micros- copique montre des globules, semblables dans l'une et l'autre, et ne différant — 196 — de ceux du lait que parce qu'un assez grand nombre n'a pas une forme régu- lièrement sphérique : les morceaux de beurre et de caséine n'ont pas encore subi complètement l'action du réactif. La caséine et le beurre, dans la sécrétion mammaire (comme l'éridine et le mucus, dans la sécrétion des vésicules sémi- nales ; comme l'éridine, l'albumine et le mucus, dans la sécrétion utérine des Oiseaux), sont donc susceptibles d'aifecter les mêmes formes et de présenter les mêmes apparences physiques ! 22 avril. — $ LU (^ Z. Hier matin, Ç LU n'avait pas encore mis bas. Ce matin, elle a sept petits, bien portants, qui semblent nés d'hier ou de cette nuit. Sa vulve est bien propre, fermée mais non soudée, épaissie, plissée. 2 LUI ,;(■ Y. Ce matin, vers neuf heures et demie, $ LUI est en train de mettre bas : il n'y a encore dans le nid qu'un petit, et les débris à demi mangés d'un autre. La mère a le ventre encore fort gros et la vulve sanglante. Globules du lait. Caséine et beurre. L'émulsion du fromage de gruyère dans le carbonate de soude, commencée hier à chaud, s'est continuée à froid : aujourd'hui, dans le tube, tout le fromage solide a disparu. La crème que contenait le fromage s'est émulsionnée aussi, mais moins complètement et moins parfaitement que la caséine : l'émulsion grasse se voit au-dessus de l'émulsion de caséine, et de grosses gouttelettes grasses non émulsionnées surnagent à la surface du liquide. L'émulsion du beurre, elle, ne s'est pas concentrée. Elle s'est divisée en deux parties, dont la moins considérable et la plus épaisse surmonte l'autre. A la surface du liquide, nagent aussi de grosses gouttes de beurre non émulsionné. Dans la partie homogène, c'est-à-dire au milieu, de l'émulsion du fromage, je constate au microscope la présence de globules presque aussi abondants que dans le lait, et ne différant de ceux du lait que parce qu'un certain nombre sont plus gros, que beaucoup ont une forme moins régulièrement sphérique, et qu'ils se montrent assez souvent groupés en petits tas. Dans la partie homogène, c'est-à-dire au milieu, de l'émulsion du beurre, je trouve aussi, mais en bien moins grande quantité, des globules, semblables à ceux de l'émulsion du fromage, sauf qu'ils sont beaucoup plus petits, et plus rarement et moins abondamment groupés en tas ; leur forme est aussi, c|uel- quefois, irrégulièrement sphérique. Dans la partie supérieure et plus épaisse de la même émulsion, je retrouve les mêmes globules, mais ici beaucoup plus nombreux, de dimensions beaucoup plus variables (leur diamètre est parfois énorme), et beaucoup plus fréquemment et plus abondamment groupés (ils sont quelquefois réunis et plus ou moins confondus en masses considérables). En somme : 1° la caséine et le beurre s'émulsionnent, dans le liquide alcalin, en y formant des globules dont l'aspect est le même : le simple examen microscopique ne permet pas de distinguer ceux de l'une de ceux de l'autre substance; 2° dans le même liquide, lïi caséine s'émulsionne en quantité — 197 — beaucoup plus grande que le beurre; 3" l'éraulsion de caséine est en équilibre beaucoup plus stable que l'émulsion de beurre : tandis que la première demeure homogène, dans celle-ci le corps gras tend sans cesse à remonter à la surface du liquide et à quitter l'état globuleux pour se rassembler en gouttelettes. Dans l'émulsion de fromage, après y avoir mis un morceau de papier réactif, je verse de l'acide chlorhydrique ordinaire. Naturellement, il se dégage de l'acide carbonique. Dès que le liquide devient acide, la caséine se précipite en grumeaux abondants, et, tout autour d'eux, le liquide devient limpide. J'ajoute un excès d'acide, et ces grumeaux se dissolvent. Dans l'émulsion de beurre, abstraction faite du dégagement d'acide carbo- nique, l'acide chlorhydrique semble d'abord iriactif : le liquide reste louche au premier moment; mais, ensuite, il s'éclaircit peu à peu, la graisse remontant à la surface. Cette modification ne survient que très lentement : après plusieurs heures, le liquide n'est pas encore limpide. Dans l'eau de Javel, le fromage de gruyère ne se dissout que très lentement : il est sans doute protégé par la crème qui l'imprègne. Le savon produit par cette partie grasse vient surnager à la surface. De l'ensemble de ces observations, il résulte que le lait doit à la caséine, et non au beurre, ses propriétés vraiment caractéristiques, au point de vue chimique comme au point de vue morphologique : il est essentiellement une émulsion de caséine, renfermant accessoirement d'autres substances. $ Lin (5* Y. A six heures, ce soir, dans le nid de Ç LUI, j'ai compté neuf petits, dont un mort; la portée comprenait un petit de plus, cçlui que j'ai trouvé à moitié dévoré, ce matm. Pendant le dîner, vers sept heures et demie, j'ai vu coïter (^ et $ . Aussitôt après le diner, soit environ une demi-heure après le coït, je sacrifie $ LUI. Enfoui dans la profondeur du vagin, elle a un bouchon vaginal, dont j'aurais eu de la peine à constater l'existence par un simple examen extérieur. Ses utérus sont énormes : distendus par la parturition précédente et à l'état de relâchement, ils semblent vides; mais, quand je les touche, ils se contractent énergiquement ; et, en revenant sur elles-mêmes, leurs parois limitent des poches pleines de liquide. Je détache rapidement les utérus, avec le vagin, les trompes et les ovaires ; je transporte le tout sur une lame de verre, et, d'un coup de ciseaux, j'ouvre la cavité utérine : il s'en écoule un liquide assez abondant. Transportant les organes sur une autre lame de verre, je recouvre d'une lamelle le liquide utérin, je scelle la préparation à la paraffine, et je l'examine : jamais encore, chez la Souris, je n'ai vu pareil remue-ménage de spei-matozoïdes ! Se mouvant par de grandes ondulations latérales, comme des anguilles, ils progressent en ligne droite, régulièrement, sans secousses. Ils traversent en un clin d'œil le champ du microscope : je les vois entrer e1 sortir de tous côtés, mettant en branle les nombreux globules sanguins, ainsi que les nombreux et énormes leucocytes qui nagent dans la préparation. — 198 - Peu à peu, cependant, le nombre des immobiles et des convulsifs, d'abord presque nul, augmente, et, bientôt, on peut compter ceux qui progressent encore normalement. J'examine alors le liquide qui s'est échappé de l'utérus depuis que celui-ci a été porté sur une nouvelle lame (le tout avait été aussitôt placé dans la chambre humide) : j'y trouve les spermatozoïdes dans le même état et au même point que ceux de la préparation scellée. Plus tard , je vois d'énormes leucocytes, englobant en partie des spermato- zoïdes morts; ils en paraissent traversés de part en part, et sont allongés sur eux : sans doute ils sont en train d'en digérer la substance; et c'est pourquoi le liquide utérin, quand il s'écoule à la chute du bouchon, présente tant de spermatozoïdes incomplets, réduits à leur tête ou à tout autre fragment. Mais, avant de faire cette dernière observation, j'ai sacrifié $ LV et c? Y. $ LV (^ AA. Ce soir, vers neuf heures, après avoir sacrifié $ LUI, je sacrifie aussi $ LV. Dans la journée, elle a mis bas sept petits, dont un mort; mais elle ne s'est pas encore accouplée; elle n'est même pas encore en rut; aussi, je ne trouve, dans ses utérus, que fort peu de liquide; j'en trouve assez, cependant, pour le but que je me propose. Ayant rapidement détaché ses utérus, avec le vagin, les trompes et les ovaires, je les dépose sur une lame de verre, et je place le tout dans la chambre humide. Puis, je sacrifie (^ Y. Je reprends les utérus, je les entaille d'un coup de ciseaux, et je réussis à en exprimer une très petite gouttelette de liquide. Dans celle-ci, je transporte et je vide, en le comprimant avec des aiguilles, un morceau de canal déférent. Je recouvre la préparation d'une lamelle, et je l'examine. Je constate alors que les sper- matozoïdes sont actifs , et que leurs mouvements sont réguliers et normaux ; leur progression, seulement, est gênée par leur entassement. Mais la goutte- lette se dessèche rapidement, et les mouvements ne tardent pas à diminuer d'amplitude et à devenir convulsifs. J'examine alors directement le contenu d'un canal déférent : les spermato- zoïdes y sont absolument immobiles. C'est donc le liquide utérin qui donne en quelque sorte la vie à ces éléments, en attendant qu'il les tue. L'alcalinité de ce liquide est d'ailleurs la condition essentielle d'une telle propriété; car celle-ci appartient aussi à d'autres liquides physiologiques alcalins, au lait par exemple. Je coupe en deux un testicule de (^ Y, et, sur la même lame, j'agite l'une des sections dans une goutte de lait, et je frotte l'autre directement sur le verre; puis je recouvre rapidement et j'examine aussitôt les deux préparations : dans le suc naturel du testicule, tout reste immobile, tandis que, dans le lait, tout est en mouvement! Ici se présente un phénomène curieux. Autour de chaque spermatozoïde, la caséine se coagule, les globules du lait se collent, et l'animal se trouve empâté dans une gangue de plus en plus volumineuse. Ses mouvements demeurent très réguliers et très vigoureux ; mais il est condamné à s'agiter sur place. Cette coagulation de la caséine autour de lui s'explique d'ailleurs aisé- — 199 — ment par l'acidité du liquide qu'il exhale ou dont il est imprégné. Je m'assure, en effet, que le suc des testicules, comme celui des canaux déférents, est nettement acide. Et il en est de même de celui des vésicules séminales et de celui des glandes de Méry; de même de l'urine contenue dans la vessie. Le suc des glandes préputiales, ou de Tyson, est neutre. Ainsi, tant qu'il n'a pas quitté l'appareil (^, le spermatozoïde est inactif. Ce n'est que dans l'utérus qu'il trouve un milieu convenable à son activité : c'est là qu'il prend vie, en quelque sorte. D'ailleurs, il n'y vit pas longtemps. Son cadavre devient ensuite la proie des leucocytes qui écument ces parages; et ses restes sont rejetés au dehors, avec le liquide utérin, au moment de la chute du bouchon vaginal. Il est à remarquer que les leucocytes, qui trouvent cette riche nourriture et dont la taille devient énorme dans le liquide utérin, ne sont généralement pas éliminés avec celui-ci; car il n'en contient guère, d'habitude, quand il s'écoule par le vagin. Peut-être ont-ils un rôle à remplir dans les premières modifica- tions utérines de la gestation? Liquide utérin de $ LUI. Vers onze heures, dans la préparation non scellée, à peu près tous les spermatozoïdes sont morts; d'ailleurs, bien que cette préparation , comme les autres., ait été placée dans la chambre humide, leur mort a pu être accélérée par la concentration du liquide ; dans la prépara- tion scellée, en effet, je vois encore un certain nombre d'éléments actifs : leurs mouvements, il est vrai, ont peu d'amplitude et sont bien convulsifs. Spermatozoïdes dans le lait. C'est dans le lait que, malgré leur gangue de fromage les spermatozoïdes sont restés le plus vigoureux : il est vrai que cette préparation est d'une heure plus récente que les deux autres. A minuit, dans le lait, les mouvements sont encore très vigoureux, tandis que, dans le liquide utérin, ils sont rares et faibles. $ LXI (5* T. Aux quatre petits de $ LXI, qui sont superbes , j'en ajoute trois, nés aujourd'hui de $ LUI. Après cette addition, (j* et ?, à plusieurs reprises, entrent dans leur nid et en sortent l'air inquiet, et ils visitent tous les coins de leur cage. (^ AA. A minuit, aux six petits de $ LV, que j'ai laissés avec le <$, ]& joins les cinq autres de $ LUI. 23 avril. — $ LU J* Z. Ce matin, $ LU ne présente pas de bouchon, et sa vulve s'amincit déjà. Cette Ç a dû s'accoupler l'avaut-dernière nuit. Pour compléter la série, par jour d'âge, des organes génitaux des jeunes $ destinés à M. le Professeur VAN Bambeke, je sacrifie trois petits, au troisième jour, de cette $ : le troisième sacrifié seulement se trouve $. $ LXI (^ T. Les nouveaux nourrissons ont été parfaitement acceptés. Je change de cage toute la petite famille, en ayant soin de transporter son nid dans le nouveau domicile. $ LXIII (5* U. La vulve de cette $ semble s'épaissir. Je remplace, dans sa — 200 — cage, cf U par ^ AB, qui se trouvait seul depuis quelque temps, et je donne J* U à M. le D"- H. Morau. (^ AA. Le stock des petits paraît bien portant. Je trouve le (^ couché au milieu d'eux. Je change (^ et petits de nid, (^ B. Je donne, à M. le D^ H. Morau, (^ B, qui se trouvait seul depuis plusieurs jours. Spermatozoïdes dans le lait. Ce matin, à onze heures,, tout mouvement a cessé dans le lait. Il y a, autour des spermatozoïdes, des amas de fromage coagulé, d'autant plus gros et d'autant plus homogènes (c'est-à-dire à globules moins distincts), que les spermatozoïdes sont rapprochés en groupes plus nombreux. Le lait de la préparation est devenu fortement acide. Spermatozoïdes du liquide utérin. A la même heure, dans le liquide utérin, un peu partout il y a des spermatozoïdes qui s'agitent; mais leurs mouvements sont lents et ont peu d'amplitude. J* A A. Après midi, je retire trois des onze petits confiés à (^ A A, pour les donner à Ç LIL Je m'aperçois alors qu'un des onze avait disparu. Il n'en reste donc plus que sept dans le nid. Ç LXIII (^ AB. Ce soir, le (^ fait la cour à la $ ; mais je ne crois pas que celle-ci soit encore en rut. Spermatozoïdes du liquide utérin. A minuit, quatre ou cinq spermato- zoïdes, dans la préparation, font encore de petits mouvements. 24 avril. — Ç LU (^ Z. Je sacrifie un nouveau petit de Ç LK. Le premier étant $ , je n'ai pas à en tuer d'autre. Je remplace le sacrifié par deux des petits confiés à ^ AA : Ç LII a donc actuellement, avec elle, encore trois de ses petits et cinq nourrissons étrangers. Ç LXl (} T. Les quatre petits de $ LXI sont superbes, les trois nourris- sons étrangers en parfait état. J'augmente encore la petite famille de deux nouveaux pensionnaires, deux des petits précédem-xient confiés à (^ AA. Ç LXIII (^ AB. La vulve de cette Ç est toujours au repos. (5* AA. Hier matin, un des petits confiés aux soins de ce (^ avait disparu; aujourd'hui, des sept qui lui avaient été laissés hier, je n'en vois d'abord que quatre; mais, en cherchant dans Tétoupe du nid, je retrouve les trois man- quants d'aujourd'hui. Ils sont morts; mais leurs cadavres sont intacts. Ils se sont sans doute égarés et refroidis , et le (^ n'est coupable que de ne les avoir pas ramenés au nid : je l'ai trouvé couché, ce matin, non pas au milieu, mais à côté des petits. Quant au disparu d'hier, je n'en vois aucune trace : peut-être avais-je mal fait mon compte? S'il avait été dévoré, j'en trouverais quelques restes; et d'autres, sans doute, auraient subi le même sort. Vers une heure de. l'après-midi, je sacrifie (5* AA. J'avais préparé du petit lait, et, avec du carbonate de soude, je l'avais rendu légèrement alcalin : j'espé- rais que ce liquide, sans présenter les inconvénients du lait, serait aussi favo- rable que lui à l'activité des spermatozoïdes; mais mon espoir a été déçu. — 201 — Dans ce milieu, les spermatozoïdes, provenant soit des canaux déférents, soit des testicules, ne présentent que des mouvements faibles et convulsifs. D'ailleurs, examinés directement dans le suc de ces organes, il se montrent, commme d'habitude, absolument immobiles. Spermatozoïdes du liquide utérin de $ LUI. Je fixe la préparation par l'alcool, et je la dédouble : la lame m'en fournit une, et la lamelle une antre. Elles présentent des leucocytes énormes. Beaucoup de ces éléments s'étaient multipliés : on en trouve en voie de scission ; et l'on voit aussi des groupes d'éléments plus petits, qui semblent être la progéniture des grosses cellules. 25 avril. — Ç LU J* Z. Je sacrifie les trois derniers petits de $ LU : le dernier seul est $ . D'autre part, un dès cinq nourrissons étrangers a été dévoré : je retrouve son arrière-train. $ LU n'a donc plus que quatre nour- rissons : je lui en donne deux de plus, que je retire à Ç LXI. $ LXI (f T. Un des deux nourrissons ajoutés hier à disparu ; l'autre, privé jusqu'alors de nourriture, reste bien petit. Pour avoir les organes d'une $ au huitième jour d'âge, je sacrifie deux des petits de Ç LXI; en outre, je lui retire deux de ses nourrissons : $ LXI n'a donc plus à nourrir que quatre petits, deux à elle et deux étrangers. Ç LXIII (5* AB. La vulve de $ LXIII semble commencer à s'épaissir. 26 avril. — $ LU (j* Z. Je retire à ^ LU deux de ses nourrissons. Ç LXI cj* T. Je les rapporte à ? LXI. $ LXIII (f AB. Vulve dilatée et épaissie, quoique encore fermée : le rut, pour ce soir, sans doute? $ LU J* Z. Ce soir, vers neuf heures et demie, je sacrifie (^ Z. Dans du sperme humain, recueilli depuis une demi-heure environ et dont les sperma- tozoïdes sont très actifs, je vide, en les comprimant avec des aiguilles, un mor- ceau de canal déférent du sujet sacrifié : dans ce milieu, les spermatozoïdes de Souris se montrent aussi actifs qu'ils le sont dans le liquide utérin aussitôt après le coït! C'est un curieux spectacle, celui des mouvements réguliers et vigoureux qu'ils exécutent, rapprochés et enchevêtrés en masses épaisses. Comparés à ceux de l'Homme, les spermatozoïdes de la Souris se meuvent d'une façon beaucoup plus régulière et moins saccadée. Je fais deux préparations de ce mélange vivant, je les scelle à la paraffine, et je les place dans la chambre humide. Ç LXIII (j* AB. Ce soir, à onze heures, Ç LXIII ne présente pas encore de bouchon vaginal. Spermatozoïdes de Souris dans le sperme humain. A la même heure, dans les préparations communes, un assez grand nombre de spermatozoïdes de la Souris, et un très grand nombre de ceux de l'Homme sont encore très vigoureux. Spermatozoïdes dans le blanc d'œuf. Le sperme humain est alcalin; mais le blanc d'oeuf l'est aussi : je m'en assure directement, dans le cas de — 202 -- l'une et dans celui de l'autre substance. Je porte aussi dans du blanc d'œuf des spermatozoïdes de Souris : ils y prennent vie; mais leurs mouvements y sont peu vigoureux et plus ou moins convulsifs : peu vigoureux, cela pourrait peut- être s'expliquer physiquement par la viscosité du liquide; mais convulsifs, c'est que le milieu chimique, quoique alcalin, ne leur est pas très favorable. J'essaie du blanc d'œuf étendu de son volume d'eau : les spermatozoïdes y meurent instantanément en convulsions et en contorsions. En somme, après le liquide utérin de la Ç en rut, le sperme humain est, des liquides que j'ai essayés, le seul qui paraisse bien convenir aux spermatozoïdes de la Souris. 27 avril. — Spermatozoïdes de Souris dans le sperme humain. Ce matin, vers neuf heures et demie, dans l'une des deux préparations scellées et conservées dans la chambre humide, il y a encore un assez grand nombre de spermatozoïdes en mouvement : ceux de la Souris, agités par de petits tremble- ments convulsifs ; ceux de l'Homme, se mouvant d'une façon plus normale, mais ne progressant pas. Dans l'autre préparation, tout mouvement est presque éteint. J'examine alors une goutte du sperme humain conservé en masse dans un flacon bouché : la plupart des spermatozoïdes y sont raides et immobiles; mais il y en a de parfaitements vigoureux, qui progressent normalement. Parmi ceux-ci, il y en a de très petits et grêles, et d'autres très gros : la diffé- rence est considérable; elle porte surtout sur le volume du segment céphalique et sur l'épaisseur du corps; dans le sens de la longueur, elle est moins accusée. U y a aussi quelques spermatozoïdes, peu nombreux, en train de mourir, dans des positions contournées et avec des mouvements convulsifs. $ I.XIII ^ AB, Ce matin, à onze heures, le vagin de $ LXIII est occupé par un bouchon vaginal : celui-ci n'est pas apparent, la vulve étant refermée au-dessus de lui; mais, en passant le doigt sur la vulve, on a la sensation d'un corps dur. Ce soir, à neuf heures et demie, le bouchon vaginal étant en place, je sacrifie Ç LXIII. Ses utérus sont énormément distendus. Je les détache avec le vagin, les trompes et les ovaires, et je dépose le tout sur une lame de verre. Alors, en ayant soin de faire porter la section sur la trompe, j'isole la trompe droite, et je la porte, sur une lame de verre, dans une goutte de sperme humain conservé depuis hier. Les utérus ne se vident pas. Je les abrite dans la chambre humide. Prenant l'autre préparation, je dilacère la trompe avec les aiguilles, et j'en comprime les fragments successivement d'un bout à l'autre, de façon à en exprimer le contenu; puis je recouvre d'une lamelle et j'examine. Je fais abstraction des éléments du • sperme humain. II y a, dans la préparation, quelques spermatozoïdes de Souris, tous morts et immobiles. A l'extrémité et en dehors d'un fragment de trompe, j'aperçois trois ovules. Ils sont entourés, chacun, par une masse considérable, comme par une épaisse — 203 - couronne , de cellules assez semblables à des leucocytes, sans doute des cellules du cumulus prolic/er. Entre la zona pellucida et le vitellus de l'un d'eux, il y a deux globules polaires. Dans la zona pellucida, qui est assez épaisse, il y a quelques spermatozoïdes de Souris, tous morts : j'en vois un, presque tout entier engagé dans la couronne des cellules extérieures et dont la tête et une petite portion antérieure émergent seules dans la zona; un autre est tout entier dans la zona, irrégulièrement pelotonné. Je reviens aux utérus. D'un coup de ciseaux, j'entaille celui de droite : il s'en écoule aussitôt un liquide très épais et très abondant, qui entraîne avec lui trois petites masses rouges, à demi solides, qui pourraient bien être des produits d'avortement; ce sujet, en effet, s'était accouplé, une première fois, onze jours avant le coït d'hier. Dans le liquide utérin, dont la composition est la même que d'habitude après l'accouplement, tous les spermatozoïdes sont immobiles. Ainsi, dix heures au plus après le coït, d'une part la fécondation est accomplie et elle ne serait plus possible; et d'autre part les ovules, fécondés, sont dans les trompes. Je n'ai pas conservé les ovules : en découvrant la préparation pour les isoler, je les ai détruits et perdus. J'ai fait une préparation permanente du liquide utérin, et une de l'un des trois corps qui se trouvaient dans l'utérus et que je suppose être des produits d'avortement. Spermatozoïdes de Souris dans le sperme humain. A minuit, dans les deux préparations scellées, il y a encore quelques mouvements, rares et faibles, et les spermatozoïdes qui s'agitent ainsi sont au moins aussi souvent ceux de la Souris que ceux de l'Homme. J'examine aussi une goutte du sperme humain laissé en masse dans un flacon bouché : presque tous les spermato- zoïdes y sont morts; après avoir longtemps cherché, je finis pourtant par en trouver un encore en mouvement. 28 avril. — Ç LU. Je retire à Ç LU, qui n'en garde ainsi que trois, encore un nourrisson. $ LX (5* H. Ç LX ne tardera pas à mettre bas : sa vulve est épaissie et plissée, quoique encore fermée. $ LXI (} T. Je donne à Ç LXI un nouveau nourrisson, retiré à $ LU ; Ç LXI en a donc sept. (^ T s'est construit un nid dans l'étage supérieur de la cage; mais il n'en couche pas moins dans le nid de la famille, en bas. Spermatozoïdes de Souris dans le sperme humain. Ce matin, à dix heures et demie, dans les préparations scellées, je vois s'agiter encore quel- ques spermatozoïdes de Souris; tous ceux de l'Homme sont immobiles. Ainsi, les premiers vivent plus longtemps dans ce milieu étranger, que les derniers dans leur propre milieu! Je colore les deux préparations, pour les conserver. Mucus du blanc d'œuf. Le blanc d'œuf de Poule contient, en propor- tion très appréciable et mtimement uni à l'albumine, du mucus, c'est-à-dire — 204 - une matière qui, ayant l'aspect et plusieurs des propriétés de l'albumine, se comporte dans l'eau comme le mucus, y gonflant sans s'y dissoudre, s'y ramassant en membranes et en paquets, et agglutinant dans sa substance les corps étrangers, y compris les bulles de gaz : c'est ce mucus que des chimistes ont mentionné, dans le blanc d'œuf, sous la vague appellation de mem- branes (\). C'est ainsi que, très fréquemment, des substances chimiquement distinctes, quoique voisines et très semblables d'aspect, sont simultanément sécrétées par les mêmes glandes : tels le mucus etl'éridine, sécrétés par les vésicules séminales des Mammifères; l'albumine, l'éridine et le mucus, sécrétés par l'oviducte de la Poule; la caséine et le beurre, sécrétés par les mammelles des Mammifères; etc. 29 avril. — Expériences. Chez la Souris, l'ovule s'enkystant dans la paroi de l'utérus dès qu'il arrive dans cet organe, mes expériences de gestation artificielle ne pouvaient rien démontrer relativement à la gestation extra- utérine. Dans ces expériences, en effet, les ovules n'étaient pas indépendants des fragments d'utérus avec lesquels je les transportais : si, donc, ils s'étaient développés après leur déplacement, la gestation que j'aurais ainsi obtenue n'en aurait pas moins été une gestation intra-utérine ; tandis que, d'autre part, leur non-développement pourrait être exclusivement attribué aux con- ditions particulières de l'expérimentation. Ce dernier cas est le seul qui se soit effectivement présenté; et l'on conçoit qu'il en devait être ainsi. En effet, alors que l'utérus se trouvait, au moins pendant plusieurs jours et jusqu'à ce qu'il se fût greffé, hors d'état de fournir aux ovules les matériaux de leur développement, et que, cependant, il les isolait des organes en pleine activité physiologique auxquels ils auraient pu demander ces matériaux : les ovules, que je déplaçais sans avoir soin de les prendre à l'époque précise de leur stade d'arrêt, ne pouvant suspendre ni ralentir leur évolution, étaient nécessairement condamnés à périr. Plus tard, sur des Mammifères plus favorables que la Souris, je repren- drai ces expériences telles que je les avais conçues et en vue du but que je poursuivais. Pour l'instant, laissant ce but de côté, je vais tenter de provoquer un cas de gestation artificielle intra-utérine, avec des fragments d'utérus contenant des ovules au stade d'arrêt. Je vais transporter ces fragments, d'une part, dans l'abdomen d'un (j*, et, d'autre part, dans celui d'une $ ayant elle-même atteint et n'ayant pas encore dépassé le stade d'arrêt de la gestation : ce dernier cas sera peut-être plus favorable, à cause de l'har- (1) <( On peut se procurer de l'albumine pure en triturant le blanc d'œuf dans un mortier aveo de l'eau et filtrant la dissolution : on sépare ainsi l'albumine des membranes qui l'accompagnent n A Cahoubs, Traité de chimie générale élémentaire, 2° éd., 1860, t. III, p. 608. — 205 — monie qui se trouvera établie, au point de départ, entre l'organe greffé et un organe similaire fonctionnant physiologiquement dans le même organisme (1). $ Lll. $ LU, nourrice au neuvième jour, est sans doute au stade d'arrêt de la gestation : elle va recevoir les fragments d'utérus étranger. Ce matin, vers dix heures, je l'étalé sur la planchette; je lui incise la peau de l'abdomen, et je collodionne les bords de la plaie ainsi que les poils environ- nants. $ LXl (^ T. Puis, je sacrifie $ IXl, destinée à fournir l'utérus. Nourrice et au douzième jour, je la suppose également au stade d'arrêt de la gestation; mais, à l'autopsie, je constate que ce stade est dépassé d'un ou deux jours. Les renflements utérins ont le volume de grains de chènevis. Il y en a trois dans chaque utérus. Du côté du mésométrium, il y a aussi, dans l'utérus, des taches pigmentaires jaunes en relief, semblables à celles qui caractérisent le stade d'arrêt : j'en compte cinq dans l'utérus droit, disposées, en pai'tant de l'ovaire, une au-dessus du premier renflement, une entre le premier et le deuxième, deux entre le deuxième et le troisième, une au-dessous du troi- sième ; dans l'utérus gauche, je n'en vois que deux, une entre le deuxième et le troisième, une autre au-dessous du troisième renflement; les deux premiers renflements de ce côté sont contigus et n'ont pas de tache intercalée. Par leur nombre et leur disposition, ces taches montrent qu'elles n'ont aucun rapport avec les produits en voie de développement : seraient-elles liées, comme M. le Professeur Mathias Duval m'en a suggéré l'idée, à la gestation précédente? Je penserais plutôt qu'elles sont en rapport avec des ovules avortés. Je réunis les petits et nourrissons de la $ sacrifiée à ceux de $ LU. $ LII. Alors, je rapproche et je collodionne les bords de la plaie de $ LU, et je détache ce sujet. Je modifierai l'expérience projetée. ^ LU four- nira l'utérus au stade d'arrêt, et Ç LX, fécondée de cette nuit, servira de sujet : l'important, dans le cas actuel, les ovules transportés pouvant attendre, n'est pas que ceux du sujet à opérer aient atteint le stade d'arrêt, mais qu'ils ne l'aient pas dépassé. J'avais réuni les trois nourrissons de $ LU aux sept de $ LXL Des dix, j'en sacrifie deux, au neuvième jour d'âge, pour obtenir les organes génitaux d'une $ à ce stade; puis j'en donne de nouveau trois, du même âge, à Ç LIL Restent cinq, deux au douzième, trois au neuvième jour, que je nie propose de faire élever par Ç LX. Ç LX (^ H. Hier soir, à onze heures, il y avait des petits dans le nid de ce couple ; je les compte ce matin : il y en a six. La $ a la vulve épaisse et plissée, mais vide : le bouchon a dû tomber. (1) Voir F. Lataste, Qu'est-ce que l'être vivant? dans Soc. Biol., 5 janvier 1889, p. 5. — 206 — Je substitue, d'abord, à trois des petits de cette $, trois nourrissons au neu- vième jour d'âge; puis, un peu plus tard, je supprime encore deux autres nou- veau-nés, et je les remplace par deux nourrissons au douzième jour. 30 avril. — .Ç TJI. Malgré sa blessure, $ LU a accepté les trois nour- rissons : je la trouve installée au milieu d'eux. $ LX (^ H. Les six nourrissons, dont un petit de Ç LX et cinq étrangers, sont bien portants : malgré leur âge, ces derniers ont été adoptés. (^ T. Hier, j'avais mis, dans le nid de ce (^, cinq nouveau-nés, petits de $ XL; ce matin, je le trouve installé au milieu d'eux : ils sont roses et vifs; je porte avec eux un sixième frère. Ç LII. Vers dix heures, ce matin, je sacrifie $ LIL Ses utérus contiennent chacun trois produits, au stade d'arrêt de la gestation. Je les utilise l'un et l'autre dans ma dernière expérience de gestation artificielle. $ LX (^ H. J'introduis le droit dans l'abdomen de $ LX, elle-même au troisième jour de la gestation normale. Pendant l'opération, le cœcum du sujet fait, au dehors, une hernie que je réduis. Avec les deux aînés de ses nourrissons, au treizième jour d'âge, je porte l'opérée dans la cage de (^ AB, opéré aussi. Elle paraît d'abord nn peu éprouvée : elle se tient hors du nid, l'air triste, le poil hérissé ; mais je ne tarde pas à la voir manger. (J* AB. L'utérus gauche de $ LU est introduit, par le haut du flanc, dans la cavité abdominale de ^^ AB. Après l'opération, ce sujet reste vigoureux et bien portant. Portées du 22 avril. Je sacrifie les six petits restant des portées du 22 avril ; parmi eux, il y a trois (^ et trois Ç : je conserve les organes génitaux de celles-ci. Sperme humain. Dans le flacon bouché où il est conservé depuis quelques jours, le sperme humain a pris une odeur particulière, un peu acide, bien différente de celle du sperme frais. Il ramène au bleu le papier rougi de tour- nesol ; mais celui-ci redevient rouge à mesure qu'il sèche; et le papier bleu, à son contact, conserve d'abord sa couleur; mais il rougit ensuite en séchant : la réaction actuelle du sperme est donc due à une base volatile, vraisembla- blement à l'ammoniaque. Du blanc d'oeuf, recueilli à la même époque que ce sperme, conserve toujours sa réaction franchement alcaline. Dans le sperme, les masses de mucus se sont depuis longtemps dissoutes; dans l'albumine, le mucus est toujours apparent. l^r mai. — $ LX J* AB, Les deux opérés et les deux petits vont bien. Ces derniers n'ont pas encore ouvert les yeux. (^ T. Les six petits sont morts; plusieurs des cadavres présentent des bles- sures ou même sont dévorés en partie. 2 mai. — $ LX c5^ AB. Ce matin, à onze heures, les petits sont en train d'ouvrir les yeux : l'un a les deux yeux grand ouverts; l'autre a un oeil fermé et l'autre entr'ouvert. — 207 — 7 mai. — Ç LX (^ AB. Les deux opérés vont tout à fait bien. Les deux petits sont (^. Blanc d'œuf . A la vue, le blanc d'œuf depuis onze jours conservé dans un flacon bouché ne semble pas encore altéré; mais son odeur commence à deve- nir fétide. Sa réaction est demeurée alcaline, et son mucus ne s'est aucunement dissous. Le blanc d'œuf de Tortue, paraît-il (1), n'est pas, comme celui de Poule, coagulable par la chaleur : cela tient sans doute à ce que le premier contient moins d'albumine et plus de mucus que le second. Entre la sécrétion de l'ovi- ducte des Oiseaux, composée (abstraction faite des sels minéraux) surtout d'albumine mais aussi de mucus et d'éridine, et la sécrétion de l'oviducte des Batraciens, composée exclusivement ou presque exclusivement de mucus, la sécrétion de l'oviducte des Reptiles sert ainsi d'échelon. 8 mai. — 2 LX c^ AB. Je donne les deux petits. (^ H. Je donne (^ H. 17 mai. — $ LX (5* AB. Vers midi, au vingt-unième jour après la parturi- tion et le coït et au dix-neuvième jour après l'introduction dans son abdomen d'un utérus étranger contenant des produits de fécondation au stade d'arrêt, je sacrifie Ç LX. Elle a le ventre fort gros. Comme, pour la faire périr, j'ai recours à la noyade, la bête reste longtemps sur l'eau, immobile et respirant : dans ces conditions, la mort eût été fort lente, déterminée par le refroidisse- ment et non par l'asphyxie; alors, je répands de l'éther dans le vase, et je recouvre celui-ci : la bête, aussitôt, se retourne le ventre en l'air. Ç LX a huit fœtus dans l'utérus droit, un seul dans le gauche. Les renfle- ments utérins sont gros comme de petites groseilles à maquereau , les placentas saillants : la gestation a été retardée. Au niveau de la cicatrice abdominale, une anse intestinale est adhérente : si intimement, que l'intestin a été ouvert par le scalpel, quand j'ai fendu la paroi du ventre. Je ne retrouve pas l'utérus étranger : pour l'instant, d'ailleurs, cette recherche est rendue un peu difficile par le sang qui s'écoule en abondance des vaisseaux abdo- minaux. Je mets, dans le liquide de Kleinenberg au tiers, d'abord les organes génitaux, puis tout le restant de l'abdomen de ce sujet. A son tour, je sacrifie (} AB, également au dix-neuvième jour après l'intro- duction dans son abdomen, par une ouverture pratiquée au creux du flanc droit, d'un utérus contenant trois produits de gestation au stade d'arrêt, La plaie extérieure est tout à fait cicatrisée. Le sujet est fort gras. L'organe étranger est greffé dans l'épaisseur des tissus, en dehors du péritoine : ses (1) Les œufs des Tortaes marines « ont à l'intérieur une glaire peu visqueuse, d'une teinte légère- ment verdàtre, qui est une matière albumineuse... Cette albumine ne se coagule pas, ou ne peut se solidifier complètement par l'action du feu. « Duméhil et Bibro.v, Erpétologie générale, t. II, 1835, p. 519. — 208 — produits ne paraissent pas s'être développés, et ils ne semblent guère s'être l'ésorbés. Je ne constate d'ailleurs aucune adhérence anormale des viscères abdominaux. Je détache un fragment de la paroi abdominale comprenant l'organe étranger, et je mets le tout dans le liquide ne Kleinenberg. 19 mai.— Autopsie de $ LX. Dans l'abdomen de $ LX, successivement traité par le liquide de Kleinenberg au tiers et par l'alcool ordinaire, je cherche vainement la trace de l'organe étranger. Sur l'intestin, je trouve une adhé- rence anormale, distincte de l'adhérence, à la paroi, précédemment constatée, et, en outre, quelques plaques fibreuses, traces d'adhérences déjà détruites. L'utérus droit, celui qui contient huit fœtus, a cent-quatorze millimètres de long, le gauche, qui ne contient qu'un fœtus, n'en mesurant que vingt-quatre. Dans l'utérus droit, les fœtus sont orientés comme suit, à partir de l'ovaire : les deux premiers, la tête en bas; les quatre suivants, la tête en haut; les deux derniers, la tête en bas. Dans l'utérus gauche, le fœtus unique a la tête en bas. Les fœtus, non déroulés, mesurent chacun de douze à treize millimètres dans leur plus grand diamètre; ils sont au même degré de développement que ceux du seizième jour de la gestation normale ($ XXXIll) : Ç LX a donc, par le fait du traumatisme, subi un retard de cinq jours dans sa gestation. (^ T. Je donne (^ T. C'était le dernier sujet de ma petite ménagerie. COUPE GEOLOGIQUE TERRAINS TERTIAIRES LA RIVE DROITE DE LA GIRONDE ET DE LA DORDOGNE MM. E. BENOIST et J. T. BILLIOT Depuis le dernier travail publié en 1867 dans les Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux par feu Tim, Billiot, travail revu par M. le Prof. Raulin, alors membre titulaire de notre Société, il n'a été fait que quelques descriptions de sondag-es isolés, exé- cutés dans la rég-ion, soit par des maisons de Paris, soit par des maisons de Bordeaux; elles ont été publiées dans le Journal d'Histoire naturelle de Bordeaux et du Sud-Ouest. Le courant des travaux scientifiques en g-éologie, se portant en ce moment surtout sur l'étude des couches de jonction des terrains éocène et oligocène dans le sud-ouest de la France, nous avons Thon- neur de vous présenter, pensant aider à l'étude de la question, une coupe g-éolog-ique des terrains tertiaires compris entre les deux relèvements crétacés de Mortag-ne et de Berg-erac, sur la rive droite de la Gironde et de la Dordog-ne. Cette coupe et les tableaux qui l'accompag-nent ont été dres- sés à l'aide des documents géolog-iques relevés dans quatorze sondages ou puits artésiens forés par la maison V® T. Billiot de Bordeaux (1). Quelques-uns de ces forages, terminés récemment, ont permis d'utiliser les renseignements recueillis depuis 1862 par la maison V® T. Billiot. (1) Nous devons aussi à l'obligeance de M. Bellamy, quelques renseigne- ments sur trois sondages exécutés par lui dans la région. Tome XLIII. 14 — 210 — Nous avons autant que possible complété la coupe des reliefs du sol au-dessus de la lig-ne du niveau de la mer, au moyen des études faites précédemment par nos savants collèg-ues MM. Gos- selet, Mathéron, Raulin, Tournouër et Linder, en même temps que nous avons tracé un schéma probable des allures des couches au-dessous du niveau de la mer, dans les g-randes profondeurs. Nous avons ensuite résumé à g-rands traits les observations que cette étude pouvait susciter, tant sur les divers mouvements des couches rencontrées, que sur la possibilité d'établir d'une façon provisoire, le rég-ime des nappes aquifères sur la rive droite de la Gironde et de la Dordog-ne, entre Blaye et Sainte-Foy. Avant d'aborder l'étude de la coupe géologique ci-jointe, nous pensons qu'il est nécessaire de rappeler en quelques mots la succession des diverses couches que l'on peut rencontrer soit au- dessus, soit au-dessous du niveau de la mer, en suivant la rive droite de la Gironde et de la Dordog-ne. De haut en bas, la couche la plus moderne sous le terrain quaternaire, étant le calcaire à Astéries, comme elle est la plus visible, c'est par elle que nous allons commencer. Ti:RRitli^ OL.IQOCÈME: IMFÉRIEIJR. H. Sous-étage Stampien. Calcaire à Astéries. Divisées par M. Raulin, dans son Explication de la carte géologique de la Gironde (1), en deux parties distinctes, sous les noms de calcaire de Bourg et de calcaire de Saint-Macaire, ces couches, contenant de nombreux osselets d'Astéries, et que nous avons désignées dans notre Esquisse géologique des terrains ter- tiaires du Sud-Ouest (p. 38) sous le nom de calcaire à Ampullina crassatina et à Archiacina armorica, ont été depuis long-temps reconnues comme étant une seule et même formation. La partie supérieure très calcaire, surtout développée sur les bords sep- tentrionaux du bassin tertiaire, contient de nombreux débris de (1) Soc. de geogr. comm. de Bordeaux, Bull. n° 1, p. 7, 8 et 9. Ann. 1874-75. — 211 — Mollusques, d'Écliinides et de Zoophytes, parmi lesquels on distingue, comme étant les plus caractéristiques et les plus communs : Ceritliium Charpentieri, bidentatum, Turbo Parkin- soni, Ampullina crassatina, Diastoma Grateloupi, Venus Aglaiir^, Cytherea Sismondai, Cardita Basteroti , Peclunculus angusticos- tatus, Crania abnormis, Scutella striatula, Cladocora manipu- latwn, Niimmulites intermedia et vasca, et des alg-ues calcifères du groupe des Melobesia. La partie inférieure argileuse, peu développée au nord de la Gironde et de la Dordog-ne, offre des calcaires arg-ileux bleus, pyriteux, contenant : Detphinula scobina, Deshayesia neritoides, Cytherea Sismondai, Goniocardium Matheroni, Arcliiacina armo- rica et du lig-nite. Elle a été rencontrée dans les tranchées du chemin de fer de l'État à Cubzac. Ce faciès arg-ileux se trouve remplacé sur le bord oriental du bassin, par des couches molas- siques à Ostrœa longi?-ost?is et cyathiila que l'on peut voir avec un beau développement au Tucau, à Tourtirac, à Cardeg-an et à Sainte-Foy, à la Ferraille. A. Sous-étag-e infra-ton§^riea. h. Calcaire d'eau douce de Castillon. Cette formation n'est bien développée au nord de la Dordog-ne, qu'à partir de Liboarne, en allant vers l'Est. Dans le Fronsadais, le calcaire d'eau douce, dit de Castillon, est représenté par une marne blanche avec parties roses et vertes, qui au delà de Libourne, entre Saint-Cristophe et Sainte-Colombe, se transforme en un calcaire g-ris bitumineux avec Limnea, Planorbis et Palu- dina. Au tertre d'Orabie, près de Castillon, ce calcaire qui est devenu blanchâtre, contient un banc de meulière blonde, grise ou roug-eâtre. Il atteint aux environs de Sainte-Foy, une dou- zaine de mètres de puissance. Il disparaît un peu après Sainte- Foy, vers La Force. a. Molasse du Fronsadais. La molasse du Fronsadais se trouve surmontée directement, tantôt par le calcaire à Astéries, tantôt par le calcaire de Cas- — 212 — tillon. Dans le Blayais, elle n'est représentée que par des cou- ches d'orig-ine marine contenant de nombreuses Anomies. Ce n'est guère qu'à partir de Bourg-, que l'on commence à pouvoir lui donner le nom sous lequel elle est généralement connue sur les bords de la Gironde. C'est la forme marine, que nous avons vue très développée en Médoc, la molasse calcaire à Corbiila et à Anomia girondica d'Artigues, qui, sur quelques points, englobe des fossiles remaniés, tels que Sismondia occitana, Terebellum, Echînolampas ovalis , etc., à Marmisson, etc. En Médnc, au Meynieu (1), la faune oligocène du sous-étage Stampien apparaît déjà, en même temps qu'une ligne ondulée de galets perforés marque la limite supérieure de l'éocène. Dans notre Esquisse géologique (p. 22), nous placions naguère encore, les marnes à Anomies du Médoc et du Blayais, à la partie supérieure de l'éocène, tandis qu'aujourd'hui nous les donnons comme un faciès marin de la molasse du Fronsadais, conformé- ment aux observations récentes de notre savant collègue linnéen M. Vasseur (2). Le faciès molassique ou d'eau douce se retrouve alors plus développé vers l'Est. On commence à le voir dès Saint-André-de- Cubzac (3). On peut le suivre presque sans interruption jusqu'à la limite du bassin tertiaire, aux environs de Bergerac, toujours d'après les observations du même auteur. Au nord de Saint- Savin de Blaye, la molasse se retrouve avec son faciès d'eau douce ou terrestre; elle contient à sa partie supérieure de nom- breux troncs de bois silicifiés, de même qu'à Minzac (Dordogne). La molasse du Fronsadais a offert, sur divers points, des débris d'animaux vertébrés, tels que Paloplotherium minus, Palœothe- riimi girondicum et Xiphodon gracile, à Bonzac, Saillans, et nous en avons recueilli nous-mêmes à Fronsac. . Au contact des couches à Anomies, on rencontre dans le (1) Descr. géol. et paléont. des corn, de Saint-EHèphe et de Vertheuil, p. 19 et suivantes. Ann. 1885. (2) Comptes rendus Soc. Lin. Bord., séance du 18 juillet 1888 (Jour. d'Eist. nat. de Bord.), t. XLIII, Proc. verb., p. xlii et s. (3) Coupe géologique des tranchées du chemin de fer de l'Etat. Comptes- rendus Soc. Lin. de Bord., séance du 2 avril 1884, t. XXXVIII, Proc. verb., p. XXI et s. - 213 — FronsadaiSj un système de petits bancs de calcaires lacustres, contenant de nombreux Cypris, Melajiopsis mnnsiana, Planoj^bis cornu, Limnea ore longo, Melanopsis albigensis et des ossements de Xiphodon gracile (1); au nord de Fronsac, les argiles qui rem- placent ces petits bancs lacustres, sont remplies d'empreintes de plantes. TERKitIM ÉOeÈMF. ÉTAGE PARISIEN C. Sous-étagre L.ig-urien. b. Argile à Palseotherium. Au-dessous des couches à Anomies dans le Blayais, et des bancs inférieurs de la molasse dans le Fronsadais, divers sondag-es ont démontré l'existence d'une formation argileuse assez puissante. Cette argile, qui est compacte, est bigarrée de bleu, rouge, jaune vert et marron; elle contient des bancs plus ou moins importants de lignite et de pyrite qui souvent ont offert des débris osseux pouvant se rapporter aux genres Palssotherium, Hyœnodon. Crn- codilus, Emys et Trionyx (2). Ces argiles correspondent comme faciès à celui de la molasse du Fronsadais et sont équivalentes à la forme marine de l'étage ligurien surtout développé dans la partie ouest du bassin et connu sons le nom de calcaire à Sis- mondia occitana ou de Saint-Estèphe. a. Calcaire à Sismondia. Cet horizon est peu développé sur la rive droite de la Gironde. Il a été reconnu exister entre Blaye et Plassac, entre Bourg et (1) Cette même faune est celle que l'on rencontre dans les marnes blanches de Pantin, qui recouvrent le gypse d'eau douce aux environs de Paris. (2) Au Saugon, près Saint-Savin de Blaye, dans le fonçage d'un puits, ces divers genres ont été rencontrés dans des lignites, sous des molassses à Ané- mies. — 214 - la vallée du Moron. Il a été en grande partie dénudé et on en rencontre les fossiles, remaniés dans les couches marines infé- rieures de l'étage tongrien. B. Sous-étage Bartonien. b. Calcaire lacustre du Blayais. C'est sous le nom de calcaire lacustre de Samt-(xiron que M. Raulin, dans son explication de la carte géologique du dépar- tement de la Gironde {op. cit.), désigne le calcaire lacustre des environs de Blaye. IFle place à la base de la molasse du Fronsa- dais. Les études de MM. Matheron, Tournouër et Linder, etc., ont bien démontré sa véritable position au-dessus du calcaire marin de Blaye et en dessous du calcaire à Sismondia du Médoc. Dans le Blayais, il débute par une masse argileuse verte, blanche ou rose, contenant des lentilles calcaires très développées sur quelques points avec Planorbis, Limnea, Hélix et MeUinopsis, à Cars, Plassac, Roque-de-Tau. Dans les sondages on rencontre ce même calcaire; mais dans la région du Libournais, c'est-à-dire à partir de Saint-André-de-Cubzac, il semble diminuer d'épaisseur et faire place à des couches sableuses très puissantes contenant, outre des galets de quartz, de silex et de pegmatite, des osse- ments ayant appartenu à des mammifères et à des reptiles : Lophiodon, Emys et Crocodilus. C'est ce faciès que nous dési- gnons dans la coupe de détail de notre tableau sous le nom de Sables fhwiatiles du Libournais. a. Marnes à Ostrea cucullaris. Dans le Blayais, cet horizon n'est guère connu que par les marnes de la route de Blaye à Plassac. Tout récemment les travaux du chemin de fer du Blayais les ont traversées dans une tranchée sous le coteau du bois de Barbe. Sur ce point, elles offrent plusieurs bancs de calcaire argilo-sableux avec pyrite et de nombreux moules de Cytherea, de Cerithium, etc., surmontés par un banc de sable argileux bleu (1). (1) Compte-rendus, Soc. Lin. de Bord. Séance du 16 mai 1888, t. XLII, Proc. verb., p. xxxiii, — 215 - A. Sous-étage Lutétien. Calcaire marin de Blaye à Alveolina, Nous conservons pour la partie supérieure da sous-étag-e Luté- tien, la seule visible dans le Blayais, le nom de calcaire marùi de Blaye, sous lequel elle est g-énéralement connue. Noufs ne répéte- rons pas ici ce que nous avons déjà dit, sur cet horizon dans un précédent travail (1), au sujet de sa division en trois zones, carac- térisées chacune par des fossiles spéciaux. Nous dirons seulement que nos trois divisions correspondent aux trois horizons du calcaire g-rossier parisien (2), ainsi que le confirment les espèces fossiles recueillies. La zone inférieure à Nummulites semble n'exister sur la rive droite de la Gironde, que dans la partie tout à fait occidentale, où elle a été rencontrée dans le sondag-e de l'abattoir, à Blaye ; les sables à Nummulites qu'on y rencontre sont peut-être synchroniques de ceux des Docks et de Montrose. Dans la partie nord-ouest du bassin de la Gironde, c'est-à-dire en remontant la Dordog"ne, les formations les plus basses rencon- trées par la sonde consistent en un sable quartzeux et g-ranitique avec lignites passant à des couches de conglomérats grossiers, à gros g-alets de quartz, de silex et de craie, dont l'âge n'est pas facile à déterminer, vu l'absence totale de débris organiques. Des couches semblables ont été observées dans le sondage du Château Filhol, à Bommes, où elles recouvrent la craie à silex. On pourrait peut-être rapporter à cet horizon, les couches de poudin^ffues avec silex que l'on voit à la base du coteau de la Force, près Berg-erac. En résumé sur la rive droite de la Gironde et de la Dordogne, on rencontre au-dessus et au-dessous du niveau de la mer pou- vant se rapporter au terrain tertiaire, les horizons géologiques suivants. (1) Esquisse gêol. des ter. tert. du sud-ouest de la France, p. 8 et suiv. 1887. (2) Tableau synch. cl comparatif des ter. tert. du Sud-Ouest, p. 10 et 11. 1888. — 216 — TERRAIN OLIGOCÈNE Tongrien, Calcaire à astéries. Calcaire d'eau douce de Castillon. Molasse du Fronsadais Molasse. Couches lacustres. Molasse à Anom,ia et Ostrea Bersonensis. TERRAIN ÉOCÈNE. Ligurieji. Arg-ile h PalsBotherium. Calcaire à Sismondia de Saint-Estèphe. Bartonien. Calcaire lacustre du Blayais et sables fluviatiles du Libournais. Marne à Ostrea cucullaris. Lutétien. Calcaire marin de Blaye à Alveolina. 3. Couches supérieures à Cerithium. 2. Couches inférieures à Ech. stelliferus. 1. Sables et grès à NummuUtes. Étage à déterminer (peut être Suessonien). Sables et conglomérats. Le terrain tertiaire aux environs de Bergerac, de même qu'au nord de Blaye, repose sur les terrains secondaires. Les dépôts crétacés fortement relevés vers le Nord-Ouest et l'Est, ont formé, aux époques g-éolog-iques, une ceinture bien définie contre laquelle sont venus s'appuyer les sédiments plus récents. Le relèvement crétacé de Mortagne a été l'objet d'une étude toute spéciale de la part de notre savant collèg-ue, M. Arnaud, d'Ang-oulême; la craie des environs de Bergerac a de même été étudiée par lui. Nous renvoyons donc nos lecteurs aux travaux publiés par le savant géologue, qui fait autorité pour l'étude de la région crétacée du Sud-Ouest. A l'autre extrémité de la coupe, c'est-à-dire près de Bergerac, — 217 — le tertiaire repose directement sur l'étag-e dordonien du terrain crétacé. A Creysse-Mouleydier, un sondage exécuté au château de Tireg-and, chez M. le comte delà Panouse, à l'altitude de 72'", a traversé successivement, au fond d'un puits maçonné de 32"' de profondeur : 17™ de sables roux et d'argile bigarrée très sableuse, verte et jaune, devant se rapporter au terrain tertiaire et reposant sur le terrain crétacé. Celui-ci a offert successivement : 135™ de marnes argileuses, pyriteuses et de calcaire friable à silex blonds avec Bippiirites radiosus, Sphaeridites alatus (Dor- donien); 11™ de calcaires durs, blancs avec lits de silex noirs : Rhyncho- nella Ëudesi, Ostrea Cadei^ensis, SphdRrtilites Coquandi (Et. Cam- panien, reposant sur des grès à Sphaeridites Coguandi qui ont donné une forte quantité d'eau non jaillissante). DISCUSSION. D'après le tableau et la coupe qui suivent, on voit que des couches que l'on pensait devoir être à un niveau assez régulier, ont été rencontrées, dans divers travaux, à des profondeurs assez variables. Nous allons examiner successivement ces profondeurs recon- nues dans les sondages, dont on trouvera le détail dans les notes et pièces justificatives, annexées à la fin de ce petit travail. Terrain Crétacé. Si l'on part des falaises crétacées de Mortagne, en se dirigeant vers Blaye, en remontant le cours de la Gironde, on rencontre des dépôts quaternaires, consistant en sables et en vases ré- centes, formant la berge du fleuve, dans la région marécageuse qui constitue la plus grande partie de la commune de Saint- Ciers-Lalande. Cette région, peu élevée au-dessus du niveau de la mer, recouvre des couches plus anciennes appartenant au quaternaire ancien. A Mortagne, en effet, les falaises de la Gironde sont consti- tuées par les calcaires à Ostrea Caderensis, Hippiirites bioculatns de l'étage campanien. Ces couches plongeant vers le Sud-Ouest, — 218 — on pouvait supposer qu'il existait sur ce point une lacune entre l'étage campanien du crétacé et le terrain tertiaire. Le sondage exécuté au port de Haubert a fait reconnaître, sous une épais- seur de quarante mètres, le terrain quaternaire. Les couches pouvant se rapporter à l'étage dordonien, existaient avec le même plongement; par conséquent la succession normale des couches supérieures du crétacé devait se retrouver entre Mor- tagne et Royan. Il est à supposer que ces mêmes niveaux se prolongent régu- lièrement sous le bassin tertiaire et se relient aux mêmes étages crétacés de Bergerac. Les premiers dépôts tertiaires reposant directement sur le crétacé, ont donc probablement une très forte inclinaison, sem- blable à celles des terrains secondaires qui les supportent. Dans le sondage du port de Maubert, la sonde est descendue dans le terrain crétacé, sur une épaisseur de soixante-dix mètres. Terrain Tertiaire. Le tertiaire se serait donc déposé dans une cuvette régulière formée par un vaste pli synclinal parallèle à celui qui existe entre Royan et les îles du littoral de la Vendée. Si l'on revient vers le bas de la rivière, immédiatement après les marais de Saint-Ciers-la-Lande, en remontant le courant, on arrive aux premières falaises tertiaires. Calcaire marin de Blaye [Limite inférieure). Dans le forage fait à l'abattoir de Blaye, la base du calcaire moyen à Alveolina a été rencontrée à 43 mètres au-dessous du ni\^eau de la mer, où il repose sur des sables quartzeux gris à grains assez gros, contenant quelques Nummiilites, qui ont été déterminées comme étant les A", plamilata et elegans (1). Dans le forage Cars-Cantegril, on n'a pas traversé le calcaire marin de Blaye, et on ne peut que d'une manière hypothétique, fixer son épaisseur dans cette région. Il en est de même pour les forages de Bourg-Brian et Bourg-Marchal. Mais dans le forage (1) Ces déterminations ont besoin d'être sérieusement contrôlées; nous pensons que ce seraient plutôt les espèces rencontrées dans les sables des Docks et de l'île Fumadelle, à Soussans-Médoc. — 219 — de Bourg'-commune, on croit avoir trouvé à la cote — 180 mètres, les sables de Blaye au-dessous du calcaire marin. En admettant ce dernier chiffre, il y aurait donc déjà, entre Blaye et Bourg-, une différence de niveau pour la limite inférieure du calcaire de Blaye, d'au moins 137 mètres, en tenant compte des altitudes. Dans le puits de Saint-André-de-Cubzac, au collège, le calcaire marin descend jusqu'à la profondeur de — 190 mètres et repose sur les mêmes sables. Cette profondeur se maintient rég-ulière- ment en s'inclinant rég'ulièrement vers l'Est; car la sonde, dans le forag-e de Libourne-Laillaut, a rencontré ces sables à la cote de —214 mètres. [Limite supérieure). Elle parait assez rég-ulière. Partant de la citadelle de Blaye, à l'altitude de -j- 20 mètres, la couche qui forme la limite supé- rieure du calcaire marin de Blaye, plonge d'un côté vers Cars- Cantegril, à la cote —4 mètres, et d'un autre côté, vers Bourg- Brian à —46 mètres. Bourg-commune à —54 mètres, Bourg- Marchal à — 56 mètres; pour se relever ensuite vers Prignac- Claverie, à — 45 mètres, et Saint-André-de-Cubzac-Bertrand à — 36 mètres. Les échantillons du forage du puits du collège de Saint-André-de-Cubzac n'étant pas classés, nous relions direc- tement le forage de Saint- André-de-3ubzac-Bertrand à celui de Libourne-Laillaut, dans lequel la surface du calcaire marin a été rencontrée à — 154™79. A partir de Libourne , en se dirigeant vers l'Est, on peut supposer que les deux lignes (limite supérieure et limite inférieure) se rapprochent de plus en plus et se réunis- sent, formant le biseau d'une lentille dont le point d'arrêt se trouverait alors dans le prolongement vertical du forage de Saint-Cristophe. Le calcaire marin de Blaye affecterait alors sur une ligne tirée de Blaye à Sainte-Foy, la forme d'une lentille dont le grand axe autrefois horizontal suivant la direction A B, aurait été relevé vers l'Ouest, lors de la formation du bombement crétacé de Mor- tagne, qui alors n'avait pas encore atteint l'importance qu'il a actuellement. Dans le Libournais, le calcaire marin de Blaye repose sur des sables quartzeux sans fossiles, passant inférieu rement à de véri- tables couches de conglomérat à gros galets de quartz et de — 220 - silex, ainsi que nous l'avons déjà dit précédemment. Ces sables cong-lomératiques ne sont probablement pas du même âge que les grès et sables k Nummulites des sondages de la rive gauche de la Gironde. Ils sont, comme nous l'avons déjà dit, une forme côtière des conglomérats signalée par M. Linder dans le forage du château Vigneau, et que nous pensons appartenir au terrain éocène inférieur. Marnes à Ostrea cucullaris. Cette couche marine a dû être probablement très épaisse. Elle a été en partie dénudée lors du dépôt du calcaire lacustre du Blayais. Les sondages ont fait reconnaître sa présence sur une épaisseur moyenne de vingt-cinq mètres. Elle paraît surtout avoir été développée à la surface de l'extrémité occidentale de la lentille du calcaire marin où elle est visible au-dessus du niveau de la mer, entre Roque-de-Tau et Blaye. Calcaire lacustre du Blayais et sables fluviatiles du Libournais. Cette couche, qui se présente sous deux aspects très différents, peut se suivre sans interruption depuis Blaye jusque dans le Saint-Émilionnais. Sous la forme d'un calcaire lacustre avec Limnea, Planorbis et Hélix la limite supérieure a été rencontrée dans le puits de Cars- Cantegril à — 13 mètres; dans celui de Bourg- Brian, elle est déjà descendue à —44 mètres; à Bourg-commune, elle remonte à — 27 mètres; à Bourg-Marchal, elle redescend à —31 mètres pour remonter à Prignac-Claverie à —27 mètres et à Saint-André- de-Cubzac-Bertrand à — 21 mètres avec une épaisseur moyenne de 4 à 15 mètres. De Prignac à Saint-Christophe et peut-être beaucoup plus loin, le faciès calcaire du dépôt lacustre du Blayais- est rem- placé par une forme sableuse à gros grains de quartz, avec galets de quartz, de silex résinite, de pegmatite, et comme nous l'avons dit précédemment, avec des ossements de mammifères et de reptiles, tels que Lophiodon Lautricense, tortues et crocodiles. Ces sables ont dû. être déposés par un grand courant d'eau douce, qui prenait alors sa source dans la région centrale de la France et venait se déverser dans le grand lac d'eau douce exis- tant alors entre Bourg et Blaye. L'épaisseur moyenne de ces — 221 - sables varie entre 74 mètres (Libourne-Laillaut) et 12 mètres (Saint-André-de-Cubzac-Bertrand). 11 semble que, d'après le recouvrement que l'on observe dans ce dernier sondage, le lac d'eau douce du Blayais ait eu une exis- tence plus longue que celle du fleuve qui charriait les sables à Lophiodon. Calcaire marin à Sismondia occitana. Cet horizon, surtout développé en Médoc, semble avoir été de peu de durée sur la rive droite de la Gironde et de la Dordog-ne. 11 n'a été reconnu que dans un seul forag-e, celui de Bourg-Brian, où il atteint une épaisseur de 6™69 à la profondeur de — 35™27. Comme nous l'avons dit précédemment, le calcaire à Sismondia si développé dans les communes de Pauillac et de Saint-Estèphe. se retrouve à droite de la route de Plassac à Blaye, oii des études antérieures ont pleinement constaté sa présence. Argiles à Palœotherium. Comme on le voit d'après les chiffres, les argiles bigarrées se rencontrent presque immédiatement au-dessous du niveau de la mer, dans les sondages de la rive droite de la Gironde et de la Dordogne. Elles commencent à se développer à partir de Bourg-Brian, où elles descendent à la profondeur de —35 mètres au-dessous du niveau de la mer, pour passer successivement par les cotes de — 27, —31 , — 28, — 22, pour descendre à Libourne à — 52 mètres, et se relever à Saint-Christophe à — 31 mètres. Leur épaisseur varie entre 16 mètres (Pain-de-Sucre) et 71 mètres (Saint-Christophe). La sonde a ramené mainte fois des débris d'ossements et des dents ayant appartenu à des animaux du genre Palœotherium. Ces argiles semblent avoir remplacé laté- ralement le calcaire marin à Sismondia dans la région comprise entre Bourg et Sainte-Foy. Avec cette dernière couche se termine le terrain éocène. Molasse du Fronsadais. De Blaye à Bourg, les coupes extérieures des reliefs du sol font voir que les couches inférieures à Anomies représentent seules la molasse du Fronsadais. A Lansac, les premières couches molassiques apparaissent au-dessus des bancs à Aîiomia, et de — 222 — ce point à Saiute-Foy, se trouve le grand développement de la molasse. Dans le puits de Bourg--Marchal, les couches à Anomies ont encore été rencontrées à cinq mètres. La molasse du Fronsadais atteint une épaisseur de dix- sept mètres avec une altitude de -(-15 mètres. Entre Bourg- et Libourne, on ne re- trouve plus nettement ce niveau qu'à Fronsac, à la base des tuileries, et la molasse est surmontée par les bancs d'eau douce, signalés par MM. Matheron, Delbos et Raulin, et plus récemment par notre collègue M. Vasseur. La molasse occupe toute la pente et la presque totalité de la hauteur des collines de Saint-André-de-Cubzac, de Cadillac, de Saint-Germain -la- Rivière, de Saint-Michel et de Fronsac. Elle se retrouve sur Li rive gauche de l'Isle, à Saint-Émilion, à Saint- Christophe, et à Saint-Méard-de-Gurçon (Dordogne). Calcaire à Astéries. Au Pain-de-Sucre, cet horizon descend jusqu'à — 18 mètres au- dessous du niveau de la mer. Dans le puits de Bourg-commune, il n'a pas été rencontré, le forage étant justement ouvert au pied de la falaise sur laquelle est bâtie la ville de Bourg. Dans le puits de Bourg-Marchal, on n'en a trouvé qu'une faible épaisseur. A Saint-Cristophe-des-Bardes. à soixante-dix-neuf mètres d'altitude, on a retrouvé le calcaire à Astéries avec vingt mètres d'épaisseur environ. A Saint-Méard-de-Gurçon, il a été traversé sur quatre mètres cinquante d'épaisseur, à l'altitude de soixante-quatre mètres. Dans cette dernière localité, le calcaire à Astéries repose sur le calcaire lacustre de Castillon, qui a été reconnu sur une éj)aisseur de soixante centimètres. En outre, sa présence a été constatée entre Saint-Émilion et Castillon, et dans la butte de Fronsac. Au delà de Sainte-Foy, le calcaire à Astéries disparaît et le sommet des coteaux de Saint-Pierre-d'Eyrand, Lamonzie-Saint- Martin, Laforce et Prigonrieux n'est plus occupé que par le calcaire de Castillon et des meulières subordonnées. Un peu avant Bergerac, le calcaire lacustre lui-même disparaît et bientôt sous la molasse (?) fortement modifiée quant à son faciès, appa- raît à Creysse le terrain crétacé dont nous avons parlé longue- ment dans les pages qui précèdent notre tableau. — 223 — A Creysse, le terrain tertiaire surmontant la craie, nous a ofiFert la succession suivante, sous l'argile quaternaire à silex. De haut en bas : 1° Sables arg-ileux jaunes et roug-es, avec parties ferrug-ineuses et fortes lentilles de g-rès fins, durs, avec lits plus friables; Les g-rès durs exploités contiennent quelquefois des empreintes de vég-étaux bien conservés; ép. 20 mètres. 2° Glaises panachées, jaunes, bleues, rouges, violettes, etc. ép. 5 à 10 mètres; Au-dessous, craie à surface profondément corrodée. En résumé, de Mortag-ne à Berg-erac, sur la rive droite de la Gironde et de la Dordog-ne, on rencontre successivement sous le terrain quaternaire, les horizons suivants, soit au-dessus, soit au-dessous, du niveau de la mer : 1. Calcaire à Astéries ou à Ampullina crassatina. 2. Molasse tendre avec Ostrea longirostris. 3. Calcaire lacustre de Castillon. 4. Molasse sableuse du Fronsadais k Palseotherium minus, GiroJ^dicum. 5. Couches lacustres à Melanopsis mansiana, 6. Argile ou molasse à Anomia girondica. 7. Argiles panachées à Palœotherium magnum, Hyœnodon, Crocodilus. 8. Calcaire marin à Sismondia ou de Saint-Estèphe. 9. Calcaire lacustre du Blayais ou sable fluviatile du Libournais, à Lophîodon. 10. Marne à Ostrea cucuUaris. 11. Calcaire marin de Blaye, à Alveolina. 12. Sables à Nummulites du Blayais. 13. Conglomérat et sables du Libournais. 14. Marne et grès pyriteux, avec Hip. radiosus et calcaire à tubulures (étage dordonien). 15. Calcaires durs et tendres à Rh. Eudesi, Sphaer. Coquandi (Étage campanien). \ 16. Grès à Sph. Coquandi (Etage campanien). CONCLUSIONS. Cette succession des couches se trouve exacte en ce qui con- cerne la partie occidentale de notre coupe générale; car il a été ftS — 224 — possible, par la profondeur des forag-es, d'en vérifier l'exactitude. Il n'en est pas de même pour la partie orientale, où le forag-e le plus profond, celui de Saint-Méard-de-Gurçon, ne descend, dans le tertiaire, qu'à la profondeur de 135 mètres, s'arrêtant dans des dépôts terrestres, que nous rapportons avec un reste d'hésitation aux sables fliiviatiles du Libournais. La partie orientale du bassin tertiaire existant sous le paral- lèle de Libourne-Berg-erac, serait donc entièrement remplie par des sédiments tertiaires d'origine terrestre ou lacustre. Car si l'on prolonge idéalement la lig-ne de séparation existant entre le Ligurien et le Bartonien, on voit que cette ligne aboutit vers la partie moyenne du coteau, en face la Force. Les poudingues exploités pour le ferrement des routes, au pied de ce coteau, appartiendraient alors à des dépôts équivalents, peut-être à ceux rencontrés en dessous du calcaire marin de Blaye, dans le son- dage de Blaye, si ces mêmes poudingues ne sont pas une forme locale des sables fluviatiles du Libournais. Si ces observations sont confirmées par des sondages ultérieurs exécutés autour de Bergerac, il sera acquis qu'une partie des calcaires lacustres du canton de Beaumont sont bien le prolon- gement du calcaire lacustre de Castillon. Quant aux grès de Bergerac, ils seraient encore le prolongement des molasses du Fronsadais, mais reposeraient directement tantôt sur la craie, tantôt sur les sables du Périgord, dont l'âge serait encore à déterminer. Mais, nous le répétons encore, ces réflexions sont purement hypothétiques, tant qu'un sondage exécuté dans la région de Bergerac et partant d'un niveau géologique connu n'aura pas été fait. De tout ce qui précède, nous croyons pouvoir conclure au point de vue géologique : P Que le calcaire marin de Blaye occupe, au nord de la Gironde et de la Dordogne, un espace compris entre Blaye, Saint-Savin, Coutras et Saint-Cristophe. Qu'il affecte la forme d'une lentille dont l'axe longitudinal est fortement incliné du Nord-Ouest au Sud-Est. Qu'il repose sur des couches sûrement marines à Nummulites dans le Blayais, et probablement lacustres ou terrestres dans le Libournais. 2" Que les couches sableuses et le conglomérat inférieurs au — 225 - calcaire marin dans le forag-e de Libourne pourraient repré- senter dans cette rég-ion l'éocène inférieur. 3° Que réocène supérieur franchement marin dans le Blayais, devient en grande partie lacustre ou terrestre dans le Libour- nais. Cette différence de faciès serait la conséquence naturelle d'une série d'oscillations lentes, dont le bassin tertiaire du Sud- Ouest aurait alors été le théâtre. 4" Qu'il existe, d'après notre coupe et nos observations, une discordance par dénudation très nette, dans la partie occidentale, entre l'oligocène et l'éocène supérieur; discordance plus accen- tuée dans la partie orientale du bassin, vers Bergerac, oii les dépôts oligocènes recouvrent transgressivement les couches de l'éocène supérieur et moyen, et même la craie sur certains points. Hydrologie. Si on étudie maintenant au point de vue hydrologique les divers niveaux géologiques atteints par les forages dont il a été question précédemment, on voit que l'on peut diviser les puits forés sur la rive droite de la Gironde et de la Dordogne en deux séries : 1° Les puits k nappes ascendantes^ 2° Les puits à nappes jaillissantes. Nous avons dressé un tableau des divers niveaux atteints par l'eau, suivant les diverses profondeurs des forages, et nous pensons pouvoir, dès le début de nos observations dans le sud- ouest de la France, émettre les propositions suivantes, en ce qui concerne le régime des eaux souterraines sur la rive droite de la Gironde et de la Dordogne. La classe des puits à eau jaillissante sur la rive droite de la Gironde-Dordogne, comprend dans le terrain tertiaire, les forages de Blaye, de Bourg-Brian, de Bourg-commune, de Bourg- Marchal. de Prignac-Cazelle, de Saint-ilndré-de-Cubzac-Bertrand et de Libourne-Laillaut. Tous ces forages ont été poussés soit à la base du calcaire marin de Blaye, soit dans sa partie moyenne. On pourrait donc à la rigueur, subdiviser cette série en deux groupes : Le moins important en nombre, mais le plus important comme résultat, comprendrait les puits de Blaye, de Bourg-commune Tome XLIII. 15 — 226 — et de Libourne-Laillaut, qui ont atteint la base du calcaire marin de Blaye. Le second groupe comprendrait alors les puits qui se sont arrêtés dans le calcaire à Alveolina. Les puits à nappes ascendantes sont très nombreux; ils forment une série importante pouvant se diviser en plusieurs g-roupes, d'après les terrains où ils se sont arrêtés. 1° Les puits forés dans le crétacé; Port-Maubert et Tireg-and ont tous les deux atteint des nappes inépuisables par le pom- page, à 110 mètres et à 282 mètres; l'altitude variant de 6 mètres à 72 mètres. 2° Les puits s'arrêtant à la partie supérieure du calcaire de Blaye ou dans les dépôts Bartoniens parmi lesquels on peut citer : Cars et Saint-Méard-de-Gurçon-Ciavelle, dans lesquels on obtient par un pompage soutenu, un débit variant entre 50 et 75 litres par minute. 3° Enfin les sondages de petite profondeur, ayant servi à des études pour entreprises, qui, dans les terrains d'alluvions des vallées, ont fait reconnaître un niveau d'eau constant, mais non variable comme débit au pompage, entre les profondeurs de 18 et 30 mètres. En résumé, on voit que dans la partie des départements de la Gironde et de la Dordogne située sur la rive droite de cette dernière rivière entre Libourne et Bergerac, les niveaux aqui- fères jaillissants se trouvent répartis à deux hauteurs très diffé- rentes. Le plus profond, le plus important par conséquent comme rendement, est celui qui est inférieur au calcaire à Alveolina de Blaye, qu'il soit ou non cantonné dans des sables nummuli- tiques (Blaye) ou dans les sables du conglomérat du Libournais. Le second se trouve dans les couches supérieures du calcaire à Alvéolines. Il accuse déjà au rendement, une différence notable (Bourg-Brian, Saint-André-de-Cubzac-Bertrand, etc.) eu égard à l'altitude du point de l'ouverture du forage. Le troisième niveau se trouve dans les sables fluviatiles du Libournais. Peu de puits y ont été ouverts sur la riue droite de la Dordegne. Sa présence a été décelée par le jaillissement de l'eau. Les autres forages ont démontré qu'à de très grandes alti- tudes, l'eau se maintient à un niveau relativement très élevé par 227 rapport à celui que l'on observe à des niveaux peu supérieurs à celui des grands cours d'eau. On peut donc déjà affirmer, que sur la rive droite de la Gironde et de la Dordog'ne, on ne pourra atteindre un niveau aquifère important entre Blaye et Castillon, qu'en allant le chercher à une profondeur minimum de —50 mètres, résultat certain en ce qui concerne la partie occidentale du bassin ter- tiaire, mais très aléatoire en ce qui touche la région comprise entre Castillon et Bergerac, où les altitudes sont supérieures h 30 mètres (1). Le terrain crétacé, dans le Libournais, serait probablement rencontré par un sondage, à la profondeur d'au moins 300 mètres. Nous réservons complètement notre opinion, en ce qui regarde la limite septentrionale du bassin tertiaire au delà de Libourne. D'où peuvent provenir les eaux alimentant les forages jaillis- sants sur la rive droite de la Gironde et de la Dordogne? Cette question est très complexe et ne peut guère, vu le peu de matériaux examinés par nous, être résolue dans cette note. Tout ce que nous pouvons dire aujourd'hui, c'est que la majeure partie des eaux absorbées par les terrains perméables du bassin tertiaire de la Dordogne, entre Creysse et Sainte-Foy, est proba- blement, vu la perméabilité des couches, collectionnée, et se réunit en une nappe importante à la base orientale extrême (B) de la lentille du calcaire de Blaye, alimentant ainsi les puits forés à Libourne, Bourg, etc., concurremment avec les eaux pro- venant de la Garonne, du Lot, du Gers, etc., etc., qui s'infiltrent à travers les affleurements tertiaires, depuis le sommet des Pyré- nées jusqu'au niveau de la mer. Quant à admettre que des eaux provenant des couches créta- cées puissent jouer un rôle quelconque dans l'alimentation des puits artésiens de la Gironde, nous n'y avons jamais pensé. (1) Nous verrons, dans une étude sur l'Entre-deux-Mers, que le niveau aquifère se trouve sur la rive gauche de la Dordogne, à — 60 mètres, avec un débit d'environ 1.500 litres par minute 228 — NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. Numéro 1. Commune de Gars près Blaye. Puits artésien à nappe ascendante, exécuté en 1874 chez M. Cantegril, propriétaire au Peyraud. Commencé et terminé avec 0'n25 de diamètre. Altitude du sol 28 mètres. — Dans un puits maçonné de 12"50. Ni^veau ^^\^J^^ Numéro!. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur Calcaire lacustre du Blayais. ô-^lO » 1 Argile marneuse verte 3" » 15mo0 » » 2 Argile verte et rouge 2 55 18 05 » » 3 Argile verdâtre sableuse 3 05 21 10 » » 4 Calcaire compact rosé » 95 22 05 » » 5 Argile sableuse verdâtre 4 95 27 » Marne à O. cuoullaris. 6™20 » 6 Argile marneuse grise 3 » 30 » » » 7 Argile grise sableuse 1 50 31 50 » » 8 Calcaire pyriteux gris avec Ostrsea, Pecten, Cardium, Lucina » 10 31 60 » » 9 Molasse fine gris jaunâtre » 40 32 » Calcaire marin de Blaye. 10"'50 50 litr. 10 Calcaire gris dur coquillier avec Millio- lites 3 50 35 50 Numéro 2. Commune de Bourg-sur-Gironde. Puits artésien à nappe jaillissante, exécuté en 1880 chez M. Brian, propriétaire au Pain-de-Sucre, domaine de la Brangette. Commencé avec 0™21 de diamètre et terminé avec 0^12. Altitude du sol : 10 mètres. — Température de l'eau : 18 degrés. dW ^mfnufe^'" Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur. Alluvions récentes. » » 1 Terre végétale 0"'30 0-30 5-10 » 4"-90 » » » » » — 229 — d'iau!" ^m\naïe! Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur. Calcaire à Astéries. » » 2 Calcaire dur à Astéries 4 80 5 10 3 Marne sableuse micacée 10 18 15 28 4 Calcaire tendre jaune 8 82 24 10 5 Calcaire très dur » 45 24 55 6 Argile bleue verdâtre avec Polypiers. . 4 40 28 95 Argile à Paleeotherium. » » 7 Argile panachée bleue ou rouge grise, . 16 32 45 27 Calcaire à, Sismondia ou de Saint- Sstephe. » » 8 Argile grise noire 6 63 51 90 au sol. 10 litr. 9 Sable argileux noirâtre avec Ostrsea Bersonensis 2 80 54 70 Calcaire lacustre du Blayais. » » 10 Calcaire compact très dur » 45 55 15 » » 11 Calcaire tendre blanc (peut-être millio- litique?) 155 56 70 Calcaire marin de Blaye. » » 12 Calcaire dur coquillier ..,. » 42 57 12 » » 13 Argile grise 2 90 60 02 » » 14 Calcaire dur d'aspect gréseux jaunâtre. » 36 60 38 » » 15 Argile verte à concrétions calcaires.. . . 4 72 65 10 » » 16 Calcaire dur coquillier gris jaune » 77 65 87 » » 17 Sable marneux gi'is micacé 1 08 66 95 ■>> » 18 Calcaire jaun«a grossier dur avec Mt7/îO- lites 4 30 7125 » » 19 Marne grise 1 05 72 30 » » 20 Sable quartzeux bleuâtre avec Millio- lites et Alve&lina 4 80 77 10 » » 21 Grès gris quartzeux a\ec Milliolites. .. » 85 77 95 » » 22 Sable argileux gris noirâtre 1 20 79 15 » » 23 Calcaire gris à Ostrsea cymhula 1 03 80 18 » » 24 Sable argileux gris noirâtre 5 52 85 70 » » 25 Grès quartzeux avec Mi?/io/i '^^l^"^*^ : \ 5 65 6 70 » » 4 Limon sableux noirâtre avec cailloux de quartz g^-gO » 5 Vase micacée 10 95 17 65 Argile à Palseotberiuxn. 5" » » 6 Argile panachée verte, rouge, grise et jaune 20 55 38 20 Calcaire lacustre du Blayais. » » 7 Calcaire gris » 25 38 45 » » 8 Argile grisâtre sableuse bigarrée 5 50 43 gS » » 9 Argile compacte verte bigarrée de rouge et de jaune 4 75 48 70 ^> » 10 Argile verte très foncée 3 20 51 90 Marne à O, cucuUaris. » » 11 Calcaire gréseux blanchâtre avec Pî/r/fe. » 75 52 65 au sol. 10 litr. 12 Argile grise avec Lignite 10 62 63 27 » » 13 Argile grise avec (Si7e£c résmiïe 1 12 64 39 » » 14 Grès pyriteux noir à gros grains de quartz » 55 64 94 Calcaire marin de Blaye, » » 15 Calcaire noirâtre avec Mî7ZzoZiYe5 » 33 65 27 » » 16 Calcaire très dur noir à grains de quartz a\ec Milliolites 2 05 67 32 » » 17 CaAc&ive tendre avec Milliolites 1 06 68 38 » » 18 Calcaire très tendre avec argile verte et Milliolites 2 51 70 89 V 40 litr. 19 Cedcaive dm 3i\ec Pyrite et Milliolites. 1 06 71 95 » » » 300 litr, » » » » » » » » » » » » » — 231 — !îw ^mi'nut'e" Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Paofondeur » » 20 Marne calcaire noire avec Lignite et Pyrite , 4 91 76 86 » » 21 Calcaire dur pyriteux, à grains de quartz et Milliolites » 59 » » 22 Calcaire tendre avec lfî7ZîoZife5 1 55 » » 23 Calcaire dur avec Milliolites 1 92 » » 24 CdlcsÀT&tenàveaNecLigniteei Milliolites 2 38 25 Calcaire dur avec Milliolites 2 05 26 Sable quartzeux un peu argileux 4 10 27 Sable gris plus argileux 5 09 28 Calcaire pyriteux avec grande Ostrsea. 1 68 29 Argile bleue avec Lignite » 85 30 Grès quartzeux micacé 3 18 31 Sable argileux grossier 1 15 32 Calcaire blanc gris avec Milliolites et Ostrsea roulés 1 85 33 Calcaire tendre argileux 2 55 34 Calcaire dur 4 03 » » 35 Calcaire tendre blanc à grains de quartz. 1 19 » • » 36 Calcaire dur » 21 » » 37 Semblable à 35 7 72 » » 38 Sable quartzeux avec Rotalia 8 25 » « 39 Calcaire tendre gris 4 25 » » 40 Calcaire dur avec grains de quartz, Pyrite et Ostrsea » 70 » » 41 Calcaire tendre gris 2 75 » » 42 Calcaire dur » 22 >> 440 litr. 43 Sable quartzeux avec Mt7^io^i7e5 » 53 » 480 litr. 44 Calcaire dur gris avec Milliolites et Alveolina 3 55 » » 45 Calcaire gris tendre 5 50 » » 46 Calcaire tendre à grains de quartz 6 35 » » 47 Calcaire dur à grains de quartz avec Alveolina et Orbitolitss 1 62 » » 48 Calcaire tendre 8 55 » » 49 Calcaire dur semblable à 47 » 86 » » 50 Calcaire tendre avec plaquettes dures.. 9 32 » » 51 Calcaire argileux gris 18 15 » » 52 Calcaire dur blanchâtre » 35 » 1 ,800 litr. 53 Sable noir quartzeux » 65 » » 54 Calcaire tendre avec plaquettes dures. . 5 45 77 45 79 » 80 92 83 30 85 35 89 45 94 54 96 22 97 07 100 25 101 40 103 25 105 80 109 83 111 02 111 23 118 95 127 20 131 45 132 15 134 90 135 12 135 65 139 20 144 70 151 05 152 67 161 22 162 08 171 40 189 55 189 90 190 55 196 » — 232 — Numéro 4. Commune de Bourg-sur- Gironde. Puits artésien à nappe jaillissante, exécuté en 1880 chez M. Marchai, maire de Bourg, domaine de Croutte. Commencé avec 0™25 de diamètre et terminé avec 0™16. Altitude du sol : 15 mètres. — Température de l'eau : 18 degrés. ""dW minute" Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur. Diluvium des plateaux. » » 1 Loës argileux, sableux, jaune rougeâtre. l^TO l^TO Calcaire à Astéries. » » 2 Calcaire en blocs très durs dans une terre rougeâtre , , I 40 3 10 Molasse du Frousadais. 8«.50 » 3 Argile grise 17 41 20 51 Calcaire à Anomies. » » 4 Calcaire milliolitique avec Pî/rî60 » 12 Calcsiive très ànv avec Milliolites 141 72 53 » » 13 Calcaire tendre 2 04 74 57 » » 14 Calcaire ànr avec Milliolites » 73 75 30 » » 15 Marne calcaire grise , 6 85 82 15 » » 16 Calcaire dur blanc avec grains de quartz etMilUolites » 48 82 63 » » 17 Calcaire tendre marneux avec quartz. , . 1 72 84 35 » » 18 Calcaire dur , » 60 84 95 ï> » 19 Calcaire tendre, semblable à 17 3 60 88 55 — 233 — d'Iau" °mtnute.'" Numéro?. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur. » » 20 Calcaire dur avec Pyrite et Lignite. . . 3 93 92 48 .» » 21 Calcaire dur avec grains de quartz 2 32 94 80 t> » 22 Calcaire dur blanc avec ilfi7Zio^î7e5. ... 1 19 95 99 au sol. 150 litr. 23 Argile avec Pyrite et Lignite 6 21 102 20 » » 24 Argile avec Pyrite, grande Ostrsea et ossements d''Halitherium » 45 102 65 » » 25 Sable argileux et gros grains de quartz. 3 35 106 » Numéro 5. Commune de Prignac. Puits artésien à nappe jaillissante, exécuté en 1882 chez M. Claverie, propriétaire dans la Palus de Prignac. Commencé avec 0'"30 de diamètre et terminé avec 0™21, Altitude du sol : 5 mètres. — Température de l'eau : 18 degrés. d'Iau" ^mi'nute.'" Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur. Alluvions récentes. O^SO » 1 Vase argileuse micacée, noirâtre, avec bois tourbeux 20"'10 20"'10 Alluvions anciennes. » » 2 Sable argileux micacé verdâtre » 90 21 » » » 3 Graviers de quartz 2 80 23 80 Molasse du Fronsadais. » » 4 Marne sableuse verdâtre » 80 24 60 » » 5 Marne sableuse verdâtre 4 50 29 10 » » 6 Sable argileux micacé verdâtre 1 05 30 15 Argile à Palseotberium. » » 7 Argile bigarrée verte et rouge 6 85 37 » Calcaire lacustre du Blayais. au sol. 10 litr. 8 Calcaire blanc jaunâtre assez dur avec Melania (spire allongée) » 60 37 60 » » 9 Calcaire marneux verdâtre » 60 38 20 » » 10 Marne blanche verdâtre 2 80 41 » Marne à O. cucullaris. » » 11 Sable argileux micacé gris, Ostrsea, . . . » 70 41 70 » » 12 Argile bigarrée verte et jaune 7 30 49 » » 16 litr. 13 Argile coquillière noire, Ostrsea 4 80 53 80 » » 14 Calcaire friable avec MiY^ioZi'ie* 2 70 56 50 » 20 litr. 15 Sable micacé gris 1 50 58 » - 234 — d'Iau" "minute" Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaiefeur. Profondeur. Calcaire marin de Blaye. » » 16 Calcaire gris avec MilUolites et Echino- lampas 9 » 67 » » » 17 Calcaire grossier avec MilUolites et Alveolina elongata 2 » 69 » » 28 litr. 18 Calcaire dur avec Pyrite et grandes Os- trsea, Pecten 6 » 75 » » » 19 Grès quartzeux dur » 85 75 85 » » 20 Calcaire tendre avec Ostrsea 3 55 79 40 » » 21 Grès quartzeux gris avec Alveolina, MilUolites, Pecten, Cytherea, Natica, Serpula 4 60 84 » » » 22 Grès à ciment calcaire avec MilUolites , 3 15 87 15 » » 23 Grès fin avec Ostrsea et Anomia 1 40 88 55 » » 24 Calcaire gi'ossier gris avec MilUolites, Cytherea » 55 89 10 » » 25 Calcaire tendre avec Mi'ZZîoZiies 1 70 90 80 » » 26 Calcaire dur à grains de quartz 1 55 92 35 » » 27 Calcaire tendre avec i^f^7Z^oZ^■ 9 bis. Calcaire dur gris à Alveolina et Millio- lites 4 84 50 22 » » 10 Marne grise » 38 50 60 » » 11 Calcaire dur, gris avec ikftZZi'oZtïes 3 40 54 » » » 12 Marne grise » 40 54 40 » » 13 Calcaire tendre, blanc avec Mt'Z^zoZiïe^. 2 20 56 60 » » 14 Calcaire dur avec Milliolites 3 20 59 80 » » 15 Grès sableux grossier à ciment calcaire avec Milliolites » 90 60 70 » » 16 Calcaire dur blanc avec Milliolites et Cardium 1 30 62 » » » 17 Marne noire avec taches blanches 6 70 68 70 au sol. 600 litr. 18 Sable quartzeux gris à gros grains. ... 4 10 72 80 » » 19 Calcaire dur à gros grains de quartz avec Milliolites, Anomia, Pecten, etc. >- 30 73 10 » » 20 Marne noire avec gravier quartzeux. . . *> 95 74 05 » » 21 Calcaire dur à grains de quartz « 75 74 80 » » 22 Calcaire dur à grains de quartz avec Ostrsea lamelleuse 2 70 77 50 » » 23 Calcaire tendre avec ilfz7/!2oZi(e5 » 70 78 20 » » 24 Échantillon égaré. ) » » 25 Marne sableuse noire avec gravier de ; 7 80 86 » quartz et Milliolites ) » » 26 Grès grossier quartzeux à ciment cal- caire avec Echinides )> 80 86 80 » » 27 Ca,\c&iTeteTidvee(,Yec Milliolites, Ostrsea, Mytilus et Anomia 4 20 91 » » » 28 Calcaire argileux compact et grès co- quillier avec graviers de quartz 3 » 94 » — 236 — d'Iau? °â^nu?e" Numéro.. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur. » » 29 Argile noire âxec Ostrsea 1 10 95 10 » » 30 Grès dur à ciment calcaire 3 90 99 » » » 31 Argile noire avec Osiréea 7 50 106 50 » » 32 Calcaire compact gris à grains de quartz. » 92 107 42 » » 33 Calcaire tendre » 17 107 59 » » 34 Grès grossier assez dur, à ciment cal- caire avec Milliolites 1 11 108 70 » » 35 Calcaire argileux gris et argile sableuse avec Pyrite cubique et calcaire spa- thique 3 30 112 » » » 36 Grès grossier assez dur à ciment cal- caire avec Milliolites 2 70 1 14 70 » » 37 Calcaire tendre grisâtre 3 50 118 20 » » 38 Cduicsiire àar ayec Milliolites, Alveolina elongata et Halitherium 1 80 120 » » » 39 Calcaire tendre gris avec débris de co- quilles indéterminables 3 60 123 60 » 650 1itr. 40 Même terrain 2 94 126 54 Numéro 7. Commune de Saint-André-de-Gubzac. Puits artésien à nappe ascendante, exécuté en 1839 chez M. Morange, propriétaire. Commencé et terminé avec 0™25 de diamètre. Altitude du sol : 30 mètres, d'Iau" ^mi'nute."' Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur. Calcaire à Astéries. 1"" » 1 Calcaire tendre un peu argileux l'"00 l^-OO Molasse du Froasadais. » » 2 Molasse argileuse grise » 90 1 90 » » 3 Argile grise et verdâtre 1 » 2 90 » » 4 Argile grise avec taches rougeâtres.. . . » 75 3 65 » » 5 Argile sableuse grise rougeâtre 1 25 4 90 » » 6 Argile verte 110 6 » » » 1 Argile jaunâtre 1 30 7 30 » » 8-9 Argile sableuse verdâtre 2 35 9 65 » » 10-1 1 Argile bleue et rouge 1 95 1 1 60 » » 12 Sable argileux jaune 1 30 12 90 » 501 eav. i3_i4 Argile jaune et verte 2 35 15 25 » » 15 Argile bleue rougeâtre 1 05 16 30 » » 16-17 Argile jaune sableuse 2 10 18 40 " » 18 Argile bigarrée jaune et bleue » 55 18 95 _ 237 - Numéro 8. Commune de Gubzac. Sondage d'études exécuté pour les Ponts-et-Chaussées, en 1882. Commencé avec 0ra21 de diamètre et terminé avec 0™12. Altitude du sol : 10 mètres. Niveau Débit par Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur, d eau. minute. imiuoiu.. y AUuvions récentes et anciennes. 1"»» » 1 Terre grasse de couleur brune 2"'00 2""00 » » 2 Vase argileuse jaunâtre 5 50 7 50 » » 3 Vase argileuse brune 3 50 11 » » » 4 Vase molle et tourbe 5 » 16 » » » 5 Vase sablonneuse 3 50 19 50 » » 6 Sable vaseux » 50 20 » » » 7 Sable et graviers 3 50 23 50 Argile à JPalaeotberiuzn . » » 8 Marne verdâtre 1 25 24 75 Numéro 9. Commune de Libourne. Puits artésien à nappe jaillissante, exécuté en 1882 chez M. Laillaut, près de la Gare. Commencé avec 0^35 de diamètre et terminé avec O^nlô. Altitude de sol : 18 mètres. — Température de l'eau : 21 degrés. Numéros. DÉSIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur. Diluvium des vallées. 1 Terre végétale l-OO 1-00 2 Graviers et cailloux quartzeux 3 10 4 10 3 Sable argileux jaune micacé 4 47 8 57 4 Argile jaune micacée avec petits gra- viers 1 75 10 32 5 Sable argileux jaune 3 94 14 26 6 Argile sableuse » 47 14 73 » » 7 Sable et graviers quartzeux 2 88 17 61 S^ôO » 8 Graviers de quartz et de silex » 83 18 44 Niveau d'eau. Débit par minute. » » » » 5"'90 » » » b'^bO » » » » » » » » » » » » » » » — 238 — d'IfS? ^â^nute.'' Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Epaisseur. Argile à Palaeotheriuzn. 8"nO » 9 Argile bigarrée jaune et verte 33 68 » » 10 Argile bigarrée jaune et verte » 23 11 Argile sableuse verdâtre 3 74 12 Grès argileux à pâte fine jaunâtre. .... » 39 13 Argile verte 6 38 14 Grès grisâtre et calcaire avec ilfi7/i0^iïe5. 1 06 15 Argile verte 2 32 16 Molasse grossière et fine verdâtre avec nodules de calcaire d'eau douce. .... » 28 17 Sable argileux noirâtre 3 64 18 Argile » 52 Sables fluviatiles du Libournais. 19 Sable quartzeux gris 4 55 20 Argile verte 5 91 21 Sable quartzeux et petits graviers 4 18 22 Sable argileux avec grains quartzeux. . 2 78 23 Argile sableuse verte 9 55 24 Sable grossier gris avec Lignite et ossements de Lophiodon Lautricense. 3 65 » » 25 Sable argileux micacé 1 10 » » 26 Argile verte sableuse » 38 » 40 litr. 27 Sable comme 24 14 37 » » 28 Argile comme 26 » 83 » >^ 29 Sable comme 24 3 14 » » 30 Argile comme 26 » 70 » » 31 Sable comme 24 3 78 » 32 Argile verte moins foncée 9 20 » oO litr. 33 Sable gris quartzeux avec marne blan- che 7 55 » 65 litr. 34 Sable comme 24 2 83 Marne à O. cucullaris. * » 35 Argile sableuse verte marine très co- quillière et micacée avec Corbula, Lucina, Trochus, Ostnea et lignite. 12 47 157 65 » » 36 Sable micacé bigarré 3 73 16138 » » 37 Argile sableuse verte 9 98 17136 » » 38 Grès quartzeux » 80 172 16 *■ » 39 Sable marneux fin gris » 63 172 79 5«i40 » 5™ » » 3" » » » » » » au sol. 15 litr. » 52 12 52 35 56 09 56 48 62 86 63 92 66 24 66 52 70 16 70 68 75 23 81 14 85 32 88 10 97 65 101 30 102 40 102 78 117 15 117 98 121 12 121 82 125 60 134 80 142 35 145 18 — 239 — 'd'Mu" "m^nuFe"." Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Epaisseur. Profondeur. Calcaire marin de Blaye. » » 40 Grès molasse avec Pyrite (surface per- forée) » 29 173 08 » » 41 Grès micacé quartzeux » 63 173 71 » » 42 Sable argileux gris avec Lignite 3 76 177 47 » » 43 Calcaire dur avec Milliolites » 8.5 178 32 » » 44 Calcaire sableux gris micacé » -42 178 74 » » 45 CdAcsÀve ànv a,Yez Milliolites et Pyrite . » 77 179 51 » » 46 Argile verdâtre sableuse. 2 97 182 48 » » 47 Calcaire dur avec nodules de calcaire blanc d'aspect lacusti'e , Pyrite et Milliolites 142 183 90 Calcaire sableux gris 2 95 186 85 Calcaire gris avec Pyrite 1 58 188 43 Calcaire sableux grisâtre » 90 189 33 Calcaire marneux avec MîWîoZiie.f 2 25 191 58 Calcaire sableux gris » 44 192 02 Calcaire avec Milliolites et Alveolina elongata » 88 192 90 Calcaire sableux gris » 65 193 55 Calcaire dur avec Milliolites » 45 194 » Calcaire sableux gris 1 80 195 80 Calcaire avec Milliolites » 45 196 25 Calcaire sableux gris » 55 196 80 Calcaire avec Milliolites » 42 197 22 Calcaire sableux gris « 93 198 15 Grès quartzeux avec Milliolites, Cardita etChama » 93 199 08 Calcaire sableux gris » 72 199 80 Grès quartzeux calcaire avec Millio- lites et Alveolina * 32 200 12 Calcaire sableux gris 2 58 202 70 Grès à ciment calcaire avec Alveolina.. 1 82 204 52 Manque. ] Id. / > 10 36 214 88 la. I Argile noirâtre un peu micacée J Ca\ca.ive a.\ec Milliolites et Alveolina. . » 65 215 53 Calcaire sableux un peu micacé 3 12 218 65 Grès calcaire avec Alveolina et Pyrite. » 82 219 47 » » 48 » 65 litr. 49 » » 50 » » 51 » » 52 » » 53 » 54 » » 55 ■» » 56 » » 57 » » 58 » » 59 » » 60 » » 61 » » 62 » » 63 » » 64 » » 65 » » 66 » » .67 » » 68 » » 69 » » 70 » » 71 » » 72 — 240 — d'Ilu!" ^rafaute."^ Num^''°'- DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur. » » 73 Calcaire comme 71 » 52 219 99 » » 74 Grès Si\ec Pyrite et Silex résinite 1 46 221 45 » » 75 Calcaire sableux micacé 1 10 222 55 » » 76 Marne argileuse » 41 222 96 » » 77 Calcaire sableux sjwec Silex résinite. .. 2 98 225 94 » » 78 Grès quartzeux à ciment calcaire avec Milliolites et Crassatella » 43 226 37 » » 79 Marne très sableuse 5 63 232 » Etage à déterminer : Sable gris et Conglomérat. » 3601itr. 80 Sable quartzeux 18 20 250 20 » 450 1itr. 81 Calcaire sableux 9 05 259 25 * » 82 Sable quartzeux avec lits de galets quartzeux 8 55 267 80 » 500 litr. 83 Grès quartzeux très fin sans fossiles. . . 3 70 271 50 » 800 litr. 84 Sable quartzeux avec Pyrite blanche et galets de quartz et de Silex 1 50 273 » Numéro 10. Commune de Libourne. Puits artésien à nappe ascendante, exécuté en 1879 chez M. Fourcaud, dans un chai, au port de Libourne. Commencé et terminé avec 0™25 de diamètre. Altitude du sol : 7 mètres. "d'Iau" "minute" Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS, Épaisseur. Profondeur Alluvions récentes, » » 1 Terre végétale 1 '"50 1"'50 3'" » » 2 Vase sableuse brune 6 95 8 45 » » 3 Sable fin argileux micacé gris 1 25 9 70 » » 4 Graviers de quartz blanc et de Silex noir 55 10 25 Molasse du Fronsadais. » » 5 Calcaire argileux blanc lacustre 49 10 74 » » 6 Calcaire argileux gris sableux 2 96 13 70 » » 7 Calcaire argileux gris sableux 2 15 15 85 Molasse à Anomies. » » 8 Molasse sableuse jaune 2 10 17 95 6m60 100 litr, 9 Molasse sableuse grise 1 15 19 10 » » 10 Grès quartzeux gris en plaquettes avec Anomla » 45 19 55 — 241 — a'eaa" "m^uulT ^'uméros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profon.leur Argile à Palœotberium. ». » 11-12-13 Argile jaune bigarrée de vert et de rouge 4 40 23 95 » » 14 Argile sableuse » 95 24 90 » » 15-16 Argile bigarrée verte et jaune 5 10 30 » Numéro 11. Commune de S aint-Ghristophe-des- Bardes. Puits artésien à nappe ascendante, exécuté en 1874 chez M. Wibaux, propriétaire du Château du Cauze. Commencé avec 0^25 de diamètre et terminé avec 0™16. Altitude du sol : 79 mètres. — Température de l'eau : 14 degrés. Dans un puits maçonné de 21^30 traversant le Calcaire à Astéries! d'eau'^ ^nfnufr Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur. Molasse du Fronsadais. 20° 50 » 1 Argile un peu marneuse 6^20 27 "50 » » 2 Argile sableuse, légèrement verdàtre. . 1 42 28 92 » » 3 Grès molasse très fine plus ou moins dure, grisâtre » 50 29 42 • » » 4 Molasse argileuse fine, assez tendre, grise bigarrée 6 70 36 12 » » 5 Marne rose et verte 2 20 38 32 » » 6 Marne légèrement verdàtre avec nodules calcaires (lacustre) » 50 38 82 Argile à Palœotheriuni. 19^90 » 7 C-ioj Argile jaune à veines grisâtres 12 28 5110 » » 8 <") Argile verte et jaune 2 05 53 15 » » 9 1*2) Marne verdàtre et rougeâtre 1 03 54 18 » » 10 (1^) Molasse avec grains de Cjuartz micacé, verdàtre » 77 54 95 » » 11 (14) Argile bigarrée jaune verdàtre, un peu sableuse » 7 1 55 66 » » 12 '15) Argile très sableuse, grisâtre et jau- nâtre, micacée 2 69 58 35 » » 13 (!'') Argile sableuse jaune brunâtre 2 75 6110 » » 14 l''-i8) Molasse jaunâtre grise un peu sableuse et argile bigarrée 1 20 62 30 Tome XLIII 16 Niveau Débit par ,, , d'eau. minute. Numéros. » 15 (19) » 16 (20) » 17 (21..' » 18 (22-26] » 19 (21-28) « 20 (30) » 21 (31) » 22 (32-35) » 23 (36) » 24 (37) » 25 (38-w) » 26 (^0 » 27 (") » 28 (^3) » 29 (") » 30 («-«) » 31 (") » 32 («) » 33 (") » 34 (so) » 35 (SI) » 36 (52-63) » 37 (8^) » 38 (55) — 242 — DÉSIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profonileur Marne' jaune et rose 2 60 64 90 Argile très fine, bigarrée jaune, grise et rouge 4 45 Marne sableuse jaune à veines grises,. » 70 Argile sableuse fine, tendre, jaune 8 55 Argile sableuse jaunâtre et grès quart- zeux friable 4 30 Marne semblable à 17 » 55 Grès quartzeux tendre, gris » 45 Marne semblable à 17 » 45 Marne sableuse jaune grisâtre 10 87 Marne sableuse jaune grisâtre » 35 Marne sableuse jaune grisâtre 4 78 Argile bigarrée grise, jaune et verte. . . » 60 Marne sableuse blanchâtre et jaunâtre. » 80 Marne brune veinée de gris 3 49 Argile bigarrée grise, verte et rouge. . . 1 57 Argile verte 3 29 Sables fluviatiles du Libournais Sable grossier jaunâtre avec graviers.. 9 73 119 83 Sable grossier avec petits cailloux quartzeux » 70 120 53 Argile bigarrée un peu sableuse » 83 121 36 Sable argileux gris jaunâtre » 50 121 86 Sable grossier quartzeux avec cailloux. 4 » 125 86 Argile sableuse verdâtre 2 29 128 15 Argile sableuse brun-rougeâtre 2 » 130 15 Argile très sableuse gris-verdâtre 3 66 133 81 69 35 70 05 78 60 82 90 83 45 83 90 84 35 95 22 95 57 100 35 100 95 101 75 105 24 106 81 110 10 Numéro 12. Commune de Saint-Méard-de-Gurçon. Puits artésien à nappe ascendante, exécuté en 1880 chez M. Clavelle. Commencé avec 0™30 de diamètre et terminé avec 0™16. Altitude du sol : 75 mètres. Niveau Débit par at ™a d'eau. minute. Numéro DESIGNATION DES TERRAINS. Quaternaire. 1 Terre vé£ Épaisseur. Profondeur. 0™30 0-30 - 243 — d'eau" ^minule' Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur. Calcaire à Astéries. O.^SS » 2 Argile grise avec moellons calcaires ... » 95 1 25 » » 3 Calcaire tendre argileux 3 50 4 75 Calcaire lacustre de Castillon. » » 4 Argile avec meulières » 60 5 35 Molasse du Fronsadais. » » 5 Molasse sableuse micacée 1 30 6 G5 » » 6 Argile rouge sableuse micacée 1 15 7 80 » » 7 Sable micacé à gros grains de quartz. . 1 10 8 90 » » 8 Argile grise à gros grains de quartz. ... 4 45 13 35 Argile à Palseotberium. » » 9 Argile bigarrée rouge, verte et jaune, . » 12 13 47 » •» 10 Argile sableuse verte 1 43 14 90 » » 11 Argile bigarrée rouge, verte et jaune.. 2 75 17 65 » » 12 Argile plus grossière, bigarrée, rouge et bleue 3 10 20 75 » » 13 Argile jaune, verte et grise » 65 21 40 » » 14 Argile semblable au 10 147 22 87 » » 15 Argile rouge micacé avec parties dures calcaires 1 43 24 30 » » 16 Molasse argileuse très fine 3 85 28 15 » » 17 Argile bigarrée jaune et rouge 1 10 29 25 » » 18 Argile bigarrée plus sableuse 2 20 31 45 » » 19 Argile bigarrée avec concrétions cal- caires 1 62 33 07 » » 20 Argile bigarrée avec concrétions cal- caires 4 58 37 65 Sables fluviatiles du Libournais. In'ôO » 21 Molasse sableuse micacée fine » 50 38 15 » » 22 Argile grise avec grains de quartz et graviers 1 65 39 80 » » 23 Argile sableuse verdâtre micacée 1 95 41 75 » » 24 Argile grise avec parties calcaires et Lignite » 70 42 45 » » 25 Argile bigarrée rouge, bleue et verte micacée » 65 43 10 » * 26 Argile bigarrée plus fine avec nodules calcaires 1 50 44 60 Niveau d'eau. Débit par minute. Numéros » » 27 » » 28 » » 29 » » 30 » » 31 » » 32 » » 33 » » 34 » » 35 » » 36 » » 37 » » 38 — 244 — DÉSIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Argile micacée avec grains de quartz., » 50 Argile sableuse, micacée, fine 2 30 Argile très sableuse, micacée, verdâtre. 2 70 Argile grise à gros grains de quartz, . , » 60 Argile avec petits grains de quartz. ... 4 25 Argile grise à gros grains de quartz et mica ft 75 Argile grise un peu sableuse 5 40 Semblable à 32 1 50 Argile se brisant en polyèdres 4 20 Argile fine grise, micacée, avec Lignite. 2 60 Argile bigarrée verte, rouge et jaune.. 2 42 Argile micacée plus sableuse 1 08 39 Argile sableuse avec graviers de quartz. 1 40 40 Semblable à 37 » 90 41 Semblable à 39 7 40 42 Argile bigarrée verte, jaune et rouge. . 3 10 43 Semblable à 41 » 60 44 Argile sableuse, micacée jaune avec Lignite 1 10 87 40 45 Argile ocreuse avec taches jaunes, ver- tes. Mica et Lignite )> 65 88 05 46 Argile sableuse, fine, micacée 4 65 92 70 47 Argile bigarrée jaune et rouge avec graviers 2 75 95 45 48 Semblable à 41 Profondeur 45 10 47 40 50 10 50 70 54 95 55 70 61 10 62 60 66 80 69 40, 71 82 72 90 74 30 75 20 82 60 85 70 86 30 4 15 99 60 49 Semblable à 41 mais plus grossier. . . . ' » » 50 Argile jaune, semblable à 42 avec Li- gnite 195 10155 » » 51 Argile rouge ocreuse, micacée avec nodules calcaires 2 61 104 16 » » 52 Argile sableuse très micacée, rougeâtre. 1 44 105 60 » » 53 Semblable à 43 plus jaune 2 10 107 70 » » 54 Argile fine jaunâtre 2 55 1 1 25 » » 55 Sable argileux assez grossier » 45 110 70 » ■» 56 Idem mais plus fin 2 60 113 30 » » 57 Sable argileux vert et gravier 1 25 114 55 » » 58 Marne sableuse sèche 4 57 119 12 » » 59 Calcaire tendre blanc » 28 1 19 40 » » 60 Argile sableuse, micacée, jaune 1 15 120 55 » » 61 Argile bigarrée, jaunâtre 2 87 123 42 Niveau d'eau. Débit par minute. » » » » » » * 10 50 75 litr. 125 40 126 05 127 70 133 75 — 245 ~ Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. 62 Molasse micacée, sableuse, verdâtre. . . 1 98 63 Argile avec graviers quartzeux » 65 64 Argile bigarrée, jaunâtre 1 65 65 Sable argileux avec Lignite 6 05 66 Sable argileux et grès à grains de quartz 1 30 1 35 05 Numéro 13. Commune de Saint-Méard-de-Gurçon. Puits artésien à nappe ascendante exécuté en 1883 chez M. le marquis de La Valette, château de Cavalerie. Commencé et terminé avec 0"il6 de diamètre. Altitude du sol : 62 mètres . d'Ilu!" mi'Àute.'' Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur Diluvium des plateaux. » » 1 Graviers et cailloux quartz O^SO 0'"30 Argile à Palœotberium, » » 2 Argile sableuse bigarrée rouge, jaune ouverte 80 110 » » 3 Argile grise fine micacée 3 95 5 05 » » 4 Sable un peu argileux micacé 1 20 6 25 » » 5 Argile rouge et bleue micacée un peu sableuse 2 35 8 60 » » 6 Argile sableuse jaune avec petits gra- viers 1.50 10 10 9 » » 7 Sable fin, quartz avec graviers 2 97 13 07 Numéro 14. Commune de Saint-Méard-de-Gurçon. Puits artésien à nappe ascendante exécuté chez M, le marquis de La Valette, châ- teau de Cavalerie. .Commencé et terminé avec 0'^\6 de diamètre. Altitude du sol : 61 mètres. d'eYu." ^m\nuïe! Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur. Terrain quaternaire. * » 1 Terre végétale 0-50 O^^SO — 246 — S" ""^nnïe!: ^^"""éros. DESIGNATION DES TERRAINS. Epaisseur. Profondeur. Argile à Palseotherium. » » 2 Argile sableuse jaune et verte 3 » 3 50 » » 3 Argile sableuse rougeâtre micacée.,... 72 4 22 » » 4 Argile très sableuse jaune 9 73 13 95 » » 5 Sable argileux gris bleuâtre 4 75 18 70 » » 6 Sable argileux gris bleuâtre très fin.. . . 60 19 30 Nota. — Ces deux dernières couches pourraient à la rigueur appartenir à la partie supérieure des sables du Libournais qui affleurent à peu de distance, à l'ouest de La Force. Numéro 15. Commune de Creysse. Puits artésien à nappe ascendante, exécuté en 1884 chez M. le Comte de la Panouse, château de Tiregand. Commencé au fond d'un puits de 32™00 de profondeur, au diamètre de 0°'25 et terminé au même diamètre. Altitude du sol : 72 mètres. d'Iau" °â^nute" Numéros. DESIGNATION DES TERRAINS. Épaisseur. Profondeur Sable du Périgord. 34" » » 1 Gros sable quartzeux roux 17'» » 49™ » Terrain crétacé (Étage Dordonien). » » 2 Marne argileuse bleue, avec petits bancs de calcaires, de grès et de sables for- tement imprégnés de Pî/n^e blanche. . 60 » 109 » » » 3 Calcaire jaune compact, avec rognons de silex, Hippurites radiosus 41 » 150 » 38™» » 4 Ut àQ Pyrite » 60 150 60 (Etage Campanien). » » 5 Calcaire blanchâtre tendre 4 » 154 60 » » 6 » très dur, à silex noir -. . . . 30 « 184 60 » » 7 Calcaire blanc crayeux, avec Silex noir et Pyrite ^ Spliserulites Coquandi , Rhynchonella Eudesi 87 40 272 » 7'"50 » 8 Alternance de grès quartzeux, compact et grès sableux 10 » 282 » (Après pompage, l'eau s'arrête dans son ascension, à 7'"50 du sol). TABLEAU SYNOPTIQUE TERRAINS TERTIAIRES ET SECONDAIRES RENCONTRES DANS LES SONDAGES ET PUITS ARTESIENS AVEC LEURS ALTITUDES par rapport au niveavi die la mer. DÉSIGNATION des COUCHES TRAVERSÉES. AHuvions des vallées. Diluvium des plateaux Calcaire à Astéries. Calcaire lacustre de Castiilon. Molasse du Fronsadais. Marnes à Anomies. Argile à Palaeotherium. Calcaire à Sismondia. Calcaire lacustre du Blayais. Sables fluviatilea du Libournais. Marne à O. cucuUaris. Calcaire marin de Blay e . Sable et grès à Nummulites. Sable gris et Conglomérat. Argile et sables pyriteux , Calcaire dur à silex blonds. Calcaire crayeux à silex noirs. Grès sableux Profondeurs des forages. A G M E S CL c"- c — 34 » 34 » 110-" » -f 28" » + 9-.) — 43 )) 90" » + 10" » 4- 9 70 + 9 70 — 18 95 -|- 11"» » — 6 65 + 1 >> + 1 » — 4 » 35"50 18 95 35 27 35 27 44 70 44 70 46 70 6 65 27 20 27 20 40 90 40 90 53 94 + 15" .. 4- 13 30 + 13 30 -I- 11 90 + Il 90 — 5 51 — 5 51 — 7 30 — 7 30 — 31 62 31 62 40 28 40 28 56 12 56 12 1I2"'50 196" es «S a ^^ rt (l4 ta «3 + 5".. + 8 — 18 80 — 22 i 18 80 ■ 25 15 25 15 32 » 36 53 53 110"50 22 2 23 5 23 27 — 37 126°' Saint-André-deCubzae (Morange). ,J3 O o o o a o ■a S o I c c P. O . 'S X .- n t. d ta a o é a> v > a '3 M "3 > o -o g a 3 O fl a Ph ta -è a (3 bD (D CLASSIFICATION des TER.K,A.IITS. » + 10" » — 13=50 — 44 + 7" » — 3 25 « -|- 75"> » 4- 74 70 -f 62" .. + 61 70 » ( ^ ( 1 QUATERNAIRE. i - - ao"» » - - 29 » » » + 79" » + 57 70 -f 74 70 + 70 25 » » 1 1 » » " '■ » -t- 70 25 4- 69 65 » ° 1 ' + 29 .. » » — 3 25 — 8 85 -- 57 70 -- 40 18 + 69 65 ■> „ 1 > TONGRIEN ■> » " — 8 85 — 12 55 » » " » » - 13 50 — 44 — 52 68 — 12 55 1 + 40 18 — 31 10 4- 61 65 + 37 35 + 61 70 ( > LIGURIEN UJ ce " » ^ " " " " ) •4 • » » " » » » » BARTONIEN cc » ■> — 52 68 —127 )8 » — 31 10 + 37 3ô " i \ LU Y— > • —127 18 —154 79 » » » « » • -154 79 —214 » » •' » » " ) > LUTETIEN » B » » » » » . 1 ) » » —214 . 9 » » » » • EOCÈNE INFÉRIEUR » » » ■' » » ° DORDONIEN OC LU » > " ° " » » 1 CAMPANIEN ce -LU -LU ■a > » " • » 135'" 05 » ^ 1 -LU ce 1 o 1 18"'40 24'»75 273" » 30"' .. lys^si 13''-07 -^ i^ ^ "^ Fold-out Placeholder This foid-out is being digitized, and will be inserted at future date. \ NOUVELLE CONTRIBUTION L'ACTINOLOGÎE FRANÇAISE P FISCHER. Le présent travail peut être considéré comme la suite d'une publication (1) dans laquelle j'ai fait récemment connaître les espèces d'Actinies de deux points du littoral français : Roscoff et Banyuls, où sont installés les magnifiques laboratoires créés par M. de Lacaze-Duthiers. L'établissement de zoologie maritime d'A.rcachon, beaucoup plus modeste, a été fondé en 1867 par les soins des membres de la Société scientifique d'Arcachon. On ne saurait trop louer le zèle de ces hommes dévoués à la science, qui ont pu, dans une petite ville, et presque sans secours officiels, créer un aquarium, un musée et des laboratoires où les savants sont accueillis avec la plus grande libéralité. Je suis très heureux de pouvoir expri- mer ici mes remerciements au président de la Société scientifi- que d'Arcachon et au directeur des laboratoires, M. Durègne, qui a succédé à mon ami regretté A. Lafont. Quant au laboratoire de Guéthary, il consiste en une petite maison, bâtie au bord de la mer, composée d'une seule cham- bre et mise à la disposition des naturalistes par M. Durègne, depuis l'année 1888. M. A. Dollfus y a déjà séjourné quelque temps, pour étudier les Crustacés Isopodes et Amphipodes de la plage. Je crois que cette station sera plus tard très fréquentée, à cause du caractère remarquable de sa faune, qui représente la Méditerranée sur un point de notre littoral océanique. (1) Contribution à l'Actinologie française {Archives de ioologie expérimen- tale, 2-^ série, vol. V, p. 381, 1887). — 252 — PREMIERE PARTIE. ACTINIES D'ARGACHON (Gironde). Le Bassin d'Arcachon, avec ses plag-es sablonneuses ou va- seuses, paraît au premier abord très pauvre en Actinies. On y chercherait en vain les Actinia equina, Cereus pedwwulatus, Bimodes vertnicosits, etc., espèces caractéristiques de la zone littorale de tous les rivag-es rocheux de l'Europe et du nord de l'Afrique. Ce n'est guère que sur la plag-e du Moulleau qu'on peut trouver des blocs de sable ag-g-lutiné, formant des rochers factices et sur lesquels se fixent quelques Actinies. Enfin d'autres espèces adhèrent aux enrochements et aux piliers des débarcadères. L'attention des naturalistes doit donc se porter de préférence sur les espèces qui vivent enfoncées dans le sable et la vase (Paraîithiis rugosus, Sagartia viduata, var. troglodytes, Ceiian- thus membranaceus) , qui adhèrent aux Zostères {Anemonia sulcata) ou aux coquilles mortes {Bunodes Balli, Sagartia sphy- rodeta). Mais la faune actinolog-ique, limitée dans le Bassin aux ani- maux de la zone littorale et de la zone des Laminaires, devient beaucoup plus intéressante lorsqu'on peut drag-uer au large sur la g"rande terrasse sous-marine qui plong-e vers les abysses du g-olfe de Gascog-ne. Cette terrasse, qui s'incline en pente douce de à 200 mèti^es, est rég-ulièrement explorée par les pyroscaphes de la flotte de pèche d'Arcachon, qui descendent leurs chaluts jusqu'à 120 mètres (1) et obtiennent aiusi des des animaux appartenant à deux zones bathymétriques : celle des g-rands Buccins (de 28 à 72 mètres) et celle des Brachiopodes et des Coraux (de 72 à 500 mètres). (1) Voir à ce sujet : Durègne, Comptes-rendus des séances de la Société Linnéenne de Bordeaux, t. XLI, p. XXXIII (16 mars 18871. — 253 - Les animaux les plus communs dans la zone des grands Buccins sont : Cœlentérés : Adamsia palliata, Chitonactis coronata, Palyfhoa are- nacea, Sagartia miniacea, S. viduata, CalUactis effœta, Pteroides ffriseum, Verelillum cynomorium , Alcyonium digitatum, Gorgonia verrncosa ; Echinodermes : EcMnus Flemingi, Spatangus purpureus, Luidia ciliaris ; Bryozoaires (1) : Dlastopora oielia, TubuUpora expansa, Cellularia scruposa, Membranipora Flemingi, M. tri/olium, M. Dumerili, Porina biforis, P. ciliata, Escharella linearis. Jlippotàoa divaricata, Mollia tenuis, Smitlia trispinosa, Porella concinna, Oellepora ramulosa; Mollusques : Trochus Montagui, T. gramUattis, PlewophylUdia pus- iulosa, P. lineata, Scaphander lignarius, JSglisia subdecussaia, Chenopus pes-pelecani, Sipho gracilis, S. Jeffrey sianus, S. Islandicus, Fusus Berniciensis, Triton nodiferus, Ranella gigantea, Cassidaria thyrrena, Cassis saburon, Buccinum undatum; — Pholadidea papyracea, Xylophaga dorsalis, Pectunculus glycimeris, Avicula ^arentina, Ostrea cochlear, Pecten maximus ; Crustacés : Maia squinado, Portunus marmoretcs, Gonoplax rkom- boides, Ebalia Cranchi, Eupagurus Prideauxi , Oalathea dispersa, Nephrops Norvegicus, Penœus siphonocerus, Scalpellum vulgare; Annélides : Aph.odita aculeata, Nereis fucata. Les animaux de la zone des Brachiopodes et des Coraux nous sont à peine connus dans le sud-ouest de la France, si ce n'est dans la fosse du Cap Breton (2), oii les roches donnent asile à une riche population sous-marine. En dehors d'Arcachon, les fonds sont vaseux etpar conséquent les Brachiopodes manquent. Les principales espèces rapportées par les pêcheurs d'Arcachon, sont les suivantes : Echinodermes : Stichopus regalis, Asiropecten crenasier, Pormiia pulvilliis, Antedon rosaceus; Mollusques : Cassidaria thyrrena, Ranella gigantea, Chenopus Ser- resianus ; (1) Ces espèces ont été déterminées par le D'' J. Juilien. (2j Voir : Les fonds de la mer, vol. 2, 1875, et vol. 3, 1879. — 254 — Coelentérés : Chitonactis Richardi, C. coronata^ Pennatula phos- phorea, Alcyonium diçiiatum, Pavonaria quadrangularis. Enfin, la zone des abysses se montre à partir de 500 mètres dans le g"olfe. Les Actinies de ces grands fonds sont : Chitonactis Richardi, Gephyra Dohmi (sur les Mopsea), Chitonactis Marioni, Palythoa glomerata (sur les radioles de Cidaris), P. Eupaguri, Edwarchia ftaccida, E. scahra, E. rigida (1). La faune abyssale du g-olfe de Gascogne est sufiS.samment connue depuis les expéditions scientifiques du Travailler (1880, 1881, 1882), du Talisman (1883) et de l'Hirondelle (1885-1888). Je renvoie par conséquent le lecteur aux nombreux travaux publiés à ce sujet, en faisant remarquer que quelques espèces de Mollus- ques de la zone des Brachiopodes et des Coraux accompag-nent, dans la zone abyssale, le Chitonactis Richardi. Les documents relatifs à l'Actinologie d'Arcachon sont peu nombreux. D'après les deux notes que j'ai publiées en 1875 (2), je n'avais observé à cette époque que quatorze espèces prove- nant du Bassin ou recueillies au large : Cerianthus membra- naceus, Anemonia sulcata, Sagartia sphyrodeta, S. pellucida, S. viduata, S. ignea, S. erythrochila, S. effœta, Chitonactis coronata, Bunodes Balli , B. Biscayensis , Corynactis viridis , Palythoa Couchi, P. sulcata. Le présent catalogue ajoute cinq espèces à cette liste : Cerianthus solitarius, Paranthus rugosus, Chitonactis Richardi, Adamsia palliata, Sagartia miniata, dont deux avaient été déjà signalées par M. Durègne (3). Le nombre total est donc de dix-neuf espèces, que j'ai vues à l'état vivant, dans l'aquarium ou dans les laboratoires de la Société scienti- fique d'Arcachon. (1) Marion, Comptes-rendus de V Académie des sciences, vol. XCIV, p. 458, 1882. (2) Recherches sur les Actinies des côtes océaniques de France {Nouvelles archives du Muséum, vol. X, p. 193, 1875). — Anthozoaires du département de la Gironde et des côtes du sud-ouest de la France (Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, vol. XXX, p. 183, 1875). (3) Comptes-Rendus des séances de la Société Linnéenne de Bordeaux, année 1886, t. XL, p. IV, XXVIII, LIV. — 255 1. Cerianthus membranaceus (Gmelin). Tubularia membranacea, Gmelin, Syst. nat. éd. XIII, p. 3836, 1788. — Ce- rianthus membranaceus^ Haime, Ann. des se. na^,p. 341, pi. VII, fig, 1. — Fischer, Rech. sur les Actinies, p. 20U. — Fischer, Anthoz. de la Gironde, p. 184. — Fischer, Contr. à VActinol. française, p. 405, 440. — Andres, Le Attinie, p. 342, pi. XII. — Heider, Sitzung. d. k. Akad. d. w. matk. nat., p. 204, pi. I, 1879. — Lafont, Actes de la Soc. Linn. de Bordeaux, t. XXVI, p. 531, 1868. Cette belle Actinie est très commune dans le Bassin d'Arca- chon : à Eyrac, à l'Ile aux Oiseaux, au Banc Blanc, à la jetée du Phare, etc., oi^i elle a été trouvée par Lacaze-Duthiers, P. Bert, Lespès, Lafont, etc. Elle vit généralement dans le sable vasard et au milieu des Zostera, protégée par un tube (indusie) épais, sale, noirâtre, très allongé. Mais dès qu'elle est placée dans des cuvettes garnies de sable fin, elle rejette souvent dans les vingt-quatre heures son ancienne indusie et en forme une nouvelle en agglutinant du sable. La coloration de la colonne varie peu; elle est d'un violet vineux à sa partie inférieure, d'un gris jaunâtre pâle à sa partie supérieure. On remarque souvent, en outre, deux ou trois bandes longitudinales, étroites, foncées, espacées. Le disque et les tentacules (1) présentent de nombreuses variétés; voici celles qui prédominent à Arcachon : a. — Disque rayonné de blanc et de brun; les rayons bruns (1) Je rappelle ici que les tentacules des Cérianthes sont de deux espèces : les uns, nommés marginaux, sont placés à la périphérie du disque; les autres, nommés buccaux ou labiaux, s'insèrent au voisinage de la bouche. Dans chacun de ces groupes d'organes, on appelle tentacules du premier cycle, les tentacules les plus rapprochés du centre du disque; tentacules du troisième cycle, les plus éloignés ; et tentacules du deuxième cycle, ceux de la rangée intermé- diaire. La présence de tentacules marginaux et buccaux différenciés a été constatée dans quelques autres genres d'Actiniaires : Saccanthus, Bathyanthus et Arach- nactis, appartenant d'ailleurs à la famille des Cerianthidse. Les signes >»', )n% rn^ s'appliquent aux tentacules, marginaux des premier, second et troisième cycles; et les signes ô', b-, 6% s'appliquent aux tentacules buccaux des premier, deuxième et troisième cycles. - 256 — arrivent à la base des tentacules marginaux du premier cycle; les rayons blancs se trifurquent : la ligne moyenne aboutit à la base d'un tentacule du deuxième cycle, et les deux autres lignes se dirigent vers les tentacules du troisième cycle. Tentacules marginaux d'un gris- pâle à la base, brunâtres au sommet, ornés sur leur face interne ou supérieure de huit à dix taches vertes, brillantes, espacées; une petite partie des tentacules forme un secteur dont la couleur est uniformément blanche, sans taches ni marques. Tentacules buccaux avec deux bandes longitudi- nales noirâtres. h. — Tentacules marginaux verdâtres avec des taches d'un vert plus pâle et brillant. Tentacules buccaux d'un vert clair uni- colore. c. — Disque d'un gris noirâtre, avec des rayons plus pâles. Ten- tacules marginaux gris, avec des taches verdâtres; leur extré- mité est verte. Tentacules buccaux d'un gris d'acier unicolore, avec leur extrémité verte. d. — Disque olivâtre, rayonné de vert pâle; une tache obscure en forme de B à la base des tentacules marginaux du deuxième cycle. Tentacules marginaux de couleur olivâtre claire, avec dix taches brunes et vertes; extrémité violacée. Tentacules buccaux blanchâtres. Le nombre des tentacules est variable suivant les individus, mais on compte toujours trois cycles marginaux et trois cycles buccaux; le total des tentacules buccaux est le même que celui des tentacules marginaux. D'après le nombre des tentacules marginaux, les treize spé- cimens que j'ai examinés se décomposent ainsi : 4 portaient 65 tentacules. 1 — 77 — 3 — 81 — 1 — 85 — 3 — 89 — 1 — 93 — Par conséquent, sur tous les exemplaires, le nombre des tenta- cules marginaux est impair, à cause de la présence d'un tenta- cule impair, dont la position est constante vers l'un des angles de la bouche, et dont l'importance est considérable, puisqu'il permet d'orienter les Cérianthes et de déterminer le côté ventral. - 257 — On trouve ég-alement un tentacule buccal impair, corres- pondant au tentacule marg-inal impair et placé sur le prolon- gement du même ang-le de la bouche, qui d'autre part, sous le nom de grand sillon buccal, commence la rig-ole ou log-e mésen- térique impaire conduisant jusqu'au pore terminal postérieur de la colonne. Du côté opposé aux tentacules marg-inal et buccal impairs, les tentacules sont pairs, et une étroite rig-ole {petit sillon buccal) est opposée au g-rand sillon buccal. L'existence d'un tentacule impair, toujours placé au même point, est une présomption en faveur de la symétrie bilatérale des Cérianthes. Cette symétrie particulière devient éclatante si l'on étudie avec soin ces animaux, lorsque leurs tentacules marg-inaux sont médiocrement étalés, que les tentacules buccaux sont contractés et que l'orifice biicCal est en même temps dilaté, concours de circonstances qui se présente quelquefois. En notant alors la position respective des tentacules, on constate qu'elle est absolument différente de celle qui a été décrite par les auteurs, et qu'elle n'a aucun rapport avec la symétrie rayonnée de la plupart des Actinies, et surtout avec celle des Himodes, qui peuvent être considérés comme les plus rég-uliers de ces animaux. Et d'abord, le nombre des tentacules des cycles marginaux est différent dans les deux premiers cycles et n'est pas la moitié de Fig. 1. — Figure schématique représentant la disposition des tentacules d'une Actinie [Bunodes] à symétrie rayonnée et à quatre cycles tentaculaires. La ligne AB passe par le grand axe buccal et les deux commissures labiales ; A, correspond au tentacule primordial, ventral et du premier cycle; B, corres- pond au tentacule dorsal opposé et du même cycle. Tome XLIII 17 — 258 — celui des tentacules du troisième cycle, comme on le remarque pour la plupart des Actinies et notamment pour les Bunodes. En effet, en comptant les tentacules d'un Bunodes (B. Dnregnei, par exemple), on trouve que leur formule est : 12, 12, 24, 48 (fig'ure 1). Par conséquent, les tentacules du premier et du deuxième cycles sont en nombre respectivement ég-al, et ceux du troisième cycle sont le double de ceux du premier ou du Fig. 2. — Figure schématique représentant la disposition des tentacules d'un Cerianthus membranaceus. Le grand cercle interne corres^jond à l'orifice buc- cal, mais n'en a pas la forme ovale. Les petits cercles noirs représentent les tentacules buccaux, et les petits cercles blancs les tentacules marginaux. La ligne HO passe par les commissures labiales et les deux sillons buccaux. Le petit sillon buccal commence au point et indique le côté dorsal. La lettre H est placée à l'origine de la loge ventrale impaire. La lettre B= indique le tentacule buccal impair du deuxième cycle; et la lettre M', le tentacule marginal impair du premier cycle. Les dix-neuf tentacules buccaux, dont la sériation n'est pas régulière, correspondent à l'arc A, H, G. La ligne HO prolongée divise le disque et les tentacules du Cérianthe en deux moitiés symétriques. — 259 — deuxième cycle (1). Or la plupart des auteurs, supposant que les Ceriajilhus offraient le même genre de symétrie rayonnée, ont donné les formules tentaculaires suivantes : (16, 16, 32), (24, 24, 48), (32, 32, 64) ou (36, 36, 72), qui sont doublement inexactes puisque, d'une part, il ont omis de sig-naler le tentacule impair, et que, d'autre part, ils n'ont pas compté avec soin les tentacules dans chaque cycle. L'observation suivante est sig-nificative à ce point de vue : Un spécimen de Cerianthus d'Arcachon (fig-ure 2) porte soixante-dix-sept tentacules marg-inaux répartis en trois cycles : Premier cycle marg-inal 21 tentacules Deuxième — — 18 — Troisième — — 38 — Sur le même spécimen le nombre des tentacules buccaux est également de soixante dix-sept, répartis en trois cycles : Premier cycle buccal 20 tentacules Deuxième — — 21 — Troisième — — 36 — (1) Cette loi très simple pourrait portei- le nom de loi de Rollard. Cet auteur, en effet, l'a formulée le premier en ces termes : « J'ai reconnu dans les espèces que je viens de citer {Actinia equina et pedunculata) quatre rangées concen- triques de tentacules. Je me suis assuré que les tentacules de chaque rang cor- respondent toujours aux intervalles de ceux, des autres cercles; que le nombre de ces appendices croit dans une proportion géométrique du deuxième rang au quatrième, en procédant du centre à la circonférence, c'est-à-dire avec le nom- bre des intervalles; en sorte que, s'il y a douze tentacules, et par conséquent douze inteivalles au rang interne, il y aura douze tentacules au second cercle, qui porteront à vingt-quatre le nombre des intervalles ; ce chiffre sera celui des tentacules de troisième rang, et ceux-ci, divisant à leur tour les vingt-quatre intervalles qu'ils occupent, en élèveront le nombre à quarante-huit; sur ces quarante-huit intervalles viendront se placer quarante-huit tentacules. On voit par là que si l'on connaît le nombre des tentacules du rang intérieur, on n'a qu'à le doubler pour avoir la somme des deux premiers rangs, et à multiplier celle-ci par deux pour obtenir celle des trois cercles intérieurs, par quatre pour avoir le total des quatre, et ainsi d^ siJite dans le cas où il y aurait plus de quatre séries. 11 est toujours assez facile do compter la série intérieure quand l'actinie est dans son état d'épanouissement. Mais l'âge ajoute, avons-nous vu, des tentacules à ceux qui existaient primitivement. Cette addition successive ne porte pas sur le nombre des tentacules de chaque cercle, mais sur le nombre des rangs eux-mêmes, et nous arrivons par là à comprendre les dispositions que nous avons constatées tout à l'heure •>> (Hollard, Etude sur V organisation des Actinies, p. 18, 1848). — 260 — En comparant les cycles marg-inaux aux cycles buccaux on reconnaît que le cycle impair marg-inal à ving-t-et-un tentacules est le premier, et qu'il correspond au deuxième cycle buccal à ving-t-et-un tentacules. Ces deux cycles impairs ont, en effet, leurs tentacules sur le prolong-ement d'une même loge. Les relations des autres cycles buccaux et marg-inaux ne paraissent pas aussi clairement définies , au premier abord , à cause de certaines irrégularités dans l'agencement respectif des tentacules. En effet nous constatons, pour les tentacules marginaux, que le tentacule impair ou ventral, appartenant au premier cycle (M^) , est flanqué à droite et à gauche des deux tentacules du troisième cycle (m^ m^) ; après cette irrégularité, l'arrangement des autres tentacules devient normal et semblable à celui des Actinies à symétrie rayonnée; par conséquent les tentacules du troisième cycle alternent successivement avec ceux du deuxième et du premier cycle, et constituent des séries continues, formées cha- cune de quatre tentacules disposés dans l'ordre suivant : (mS m^, m^, m') + {m^, ^S ^% ^^^) + ('^^S ^^^, ^*^ '^^)-> ©te. Enfin au voisinage du point opposé au tentacule impair, nou- velle irrégularité : la dernière série marginale du côté droit est formée de quatre tentacules ainsi rangés : m^, m* m*, m^; par conséquent, le dernier tentacule du côté droit est pair comme celui du côté gauche et appartient au premier cycle. En résumé, un plan passant par le tentacule marginal impair, les commissures buccales et l'intervalle compris entre les tenta- cules du premier cycle opposés au tentacule marginal impair, divise la couronne tentaculaire marginale des Cérianthes en deux moitiés symétriques. Mais la symétrie bilatérale est encore plus marquée pour les tentacules buccaux, et la disposition respective de ceux-ci est encore plus irrégulière. Les dix-neuf tentacules buccaux d'un arc AHC, qui comprend au centre le tentacule impair B% sont rangés dans un ordre bizarre, échappant h. une formule générale : b\ b\ b\b\ b\ b\ b\ b\ b\ B% b\ b\ b\ b\ b\ b\ b\ b\ b' ; au delà, les tentacules se suivent dans un ordre constant, en constituant des séries de quatre tentacules ainsi disposées : {b\ b\ b\ b') + (^S à\ b\ b') + {b\ b\ b\ b\ etc. Enfin au pôle dorsal, opposé par conséquent au tentacule - 261 — impair buccal, on trouve une rig-ole et de chaque côté un tenta- cule du deuxième cycle (1) : (//, h\ b\ b') + é^ + + 6^ + (b\ b\ b\ b'). Pour les tentacules buccaux la symétrie bilatérale est donc parfaite. On peut s'assurer, en outre, en laissant de côté les dix-neuf tentacules buccaux de l'arc A.HC, que les autres tentacules buc- caux présentent les relations suivantes avec les tentacules mar- ginaux : 1° Les tentacules marginaux du premier cycle correspondent aux tentacules buccaux du deuxième cycle; 2° Les tentacules marginaux du deuxième cycle correspondent à des tentacules buccaux du troisième cycle; 3° Les tentacules marginaux du troisième cycle correspondent alternativement à des tentacules buccaux du premier et du troi- sième cycles. Ces résultats ne concordent pas avec les formules produites par Heider et Andres. La divergence constatée entre mes opinions et celle de ces observateurs provient de ce qu'ils n'ont pas connu le mode de groupement des tentacules buccaux disposés par séries de quatre, ayant chacune pour formule : b\ b^, b^, b\ et montrant ainsi deux tentacules contigus du troisième cycle. Nous ferons remarquer à ce sujet que les tentacules buccaux contigus du troisième cycle ne sont pas absolument sur la même ligne, et que, dans une série de quatre tentacules rangés dans l'ordre normal {b\ b^, b\ b^}, la base du quatrième tentacule est parfois plus rapprochée des tentacules marginaux que celle du troisième tentacule. Cette particularité explique comment quelques auteurs ont cru pouvoir admettre quatre cycles buc- caux (2). Nous avons vu que les tentacules impairs marginal M^ et buccal B\ correspondaient au grand sillon buccal, sillon qui (1) La lettre placée dans la formule qui suit indique qu'en ce point 0, il n'y a pas de tentacule, mais une petite rigole dorsale. (2) J. Haime a cru à cette disposition, qui m'avait autrefois paru vraisem- blable. — 262 — détermine le côté ventral du Cérianthe. Le petit sillon buccal, placé à l'opposite et par conséquent dorsal, est bordé, de chaque côté, d'un tentacule marginal du premier cycle et d'un tenta- cule buccal du deuxième cycle. Mais les tentacules buccaux ne sont pas toujours rég-ulièrement placés : tantôt l'un chevauche sur l'autre, tantôt il est rang-é sur un même rayon et paraît même appartenir à un autre cycle. En outre, les tentacules marginaux sont en ce point plus petits qu'à l'ordinaire. Ces anomalies apparentes sont explicables si l'on admet, avec C. Vogt (1), que ces tentacules proviennent de la loge dorsale de multiplication, où se forment sans cesse les nouveaux tentacules qui, à droite et à gauche, vont s'ajouter aux anciennes séries, et qui peuvent apparaître presque sur le même rayon. J'ai ouvert un individu à quatre-vingt-cinq tentacules mar- ginaux, conservé dans l'alcool, afin d'examiner ses septa ou cloi- sons mésentéroïdes. Le nombre des grandes cloisons est de trente-cinq, ayant à peu près la même longueur; il existe, en outre, deux très longues cloisons qui se prolongent jusqu'au pore terminal postérieur de la colonne. Enfin, entre les grandes cloi- sons et alternant assez régulièrement, on peut compter trente- huit petites cloisons. Le chiffre total est donc : 2 + 35 + 38 = 75. Je regrette beaucoup de n'avoir pas ouvert tous mes exem- plaires afin d'être renseigné sur la fixité ou la variabilité du nombre des grandes cloisons. Il serait intéressant de constater aussi si les deux cloisons prolongées jusqu'au pore terminal, et qui correspondent au grand sillon buccal ainsi qu'aux tentacules impairs marginal et buccal, ont une existence cons- tante. Elles limitent une loge ventrale à laquelle J. Haime a donné le nom de gouttière interlamellalre impaire et dont l'existence lui a fait soupçonner que le Cérianthe pouvait bien avoir une symétrie bilatérale, induction qu'il a fortifiée par l'étude de l'embryogénie. En constatant que la larve du Cérianthe avait d'abord quatre tentacules, dont deux placés au coté droit et deux au côté gauche d'une ligne passant par les commissures labiales, J. Haime (1) Des genres Arachnactis et Cerianthus {Archives de Biologie de Van Beneden et Van Bambeke, 1887). - 263 — reconnut que le développement de cet animal ne pouvait être assimilé à celui des Actinies ordinaires. Au stade à quatre tentacules primordiaux succéda le stade de formation du tenta- cule imiiair : « Sur la liguie médiane, dit-il, j'ai vu se développer, entre les deux tentacules plus grands, un nouveau mamelon qui, sans doute, était le rudiment d'un tentacule du deuxième ordre... Je suisjîorté à croire que ce tubercule appendiculaire impair, qui succède immédiatement à la formation des quatre tentacules primaires, doit correspondre à la chambre comprise entre les deux long-ues lames verticales dans les individus adultes, ces dernières se trouvant toujours aussi dans le plan de l'allong-e- ment de la bouche. Quoi qu'il en soit de cette relation, on voit que dans les premiers âges de la vie du Cérianthe, aussi bien que lorsqu'il a acquis son entier développement, le caractère de bilatéralité se retrouve toujours d'une manière très frappante ; il montre seulement cette différence entre les deux époques, que, pendant la première, il est extérieur, et qu'il devient intérieur pendant la seconde » (J. Haime, lue cit., p. 383). J. Haime en pressentant la symétrie bilatérale des organes internes, n'a pas reconnu la symétrie bilatérale des tentacules du Cérianthe adulte, et sa préoccupation de ramener les Actinies au type hexaméral l'a empêché de distinguer le tentacule impair des animaux adultes de ce genre. Et cependant, il a été le premier à indiquer les relations possibles entre les Polypiers rugueux (ou TetracoroUa des auteurs actuels) et les Hérianthes. Si l'on admet comme démontré que le tentacule impair des Cérianthes se développe après les deux paires de tentacules primi- tifs, ce mode d'apparition constitue une différence considérable avec le développement des autres Actinies (Actinia, Bunodes), chez lesquelles le tentacule primordial est le plus grand dès le début et se trouve placé, comme le tentacule impair des Cérianthes, sur le prolongement de la fente buccale, et du côté ventral. L'apparition du tentacule impair ventral des Cérianthes serait donc relativement tardive; mais le développement de ces animaux montrerait ensuite un caractère particulier d'unifor- mité, puisque les nouveaux tentacules se formeraient dans la loge dorsale placée du côté opposé au tentacule impair, et se disposeraient par paires de chaque côté du petit sillon dorsal — 264 — jusqu'à l'âg-e le plus avancé. Ce mode d'accroissemen es tentacules semble résulter des travaux embryog-éniques de Busch et A. Agassiz, ainsi que des observations de C. Vog't sur les Cérianthes adultes. Chez les Actinies ordinaires, au contraire, et bien que les larves présentent des caractères de symétrie bilatérale, la- multiplication des tentacules procède suivant d'autres lois qui ont été exposées par H. de Lacaze Duthiers, et que je crois inutile de rappeler ici, 2. Gerianthus solitarius (Rapp). Tubularia solitaria, Rapp, Nova acta Acad. curios. nat.,Yo\. XIV, p. 653, pi. 38, fig. 2, 1829. — Cerianthus Brerœ, Délie Chiaje, Descr. e notomia degli animali invert, délia Sicilia citeriore, vol. IV, p. 124, pi, 156. fig. 2? — Cerianthus solitarius, Andres, Le Attinie, p. 340, pi, XI, fig. 6. — Fischer, Contr. à VActinol. française, p. 432. Je n'ai vu de cette espèce qu'un seul spécimen que j'avais recueilli sur la plag-e d'Eyrac, à l'intérieur du Bassin d'Arcachon, dans le voisinag-e de nombreux Cerianthus memhranaceus. Si taille est faible (30 millimètres de long-ueur); colonne brunâtre avec des lignes et des marbrures plus foncées; partie supérieure de la colonne de même teinte que la partie inférieure. Tentacules marginaux de couleur fauve, avec une dizaine de taches blanches disposées en série longitudinale sur leur face interne ou supérieure; les tentacules du troisième cycle portent deux lignes longitudinales brunâtres. Tentacules buccaux brunâtres. Les tentacules marginaux et buccaux sont disposés sur trois cycles; la formule des tentacules marginaux est environ 57 (14, 14, 28, + 1 tentacule impair). J'ai conservé ce Cérianthe durant plusieurs jours; il avait une autre allure que le C. memhranaceus ; ses tentacules marginaux restaient droits, non flexueux, redressés; le disque n'était jamais étalé; le pore basai semblait tout à fait médian. La disposition de ses septa ou cloisons mésentéroïdes est très différente de celle qu'on observe chez le Ceriantlms membrana- ceus. Les cloisons principales sont au nombre de douze, attei- — 265 — g-nant toutes à peu près la même long-ueur. En outre, une dizaine de cloisons, plus courtes de moitié environ, sont intercalées plus ou moins rég-ulièrement. Enfin on peut constater la présence de rudiments de cloisons extrêmement courtes et placées près du pharynx. Les deux grandes cloisons qui, chez le C. membrana- ceiis, s'étendent jusqu'au pore terminal de la colonne, manquent donc complètement sur le seul spécimen de C. solitarius que j'aie examiné. La valeur de cette espèce a été contestée. Elle diffère du C. memhranaceus, par sa taille plus faible, sa coloration brune, ses tentacules moins nombreux (60 à 64 au plus), et ses septa ou lames mésentéroïdes principales, au nombre de huit à dix-sept, tandis que les septa du C. memhranaceus ne sont jamais en nombre inférieur à vingt-quatre. Quelques auteurs réunissent le C. solitarius au Ç . memhrana- ceus, en le considérant comme un jeune. J'étais assez disposé à accepter cette opinion, mais des individus de C. memhranaceus, de même taille que le C solitarius, avaient un nombre de tenta- cules beaucoup plus considérable. Je regrette beaucoup de n'avoir pu étudier qu'un seul exem- plaire de cette espèce encore imparfaitement connue. Andres, qui l'a vue à Naples, n'en a pas donné de figures originales et s'est borné à copier celles de Rapp. Nous n'avons donc pas de docu- ments sur les limites de sa variation, qui paraissent assez larges. En effet, d'après les auteurs, le nombre des tentacules est de 57, 60 ou 64; et celui des septa de 8, 10, 12. Le C. solitarius découvert par Rapp, dans les parages de Cette, paraissait jusqu'à présent propre à la Méditerranée, où il a été retrouvé h Naples et dans l'Adriatique. 3. Paranthus rugosus (Andres). Entacmœa chromatodera, Schmarda, Denhschr. d. Kais. Akad. math. nat. p. 129, tab. VIII, fig. 3-5, 1852? — Paranthus chromatoderus, Andres, Le Attinie, p. 256, pi. XIII, fig. 16.— Paractis rugosa, Andres, Prodr. Neap. Actiniarum faunx, p. 314, 1880. Base libre ou adhérente, de forme variable : tantôt plane, tantôt hémisphérique, agglutinant généralement du sable fin. - 266 — Le diamètre de la base est un peu plus larg-e que la partie moyenne de la colonne, lorsque Tanimal est placé depuis quel- ques jours dans une cuvette; mais au moment où on vient de le retirer de son excavation dans le sable du rivag'e, la base a la forme d'une tête de champig-non et présente une dépression centrale à sa partie moyenne. Dans certains cas, elle rappelle la " physa des Halcampa et des Edwardsia. Dilatée, elle est translu- cide avec des lig-nes blanches, opaques, rayonnantes. On y compte alors six rayons principaux se dirig-eant du centre vers la périphérie, six rayons moins long"S, ne partant pas du centre, enfin douze rayons courts, intermédiaires : total, vingt-quatre rayons. Chaque rayon, long- ou court, est formé de deux lig-nes blanches. Colonne cylindrique, très allong-ée lorsque l'animal n'est pas fixé et ayant alors l'aspect d'un Sipunculiis; renflée vers la moitié on les deux tiers supérieurs de sa long-ueur quand l'animal est adhérent par la base. En extension complète, la colonne peut dépasser 10 centimètres; elle devient alors hyaline dans sa moitié inférieure, avec des bandes long-itudinales opaques, géminées. Dans sa moitié supérieure elle est d'un jaune verdâ- tre clair, et sa surface, striée transversalement, porte une multi- tude de très fines g-ranulations. Pas de tubercules d'adhérence; pas de clinclides visibles; pas (ïncontia. La colonne, à sa partie supérieure, n'est pas séparée du disque par une ligme de démarcation bien tranchée; généralement il n'existe à ce niveau qu'un très léger rétrécissement du diamètre transverse. Disque ayant un diamètre plus faible que celui de la colonne à sa partie mo^^enne, et orné de douze rayons opaques, blan- châtres, partant du péristome et dirigés vers les tentacules des deux premiers cyc'es dont ils entourent la base. Chaque ten- tacule du troisième cycle est entouré à la base par deux lignes blanches, formant un V ouvert en dehors et dont la pointe se voit sur le disque, mais à une certaine distance du péristome. Bouche ovale-oblongue; pas de tubercules gonidiaux; pas de rayons gonidi^^aix. Pharynx muni de chaque côté de douze sillons et rayé de blanc. Lèvres sillonnées, d'un gris pellucide clair. Tentacules au nombre de quatre-vingt-seize et répartis en cinq — 267 — cycles (6, 6, 12, 24, 48), rétractiles mais difficilement, courts, coniques, hyalins, entourés à leur base d'une lig-ne blanche, ornés à leur face supérieure ou interne d'une bande longi- tudinale noirâtre ou brunâtre, interrompue par deux taches opaques, blanches, dont l'inférieure est lambdoïde. L'extrémité des tentacules est blanche, opaque. Ces tentacules ont une direction assez constante : ceux du premier cycle restent presque verticaux, ceux des autres cycles sont presque horizontaux. Le Paranthus riigosiis est commun dans le Bassin d'Arca- chon, dans la zone littorale ou à la limite supérieure de la zone des Laminaires, à Eyrac, au grand-Banc, etc. Il vit enfoncé verticalement dans le sable, et lorsqu'on veut le reti- rer, il faut bêcher assez profondément. On le trouve en même temps qae les Sagartia troglodytes, Synapta digilata, Sipunculus nudus, etc. J'en ai examiné une ving-taine de spécimens ne pré- sentant dans leur coloration aucune différence notable, et dont la long-ueur moyenne était de .5 à 6 centimètres. Je n'ai pas vu de jeunes individus, et aucun des adultes n'a rejeté de petits vivants. Cet animal se conserve très bien dans les cuvettes dont le fond est g-arni de sable; en général, il parait très apathique, ne cher- che pas à s'enfoncer dans le sable et ne rétracte guère son disque et ses tentacules. Quand on l'excite vivertient, il raccourcit sa colonne, qui se renfle à sa partie moyenne et dont la surface paraît plus fortement sillonnée en travers. Cette belle Actinie a été découverte à Naples par Andres; elle n'a pas été signalée sur d'autres points des côtes de l'Europe ; mais l'auteur italien l'a identifiée avec une Actinie de l'Adriati- que : Entacmsea chromatodera, Schmarda. Les spécimens d'Arcachon se rapportent à la variété unicoloi\ décrite et figurée par Andres. D'autre part, le type de Schmarda présente une coloration très remarquable, signalée d'ailleurs dans la diagnose originale : « Entacmaea siibcylindrica aut doliiformis, corpore aspero, flavo-griseo, tentacuUs numerosis flavescentibiis maculatis, collari bicolori {rubro et viridï), pede rubescenti ». Les figures montrent la colonne contractée, en forme de barillet, de même couleur que les tentacules; à sa partie supérieure on voit deux zones eontiguës : une rouge, surmontée d'une verte; le disque du pied est rouge. — 268 — Il ne me paraît pas certain que l'espèce de Schmarda soit identique avec le Paranthus fig-uré par Andres; elle ressemble plutôt à un Phellia. Si donc l'identité des Entacmasa chromato- dera^ Schmarda, et Paranthus chromatodejnis, Andres, n'est pas confirmée, il est nécessaire de prendre pour la deuxième de ces formes, la seule qui existe à Arcachon, le nom de Paranthus rugosus, Andres. 4. Anemonia sulcata (Pennant). Actinia sulcata, Pennant, Brit. zool., vol. IV, p. 102, 1777. — Actiniacereus, Ellis et Solander, Zooph., p. 2, 1786. — Anthea cereus, Gosse, Brit. sea- anem., p. 160, pi. V, fig. 2, et pi. VI, fig. 9. — Anemonia sulcata, Fischer, Rech. sur les Actinies, p. 205. ' — Fischer, Antho*. de la Gironde, p. 185. — Fischer, Contr. à VActinologie française, p. 392 et 409. — Andres, Le Attinie, p. 190, pi. I, fig. 7, 10, 15. — A. Lafont, Actes de la Soc. Linn. de Bordeaux, t. XXVI, p. 530. Espèce commune sur les Zostères du Bassin d'Arcachon. Elle n'y atteint pas une aussi g^rande taille que sur les cotes rocheu- ses de la Bretagne et des Basses-Pyrénées. 5. Chitonactis coronata (Gosse). Bunodes coronata, Gosse, Ann. and mag. of nat. hist., 3® série, t. II, p. 194, 1858. — Gosse, Brit. sea-anem., p. 202, pi. VII, fig. 4. — Chitonactis coKonata, Fischer, Rech. sur les Actinies, p. 226. — Fischer, Anthozoaires de la Gironde, p. 187. — Fischer, Contrih. à VActin. française, p. 413. — Andres, Le Attinie, p. 124. Cette espèce est souvent rapportée par les pêcheurs, qui l'ob- tiennent au chalut, en dehors du Bassin d'Arcachon, par 20-45 brasses et au delà. Elle est fixée sur des coquilles : Pecten maximus, Ranella gigantea, etc. La coloration de la colonne est beaucoup moins vive que celle du type de Gosse; elle est jaunâtre ou d'un fauve pâle, avec douze rayons blancs. Les tentacules sont ornés de deux rangées long-itudinales de taches violettes ou brunes, interrompues à la partie moyenne et semblables à celles d'une variété du Calliaclis effœta, Linné. — 269 ^ Les spécimens de la Méditerranée ne différant nullement de ceux du sud-ouest de la France, je renvoie le lecteur aux des- criptions que j'ai données en 1875 et 1888. En dehors du littoral de la Gironde, le Chitonactis coronata n'a été recueilli que sur deux autres points de la France : au Croisic (Loire-Inférieure), par Chevreux et de Guerne, et à Banyuls (Pyrénées-Orientales), par moi. Le type a été découvert sur les côtes sud du Devonshire, et retrouvé au sud-ouest de l'Irlande. 6. Chitonactis Richardi (Marion). PI. VI, fig. 3-4. Chitonactis Richardi, Marion, Comptes-rendus deVAcad. des sciences, Paris, vol. XCIV, p. 460, 1882. — Andres, Le Aitinie, p. 130. — Fischer, Con- trib. à VActin. française, p. 433. — Chitonactis sp., Durègne, Comptes- rendus des séances de la Soc. Lin. de Bordeaux, vol. XL, p. v. — Bathyactis Richardi, Durègne, loc. cit., p. xxviii. — ■ Chitonactis Richardi, Durègne, loc. cit., p. liv, 1886. — Actinauge Richardi, Haddon, Trans. of the royal Dublin Society, vol. IV, sér, 2, p. 317, pi. XXXI, fig. 6; pi. XXXIII, fig. 9, 10; pi. XXXIV, fig. 5-9, 1889. Base concave, étroite, beaucoup moins larg-e que la colonne, fixée sur des corps étrangers de faibles dimensions, ou enfoncée dans la vase de fond. Colonne subcylindrique ou subg-lobuleuse, de couleur de chair uniforme, avec un revêtement {indusium) épais, adhérent à l'ectoderme, excepté à sa partie supérieure, oii il devient libre en formant un bord festonné ou denté, avec douze indentations. Au-dessous de l'indusie, la colonne est munie de douze rangées principales de tubercules disposés en séries verticales, et d'autres tubercules épars plus petits. Le scapus n'est pas séparé du capitule par une ligne cuticulaire, comme on le voit chez le C. coronata, Gosse. Au niveau des tubercules de la colonne, l'indusie est très adhérente, brunâtre, de consistance cornée, chitineuse, rappelant presque celle du polypier des Hydractinia. Dans l'intervalle des tubercules et au sommet de la colonne, l'adhérence de l'indusie est faible et sa continuité n'est pas complète. Le capitule paraît crénelé, par suite de la saillie de douze - 270 — grosses indentations; chacune de celles-ci est en réalité trifide, etjse, résout en trois plis saillants. Disque d'un gris très pâle, hyalin, rayé de blanc. Lèvres sillonnées, orangées; pharynx brun. Tentacules coniques, rétractiles, d'un blanc hyalin uniforme, répartis en quatre cycles et ayant pour formule : 12, 12, 24, 48 = 96. Je n'ai vu, à Arcachon, qu'un seul individu vivant, drag-ué en dehors du Bassin, par 50-60 brasses, et de taille médiocre. Le Chitonactis Richardi a été dragué pour la première fois dans le golfe de Gascogne durant la campagne scientifique du Travailleur, en 1880. Les spécimens que nous avons obtenus sont arrivés morts sur le pont, et ne se sont pas développés. Dans le cours des expéditions du Travailleur et du Talisman, en 1881, 1882, 1883, nous avons retrouvé de très grands exem- plaires, appartenant probablement à cette espèce, au nord de l'Espagne, sur les côtes du Portugal et le long de la côte ouest de l'Afrique jusqu'au Sénégal. Haddon l'indique récemment au sud-ouest de llrlande. C'est une Actinie abyssale, mais qui remonte aussi jusque dans les zones des Corallines et des Bra- chiopodes. Pour plus de détails, concernant cette espèce, je renvoie le lecteur aux observations de E. Durègne, accompagnant ce travail. 7. Bunodes Balli (Cocks). Actinia Ballii, Cocks, Rep. Corn. Soc, p. 94, 1849. — Bunodes Ballii, Gosse, Brit. sea-anem., p. 198, pi. IV, flg. 4. — Fischer, Rech. sur les Actinies, p. 229.— Fischer, Anthozoaires de la Gironde, p. 187. — Andres, Le Attinie, p. 210. Base étalée, plus large que la colonne, brunâtre, jaunâtre ou rose. Colonne brunâtre, jaunâtre ou rougeâtre vers sa partie infé- rieure, devenant verdâtre vers sa partie supérieure, ornée de quarante-huit séries de tubercules, dont vingt-quatre formées de tubercules assez gros, alternant avec vingt-quatre autres formées de tubercules plus petits, qui ne sont visibles que sur la moitié supérieure de la colonne, et dont le diamètre augmente - 271 — de bas en haut. Chaque tubercule est verdâtre, avec une tache roug-e centrale. Disque verdâtre on brunâtre^ rayonné de vert ou de brun, devenant d'un vert plus intense près de la base des tentacules. Un ou deux rayons g-onidiaux plus foncés que les autres, mais manquant parfois. Lèvres d'un g-ris pâle, sillonnées. Tubercules g"onidiaux saillants, d'un blanc légèrement violacé. Tentacules subcylindriques, un peu obtus au sommet, de couleur brune, grise, verte ou olive, avec de nombreuses petites taches arrondies ou oblong-ues, blanchâtres, plus confluentes à la face interne ou supérieure, mais se montrant aussi à la face externe ou inférieure. Le nombre des tentacules est généralement de quarante-huit, en trois ou quatre cycles : 12, 12, 24, ou 6, 6, 12, 24. Cette espèce est très commune à l'intérieur du Bassin d'Ar- cachon, où elle vit sur les Zostères et les coquilles. On la trouve souvent dans les parcs aux huîtres. J'en ai vu un exemplaire de très grande taille, dragué au large, en dehors du Bassin d'Arcachon, et dont le disque seul mesurait 38 millimètres de diamètre. Il présentait d'ailleurs quelques particularités intéressantes : le nombre des rangées des tubercules de la colonne était de soixante-douze (36, 36) au lieu de quarante-huit, et celui des tentacules était de quatre- vingts (10, 10, 20, 40) au lieu de quarante-huit. Gosse donne une formule tentaculaire différente pour les exemplaires d'Angleterre (6, 6, 12, 24, 24 = 72). Il a vu aussi de très grands spécimens, dont l'un d'eux mesurait 5 pouces anglais de diamètre en extension complète. J'incline à croire que les individus de l'intérieur du Bassin d'Arcachon n'y atteignent pas leur taille complète, tout en devenant aptes à la reproduction. 8. Bunodes Biscayensis (Fischer). Bunodes Biscayensis, Fischer, Rech. sur les Actinies, p. 229. — Fischer, Anlhozoaires de la Gironde, p. 187. — Fischer, Contr. à VActinologie française, p. 433. — Andres, Le Attinie, p. 215. Depuis l'époque où j'ai recueilli cette magnifique espèce dans le sable, au voisinage de blocs aliotiques, près du Moulleau - 272 — (Bassin d'Arcaclion), il n'a pas été possible d'en retrouver de nouveaux exemplaires. M. Durègfne cependant l'a cherchée avec soin, mais sans succès. Comme il serait nécessaire de l'étudiei: de nouveau et de la faire fig-urer, je reproduirai brièvement les caractères les plus importants qui la distinguent, afin de la signaler à l'attention des naturalistes. Base large, verdâtre, rayée de jaune. Colonne épaisse, coriace, ornée de vingt-quatre bandes blanches alternant avec vingt- quatre bandes grises, et chargée d'une quantité de tubercules blancs ou gris, pédoncules, presque sphériques, ovoïdes, bilobés ou multilobés, serrés les uns contre les autres, disposés en quatre-vingt-quatre séries longitudinales (deux séries sur chaque bande blanche ou grise). Le sommet de la colonne paraît déchiqueté et chargé de tubercules d'un blanc opaque. Disque rayonné de gris, noir et jaune, avec douze taches blanches placées à égale distance du disque et de la base des tentacules. Diamètre du disque : 35 millimètres. Tentacules coniques, assez longs, au nombre quatre-vingt- seize, en quatre cycles : .12, 12, 24, 48. Tentacules des deux premiers cycles les plus longs, de couleur bleuâtre, verdâtre ou olivâtre, avec une tache rouge de feu; ceux du troisième cycle portant une ou deux taches blanches; ceux du quatrième cycle courts, avec une raie longitudinale obscure. Aucune espèce des mers de l'Europe ne présente une pareille profusion de tubercules à la surface de la colonne; en outre, aucune ne montre des tubercules aussi irréguliers, saillants et pédoncules. 9. Adaxnsia palliata (Bohadsgh). Médusa palliata, Bohadsch, De quibusd. anim. mar., p. 135, pi. XI, ûg. 1, 1761. — Adamsia palliata, Gosse, Brit sea-anem., p. 125, pi. III, fig. 7-8. — Fischer, Rech. sur les Actinies, p. 225. — Fischer, Contrib. à l'Actin. française, p. 396 et 417. — Durègne, Comptes-rendus des séances de la Société Linnéenne de Bordeaux, 17 février 1886, t. XL, p. xviii. — Andres, Le Attinie, p. 156, pi. 111, fig. 3-4. Cette espèce, que je n'avais pas vue lors de mes premières explorations à Arcachon, est rapportée fréquemment par les — 273 — pêcheurs qui la prennent au chalut, au large, en dehors du Bassin d'Arcachon, par 50 à 60 brasses environ. Elle est fixée généralement sur des coquilles de Natica, habitées par des Eupagiirus. La coloration est variable : tantôt la colonne est blanche, avec des taches roses ou carminées; tantôt elle présente une teinte jaune-brunâtre près de la base, et des taches d'un rouge-groseille très vif à sa partie supérieure, dont le bord est d'un beau rose. Les tentacules sont blancs. Tous les individus que j'ai vus à Arcachon émettaient des aconl'a blancs, comme ceux de Eoscoff, tandis qu'à Banyuls, la couleur de ces organes était violacée. VAdamsia paUiata manque à l'intérieur du Bassin d'Arcachon. J'ai dragué cette espèce sur la côte de la Galice, dans la baie de Barqueiro. C'est, je crois, la seule station indiquée entre le littoral océanique français et la Méditerranée. 10. Calliactis effœta (Linné). Actinia effœta, Linné, Syst. nat., éd. XII, p. 1088, 1767. — Actinia para- sitica, Couch, Cornish Fauna, p. 38. — Sagartia parasitica, Gosse, Brit. sea-anem., p. 112, pi. II, fig. 6. — Calliactis effœta, Jourdan, Zoanthaires du golfe de Marseille, p. 37. — Sagartia effœta, Fischer, Recherches sur les Actinies, p. 222. — Fischer, Anthozoaires de la Gironde, p. 186. — Calliactis effœta, Fischer, Contrib. à l'Actinol. française, p. 396 et 418. — Adamsia Rondeleti, Andres, Le Attinie, p. 153, pi, III, fig. 4. Espèce très commune, en dehors du Bassin d'Arcachon, sur des coquilles de Mollusques {Cassidaria, Cassis, Ranella, Sipho, Pinna, etc.) et des carapaces de Crustacés {Maid). A l'intérieur du Bassin vit une variété remarquable par sa taille plus faible, sa colonne plus foncée et plus rugueuse, ses tentacules plus courts et son habitat particulier : on la trouve, en effet, dans la zone littorale, fixée à la carapace et aux membres du Cardrms menas, ou adhérente à des coquilles habitées par des Cliba- narhis misanthropus. Les individus provenant du large ont leur colonne ornée de bandes alternantes jaunes et brunes ou violacées; près de la Tome XLIII 18 — 274 - base, on remarque deux rangées transverses de tubercules cin- clidifères. Les acontia sont blancs. D'après la coloration des tentacules, on peut établir deux grandes divisions. Dans la première, on placera les individus à tentacules non rayés et dont la teinte varie considérablement : elle est blanche, hyaline, rose, brune pâle, avec les extrémités opaques, blanches ou orangées. Dans la deuxième division, on rangera les spécimens à tentacules ornés de deux bandes longi- tudinales brunâtres, interrompues par quelques taches semi- annulaires, d'un blanc opaque. Les tentacules de la variété de l'intérieur du Bassin (var. rustica) sont violacés, avec deux lignes obscures, interrompues par quatre à six points d'un blanc doré brillant. Par conséquent, cette variété rentre dans la deuxième division. Il est assez remarquable que la synonymie de cette espèce, si embrouillée par les auteurs anglais, ait été parfaitement établie par Cuvier, dès 1817 (Le Règne animal, t. IV, p. 52), qui l'appelle Actinia effœta et lui donne, pour références, les figures de Rondelet et de Baster. 11. Sagartia (Cylista) viduata (O.-F. Muller). Actinia viduata, 0. F. Muller, Zool. Ban. Pr-odr., p. 231, no 2799, 1776. — Sagarlia viduata. Gosse, Brit. sea-anem., p. 105, pi. III, fig. 3, et pi. VI, fig. 11. — Fischer, Rech. sur les Actinies, etc., p. 216. — Fischer, Antho- zoaires de la Gironde, etc., p. 186. — Fischer, Contrib. à VActinol. française, p. 420. — Cylista viduata, Andres, Le Attinie, p. 146, pi. V, fig. 2, 4, 5, a. Typus. — Les spécimens typiqres vivent en dehors du Bassin d'Arcachon, attachés à des coquilles bivalves {Pecten, Piîina) ou à des carapaces de Crustacés {Maia squînado). Les tentacules sont plus longs en apparence et plus flexueux que ceux de la variété troglodytes ; ils sont moins étalés; mais si, après quelques jours de repos dans un aquarium, ces Actinies sont placées dans le sable, leurs tentacules se disposent comme ceux du S. troglodytes^ qui est sabulicole dans le Bassin; il est alors presque impossible de les distinguer. La colonne est blanchâtre ou fauve, très aplatie quand on vient de la retirer de la mer; elle est ornée, vers la base, à la — 275 - périphérie, de vin^t-quatre bandes principales, dans l'intervalle desquelles on peut en compter trois autres plus étroites; total : quatre-ving-t-seize bandes, limitées chacune par une raie brune de chaque côté. A la partie supérieure, la colonne est marbrée de brun et de blanc. Les tubercules d'adhérence sont brunâtres, foncés, visibles seulement vers le sommet de la colonne. Disque strié concentriquement, tantôt d'un blanc uniforme, tantôt rayé de brun ou de vert-olive pâle. Lèvres grisâtres, sillonnées; pharynx d'un jaune-fauve. Tentacules hyalins, ornés d'une bande longitudinale d'un blanc opaque, ou de deux bandes longitudinales brunâtres ou verdâtres. La marque en forme de B manque à la base des ten- tacules, mais à sa place existe une tache obscure, brunâtre, mal limitée, simple ou divisée, et ayant alors une tendance à simuler une sorte de B. Les tentacules sont toujours moins opaques que ceux de la variété troglodytes; ceux du premier cycle sont redressés, flexueux. Les acontia sont très fins, d'un blanc légèrement rosé. Je les ai vus sortir de la bouche et y rentrer en dix minutes. p. Var. troglodytes. — Actinia troglodytes, Johnston, Brit. zooph., 2^ éd., p. 216, fig. 47, 1847. — Sagartia troglodytes, Gosse, toc. cit., p. 88; pi. I, fig. 3; pi. II, fig. 5; pi. III, fig. 1-2; pi. V, fig. 5. — Sagartia vidiiata, var. troglodytes, Fischer, Rech. sur les Actinies, etc., p. 217. — Fischer, Anthozoaires de la Gironde, p. 186. — Cy lista iindata, Andres, Le Attinie, p. 148. La variété troglodytes est commune sur les plages sablon- neuses du Bassin d'Arcachon, où elle vit assez profondément enfoncée. A la moindre alarme, l'animal disparaît dans son trou. Il est donc nécessaire de bêcher pour l'obtenir. La colonne est alors longue, cylindrique, à base convexe et adhérant au sable, dans la zone littorale. Lorsque l'animal n'est pas inquiété, il étale ses tentacules, et les maintient presque horizontalement à la surface du rivage. Le polymorphisme des troglodytes est extrême; la coloration varie presque à l'infini; voici cependant la caractéristique des variétés les plus abondantes, qui sont classées en cinq groupes, d'après l'absence ou la présence de taches et de bandes sur les tentacules. — 276 - 1" Tentacules sans raies longitudinales. a. Disque vert-noir, avec rayons g-onidiaux blancs. Lèvres grises. Tentacules d'un vert-pâle uniforme. b. Disque orné de taches en forme de B, d'un blanc opaque et bordées de noir en dehors; un B à la base des tentacules; ceux-ci d'un blanc uniforme à leur extrémité. 2° Tentacules sans raies longitudinales, mais avec des taches. c. Disque gris, rayonné de blanc, avec des marques formant des sortes de B d'un blanc opaque, bordé de noir. Tentacules portant à leur base un B blanc, bordé de noir. Rayons gonidiaux d'un jaune-orangé. Extrémités des tentacules avec deux ou trois taches blanches, lambdoïdes. d. Disque et base des tentacules sans taches en forme de B. Disque blanchâtre. Extrémités des tentacules avec deux ou trois taches blanches, opaques. 3° Tentacules avec une bande longitudinale. e. Disque rayonné de blanc. Tentacules formant, par la dis- tribution de leurs couleurs, une étoile avec cinq secteurs blancs alternant avec cinq secteurs brunâtres; les tentacules bruns avec une bande longitudinale de couleur de rouille; les tenta- cules blancs unicolores et opaques. Extrémité des tentacules annelée de brun et de blanc. Pas de taches en forme de B sur le disque et à la base des tentacules. f. Disque orné de taches en forme de B. Tentacules avec un B à la base, et une "bande brunâtre le long de la face supérieure ou interne. 4° Tentacules avec deux bandes longitudinales, visibles seulement vers le sommet. g. Disque rayonné de gris et de noir, avec des taches en forme de B. Tentacules gris, avec un B noirâtre à la base, et deux bandes brunes au sommet. h. Disque rayé de vert et de rose. Tentacules de couleur rose, avec un B noirâtre à la base, et deux bandes obscures au sommet. - 277 — 5° Tentacules avec deux bandes sur toute leur longueur. i. Disque orné de taches en B, Tentacules avec un B à la base, et deux bandes longitudinales obscures. /. Disque orné de taches en B, et deux secteurs opposés, noi- râtres, unicolores. Tentacules d'un jaune hyalin, avec deux bandes longitudinales brunâtres ou olivâtres, interrompues par des taches blanches opaques. Les tentacules correspondant aux secteurs noirâtres du disque ont une teinte noire uniforme. Quoique la plupart des auteurs distinguent spécifiquement les Sagartia viduata et troglodytes, j'ai déjà, en 1875, élevé des doutes au sujet de cette séparation. Aujourd'hui, et après avoir examiné de nouveau un grand nombre de spécimens, je ne puis voir dans ces deux formes que des races d'une même espèce : l'une (S. viduata) habitant à une profondeur plus grande, ayant pris l'habitude d'allonger librement sa colonne, ne se servant pas de ses ventouses puisqu'elle vit en eau profonde sur des coquilles et des carapaces de Crustacés, portant enfin ses tenta- cules dirigés dans tous les sens; l'autre {S. troglodytes) restant enfoncée dans le sable et le gravier, agglutinant des corps étrangers pour protéger sa colonne, étalant horizontalement ses tentacules sur les bords de son excavation, et prenant une colo- ration plus ou moins adaptive des fonds où on la recueille. Gosse {Brit. sea-anemones , p. 107), qui admet la distinction spécifique des deux formes, fait à ce sujet les remarques sui- vantes : « Sagartia viduata pourrait être confondue avec S troglodytes, quelques variétés de celle-ci s'en rapprochent beau- coup, surtout quand elle est fermée, mais un œil expérimenté s'y trompera rarement; la teinte de la colonne de iS". viduata est un brun chaud, généralement farineux ou tacheté; celle de S. troglodytes tend au marron, au brun enfumé ou olive, elle n'est pas tachetée. Les raies de S. troglodytes, lorsqu'elles exis- tent, sont bien marquées, généralement étroites, et s'étendent rarement au delà de la base. Les ventouses, si évidentes et si constamment employées chez le N. troglodytes, sont invisibles chez S. viduata, et rarement en fonction. En outre, le dessin particulier du disque de chaque espèce ne montre pas de passages, même lorsqu'il tend à s'effacer chez S. troglodytes. Les tentacules de S. troglodytes portent très rarement des — 278 - bandes longitudinales obscures, tandis que, chez S. viduata, ces bandes sont constantes et bien visibles. La forme plus grêle des tentacules et leur tendance à prendre des courbures irrég-uliè- res, chez S. viduata, est ég-alement un bon caractère distinctif », L'énumération des variétés du S. troglodytes d'Arcachon montre toutes les différences possibles, au point de vue des taches et des raies données comme caractéristiques par Gosse , puisque certains individus ont leurs tentacules marqués à la base d'un B, leur disque muni également d'un B, comme les S. troglodytes typiques d'Angleterre, en même temps que leurs tentacules sont tantôt privés de bandes, tantôt ornés soit d'une bande, soit de deux bandes incomplètes ou complètes, comme celles des S. viduata typiques d'Angleterre. D'autre part, les S. viduata pris au large, en dehors du Bassin d'Arcachon, ont leurs tentacules généralement ornés d'une ou deux bandes longitudinales et munis, à leur base, d'une tache obscure, ne dessinant pas nettement un B, mais indiquant une tendance à la constitution de ce caractère. En somme, la marque en forme de B n'a nullement l'impor- tance distinctive qui lui a été attribuée par Gosse. L'étude du Cereus pediinculatus m'a démontré que , dans la Méditerranée, un grand nombre d'individus en étaient pourvus, aussi bien que sur le littoral français de la Manche, quoique Gosse n'ait jamais signalé cette particularité sur les spécimens des côtes d'Angle- terre. D'autre part, les raies longitudinales des tentacules sont présentes ou absentes chez le Calliactis effœta et n'ont jamais eu la valeur d'un caractère spécifique pour séparer les variétés de cette espèce. Dès lors, je ne vois pas pourquoi on chercherait à distinguer les S. viduata et troglodytes d'après des caractères aussi variables et aussi fugaces. Au surplus, Luetken, en 1860 (Naturhist. Foren. Vidensk. Meddelelser), avait déjà remarqué que le S. viduata ne comprenait pas moins de quinze autres pré- tendues espèces, parmi lesquelles il cite les Actinia undata, Mûller, candida,Wô\\<à'i, troglodytes, Gosse, anguicoma, Price, etc. Je ne serai fixé définitivement sur cette question qu'après avoir étudié le S. troglodytes, soit en Angleterre, soit à Bou- logne-sur-Mer, où l'espèce est typique, et d'où Gosse en avait reçu un grand nombre de variétés, par l'intermédiaire de son compatriote M. F. H. West. — 279 — 12. Sagartia miniata (Gosse). Actinia miniata, Gosse, Ann. and mag, of nat. hist., série 2, vol. XII, p. 127, 1853. — Sagartia miniata, Gosse, Brit. sea-anem., p. 41, pi. II, fig. 2-4, — Fischer, Reck. sur les Actinies, p. 212. — Fischer, Contrib. à VActinol. française, p. 421. — Heliactis miniata, Andres, Le Attinie, p. 142. Base très large, à contour irrégulièrement ovale. Colonne aplatie, de couleur orangée, et rayonnée de blanc à sa partie inférieure; d'un rouge-brunâtre foncé à sa partie supérieure, où elle est ornée de nombreuses taches blanches, tirant un peu sur le bleuâtre, et qui ne sont autre chose que les ventouses. Cin- clides brunâtres, visibles sur les bandes blanches de la colonne, près de la base. Acontia très nombreux, émis principalement par la colonne, et au voisinage de la base. Disque strié concentriquement, rayonné de blanc et de brun, avec des taches brunes en forme de B, bordées de blanc vers la base des tentacules. Les rayons correspondant aux tentacules du premier cycle sont jaunâtres. Rayons gonidiaux blancs. Lèvres d^un jaune pâle, sillonnées, munies de chaque côté de vingt-quatre petites saillies comprises entre les sillons. Pharynx rose, avec des lignes orangées. Tentacules nombreux, longs, assez grêles, ayant pour formule 12, 12, 24, 48, etc. ; ceux des premiers cycles hyalins, portant deux bandes longitudinales brunâtres et étroites, deux taches blanches opaques près de la base, et une ou deux taches blanches, en forme de V, à sinus ouvert en dehors, et placées près de l'extrémité. Tentacules des cycles externes courts, en partie orangés, opaques, à extrémité hyaline. Un individu différait par les caractères suivants : colonne orangée; disque jaune à rayons tachetés de blanc, de brun et de noir, à l'exception des rayons gonidiaux qui étaient blancs. Tentacules des premiers cycles d'un jaune-verdâtre, avec une tache noirâtre vers la base, et deux bandes longitudinales brunâtres^ interrompues par trois anneaux d'un blanc opaque. Tentacules des cycles externes d'un rouge -orangé, avec une tache d'un gris brunâtre vers la base; leur extrémité est d'un Manc hyalin. — 280 — Cette belle espèce vit au large, en dehors du Bassin d'Arca chon, de 50 à 80 mètres de fond, attachée à des coquilles de Pinna ou à des Hydrozoaires. Elle est remarquable par la coloration particulière de sa colonne, qui est plus foncée à sa partie supé- rieure, avec de larg-es ventouses blanchâtres; et par le contraste de ses tentacules externes roses avec ses tentacules internes d'un jaune-verdâtre pâle. Nous avons vu des spécimens dont la taille était de beaucoup supérieure à celle du Sagartia viduata, Millier, espèce avec laquelle on pourrait la confondre au premier abord et lorsque les tentacules ne sont pas développés. Nos exemplaires d'Arcachon se rapprochent de ceux d'Ang-le- terre par leurs tentacules du premier cycle pourvus de deux bandes longitudinales, caractère qui manque sur les spécimens que j'ai observés dans la Méditerranée. D'autre part, ils diffèrent de ceux d'Angleterre par la disposition de la tache blanche de la base des tentacules, qui est divisée et en forme de B, au lieu d'être simple. Le S. miniata paraît être une espèce peu répandue en dehors des côtes de la Grande-Bretagne; elle n'a été signalée qu'à Boulogne-sur-Mer (West), à Marseille (Jourdan) et à Banyuls (Fischer). 13. Sagartia Fischeri (Andres). Açtinia rosea, Gosse, Devonshire Coast, p. 90, pi. I, fig. 5-6, 1853? (non Actinia rosea, Risse, Hist. nat. de VEur. mér., vol. V, p. 287, pi. V, fig. 3-4, 1826). — Sagartia rosea, Gosse, Bril. sea-anem., p. 48, pi. I, fig. 4-6? — Sagartia, pellucida, Fischer, Rech. sur les Actinies, p. 214 (an Actinia pellucida , Hollard, Etud. sur Vorganis. des Actinies, p. 6, 1848?). — Adamsia Fischeri, Andres, Le Attinie, p. 172, 1883. Je n'ai pas retrouvé à Arcachon, en 1888_, cette petite Actinie que j'y avais étudiée en 1872, d'après des spécimens dragués par 5-10 brasses dans les chenaux du Bassin, et qui étaient fixés sur des pierres ou des coquilles. Je ne puis que reproduire la description suivante : La base est plus large que la colonne. Celle-ci, de consistance assez ferme, a une coloration tantôt blanchâtre, transparente. — 281 — tantôt jaunâtre ou fauve, avec des rayons rosés ou fauves et des points blancs ou rosés épars. Près de la base, les cinclides sont roses. Disque transparent, à rayons plus ou moins visibles et de couleur blanche. Rayons g-onidiaux bien marqués. Lèvres sail- lantes, de couleur jaune de bois. Tentacules transparents à la base, où ils sont entourés d'une zone brune étroite, colorés près de leur pointe en rose ou carmin uniforme. La formule tentaculaire est : 12, 12, 24, 48. Sur des individus jeunes et n'ayant que deux cycles, on ne voit que huit tentacules au premier cycle. Il est très difficile d'établir avec certitude la synonymie de cette espèce. Elle m'a paru se rapporter au S. rosea. Gosse, principalement d'après la coloration de ses tentacules, qui étaient d'un rose uniforme constant. Andres a cru devoir la séparer du S. rosea, et l'a classée, dans le g-enre Adamsia, en supposant que les cinclides ne se montraient qu'à la partie inférieure de la colonne. J'ai seulement dit, dans la description, que les cinclides ont une couleur rose près de la base. D'autre part, j'avais cru devoir identifier cette Actinie avec 1'^. pellucida, Hollard, mais on verra plus loin les raisons qui militent pour ou contre cette opinion. Il est très probable que le S. Fischeri est une espèce synonyme ou très voisine du S. rosen, Gosse, Actinie polymorphe, à laquelle ont été rattachées les formes suivantes : A. pulchcrinma, Jor- dan; A. vinosa, Holdsworth; et qui devra probablement com- prendre aussi les S. nivea, Gosse, et venusta, Gosse. J'ai observé, en 1872 et 1874, la reproduction du S. Fischeri, par des frag-ments détachés du pied (1). Ce mode particulier de fissiparité, que j'appellerai bouturage (2), a été constaté chez un (1) Recherches sur les Actinies, etc., p. 215, (2) Le terme dûment approprié à ce mode de reproduction fait défaut. Le mot fissiparité et son synonyme scissiparité ne sont pas satisfaisants, parce qu'ils sont réservés à la division d'un individu en deux parties, qui deviendront de nouveaux individus. On pourrait l'appeler reproduction par autotomie, ou, avec Andres, reproduction par lacération du limbe, mais ces désignations sont trop longues. Pour ces raisons, je préfère le mot bouturage, emprunté au vocabulaire de la culture. - 282 — grand nombre d'Actinies, et principalement chez VActinia lacer ata, Dalyell (1), qui paraît appartenir au genre Sagartia et qui a été considéré par Gosse comme synonyme possible du 5". vidiiata, Muller. Andres (2) a étudié le bouturag-e sur une Actinie de la Méditerranée, qu'il a nommée Aiptasia lacerata, en l'identifiant avec le type de Dalyell, d'une part, et avec VÀctinia hyalina, Délie Chiaje, d'autre part. Cette assimilation de l'espèce de Dalyell avec un Aiptasia est peu vraisemblable; et, dans tous les cas, il est bien extraordinaire que les natura" listes ang-lais n'aient pas retrouvé sur le littoral de la Grande- Bretagne cette deuxième espèce du genre Aiptasia, représenté jusqu'à présent par l'unique A. Coiichi, Cocks. Il résulte de cette discussion, que le mode de reproduction par bouturage, très répandu chez les Actinies, a pu influencer les auteurs et les conduire à rapprocher sous un même nom des formes très différentes, telles que les Sagartia lacerata et Aip- tasia hyalina. 14. Sagartia (Actinothoe) ignea (Fischer). Sagartia ignea, Fischer, Recherches sur les Actinies des côtes océaniques de France, p. 219, 1875. — Fischer, Anthozoaires de la Gironde, p. 186. — Fischer, Contrib. à l'Actinol. française, p. 434. — Andres, LeAttinie, p. 170. Colonne courte, molle, lisse, en partie invaginable, d'un vert pâle, ornée le plus souvent de quarante-huit bandes lon- gitudinales blanchâtres, assez opaques, et de douze bandes rougeâtres. Leur disposition respective est telle que quatre bandes blanches sont intercalées entre deux bandes rouges comme il suit : 1, 4, 1, 4, 1, 4, 1, etc. Mais sur quelques exem- plaires, le nombre des bandes rouges varie de neuf à quatorze; sur d'autres, les bandes rouges ne sont visibles que vers la partie supérieure de la colonne; parfois enfin, l'alternance des bandes blanches et rouges n'est pas normale, et l'on voit sur un individu des espaces où, entre les bandes rouges il n'existe que (1) Rare and rem. anim. of Scotland, p. 228, pi. XLIII, fig. 12-17. (2) Mittheil. a. d. Zool. Station zu Neapel, Bd. 111, p. 128, pi. VIII, 1880. — 283 - deux bandes blanches, et où la formule est 1, 2, 1, 2, 1, au lieu de 1, 4, 1, 4, 1, etc. Les bandes blanches, k la partie supérieure de la colonne, deviennent confluentes deux par deux. Les bandes rouges ne se prolongent pas jusqu'au disque. La partie supérieure de la colonne est translucide et invagi- nable; au niveau de la portion invaginable, on remarque un bourrelet plus ou moins prononcé. La surface de la colonne reste toujours lisse, brillante; elle n'agglutine pas les corps étrangers et ne présente nulle trace de ventouses. Les cinclides, bien visibles, sont placés soit sur les bandes rouges, soit sur les bandes blanches. Les acontia sont grêles et blancs. Disque strié concentriquement, orné de rayons argentés ou dorés, avec des taches rouges ou de couleur groseille. Parfois le disque est mi-parti de rouge et de blanc argenté; sa coloration est d'ailleurs très variable et très irrégulière; ainsi, sur quelques exemplaires, on remarque, à la base des tentacules, une tache brune ou un B blanc; sur d'autres, le disque est divisé en quatre secteurs : deux secteurs opposés, munis seulement de rayons d'un jaune doré atteignant la base des tentacules, et les deux autres secteurs ne portant que des rayons d'un vert foncé. Bouche petite; lèvres d'un blanc verdâtre et fortement sillon- nées; pharynx d'un jaune très pâle. Tentacules complètement rétractiles, disposés sur quatre cycles et ayant pour formule : 12, 12, 24, 48 = 96. Ils sont coniques, allongés, de coloration variable : tantôt d'un gris de lin uni- forme, sans taches ni marques; tantôt ornés d'une bande longi- tudinale obscure; tantôt verdâtres et munis de taches blanches ou jaunes, opaques. Je n'ai pas vu de tentacule gonidial bien différencié; mais, une fois, un tentacule non gonidial du premier cycle était complètement opaque et présentait seul cette ano- malie dans la coloration. Cette espèce vit à la partie supérieure de la zone littorale, parmi les Balonus du débarcadère du Bassin d'Arcachon, où elle est très commune. Quand la mer est basse, son bouton est hémisphérique, remarquablement brillant et lisse; on pourrait alors le confondre avec celui des jeunes individus de la variété verte de VActinia equina, Linné. J'ai conservé longtemps le S. ignea dans des cuvettes, mais — 284 — cette Actinie cherche sans cesse à sortir de l'eau, et peut, dans ces conditions, se dessécher complètement. Les spécimens que j'ai vus en 1888 étaient en général plus grands que ceux que j'ai décrits en 1875 et dont le diamètre ne dépassait pas 12 millimètres. Il en résulte, que le total des bandes longitudinales de la colonne est, en moyenne, de soixante au lieu de trente-quatre. Les variétés sont nombreuses, car il est rare de trouver deux individus identiques. Ainsi, les bandes rouges de la colonne peuvent êire remplacées par des bandes bleues ou d'un vert foncé; la disposition et la couleur des taches du disque et dos tentacules varie à l'infini et présente la même instabilité que chez la forme troglodytes du Sagartia viduata, ou que chez le Cere'us pedunculatus . Cette espèce vit également à Guéthary, d'après A. Lafont. Elle paraît commune sur le littoral de la Loire-Inférieure, au Croisic, à Pornic et à la Bernerie (Chevreux, de Guerne). Andres la cite, en se demandant si elle n'appartient peut-être pas au genre Aiptasia; pour le S. erythrochila, il a exprimé la même opinion, sous prétexte que les descriptions originales de ces deux espèces ne faisaient pas mention de la rétractilité des tentacules. Il est évident qu'en décrivant ces Actinies sous la rubrique Sagartia, j'indiquai, par cela même, que leurs ten- tacules étaient rétractiles, et que, par conséquent, elles ne pou- vaient être classées parmi les Aiptasia, dont les tentacules sont incomplètement rétractiles. Le Sagartia ignea est donc indubitablement un Sagartia, qu'il faut placer, d'après sa colonne lisse, molle et sans ventouses, dans le sous-genre Actinothoe , avec le S. sphyrodeta, Gosse. 15. Sagartia (Actinothoe) sphyrodeta (Gosse). Actinia sphyrodeta, Gosse, Annals and mag. of nat. hist., 3^ série, vol. I, p. 415, 1858. — Sagarlia sphyrodeta, Gosse, Brit. sea-anem., p. 73, pi. I, iig. 8-9. — Fischer, Rech. sur les Actinies, p. 213. — Fischer, Anthoz. de la Gironde, p. 185. — Fischer, Contrib. à VActinol. française, p. 398. — Andres, Le Altinie, p. 165. Espèce commune dans le chenal d'Eyrac, à l'intérieur du — 285 - Bassin d'Arcachon, sur les pierres et les coquilles draguées par 5-10 brasses de profondeur. Je n'ai jamais vu dans cette localité que la variété xanthopis, Gosse, à disque jaune orang-é. 16. Sagartia (Solenactinia) erythrochila (Fischer). Actinia pellucida, RollâTà, Etudes sur V organisation des Actinies^ p. 6, 1848? — Sagartia erythrochila, Fischer, Recherches sur les Actinies, p. 220, 1875. ■— Fischer, Anthozoaires de la Gironde, p. 186. — Fischer, Contrib. à VActinol. française, p. 434. — Aiptasia erythrochila, Andres, Le Attinie, p. 170. Base plus large que la colonne, adhérente, rose ou rougeâtre. Colonne très allongée, subcylindrique, relativement étroite, rarement régulière, étranglée çk et là, presque toujours arquée, d'un blanc rosé ou orangée, lisse, brillante, sans tubercules ni ventouses, ornée d'environ quarante-huit lignes blanchâtres, géminées, étroites. Sa consistance est molle. Les individus jeunes, plus pâles que les adultes, sont blanchâtres, hyalins. La surface de la colonne est percée de cinclides épars, disposés sans ordre, mais disparaissant vers le tiers ou le quart supérieur. Au niveau des cinclides, les tissus sont soulevés et forment de petites éminences plus ou moins saillantes. La partie supérieure de la colonne , non cinclidifère , est complètement invaginable, et peut être appelée le capitule. Celui-ci est souvent invaginé, tandis que le reste de la colonne conserve son extension normale. Il en résulte que la colonne présente alors une apparence singulière : l'extrémité supérieure de la partie non invaginée, est conique, terminée par un orifice étroit, correspondant au point même où l'invagination s'est produite; la partie dilatée du cône correspond, d'autre part, à la place occupée intérieurement par le disque et les tentacules. On ne pourrait pas soupçonner, à priori^ que l'extrémité de ce cône, percée d'un orifice presque invisible, puisse se dilater suffisam- ment pour laisser passer le disque et les tentacules. Disque étroit, d'un blanc hyalin ou d'un brun pâle, avec des rayons dirigés vers la base des tentacules du premier cycle. — 286 — Parfois un ou deux rayons gonidiaux évidents. Bouche très petite, oblongue; lèvres bordées de cliaque côté par six tuber- cules saillants, d'un rouge vif. Tentacules en très grand nombre, ayant pour formule probable 12, 12, 24, 48, etc., assez longs, g-rêles, plus pâles que la colonne, d'un rose orang-é pâle, sans aucune marque ou tache, mais d'une teinte légèrement brunâtre vers la base. Ils sont complètement rétractiles et d'une taille très inégale, ceux des cycles externes restant toujours très courts; ils se tiennent droits, redressés : ceux des premiers cycles presque verticaux, ceux des derniers cycles obliques; jamais ils ne deviennent horizontaux, jamais par conséquent cette actinie n'est complètement épanouie, cir- constance qui empêche de pouvoir compter facilement ses ten- tacules. Les plus jeunes individus sont presque filiformes; mais en cet état ils possèdent déjà quatre cycles tentaculaires. Les individus les plus grands peuvent donner à leur colonne une longueur de 7 ou 8 centimètres, avec un diamètre très faible. En général, la colonne est légèrement courbée, et le disque est tourné du côté opposé au jour. La surface de la colonne est toujours brillante, et n'agglutine jamais de corps étrangers. Les aconiia, émis par la bouche ou par les cinclides, sont blancs ou légèrement teintés de rose; ils paraissent courts et peu enroulés. Cette espèce vit dans la zone littorale, en compagnie du Sa- gartia ignea, sur les Balaniis et les Mytilus adhérant aux piles du débarcadère d'Arcachon, vis-à-vis de l'aquarium de la Société scientifique. Je l'ai vue également fixée aux huîtres dans les parcs du Bassin. Sa synonymie présente quelques difficultés. Et d'abord, doit- elle être identifiée avec YActinia pelliicida, HoUard? Cette ques- tion est très importante, puisque, dans la localité même où Hollard a indiqué son espèce, le Sagartia erythrochila paraît abonder. La description originale de VActinia pellucida est vague et incomplète : « Corps cylindrique, long et étroit dans son état de protraction, plus ou moins transparent, pourvu de pores très fins, variant du blanc au fauve. Tentacules de longueur mé- diocre, coniques, disposés en quatre cycles dont l'externe est — 287 — tout à fait marg-inal, variant du fauve au rose vif ». Pas de fig-ures à l'appui de la diag-nose. HoUard ne parle pas de la coloration roug-e caractéristique de la base et des lèvres; il donne aux tentacules une couleur d'un rose vif; enfin, il annonce que son espèce vit sur les rochers découverts seulement à l'époque des grandes marées, à Pornic (Loire-Inférieure). Mais, d'autre part, il signale la colonne de son espèce comme cylindrique, long-ue et étroite, caractère qui convient parfaitement au Sagartia erythrochila , ainsi que la faible dimension de la colonne (deux centimètres au plus, dans l'état d'extension le plus complet). Il disting-ue deux variétés d'après la coloration : « La variété fauve est la plus commune et celle qui offre les dimensions les moins exig"uës; la variété blanche à tentacules roses se mêle à la précédente; n'en est-elle qu'une variété? ». Enfin, il a remarqué que son Actinia pellucida pouvait se reproduire par une sorte de scissiparité : « Dicquemare avait vu de petits frag-ments de la marge du pied se détacher peu à peu et produire de nouveaux individus. J'ai vu le même fait su,r l'exemplaire de V Actinia pellucida qae je conserve encore main- tenant. Au mois de septembre dernier, ce petit polype, attaché aux parois d'un verre, se fit remarquer par l'extension considé- rable qu'il donnait à sa base; celle-ci jetait sur ses bords de nombreux prolongements qui augmentaient d'un jour à l'autre, et bientôt des étranglements de plus en plus profonds ont détaché des portions saillantes de petits fragments d'abord irré- guliers, puis discoïdes, qui ont offert, peu de jours après, d'une manière très distincte, les formes et les caractères des jeunes Actinies. Leur accroissement jusqu'à ce jour a été très lent ». Ce mode de multiplication existe très nettement chez le Sagartia Fischeri, Andres {S. rosea, Gosse), comme je l'ai indiqué ci-dessus. Je ne l'ai pas observé chez le S. erythrochila. En 1875, j'avais considéré le Sagartia pellucida, HoUard, comme identique avec le S. rosea, Gosse. Aujourd'hui, je serais moins affirmatif, d'après la connaissance de la faune actinolo- gique de Pornic. Voici, à ce sujet, les renseignements que m'a envoyés M. L. Bureau, directeur du Musée d'histoire naturelle de Nantes : « La seule espèce de Pornic à laquelle Y Actinia pellucida de — 288 — Hollard puisse se rapporter, est une petite Actinie que nous avons assimilée à votre Sagartia erythrochila. La description de Hol- lard ne contient rien qui- soit en opposition avec ce rappro- chement; le seul reproche qu'on puisse lui adresser est d'être incomplète. Il ne serait, du reste, pas admissible que le .S", ery- throchila, si commun à Pornic, eût échappé à l'attention de Hollard, et on ne s'expliquerait pas comment il n'en a pas parlé. » UActinia pellucida n'est assurément point le Sagartia rosea. Gosse, qui n'existe pas sur la côte de Pornic, et que je connais bien d'après un spécimen que j'ai recueilli durant une grande marée, fixé sur des pierres de délestage, à la chaussée de Pen- Bron (Croisic). J'ai vu récemment au Croisic, chez M. Chevreux, un jeune individu du S. rosea, et c'est le premier individu qui ait été rencontré par ce naturaliste. Nos observations sur VAc- tinia rosea de la Loire-Inférieure, se réduisent donc à l'examen de deux spécimens seulement ». Si ces diverses raisons paraissaient suffisantes, on devrait donc abandonner le nom de Sagartia erythrochila et reprendre le Yocdible pellucida proposé par Hollard, en 1848. Dans ce cas, deux autres espèces d'Actinies portant le nom de pellucida et qui n'ont rien de commun avec l'espèce de Hollard : les A. pellucida, Cocks, 1852, et A. pellucida, Aider, 1858, devraient être pourvues de noms nouveaux. Mais, le doute persiste encore pour moi : je ne m'explique pas que Hollard ait passé sous silence, dans sa description, les carac- tères les plus remarquables du S. erythrochila; et je me demande, en outre, s'il n'a pas confondu, sous le titre commun d'Actinia pellucida, deux espèces distinctes, qu'il désigne sous les noms de variété fauve et de variété blanche. Dans cette hypothèse, la première variété se rapporterait au 6*. Fischeri et la deuxième au S. erythrochila. Du moment qu'il y a doute, il est préférable de laisser provi- soirement de côté le nom spécifique jD\ duriuscula Sacc, Mich. II, p. 40. — Sur les branches pourries du Populus Tremula. — Pessines. Pholiota oiiibropliila Fr. — Dans les bois. — Saintes. Ph. togularis Bull. — Dans les prés, les jardins. — Saintes. Pli. dura Boit. — Dans les jardins, les serres, les champs, au pied des ormeaux. — T. C. Pli. praecox Pers. — Dans les prés, les champs, les jardins, les gazons, au bord des chemins. — A. C. Form. ^racilis P. Brun., Ag. Chrom., p. 6. — Dans les prés. — Saintes. Ph. splialeromorpha Bull. — Dans les prés, les bois, les jar- dins, les serres, les endroits humides. — Le Pin, Saintes. Ph. radieosa Bull. — Au pied des vieux arbres. — A. C. Ph. ^g-erita Port.: Quel., FI. myc, p. 164; Brig-. — Au pied des vieux arbres, des saules, des peupliers, des noyers, des ormeaux, des sureaux. — T. C. Form. attenuata P. Brun., Noiiv. frag. myc, 2^ série, p. 3. — Au pied des vieux arbres, des peupliers. — A. C. Form. reticulata P. Brun., Champ., obs. II, p. 1. — Sur une vieille souche d'ormeau. — Vénérand. Form. arenosa P. Brun., Nouv. frag. myc, 2® sér., p. 3. — — Au pied des chênes verts, dans le sable. — Fouras. Ph. destruens Brond. — Sur les vieux troncs et les bois ouvrés des peupliers. — A. C. Ph. squarrosa Mûll. — Au pied des vieux arbres. — Saintes, le Pin, la Rochelle (Bernard, loc cit., p. 196). — 355 — Ph. spectabilis Fr. -- Au pied des vieux arbres, sur les vieilles souches. — T. C. Ph. adiposa Fr. — Sur les vieux troncs d'arbres. — Loulay, Saint-Christophe (Bernard, loc. cit., p. 197) (1). Pli, inar^iiiata Batsch. — Sur des souches de pins. — Ile d'Oléron, Saumonards (Bernard, loc. cit., p. 197). Pli. mustelina Fr. — Dans les bois de pins, sur les débris pourris des branches de pins enfouies dans le sable. — Ang-oulins. Ph. unieolor Vahl. — Sur les troncs, les branches tombées. — Saintes. Inocybe dulcamara Alb. et Schw. — Dans les bois de pins, les lieux sablonneux et marécageux, — La Tremblade, Fouras, Eochefort, Saint-Porchaire, île d'Oléron, Ang-oulins, les Mathes, etc. Form. g^racilis P. Brun. — Espèce petite. — Dans les allées sablonneuses, au bord des bois. — Fouras. I. pluinosa (Boit,) Fr. — Dans les bois du littoral, sous les pins. — Fouras. I. cincinnata Fr. -— Dans les bois. — A. C, par endroits. — La Rochelle, Saint-Georges-des-Coteaux, Saintes, Pessines. Form. gracilis P. Brun. — Dans les bois. — Saintes. Var. laxa Quel. — Dans les bois. — La Rochelle. I. pii'iodora Pers. — Au bord des chemins, dans les friches. — Saintes, Saint-Christophe, Saint-Georges-des-Coteaux, Saint- Agnant. I. Tîolascens Quel. — Dans les bois, les lieux herbeux. — Saintes. I. corydalina Quel. — Au bord des chemins, dans les bois. — Saintes, le Breuil-Magné, Pessines. (1) Sur de vieux troncs abattus, j'ai trouvé, à Saintes, des échantillons en mau- vais état que je rapporte, avec doute, aux Ph. aurivella Batsch, Ph. lucifera Lasch, Ph. muricata Fr,, Ph. mutabilis ScheetF, Ces quatre espèces sont à retrouver. — 356 — I. lacera Fr. — Dans les bois, à terre, sous les pins. — Ile d'Oléron. I. Bongai'dii Weinm. — Dans les bois, sous les conifères, au bord des chemins. — Taillebourg-, la Rochelle, Saint-Chris- tophe, Pessines. I. obscura Pers (1). — Dans les bois, sous les conifères, dans les endroits humides. — Saintes, Saint-Georg-es-des-Coteaux. I. capucina Fr.; /. scabra Mûll. — Dans les bois. — Saintes, Fouras. I. echinata Roth. ; Sacc. ; Lepiola echinata Quel. ; Psalliota echi- nata Fr. ; Guillaud, Forquig-non et Merlet, Cat. Champ. Sud-Ouest in Ami. Se. nat. de Bordeaux et du Sud-Ouest, V^ série, 1884, n° 2, p. 45. — Dans les jardins, les serres, sur les débris vég-étaux. — Loulay (Rambaud). I. rimosa Bull. — Dans les bois, les friches, au bord des che- mins. — A. C. form. mînor P. Brun., Champ., obs. II, p. 1. — Dans les fri- ches. — Saintes. Form. ammopliila P. Brun., Champ., obs. II. p. 1. — Dans le sable des dunes. — Saint-Palais-sur-mer. I. maculata Boud. — Dans les bois inondés l'hiver ou dans les bois sablonneux. — Fouras, oh il est T. C. Form. maxima P. Brun. — Diam. du chapeau 10 cent. — Dans les bois. — Fouras. Form. lutescens P. Brun. — Chapeau ocracé-brunâtre. — Dans les bois. — Fouras. I. eutbeles Berk. et Br. — Sous les conifères, au bord des che- mins, dans les bois de chênes, les champs. — Saintes, Pes- sines, Fontcouverte, les Gonds. Form. minor P. Brun., Soc. bot. Fr., 1886, p. 507. — Dans les bois. — Saintes, Pessines. I. destrîcta Fr. — Sous les pins, dans les bois de chênes. — Saintes, Pessines, Fontcouverte, Saint-Christophe. (1) Très voisin de 1'/. cincinnata Fr. — 357 — I. descissa Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — T. C. I. fastij^iata Schseff. — Dans les bois, les champs. — T. C. l'orm. ininor P. Brun., Soc. bot. Fr., 1886, p. 507. — Dans les friches. — Saintes, Pessinea. I. asteropora Quel. — A terre, dans les bois. — Saintes, Pes- sines, Fouras, Form. curta P. Brun. — Pied long-. 2-3 cent. — Sous les pins. — Fouras. I. ^raniiiiata Quel, et le Bret. — Sous les pins, dans les dunes, les bois sablonneux du littoral. — Angoulins, Châtelaillon, Fouras. I. praetervisa Quel. — Dans les] bois, les lieux herbeux, sous les pins. — Fouras. Form. gracilis P. Brun., Soc. bot. Fr.^ 1887, p. 427. — Dans les bois sablonneux. — Fouras. I. caesariata Fr. — Dans les bois. — A. C. par localités. Foinn. minor P. Brun., Soc. bot. Fr., 1886, p. 507. — Dans les bois. — Pessines. I. lucifnga Fr. — Sous les pins, dans les bois de chênes, les friches, les prés, les jardins, au bord des chemins. — T. C. I. toinentella Fr.; Ag. tomentosus Jungh. — Dans les bois. — Fouras (1). I. ^eopliylla Sow. — A terre, dans les bois, au bord des che- mins. — A.. C. Var. lilacina. Agaricus affinis Pers. — Dans les bois. — Tail- le bourg-, Saint-Christophe. Var. fuscescens. — Dans les bois. — Taillebourg-, Croix- Chapeau. I. umbratica Quel. — Dans les bois. — Fouras. I. scabella Fr. ; /. perbrevis Weinm. — Dans les bois, les lieux herbeux. - Prég-uillac, Saintes, Fouras. (1) Cette t^.spèce se rapproche beaucoup de 1'/. eutheles Berk. et Br. — 358 — MebeSomna sinuosum Fr. — Dans les bois. — Saintes. H. fastlBilEe Fr, — Dans les bois, les friches, au bord des haies. — A. C. H. testaeeum Batsch. — Dans les bois, les friches, les endroits humides, les lieux sablonneux, — Rochefort. H. versîpelle Fr. — Au bord des bois, dans les lieux grami- neux, le long- des chemins, dans les champs, les bois. — Saintes, la Rochelle, île d'Oléron. Foi^m. subzonata P. Brun., Mat., p. 8. — Dans les friches, les bois. — Saintes, Fouras. H. mesopliaBum Fr. — Sous les conifères, dans les bois de pins, les pépinières, les endroits cultivés, au pied des arbres des promenades. — A. C. H. sinapizans Fr. — Dans les bois, les prés, les endroits hu- mides. — A. C. H. crustuliniforme Bull. — Dans les bois, les prés. — T. C. Form. minor P. Brun., Noiiv. frag. myc, T, p. 3. — Dans les friches. — Pessines. H. elatuan Batsch. — Parmi les feuilles, sous les pins, dans les bois de chênes. — A. C. H. lon^icaudum Pers. — Dans les bois. — A. C. H, niBdipes Fr. — Dans les bois. — Saintes. H. €liSïra«?t«m]Fr. — Dansjles bois de pins parmi les aig"uilles tombées. — Châtelaillon (Bernard, ioc. cit., p. 205). H. saccliariolens Quel. — Dans les bois. ~ Saintes. H. circinans Quel., FI. myc, p. 94, non Pers. — Dans les bois. — Fouras. H. p«ïti^mosuni Fr. ; hiocybe petiginosn Quel. — A terre, dansjles bois. — Préguillac. For?7i. ^racillima P. Brun., Champ., obs. III, p. 1. — Dans les bois. — Prég-uillac. Fiammula niuricella Fr. — Sur les souches de frênes, dans les bois inondés l'hiver. — Fouras. F. ^umniosa Lasch. — Au bord des chemins, dans les endroits fumés, au pied des arbres. — A. C. — 359 — F. spuniosa Fr. — Dans les bois humides, sous les conifères. — Pessines (1). F. ochroclilora Fr. — Sur les troncs cariés, les vieux saules. — Rochefort (jard. public). F. helomorpha Fr. — A terre, dans les bois, sous les conifères. — Saintes. maucoria Cucuiiiis Pers. — A terre, dans les bois, sur les débris lig'neux ou sur les racines des frênes. — Saintes, Fou ras. M. horizontalis Bull. — Sur les écorces des poiriers, des ormeaux. — Saintes, le Pin. ^- pygMisea Bull.; Psathyra pyginœa Quel. — Au pied des vieux arbres, sur les vieilles souches. — Saintes, le Pin, Fontcou- verte, Tonnay-Charente, Saint-Christophe. W. cerodes Fr. — Dans les terrains fumés, les bruyères, les endroits sablonneux. — Saintes, Fouras. I\f , melinoides Fr. — Dans l'es friches, les lieux arides, les prés. — Saintes, Pessines, le Pin, Fontcouverte, Périg-ny, Roche- fort, la Rochelle. I¥. sideroides Bull. — Au bord des chemins, sur les amas de débris lig-neux, sur le tronc des pins. — Ang-oulins, Châte- laillon (Bernard, loc. cit., p. 207). Wf. vervacti Fr. — Dans les champs, les endroits fumés, les prés, les friches. — A. C. Form. gracîlis P. Brun. — Dans les friches. — Saintes. ]\. pediades Fr. — Dans les champs, les prés, les jardins. — A. C. (2). ]\. seiniorbicularis Bull. — Au bord des chemins, dans les friches, les terrains cultivés, les prés, les champs. — T. C. Va7\ ^racillima P. Brun., Mat., p. 9. — Dans les prés. — Pessines. (1) Je rapporte, avec doute, au Flammula conissans Fr., plusieurs échan- tillons récoltés sur de vieux saules, à Saintes, que je n'ai pu déterminer avec certitude. (2) Ne différerait pas du Naucoria semiorbicularis Bull., selon M. Quélet. — 360 — M. arvalis Fr, — Dans les terrains cultivés. — Pessines. ]\. scorpioides Fr. — Sous les pins, à terre, dans les endroits marécag"eux. — Saintes. I\. temulenta Fr. — Dans les endroits humides, au bord des bois. — Saintes, Pessines. N. erinaeea Fr. ; Dryophila erinace a Quel. — Sur les branches pourries du Populus Tremula, les rameaux tombés. — Saintes. M. conspersa Pers. — Dans les champs, au bord des chemins. — A. C. J\. escharoides Fr. — Dans les bois humides, au bord des chemins. — Saintes. }'orm. gracilis P. Brun., Champ., obs. III, p. 2. — Au bord des chemins. — Saintes. '\. linibata Bull. — A terre, dans les bois, les champs. — Saintes. J^. pannosa Fr. ; Inocyhe pmmosa Quel. — Dans les bois, sur les souches, les terreaux. — Saintes. Galera laterîtîa Fr. — Dans les endroits fumés. — Saintes. G. tenera Schseff. — Dans les lieux gramineux, sur le fumier, les vieux arbres, dans les champs, les friches, les sables des dunes, au bord des chemins. — A. C. Form. major P. Brun., Mat., p. 9. — Dans les friches. — Pes- sines. Form. pilosella P. Brun., Mat., p. 9. — Dans les friches. — Pessines. G. sili^inea Fr. — Dans les prés, les jardins, les endroits fumés, les lieux herbeux, au bord des chemins. — Taille- bourg-, Ghermignac, Saintes. G. ovalis Fr. — Dans les endroits fumés, les champs, au bord des bois. — Saintes, Taillebourg, le Pin, Pessines. G. spartea Fr. — Dans les prés, au bord des bois, le long des chemins, dans les lieux secs, parmi les mousses. — A. C. ^' pyj^rnseo-affinis Fr. — Dans les friches, au bord des bois, dans les prés. — Saintes. — 361 - G. rubiglnosa (Pers.) Fr. — Sur les mousses. — Saintes, Pes- sines. G. Hypnopum Batsch. — Parmi les mousses. — T. C. Var. Bryoruni. Agaricus Bryonun Pers. — Parmi les mousses. — Dompierre-sur-Charente, Pessines, Saintes, Échillais. G. aquatilis Fr. — Dans les lieux ombragés et humides, les bois, parmi les mousses. — Ile d'Oléron. G. minuta Quel. — Dans les lieux humides, les friches, les allées. — Saintes. G. mycenopsis Fr. — Dans les prés, parmi les mousses, dans les g-azons. — T. C. Var. pilosella P. Brun., Aq chrom., p. 7. — Dans les g-azons. — Taillebourg-. G. vestita Fr. ùi Quel. — Sur les brindilles tombées, sous les arbres, dans les haies. — Saintes, la Rochelle, Lagord (Ber- nard, loc. cit., p. 211). Tubaria furfuracea Pers. — A terre, dans les gazons, sur les brindilles, les amas de feuilles pourries, au bord des che- mins, sur la mousse des vieux arbres. — T. C. (1). T. paludosa Fr. — Dans les mousses des sables maritimes. — Fouras. T. pellueida Bull. — Au bord des chemins, parmi les feuilles pourries, sur les brindilles. — A. C. — Saintes, Pessines, Varzay, Rochefort, Fouras, le Breuil-Magné, Beaugeay, le Pin, etc. (2). T. muscoruin Hoffm. — Parmi les mousses, sur les vieux troncs. — Saintes, Pessines, Chermignac, Boutenac. T. autoclitliona Berk. et Br. — A terre, au bord des chemins. — Saintes, Pessines. (1) Je crois avoir reconnu Tubaria cupularis Bull, dans les échantillons que M™" Georges a récoltés au Pin et qui se trouvent à la Rochelle. Ce Tubaria ressemble au Lactarius tabidus. Voir Quélet, Bull. Soc. bot. Fr., 1877, p. 323. (2) Le Tubaria furfuracea ne différerait pas du T. pellueida selon M. Quélet. — 362 — Crepidotus mollis Schseff. — Sur les vieux troncs, les bois pourris ou exposés à l'humidité, les brindilles, les tiges des ajoncs tombées. — T. C, Cr. applanatus Pers. — Sur les bois pourris, les vieux troncs, les vieilles souches de frênes. — Saintes, Fouras. Cf. calolepis Fr, — Sur les vieux troncs des érables, des frênes et des ormeaux. — Rochefort (jard, public). Cortinarius sebaceus Fr. — Dans les bois de pins. — Fouras. C. varius (Schaeff.) Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — Saintes. C. cyanopus (Secr.) Fr. — Dans les bois. — Saintes. C. larg^us Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — Pes- sines, Échillais. C. percoiiiîs Fr. — Dans les bois, sous les conifères. — La Tremblade (Bernard, loc. cit., p. 247). C. infractus (Pers.) Fr. — Dans les bois. — A. C. C. anfractus Fr. — Dans les bois, surtout dans les endroits humides. — Saintes, Fontcouverte, Bussac, Fouras. C. multiforiiiis Fr. — Dans les bois. — Saintes, Échillais, Fouras. C. rapaceus Fr. — Dans les bois. — Fouras. C. g^lancopus (Schaeff.) Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — A. C. C. calochrous (Pers.) Fr. — Dans les bois. — T. C. Var. ^racilis P. Brun., Cort., p. 1. — Dans les bois. — Saintes. C. cseruleseens (Schseff.) Fr. — Dans les bois. — A. C. C. purpuraseens Fr. — Dans les bois. — Saint-Savinien, Saintes. C. Lebretonil Quel. — Dans les bois. — Pessines, Saintes, Saint-Georg-es-des-Coteaux. C. turbinatus (Bull.) Fr. — Dans les bois. — A. C. Var. ferruginea. Agaricus ferruçiineus Scop. — Dans les bois. — Saintes, Fontcouverte, Saint-Sauvant. — 363 — C. ful^ens (Alb. et Schw.) Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — Saintes, Échillais. C. fuliuineus Fr. — Dans les bois. — A. C. C. rufo-olivaceus (Pers.) Fr. — Dans les bois. — Saint-Savi- nien. C. cuniatilis Fr. — Dans les bois. — Saintes. Va?\ nudipes P. Brun., Co?'L, p. 1. — Dans les bois. — Saintes. C. causticus Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — T. C. C. crystalliaus Fr. — Dans les bois. — Fouras (parc du Casino). C. decoloratus Fr. — Dans les bois. — Saintes, Fontcouverte, Échillais, Saint-Agnant. C. deeolorans (Pers.) Fr. — Dans les bois. — Saintes. C. colliiiitus (Pers.) Fr. — Dans les bois, les friches, les bruyè- res. — T. C. Form. fusca. — Dans les bois. — Saintes, Pessines, Eoche- fort, le Breuil-Mag*né. Var. mueosa. C. 7niicosus Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — Saintes, Pessines, Varzay, etc. C. niucifluus Fr. — Sous les pins, dans les bois de chênes. — T. C. C. elatior Fr. — Dans les bois. — T. C. Var. viola.cea. — Dans les bois.— Saintes, Fontcouverte, etc. C. Salor Fr. — Dans les bois, — Saint-Savinien. C. delibutais Fr. — Dans les bois de chênes, les lieux grami- neux, sous les pins. — A. C. Saintes, Pessines, etc. C. sfillatitius Fr. — Dans les bois, les friches, les prés. — A. C. Saintes, Fontcouverte, etc. Fonn. obscura P. Brun. — Chapeau bistre. — Dans les bois. — Saintes. Form. pallida P. Brun. — Chapeau d'un jonquille-bistre. — Dans les bois. — Saintes — 364 — C, ar^entatus (Pers.) Fr. — Dans les bois de pins. — Fouras. C. violaceus (L.) Fr. — Dans les bois. — A. C. C. cînereo-violaceus Fr. — Dans les bois. — Saint-Sever, Pessines, Fontcouverte, Saintes. C. albo-violaceus (Pers.) Fr. — Dans les bois. — T. C. C. malachius Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — Saintes. C. Bulliardî (Pers.) Fr. — Dans les bois. — Saint- Christophe (^Bernard, loc. cit., p. 252). C. bolaris Pers. — Dans les bois. — Le Breuil-Magné. C. pholideus Fr. — Dans les bois humides. — Fouras. C. sublanatiis (Sow.) Fr. — Dans les bois. — Saintes. C. penicillatits Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — Prég'uillac. C. ochroleucus (Schseff.) Fr. — Dans les bois. — A. C. C. diabolîcus Fr. — Dans les bois. — Saintes. C. caninus Fr. — Dans les bois. — A. C. C. myrtillinus Fr. — Dans les bois, au pied des arbres. — Saintes, Saint-Christophe, Saint-Ag"nant, île d'Oléron, Sau- monards (Bernard, loc. cit., p. 252). C. azureus Fr. — Dans les bois, parmi les mousses. — A. C. Forrn. minor P. Brun., Cort., p. 3. — Dans les bois. — Saintes. C. albo-eyaneus Fr. — Dans les bois parmi les feuilles pour- ries. — A. C. Fontcouverte, Saintes, etc. C. anomalus Fr. — Dans les bois, les friches, les prés moussus. — Échillais, Saintes. C spiloineus Fr. — Dans les bois, les friches. — Préguillac. t3. cinnabarmus Fr. — Dans les bois. — Saintes. C. ciiinainomeus (L.) Fr. — Dans les bois. — A. C. Forrn. g^racilior P. Brun., Cort., p. 3. — Dans les bois. — Saintes. Var. seiiiisang'uineus Fr.— Dans les bois de pins.— Grézac. — 365 — C valgus Fr. — Dans les bois de chênes, parmi les mousses, sous les pins. — Pessines. C. raplianoides (Pers. ) Fr. — Dans les bois. — Pessines. C. venetus Fr. — Prég'uillac, Fouras, où il est A. C. C. bîvelus Fr. — Dans les bois. — Saintes. C. bulbosus (Sow.) Fr. — Dans les bois, les friches, les prés. — Taillebourg-. C. urbicus Fr. — Dans les bois, les lieux gramineux, au pied des arbres. — Saintes, Fontcouverte. C. torvus Fr. — Dans les bois. — Saintes, Pessines, le Breuil- Mag-né, Fontcouverte. C. iiupenuis Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — T. C. Form. luinor P. Brun. — Dans les bois. — Fouras. Form. exannulata P. Brun., Coi't., p. 3. — Dans les bois. — Saint-Clément. C. scutulatus Fr. — Dans les bois, les lieux humides des bois. — Pessines, Fouras, Fontcouverte, etc. C. evernius Fr. — Dans les bois, les endroits humides. — A. C. C. armillatus (Alb. et Schw.) Fr. — Dans les bois. — Saintes. C. haematochelis (Bull.) Fr. — Dans les bois. — Fouras. C. arenarius Quel. — Sous les pins maritimes des dunes. — La Rochelle, la Tremblade, Ang-oulins, C. belvolus (Bull.) Fr. — Dans les bois. — Pessines. C. hinnuleus (Sow.) Fr. — Dans les bois. — A. C. C. brunneus (Pers.) Fr. — Dans les bois de chênes, les endroits humides des bois, sous les pins. — Saint-Savinien, Saintes. C. glandicolor Fr. — Dans les bois. — Saintes, Fouras. C. fallax Quel. — Dans les bois. — Saintes. C. biforniis Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins — Saintes, Fouras. C. periscelis Fr. — Dans les bois, les lieux marécag-eux. — Saint-Thomas près Saintes. — 366 — C. flexipes Fr. — Dans les bois. — Saintes. C. psammocephalus (Bull.) Fr. — Dans les bois de chênes, sous les bois de pins. — Fontcouverte. C. ineisus (Pers.) Fr. — A terre, dans les bois. — T. C. C. iliopodius (BuU.j Fr. ~ Dans les bois. — Saintes. C. rig-idus (Scop.) Fr. — Dans les bois de chênes, les lieux humides des bois, sous les pins. — A. C. C. palaceus (Weium.) Fr. — Dans les bois. — Fontcouverte, Saintes. C. firmus Fr. — Dans les bois. — Saintes, Pessines, le Breuil- Mag-né. C. armeniacMs (Schseff.) Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — A. C. Va?\ falsaria. — Dans les bois. — Saintes. C. damascenus Fr. — Dans les bois, les lieux gramineux. — Saint-Christophe (Bernard, loc. cit., p. 256). C. privignus Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — Saintes, Bussac, Fontcouverte. C. duracinus Fr. — A terre, dans les bois. — A. C. Saintes, etc. C. tortuosus Fr. — Sous les pins. — Fouras, Grézac. C. dilutus (Pers.) Fr. — Dans les bois, les endroits humides des bois. — A. C. C. saturninus Fr. — Dans les bois, les endroits humides des bois, les lieux g-ramineux.— Échillais, Saint-Savinien, Saint- Clément, Taillebourg, Cravans, Saintes. C. imbutus Fr. — Dans les bois. — A. C. C. castaneus Fr. — A terre, dans les bois, les friches, les jar- dins. — A. C. C. isabellinus (Batsch) Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — Saintes. C. angulosus Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — Saintes. C. uraceus Fr. — Dans lej bois de chênes, sous les pins. — Saintes. - 367 - C. rig^ens Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — T. C. C fulvescens Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — Saintes, etc. C. leucopus (Pers.) Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — A. C. Le Pin, Pessines, Saintes, etc. C. erytbrinus Fr. — Dans les bois. — T. C. C. decipîens (Pers.) Fr. — Dans les bois. — T. C, C. geriiiaiius Fr. — Dans les bois. — Prég-uillac, Fouras. C. saniosus Fr. — Dans les bois. — Fouras. C. obtusus Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — A. C. C. acutus (Pers.) Fr. — Dans les bois de chênes, les lieux hu- mides des bois, sous les pins. — T. C. C. milvinus Fr. — Dans les bois. — A. C. Form. minor P. Brun., Cort., p. 4. — Dans les bois. — Pré- g-uillac. C. fasciatus Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — Pessines, Prég-uillac, Fouras. Paxillus involutus (Batsch) Fr. — A terre, dans les bois, les friches, au bord des chemins, les prés, les pelouses. — T. C. P. atro-toinentosus (Batsch) Fr. — A terre et sur les vieux troncs, dans les bois de pins. — A. C. P. panuoitles Fr. — Sur les vieux bois de pins. — La Trem- blade, Ang-oulins, île d'Oléron, Saumonards (Bernard, loc. cit., p. 260). Agaricus aug^ustus Fr. — Dans les bois de pins. — La Trem- blade (Bernard, loc. cit., p. 214). A. arvensis Schœff. — Dans les bois, les friches, les prés, les champs, au bord des chemins. — T. C. For.n. gracilis P. Brun., Nouv. frag. myc, V" sér. , p. 4. — Dans les friches. — Pessines. Var. xaiitlioderma Genev. — Dans les bois de chênes, les friches, les prés, les pâturag-es, sous les conifères, au bord (les chemins. — A. C. — 368 — A. cpetaceus Fr. — Dans les lieux fumés ou cultivés, les prés, les vig-nes, les champs, les g-azons. — Saint-Symphorien, Tonnay-Cliarente, Saintes, Sablonceaux, Pessines, Sau- jon, etc. A. pratensis Schseff. — Dans les prés, les bois. — La Rochelle, Fouras, Saintes. A. campestris L. — Dans les prés, les champs, les friches, les bois, les jardins, sur les fumiers, etc. — T. C. Va)\ alba. — Dans les friches. — Saintes. Vaf\ villatica. Ag. villaticus Brond. — Dans les jardins, les prés, les endroits fumés. — T. C. Var. vaporaria. Ag. vaporai'iiis Ott. — Sur les terreaux, les fumiers, dans les caves. — Saintes. Var. silvicola. Ag. silvicola Vitt. — Dans les bois, les friches. - A. C. A. Bernardii Quel. — A terre, dans les prés, surtout dans les terrains argileux à fond saumâtre, les anciens marais sa- lants, les prés marais. — T. C. A. silvaticus Schseff. — Dans les bois, les friches, à terre. — Pessines, Saint-Sauvant, Saint-Christophe (Bernard, loc. cit., p. 116). A. haemorrhoidarius Kalch. — Dans les bois, sur les racines. — Pessines. A. seti^er Fr. — Dans les prés, les friches, les bois. — Saintes. A. coiutulas Fr. — Dans les bois, les prés, les friches, les endroits fumés, au bord des chemins. - A. C. Var. amethystina Quel. — Dans les prés, les friches, les bois arénacés. — A. C. S»tropharia seruginosa Curt. — A terre, au pied des vieux troncs, danfs les bois, les friches, les champs, au bord des chemins. — Saintes, Échillais, Saint-Laurent-de-la-Prée, Pé- rig:ny, Saint-Christophe, Croix-Chapeau, etc. S. coronilla Bull.; S. obtiirata Fr. — Dans les prés, les friches, les endroits fumés. — T. C. — 369 — S. uielasperiua Bull. — Dans les prés, les champs, les friches, les bois. — Le Pin, Saujon, Saintes, Pessines, Saint-Chris- tophe, la Rochelle. S. iiierctaria Fr. — Sur les excréments, les terreaux. — Roche- fort, Saintes. Taillebourg-, Genouillë, Chermig-nac, Beaugeay, Échillais, Marsilly, Pessines. S. stercoraria Fr, — Sur les crottins, les excréments, les ter- reaux, les fumiers. — Rochefort, Saintes, Pessines, la Rochelle, Floirac. S. seiiii^lobata Fr. — Sur les crottins, les bouses, les fumiers. — T. C. S. Battarae Fr., vm\ aculeata Quel. — Sur les troncs des peupliers. — La Rochelle. Hypholoiiia sublateritiuiii Schseff. — Au pied des arbres, sur les vieilles souches. — A. C. H. fasciculare Huds. — Au pied des arbres, sur les vieilles souches. — T. C. Var. elaeodes. H. elœodes. Fr. — Sur les vieilles souches, au pied des arbres. — A. C. H. laeryniabundum Fr. ; Geophila cotonea Quel. — A terre, dans les bois, les pâturages, les friches, sur les vieilles souches. — A. C. H. velutinum Pers. ; Geophila lacrymabunda Quel. — A terre ou sur les souches pourries, les racines enterrées. — A. C. H. Candolleauum Fr. — A terre, dans les bois, les friches, — A. C. H. appendiculatum Bull. — Sur les vieux troncs, les vieilles souches, dans les bois, les prés, au pied des arbres. — T. C. H. bydrophilum Bull.; H. piluliforme Bull. — Au pied des vieux arbres, parmi les mousses, les feuilles tombées. — A. C. par endroits. Psilocybe sarcocepliala Fr. — A terre, dans les bois, les lieux herbeux, au pied des arbres, sur les détritus de feuilles pourries, dans les fentes des vitaux arbres. — A. C. Tome XLIIL 24 — 370 — P. ammopliila Dur. et Lév. ; Drosophila ammophila Quel. — Dans les sables maritimes. — Saint-Palais-sur-mer, la Eochelle, Vaux, Marennes, la Tremblade, Arvert, Ang"ou- lins, etc, P. spadieea Fr. — A terre, dans les prés, les bois, parmi les feuilles tombées, au pied des vieux arbres. — Fouras, Saintes, Genouillé, Pessines, Rochefort, la Rochelle, etc. Form. arenicola. — Dans le sable des dunes g-ramineuses. — Fouras. P. cernua Vahl. — A terre, sur les feuilles et les bois pourris. — Saint-Sever, Saintes. P. fcenisecii Pers. — Dans les endroits fumés, les prés, les jar- dins, les champs. — Chérac, Périg-nac, Saintes, Périg'ny, Lhoumeau, etc. Deconica copropliila Bull.— Dans les endroits fumés, sur les fumiers, les crottins. — A. C. D. bullacea Bull. — Dans les endroits fumés, les champs, au bord des chemins. — Le Pin, Saintes. D. physaloides Bull. — Dans les endroits humides, les champs, les lieux fumés. — Le Pin, Saintes, Genouillé. D. atro-rufa Schseff. — Dans les bois, les champs, les endroits sablonneux. — Saintes, Pessines. Psathyra conopilea Fr. — Dans les jardins, les endroits fumés, sur les crottins, au bord des bois. — T. C. Ps. «orrugis Pers. — A terre, dans les jardins, les lieux om- bragés, les prés. — A. C. Form. gracilîs P. Brun., Ag. chrom., p. 7. — Au bord des chemins. — Saintes. Ps. torpens Fr. — Dans les g-azons, les prés, au bord des che- mins. — T. C. Form. gracilis P. Brun., Ag. chrom., p. 8. — Dans les prés. — Saintes. Ps. i^yroflexa Fr. — Au bord des bois, des chemins, au pied des arbres. — Pessines, Saint-Sever, Rochefort, Fontcouverte, Saintes, le Pin, Ardillières, Angoulins, etc. — 371 — Ps. spadiceo-grrisea Scbseff, — Au pied des arbres. — A. C. Form. gracîlis P. Brun., Açj. chrom.^^. 8. — Avec le type. — Saintes. Ps. obtusata Fr. — Sur les branches tombées des chênes. — Saintes, Pessines. Ps. bifrong Berk, — Parmi les débris ligneux, à terre, dans les allées sablées, les friches, les terrains fumés. — Saintes. Ps. fatua Fr. — Dans les g-azons, les bois, les jardins. — Saintes, Pessines, Fontcouverte, Kocliefort, Trizay, Saint-Christophe, la Rochelle, Grézac, Saint-Georges-des-Coteaux. Ps. fibrillosa Pers. — Dans les bois, les champs, à terre. — Pessines, la Rochelle, Saintes, etc. Ps. pennata Fr. var. fimicola. — Sur les bouses de vaches. — La Rochelle, laPrée-Foyer (Bernard, loc. cit., p. 228). Bolbitius Titellinus (Pers.) Fr.; Pluteolus vitelUnus Quel. — Sur les crottins, les bouses, les fumiers, les vieux chaumes. — A. C. B. fragilis (L.) Fr. — Au bord des chemins, dans les bois, sur les bouses. — Rochefort, la Rochelle. B. conoceplialus (Bull.) Fr. — Dans les endroits fumés. — Saintes, Chaniers, Rochefort, Pessines, Saint-Georges-des- Coteaux, Beaugeay, Échillais, Genouillé, Fontcouverte. B. titubans (Bull.) Fr. — Sur le fumier, dans les bois, les endroits ombragés ou fumés. — Saintes, le Pin. Coprinus coinatus Fr. — Dans les endroits fumés. — A. C. C. ovatus (Schasff.) Fr. — Dans les endroits fumés. — A. C. C. atramentarius (Bull.) Fr. — Dans les endroits fumés, au bord des chemins. — A. C. C. fusceseens (Schseff.) Fr. — Au pied des vieux troncs, dans les endroits fumés. — Fouras, Saintes, Fontcouverte, la Rochelle, Saint-Christophe. C. picaeeuis (Bull.) Fr. — Dans les endroits fumés, sur les fumiers, les excréments, dans les bois, les prés, les pelouses, les chantiers. — T. C. C, flocculosus (D. C.) Fr. — Dans les endroits fumés. — Fouras. - 372 — C. similis Berk. et Br.— Sur les troncs cariés, au pied des pins, sur le mortier bouchant les fentes des vieux arbres. — La Rochelle, Saintes. C. extinctorius (Bull.) Fr. — A. terre, au pied et dans les cavités des vieux arbres, surtout des ormeaux, sur les débris végétaux, les fumiers, dans les jardins. — A.. C. C. velatus Quel. ~ Sur un vieil ormeau, à terre, dans les bois. — Saintes. C. fimetarius Fr. — Sur les fumiers, les bouses, les crottins, dans les endroits fumés, quelquefois dans les bois. — T. C. Var. macrori'hiza. Agarkiis macrorrhizus Pers. — Sur des râpes pourries de raisin dans une cuve de vendang-e. — Pessines. Var. cinerea. Agaricus cinereus Schseff. — Sur les fumiers, les bouses, les crottins. — A. C. C. tomentosus (Bull.) Fr. — Dans les endroits fumés, les jar- dins, au bord des chemins. — Dompierre-sur-Charente, Rochefort, Saintes, Nieul-lès-Saintes, le Pin. C. niveus (Pers.) Fr. — Sur les crottins, les fumiers. — Mor- tag-ne-sur-Gironde, Saintes, Rochefort, Fouras, Lhoumeau. la Rochelle, etc. C. micaceies (Bull.) Fr. — A terre, au pied des vieux arbres. — A. C, suivant la saison. Var. laetior Fr. — Au pied des vieux arbres. — Saintes. C. truncorum (SchsefiF.) Fr. — Sur le bois pourri, au pied des vieux arbres. — Saintes, Pessines. C. radians (Desm.) Fr. — En touffes sur les murs et les cloi- sons humides, sur le bois pourri. — Saintes, Pessines. €. deliquescens (Bull.) Fr. — Dans les bois, au pied des vieux arbres. — A. C. C. Di^italis (Batsch) Fr. — A terre, dans les bois ombragés. — Le Pin, Pessines, Saintes, la Chapelle-des-Pots. C con§^regatus (Bull.) Fr. — Au pied des vieux arbres, sur les vieilles souches. — A. C. par endroits. — 373 - C. epheineroîdes (Bull.) Fr. — Dans les endroits fumés, sur les fumiers. — Fouras, Rochefort, Saintes, Pessines, Varzay, le Pin. C. Briinaudii Quel., in litt. — Pied grêle, fistuleux, bulbeux, floconneux, blanc. Chapeau campanule, très mince, strié, gris-lilacin, sous voile formé de filaments très fiiis, flexueiix, cristallins, caducs. Lamelles g-ris-bistre. Spores pruniformes (0^01), bistre-noires. — Sur les feuilles pourries dans les bois marécag-eux. — Fouras (1). C. lagopus Fr. — Dans les bois ombragées. — Pessines, Varzay, Saint-Christophe, Saintes, etc. C, narcoticus (Batsch) Fr. — Sur le fumier, sur les bouses, dans les bois. — A.. C. Form. gracilis P. Brun. — Avec le type. — Saintes. C. nyctlienierus Fr. — Dans les endroits fumés. — La Ro- chelle (Bernard, loc. cit.,^. 241). C. radiatus (Boit.) Fr.; P. Brun., Champ., obs. III, p. 2. — Sur les crottins, les bouses, les fumiers, dans les serres. — T. C. C. domesticus (Pers.) Fr. — Dans les jardins, les cours, les endroits fumés ou humides, sur les débris végétaux, les étoffes moisies, au pied des murs, dans les lieux cultivés, les crevasses des vieux ormeaux, sur les vieux troncs, les chau- mes pourris du Zea Mays. — A. C. C. stercorarius Fr. — Sur les bouses de vache, dans les endroits fumés, au bord des chemins. — Rochefort, Saintes, le Pin, Pessines. C albus Quel. — Sur les chaumes pourris du Zea Mays., les branches mortes du Pnoms spinosa, du Lycium barbarum. — Saintes. C. Friesii Quel. — Sur les chaumes pourris du Zea Mays et des grandes graminées. — Saintes. (1) Je dois à M. Quélet la détermination d'un grand nombre de champignons portés sur cette liste. — 374 — C ephemerus Fr. — Sur les fumiers, dans les endroits fumés, au bord des chemins. — Rochefort, Pessines, Saintes, le Breuil-Magné, le Pin. C. plicatilis (Curt.) Fr. — Dans les champs humides, au bord des chemins, dans les endroits fumés, les prés, les jardins. — T. C. Form. major P. Brun. — Avec le type. — Fouras. C. albulus Quel. — Sur les débris végétaux pourris, dans les cavités des vieilles souches ou des vieux arbres, sur les chaumes pourris. — Saintes. C. tuberosus Quel. — Sur les crottins, les débris vég-étaux, dans les prés, sur le terreau dans les serres. — Saintes, Fouras. C. lieîMepoljius Fr. — Sur la terre fumée, au bord des chemins. — Rochefort, Fouras, Pessines. C. rapidus Fr. — Dans les pâturag-es, les endroits fumés. — Le Lignon, près la Rochelle (Bernard, loc. cit., p. 243). Panaeolus Plialsenarum Fr. — Sur les crottins, les fumiers. — Saintes, Rochefort, Saint-Symphorien, Périg-ny. P. retiru§^is Fr. — Sur les crottins. — Saintes, Fouras, Beau- g-eay, Saint-Agnant, Gen ouille, Pessines, Rochefort. P. sphinctrinus Fr. — Sur les fumiers, les crottins. — T. C. Vorm. §pracilis Quel., Jura, tab. 8, f. 5. — Sur les crottins. — Saintes. P. campanulatus L. — A terre, dans les endroits fumés. — Corme-Royal, Rochefort, Saint-Romain -de-Benet, Saintes, Fontcouverte, Fouras, Genouillé, Pessines, la Rochelle, Croix-Chapeau. P. papilionaceus Fr. — Dans les endroits fumés, sur les crot- tins, dans les bois, les jardins. — Rochefort, Pessines, Saintes, Chaniers, le Pin, Angoulins, Périgny. P. acuminatus Fr. — Au bord des chemins, dans les dunes gramineuses. — Marais de Tasdon, Châtelaillon (Bernard, loc. cit., p. 232). — 375 — P. flmicola Fr. — Sur les crottins, les fumiers, dans les terrains fumés, dans les bois. — A. C. Anellaria separata (L.) Karst. — Sur les crottins, les bouses, les fumiers. — Saintes, la Rochelle, Lag-ord. Form. major. Agaricns semi-ovatus Sow. — Sur les fumiers. — Lag-ord, la Rochelle (Bernard, loc. cit., p. 229). Fortn. minor. Ag. semi-ovatus Pers. — Sur les crottins. — Saintes, la Rochelle. A. fimiputris (Bull.) Karst. — Sur les fumiers. — Saint-Sym- phorien, Corme-Royal, Rochefort, Pessines, le Pin, Saint- Christophe, Périgny, Lhoumeau. Psathyrella i^tubatrata Fr. — Dans les pelouses, les g-azons, les jardins. — Saintes, Pessines, Taillebourg-, Varzay. Ps. §^racîlis Fr. — Dans les lieux humides, les bois. — A. C. Ps. hiascens Fr. — A terre, dans les bois humides, les prés, les jardins, — Saint-Sever, Rochefort, Saintes, Pessines, Varzay, le Pin, Taillebourg-. Ps. arafa Berk. — Dans les bois, au bord des haies, sur les débris vég-étaux, les racines pourries des dahlias. — Saintes, Pessines. Ps. trépida Fr. — Dans les terrains très humides ou maréca- g-eux. — Saint-Clément. Ps. hydrophora Bull. — Dans les jardins, les friches, au pied des arbres. — Saint-Sever, Rochefort, Pessines, Saintes, Fontcouverte, Royan, Varzay, Chermignac, Muron, Ge- nouillé, Échillais, le Pin, Beaug-eay. Ps. caudata Fr. ; Panœolus caudatus Quel. — Dans le sable des dunes. — Fouras. Ps. prona Fr. — Dans les gazons, les endroits fumés. — A. C. Ps. infida Quel. — Dans les bois, les prés, au bord des chemins. — Saintes. Ps. atoinata Fr. — Au bord des chemins, dans les lieux her- beux, les endroits fumés, les gazons, les prés, les bois. — A. C. — 376 — Ps. disseminata Pers. — Sur les vieux troncs, à terre, dans les endroits humides ou ombrag-és, dans les g-azons, les jardins, sur les murs et les cloisons humides. — T. C. Ps. subtilis Fr. — Sur les bouses, les fumiers, les crottins. — Saintes, Pessines. Gomphidius visciclus (L.) Fr. — Dans les bois de pins. — T. C. Var. testacea. G. testaceiis Fr. — Dans les bois, sous les pins. — Fouras. II. POLYFORÉES Fr. Boletus luteus L. — Dans les bois de pins. — Pessines, Saujon, île d'Oléron, Sablonceaux, etc. B. ele^ans Schum. — Dans les bois de chênes, sous les coni- fères. — Sablonceaux (Mousnier, Champ., p. 69). B. granulatus L. — Dans les bois de pins et sous les conifères dans les parcs, les jardins. — T. C. B. bovinus L. — Dans les bois de pins. — La Tremblade, île d'Oléron, Saintes, Pessines. B. luitis Krombh. — Dans les bois. — Fouras. B. sang^uineus With. — Dans les bois. — Saintes. B. g:entilis Quel. — Dans les bois. — Saintes. B. piperatus Bull. — Dans les bois, surtout sous les pins. — Saint-Romain-de-Benet, Saintes, Pessines. B. varie^atus Swartz. — Sous les pins. — Saintes. B. chrysenteron Fr. ~ Dans les bois, les prés, les friches. — T. C. B. subtomentosus L. — Dans les bois, les prés. — T. C. B. spadiceus Schseff. — Dans les bois. — Pessines, Saintes. B. radicans Pers. — Dans les bois. — Séchebec, près Saint- Savinien (Bernard). B. parasiticus Bull. — Sur le Scleroderma vefTUCOSum, dans les bois. — Fouras. — 377 — B. appendiculatus Schgeff. — Dans les bois — Saintes, Roche- fort (Bernard, loc. cit., p. 304). B. calopus Fr. — Dans les bois. — Dompierre-sur-Charente, Pessines, Saintes. B. pachypus Fr. — Dans les bois, les bruyères, les prés. — Saintes, Fontcouverte , Pessines, Dompierre-sur-Charente, Fouras. Var. candicans Fr. Boletiis albidus Roq. - Dans les bois. — Fouras, Dompierre-sur-Charente. B. edulis Bull. — Dans les bois. — T. C. B. sereus Bull. — Dans les bois, les friches. — T. C. B. vaccious Fr. — Dans les bois. — Saintes, Fontcouverte, Varzay. B. fra^rans Vitt. — Dans les bois. — Fouras. B. ISatanas Lenz. — Dans les bois, les friches. — T. C. B. lupinus Fr. — Dans les bois. — T. C. B. luridus Schseff. — Dans les bois, les bruyères, les champs, les prés. — T. C. Form. bulbosa P. Brun., Chatnp., IV, p. 1. — Dans les bruyères. — Saintes, Pessines, Rochefort. B. erythropus Pers. — Dans les bois. — Dompierre-sur-Cha- rente, Saintes, Rochefort, Pessines, Fouras. B. purpureus Fr. — Dans les bois. — Pessines, Trizay, Tonnay- Charente. B. -versipellis Fr. — Dans les bois. — A. C. B. scaber Bull.; Quel., FI. myc, p. 426. — Dans les bois. — T. C. Form. areolafa P. Brun., Champ., IL p. 2. — Dans les bois. — Pessines. Var. nivea. B. niveus Fr. — Dans les bois.— Saintes, Pessines. B. rufus Schaeff.; B. aurantiacus Bull. (1). — Dans les bois. — A. C. (1) Variété du Boletus scaber Bull., pour certains auteurs. — 378 — B. felleus Bull. — Dans les bois de chêiiea. sous les pins. — Pessines. B. oyanescens Bull. — Dans les bois, les prés. — Pessines, Dompierre-8ur-Charente, Saintes, Sablonceaux. B. eastaneus Bull. — Dans les bois, surtout dans les bois sablonneux ou du littoral. — A. C. B. fulvidus Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins, dans les endroits sablonneux ou stériles, les bois du littoral. — Fouras. Gyrodon lividus Bull. — Dans les bois humides. — Saintes. Fisfulina hepatica Fr. ; Ceriomyces hepaticus Sacc. — Sur les troncs d'arbres, surtout des chênes, sur les vieilles souches. — T. C. Polyporus brumalis (Pers.) Fr. — Sur les vieux troncs de chênes, les bois morts. — Bédénac (Bernard, loc. cit.,^. 312). P. arcularius (Batsch) Fr. — Sur les vieux troncs, les branches tombées des chênes, les vieilles souches. — Pessines. P. biennis (Bull.) Fr. ; Dœdalea biennis Quel. — À terre, au pied des troncs, près des vieilles souches. — A. C. Form. rufescens. Sistotrema rufescens Pers., pr. part. — A terre, au pied des vieux saules, des vieux arbres. — Saintes, Pessines, Nieul-les-Saintes, Varzay, etc. P. squamosus (Huds.) Fr. — Sur les vieux troncs, surtout sur ceux des ormeaux, des frênes, du Sarothamnus scoparius, etc. — A. C. P. picipes Fr. — Sur les vieux troncs des saules, des ormeaux. — La Rochelle (Bernard). P. varius Fr. — Sur les vieux troncs, les branches tombées, les vieilles souches, les vieux cerisiers. — Échillais, Fontcou- verte. Saintes. P. frondosus Fr. — Sur les racines et les troncs des chênes. — Pessines, Varzay. P. confluens (Alb. et Schw.) Fr. — Sur les vieux troncs, sur- tout des pins, les vieux noyers, les vieux chênes. — A. C. — 379 — P. ëri^anteus (Pers.) Fr. — Au pied des vieux arbres, surtout des frênes et des cliâtaigriiers. — Saintes, Pessines, Varzay. P. sulphureus (Bull.) Fr. — Au pied des vieux troncs, des chênes, des cerisiers, des frênes, des aubépines. — Le Pin, Saintes, la Rochelle, Rochefort, Saint-Christophe (Bernard, loc. cit., p. 316). P. lacteus Fr, — Sur les vieux troncs, les vieilles souches. — Le Breuil-Mag-né. P. tephroleucus Fr. — Sur les vieux troncs. — Pessines. P. epileuciis Fr. — Sur les vieux troncs, surtout des pommiers, . des peupliers. - Rioux, Pessines. P. frafi^îlis Fr. — Sur les vieux bois pourris des conifères, les vieilles souches des pins. — Ile d'Oléron (Bernard). P. stiptieus (Pers.) Fr. — Sur les troncs des pins. — Ile d'Olé- ron, Saumonards (Bernard, loc. cit., p. 317). P. chionseus Fr. — Sur les troncs du Betula alba — Saintes, Saint-Christophe (Bernard, Loc. cit., p. 318). P. rutilans (Pers.) Fr.; P. nidulans Fr. — Sur les troncs et les branches tombées des chênes. — A. C. P. fumosus (Pers.) Fr. — Sur les troncs des saules, des peu- pliers, les branches tombées. — Pessines, P. adiistus (Wild.) Fr. — Sur les troncs abattus, les branches, les racines pourries, les vieux bois, les agg-lomérations de feuilles pourries du châtaignier. — Pessines, Bussac, Saint- Christophe, Saint-Hippolyte-de-Biard, Cravans, Rochefort, Saintes, etc. P, dichrous Fr, — Sur les vieux troncs des tilleuls, des saules, des chênes, des robiniers, sur les bois pourris, les branches tombées. — Saintes. P. amorplius Fr. — Sur les troncs pourris des pins. — Fouras. P, euticularîs (Bull.) Fr. — Sur les vieux troncs des chênes, des frênes. — A. C. P. hispidus (Bull.) Fr. — Sur les vieux troncs, surtout des frênes, des noyers, des pommiers, des sureaux, etc. — T. C. — 380 — P. spumeus (Sow.) Fr, — Sur les vieux troncs, les vieux pom- miers. — Rochefort, Pessines, Eioux. Form. roseipopus P. Brun., Soc. bot. Fr., 1886, p. 510. — Sur les vieux pommiers. — Pessines. P. dryadeus Fr. — Sur les troncs des chênes. — Saintes, le Pin. Foiues lucîdus (Leys.) Fr. — A terre, au pied des vieux arbres. — T. G. Foirn. sessilîs P. Brun., Nouv. frag. myc, I, p. 17. — Sur les vieilles souches, au pied des vieux frênes. — A. C. Form. major P. Brun., Noiw. frag. myc, II, p. 3. — Au pied des chênes. — Tonnay-Charente. F. ulmarius Fr. — Sur les vieux troncs des ormeaux. — A. C. F. cytisinus Berk.; Polyporus incanus Cook. et Quel. — Sur les vieux troncs des peupliers, des saules, des robiniers. — Rochefort, Saintes, Sablonceaux, etc. F. conchatus Fr. — Sur les vieux troncs des saules, les vieux arbres, les vieux troncs des lilas. — A. C. Form resupinata P. Brun., Champ., II, p. 2. — Sur les troncs des vieux saules et des robiniers. — Saintes, Pessines. F. applanatus (Pers.) Wallr. — Sur les vieux troncs, surtout des chênes, des frênes, sur les vieilles souches. — Sainte- Gemme, le Guâ, Saintes, la Rochelle, Saint-Symphorien, Pessines, Rochefort, Chaniers, etc. F. fomentarius (L.) Fr. — Sur les troncs des chênes. — Saujon, Saint-Jean-d'Ang-ély, Saintes, Pessines, Saint-Hippo- lyte-de-Biard, le Pin. F. ig^niarîus CL.) Fr. — Sur les vieux troncs, surtout des chênes, des saules, des frênes, des aubépines, etc. — T. C. Var. pomacea. Polyporus pomaceus Pers. — Sur les vieux troncs des pommiers, des cerisiers, des prunelliers, des pru- niers, des pêchers, etc. — T. C. Form. violaceo-zonata P. Brun., Nouv. frag. myc, I, p. 18. — Sur les vieux troncs des pêchers. — Saintes. — 381 — F. Bibis (Schm.) Fr. — Sur les vieux troncs des groseillers. — T. C. F. fusco-purpureus Boud.; Polyporus l'ubriporns Quel. — Sur les vieux troncs des chênes, des chênes-verts, des ajoncs, des pommiers, des aubépines, etc., sur les vieilles souches. — T. C. F. salicinus (Pers.) Fr. — Sur les troncs des saules. — A. C. Form. resupinata P. Brun., Noiw. frag. myc, I, p. 18. — Saintes, Pessines. F. annosus Fr. — Sur les racines ou les vieux troncs des pins. — Fouras. F. fraxineus (Bull.) Fr. — Sur les troncs des vieux frênes. — Le Breuil-Mag-né, la Kochelle, Saint-Martial (Bernard, loc. cit.,ip. 321). F. eryptarum Fr. — Sur les bois pourris des pins, les vieilles souches, les planches dans les caves humides. — Saintes. F. obliquus (Pers.) Fr. ~ Sur les vieux troncs des ormeaux. — Saintes. Polystictus perennis (L.) Fr. — Sur les vieux troncs, au pied des arbres. — La Tremblade (Bernard, loc. cit., p. 313). P. einnabarinus (Jacq.) Fr. — Sur les vieux troncs des ceri- siers. — Saintes, Pessines. P. Tulpinus Fr. — Sur les vieux troncs des peupliers. — Saintes. P. maritîmus Quel., FI. myc, p. 391. — Sur les troncs des pins maritimes. — lie d'Oléron. P. versicolor (L.) Fr. — Sur les vieux troncs, les vieux bois, les arbres abattus. — T. C. P. hirsutus Fr. — Sur les vieux troncs, les vieilles souches, les arbres abattus, les vieux cerisiers. — A. C. Var. marginafa Bres.; P. Brun., Champ., V, p. 1. — Sur du bois pourri. — Saintes. Form. resupinata P. Brun., Nouv. frag. myc.,l, p. 19.— Sur les vieux troncs. — Saintes. — 382 — P. Telutinus Fr. — Sur les vieux trônes, les vieilles souches, les branches tombées. — Taillebourg- , Rioux, Saintes, Genouillé. Form. resupinata P. Brun., Champ., Il, p. 2. — Sur des bran- ches pourries. ~ Tonnay-Charente. P. zoiiatus Fr. — Sur les vieux troncs des peupliers, des châ- taig-niers, des chênes, etc. — Pessines. P. abietinus (Dicks.) Fr. — Sur les vieux troncs des pins. — Arvert. Poria vulgarîs Fr. — Sur les bois pourris, surtout des pins. — A. C. Po. molluisca Fr. — Sur les bois pourris, les amas de feuilles en décomposition. — Saintes. Form. epipliylla. Poria epipliylla Pers. — Sur les feuilles de chênes tombées. — Saintes, Pessines. Po. munida (Pers.) Fr. — Sur les bois pourris des pins, les branches tombées. — Pessines. Po. Medulla-panis (Pers.) Fr. — Sur les vieux bois, les vieux cerisiers. — Saintes, Pessines. Po. nitida (Alb. et Schw.) Fr. — Sur les bois pourris des peu- pliers, des pins, des chênes. — Pessines. Po. callosa Fr. — Sur les bois des pins, les vieux poteaux de télégraphe. — Saintes, Rochefort. Po. obdueens Pers. — Sur les bois pourris, surtout des saules, des ormeaux, des peupliers, des chênes, des pins. ~ A. C. Po. iloccosa Fr. — Sur les bois pourris, les branches tombées des chênes. — Pessines. Po. unibrina Fr. ■— Sur les bois pourris. — Saintes, Pessines. Po. Badula (Pers.) Fr. — Sur les vieux troncs, les branches tombées, les bois pourris. — A. C. Po, vaporaria (Pers.) Fr. — Sur les bois pourris des pins, des chênes, des peupliers. — Saintes. Po. Vaillantii (D. C.) Fr. — A terre, et sur les bois pourris. — Saintes. Po. bombycina Fr. — Sur les branches tombées du Populus Tremula et des pins. — Fouras. — 383 — Po. aneirina Sommerf. — Sur les vieux bois et les branches tombées du Populus Tremida. — Saintes, Pessines, Fontcou- verte, la Chapelle-des-Pots. Po. purpurea Fr. — Sur les troncs pourris des saules, les bois cariés. — Saintes. Po. ferruginosa (Schrad.) Fr. — Sur les bois pourris des chênes, des saules, des ormeaux, des lilas. — Saintes, Nieul- sur-mer (Bernard, loc. cit., p. 323). Po, contig^ua (Pers.) Fr. — Sur les vieux bois. — Saint-3ever, Saintes. Trametes Trog^ii Berk. (1). — Sur les troncs des peupliers, des noyers, des pins. — A. C. T. g^ibbosa (Pers.) Fr. — Sur les vieux troncs des arbres, sur- tout des peupliers, des châtaig-niers. — Pessines, la Chapelle- des-Pots, Saintes, Semussac. T. rubeseens (Alb. etSchw.)Fr.; T. Bulliardi Fv.; T. suaveo- lens Bull., t. 310, f. B. C, non L. — Sur les troncs et les vieilles souches des saules. — Saintes, Rochefort. T. Pini (Brot.) Fr. — Sur les troncs des pins. — Marennes, Saintes, Fouras. T. odorata (Wulff.) Fr. — Sur les troncs des pins. — Royan. T. gallica Fr. — Sur les troncs des pins. — Saintes, Marennes. T. hispida Bag-l. — Sur les troncs morts des chênes, des frênes, des ormeaux, des saules, sur les vieux bois, les vieilles bar- rières. — T. C. T. hexa^onoides Fr. — Sur les bois pourris, les vieux bois de charpente. — Rochefort. T. serpens Fr. — Sur les écorces des chênes, des saules, sur les bois pourris, les vieilles barrières. — Rochefort. Deedalea quercina (L.) Pers.; Lenzites quercina Quel. — Sur les vieux bois ouvrag'és, les vieux madriers et les vieilles poutres de chênes. — A. C. (IJ Diffère peu du Trametes hispida Bagl. — 384 — Form. resupinata Bull. — Avec le type. — Saint-Sever, Saintes, Fontcouverte. D, confra^osa Pers. — Sur les vieux troncs d'arbres, quelque- fois sur les vieux cerisiers. — Rochefort, Saintes, Pessines, la Rochelle. D. unicolor (Bull.) Fr. — Sur les vieux troncs. — A. C. Porm. vîolaseens P. Brun., Soc. bot. Fr., 1886, p. 510. — Sur les bois pourris des frênes, des érables et des prunelliers. — Saintes, Rochefort. Mernlius tremellosus Schrad. — Sur les bois pourris, les vieilles souches, les branches tombées. — Le Pin, Saintes, Pessines. M. coriuin Fr. — Sur les bois pourris, les branches tombées. — Arvert, Pessines, Saintes, Saint-Christophe, Saint-Médard. M, moUuscus Fr. — Sur les bois des pins, les branches tom- bées des chênes, les vieux troncs des ormeaux. — Saint- Ag-nant, Saintes. M. rufufs Pers. — Sur les bois pourris des charmes, des chênes, des pins. — Saintes. M. serpens Tode. ~ Sur les bois pourris des pins. — Saintes. M. crispatus MûU. — Sur les bois pourris, les troncs morts du Tamarix anglica. — La Rochelle. M. lacrymans (Jacq.) Fr. — Sur les bois pourris, surtout sur les bois travaillés, les planches de sapin. — Pessines, Saintes, Rochefort, la Rochelle, etc. Solenîa oeliracea Hoffm. — Sur les bois pourris, les branches mortes de VUlex europœus. — Pessines. S. spadicea Fuck. — Sur les tiges mortes du Rosa sempervi- rens. — Saintes. III. HYIDIvrÉES Fr. Hydnum repandum L. — Dans les bois, les friches. — T. C. Form. alba Quel., FI. myc, p. 447. — Dans les bois. — Pes- sines. — 385 — Va)', rufescens. H. rufescens Pers. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — A. G. H. ferrug^ineuni Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — Villars-en-Pons, Saintes, Dompierre-sur-Charente, etc. H. cinereuiu Bull. — Dans les bois. — Saintes, Pessines, Dom- pierre-sur-Charente, Villars-en-Pons, etc. H. velutinuiu Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — Marennes, Saint-Palais-sur-mer, Vaux, etc. H. scrobiculatum Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — Pessines, Saintes, Dompierre-sur-Charente, Prég-uillac. H. zonatum Batsch. — Dans les bois. — A. C. H. nig^rum Fr. — Dans les bois de chênes, sous les pins. — A. C. H. Auriscalpium L. — Sur les cônes tombés du Pùiits silves- tris. — Pessines, Saintes. H. coralloides Scop. — Sur les bois pourris. — Loulay (Ram- baud) (1). H. Erinaceus Bull. — Sur les vieux troncs des chênes. — Saujon (Mousnier). H. opalinum Quel. — Sur le bois pourri. — Saintes. Form. sebacea P. Brun., Mise, myc, p. 7. — Sur les gra- minées. — Saintes. H. muciduin Pers. — Sur les vieux bois. — Fontcouverte, Pes- sines, Saintes. H. ocliraeeum Pers. — Sur les vieux troncs, les pins, les bois pourris des chênes et des cerisiers. — Pessines. H. squallnuiii Fr. — Sur les vieux troncs, les branches tom- bées des chênes. — Pessines, Puilboreau. Caldesiella ferrug^inosa (Fr.) Sacc; Odontia ferruginea (Pers.) Quel. ■— Sur les bois pourris, les vieilles écorces. — Saintes. (1) Voir Guillaud, Forqnignon, Merlet, Oat. Champ. Sud-Ouest, in Ann. Se. nat. de Bordeaux et du Sud-Ouest, \^^ série, 1884, n" 2, p. 81. Tome XLIII 25 — 386 — Irpex umbrfnus Weinm. — Sur les bois travaillés pourris. — Rochefort. I. lacteus Fr. — Sur les bois pourris. — Pessines. I. paradoxus (Schrad.) Fr. — Sur les troDCS et les écorces des cerisiers, des pruniers, le bois tombé. — Fontcouverte, Saint- Hyppolite-de-Biard, etc. I. obliquus (Schrad.) Fr. — Sur les bois et les écorces pourries. — A. G. I. deformis Fr. — Sur les bois pourris, les branches des chênes et des cerisiers. — Saintes, Pessines. Badulum orbiculare Fr» — Sur les écorces des cerisiers, des pruniers, des chênes. — Saintes, Pessines, Fontcouverte. R. quercinum Fr. — Sur les branches tombées des chênes. — T. C. R. laetum Fr. — Sur les branches tombées du Carpmus Betnlus. — A. C. Ptalebia eontorta Fr. — Sur les écorces et les vieux troncs pourris. — Préguillac. Grandiiiia graiiulosa Fr. — Sur les bois pourris, les branches tombées. — Pessines. G. papillosa Fr. — Sur les écorces des pins, les cônes du Pinus silvestris. — Saintes. G. crustosa (Pers.) Fr. — Sur les écorces des saules, des pins, sur le bois pourri. — Pessines. Odontia membranacea (Bull.) Quel. — Sur les bois pourris. — La Chapelle-des-Pots, Pessines, Saintes. O. denticulata (Pers.) Quel. — Sur les bois pourris, les bran- ches tombées. — T. C. O. alutacea (Fr.) Quel. — Sur les bois pourris des pins, quel- quefois des chênes. — Saintes. O. Pinastri (Fr.) Quel. — Sur les écorces et les bois pourris des pins. — Fouras. O. nivea (Pers.) Quel. — Sur les bois pourris. — A. C. Var. fimbriata Fr. — Sur les bois pourris. — Saintes. — 387 — O. farinacea (Pers.) Cook. et Quel. — Sur les bois pourris. — Saintes. O. arguta (Fr.) Cook. et Quel. — Sur les bois pourris, surtout sur les bois des pins, les branches tombées. — Pessines. O. stipata (Fr.) Cook. et Quel. — Sur les bois pourris. — Sain- tes, Croix-Chapeau, Puilboreau, etc. Furm. ocliroleuca. Hydmim ochroleiicum Pers. — Sur les bois pourris, les branches tombées. — Pessines. O. Barba Jovis (With.) Fr. — Sur les branches tombées. — Saintes. O. fiinbriata (Pers.) Fr. — Sur les bois pourris, les vieilles souches, les branches tombées. — Saintes. O. fallax: (Fr.) Quel. — Sur les bois pourris. — Saintes. IV. TfïÉLÉPHORÉEÎS Pers. Craterellus corniicopioides (L.) Pers. — Dans les bois. — T. C. C. sinuosus Fr. — Dans les bois. — Saintes, Pessines, Font- couverte. Tlielephora Sowerbyi Berk. etBr. ; Elvella pannosa Sow. — Dans les friches, les bruyères, au bord des bois. — Pessines. Th. radiata Fr. — Sous les conifères, à terre. — Saintes. Tli. caryophyllea (Schseff.) Pers. — Dans les bois. — Pessines. Th. anthocephala Bull. — Dans les bois, les friches, les allées. — Pessines. Th. palmata (Scop.) Fr. — Sous les pins, à terre, sur les raci- nes et sur les amas de feuilles pourries des frênes et des saules, dans les bois humides ou inondés l'hiver. — Saintes, la Tremblade, Fouras, où il est T. C. Th. iotybacea Pers. — Dans les bois, les g-azons, au pied des arbres. — Pessines, Saintes. Th. terrestris Ehrh. — A. terre ou sur les bois pourris. — Pes- sines, Saintes, Varzay, Taillebourg-. — 388 — Th. laeîniata Pers. — A terre ou sur les bois pourris, surtout; les bois de pins, — Saintes, Pessines. Th. biennis Fr. — A terre ou sur les bois pourris, les feuilles tombées, les troncs d'arbres, les pierres. — Saint-Sever, Dompierre-sur-Charente, Saintes. Th. cristata (Pers.) Fr. — Dans les bois, sur les mousses, les g-raminées. — Saint-Sever, Fontcouverte, Saintes. Th. spiculosa Fr. — Sur les racines pourries, les amas de feuilles pourries des frênes, des saules, dans les bois maré- cag-eux ou inondés. — Fouras, où il est T. C. Th. sebaeea Pers. ; Corticium sebaceum Quel. — Sur les mousses, les g-raminées, les Carex, les g-randes herbes, les tig'es du Betonica officinalh, de certaines ombellifères, dont il entoure la base et que souvent il recouvre entière- ment à la fin, quelquefois à terre. — A. C. Stereum gausapatum Fr. — Sur les vieux troncs, les vieilles souches. — La Rochelle (Bernard). S. purpureum Pers. — Sur les vieux troncs. — A. C. Var. lilaeiîia. St. lilacinumVev^. — Sur les vieux troncs, par- fois des conifères. — Saint-Christophe, Saintes, etc. S. hirsuiiim (Wild.) Fr. — Sur les vieux troncs. — T. C. S. eristulaUim Quel. — Sur les vieux troncs, les branches tom- bées. — Saintes, Pessines. S. venosum Quel. — Sur les branches tombées des noyers. — Saintes. S. rugosum Fr. — Sur les vieux troncs, surtout des noisetiers. — Pessines, Saintes. Hymenoeheete rubig^inosa (Schrad.) Lév. — Sur les bois pourris. — Pessines, Saintes, Lussant, la Rochelle, Roche- fort, etc. H. tabacina (Sow.) Lév. — Sur les bois pourris, surtout des noisetiers. — Saintes, Pessines. Corticium gî;;5î55îteum Fr — Sur les écorces et les bois coupés des pins. — T. C. — 389 — C. lacteuni Fr. — Sur les branches tombées, les bois pourris. — Pessines, Saintes. C. lae%'e Pars.— Sur les bois pourris, surtout des noisetiers, des ormeaux, des noyers, etc. — A. C. C. roseuui Pers. — Sur les bois pourris des peupliers. — Sain- tes, Pessines. C. fuseuiii Pers. — Sur les bois pourris, surtout des Abies. — Saintes. C. caeruleuin (Schrad.) Pers. — Sur les bois pourris, surtout des pins, les branches tombées, les vieilles clôtures, les bar- rières. — A. C. C. ealceniu Fr. — Sur les bois pourris, surtout des pins. — Saintes. C. livfduni Pers. — Sur les bois pourris, surtout des pins, des ^roseillers, des alaternes, des tamaris, des ormeaux. — Saintes, Pessines, Cozes, la Rochelle. C. înoarnatum (Pers.) Fr. — Sur les écorces et les bois pour- ris, les branches tombées, les sarments des ronces. - A. C. C. nudum Fr. — Sur les écorces et les bois pourris, les bran- ches tombées de VUlmus campestris. — Saintes, Échillais, Saint-Ag-nant, Pessines. C. confluens Fr. — Sur les branches tombées, les sarments du Vitis vinifera, les branches mortes du llosa Hancksiae — A. 0. C. polygonmm Pers. — Sur les écorces et les branches des peupliers, des tilleuls , des châtaigniers, des robiniers, etc. — T. C. C. violaceo-livîduiii (Sonim.) Fr. — Sur les écorces et les branches tombées du Paulownia imperialh. — A. C. C. inaculaeforiiie Fr. — Sur les branches tombées, les bois pourris. — Saintes. C. comedens (Nées) Fr. — Sur les branches tombées des chê- nes, des charmes, des ormeaux, des noyers. — T. C. C. TypUae (Pers.) Fuck.; Desm., var. caricicola Fuck. — A la base des gaines desséchées du Carex pohidosa. — Les Gonds. — 390 — Penîophora quercina (Fr.) Cook. — Sur les branches tom- bées des chênes. — T. C. P. disciformis (D. C.) Cook. — Sur les vieux troncs des chênes. — Pessines, Saintes. P. cinerea (Fr.) Cook. — Sur les écorces et les branches tom- bées des peupliers, des érables, des tilleuls, du Paulovmia imperialis, des Cimtsegus, des frênes, des chèvrefeuilles, des Ahies, des lilas, du Lychim barbarum, du Ligiistrum vidgare, des Viburnimi, etc., etc., et èi la base des tig-es pourries du Pteris aquilina. — T. C. P. pubera (Fr.) Sacc. — Sur les bois pourris, les vieux troncs des ormeaux. — Saintes, Semussac. Coniophora puteana (Schum.) Fr. — Sur les vieilles souches, les bois dans les caves, les chais humides. — A. C. Form. cellaris. Coniophora cellaris Pers. — A terre, dans les endroits humides. — Saintes, C. laxaFr. -- Sur les bois pourris, les mousses, les herbes. — Saintes. C. byssoidea (Pers.) Fr. — A terre, incrustant les mousses, les brindilles, sur l'écorce des vieux ormeaux. — Pessines. Hypochnus epipbyllus (Pers.) Wallr.; .4/Ae/m epiphylla Pers. — Sur les feuilles tombées des chênes. — Saintes. H. serus (Pers.) Fr. — Sur les vieux troncs des saules, les vieux bois, les planches de sapin, les écailles des cônes des cèdres, les sarments des ronces, les vieux troncs du Salvia officinalis. — A. C. Var. Sambucl (Pers.) Fr. — Sur les branches tombées et à la base des vieux troncs des sureaux. — T. C. Var. cretacea Fr. — Sur les bois pourris, les planches de sapin dans les caves. — Saintes. H. ferrug^ineus (Pers.) Fr. — Sur les écorces et les bois pour- ris, les branches tombées de l'Ulex europams. — Pessines. H. acerinus (Pers.) Pat., Bull. Soc. myc. France, t. V, 2® fasc, p. 30; Stereum aceriniim (Pers.) Fr. — Sur les écorces de VAcer campestre. — T. C. — 391 — Cyphella ampla Lév, — Sur les branches tombées du Populus fastigiata. — Saintes, Cravans, Lagord, etc. C. albo-violascens(Alb. et Schw.) Karst. — Sur les branches tombées, les sarments morts du Vitis vinifera, du Wistaria sinensis, les tiges mortes du Spartium junceiim, les branches mortes des lilas, des robiniers, etc. — T. C. C. lœta Fr. — Sur les tiges desséchées des grandes herbes, du Lycopus europœus. — Saintes. C. g^ibbosa Lév. — Sur les tiges mortes du Solajiiim tiiberosum. — Saintes. C. Tillosa (Pers.) Karst. — Sur les tiges mortes des grandes herbes, du Sambiicus Ebulus, du Spartium junceuin^ les gra- minées, les brindilles, les branches mortes du Fkus Carica, les feuilles du Pauloionia imperialis, etc. — A. C. C. punctiforinis (Fr.) Karst. — Sur les feuilles pourries, les feuilles tombées des chênes et des châtaigniers, les brindilles, les tiges du maïs, les sarments des ronces, etc. — T. C. C. sulphurea (Batsch) Fr. — Sur les tiges mortes de VEryn- gium campestre. — Saintes. C. ^aleata (Schm.) Fr. — Sur les grandes mousses. — Pré- guillac. C. muscicola Fr. — Sur les mousses couvrant les vieux arbres. — La Rochelle (Bernard). V.CLA VARIÉES Cord. Sparassis laminosa Fr. — Sous les pins et les chênes. — Sablonceaux (Mousnier, Champ., p. 45) (1). Clavaria flava Schseff. — Dans les bois. — Saintes. C. botrytes Pers. — Dans les bois. — Saintes, Saujon, Font- couverte. (1) Le champignon décrit par M. Mousnier est désigné, dans son ouvrage, probablement par suite d'une erreur d'impression, sous le nom de Sparassis lamelleusca, Sparassis lamellosa, sans autre indication. A ma connaissance, il — 392 — C. amethystina Bull. — Dans les bois, les friches, les gazons, les bruyères. — Pessines, la Chapelle-des-Pots, Saintes, le Pin. C. museoides L. — Dans les prés, parmi les mousses. — Gram- mont (Bernard, loc. cit., p. 337), Puilboreau. C. coralloldes L. — Dans les bois. — Fontcouverte. C. clnerea Bull. — Dans les bois, les friches, les allées des parcs. — A. C. Fo?'m. violascens P. Brun., Mise, myc, p. 7. — Dans les bois. — Fouras. C. lilasoens Quel., FI. myc, o. 4S5. — Dans les bois. — Sain- tes, Saint-Palais-sur-mer. C. cristata Pers. — Dans les bois. — T. C. (1). Form. hispida P. Brun., Champ., III, p. 3. — Pessines. C. rugrosa Bull. — Dans les bois. — A. C. n'existe pa.s de champignon de ce nom. La description donnée par M. Mous- nier ne paraît laisser aucun doute : c'est le Sparassis laminosa Fr. qu'il a voulu désigner. D'après les renseignements que j'ai recueillis, cette espèce apparaît quelquefois, mais très rarement, aux environs de Berthegille, com- mune de Sablonceaux, canton de Saujoa. Je l'y ai, mais en vain, souvent recherchée. Clavaria fastigiata L. et Clavaria rosea Fr. auraient été trouvés l'un au Pin, l'autre à Saint-Agnant. A rechercher. M. Parât croit avoir récolté Polyporus boveaiis Fr., à Rochefort, sur de vieux troncs de sapin. Pour les champignons dont l'existence est douteuse dans la Charente-Infé- rieure, voir mes Notes cryptogamiques relatives à la Charente-Inférieure et à la Charente (Annales de la Société des sciences naturelles de la Rochelle, 1880, n® 17, p. 109) et mes Matériaux pour la flore mycologique des envi- rons de Saintes (Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, vol. XLI, 1887, p. 164). Depuis l'impression commencée de ce travail, j'ai rencontré la forme pallida P. Brun, du Cortinarius stillatitius Fr., à chapeau couleur abricot. U Agaric de Laure, Agaricus Laurse Lesson, Flore rochefortine, p. 574, paraît se rapprocher de VHygrophorus psittacinus Fr. (1) M. Bernard, loc. cit., p. 338, indique une var. du Clav. cristata trouvée au Breuil-Magné, par M. Foucaud, qui se rapproche du Cl. setacea Desm. — 393 — Form. mlnor P. Brun., Champ., III, p. 2. — Dans les bois. — Saintes. C. Krombholzii Fr. — Dans les bois. — Saintes, Fontcou- verte, Pessines. C aurea Schseff. — Sous les pins. — Saujon (Mousnier, Champ., p. 46). C. foriuosa Pars. — Dans les bois, les friches. — A. C. C. flaccida Fr. — A terre, sur les aiguilles des pins. — La Rochelle (Bernard). C. grrisea Pers. — Dans les bois sablonneux, au bord des allées. — Fouras. C. incequalis Mûll. — Dans les bois, les friches, les endroits herbeux, les gazons. — Pessines. Var. subaurautiaca P. Brun., Soc. bot. Fr., 1886, p. 511. — Dans les bois, les gazons. — Pessines. C. ar^îUacea Fr. — Dans les bois, les lieux stériles. — Genouillé. C. vermicularis Scop. — Dans les prés secs, les gazons, les endroits herbeux, les friches. — Saujon, Médis, Saintes, la Rochelle, Pessines, Pisany. C. fra^ilifs Holmsk. — Dans les prés moussus. — A. C. C. pistillaris L. — Dans les bois, les gazons. — T. C. C. junoea Fr. — Sur les feuilles tombées des chênes, des frênes, etc. — A. C. C. canalieulata Fr. — Dans les bois, les gazons, les prés. — Saintes, Fontcouverte, Pessines, la Rochelle. C. falcata Pert. — Dans les bois inondés l'hiver. — Fouras, où il est T. C. C. Brunaudii Quel. — Sur les feuilles desséchées du Zea Mat/s. — Saintes. Calocera viseosa (Pers.) Fr. — Dans les bois, sous les pins, sur les vieilles souches, les vieux bois des pins. — Saintes, Pessines, île d'Oléron. C. palmata (Schum.) Fr. — Sur les bois pourris des peupliers. — Saintes. — 394 — C. cornea Fr. — Sur les vieux bois, dans les fentes des arbres, sur les planches pourries de sapin. — A. C. C. stricta Fr. — Sous les pins, parmi les aig-uilles tombées des pins, sur les bois pourris des chênes et des peupliers. — Saintes, Pessines. C. gracillima Weinm. — Sur l'humus des bois de pins. — La Rochelle. Typhnla sclerotioides Fr. — Sur les tig-es mortes du Pte7ns aquilina. — La Rochelle, Pessines. T. erythropus (Boit.) Fr. - - Sur les stipules, les feuilles tom- bées, les sarments pourris du Vitis vinifera. — Pessines. T. Grevillei Fr. — Sur les sarments pourris du Vitis vinifera^ les feuilles mortes du Juglans regia. — Pessines, Saintes. Pistillaria inicans (Pers.) Fr. — Sur les tig-es mortes de V Eryngium campestre, les pétioles du Paulownia imperialis. — Saintes. P. culinig^ena Fr. in Mont. — Sur les pétioles du Viola siib- carnea. — Saintes. P. quisquiliaris Fr. — Sur les tiges mortes du Pteris aquilina. — T. C. P. Helence Pat. — Sur les tiges pourries du Polygomim Bydro- piper. — Saintes. VI. TREMELLINÉES Fr. Anrlcularia mesenterica (Dicks.) Fr. — Sur les vieilles sou- ches, les vieux troncs, surtout sur ceux des ormeaux. — T. C. Exidia §^landulosa (Bull.) Fr. — Sur les branches tombées des chênes. — T. C. E. albida (Huds.) Bref. — Sur les branches tombées. — Cha- niers, Saiiit-Christophe, Saintes, Pessines, Fouras. Ulocolla foliacea (Pers.) Bref. — Sur les vieux troncs, les bois des pins et des cerisiers. — Saintes, Pessines. — 395 — Var. violas«ens Alb. et Schw. — Sur des planches de sapin. — Saintes, Taillebourg-. Tremella fimbriata Pers. — Sur les branches tombées, les bois pourris. — Saintes, Pessines. T. nigresceiis Fr. ~ Sur les branches tombées, les vieux troncs, notamment des sorbiers. — Échillais (Parât). T. lutescens Pers. — Sur les bois pourris, les branches tom- bées. — Saintes, Taillebourg-, Pessines. T. mesenterica Eetz. — Sur les bois pourris, les branches tombées. — T. C. T, indecorata Somm. — Sur les branches tombées des saules, des peupliers, des chênes, les sarments des ronces. — Saintes, Pessines, Chaniers, Saint-Christophe, Fontcouverte. T. atro-vipens Fr.; T. Genistse Lib. — Sur les branches tom- bées du Sarothamnus Scoparws et de VUlex europseus. — Saintes, Pessines, Chérac. T. g^uttata Bonord. — Sur les écorces des cerisiers. — Pessines. IVœmatelia nucleata (Schw.) Fr. — Sur les branches tombées des noisetiers, des prunelliers, etc., les sarments des ronces. — Saintes. ]X. gemmata (Lév.) Fr. — Sur les branches mortes des houx. — Saintes. Dacryomyces deliquescens (Bull.) Dub. — Sur les bois des pins, les vieilles clôtures, les tiges pourries du fenouil, les branches tombées des peupliers, des saules et des chênes- -A. C. D," stillatus Nées. — Sur les bois de pins. — A. C. D. chrysocomus (Bull.) Tul. — Sur les bois de pins. — A. C. Guepinia Peziza Tul. — Sur les branches tombées du Quercus Ilex. — Fourair. Saintes, le 19 novembre 1889. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. OUVRAGES REÇUS PAR LA SOCIÉTÉ de janvier à déeeinbre l.§89. Prière de signaler à M. l'Arcliiviste-Bibliothécaire les ouvrages qui auraient été expédiés à la Société et ne seraient pas signalés dans ce Bulletin. I P^ Ouvrages donnés par le gouvernement français. Ministère de l'Instruction publique : Revue des travaux scientifiques, 1887, t. VIII, n° 12; 1888, t. IX, n°« 1 à 5. Journal des Savatits, 1888, décembre; 1889, janvier à octobre. Bibliothèque des hautes études, 1887, t. XXXVI. Bulletin des bibliothèques et des archives, 1888, t. V, n°^2et3; 1889, t. VI, n° 1. Annuaire des bibliothèques et des archives, 1889, in-12. Bibliographie des travaux historiques et archéologiques des Sociétés sava?ites de Fraiice, 1888, fascicule 4. Nouvelles archives du Muséum. — 1889, 3^ série, t. 1, P"" fas- cicule. I 2. Publications des Sociétés fra?içaises correspondantes (1). France et Algérie. Abbeville. Société d'émulation. — Procès-verbaux. — Mémoires. Alger. — Société des sciences physiques, naturelles et climatolo- giques. — 1888, 25® année. (1) Quand le nom de la publication est rappelé sans autre indication, c'est que la Société correspondante n'a rien envoyé en 1889. — 398 — Amiens. Société Lmnéemie du nord de la France. — Bulletin, 1888, t. IX, n°^ 187 à 210. Angers. Société académique de Maine-et-Loire. — Mémoires. Angers. Société industrielle et agricole. — Bulletin. Angers. Société d'études scientifiques. — Nouvelle série, 1887, t. XVII. Arcaohon. Société scientifique. — Compte-rendu. AuTUN. Société d'histoire naturelle. — Bulletin, 1889, t. IL Auxerre. Société des sciences historiques et naturelles du dépar- tement de l'Yonne. — 1889, t. XLIII, P'" semestre. Bagnères-de-Bigorre. Société Ramond. — Bulletin, 1889, 25^ an- née, P'' et 2^ trimestres. Bar-le-Duc. Société des lettres^ sciences et arts. — Mémoires. Besançon. Société d'émulation du département du Doubs. — Mémoires, 1888, 6« série, t. III. Bone. Académie d'Hippone. — 1888, Bulletin, n° 23; 1889, Bulle- tin, n° 24; 1888, Compte-rendu, séance du 15 décembre. Bordeaux. Académie des sciences, belles-lettres et arts. — Actes. Bordeaux. Société des sciences physiques et naturelles. — Mé- moires, 1888, 3^ série, t. IV. Bordeaux. — Société de médecine et de chirurgie. — Mémoires et Bulletin de 1888-1889, Y' et 2« fascicules. Bordeaux. Société de pharmacie. Bordeaux. Société d' agriculture de la Gironde. — 1888, 43^ an née, 4« trimestre; 1889, 44« année, l""' et 2® trimestres. Bordeaux. Société d'horticulture de la Gironde. — Nouvelles annales, 1888, t. XI, n° 44; 1889, t. XII, Y\ 2« et 3^ trimestres. Bordeaux. Société de géographie commerciale. — Bulletin. Bordeaux. Société d anthropologie de Bordeaux et du Sud- Ouest. Bordeaux. Journal d'histoire nalurelle de Bordeaux et du Sud- Ouest. — 2e série, 7^ année, 1888, n° 12. Bordeaux. Annales des scie?îces naturelles de Bordeaux et du Sud-Ouest. — Mémoires. Brest. Société académique. — Bulletin, 1887-88, 2^ série, t. XIII. Caen. Société Linnéenne de Normandie. — Bulletin, 4* série, 1887-88, t. II. Chalons-sur-Marne. Société d'agriculture, commette, scie?ices et arts de la Marne. — Mémoires. — 399 — CYLER^ov-RÇi. Société des sciences naturelles. — 1859, t. Vil; 1861, t. VIII; 1868, 2« série, t. XIII. CoLMAR. Société d'histoire naturelle. — Bulletin. Dax. Société de Borda. — Bulletin, 1889, 14° année, 1", 2^ et 3« trimestres. Dijon. Acadé?nie des sciences, belles-lettres et arts. — Mémoires, 1839-40 ; 1887, 3« série, t. X. La Rochelle. Académie, section des sciences naturelles. — An- nales, 1888, n° 25. Le Hatre. Société des sciences et arts agricoles. — 4P Bulletin, 1889. Le Mans. Société d'agriculture., sciences et arts de la Sarthe. — Bulletin, 3« série, 1888, t. XXXI, 4^ fascicule ; 1889, t. XXXII, no 1. Lille. Société géologique du nord de la France. — Annales, 1887-88, t. XV. Lille. Société des sciences, de V agriculture et des arts. — Les tomes 1834, 1836, 1837; pe partie 1838 (nous avons la 2« partie). 4« série, 1878, t. V. Limoges. Société Gay-Lussac. — 1888, 3^ année, bP* 10 et 11. Lyon. Société Linnéenne. — Annales, 1885, t. XXXII; 1886, t. XXXIII; 1887, t. XXXIV. Lyon. Société botanique. — Bulletin trimestriel, procès-verbaux, 1888, janvier, décembre. — Annales, 1886, 14« année; 1887, 15*^ année. Marseille. Annales du musée d'histoire naturelle. Marseille. Société de statistique. — Répertoire des travaux de la Société, 1888, t. XLIX, V 2' et 3« parties. MoNTBÉLiARD. Société d'é?nulatio?i. — Mémoires 1888, t. XIX. Montpellier. Société ce^itrale cV agriculture de l'Hérault. — Bulletin. Nancy. Académie de Stanislas. — Bulletin, 1888, 5^ série, 139« année, t. VI. Nancy. Société des sciences (ancienne Société des sciences de Strasbourg). — 1888, 21« année, 2« série, t. IX, fascicule, n^ 22. Nîmes. Société d'étude des sciences naturelles. — 1887, 15^ année; 1888, 16« année; 1889, 17" année, n°« 1 à 3. Niort. Bulletin de la Bibliothèque scientifique de l'Ouest. — 1888, l""* année, n°s 8 à 11. — 400 — Orléans. Société d^ agriculture, sciences, belles-lettres et arts. — 1888, t. XXVIII; 1889, t. XXIX. l^' semestre. Orléans. Société d'horticulture d'Orléans et du Loiret. — Nouvelle série, 1888, 3'' série, t. X, novembre et décembre. Paris. Académie des sciences. Institut de France. — Comptes- rendus hebdomadaires des séances, t. CV, et CVI; table générale des comptes-rendus 1866 à 1880, t. LXII à XCI. Lois, statuts et règlements, 1889. Paris. Société botajiique de France. — 1887, t. XXXIV, table et couverture; 1888, t. XXXV, compte-rendu, n°« 4 et 5; 1888, t. XXXV, revue D; 1888, t. XXXV, session extraordinaire de Narbonne; 1889, t. XXXVI, revue A, B; 1889, t. XXXVI, compte- rendu, n° 1, à 5. Paris. Société centrale dliorticulture de France. — 3® série; 1888, t. X. décembre; 1889, t. XI, n°« 1 à 10. Catalogue général des fruits imités, 1889. Paris. Société zoologique de France. — Bulletin, 1888, t. XIII, n°^ 9 et 10: 1889, t. XIV, n°« 1 à 8. Paris. Société géologique de France. — Bulletin, 1831, t. I; 1839-40, t. XI; 1840-41, t. XII; 1841-42, t. XIII; 1842-43, t. XIV; 2« série, 1843-44, t. I, 1844-45, t. II; 1846-47, t. IV; 1888, 3« série, t. XVI, n°« 8 à 10; 1889, 3^ série, t. XVII, n°^ 1 à 8. Paris. Association française pour t avancement des sciences. — 17^ session d'Oran, 1888, en deux volumes; informations et documents, 1889, n» 54. Paris. Société de secours des amis des scie?ices. Paris. Feuille des Jeunes naturalistes. — 1889, 19^ année, n°^ 219 à 230. Catalogue de la bibliothèque, 1889, n°^ 5 et 6. Paris. Société philomathique . — Bulletin, 1887-88, 7« série, t. XII. Paris. Journal de conchyliologie. — 1888, 3® série, t. XXVIII, n° 4; 1889, 3° série, t. XXIX, n°^ 1, 2. Paris. Annuaire géologique universel. — 1889, t. IV. Paris. Bulletin de la Société d'études scientifiques de Paris. — 1888, 11« année, P"' et 2^ semestres; 1889, 12^ année, 1" se- mestre. Paris. Revue générale de botanique. — 1889, t. I, n°* 2 à 11. Perpignan. Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées- Orientales. — 1889, t. XXX. — 401 — Poitiers. Société académique d'agriculture, belles-lettres, sciences et arts. — 1888, n"^ 293 à 300. Rouen. Société des amis des sciences naturelles. — Bulletin, 1888, 3^ série, 24« année, 2® semestre. Semur. Société des sciences naturelles. Toulouse. Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres. — 1888, 8^ série, t. X. TovLOvsE. Société d'histoire ?iatu?'elle. — Bulletin, 1888. t. XXII, 22'' année, 2% 3^ et 4« trimestres. Toulouse. Société des sciences phijsiques et naturelles. — Bulletin. Toulouse. Société Hispano-Portugaise. — Bulletin, 1889, t. XII. Troyes. Société académique du département de l'Aube. — Mé- moires, 1888, 3« série, t. XXV. Vannes. Société polymathique du Morbihan. — Bulletin. Verdun. Société philomathicjue. I 3^ — Sociétés correspotidantes étraiigères. AUemag'ne. Berlin. Société botayiique de Brandebourg . — Verhandlung-en des botanischen Vereins der Provinz Brandenburg, 1889, t. XXX; 1859 à 1888, table g'énérale des t. I à XXX. Bkrlin. Société géologique allemande. — Zeitschrift der Deuts- chen g-eolog-isclien g-esellschaft, 1888, t. XL, n"« 3 et 4; 1889, t. XLI, 11° 1 ; Katalog- der Bibliothek Bonn. Société d'histoire naturelle de la Prusse Rhénane. — Ver- handlung-en des naturhistorischen Vereins der preussichen Rheinlande, 1888, t. XLV, 2'' partie; 1889, t. XLVl, P" et 2® parties. Brème. Société des sciences naturelles. — Abliandlungen heraus- geg'eben von naturwissenschaftlichen Vereino zu Bremen, 1889, t. X, n° 3. Brunswick. Société des scieiices naturelles. — Jahresbericht des Vereins ftir Naturwissenschaft. Erlangen. Société de physique et de médecine. — Sitzungsbe- richte der physikalisch-medicinischen Societàt zu Erlang-en, 18»8. Tome XLIII 26 — 402 — GiESSEN. Société des sciences naturelles et inédicales de la Haute- Hesse. — Bericlit der oberhessischen Gesellschaft fur Natur und Heilkunde, 1889, t. XXVI. Greifswald. Société des sciences nalurelles. — Mittheilungen ans dem naturwissenschaftlichen Vereine von Neu-Vorpommern und Rûg-en in Greifswald, 1888, t. XX. Halle. Académie impériale Leopoldino-Caroline. — Nova acta academise csesareeeLeopoldino-Carolinge, 1887, t. L; 1888, t. LI ; 1888, t. LU ; Katalog" der Bibliothek. Procès-verbaux, 1887, t. XXIII; 1888, t. XXIV. Hambourg. Institut scientifique. — Jahrbiicli der Hamburg-ischen wissenschaftlichen Anstalten, 1888, t. VI, P'' et 2" fascicules. Kœnigsberg-. Société physico-économique.— Schriften der physika lich-ôkonomischen Gesellschaft zu Kônig-sberg-, 1889, t. XXIX. Leipzig. — Zoologischer Anzeiger, 1888, t. XI, n°« 290 à 296; 1889, t. XII, no^ 297 à 322. Munich. Académie des sciences de Bavière. — Abhandlung-en der mathematisch-physikalischen Classe der kônigdich bayerischen Akademie der Wissenschaften zu Mûnchen, 1888. t. XVI, n^ 3. Sitzung-sberichte der mathematisch-physikalischen Classe der k. b. Akademie der Wissenschaften zu Mûnchen, 1887, t. XVII, 3« fascicule; 1888, t. XVIII, P"" et 2« fascicules. Der Bayerische Preecisions-nivellement. Miinchen, 1888. MiiNSTER. Société des sciences et arts de la province de West- plialie. — Jahresbericht des Westfalischen provenzial Vereins fiir Wissenschaft und Kunst, 1888. Wiesbaden. Société des sciences naturelles de Nassau. — Jahrbû- cher des nassauischen Vereins fur Naturkunde, 1878, t. XXI; 1879. t. XXII; 1888, t. XLI; 1889, t. XLII. Alsace-Lorraine. Metz. Académie. — Mémoires, 1885-86, 68^ année, 15^ année de la 3^ série. Metz. Société d'histoire naturelle. — Bulletin. Strasbourg. — Botanische Zeitung 1888, t. XLVI, n°^ 51 et 52. — 403 — Australie. SiDNEY. — Mines and minerai statistics. Autriche-Hongrie. Brûnn, Société des naturalistes. — Verhandlungen des natur- forschenden Vereines in Brûnn, 1887, t. XXIV. BRtiNN. Commission météorologique. — Berich,t der meteorolo- gischen commission Brûnn, 1888, t. VIL Cracovie. Académie des scie7ices — Bulletin international, 1889, n°^ 5 et 6. Trieste. Musée d'histoire naturelle de la ville. — Atti del museo civico di Storia naturale. Vienne. Académie impériale des sciences. — Denkschriften der kaiserlichen Akademie der Wissenscliaften, 1888, t. LIV. SitzuDg-sberichte der kaiserlichen Akademie der Wissens- cliaften : mathematisch-naturwissenschaftliche Classe, 1888, t. XCVII, n°« pi« à 5. Vienne, bistitut impérial géologique d'Autriche. — Jahrbuch der kaiserlich-kônig-lichen g-eolog'ischen Reichsanstalts, 1888, t. XXXVIII, ¥ fascicule; 1889, t. XXXIX, P^ et 2« fasci- cules. Vienne. Société impériale de géographie. — Mittheilung-en der kaiserlichen und kôniglichen g-eog-raphischen Gesellschaft in Wien. Vienne. — Société de zoologie et de botanique.— Verhandlungen der kaiserliche und kônigliche zoologisch-botanischen Gesells- chaft, 1852, t. I; 1853, t. III; 1854, t. IV; 1855, t. V; 1856, t. VI; 1861, t. XI; 1832, t. XII; 1864, t. XIV; 1868, t. XVIII; 1888, t. XXXVIII, ii-^^ 3 et 4; 1889, t. XXXIX, n°« 1 et 2. Vienne. Musée d'histoire naturelle de la Cour. — Annalen des naturhistorischen Hofmuseum, 1888, t. III, 3" et 4^ fascicules; 1889, t. IV, 1", 2« et 3^ fascicules. - 404 — Belgique. Bruxelles. Académie royale des sciences, des lettres et des beaux- arts de Belgique. — Mémoires des membres, in-8°, 1887, t. XL; 1888, t. XLI; 1889, t. XLII. Mémoires des savants étrangers. in4°, 1888, t. XLIX, Bulletin de l'Académie, 1887, t. XIII et XIV ; 1883, t. XV et XVI. Annuaires, 1888, 54^ année; 1889, 55« année. Bruxelles. Société royale de botanique de Belgique. — Bulletin, 1887, t. XXVI, 2« partie; 1888, t. XVII, V^ partie, Bruxelles. Société entomologique de Belgique. — Procès- verbaux. Annales, 1887, t. XXXI. Bruxelles. Société Linnéetifie de Bruxelles. — Bulletin. Bruxelles. Société malacologique de Belgique. — Procès- verbaux. Annales, 1871, t. VI; 1887, t. XXII. Bruxelles. Société belge de microscopie. — Procès-verbaux, 1888, 15« année, octobre à décembre; 1889, 16^ année, janvier à novembre. Liège. Société royale des sciences — Mémoires, 1889, 2^ série, t. XVI. Liège. Société géologique de Belgique. — Annales, 1888, t. XIII, 2« livraison; 1888, t. XIV; 1888. t. XV, V% 2« et 3e livraisons ; 1889, t. XVI, pe livraison. Liège. Bulletins de la Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique. Brésil. Ri 0-DE- Janeiro. Musée national — Archivos do Museu nacional, 1887, t. VII. - 405 — Canada. Montréal. Comité géologique et d'histoire naturelle du Canada. — Geolog'ical and natural history Survey of Canada, Report 1885, avec 6 cartes géologiques; 1886, avec 4 cartes géologi- ques accompagnant le texte. Contributions to canadian palœontology, 1885-1889, t. I, 2^ partie. Québec. Le Naturaliste Canadien. — 1888, t. XVIII, n° 5 à 12; 1889, t. XIX, n'^« 1 à 5. Chine. Shanghaï. Collection des douanes maritimes. — Catalogue of tlie chinese impérial maritime customs collection, 1876. Danemark. Copenhague. Académie royale. —Mémoires, 1856, t. I, 2« livrai- son; 1861, t. IV, P« livraison. Bulletin, 1888, n° 2; 1889, n° 1. Copenhague. 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XVII, n^^ 3, 4 et 5; 1889, t. XVIII. Annual report of the curator of the Muséum, 1887-88. Illustrated Catalog-ue, 1865, n° 1; 1866, n° 2; 1870, n^ 3. Maine. Commissioji of fisheries of the State of Maiue. — 1871 à 1881. New -York. Académie des sciences. — Transactions of the aca- demy of sciences 1889. T. VIIl. n°^ 1 à 4. Annals of the academy of sciences. Philadelphie. Société philosophique américaine. — Proceedings of the american philosophical Society, 1888, t. XXV, n'^^ 128 et 129. Philadelphie. Société des sciences naturelles. — Proceedings, of the Society of Natural sciences, 1888, part. 2. Philadelphie. Académie des sciences naturelles. — Journal of the Academy of natural sciences. Proceedings, 1888, 3^ partie; 1889, P*^ partie. Philadelphie. Institut scientifique libre Wagner. — Transactions of the Wagner free institute of sciences. PoRTLAND. Société de Portland. — Proceedings of the Portland Society, 1880, 1881, 1882, 1888 et 1889 Catalogue, 1882. Saint-Louis. 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Westeelund, membre correspondant, annonçant un important envoi de ses publications, destiné à la bibliothèque de la Société. Envoi par la Société Scientifique de Liverpool de ses publications dont elle demande l'échange avec les Actes de la Société, M. Fallot est chargé de pré- senter un rapport à ce sujet. Lettre de M. Latastb annonçant l'envoi de dessins dont il demande la publication à la suite du mémoire sous presse. ADMINISTRATION. La Société vote un crédit supplémentaire pour solder le compte de M. Durand, imprimeur, pour l'exercice 1887, lequel s'élève à 3,212 francs, au lieu de 1,500 francs prévus au budget. MOUVEMENT DU PERSONNEL. Sur le rapport favorable présenté par M. Renoist, M. BOULENGER est élu membre correspondant. Séance du 3 juillet 1889. Présidence de M. DEGRANGE-TOUZIN, président. CORRESPONDANCE. Lettres de la Société d'Histoire naturelle d'Autun, du Comité pour l'explora- tion géologique du Canada, de la Direction de la Boianisc.he Zeiiung, relatives aux échanges de publications. XLIX Circulaires relatives au Congrès international d'anthropologie et à la session extraordinaire de l'Association française pour l'avancement des sciences. M. W. Dubreuilh est désigné pour représenter la Société à cette dernière réunion. Lettres de M. Lataste relatives aux planches dont il demande l'insertion. L'examen des questions soulevées par ces lettres est confié à la Commission des publications. COMMUNICATIONS. M. DE LoYNES fait les communications suivantes : Découverte du Splachnuzn ampallaceuza L. dans la Gironde. Cette mousse, si remarquable par son apophyse beaucoup plus grande que la capsule, fortement renflée au sommet et insensiblement atténuée à la base, quoique répandue dans toute l'Europe et dans l'Amérique du Nord, est très rare et tend à disparaître par suite du dessèchement des marais. Pour la France elle se rencontre principalement en Bretagne; mais elle n'a jamais été trouvée dans l'Ouest au sud de la Loire, ni au sud de la Garonne si ce n'est dans la vallée de Médasolles près Luchon. Nous avons eu l'extrême plaisir de la découvrir, le 16 juin dernier, dans des marécages tourbeux situés dans la commune d'Uzeste sur les bords du ruisseau de la Font de la Lève. Les échantillons que nous vous présentons proviennent de cette localité. Nous n'avons qu'une seule remarque à vous soumettre à cet égard. D'après les auteurs du Bryologia europsea (t. III, Splachnum^ p. 10), ses capsules atteignent leur maturité au mois de juillet. D'après Schimper (Synopsis, l^e édit., p. 309) c'est au commencement de l'été, et d'après M. l'abbé Boulay c'est pendant l'été qu'on peut les récolter en cet état. Or, sur les échantillons que nous avons recueillis, les capsules sont absolument mûres, peut-être même trop mûres puisqu'elles ont perdu non seulement leur coiffe mais encore leur oper- cule. Nous en concluons que, dans notre localité, les capsules du Splachnum ampuUaceum atteignent leur maturité dès le commencement du mois de juin, c'est-à-dire dès la fin du printemps. Cette mousse paraît extrêmement rare dans cette localité. Le 12 mai dernier nous avions remarqué une touffe d'une mousse qui avait attiré notre attention. Nous avions soupçonné dès cette époque qu'elle pouvait bien appartenir au genre Splachnum; mais les capsules étaient trop peu développées pour nous Procès- Vebbaux, 1889. — Tome XLIII. ô L permettre une détermination certaine. Nous avions, en conséquence, respecté cette touffe, nous promettant de revenir pour l'observer de nouveau. Malgré les plus actives recherches que nous avons prolongées pendant trois heures, il nous a été impossible de la retrouver; mais dans un autre marais en aval nous avons découvert une touffe unique à laquelle nous avons pris nos échantillons. Le BuiLbauznia apbylla Hall, dans la Gironde. •Cette mousse si curieuse, si singulière, que pendant assez longtemps les botanistes ne savaient où la classer et que quelques-uns la réunirent même aux champignons, paraît affectionner principalement les montagnes ou les pays septentrionaux. M. l'abbé Boulay l'indique à Saint-Sever, près de l'Adour, sur la foi de Dufour; et M. F. Renauld l'a observée aux environs de la gare de Morcenx, où elle serait rare. Dans la Gironde, elle n'a été recueillie que dans deux localités : dans la commune du Pian et à Arcachon. Elle fut découverte par Belloc, le 12 mars 1861, sur la bordure d'un petit bois de châtaigniers, à un kilomètre avant d'arriver au pont de Mouchac, dans la commune du Pian, canton de Saint-Macaire. Elle fut découverte au mois de mars 1865, par M™" Alexis Lafont et M"^ Ha- meau, à Arcachon dans le sable à peine mêlé de quelques Cladonia naissants, au bord d'un garde-feu, près de la chapelle. De ces deux localités, la dernière a probablement disparu, grâce aux inces- sants progrès et au développement continu de notre station balnéaire. Quant à la première, le bois de châtaigniers existe toujours; mais le talus a été refait, et, malgré des recherches répétées, aucun des botanistes bordelais n'a pu y récolter le Buxhaumia aphylla. Peut-être, faut-il ajouter que cette mousse est sporadique et instable entre toutes et attribuer sa disparition à cette cause. Nous avons eu le plaisir de la récolter, le 31 mars dernier, aux environs de Langon, près de la route de Fargues-de-Langon, sur la jetée d'un fossé plantée de châtaigniers, dans les endroits à peu près nus ou à peine garnis de quelques mousses rases, c'est-à-dire dans des conditions analogues à celles où elle fut découverte par Belloc en 1861. Les échantillons que nous vous présentons proviennent de cette localité. La jetée du fossé sur laquelle croît le Buxbau- niia est exposée au Î^ord-Est; mais notre mousse ne se rencontre guère que dans le voisinage immédiat des souches de châtaigniers qui la protègent contre les vents du Nord. lil De la gare du Nizan à Villandraut, par la vallée de la Font de la Lève. Nous venons tenir la promesse que nous vous avons faite et vous rendre compte des résultats cryptogamiques de l'excursion que nous avons accomplie le 12 mai dernier de la gare du Nizan à Villandraut par la vallée de la Font de la Lève. Une nouvelle excursion faite le 16 juin suivant nous permettra d'être plus complet dans nos indications. Parti de la gare du Nizan, nous suivons tout d'abord la route de Bazas à Villandraut, sur le talus de gauche nous remarquons une mousse que nous y avons déjà observée et que nous avons recueillie il y a quelques années un peu plus haut dans la même commune du Nizan, près du hameau de Perron. Malheureusement elle était alors stérile et l'absence de capsules ne nous a pas permis de la déterminer. Aujourd'hui encore elle paraît stérile. Sans nous décourager nous recommençons nos recherches et nous les poursuivons avec une persévérance enfin couronnée de succès. A notre grande satisfaction, nous finissons par découvrir quelques capsules, d'ailleurs en nombre assez limité. La forme de la coiffe nous permet de reconnaître un Encalypta. Mais les capsules sont trop jeunes; il nous est impossible d'y constater les stries en spirale, caractéristiques de VEncalypta streptocarpa Hedw. Néanmoins les caractères que présentent les feuilles ne nous laissent aucun doute; notre mousse est certainement VEncalypta streptocarpa HedAv. Cette mousse n'a jamais été signalée dans notre département. Ni Laterrade, ni des Moulins et Lespinasse, ni notre cher collègue M. Motelay ne l'ont mentionnée ; et, à notre connaissance, elle n'existe dans aucun des herbiers girondins. C'est une découverte à ajouter à celles en grand nombre que nous avons faites dans cette commune du Nizan, si riche au point de vue botanique, et c'est une découverte intéressante. En effet Schimper dit dans son Synopsis que cette mousse préfère de beaucoup les rochers calcaires : calcarea prx cseteris amans, et il la cite comme très commune dans les montagnes calcaires du Jura où elle fructifie habituellement. M. l'abbé Boulay dit de même dans ses Muscinées de France (p. 312), qu'elle croît dans les fissures des rochers calcaires, que sur les terrains silicieux elle n'existe qu'en raison du mortier calcaire des vieux murs, dans les ruines, les murs des cimetières et presque toujours à l'état stérile. Mon excellent ami, M. E. Roze, m'écrit également qu'il ne l'a recueillie fertile qu'une seule fois sur des affleurements calcaires dans la forêt de LU Villers-Cotterets, mais qu'il l'a observée stérile dans des endroits plus ou moins calcaires ou siliceux. Les nombreux échantillons que l'herbier Durieu de Maisonneuve renferme de cette intéressante espèce et qui nous ont été communiqués par M. Motelay avec une obligeance universellement connue dont nous sommes heureux de le remercier publiquement, confirment ces observations. Ceux qui portent des capsules semblent tous provenir des terrains calcaires. Nos observations personnelles concordent avec ces indications. Nous n'avons récolté VE. streptocarpa qu'une seule fois : dans les fissures des rochers cal- caires à la Cassette près Poitiers; il y était stérile au mois d'octobre; mais ses feuilles obtuses et mutiques ne nous laissent aucun doute sur l'exactitude de cette détermination. De même enfin MM. Jeanbernat et F. Renault ne signalent pas cette mousse dans les Landes; ils ne l'indiquent que sur les collines tertiaires aux environs d'Agen (Guide du Bryologue dans la chaîne des Pyrénées et le sud-ouest de la France, p. 19), où elle est assez rare, aux environs immédiats de la gare de Saint-Antonin, dans le Tarn-et-Garonne {op. cit.^ p. 20) et enfin dans le massif des Corbière s (op. cit., p. 37). Nous avons eu l'heureuse fortune de découvrir pour la première fois cette mousse intéressante dans nos landes et de l'y récolter en bon état de fructi- fication. Il nous paraît à peu près certain que le sable dans lequel elle croît est siliceux. Car nous ne connaissons dans cette localité aucun afiieurement calcaire, et s'il existe dans le sol des bancs calcaires, ils sont à une certaine profondeur et séparés de la superficie par cette couche imperméable qu'on nomme Vallios et ne peuvent manifestement exercer aucune influence sur le développement de notre mousse. Nous pouvons donc ajouter aux observations des auteurs une remarque importante. UEncalypta streptocarpa ne vient pas seulement dans les terrains calcaires; il se développe également sur les talus des routes de nos landes boisées, en plein terrain siliceux. Enfin dans ce terrain il fructifie. En ce qui concerne l'époque de la maturité des capsules, nos observations confirment celles des auteurs. Schimper {Synopsis, l^^ édit., p. 292) la fixe à la fin de l'été; M. T. Husnot {Flore analytique et descriptive des mousses du Nord-Ouest, l"^ édit., p. 112) à l'été, et M. l'abbé Boulay {Muscinées de France, p. 312) au mois d'août. Les nombreuses indications, que nous avons relevées dans l'herbier Durieu de Maisonneuve, concordent parfaitement. Enfin nous sommes certain que dans notre localité les capsules n'atteindront leur complète maturité que dans le courant de l'été. Sur ce même talus ou dans le voisinage nous pouvons recueillir un Amblys- LUI tegium qui se rapproche beaucoup de l'A. confervoides B. E., VHypnum purum L., VHypnum molluscum Hedw., le Barbuïa unguiculata Hedw., le Barhula subulataliieàvf.ile WeisiacirrhatalA.ea.vf., le Didymodon ruhellus B. E., le Bryum capillare L. Nous y recueillons un Anthoceros que nous croyons être l'A. lœvis L., bien qu'il soit stérile. Enfin nous y récoltons en très bel état de fructification le Preissia commutata Nées. D'après M. T. Husnot, il croît sur les rochers humides, aux bords des torrents, dans les marais et sur les vieux murs. D'après le Synopsis hepaticarum de Gottsche, Lindenberg et Nées, il vient dans les montagnes, principalement sur les roches calcaires humides au milieu des mousses. Il n'a jamais été observé dans les landes. C'est la première fois qu'il y est recueilli. Nos échantillons portent des fleurs mâles longuement pédonculées et des fleurs femelles. Vérifiée par M. Stephani de Leipzig, cette détermination nous paraît certaine. Il n'en est pas moins très curieux que nous ayons récolté sur le même talus siliceux, vivant côte à côte deux muscinées, une mousse et ime hépatique qui afi'ectionnent de préférence les terrains calcaires; il est étrange que nous ayons recueilli sur ce talus sablonneux une hépatique qui se développe ordi- nairement sur les rochers. Enfin sur ce talus nous pouvons aussi obsei'ver un champignon, qui croyons- nous, est assez répandu, le Peziza cochleata Huds. Après avoir fait une suffisante moisson de ces plantes intéressantes, nous ne tardons pas à atteindre les Mouliattes. Quittant alors la route de Vil- landraut, nous suivons pendant quelques instants la route d'Uzeste et de Préchac. Nous l'abandonnons bientôt pour entrer dans les marais situés sur la rive gauche du ruisseau de la Font de la Lève. Nous sommes dans la commune d'Uzeste où s'accomplira désormais la prescj^ue totalité de notre excursion. C'est dans ce marais que nous avons découvert le 27 mars 1887 le Sphag- noecitis communis Nées (Voy. notre Essai d'un catalogue des hépatiques de la Gironde, p. 46). A cette date, il était en parfait état de fructification. Aujour- d'hui, il ne reste plus de capsules, les échantillons que nous récoltons sont stériles. Par conséquent, dans notre région comme dans la Bretagne, cette hépatique fructifie en mars-avril. Il est probable qu'en indiquant l'été comme date de la maturité des capsules [Hepaticologia gallica, p. 51, n° 84), M. T. Husnot a eu en vue des localités plus septentrionales ou d'une altitude plus élevée. Nous pouvons aussi y recueillir le Jungermannia seiacea Web., déjà observée par nous dans un marais contigu situé sur le territoire de la com- LIV mune du Nizan (Voy. notre Essai d'un catalogue des hépatiques de la Gironde, p. 18, n» 29). Là nous récoltons en bel état de fructification d'assez nombreux échantillons de Dicranum spurium Hedw., qui préfère de beaucoup les lieux secs ou desséchés et ne se développe qu'accidentellement dans les marécages et les tourbières; nous y recueillons le Sphagnum cymbifolium Ehrh., le Sphagnum rigidum Schpr., le Sphagnum subsecundum Nées, le Sphagnum acutifolium Ehrh. couvert de nombreuses capsules, le Sphagnum acutifolium Ehrh. var. pur pur eum,\e Dicranum scoparium L., P OrthophyllumB. E., forma paludosa, \c Leucohryum glaucum Hampe, dont les capsules paraissent plus longuement pédicellées que d'ordinaire, le Calypogeia Trichomanis Corda. Nous obser- vons enfin le Mitrula paludosa Fr., ce champignon si remarquable par sa station puisqu'il croît sur les feuilles pourrissantes, au milieu des mousses dans les marais et les fossés. Nous l'avons déjà noté dans les mêmes condi- tions aux environs de Balizac, lors de l'excursion trimestrielle du 26 avril 1885. Nous pouvions également le récolter le 26 mai dernier aux environs de la station de Lamothe. Dans le bois qui s'étend au-dessus de notre vallée nous trouvons sur les branches mortes et tombées de Betula alba L.,le Poly- porus brumalis Fries en magnifique état; côte à côte nous en recueillons des échantillons très jeunes et d'autres qui ont atteint leur complet développe- ment, ce champignon persistant pendant deux ans. Peu à peu les rives du ruisseau s'élèvent et elles forment bientôt un escar- pement abrupte couvert d'arbres épais entre lesquels nous observons le Mnium undulatum Hedw. orné de nombreuses capsules et le rare Bryum roseum Schreb. que nous nous réservons de rechercher en automne pour savoir s'il fructifie dans notre région. Nous avons déjà découvert cette mousse dans la vallée du ruisseau d'Origne le 27 avril 1885. Ce sont les deux seules loca- lités que nous connaissions de cette curieuse espèce. Comme nous vous l'avons déjà dit, elle n'est citée dans aucun des ouvrages relatifs aux Musci- nées de la Gironde et elle ne figure dans aucun des herbiers girondins venant d'une autre localité. Enfin au bord des sources que nous rencontrons sur notre route nous pouvons récolter quelques rares échantillons de Mnium punctatum L. Ils sont stériles. Nous parvenons ensuite au moulin de Fortis, puis au moulin de Gamachot. Là, nous abandonnons la vallée que nous avons parcourue et nous suivons la voie ferrée qui nous conduira à Villandraut. Nous quittons la commune d'Uzeste et nous entrons dans celle de Villandraut. Au milieu des bruyères, sur les bords des fossés ou de ces creux peu profonds que la moindre pluie remplit, par conséquent dans des endroits actuellement secs, et dans sa station ordinaire, LV nous recueillons de beaux écliantillons fructifies de Dicranum spurhim Hedw. Enfin, dans le sable qui recouvre les traverses de la voie ferrée, nous récol- tons VAjnanita baccata Quélet. C'est une forme de VAmanila (Agaricus) solitaria Bull. Elle s'en distingue par l'absence d'anneau ou tout au moins par son oblitération. Ce champignon est indiqué par M. Pries {Hijmenomycetes europœi, 2e édit., p. 28), dans les forêts de France et d'Italie; par M. Quélet (Flore mycologique de la France et des pays limitrophes, p. 307), dans les Alpes-Maritimes et en Saintonge; et par M. Moyen (Les Champignons, p. 381), dans le Midi, où il serait rare. Dans sa Flore (p. 540), Laterrade indique aux environs de Bazas V Agaricus (Amanità) solitarius Bull. Mais cet auteur garde le silence sur l'anneau. Or, ce caractère permet seul de distinguer nos deux espèces. Par conséquent, il nous est impossible de dire avec certitude à quelle espèce se réfèrent ses indications. Quoi qu'il en soit, ce champignon est cer- tainement rare, et c'est avec plaisir que nous l'avons récolté et que nous le signalons. Découverte du Riccia tumida Lindenb. dans le Sud-Ouest. Dans une excursion que j'ai faite le 26 mai dernier, en compagnie de M. Motelay, j'ai découvert un Riccia, dont la détermination ne fut pas sans présenter quelque difficulté. Grâce à l'obligeance de M. T. Husnot et de M. F. Stephani, de Leipzig, j'acquis la certitude d'avoir découvert, dans notre région, le Riccia tumida Lindenb. Dans leur Synopsis hepaticarum, Gottsche, Lindenberg et Nées ab Esenbeck l'indiquent aux environs de Florence, dans l'Italie méridionale, en Sardaigne et en Corse. M. F. Stephani le dit assez commun en Italie. Il le croit assez répandu dans le voisinage de la Méditerranée, car il l'a reçu récemment d'Alger. Il n'est indiqué, en France, que sur un terrain sablonneux, entre Saint-Quentin et Saint- Victor-des-OuUes, dans le département du Gard, où il fut trouvé par M. l'abbé Boulay. Nous l'avons découvert dans des conditions analogues, croissant sur un terrain sablonneux , aux environs de la gare de Lamothe. Il nous a paru intéressant de vous signaler cette espèce, extrêmement rare en France et qui se développe ici en dehors de toute influence méditerranéenne. Séance du 17 juillet 1889. Présidence de M. DEGRANGE-TOUZIN, président. CORRESPONDANCE. Circulaire relative au congrès international de botanique de 1889. ADMINISTRATION. M. Fallût, chargé de l'examen des publications de la Société Scientifique de Liverpool, présente un rapport concluant à l'ajournement de tout échange avec cette Société. M. Petit donne lecture du rapport de la Commission des publications relativement aux nouvelles planches présentées par M. Lataste. La commis- sion estime que les dessins d'ensemble que l'auteur a fait exécuter, sans que le texte actuellement sous presse en fasse mention seront mieux à leur place à la suite des conclusions que M. Lataste se propose de donner à l'ensemble des travaux qu'il a fait paraître dans les Actes. Les termes du rapport sont adoptés. COMMUNICATION. M. BenoiST met sous les yeux des membres présents, un exemplaire d'une coquille fossile fort rare qu'il a recueillie dans une des dernières excursions faite aux environs de Villandraut. Cette espèce appartient au genre Glandina, Elle provient des couches lacus- tres des environs de Roaillan. C'est le second exemplaire que notre collègue recueille depuis qu'il explore le terrain tertiaire de la Gironde, c'est-à-dire depuis plus de vingt années. Avec le Glandina porrecta Cobanz, il a été recueilli une série d'espèces ter- restres et lacustres dont il sera donné la nomenclature dans le compte-rendu de l'excursion de la fête Linnéenne à Villandraut. Séance du 7 août 1889. Présidence de M. DEGRANGE-TOUZIN, président. MOUVEMENT DU PERSONNEL. M. Bouvier, chef des travaux pratiques à l'Ecole des hautes études à Paris, pose sa candidature au titre de membre correspondant. LVll Un grand nombre de membres devant être absents à la prochaine séance, la dernière avant les vacances, la Société autorise M. Durègne à présenter immédiatement un rapport sur les travaux bien connus du candidat. Les conclusions de ce rapport sont approuvées et M. Bouvier admis. COMMUNICATIONS. M. DE ChasteiGNER décrit une maladie qui s'attaque spécialement aux bêtes à cornes dans les localités humides de la région des Landes. Cette maladie appelée Ensec dans le pays, se manifeste par l'amaigrissement, la perte du poil et l'adhérence de la peau à la chair. Elle n'apparaît qu'à la fin de l'été. On attribue en général cette affection à l'alimentation des animaux par une plante très abondante dans ces parages : Molinia cœrulea, appelée Auge, Augitche ou Herbe à paillons, selon les localités. L'emploi du sel ajouté à la boisson paraît être le meilleur remède à cette maladie. M. de Chasteigner fait appel à tous ses collègues pour établir une enquête approfondie sur le fléau qu'il signale, amsi que pour rechercher les moyens de mettre à la portée de tous les intéressés le remède qu'il préconise. M. BenOIST dit que depuis l'impression de sa petite notice géologique sur le Lias entre Argenton et Gargilesse (Indre) (séance du 6 février 1889), il a paru dans les Annales géologiques de M. Hébert, un travail très important sur le Lias des environs d'Argenton, par M. H. Lasne. M. Benoist, dans le compte-rendu de ses explorations lors de son trop court séjour sur les bords de la Creuse, se trouve sur quelques points en désaccord avec M. H. Lasne. Ainsi : les arkoses rouges et verdâtres à ciment feldspathique des environs de Badecon représentent pour lui l'étage Rhétien, tandis que M. Lasne y voit les équivalents du trias. Les calcaires bleuâtres qu'il rapporte à l'Hettangien ne sont point signalés par M. Lasne ou sont confondus dans le Sinémiirien à Arietites hisulcatus. M. Benoist pense que les couches à Arietites Conybeari, Nodotianus et Ostrea obliqua descendant depuis les Patinets jusqu'au ruisseau de Chavin, représentent les couches les plus inférieures du Liasicn correspondantes au calcaire ocreus à Echioceras raricostalus, Arietites Nodotianus des environs de Nancy dans lequel on commence à rencontrer V Ostrea Cymbium. PROCÈs-VERn.vux, T889. — Tome XLIII ti LVin M. H. Lasne place ces couches au sommet du Sinémurien bien que conte- nant déjà les Belemnites appelé Brugieri et clavatus. A part ces légères divergences purement basées sur le classement de certai- nes espèces fossiles dans un étage plutôt que dans l'autre, M. Benoist se plaît à reconnaître l'exactitude et la manière consciencieuse dont a été fait le travail de M. H. Lasne. Séance du 21 août 1889. Présidence de M. DURÉGNE, secrétaire-général. CORRESPONDANCE. Lettre de la société biologique de Liverpool relative aux échanges. COMMUNICATION. M. DE ChaSTEIGNER complète les renseignements qu'il a donnés dans la précédente séance sur la maladie qu'il a décrite, et soumet à ses collègues un projet de questionnaire qu'il se propose de répandre dans les régions con- taminées. Séance du 6 novembre 1889. Présidence de M. DEGRANGE-TOUZI N, Président. CORRESPONDANCE. Lettres du cbef du Secrétariat de l'Institut, de la Revue Biologique de France et de la Société botanique de France, relatives aux échanges de publications. Lettres relatives au concours organisé par la Société géologique italienne, et au Congrès des Sociétés savantes de 1890. MOUVEMENT DU PERSONNEL. M. LE Président annonce le décès de Madame Autran-Merraan et de M, Pougnet, membres titulaires. ADMINISTRATION. M. LE Président fait connaître que la Société a obtenu une médaille d'argent à l'Exposition universelle. La Commission des archives, réunie en vue de l'examen de toutes les questions se rattachant au déménagement du siège de la Société, a préparé une demande de crédit extraordinaire pour l'organisation de la Bibliothèque dans le nouveau local de la rue des Trois-Conils (Athénée). Ce crédit s'élève à 1,400 francs. Après discussion, la Société approuve le projet qui lui est soumis et autorise M. l'Archiviste à procéder au déménagement et à la réinstallation de la Bibliothèque. Conformément à l'art. 14 des statuts, la Société fixe à douze le nombre des membres du Conseil pour l'année 1890. Conformément à l'art. 16 des statuts, il est procédé à l'élection des membres du Conseil et des Commissions annuelles pour 1890. Sont élus ; Membres du Conseil d'administration : MM. Balguerie, Benoist, Brown, Cabanne, Crémière, Degrange-Touzin, Dubreuilh, Durègne, Fallot, de Loynes, Motelay, Souverbie. Commission des Finances : MM. Bial de Bellerade, Daurel, Raulin. Commission des Publications : MM. l'abbé Fougère, de Loynes, Petit. Commission des Archives : MM. Balguerie, Brown, Cabanne. Séance du 20 novembre 1889. Présidence de M. DEGRANGE-TOUZIN, Président. CORRESPONDANCE. Lettres du Ministère de l'Instruction publique, de la Société Philomat. ique de Paris, et de la Société d'histoire naturelle de Bône, relatives aux échanges de publications. ADMINISTRATION. M. LE PeÉSIDENT fait connaître le résultat des votes du Conseil d'adminis- tration pour la composition du bureau de 1890. Sont élus : MM. Fallot, président; de Loynes, vice-présidenl; Durègne, secrétaire- général; Motelay, archiviste; Crémière, trésorier; Benoist, secrétaire du Conseil. COMMUNICATIONS. M. DE Loynes fait la communication suivante : Le Cl&varia follacea, Saint-Amans, et le Sparassis strieta, Fr. J'ai l'honneur de vous présenter un champignon qui a été récemment recueilli dans la commune d'Ayguemorte, au lieu appelé Haut-Rreton, Il croissait dans un bois de pin. C'est incontestablement un Sparassis. Il atteint des dimensions considé- rables; car il ne mesure pas moins de 0™64 de circonférence. Il nous paraît se rapprocher assez exactement de celui que Saint-Amans a décrit dans sa Flore agenaise sous le nom de Qlavaria foliacea, et que Laterrade indique sous le même nom à Saint-Médard-en-J ailes et à la Teste {Flore bordelaise, p. 522-523). Cette espèce créée par Saint- Amans est -elle véritablement distincte du Sparassis crispa Fr.? Pries, dans ses Hymenomycetes europaei (2e édit., p. 666), hésite à se prononcer sur ce point; la description de Saint- Amans lui semble insuffisante. Nous imiterons d'autant plus facilement sa réserve que nous étudions pour la première tois un Sparassis sur le vif. Nous ajoute- rons cependant une observation. Par sa couleur blanchâtre et non d'un blanc de lait, comme le dit l'abbé Moyen, par la forme de ses rameaux et les expan- sions foliacées qui les terminent, cette espèce pourrait bien se confondre avec le Sp. crispa Fr. Ce champignon est certainement comestible; il est excellent, Fries dit même deliciosissima. Malheureusement il est très rare, et n'a cette précieuse qualité que pendant sa jeunesse. Nous croyons utile de terminer cette courte communication par la repro- duction de la notice que Léon Dufour a consacrée à cette espèce dans les Annales des Sciences naturelles, t. XIII (1840), p. 232. Elle a pour notre région un intérêt tout particulier ; Clavaria foliacea, Saint-Am. « C. ramosissima, fastigiata, carnea, albida; caule crasso ; ramis plano- foliaceis apice dilatatis. Hab. in arenosis pinetorum Galliae meridionali-occidentalis. Agen. Saint- Sever. C'est, sans contredit, une des espèces les mieux caractérisées, à cause de ses branches et de ses rameaux foliacés. Saint-Amans l'a comparée à un petit chou cabus, mais elle ressemble bien mieux, et par sa forme et par sa couleur, à certains Madrépores, et spécialement à la Fliislre foliacée. Cet auteur, qui, à la vérité, ne l'a décrite que sur un seul individu desséché, l'a mal à propos placée dans les espèces coriacées. Elle est charnue et cassante quand elle est fraîche, comme la Clav. coralloïdes Lin., et rentre dans la section des Botryoidées de M. Fries. Elle devient un peu coriace par la dessication. J'ai trouvé bien souvent cette curieuse clavaire dans nos forêts de Pin maritime, en automne. Elle acquiert quelquefois des dimensions prodigieuses. J'ai mesuré des touffes qui avaient près de trois décimètres de diamètre et un et demi à deux décimètres de hauteur ». Comme le dit Dufour, cette espèce se distingue sans peine des autres cla- vaires par ses branches et ses rameaux foliacés. Mais tous les Sparassis offrent également ce caractère, qui a déterminé Fries à établir ce nouveau genre. Il nous est donc impossible de dire si le Sparassis (Clavaria) foliacea est une espèce différente du Sp. stricla Fr., dont ne parle pas Dufour dans sa note, et dont Laterrade ne lait même pas mention dans sa flore. M. Fallût fait la communication suivante : Quelques mots sur le Quaternaire de Solutré (Saône-et-Loire). Par M. E. Fallût. Nous croyons devoir attirer l'attention de la Société sur une excursion intéressante que nous avons faite au mois d'octobre à Solutré près Màcon. Cette excursion avait heu sous les auspices de la Société des amis des Sciences naturelles de Lyon, et sous la haute direction de M. l'abbé Ducrost, curé de Solutré et professeur à la Faculté catholique de Lyon (1). p]lle avait pour but (l) Au moment où j'écris ces lignes, M. l'abbé Ducrost vient d'ôtre malheureusement enlevé à la science d'une façon inopinée et dans la force de l'âge. d'examiner de nouvelles fouilles faites dans cette localité, si intéressante au point de vue du Quaternaire. Le village de Solutré est situé sur le penchant d'un coteau couvert de vignes que dominent des rochers presque à pic à moitié démantelés. Les vignes sont plantées sur les assises du Lias supérieur; les rochers qui surplombent appartiennent au calcaire bajocien. Au pied des rochers, à la partie supérieure des vignes, on trouve, en creusant, sous une couche de terre végétale assez mince, des amas d'ossements empilés les uns sur les autres, en nombre incalculable et sur un espace si considérable, que ce gisement a fait depuis quelques années l'étonnement du monde savant. Nous avons pu voir là une masse de débris provenant de fouilles abandonnées, et, ce qui était plus particulièrement intéressant, deux grandes tranchées fraîches, ouvertes récem- ment dans les couches ossifères. Ces tranchées, larges de quelques mètres, présentaient une hauteur de deux mètres, dont un mètre cinquante environ occupé par les ossements amoncelés, pressés les uns contre les autres. Presque tous appartiennent à des chevaux et présentent cette particularité, que tous les gros os ont été brisés. A côté de ces ossements de chevaux se voient quelques débris de renne. M. l'abbé Ducrost nous a également montré une mâchoire incomplète provenant d'un jeune mammouth (Elephas primigenius). Les débris d'autres animaux sont extrêmement rares. Au milieu de la masse d'ossements, on aperçoit quelques silex : nous avons pu en ramasser nous-rnême quelques éclats, mais ne présentant aucun caractère bien déterminé. Hâtons -nous de dire que M. l'abbé Ducrost nous a montré dans sa riche collection des couteaux, des râcloirs et d'autres objets plus ou moins bien formés, qui ne laissent aucun doute sur la taille intentionnelle et sur la présence de l'homme à cette époque. Du reste nous avons vu au contact des ossements, des traces manifestes de foyers, et même quelques os carbonisés en partie (1). Reste à trouver l'explication de cette masse énorme d'ossements de chevaux. Il est incontestable qu'elle n'est pas due, comme on pourrait le ci'oire, à des troupeaux qui se seraient précipités du haut des rochers sur les pentes infé- rieures, où ils auraient trouvé la mort. Dans ce cas, on trouverait des squelettes à peu près entiers, ce qui n'arrive point ici, et de plus le nombre de squelettes, évalué approximativement à cent cinquante mille par M. l'abbé Ducrost, ne (1) A la partie sapérieure d'une des tranchées, on avait découvert deux sépultures formées de grandes dalles posées de champ, mais ces sépultures, qui contenaient un squelette de femme et un d'enfant, doivent être d'une époque très récente et n'ont rien à voir avec l'époque préhistorique. LXIII pourrait s'expliquer de cette façon, pas plus que les fractures de tous les grands os, et surtout leur disposition pêle-mêle. Il faut donc y voir le résultat du travail de l'homme dont la présence est démontrée par les silex et les traces de foyer, et admettre qu'il y a eu là pendant des siècles de véritables agapes faites aux dépens des chevaux très abondants alors, et que ce sont les débris de cette cuisine de sauvages , qui ont été amoncelés sur l'emplacement même des festins. Ce serait donc quelque chose d'analogue aux Kjcekkenmœddings du Danemark et d'autres pays. Les fractures reconnues sur tous les grands os s'expliquent par le fait que les hommes de cette époque les brisaient pour en retirer la moelle. On a pu, à force de patience, en prenant des os aussi assimilables que poFsible comme taille, reconstituer le type du cheval de Solutré. D'après le squelette monté au Musée de Lyon, nous avons pu constater, ainsi que nous le faisait observer son savant directeur, M. Lortet, que cet animal était en général plus court et plus trapu que l'espèce actuelle, et que, de] plus, ilse faisait remarquer par la forme massive de sa tète, relativement très grosse. Ajoutons enfin que, d'après M. de Mortillet, l'époque de Solutré viendrait se placer entre l'époque moustérienne et l'époque magdalénienne, c'est-à-dire à peu près au milieu de l'époque paléolithique. La présence d'assez nombreux ossements de renne indique dans tous les cas une époque déjà avancée de la période quaternaire. Séance du 4 décembre 1889. Présidence de M. DEGRANGE-TOUZIN, Président. COMMUNICATIONS. M. E. Fallût fait la communication suivante : Note SOT l'Aquitanien, dans la vallée du Gua-Mort, aux environs de Saint-Morillon et de Cabanac (Gironde), Par M. E. Fallot. L'étage aquitanien est peut-être le moins connu de tous les étages teiliaires affleurant dans le département de la Gironde. La diversité des faciès, le petit porabre des gisements, la difficulté de les relier les uns aux autres, ont jusqu'ici LXIV rendu son étude et sa classification peu commodes, aussi croyons-nous devoir publier au jour le jour les renseignements que nos courses nous permettent de nous procurer sur sa nature et la disposition de ses assises si intéressantes. Nous nous proposons donc, dans cette note, de faire part à la Société des recherches que nous avons faites dans la vallée du Gua-Mort, soit seul, soit en compagnie de M. Degrange-Touzin, qui a bien voulu nous communiquer les listes de fossiles recueillis par lui à plusieurs reprises dans la commune de Saint-Morillon et dans celle de Cabanac. En même temps, cette note sera le compte-rendu de l'excursion faite par la Société à Saint-Morillon le 17 mai dernier. Quand on quitte la gare de Saint-Morillon, qui du reste est située au hameau de Peyron, et que l'on se dirige par la grand'route vers la commune, on ne tarde pas à trouver un petit pont sur le ruisseau de Claron. En quittant alors la route et en pénétrant dans la vigne à droite du pont, on tombe sur un gisement coquillier très riche. C'est le gisement du pont de Claron ou de Courrens (hameau le plus proche, situé un peu au nord). Voici la liste des espèces recueillies dans ce gisement : Fasciolaria larbelliana, Grat. Cerithium sp.? (&ïï. minuticm, Serres) Murex Basteroti, Ben. — girondicum, May. Buccinum (Cominella) baccatum , Calyptrœa sinensis? Besh. Bast., var. minor. Trochus Bucklandi, Bast. Nassu aquitanica, Mayer. Lutraria sanna, Bast. Cerithium margaritaceum, Broc. Lucina incrassata, Dub. — suhmargaritaceum, Sand. — dentata, Bast. — corrugatum, Bast. Cytherea undata, Bast. — plicatum, Brug. — Deshayesi, Bast. — subclavatulatum, d'Orb. Cyrena Brongniarli, Bast. — papaveracewn, Bast. Corbula carinata, Duj. — calculosum, Bast. Arca cardiiformis, Bast. — bidentatum, Grat. Ostrea. L'espèce vraiment caractéristique de ce niveau, c'est le Cerithium marga- ritaceum, qui y atteint des dimensions extraordinaires (0°i062 de long, sur 0™C28 de large au niveau de l'ouverture), et présente une grande variété de formes. Les échantillons sont en général très bien conservés ; l'ouverture est entière, très canaliculée, avec tous les caractères si remarquables de cette belle espèce. Cette faune a bien un aspect aquitanien ; les espèces marines sont celles du falun de Bazas, eu mieux celles de Lariey; les espèces saumàtres, celles de Lariey, de la route du Son. Disons cependant que la Fasciolaria larbelliana, LXV qui y est rarissime, est plutôt une espèce langhienne et se trouve au Pelloua, à la base du Miocène proprement dit. En quittant ce gisement dont nous ne pouvons voir le substratum, et qui, vu l'état de la saison, ne peut être étudié avec fruit, nous reprenons la grand'route et nous explorons les vignes à droite et à gauche, sans grand succès du reste. L'année dernière nous avons ramassé dans une excavation pratiquée sur la droite, à quelques mètres de la route ; Turritella terebralis, Lamk. (petite Lucina columhella, Lamk. (petite variété). variété). Colunibella. Grateloupia difficilis, Bast. Neritina Ferussaci, Recluz. Pectunculus cor, Bast. Corhula carinata, Duj. Donax Iransversa, Desh. Cytherea undata, Rast. Ostrea producta? Raulin et Delb. Lucina ornata, Ag. La présence de la Cytherea undata, de la Neritina Ferussaci (non roulée), les variétés présentées par la Turritella terebralis et la Lucina columbella, et surtout la position stratigraphique, nous forcent à rapporter ce niveau à l'Aquitanien : la faune rappelle plus particulièrement celle de Bazas. En nous rapprochant du ruisseau, nous voyons qu'il coule dans des argiles bleu-verdâtre, évidemment inférieures an niveau que nous venons d'étudier, et équivalent probable des marnes à Neritina Ferussaci (Aquitanien inférieur), mais l'étude de cette assise est difficile, et nous ne pouvons arriver à un résultat précis. Les champs situés entre le ruisseau de Claron et la route de Saint-Morillon, ne nous fournissent aucun gisement; cependant, des assises sablo-gréseuses, évidemment aquitaniennes (peut-être grès de Bazas), affleurent presque partout, et de temps à autre on voit à la surface du sol quelques débris de fossile indéterminable. Nous arrivons bientôt au hameau de Piron où nous prenons le chemin de grande communication 44 &î5 jusqu'au moulin de Luzié; là nous traversons le Gua-Mort, puis à travers landes nous gagnons la rive droite du ruisseau qui passe à Darrict. En face des maisons de Darriet, dans une vigne, on voit affleurer un terrain plus jaune, moins graveleux que le sable des Landes qui recouvre toute la région, et là nous recueillons : Turritella terebralis, Lamk. (petite Buccinum [ComineUa) baccatum , variété). ' Bast., var. niinor. Turritella Desmaresti, Bast. Oliva subclavula, d'Orb. Proto Basteroti, Ben. Monodonta elegans, Bast. (fvsigments) Grateloupia difficiUs, Bast. Pectunculus cor, Bast. Cardita rusticana, May. Arca harhata, Linn. Chama Brocchi? Desh. Corbula gibba, Olivi. — carinata, Duj. Ostrea undata, Lamk. (jeune). — ■producta? Raul. et Delb. Natica neglecta, May. Fasciolaria tarheiliana? Grat. Cerithium plicatum , Brug. (roulés en partie). Cerithium. pseudothiarella, d'Orb. — calculosum , Bast. (en fragments). Oytherea undata, Rast. Donax transversa, Desh. Lucina columbella, Lamk. (var. du Bazadais). En général, ces fossiles ne sont pas en très bon état de conservation; quel- ques-uns sont même plus ou moins roulés, les Cérithes notamment. L'abon- dance de la TurriteVa Desmaresti et de la Cytherea undata nous fait regarder ce gisement comme aquitanien, mais nous ne savons s'il faut y voir le niveau du grès de Bazas ou celui de Lariey. Du reste l'analogie de faune est très grande entre ces deux niveaux, et quand on n'a pas de superposition nette, on ne sait la plupart du temps pas celui auquel on a affaire. En quittant ce point, nous parcourons sans succès la colline qui porte le hameau de Pinot ; mais en redescendant vers Chiret, nous trouvons un petit gisement intéressant; ce gisement se trouve entaillé par un bassin rectangu- laire alimenté par une source assez abondante. Là nous avons recueilli, dans un sable argileux jaunâtre, les espèces suivantes : Balanus sp. ? Actseon striatellus, Grat. Rinçicula Tournouëri? Morlet. Drillia distinguenda, Bel. Oliva subclavula, d'Oi'b. Marginella miliacea, Desh. Pyrula Lainei, Bast. Nassa aquitanica, May. Buccinum (Cominella) baccatum , Bast., var. minor. Dorsanuin angustum, Bell. Columbella sp. ? Murex Basteroti, Ben. Triforis perversus. Lin. Cerithium margaritaceum, Brocchi, Cerithium plicatum, Brug. — fallax, Grat. — corrugatum, Bast. — girondicum, May. Bittium spina, Partsch. Melanopsis aquensis, Grat. Litlorinella sp. ? Rissoa clotho, Hornes. — scalaris, Dub. Hydrobia aturensis? Noulet. Calyptrœa sinensis? Desh. Natica neglecta, May. — helicina? ^vocchi. Turbonilla sp.? Neritina Ferussaci, Recluz. Neritina Graleloupi, Féi'. Ungulina ungiiiformis, Bast. — Plutonis, Bast. Yenus ovata, Pennant. PhasiancUa aquensis, d'Orb. Grateloupia difficilis, Bast. Trochus Bucklandi, Bast. Cytherea undata, Bast. Fissiirella. — Deshayesi, Bast. Liicina incrassata, Dub. Chama Brocchi, Debh. — deittata, Bast. Cardita hippopœa, Bast. — ornata, Ag. — rusiica, May. Pholas Desmonlinsi, Ben. Arca cardiiformis, Bast. Petricola peregrina, Bast. — laciea, Lin. Corbula carinata, Dnj. — barbata, Lin. — gibba, Olivi. — clathrata, Desh. Mactra Basteroli, May. Breissena Brardi, d'Orb. Ervilia sp.? AnoHu'a striata? Brocchi. Donax transversa, Desh. Ostrea. Cette faune est généralement mal conservée ; les coquilles sont souvent un peu usées. Il nous semble naturel de penser qu'elle a dû se déposer tout près de l'embouchure d'un cours d'eau, ce qui expliquerait le remaniement sur place et en même temps la présence des espèces saumâtres et même d'eau douce, telles que les Breissena, les Melanopsis et les Neritina. Nous ferons remarquer parmi ces dernières la Nerita Grateloupi, espèce très rare dans nos faluns. M. Benoist (1) la signale uniquement et encore comme rarissime, dans sa couche n^ 10, c'est-à-dire dans le falun de Mandillot (Landes) qu'il place au niveau des faluns de Pont-Pourquey et 'de Cestas. Aussi, sommes-nous très étonné de la trouver ici (en bon état, avec son test et ses couleurs) dans un falun évidemment aquitanien. Nous sommes assez embarrassé pour rapporter ce niveau à une partie bien définie de l'Aquitanien. Il n'y a pas de couches d'eau douce pour nous guider. Avons-nous donc affaire à l'Aquitanien moyen (Roche sableuse de Bazas) ou à l'Aquitanien supérieur (Type de Lariey)? C'est un point sur lequel nous ne saurions nous prononcer actuellement sans avoir vu le substratum de la couche en question; cependant, l'analogie avec la faune de Lariey est très grande. Le temps ne nous a du reste pas permis de continuer notre course pour saisir les rapports de cette assise avec ses voisines, mais nous devons dire cependant qu'elle nous rappelle tout particulièrement les faluns que nous (1) Catalogue des Testacés fossiles du vallon de Saucatg. Lxvm avons observés à Cabanac dans dfux courses antérieures, l'une faite l'an dernier avec quelques membres de la Société (MM, Degrange-Touzin Benoist, etc.), l'autre faite cette année en compagnie de M. H. De Riaz. Le premier de ces gisements se trouve dans la propriété de M. Labat, au niveau d'un étang qui avait été mis à sec pour le nettoyer. Grâce à l'extrême obligeance du propriétaire, nous avons pu faire une fouille au fond de l'étang. Immédiatement sous la vase, nous avons pénétré dans un falun argileux, bleuâtre par place, renfermant en abondance les espèces suivantes : CeritJdum plicatum, Brug. Cytherea undata, Bast. — corrugaluni, Bast. Arca cardiiformis, Bast. — calculoswn, Bast. — bar bâta, Lin. — margaritaceum, Brocchi. Lucina ornata, Ag. — girondicum, May. — dentata, Bast. Murex Basteroti, Ben. — incrassata, Dub. Nassa aquitanica, May. Corbula carinata Duj. Buccinuni ( Cominella ) baccatuin , Pectuncuhis cor, Bast. Bast., var. iuinor. Chanta. Neritina Ferussaci, Recluz (roulée). Donax transversa, Desh. TrocJius Buchlandi, Bast. Dreissena. Calyptrsea ornata, Bast. Ostrea. Fissurella. Le deuxième gisement affleure sur le ruisseau de Guilhemlong , des deux côtés du pont placé près des maisons qui, sur la carte d'état-major, portent le nom de Pouquet. Sous le pont, on voit une roche compacte très dure, usée et perforée, équi- valent possible du calcaire lacustre n" 3 de la route du Son (Moulin de l'Eglise), qui pour nous forme jusqu'ici la base de l'Aquitanien supérieur. Voici en effet la classification que nous avons adoptée jusqu'à maintenant. Classification de l'Aquitanien dans le vallon de Saucats. 5° Marne et calcaire lacustre supérieur de la route du Sou , 4" Falun marin de Lariey. — Falun saumâtre de la route du Son ; 3° Calcaire lacustre inférieur de la route du Son ; assise moyenne ^ 2" Roche jaune sableuse, dite de Bazas ; assise inférieure I 1° Argiles k Neritina Ferussaci, avec bancs d'eau douce. Revenons à Cabanac. Au-dessus de cette roche calcaire perforée, vient un assise supérieure falun jaune, très fossilifère. En descendant le ruisseau sur la rive droite on peut voir que ce falun est divisé en deux par un banc plus rosé, plus dur, sans fossile. La partie supérieure du falun, très fossilifère à une vingtaine de mètres en aval du pont, contient les mêmes fossiles que la partie inférieure placée des deux côtés du pont. L'ensemble nous a fourni les espèces suivantes ; Ciastéropodes (1). Dents de Poissons. Pinces de Crustacés. Balanus sp.? Stolidoma Guestieri, Ben. Actseon punctulatus, Fer. — pinguis, d'Orb. * — striatellus, Grat. Ringicula Tournouëri? Morlet. — sp.? * Cylichna subangistoma, d'Orb. — sp.? Cylichnella sp.? * Bulla submiliaris, Rrocchi. ' Bullina Lajonhaireana, Bast. Terebra Basteroii, Nyst. * Conus grunuliferns, Grat. — sp.? * Oligotonia Basteroti, des M. ClavaLula Defrancei? Bel. Drillia distinguenda? Bel. Mangilia sp.? Raphiloma sp.? Clathurella sp? ' Oliva subdavula, d'Orb. ■ — Gratelowpi? d'Orb. * Marginella miliacea, Desh. Turricula crebricosta, Defr. Fasciolaria tarbelliana, Grat. * Buccinum (Cominella) baccalum, Bast., var. minor. B\iccinnm Deshagesi, Mayer. Borsanum intercisum. Gêné. — sp.? * Nassa aquitnnica, May. — Tarbellica, Grat. * Pijriila Lainei, Bast. Coliimbella girondica, Ben. in coll. — turonica? Maj. sp.? * Murex Basleroti, Ben. — striseformis, Michtt. Erato la; vis? Don. * Triforis perversiis, Linn. — papaveraceus, Ben. * Cerithium psendothiarella, d'Orb. — crenatuni ? Bvocchi. — pseudoobeliscus ? Grat. * — corrugatum, Bast. * — margaritaceum, Hrocchi. * — subclavatidatiim ^ d'Orb. — calculosum, Bast. * — phcatum, Brug. * — girondicum, May. * — bidentatum, Grat. * — pupasforme, Bast. ' — fallax, Grat. — sp. ? (1) Les espèces marquées d'un astérisque sont les espèces iudiquées à Lariey et dans le falun n''4 delà route du Son, par M. Beaoist (catalogue de Saucats J. LXX * Bittium spina, Partsch. * — trilineatum, Phil. — sp. ? ' Vermetus intortus, Lam. * Serpulorhis arenarins? Lin. Turritella gradata, Mœlk. — turris, Bast. Melanopsis aquensis, Grat. * Rissoa scalaris, Dub. * — Moulinsi, d'Orb. * — curta, Duj. — costellata, Grat. — Lachesis, Bast. * — clotlio, Hornes. * Rissoina obsoleta, Partsch. — burdigalensis, d'Orb. *Bythima aturensis, Noulet. — Lemani, Noulet. — sp.? Truncatella Watbledi, Ben. * tlipponyœ granulatus, Bast. * — (jfrateloupi, Ben. * Calyptrsea sinensis, Desh. ' — ornata, Bast. ' Natica aquitanica, Tourn. — tiirbinoides, Grat. — compressa, Bast. * — neglecta, May. — helicina, Brocchi. — burdigalensis? Ma.y. * Sigaretus suluralis, May. Scalaria subspinosa, Gi'at. aff. caledonica de Boury. Scalaria [Gyroscala.), n. sp. Eulima similis, d'Orb. * Pyramidella Grateloiipi, d'Orb. — mitrula, Fer. Odostomia? Turbonilla gracilis, Brocchi. Turbonilla subumbilicata, Grat. * Nerita Plutonis, Bast. * Neritina Ferussaci, Recluz. * Pileolus aquensis, Grat. * Phasianella spirata, Grat. — aquensis, d'Orb. * Trochus Bucklandi, Bast. * Monodonta angulala, Eichw, Fissurella neglecta, Desh. — clypeaLa, Grat. * Emarginula clathratseformis, Eich. Patella, sp.? Dentalium burdigalinum, May. Acéphales. Poromya Biali, Ben, Tellina lacunosa, Chemnitz. — aquitanica, May. — sp.? * Lucina incrassata, Dub. * — dentata, Bast. * — ornata, kg. Pkolas Desmoulinsi, Ben. * Gastrochsena intermedia, Hornes. * Saxicava arctica, Lin. * Corbula carinata, Duj. ' — Tournouëri, May. * Sphenia anatina, Bast. * Lutraria sanna, Bast. — angusta, Desh. * Eastonia mitis, May. Mactra Basteroti, Mfy. * Ervilia pusilla, Phil. * Donax transversa, Desh. * — affinis, Desh. * Ungulina unguiformis, Bast. * Cyrena Brongniarti, Bast. * Petricola peregrina, Bast. * Venus ovata, Pennant. Vemis sp.? * Grateloupia difficilis, Bast. Graleloupia triangiilaris, Bast. ? Cytlierea paulina, May. erycina, Lamk. * — Deshaj^esi, Bast. — undata, Bast. Basterotia? * Chama Brocchi? Desh. Cardium burdigalinum ? Larnk. — hirsutum, Bronn. — sp.? Lutetia? * Cardita hippopsea, Bast. — sp.? Pectunculus cor, Bast. Arca lactea. Lin. — papillifera, Hornes. * Arca barbata, Lin. — clathrata, Desh. — car di if or mis, Bast. — iwronîca .? Duj. (jeune). * Dreissena Brardi, d'Orb. Lithodomus cordatus. Modiola sp.? — sp.? Mytilus aquitanicus, May. Avicula Linderi, Ben. * Pecten subsirialus? d'Orb. — sp. ? Plicatula mytilina, PhiL Ostrea producta? R. et D. Écliinodermes. Baguettes d'Oursins. * Amphiope ovalifera, Des M. Bien que ce gisement de Pouquet contienne quelques espèces comme Turritella lurris, Terehra Basteroti, Fasciolaria tarbelliana, Cytherea ery- cina, etc., ayant plutôt un caractère langhien, on peut voir que ces espèces y sont très rares, que la majorité de la faune est aqnitanienne et a les plus grandes analogies avec celle de Lariey. Enfin il est infiniment probable, d'après les listes de fossiles, que les deux gisements de Cabanac (Pouquet et propriété Labat) appartiennent au même niveau. Ce qui frappe, dans ces faunes aquitaniennes, c'est l'abondance des espèces saumâtres; comme nombre d'échantillons surtout, elles dépassent de beaucoup les espèces marines, et ce sont elles qui donnent à l'étage son vrai ca- ractère. Quant aux espèces marines, il est incontestable qu'un grand nombre d'entre elles ont des alfinités miocènes, et qu'elles relient plutôt l'Aquitanien au Miocène proprement dit qu'au Tongrien. Nous avons fait observer ailleurs, que plus on va vers l'Ouest (Martillac, Mérignac), plus les espèces langhiennes abondent, et plus il est difficile de séparer à priori (sans voir de succession) l'Aquitanien du Langhien. Ce sont ces raisons qui nous poussent de plus en plus à placer la grande séparation à faire dans les terrains tertiaires, entre le Tongrien et l'Aquitanien, à rattacher le Tongrien à l'Eocène et l'Aqui- tanien au Miocène , et à supprimer par .conséquent le terme d'Oligo- LXxii cène, qui nous semble d\\n usage très contestable dans nos régions (1). L'affleurement du pont de Pouquet se poursuit pendant une cinquantaine de mètres environ sur les deux rives du ruisseau. Sur la rive gauche, j'ai pu constater, vers la partie supérieure de l'affleurement, tout près de sa termi- naison, quelques plaquettes de calcaire blanc-jaunâtre avec Bythinia. J'ignore si c'est un accident dans la partie supérieure du falun ou si c'est une couche de plus d'importance, analogue par exemple à la marne et au calcaire lacustre supérieur (n° 5) de la route du Son, L'étude de ces différents gisements (Cabanac, Saint-Morillon) m'avait engagé à essayer de les relier les uns aux autres. Aussi avons-nous entrepris, M. H. De Riaz et moi, de suivre le ruisseau de Guilhemlong et le (nia-Mort jusqu'à Saint-Morillon, pourvoir si nous ne rencontrerions pas d'affleurements inter- médiaires. Notre fastidieuse expédition, souvent très pénible à cause de l'épaisseur du fourré, nous permit de constater que de Pouquet au moulin de Luzié, à l'entrée de Saint Morillon, il n'y avait pas un seul affleurement de falun, ni même de calcaire à astéries. Si l'on se reporte à la carte géologique au ^^^ (feuille 191), dressée par M. Linder, on voit que les observations de l'auteur ne s'accordent pas tout à fait avec les nôtres. Cet observateur indique à Cabanac, sur les deux rives du Gua-Mort, un affleurement de Falun de Bazas (2) qui, un peu avant le confluent de cette rivière avec le ruisseau de Guilhemlong, ne se voit plus que sur la rive gauche du Gua-Mort qu'il côtoie à une certaine distance. Par contre, le lit de la rivière serait creusé dans le calcaire à Astéries. Pour nous, nous n'avons pas suivi la rive gauche à une assez grande distance du Gua- Mort pour vérifier utilement la bande de falun marquée par M. Linder, mais ce que nous pouvons dire, c'est que de Pouquet au moulin de Luzié, nous n'avons aperçu le calcaire à Astéries nulle part. En deux ou trois points seulement, et cela très près du moulin, on voit affleurer sous le sable des Landes une argile jaune ou verdâtre, analogue à celle qui recouvre directement le calcaire à Astéries et qui serait alors l'équivalent probable de la mollasse inférieure de l'Agenais. Nous croyons cependant que le calcaire à Astéries n'est pas à une grande profondeur, puisqu'il affleure à Saint-Morillon même, où il est exploité dans plusieurs carrières au bord du Gua-Mort. (1) Nous ne contestons pas que dans l'Allemagne du Nord il ne corresponde à un groupe naturel très réel, mais nous croyons néanmoins que l'autre olassificatioû s'applique mieux à la généralité des cas. (2) Sous ce nom, il comprend, croyoas-nous, toutes les couches que nous désignons sous le nom d'Aquitanien. LXXIII D'im autre côté, M. Linder n'a pas indiqué sur sa carte les affleurements signalés par nous en face de Darriet, vers Chiret, affleurements qui se con- tinuent plus loin sur la rive droite du Gua-Mort, d'après les recherches de M. Degrange-Touzin. En résumé, il existe, aux environs de Saint-Morillon et de Cabanac, un certain nombre de gisements de faluns qui appartiennent certainement à l'étage aquitanien, mais qui, pour prendre leur place dans les divisions de détail de cet étage, auraient besoin d'être étudiés sur des coupes plus étendues. Nulle part en effet, sauf peut-être à Pouquet, on ne voit le substratum de ces faluns ; aussi, — bien que nous les croyions supérieurs aux marnes à Neritina Ferics- saci qui nous ont semblé constituer jusqu'ici un niveau assez constant et par conséquent former pour nous l'Aquitanien inférieur — ne pouvons-nous les rattacher d'une façon absolument certaine à l'Aquitanien moyen (falun de Bazas), ou à l'Aquitanien supérieur (falun de Lariey). Disons cependant que les listes de fossiles nous engagent à rattacher plutôt à ce dernier les niveaux de Cabanac, peut-être aussi celui de Chiret. De même le gisement de Pont-de- Claron a une grande analogie avec le falun n° 4 de la route du Son et celui qui nous semble précéder le niveau du Péloua (base du Langhien). Mais, nous le répétons, nous ne connaissons pas encore suffisamment les caractères distinctifs de ces deux niveaux (niveau de Bazas, niveau de Lariey), pour nous prononcer à priori dans les points où nous ne trouvons pas pour les séparer un calcaire lacustre analogue à la couche n° 3, de la route de Son. Nous ne savons pas du reste si ce calcaire existe partout. Il nous est même permis d'en douter. Dans ce cas, il deviendra très difficile d'établir dos niveaux dans l'Aquitanien, en l'absence d'une bonne coupe naturelle, et l'on sera peut- être forcé de réunir en une seule assise l'Aquitanien moyen et supérieur. Les différents faciès de cet étage nous sont très peu connus; ils sont susceptibles de tant de modifications (Agenais, Bazadais, vallon de Saucats), que, pour le diviser d'une façon définitive en assises distinctes, il faudrait pouvoir le suivre d'un bout à l'autre de la formation, depuis l'Agenais jusqu'à sa rencontre avec le Langhien marin. Malheureusement nous avons jusqu'ici, dans cette suite, une grande lacune, c'est celle qui va du Bazadais au vallon de Saucats. Il est permis d'espérer, du reste, que des découvertes, comme celles qui ont été faites aux environs de Saint-Morillon et de Cabanac, s'étendront plus à l'Est, et que la lacune dont nous parlons sera bientôt comblée. Alors seulement nous pour- rons arriver à une idée plus juste des divisions à établir dans l'Aquitanien. M. Degrange-Touzin complète les observations de M. Fallot sur la vallée du Gua-Mort, en faisant connaître le résultat de ses recherches sur la rive Procès-Verbaux, 1889. — Tome XLIII. 7 LXXIV droite de ce ruisseau, au-dessous de Saint-Morillon. Dans une excursion faite le printemps dernier, il a pu examiner divers gisements fossilifères présentant une faune caractéristique de l'étage aquitanien. En descendant la vallée au- dessous des affleurements de Pinot et de Chiret, sur lesquels M. Fallot vient de donner des renseignements, il s'est dirigé vers le lieu qui porte, sur la carte du service vicinal de la Gironde, au ^^^^^^^ le nom de Belair; là, il a constaté la présence, dans les vignes, de nombreux Cérites {Potamides margaritaceus, P. plicatus); puis, en allant vers le château de Saint-Selve, et à demi-hauteur du coteau, il a observé plusieurs gisements, peu importants d'ailleurs, de ce même terrain aquitanien, caractérisés surtout dans les parties supérieures, par la présence des Cérites plus haut cités ; et, dans les parties inférieures, par des marnes plus ou moins sableuses ou argileuses. Dans les vignes situées en amont du château de Saint-Selve, la formation prend l'aspect de la roche sableuse en plaquettes, qui est très développée dans tout le Bazadais, Le gi- sement qui lui a permis de recueillir les plus nombreux fossiles, est situé vers les points désignés sur la carte sous les noms de Raton et Durand; il y a trouvé les espèces suivantes : Actœon striatellus, Grat. Natica aquitanica, Tourn. Tornatina Lajonkaireana, Bast. Neritina Plutonis, Bast. Clavatuïa s^.? aff. C. gradata, Defr. — Ferussaci, Recluz, Drillia distinguenda, Fiell. Ostrea virgata? Goldfuss. Melongena cornuta, Agas. Pectunculus aquitanicus, Mayer. Dorsanum Beshayesi, Mâyei'. — cor, Bast. Potamides plicatus, Brug. Cardium aquitanicum, May. — corrugaius, Past. Grateloupia difficilis, Bast. — aff. P. corrugaius, Bast. Cytherea undaia, Bast. et P. subclavatulatus, d'Orb. Bonax affinis, Desh. — lignilarimi, Eicw. — iransversa, Desh. — b identatus, Gv&t. Ervilia pusilla? Ph'û. — pnpaveraceus, Bast. Corbula carinata, Duj. — margaritaceus, Broc. Lucina aquitanica, May. — aff. P. margaritaceus, Broc. — columbella, Lamk. Turritella terebralis, Lamk. — incrassala, Dub. Protoma Basteroti, Benoist. Tellina aquitanica, Mayer. Calyptrsea sinensis, Desh. Ces gisements ne présentent en aucun point une coupe nette des terrains ; ce n'est que dans les fossés qui longent les propriétés et sur le bord des chemins d'exploitation, qu'on les rencontre. Mais ils sont nombreux, et on trouve des fossiles un peu partout, dans les champs cultivés et les vignes. LXSV En résumé, M. Degrange-Touzin a constaté la présence de l'étage aqiiitanien au-dessous de Saint-Morillon, entre ce bourg et celui de Saint-Selve, jusqu'aux environs du château de Saint-Selve. Il pense que les affleurements qu'il a observés ne peuvent être rapportés qu'à la formation désignée sous le nom de Grès ou falun de Bazas, et il s'étonne que l'existence de cette formation ne soit pas mentionnée sur la carte géologique de la Gironde dressée par M. Linder, aux points où il en a constaté la présence. Il en résulte que cette carte, sur laquelle M. Fallot a déjà signalé une lacune importante, pour les terrains situés au-dessus de Saint-Morillon, sur la rive droite du Gua-Mort, présente une lacune de même importance, pour les terrains situés sur la même rive, au-dessous de Saint-Morillon. 11 importait de signaler cette omission regrettable et de ne pas laisser croire que la formation du Sable des Landes soit la seule que l'on puisse observer sur la rive droite du Gua-Mort, L'étage aquitanien (Grès et falun de Bazas) y est très développé; on l'y rencontre, pour ainsi dire, à chaque pas, au-dessus et au-dessous de Saint-Morillon. Séance du 18 décembre 4889. Présidence de M. DEGRANGE-TOUZIN, Président. En ouvrant la séance, la première qui soit tenue à l'Athénée, M. le Président retrace dans une allocution souvent applaudie , l'historique de la Société Linnéenne. Sur sa proposition, l'assemblée décide par acclamation qu'un témoignage officiel de sa gratitude sera adressé à la Municipalité de Bordeaux qui a si bien compris l'importance de la Société et lui a afïecté un local à la fois vaste et confortable, où elle pourra disposer facilement les nombreux volumes de sa bibliothèque. M. DURÈGrNE annonce la capture à Arcachon d'un Mollusque intéressant, nouveau pour le Sud-Ouest, Pleura brancJnts membranaceus, Mont., et de deux Némertes, Eunemertes gracilis et Lîneus longissimus. MOUVEMENT DU PERSONNEL. Sur la présentation de MM. Benoist et Degrange-Touzin, M. Brochon est élu membre titulaire. LXXVI COMMUNICATIONS. Compte-rendu de la soixante-onzième Fête Linnéenne, célébrée à Villandraut, le 30 juin 1SS9. C'est à Villandraut que la Société Linnéenne avait décidé, dans sa séance du 5 juin, de célébrer sa soixante-onzième fête annuelle. Au train de 7^ 40, assigné pour le rendez-vous des excursionnistes, se trou- vaient réunis M. Degrange-Touzin, président, et MM. Bial de BeJlerade, Benoist, Brown, Durand, de Loynes, Motelay et Souverbie. Pour éviter toute perte de temps, c'est dans le wagon même, et pendant le trajet, que fut tenue la séance traditionnelle où M. le Président donna lecture des lettres d'excuses de nos collègues Madame Autran-Merman et MM. Bal- guerie, Ballion, Baronnet, Berton, Dupuy de la Grand-Rive, Durieu de Maisonneuve, Durègne, Grangeneuve, Granger, abbé Ménard, Moreau, Petit et Preller. Immédiatement après leur arrivée, les membres de la Société, partagés en trois groupes, botanistes, entomologistes et géologues, sous la direction de MM. de Loynes, Brown et Degrahge-Touzin, se sont dirigés vers les localités qu'ils se proposaient d'étudier, pour ne revenir à Villandraut qu'à cinq heures et demie, ramenant avec eux nos collègues MM. Fallot, Lépine et Raulin, arrivés dans l'après-midi. Le banquet annuel tenu à l'hôtel Jamet, réunissait, outre les collègues dont les noms sont cités plus haut, MM. Lacoste, maire de Villandraut, F. Ballion, fils de notre collègue retenu à Salies, et de Riaz. M. Cluzau, agent-voyer, s'était excusé de ne pouvoir, pour raison de service, accepter l'invitation de la Société. Au dessert, trois toasts ont été portés par le Président : à la Société Lin- néenne, aux invités, et aussi aux trop nombreux absents effrayés par le peu de sûreté du temps. M. Lacoste, dans sa réponse, exprime sa gratitude pour l'aimable invitation de la Société, et son désir de contribuer dans toute la mesure du possible au progrès de la science, en mettant à la disposition des naturalistes les intéres- sants gisements fossilifères qu'on rencontre sur ses propriétés. Le retour s'est opéré en voiture jusqu'à Langon, et les excursionnistes étaient rentrés à Bordeaux à onze heures du soir. Compte-rendu géologique. Par E. BENOIST. Partis de Villandraut à dix heures et demie, les géologues se dirigent vers Noaillan par la route de Preignac. Ils jettent en passant un coup d'oeil sur les LXXVII escarpements calcaires qui affleurent sur les bords du Ciron. Nous reviendrons tout à l'heure sur la constitution de ces falaises rocheuses. Au delà du village de Noaillan, les explorateurs rencontrent dans les fossés de la route, en descendant au ruisseau du Pinguat, les dépôts fluvio-lacustres déjà signalés par MM. Tournouër et Liuder dans leurs notices géologiques sur la vallée du Ciron (1). Sur ce point, on observe dans les berges de la route des couches alternatives de marnes blanchâtres assez friables, contenant : Pota- mides plicaius, Tournoueri, Girondicus ou Laniarcki, Dreissensia Giron- dica, Cyrena Brongnarti et de calcaire gris assez dur contenant Planorhis solidus et declivis, Limnea Girondica, variété à columelle tordue fortement et saillante, Hélix girondica, variété petite à bandes colorées très nettes, et plusieurs autres petites espèces dont nous donnerons la liste un peu plus loin. Ces dépôts sont visibles sur ce point, sur une épaisseur d'environ 5 mètres. Remontant ensuite le ruisseau du Pinguat, on retrouve près d'une fontaine, à peu près à 200 mètres de la route, un petit affleurement de ces mêmes couches lacustres. Elles sont surmontées par des marnes grises à Potamides plicaius, Cytherea undata, Arca cardiiformis et Lucina incrassata, que l'on peut suivre à travers les champs jusqu'à la route du Nizan. En passant au lieu dit Baraillé, on observe des argiles bleues quaternaires exploitées pour la fabrication des tuiles, dans des trous à fleur du sol. Au-dessus de ces argiles et dans une couche sableuse jaunâtre très argileuse, on voit un lit à'Ostrea undata remaniée, à la superficie de ce terrain. Cette couche quaternaire recouvre une grande partie du plateau qui s'étend entre Villandraut, Noaillan et le Nizan. Si on descend le cours du ruisseau de la Font de la Lève, ce n'est qu'en des- sous du hameau de Marquestat, que l'on voit reparaître les couches tertiaires sous les graviers quaternaires dits sable des Landes. Les couches les plus supé- rieures observées en descendant le ruisseau, consistent en une marne blanche avec parties plus dures (sans fossiles), passant inférieurement à un calcaire blanc jaunâtre avec tubulures, toujours sans fossiles. Ce dépôt d'apparence complètement lacustre, a environ trois mètres d'épaisseur (2). Ce banc, dont l'altitude sur la carte, au -^-^^— est marquée 60 mètres, forme le (1) TouRKoUER, Note stratigr. et paléontoL, etc., Bull. Soc. géol, France, •2°"' série, t. XIX. p. 1057. LiNDEB, Dépôts lacustres du vallon de Saucats, p. 196. (2; Il serait possible qu'entre ce banc de grès et le banc de calcaire lacustre visible plus haut, il existât un niveau argileux avec Ostrcea aginensis identique à celui déjà signalé dans la tranchée de la route du Nizan à Aubiaç. LXXVIIt toit d'un massif de molasse sableuse jaune rougeâtre contenant des plaquettes plus dures avec Potamides plicatus, Cytherea undata, Lucina incrassata, d'une assez forte épaisseur et reposant sur les berges d'un réservoir qui se trouve en amont du moulin de Fortis (ait. 40 mètres) sur des couches plus sableuses, jaunes, visible sur une épaisseur de 4 mètres, contenant : Nassa aquitanica, Ocmebra Basteroii, Potamides plicatus, Tournoueri^ Neritina Ferussaci, Lucina incrassata, Corhula Tournoueri, Ervillia sp. nov., Cytherea undata. Cet horizon est séparé du suivant par un lit argileux de 0n^l5 centimètres, noirâtre, avec débris de lignite et Potamides plicatus, Tournoueri, Corbula Tournoueri. Au-dessous vient une marne très fine, couleur nankin avec parties violettes, contenant de petits amas de coquilles, presque exclusivement composés du test d'une espèce de Bithinia et de quelques débris de Planorbis solidus et declivis, et de Limnea indét. Cette couche, essentiellement d'eau douce, atteint 1 mètre de puissance. Elle surmonte, sur la berge du réservoir du moulin de Fortis, une marne verte d'environ 1 mètre, avec parties bleues plus dures et concrétions calcaires, qui est visible dans l'excavation d'une petite fontaine. Elle contient en abondance Potamides plicatus, Tournoueri, Girondicus, Lucina incrassata, Cytherea undata; on y recueille plus rarement Nassa aquitanica, Jania crassicosta, Ocinebra Basteroti, Neritina Ferussaci, Corbula Tournoueri. Sous cette dernière couche argileuse, existe une puissante assise, d'environ 5 mètres, d'un sable blanc jaunâtre ou bleuâtre à ciment argileux, avec parties plus dures calcaires, contenant une faune d'espèces tout à fait différentes des espèces citées dans les couches précédentes, et par conséquent presque exclu- sivement marines. Cette assise apparaît dans le canal de décharge du moulin de Fortis, et se suit dans le ruisseau jusqu'en aval du barrage du moulin de Garaachot (ait. 31 mètres environ). La base de cet horizon est accusée par la présence d'un lit d'Ostrœa undata qui atteint sur ce point 0™25 centimètres d'épaisseur. La partie supérieure de cette assise contient, au moulin de Gamachot aussi bien qu'au moulin de Fortis, un lit de polypiers, reste probable d'un ancien récif et en contenant les genres caractéristiques, tels que : Eastonia, Veneri- cardia, Chama, Arca, Spondylus, Clanculus, Serpulorbis, Creusia, etc. (voir plus loin la liste des espèces recueillies dans cette couche). Le Venus aglaurse forme un horizon assez constant à la partie supérieure de ce lit de polypiers. Cet intéressant niveau fossilifère est supporté directement par un banc très dur, d'une roche jaune rougeâtre siliceuse, sans fossiles, d'environ 1 mètre LXXIX d'épaisseur, visible dans le ruisseau, sous le pont du chemin de fer. Cette roche, qui rappelle complètement la roche observée plus haut dans le ruisseau, en dessous du hameau de Marquestat, surmonte, en aval du pont, un banc de calcaire friable, noirâtre ou gris avec tubulures et moules internes de fossiles appartenant aux genres Planorbis, Hélice, etc. Ce niveau lacustre, dont on suit les affleurements le long du petit vallon aboutissant au Ciron, en amont du pont du chemin de fer, vient rejoindre les bancs calcaires traversés par la tranchée de la voie qui dessert le port de Villandraut. Sur ce point, le calcaire existe en bancs assez épais, plus ou moins durs, alternant avec des parties friables contenant : Planorbis solidus, Hélix Giron- dica. On n'y observe pas, comme dans les affleurements des berges du Ciron près du pont du bourg et à Noaillan, d'intercalation de niveaux fluvio-marins à Cyrena et à Potamides plicaius. La distance pourtant est très faible, mais l'influence des oscillations qui ont produit ces alternances sur la rive droite du Ciron, était presque complètement nulle à Villandraut. L'étude stratigraphique des berges du ruisseau de la Font de la Lève, depuis son origine à l'ouest du Nizan, jusqu'à son débouché dans le Ciron, peut se résumer ainsi. A) Graviers et argiles diluviennes bleue ou jaune (ait. maxima au Nizan : 104 mètres; minima à Marquestat : 70 mètres). 11) Marne blanche passant à un calcaire blanc jaunâtre à tubulures, d'appa- rence lacustre, sans fossiles (épaiss. visible : 3 mètres). 10) Grès quartzeux très dur avec débris de Cytherea undata et Turritella terehralis (épaiss. : 1 mètre). 9) Molasse sableuse rougeâtre, alternant avec des plaquettes siliceuses avec Polamides plicaius, Lucina incrassata, Cytherea undata (ait. minima : 45 mètres; épaiss. probable : 20 mètres). 8) Molasse argilo sableuse jaunâtre, avec Potamides plicatus, Tournoueri, Neritina Ferussaci, Lucina incrassata (épaiss. visible : 2 mètres). 7) Lit marneux noirâtre avec lignite, Potamides plicatus (épaiss. : 0™15). 6) Marne jaune nankin, avec Bithinia, Planorbis solidus et declivis (épaiss. : 1 mètre). 5) Argile verte avec concrétions calcaires et Potamides plicatus, Tournoueri , Neritina Ferussaci, Cytherea undata, Lucitia incrassata (épaiss. : 1 mètre). 4) Molasse sableuse blanche avec parties calcaires et nombreux polypiers, faune marine, Drilla distinguenda, Columbella sp. indét., Erato Maugerix, Bittium spina, Yermetus sulcatus, Turritella. Desmareslina, Hipponix gra- nulatus, Çrepidula unguiformis , Natica neglecta, Ampullina eburnoides. LXXX Clanculus Araonis , Pholadomya Alpina, Tellina aquitanica, Lucina co- lumbella, Corhula carinata, Eastonia mittis, Venus aglaw^, Chama sp. nov.^ Cardium aquitanicum, Venerïcardia Tournoueri, Arca Turonica (épaiss, : 5 mètres). 3) Lit à'Ostrœa undata (épaiss. : 0^50). 2) Grès très dur, jaune rougeâtre (sans fossiles), semblable au n" 10 (épaiss. : 1 mètre). 1) Calcaire lacustre noirâtre ou grisâtre avec Relix girondica, Planorbis solidus, declivis, Limnea urceolata ou girondica, etc. (épaiss. : 5 mètres). 0) Molasse argileuse dans le lit du Ciron, au pont du chemin de fer (ait. : 20 mètres). Après avoir fait ample récolte de fossiles, les géologues remontent ensuite la pente par le chemin d'Arroutgey, et se dirigent vers les hauteurs de Bellevue pour visiter les carrières où l'on exploite la molasse dite de Bazas. Un seul fait à signaler sur ce point, est la présence à la partie supérieure de la roche exploitée, d'un niveau à'Ostrœa aginensis renfermant quelques Scutella d'une espèce se rapprochant du Se. Bonali. En quittant les carrières, nous retrouvons les botanistes que nous avions laissés un peu avant Noaillan. De ce point au pont de Villandraut il n'y a qu'un pas, il est lestement franchi et tout le monde se trouve rendu à six heures à l'hôtel Jamet, point de ralliement des diverses sections. Listes des espèces fossiles recueillies le long du ruisseau de la Font de la Lève. Couche n» 1, Calcaire lacustre (Villandraut), couches fluvio-marines (Noaillan). Testacella Larteti, Noul. Potamides plicatus, Brug. Qlandina porrecta, Cob. — Tournoueri, May. Hélix girondica, Noul. — Girondicus, May. Pupa 4 pUcata. Melanopsis aquensis, Grat. — flexidens. Hydrobia aturensis, Moul. Carychium antiquum, Noul. — ventrosa, Boëtt. Limnea pachy g aster, Th. Euchilus subpyrenaicus, Noul. — urceolata, Noul. Valvata Moguntina, Sandb. — turrita. Corbula Tournoueri, May. Planorbis solidus, Th. Cyrena Brongniarti, Bast. — declivis, Br. Dreissensiu Girondica, Ben. ^ LXXXII Corhula carinata, Duj Arca Turojiica, Duj. Couche îs" 2. Roche marine très dure; épaisseur : 2 mètres. Meretrioc undata, Bast. Couche no 3. Falun argileux blanc ou bleuâtre (moulins de Gamachot et de Fortis) ; épaisseur : 5 mètres. Aturia aturi, Bast. Yagînella depressa, Daud. Action striatellus, Grat. — pinguis, d'Orb. — lœvigalus, Grat. Tornatina Lajonkaireana, Rast. Scaphander aquitanicus, Ben. Cylichna suhtruncatula, d'Orb. — suhconula, d'Orb. — Tarbelliann, Grat. — suhangistoma, d'Orb. Cylichnella Vasatensis, Ben. Bulla submilliaris, d'Orb. Philina. Ringicula Tournoueri, Mor. — 2 sp. nov. ou indét. Terehra Basteroti, Njst. Conus aquitanicus, May. Brillia Gesliiti, Bell. — distinguenda, Bell. — terehra, Bast. Mangilia subcrenulata, d'Orb. — 3 sp. nov. ou indét. Ancilla glandiformis, Lmk. Lyria, sp. indét. Fusus, sp. indét. Melongena Lainei, Bast. Cyllene Desnoyersi, Bast. Poîlia, sp. nov. Euthria saucatsensis, Ben. — intermedia, Bell. — cf. intermedia. Engina exsculpta, Duj. Jania crassicosta, Ben. Nassa baccata, Bast. — iniercisa, Bell. — Aquilanica, May. — cytharella, F. et T. — Tarbellica, Grat. — cf. baccata. Columbella Turonica, May. — sp. nov. — corrugata, Brocch. Ocinebra Basteroti, Ben. ■ — sp. indét. Triton parvulum, Michtt. — affine, Desh. — Linderi, Tourn. — sp. indét. Ranella papillosa, Fusch. Cyprsea leporina, Grat. — fabagina, Lmk. — Brocchi, Desh. Trivia europsea? Lin. Erato Maugserise, de C. — cf. Isevis. Chenopus Burdigalensis, d'Orb. Strombus Bonelli, Brong. Triforis perversa, Lin. Cerithium galliculum, May. — cf. calculosum. — bilineatum, Hornes — pygmseum, Phil. — 2 sp. indét. Bittiiim spina, Partsch. Moduliis Basteroli, Ben. Tenagodes anguina, Lin. Yermetus intortics, Lmk. — sulcatus, Lmk. — arenarins, Lin. Turritella Desmarestina, Bast. Protoma Basteroli, Ben. Pseudomelania perpusilla, Grat. Melanopsis aquensis, Grat. Littorina Prevostina Bast. Lacuna sp. indét. Fossarus 2 sp. indét. Rissoia costellata, Grat. — Clotho, Hornes. — Zetlandica, d'Orb. — Moulinsi, d'Oi'b. — cf. Lac7iesis, Bast. Stossichia planaxoides, Desm. Rissoina Basteroti, Ben. — obsoleta, Partsch. — 2 sp. indét. Hydrobia aturensis, NouL Hipponix granulatus, Bast. Capulus siihelegans, d'Orb. — aquensis, Grat. Crepidula nnguifortnis, Lmk. — cochlearis, Bast. — gibbosa, Defr. Plesiothyreus ancyliformis, Grat. Calyptrxa depressa, Lam. — ornata, Bast. — Sinensis Desh. Lxxxin Natica aquitanica, Tourn. — Sismondiana, d'Orb. — Josephinia, Risso. Natica neglecta, May. — spec. indét. Ampullaria eburnoides, Grat. Sigaretus aquensis, RecL Eunaticina suturalis, May. Adeorbis 4 fasciatus, Grat. — sp. indét. Scalaria, sp. indét, Slylifer, sp. nov. ? Eulima similis, d'Orb. — sp. indét. l'yramidella Grateloupi, d'Orb. — sp. nov. Odostomia plicata, Wood. — sp. nov. — sp. nov. Turbonilla, 3 sp. indét. Syrnola subumbilicata, Grat. — 3 sp. nov. Nerita Plulonis, Bast. Neritina Ferussaci, RecL (1 exempL). Phasianella spirata, Grat. — Aquensis, d'Orb. Turbo, spec. nov. Collonia, spec. nov. Aslralium, spec. nov. Trochus subturgidulus, d'Orb. — spec. nov. Clanculus Araonis, Bast. Monodonta Moussoni, May. — sp. nov. — patulus, Brocc. Fissurella italica, Desh. — clypeala, Grat. Emarginida clathratee formis , Kichw. — squammata, Grat. LXXXIV Chiton, sp. nov. Bentaliwn Lamarhi, May. Pholadomya alpina, Math. Thracio, sp. indét. Pandora granum, Ben. Syndesniya, sp. nov. Gastrana cf. sinuosa. Tellina aquitanica, May. — bipartita, Bast. — cf. donacina. — lacunosa, Chemn. Lucina mcrassata, Dub. — dentata, Bast. Lucina columbella, Lamk. — ornata, Agass. — Aquitanica, May. — leoni7ia, Desh. — globosa, Desh. — 2 sp. indét. Pholas Moulinsii, Ben. Gastrochœna intermedia, Homes. Saceicava arctica, Lin. Glycimeris rediviva, May. Corbula revoluta, Brocc. — Tournoueri, May. — carinata, Duj. ~ cf. Sphenia anatina, Bast. Lutraria angusta, May. Eastonia mitis, May. Mactra Basteroti, May. Ervillia, sp. indét. Psammohia aquitanica, May. — cf. uniradiata. Donax gibbosula, May. — transversa, Desh. Diplodonta rotundata. — sp. nov. Ungulina unguiformis, Bast. Petricola peregrina. Tapes velula, Bast. — sp. nov. VienMs aglaurœ, Brong. — islandicoides , Lmk. • — casinoides, Bast. — ovata, Pennant. Dosinia, sp. indét. Meretrix Lamarcki, Agass. — sp. indét. Basterotia, sp. indét. Libitina, sp. indét. Chama aquitanica Ben. Cardium Burdigalinum, Lmk. Cardium multicostatum, Brocc. — hirsutum. — turonicum, May. — cf. papillosum. — Aquitanicum, May. Erycina, 3 sp. indét. Lepton corbuloides, Phil. Cardita elongata, Brong. trapezia, Brug. Venericardia pinula, Bast. — Tournoueri, Mayer Nucula spec. Arca clathrata, Defr. — clathratula. — variabilis, Desh. — cf. lacteea? — barbota. Lin. — Turonica, Duj. Modiolaria sp. nov. Mytilus aquensis, May. Avicula Linderi, Ben. — phalœnacea, Lmk. Prasina Girondica, Ben. Pecten Tournali, de S. — Beudanti, Bast, Lxxxv Chlamys suhstriatus, d'Orb. — Hermatmseni, Tourii. Lima subauriculala, Mont. Spondylus crassicostatus, Lmk. Plicatula mylilina, Phil. Anomya cosiata, Brocc. — striata, Brocc. — sp. indét. Ostrsea undata, Lamk. — digitalina^ Dub. — cf. producta. Bryozoaires, 2 sp. Spiro)-bis. Echinocyamus. Sculella cf. Bonali. Amphiope avait fora, Desm. Baguettes d'Échinides. Parités incrustans . 3 sp. de Polypiers, indét. Lamna (dents de). Otoliles de poissons. Pinces de crustacés. Creuzia Rangii, Des M. Balanus. Couche n" 4. Argile verte et bleue avec nodules calcaires concrétionnés (fontaine du moulin de Fortis, et à Gamachot) ; épaisseur : 1 mètre environ. Tornatina Lajonkaireana, Bast. Ringicula, 2 sp. indét. Nassa cytharella, T. et F. Ocinebra Basteroti, Ben. — striaeformis. Potamides Lamarki? Desh. — Tournoueri, May. — plicatus, Brug. • — papaveraceus, Bast. — Subcorrugatus, d'Orb. Hydrobia, sp. indét. Protama Basteroti, Ben. Natica cf. aquitanica, May. — neglecta, May. Pyramidella Grateloupi. — sp. indét. Couche n» 5. Marne couleur nankin, et couche noire à lignite (moulins de Fortis et de Gamachot); épaisseur : 1™15. Limnea pachygasler, Thom. Neriia Plutanis, Bast. Neritina Ferussaci, Recl. (com.), Lucina incrassata, Dub. — deniata, Bast. — calumbella, Lmk. — glohosa, Desh. — cf. ornata (Junior). Ervillia, sp. indét. Psammohia aquitanica, Mayer, Tapes vetula, Bast. Venus, sp. indét. Meretrix undata, Bast. Cardium, sp. indét. Erycina, sp. indét. Dreissensia Girondica, Ben. Planorbis solidus, Thom. — declivis, Hi-aun. Hydrobia aturensis, Noul. Hydrobia ventrosa, Bœttg. — sp. indét. Cyrena Brongniarli, Bast. Dreissensia Girondica, Ben. Couche no 6. Molasse argileuse jaunâtre, avec concrétions sableuses (moulin de Fortis) ; épaisseur : 2 mètres environ. Tornatina Lajonkaireana, Bast. Ringicula, sp. indét. Nassa aquilanica, Mayer. Columbella, sp. indét. Ocinebra cf. strias for mis. Triton affine, Desh. Biltiuin spina, Partsch. Potamides pllcaliis, Brug. — Tournoueri, Mayer. — suhcorrugatus, d'Orb. Rissoia Clotho, Hornes. Rissoina obsoleta, Partsch. Ilydrohia aturensis, Noul. Caiyptrsea sinensis, Desh. Natica neglecta, Mayer. PyramideUa Grateloupi, d'Orb. Odontostomia plicata, Wood. Neritina Ferussaci, Recl. Dentalium Lamarcki, Mayer. Lucina incrassata, Dub. Lucina dentata, Bast. — columbella, Lmk. — ornata, A g. Pliolas Aloulinsit, Ben. Corbula carinata, Duj. Ervillia sp. indét. Donax a f finis. — iransversa, Desh. Tapes^ sp. nov. Yenus, sp. indét. Meretrix undata, Bast. Pectunculus cor, Bast. Arca variabilis. — turonica, Duj, — cardiiformis, Bsst. Mytilus aguensis, Mayer. Avicula phalccnacea, Lmk. Anomia striata, Broc. Oslrxa producta? R. et D. Parités incruslans . Couche no 7. Molasse sableuse rougeâtre (en amont du moulin de Fortis) ; épaisseur : 20 mètres. Balanus. Nassa aquitanica, Mayer. Ocinebra Basteroti, Ben. Potamides Tournoueri, May. — plicatum, Brug. — Girondicum, May, Turritella terebralis, Lmk. — calhedralis, Broc. Caiyptrsea sinensis, Lin. Natica Sismondiana, d'Orb. Neritina Ferussaci, Recl. Trochus subtufgidulus, d'Orb. Clanculus Araonis, Bast. Lucina. incrassata, Dub. — dentata, Bast. Corbula Tournoueri, Mayer. — carinata, Duj. Donax affinis, Desh. LXXXVll Merelrix itndata, Bast. Ostrœa aginensis, Toiirn. Pectuncidus cor, Bast. Scutella cf. Bonali. Arca cardiiforrnis, Bast. Amphiope ovalifera, Desm. Ostreea digitalina, Dub. Couche k» 8. Grès dur brun rougeâtre, semblable au n° 2; épaisseur : 1 mètre, Turritella terebralis, Lmk. Meretrix evycina, Lmk. Nerilina Feruxsaci, Recl. Meretrix undata, Bast. Lucina incrassala, Dub. Pectuncidus cor, Bast. — dentata, Bast. Avicula phalsenacea, Lmk. De la description stratigraphique et des listes de fossiles recueillis dans les divers horizons reconnus précédemment, nous pensons pouvoir tirer certaines conclusions. Mais auparavant, il nous faut établir, entre les horizons reconnus sur le ruisseau de la Font de la Lève et ceux déjà connus dans diverses localités voisines de la région, une étude comparative qui vienne à l'appui de nos propositions. Tout d'abord, d'après les auteurs : 1° A la Saubotte (1), on retrouve à la base des carrières, des couches fluvio- marines qui sont évidemment la continuation de celles de Noaillan, au-dessus desquelles on voit un calcaire compact jaunâtre, riche en empreintes d'espèces caractéristiques du falun de Larriey. Ces couches seraient surmontées par un banc d'une épaisseur d'environ 2 mètres â'Oslrea undata. Au-dessus vient la roche typique du Bazadais, ou calcaire grossier de Sainte- Croix-du-Mont, surmonté par un calcaire d'eau douce à Bithinia Dubuissoni. 2° Du Nizan à Bazas, eu suivant le chemin de fer, on retrouve les mêmes éléments. D'après les récentes observations de notre savant collègue M. Degrange- Touzin (2), on rencontre successivement en allant vers Bazas de haut en bas. 1° Des molasses tv[)iques divisées en plusieurs assises dont la base contient des Ostrsea; (1) Toiirnouër, Note stralig. et paléont., ete , p. 1055. Linder, loc. cit., p. 198. (2) Notes géologiques sur le Bazadais, p. x. Comptes-yendus séances Soc. Lin. Bord. X LU" vol. tXXXTIII 2» Un calcaire et un falun marneux, riche en fossiles marins ayant le test; 3» Des calcaires grossiers, friables, avec polypiers (Marivot); 40 Un ensemble de couches lacustres contenant : Planorbis solidus, decUvis, Hydrobia venir osa, etc. 3° A Uzeste, près du bourg, à l'altitude d'environ 60 mètres, on retrouve un falun marneux, riche en fossiles marins et en polypiers, comme à Marivot et au moulin de Gamachot. A ce sujet, je crois devoir ici rectifier une erreur commise dans le compte- rendu d'une excursion à Uzeste en 1878. A cette époque, connaissant encore fort peu l'allure des couches dans le Bazadais, j'ai pris à rebours la succession des couches que l'on rencontre entre Uzeste et le château d'Izon. J'avais alors placé au-dessus de la roche de Bazas, la couche fossilifère à Venericardia Tournoueri, signalée par Mayer-Eymar. Aujourd'hui, il n'y a plus d'hésitation possible; car le Ciron coulant paral- lèlement aux affleurements des couches du Bazadais, entre Villandraut et Caze- neuve, et entre Villandraut et la Gironde, dans une direction perpendiculaire au plongement des couches, les plus nouvelles sont celles naturellement les plus en amont du courant. Aussi est-il possible aujourd'hui de relier régulièrement la couche d'Uzeste, au même niveau des environs de Villandraut et de Noaillan. 4° Enfin, aux environs de Préchac on retrouve, développé vers la base de la roche de Bazas, le niveau à Pholadomya alpina; cette couche se relie au même horizon dans les roches de Gazeneuve, et on termine ainsi le cercle des affleure- ments des couches gréseuses dont Villandraut serait le centre. L'étude comparative de cette petite région avec les faluns du moulin de Gamachot dont nous venons de donner une description succincte, nous a permis de reconnaître que les faunes que l'on croyait si différentes entre le Bazadais et le Bordelais, ne sont en réalité, pas séparables l'une de l'autre. En effet, immédiatement après l'immersion du calcaire lacustre de Villan- draut (que je ne confonds pas encore avec celui de Balizac), la région orientale du Bordelais et une partie de celle du Bazadais, a été envahie par des dépôts non plus faits dans des lagunes, mais dans un golfe communiquant largement avec la haute mer, comme le prouve la présence dans les sables de Gamachot, d'espèces reconnues jusqu'à ce jour comme étant spéciales à l'étage langhien des faluns du Bordelais : Aturia uturi, Vaginella depressa, Scaphander Âquitanicus, Conus Aqui- tamcus, Ancilla glandiformis , EiUhria mtermedia, Saucatsensis, Engina exsculpta, Jania crassicosta, Cominella intercisa^ Triton Tarbellianum , LXXXIX affine, Ranella papillosa, Strombiis Bonelli, Nalica SismoiicUana, Sigaretiis aquensis, Tellina biparlita, Lucina leonina, Lutraria anguala, Donax gib- bosuïa, Venus islandicoides, Cardiwn multicostatum, Yenericardia pinnula, Avicula phalxno.cea, Peclen Beudanti, Spondylus crassicosla. Dans la liste de ces espèces, on reniarque surtout l'absence complète des Potamides si nombreux dans toutes les couches dites du Bazadais, aussi bien dans les marnes de Saint-Côme que dans les sables de la tranchée du chemin de fer de la Brède. Ce n'est qu'après ce dépôt marin effectué, et que nous reconnaissons avoir existé à la Saubotte, Uzeste, Marivot, Préchac et Cazeneuve, qu'apparaissent les Potamides signalés dans les couches 5 à 9 des berges du ruisseau de la Font de la Lève. Le faciès saumâtre de lagune n'a donc paru dans les environs de ^'illandraut qu'en second lieu, et ne semblerait s'être établi définitivement qu'après une série d'oscillations de peu de durée. Ces oscillations sont mar- quées par la présence et l'intercalation de la couche lacustre 6, entre les couches saumâtres 5, 7, etc. Dans le Bazadais proprement dit, dans la région décrite dernièrement par notre collègue M. Degrange-Touzin, les dépôts fluvio-marins équivalents du calcaire lacustre blanc de l'Agenais (vallée du Beuve), sont directement recou- verts par la roche de Bazas contenant à sa base VOsirea aginensis, qui vivait dans les lagunes des embouchures, tout. comme VO. angulata actuelle, à l'embouchure de la Gironde. Il en est de même pour la vallée de la Bassane. Dans le Bordelais, on retrouve sur quelques points de la partie orientale, entre le Gua-Mort et le Ciron, ces mêmes dépôts à faciès marin dès l'origine. Nous voulons citer ici le dépôt si intéressant des sables à Hemifusus du Planta, dans lequel les Potamides sont beaucoup plus rares que dans les couches au-dessus, qui représentent la roche de Bazas et en ont le faciès, contenant, comme l'a constaté notre collègue M. Fallot dans une com- munication récente, un certain nombre d'espèces langhiennes, telles que Nerita Grateloupana, Melanopsis aquitanica et le Fasciolaria Tarbelliana du Péloua et du Pont-Pourquey. Sur la rive droite de la Garonne, à Sainte-Croix-du-Mont, l'inverse a lieu. Au-dessus du calcaire lacustre n» 1, on voit apparaître des couches à Potamides, et les niveaux marins à Amphiope et à Ostrea midata se trouvent à la partie supérieure, sous les couches fluvio-marines à Dreissensia, correspondant au calcaire lacustre gris n°s 3 et 5 du vallon de Saucats. De tout ce qui précède, nous pensons pouvoir conclure que : 1° Il n'est plus possible, en l'état actuel de nos connaissances, de séparer les dépôts supérieurs au calcaire lacustre blanc de l'Agenais, du grand groupe dit des faluns (étage falunien, d"Orb.). Pbocès-Vurbal'x, 1889. — Tome XLIII. 8 xc 2° Que la limite supérieure de l'Oligocène dans le Sud-Ouest, si l'on veut conserver cette division, doit se placer entre la molasse de l'Agenais et le calcaire d'eau douce à Belix Ramondi, l'étage aquitanien de Mayer devant rentrer dans le terrain miocène des auteurs, 3° Que la séparation entre VAquitanien de Mayer et le Langhien, est subordonnée à la constitution locale des dépôts, suivant les points où on les observe (1). 4^' Que l'étage oligocène devra aujourd'hui comprendre dans notre région, toutes les couches contenant des Palseotherium, c'est-à-dire depuis la base de la molasse du Fronsadais, y compris les couches à Anomia du Médoc (Le Meynieu), jusqu'à la base du calcaire lacustre de Sainte-Croix-du-Mont, de Bernachon, de Villandraut, l'étage aquitanien devenant une subdivision infé- rieure du miocène proprement dit, conjointement avec l'étage langhien. 5^ Qu'on sera peut-être un jour obligé, vu les passages insensibles existant dans les falaises de l'Adour, de réunir au terrain éocène toutes les couches à Palœolherium du Sud-Ouest, groupant ainsi ensemble toutes les couches ren- fermant des Nummuliles, comme l'a déjà fait pressentir M. Mayer-Eymar de Zurich, et ne faisant plus que deux grandes divisions dans les terrains tertiaires du Sud-Ouest : La périodemiocène comprenant : 4 étages : Tortonien ; Helvétien ; Langhien ; Aquitanien ; et la période éocène comprenant : 3 étages : Tongrien ; Parisien ; Suessonien, Cette nouvelle classification de nos terrains satisferait à la fois la paléon- tologie et la géologie. Compte-rendu entomologique des excursions de la Société, en 1889, Par R. BROWN. 1° A Saint-Morillon, le 19 mai. Nous avons égaré la liste des Lépidoptères recueillis par nous dans cette (1) Cette manière de voir expliquerait pourquoi les géologues n'ont pas été, jusqu'à ces dûrniers temps, tout à fait d'aocord sur la limite devant exister entre le langhien et l'aquitanien. XCI excursion. Les seules espèces que nous puissions signaler de mémoire, aussi longtemps après coup, sont : 1. Noctua C-Nigruni, L. Un ç^ très frais, trouvé dans l'herbe. 2. Epliyra annulata, Schulze, un individu pris en battant. 3. Pyransta purpuralis, L. Un sujet (j^, de la variété sombre {Mcestalis, Dup.), variété ou race que Guenée considère comme établie uniquement sur des sujets passés, mais que nous pensons au contraire, d'après plusieurs échan- tillons que nous en avons pris, être une variété bien réelle, ainsi que nous croyons avoir déjà eu l'occasion de le dire. 4. Ypsolophus margmellus, F. Nous devons aux bons yeux et à l'obligeance de notre collègue et ami M. de Loynes, d'avoir recueilli la chenille de cette espèce, en assez grande quantité, sur les genévriers, dans les paquets de feuilles sèches où elle se tient. Grâce à lui également, nous l'avions déjà trouvée, dans les mêmes conditions, le dimanche précédent, 12 mai, aux environs du Nizan. Plusieurs papillons nous sont éclos fin juin et courant de juillet. Nous confessons que, jusque-là, nous la considérions plutôt comme rare dans* nos environs, ne l'ayant prise qu'accidentellement et isolément, sur les coteaux de Bouliac, Fargues-Saint-Hilaire, Raurech, etc. 5. Grapholitha micaceana, Const. Nous rapportons provisoirement à cette espèce, découverte dans ces dernières années par M. Lafaury, aux environs de Dax, deux sujets pris voltigeant en plein jour autour des ajoncs. 6. Dichrorampha plumbana, Scop. Un sujet (^, pris dans un pré en battant un genévrier, nul doute dans le voisinage d'ajoncs, que nous n'avons cependant pas observés. 7. Glyphipleryx thrasonella, Scop. Observé, en nombre, dans un pré humide que nous avons traversé au début de l'excursion. Nous avions également rapporté quelques Hyménoptères et un Diptère, dont notre collègue M. Pérez nous a obligeamment donné les noms; ce sont : Hyménoptères. Metopius dentatus, F., un sujet. Macrophya rustica, L., un J* et deux $ . Macrophya Coryli, Pz., un sujet, Doleriis niger, Klug, un sujet. Alhalia spinarum, F., un sujet. Selandria luteola, Klug, un sujet. Selandria indét., un sujet. Diptères. Doliphus vulgaris, Meig., un sujet. XCII 2° A Villandraut, le 30 juin (Fête Linnéenne) : Polyommatus Gordius, Sulz., deux (}, dans la lande. Apalwa Ilia, S, et D.? Nous avons cru observer deux sujets de cette espèce, le premier volant avec vivacité sur la route, le second au sommet d'un saule. Melitœa JJictynna, Esp. Nous avons pris trois sujets (^, bien caractérisés, quoique défraîchis, dans un marécage que nous n'avons fait que traverser au début de l'excursion. Melitœa Athalia, Rott. Commun dans les bois, et quelques sujets dans le même marécage que DicLynna, Argynms Adippe, L. Observé une couple de sujets dans le même marécage. E'pinephele Hyperanthus, L. Un ^ dans le même marécage. Syricluhus Serratulœ, Rbr.?Un ç^ défraîchi. C'est l'espèce dont nous avons signalé une belle $ à Cabanac, au printemps de 1888, et dont nous avons prévenu, à cette époque, que nous ne pouvions malheureusement pas garantir la détermination. Zygaena Trifolii, Esp. Nous avions trouvé, contre une tige, un cocon que nous rapportions à cette espèce, mais nous l'avons malencontreusement perdu, dans la suite de l'excursion ! Micra candidana, F. Un sujet plus grand et plus blanc que ceux que l'on prend communément sur notre littoral, au mois d'août ; peut-être est-ce une première génération? Angerona prunaria, h. Une Ç défraîchie. Epions advenaria, Hb. Une Ç , dans le marécage. Acidalia emarginata, L. Un (j*, très frais, dans le marécage. Acidalia humiliata, Hufn. Un (j*, dans la lande. Ephyra pimctaria, L. Une chenille, trouvée sur le chêne, nous a donné son papillon le 26 juillet suivant. Botys lancecdis, S. et D. Un (^, assez bon, dans le marécage. Spilodes verticalis, L. Une $ . En7iycliia S-7naculata, F. Un (J*. - Cramhus pratellus, L. Un sujet en mauvais état. Deux espèces indéterminées du genre Scoparia, représentées par trois sujets seulement. Tortrix Grotiana, F. Un cf. Deux espèces indéterminées du genre Sericoris, représentées par trois sujets en mauvais état (l'une des deux est probablement lacunana?). Penlliina striana, S. et D. Un sujet. Teras ferruganum, Treits. ? Un sujet, en bon état. Cet échantillon est exac- tement semblable à celui que nous avons pris lors de la Fête Linnéenne de 1881 xcm à Léognan, et signalé dans le compte-rendu de cette excursion. Nous sommes, comme alors, déroutés par Tépoque d'apparition, et persistons à croire que nous sommes en présence d'une espèce voisine, mais distincte. Teras hastianum, L. Un sujet (variété entièrement fauve). Pliitella cruciferariim, Zell. Un sujet, à bande dorsale blanche bien marquée. Pleurola Schlaegeriella, Zell. Pris un sujet et manqué deux ou trois autres, dans une localité vague, inculte, vers la fin de l'excursion. Enfin, nous avions, aidé par nos collègues MM. de Loynes et Motelay, recueilli sur Spira;a uimaria, plusieurs chenille? assez grosses, vertes, sup- posées de pyrale, qui ne nous ont donné que des Hyménoptères parasites! ! ! Nous avons, de plus, glané, suivant notre habitude, quelques espèces appar- tenant à d'autres ordres d'insectes, savoir : COLÉOPTÈRRS. Hoplia farmosa, dont nous avons pris, pour la première fois, parmi des (5* innombrables, deux $ , et notre collègue M. Souverbie, qui, dans sa longue carrière de coléoptériste, n'avait rencontré cette $ qu'une seule fois et acciden- tellement, nous a dit en avoir observé également trois ou quatre. Ces $ volaient, au soleil, dans les champs, les prés, tandis que les ^ dormaient ou reposaient sur les herbes, à l'extrémité des tige=, etc. HÉMIPTÈRES. Calocoris Q-punctatus, Fabr. Un sujet typique. NÉVROPTÈRES. Myruieleon formicarius L. ? Un sujet. Cordulia xnea, L.? Un sujet, dans un marécage. Ces deux déterminations ont été faites par nous sur le texte de Fabricius ! Hyménoptères. Tnjphon elegantuhis, Grav. Un sujet. Selandria Morio, F, Un sujet. Diptères. Yohicella plumata, Fallen. Un sujet. Dasypogon Tev.lonus, F. Un sujet. Cyllenia indét. (peut-être maculaLa^ Latr.?). Un sujet. Asilus indét. (^ et $ pris « m copula >i. Espèce de taille moyenne (15 à 16 niill. de longueur); niàle noirâtre, femelle jaunâtre ! (Les insectes de ces deux derniers ordres nous ont été obligeamment déter- minés par notre collègue, M. Pérez). TABLE DES MATIÈRES DES PROCÈS-VERBAUX. GÉOLOGIE. Benoist Sur les terrains traversés par la Creuse entre Eguzon et Argenton (Indre) vu — Préparation de brachiopodes silicifiés. ... xii — Restauration de fossiles nouveaux par le moulage xiv — Sur une Glandina des environs de Villan- draut Lvi — Sur un travail de M. Lasne relatif au lias des environs d'Argenton lvii — Comp+e- rendu géologique de la fête Lin- néenne à Villandraut • Lxxvi Daleau Sur un crâne humain quaternaire vu Degrange-Tol'zin . . . . Sur les affleurements de l'étage aquitanien dans la vallée de Saint-Morillon. lxxiii Fallût Sur le Micraster trouvé à Villagrains i — Sur les différents étages dans lesquels se rencontre le phosphate de chaux ix — Présentation d'une carte géologique de la Gironde xvi — Note sur le terrain crétacé dans les Alpes- Maritimes XVI — Compte-rendu d'une excursion géologique à Dax et Biarritz xxv — Quelques mots sur le quaternaire de Solu- tré (Saône-et-Loire) Lxi — Notes sur l'aquitanien , dans la vallée du Guâ-Mort, aux environs de Saint-Moril- lon et de Cabanac (Gironde) LXiii Vasseur Sur les formations infra-tongriennes du bassin de la Gironde xMi XCVl BOTANIQUE. De Loynes Plantes rares recueillies dans les environs de ViUandraut xLi ■ — Découverte du Splachnum ampuUaceum L. , dans la Gironde XLix — Le Buxhaumia aphylla, Hall, dans la Gironde L — De la gare de Nizan à Villandraut par la vallée de la Font de la Lève ' li — Découverte du Riccia tumida, Lindenb. dans le Sud-Ouest LV — Le Claoaria foJiacea, St-Am. et le Spar as- sis stricla, fr lx Petit Sur la structure du pétiole chez les Phané- rogames XII ZOOLOGIE. Brown Compte-rendu entomologique des excur- sions faites par la Société en 1889 xc De Chasteigner Maladie des animaux domestiques, spéciale à la région landaise Lvii, Lviii DurÈgne Animaux nouveaux pour la région, recueil- lis à Arcachon x, lxxv — Sur la présence de la Chama gryphoides, L. sur les côtes océaniques d'Europe xl Gap-NAULt Sur l'anatomie de la Yalvata piscinalis . . .. xiv SUJETS DIVERS. Administration "^^i, xi, xia', xv, xlii, xlviii, lvi, lix, lx Compte-rendu de la Tl'' fête Linnéenne Lxxvi Correspondance. . . i, vi, xi, xiii, xiv, xv, xvi, xxv, xlti, xlviii, lvi, lviii, lix Décès de collègues xiii, lviii Démissions vi, xiii, xlii Admissions i, ii, xiii, xlii, xlviii, lvi, lxxv Inauguration du nouveau local de la Société lxxv Rapport de la Commission des Finances pour 1888 ii Rapport de la Commission des Archives pour 1888 xi >jC^, . ■ ^^ •xnvaanoa 'es 'siïuoo-stoJi sap ona saiMmoA saa axMaA VI UftOd ^1^ ^ WfSMi i ■* i i